mardi 17 août 2010

Sécurité : il faut sanctionner le gouvernement !

Cohn-Bendit l'a dit :"Sarkozy prend les français pour des cons..." A présent, la presse confirme.

Après son discours de Grenoble, le Président a lancé ses lieutenants Hortefeux et Estrosi dans une surenchère outrancière et écoeurante sur la sécurité, les étrangers ... comme si ça ne suffisait pas, voilà même qu'Estrosi s'en prend aux maires, qui, soi disant ne feraient pas leur travail et qu'il faudrait sanctionner...
Mais ce jour, le Monde nous apprend que l'Etat, froidement, dans le cadre de sa politique de programmation budgétaire envisage la suppression de 3500 suppressions de postes en trois ans (pour lire l'article du Monde, cliquer ici ).

Voilà qui remet les choses à leurs places. Sarkozy veut faire oublier qu'il a été le pire ministre de l'intérieur de la 5e république ... et il ne laisse aux policiers que le choix d'aller dans les zones difficiles à grand coup de gyrophare... Petite bande en uniforme, voiture blindée, vitre fermées... une méthode éprouvée pour provoquer des bavures, faire monter la mayonnaise, susciter des caillassages et hurler qu'il faut plus de mesures répressives qu'on est par ailleurs incapable d'appliquer.
Et toute cette irresponsabilité, à mettre sur le dos des étrangers et de leurs enfants... et maintenant des maires ... Pauvre République, pauvre France !

jeudi 12 août 2010

La France de la peur n'est pas celle de la République

Michel Rocard, comme souvent a encore eu raison. Loin des déclarations intermpestives il a répondu à l'hebdomadaire Marianne qui l'interrogeait sur les déclarations de Sarkozy (pour lire la totalité de l'interview, cliquez sur le lien ici), l'ancien premier ministre le dit sans ambages : c'est inadmissible !



Les propos de Nicolas Sarkozy sont beaucoup plus graves que ceux qu'il a pu tenir lorsqu'il n'était que candidat.


Après avoir été le pire des ministres de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy est en passe de devenir le pire président de la République.
Qu'il veuille faire oublier l'affaire Woerth, c'est dans l'ordre des choses.
Qu'il appuie pour ce faire sur la sonnette de la Sécurité, cela peut se comprendre, même si la recette semble surannée (et ce pour deux raisons : la première, il est en charge de la sécurité nationale depuis 8 ans, la deuxième c'est que la sécurité n'est pas au coeur des préoccupations des français en cette période de crise économique et de réforme des retraites)...
Mais il y a un point sur lequel aucun chef d'Etat n'a plus joué depuis Vichy, c'est le rejet de l'étranger...
Les conséquences peuvent en être terribles. Jusqu'alors aucune mise en danger électorale n'avait justifié une telle attitude au sein de la droite Républicaine. Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme était formule qui résumait parfaitement cette attitude.
Or rien dans l'attitude n'est dû au hasard. Il s'agit d'une attaque préméditée. Elle est là pour instiller la peur, la méfiance vis à vis de l'étranger et de provoquer des effets durables. A peine lancée, on en vient même à vouloir faire croire qu'elle a suscité une adhésion en masse à l'UMP (pour en savoir plus, lire Le Monde, la petite cuisine de l'ump sur le nombre de ses sympathisants en cliquant ici : Tous ces mensonges pour une seule chose : faire parler,

occuper le terrain ... mais à quel prix ?!!! Les dégâts peuvent être considérables. Pour ne pas en rajouter, la gauche des partis a choisi de ne pas parler... Indiviuellement les voix s'élèvent à gauche (Michel Rocard, Jacques Attali ...) comme à droite (Gérard Larcher, Azouz Begag). C'est bien. Les ministres d'ouverture la ferment. C'est mal !

Etre Président ne donne pas le droit de jouer avec les valeurs de la République.

La République, c'est le courage, le courage, c'est le projet, c'est l'avenir, la générosité pour résoudre les problèmes ensemble.

lundi 19 juillet 2010

Les radicaux et les primaires ...


Tout en s'attardant sur les ambitions et difficultés de Manuel Valls, un article du Nouvel Observateur rappelle cruellement les principes de la participation aux primaires.

