vendredi 9 juillet 2010

Stop démago !

Le hasard de l’existence fait que je connais Franck Martin depuis plus de 40 ans. Il a changé depuis cette période, comme nous tous, mais il est resté fondamentalement le même et une invariante traverse son comportement : rien de ce qu’il fait n’est fait pour de l’argent.

Élevé selon les principes transmis par son père, le Docteur Martin, personnage tout aussi fascinant, la passion, l’intérêt collectif, la créativité a dominé sa vie.

Le fait de le voir traîné dans la boue relève de l’ignominie et m’est insupportable. Franck Martin est maire de Louviers depuis plus de 15 ans après avoir été élu conseiller général du canton de Louviers sud, un combat qu’il avait mené dans ce but : faire de Louviers une ville qui profite de ses nombreux atouts, faire de Louviers une ville qui bouge, une ville ouverte, faire de Louviers une ville où chacun trouve sa place.

Et Louviers a beaucoup changé, en bien. C’est ce que constate la population qui l’a à chaque fois réélu, malgré les coups qui ne l’ont pas épargné, sans doute parce que sa personnalité intransigeante sur les principes, et intangible pour la défense de sa ville n’a pas toujours plu. Jamais il n’a adhéré à un grand parti parce qu’il refuse viscéralement toute allégeance. Il a donné les moyens à Louviers de devenir plus fort non pas en cherchant des protections extérieures, mais en défendant ses atouts pour ce qu’ils représentaient et en travaillant avec les communes et les personnalités extérieures.


Quand Franck Martin est attaqué, c’est Louviers qui est attaqué.

C’est ce qui lui a permis de développer l’intercommunalité sur une base de confiance avec les 29 communes qui lui ont renouvelé son soutien. Ce n’est pas une mince affaire. 29 communes, ce sont 29 lieux de pouvoirs, 29 intérêts locaux à ménager tout restant intransigeant sur l’intérêt collectif du territoire.

Franck Martin a été un excellent conseiller général, et sa présence en tant que vice-président du conseil général a été profitable à Louviers comme au territoire de la Communauté d’agglomération. Rappelons simplement que cette façon d’agir pour la ville, pour ses habitants, en dehors de toute appartenance à un grand parti n’a pas plu à tout le monde. Le parti socialiste a choisi en 2008 de briser le principe du désistement républicain et a permis à la droite de gagner un canton où la gauche avait pourtant obtenu plus de 70 % des suffrages. Mais là n’est pas le pire ! Le plus grave c’est qu’au delà de la gauche, les socialistes ont fait subir à Louviers une défaite que Franck Martin a mis deux ans à réparer.

C’est précisément en devenant conseiller régional que Louviers a récupéré son poids politique dans un moment décisif pour l’avenir du territoire. J’ai défendu l’idée que Franck Martin se présente aux élections régionales. Pour les idées qu’il défend, et qu’il défend bien, et pour permettre à Louviers, à son agglomération de défendre leur rang et leurs intérêts dans le bouleversement en cours dans les territoires.

Depuis qu’il est conseiller régional, Franck Martin a défendu au delà du projet de la Normandie réunifiée, et des intérêts de la Haute-Normandie, les intérêts de la ville et de ses habitants en participant aux débats régionaux. L’avenir de Louviers se passe aussi à Rouen et à Evreux.

Tout ceci se traduit, c’est vrai par le versement des indemnités qui sont dues aux élus locaux. Franck Martin, qui n’a ni fortune personnelle, ni sécurité de revenus ou d’emploi (il n’est ni fonctionnaire, ni retraité), a fait le choix de bénéficier des indemnités qu’il a gagné en servant les autres. C’est une situation provisoire (le mandat de conseiller régional ne dure que 4 ans) qui ne plaît pas à tout le monde mais elle ne coûte à personne (ni au contribuable lovérien, ni au contribuable régional). Au vu de l’impact de son travail et de son travail lui-même, le principe ne reflète qu’une situation parfaitement claire qui bénéficie à tous, même s’il est facile en ces temps d’exaspération de faire vibrer la corde de la démagogie.

4 commentaires:

Agnès GRILLO a dit…

Mais de quoi s'agit-il au juste ? Je ne parviens pas à trouver la source !
Agnès grillo

Anonyme a dit…

Amen !
J'ai déjà dit ce que je pensais, ceci dit