Pour se présenter aux primaires de la gauche, les candidats doivent recueillir les parrainages de 5% des parlementaires socialistes (17 parrainages) ou 5% des membres titulaires du Conseil national (16 parrainages), issus d'au moins dix départements et quatre régions, ou de 5% des maires socialistes des villes de plus de 10.000 habitants (16 parrainages issus d'au moins quatre régions).

En peu de mots, tout est dit : le parti socialiste demande au peuple de gauche de départager ses propres candidats. Pour les radicaux de gauche, à l'origine des primaires, c'est une arnaque totale, par ailleurs en contradiction avec ce qui avait été établi par les travaux de Terra Nova.

Pas étonnant que dans ce cas, ni les radicaux de gauche, ni Jean-Pierre Chevènement ni a fortiori les communistes, le Front de gauche et encore moins les verts ne peuvent être tentés par ces primaires de la gauche, qui ne sont en fait que des primaires socialo-socialistes, qui s'achèveront lors d'un vote national unique, empêchant toute campagne de proximité, tout débat militant...

On ouvre ainsi la voie à un débat interne au PS qui cherchera une validation populaire avant le grand débat national... On est bien loin du débat nécessaire à la gauche.
C'est avec une telle attitude que le parti socialiste avait provoqué la catastrophe du 21 avril 2002 qui avait laissé le débat avoir lieu entre la droite et l'extrême droite au deuxième tour...
Irresponsable !

vendredi 9 juillet 2010

Stop démago !

Le hasard de l’existence fait que je connais Franck Martin depuis plus de 40 ans. Il a changé depuis cette période, comme nous tous, mais il est resté fondamentalement le même et une invariante traverse son comportement : rien de ce qu’il fait n’est fait pour de l’argent.

Élevé selon les principes transmis par son père, le Docteur Martin, personnage tout aussi fascinant, la passion, l’intérêt collectif, la créativité a dominé sa vie.

Le fait de le voir traîné dans la boue relève de l’ignominie et m’est insupportable. Franck Martin est maire de Louviers depuis plus de 15 ans après avoir été élu conseiller général du canton de Louviers sud, un combat qu’il avait mené dans ce but : faire de Louviers une ville qui profite de ses nombreux atouts, faire de Louviers une ville qui bouge, une ville ouverte, faire de Louviers une ville où chacun trouve sa place.

Et Louviers a beaucoup changé, en bien. C’est ce que constate la population qui l’a à chaque fois réélu, malgré les coups qui ne l’ont pas épargné, sans doute parce que sa personnalité intransigeante sur les principes, et intangible pour la défense de sa ville n’a pas toujours plu. Jamais il n’a adhéré à un grand parti parce qu’il refuse viscéralement toute allégeance. Il a donné les moyens à Louviers de devenir plus fort non pas en cherchant des protections extérieures, mais en défendant ses atouts pour ce qu’ils représentaient et en travaillant avec les communes et les personnalités extérieures.


Quand Franck Martin est attaqué, c’est Louviers qui est attaqué.

C’est ce qui lui a permis de développer l’intercommunalité sur une base de confiance avec les 29 communes qui lui ont renouvelé son soutien. Ce n’est pas une mince affaire. 29 communes, ce sont 29 lieux de pouvoirs, 29 intérêts locaux à ménager tout restant intransigeant sur l’intérêt collectif du territoire.

Franck Martin a été un excellent conseiller général, et sa présence en tant que vice-président du conseil général a été profitable à Louviers comme au territoire de la Communauté d’agglomération. Rappelons simplement que cette façon d’agir pour la ville, pour ses habitants, en dehors de toute appartenance à un grand parti n’a pas plu à tout le monde. Le parti socialiste a choisi en 2008 de briser le principe du désistement républicain et a permis à la droite de gagner un canton où la gauche avait pourtant obtenu plus de 70 % des suffrages. Mais là n’est pas le pire ! Le plus grave c’est qu’au delà de la gauche, les socialistes ont fait subir à Louviers une défaite que Franck Martin a mis deux ans à réparer.

C’est précisément en devenant conseiller régional que Louviers a récupéré son poids politique dans un moment décisif pour l’avenir du territoire. J’ai défendu l’idée que Franck Martin se présente aux élections régionales. Pour les idées qu’il défend, et qu’il défend bien, et pour permettre à Louviers, à son agglomération de défendre leur rang et leurs intérêts dans le bouleversement en cours dans les territoires.

Depuis qu’il est conseiller régional, Franck Martin a défendu au delà du projet de la Normandie réunifiée, et des intérêts de la Haute-Normandie, les intérêts de la ville et de ses habitants en participant aux débats régionaux. L’avenir de Louviers se passe aussi à Rouen et à Evreux.

Tout ceci se traduit, c’est vrai par le versement des indemnités qui sont dues aux élus locaux. Franck Martin, qui n’a ni fortune personnelle, ni sécurité de revenus ou d’emploi (il n’est ni fonctionnaire, ni retraité), a fait le choix de bénéficier des indemnités qu’il a gagné en servant les autres. C’est une situation provisoire (le mandat de conseiller régional ne dure que 4 ans) qui ne plaît pas à tout le monde mais elle ne coûte à personne (ni au contribuable lovérien, ni au contribuable régional). Au vu de l’impact de son travail et de son travail lui-même, le principe ne reflète qu’une situation parfaitement claire qui bénéficie à tous, même s’il est facile en ces temps d’exaspération de faire vibrer la corde de la démagogie.

mardi 29 juin 2010

Val de Reuil ne répond plus ...


Et Marc-Antoine Jamet non plus ...


La ville la mieux gérée de France... est en cessation de paiement. Depuis plusieurs semaines, les entreprises chargées des travaux de la rénovation urbaine ne sont plus payées. Le trou de trésorerie serait de plusieurs millions d'euros.
La situation est apparue au grand jour, jeudi soir. Val de Reuil avait demandé à la CASE une avance de 1,9 million d'euros pour boucler sa fin de mois. Après un débat houleux et un vote à bulletins secrets, les élus de la CASE, lassés de servir de vaches à lait, ont refusé de jouer le rôle de prêteur que les banquiers de Val de Reuil, effrayés par la situation, refusent tout net...
La réprobation envers le maire de Val-de-Reuil, a été générale : il n'a pas osé se montrer au conseil communautaire pour défendre sa demande de gros sous, laissant Janick Léger essuyer seule le feu roulant des critiques contre l'imprudence de la gestion rolivaloise. Imprudence qui rappelle de bien mauvais souvenirs et les heures noires de la gestion Amsalem. Ce n'est pas fini ! Avec la halle d'athlétisme, le maire a eu les yeux plus gros que le ventre.

Nous n'avons pas fini d'entendre parler de Val de Reuil .... Cette fois-ci, le maire sera-t-il là pour défendre sa ville ?
Un citoyen de Val de Reuil

jeudi 24 juin 2010

C'est pas le moment ...

Martine Aubry a raison : c'est pas le moment. En foot comme en politique, tout est question de timing. Il y a un lien direct entre le rythme et le pouvoir. Pour imposer son propre rythme, il faut savoir écouter le rythme de l'autre... des opportunités, réagir aux courants des attentes populaires, afin de ne pas être victime de vagues renversantes.

Mais sans doute le Président de la République était il trop impatient de recevoir un joueur bling-bling au point d'oublier ces errances qui du bateau de Boloré à la nuit du Fouquet's lui ont valu une rancoeur tenace de la part des Français...

Mais baste ! Nous n'insisterons pas là-dessus, parce qu'en ces temps de crise, alors que, bien entendu, c'est le renversement de profond de valeurs qu'implique la remise en cause de la retraite à 60 ans, la crise économique et les politiques de rigueur qu'elle engendre ... Tout cela est bien entendu au coeur des priorités...

Mais nous n'allons pas pour autant laisser tomber le reste de nos préoccupations... nos préoccupations si peu prégnantes qu'elles sont passées inaperçues dans la presse...

Allons au fait. Hier soir, le Sénat a voté, à l'initiative du parti radical de gauche majoritaire dans le groupe parlementaire RSDE, le retour de la circonscription unique aux élections européennes.

On se souvient que le Rpr d'alors et le parti socialiste s'étaient mis d'accord pour imposer la création de 8 circonscriptions en France pour élire ses représentants aux élections européennes. Le but était simple : c'était un moyen pour éliminer les petits partis ... sous le prétexte ridicule de rapprocher les élus des électeurs... Quand on voit les parachutages inouïs auxquels la pratique a donné lieu il est bien évident qu'on atteignait là le comble du cynisme.

Tout ceci explique à quel point le vote d'hier soir est important, même si rien n'est acquis. Mais enfin, même si l'assemblée nationale décide de rejeter, ce qui est probable, la proposition du Sénat, il s'agit quand même d'un coup de griffe important sur l'hégémonisme des deux partis majoritaires et d'un bol d'air pour les amoureux de l'Europe et de la démocratie... Par ailleurs, le vote met aussi l'accent sur les difficultés rencontrées du coté de la majorité gouvernementale...


Ci dessous, le communiqué de l'agence France Presse

La proposition de loi du groupe RDSE, signée par l'ensemble des Sénateurs Radicaux de gauche, rétablissant une circonscription unique pour l'élection des représentants français au Parlement européen a été adoptée aujourd'hui par le Sénat.

SENAT-ELECTIONS-EUROPEENNES

Sénat rétablit une circonscription unique pour les européennes


PARIS, 23 juin 2010 (AFP) - Le Sénat a rétabli mercredi le scrutin national pour les élections européennes et supprimé les huit circonscriptions interrégionales qui existent, en votant une proposition de loi du RDSE (à majorité radicaux de gauche) en ce sens.

Ce texte, soutenu par la gauche et les centristes et sur lequel l'UMP et le gouvernement ont été mis en minorité, a cependant peu de chance d'aboutir car il faut encore qu'il soit inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour poursuivre son parcours législatif.

Depuis les élections européennes de juin 2004, les Français votent dans huit circonscriptions interrégionales. La proposition de loi dont le premier signataire est le président du groupe RDSE Yvon Collin, rétablit le système antérieur à la loi de 2003 qui a instauré ces huit circonscriptions.

"La création des circonscriptions interrégionales n'a répondu à aucune logique objective, ne correspondant à aucun bassin de vie, aucune solidarité territoriale, aucun projet commun de développement, aucune réalité historique, sociologique ou géographique", a dénoncé le président du PRG et sénateur Jean-Michel Baylet.

"L'élection des députés européens n'a pas pour objet de dégager une majorité au Parlement", s'est-il exclamé.

"L'ensemble du groupe centriste va voter ce texte car je ne crois pas que le scrutin national crée une distance entre les électeurs et le représentant au niveau européen et il y a plus de lisibilité quand il y a des listes nationales", a renchéri Jacqueline Gourault (Union centriste).

"Mettons fin à la nomadisation des candidats sur toute l'étendue du territoire national, parce qu'il faut caser tel ou telle. Quel rapport nos députés européens ont-ils avec les territoires arbitrairement composés qu'ils sont censés représenter? Bien souvent aucun !", a plaidé Jean-Pierre Chevènement, président du MRC et sénateur de Belfort.

Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales, a combattu cette proposition. "Nous avons aujourd'hui dans toutes les formations politiques, des élus dont la légitimité territoriale est plus grande et qui sont moins dispersés dans les groupes politiques du Parlement européen", a-t-il argué.
"Nous n'avons connu que deux élections européennes depuis 2003, c'est-à-dire une expérience un peu courte pour porter un jugement définitif sur la régionalisation du mode scrutin", a-t-il ajouté.

lundi 21 juin 2010

Anelka président !

Un déluge d’obscénité…

Si Anelka avait dit « Casse-toi pauv’con » à Domenech, il serait président de la République »…

Oui, on peut s’indigner du comportement des Bleus, du fait qu’ils doivent servir de modèle à nos jeunes … On peut, on peut, on peut.

On peut aussi rester simple. Dire qu’on aurait bien aimé que la France gagne… Qu’elle n’a pas gagné, que l’équipe était moins bonne… Rappeler aussi que football n’est qu’un jeu, que c’est un bonheur de voir toute une nation derrière son équipe qui gagne, même si dans toute victoire il y a une part de hasard, de chance… N’oublions pas les concours de circonstances qui ont fait de la France la championne du monde 1998 ! Mais parfois la France perd… ça rend de mauvaise humeur, des grossièretés sont dites… mais la pire grossièreté vient bien sur des médias qui engagent tout un chacun à relayer la grossièreté qu’elle vienne des commentateurs, des ministres, des journalistes, des piliers de télé, qui refont le match jusqu’à la nausée…

Le ridicule de la défaite, on s’en remettra… L’échec de l’équipe, des joueurs, de l’entraîneur aussi … Mais ce qui est affligeant c’est effectivement le ridicule dans lequel se plonge l’ensemble des commentateurs… On n’en avait pas entendu tant lorsque Zinedine Zidane avait infligé un coup de boule lors de la finale du mondial… et qui était un autrement mauvais exemple pour la jeunesse avant d’être publiquement félicité par le président de la République de l’époque…

Ainsi donc, la grossièreté d’Anelka a laissé la place à la vulgarité des ministres qui transforment ça en affaire d’État … à la vulgarité des commentateurs politiques qui se refusent à mettre l’affaire à sa juste place (signalons toutefois la juste réaction de François Bayrou sur ce point).

Mais le pire est venu d’Alain Finkielkraut(en photo là haut), qui reprend la posture obscène qui lui avait fait parler en 2005, de l’équipe « black, black, black » dans une interview au journal Haaretz[1],. Par la suite, il s’était offusqué que des Français puissent vibrer lors de la qualification de l’équipe d’Algérie. Samedi soir sur Europe 1, il a déclaré on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera, il est temps de ne plus sélectionner des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen. Il faut prendre acte des divisions ethniques et religieuses qui minent cette équipe. L’équipe de France est une bande de voyous.

Comme dit Pascal Boniface, a qui j’emprunte une partie des propos : « si le comportement des joueurs de l’équipe de France est condamnable, les propos du philosophe le sont également. Il ne critique pas les joueurs pour ce qu’ils FONT, mais pour ce qu’ils SONT : des jeunes issus de la diversité et des banlieues.

Si Le Pen avait tenu de tels propos, on peut penser que les journalistes l’auraient contredit. Mais là non, on ne contredit pas le philosophe, au contraire, on lui permet de répéter son message dans le JDD et ce matin dans France Inter.

Il y a finalement une logique dans la pensée de Finkielkraut. Les Noirs et les Arabes sont des voyous, les joueurs de l’équipe de France sont principalement des Noirs qui viennent des banlieues ; ils sont donc des voyous. S’il y a certainement dans l’équipe des joueurs dont les valeurs morales sont critiquables, peut-on dire que l’on peut mettre les 23 dans le même sac ? Peut-on expliquer la débâcle actuelle par les divisions ethniques et religieuses ?

Une fois encore, Alain Finkielkraut semble obsédé par la question ethnique ou religieuse à laquelle il ramène tout. Le problème est un problème d’individu ou de groupe, pas un problème de religion ou d’origine ethnique. Faut-il ne sélectionner que des joueurs de la même origine, en faire une équipe ethniquement homogène ? Faut-il rappeler à Alain Finkielkraut, chantre de l’homogénéité, que même l’équipe d’Israël est diverse puisqu’il y a des Arabes qui en font partie ?

Faut-il exiger des joueurs qu’ils puissent employer l’imparfait du subjonctif avant de porter le maillot bleu ? Doit-on procéder à la sélection à partir du classement de l’ENA ou d’un tirage au sort dans le bottin mondain ? Alain Finkielkraut a publié récemment Un Cœur intelligent ; il a un cerveau purement émotionnel dès qu’il s’agit de foot. Il lui reste à supporter l’équipe de Nouvelle-Zélande. On en appelle en effet les joueurs les « All Whites ». »

Je me permets de rajouter une chose… Le football est un sport éminemment populaire, qui a parfois été pratiqué par des gentlemen, mais pas seulement.

Finkielkraut en revient à la vision aristocratique d’un sport amateur, réservé à une élite. Nous n’en sommes heureusement plus là.

Parfois nos héros, ont leurs humeurs, parfois ils perdent et ils n’aiment pas ça… et ils ont un mauvais comportement… Parfois nos héros perdent… et nous n’aimons pas ça… Nous avons un mauvais comportement…

Sachons nous ressaisir.

Jeudi, un autre combat s’annonce. Il faudra se battre pour que la France continue de donner l’exemple au monde en matière de droit social. C’est un tout autre enjeu ! Qu'on m'accorde d'y apporter beaucoup plus d'importance que les généralisations abusives issues d'une défaite qui n'a provoqué d'autres blessures que narcissiques et financières.

Battons-nous pour une retraite juste !



[1] Il avait par la suite affirmé qu’il avait été mal compris, mais les journalistes d’Haaretz avaient répondu qu’ils tenaient à disposition l’enregistrement de la conversation, et Alain Finkielkraut n’avait pas demandé à ce qu’il soit rendu public.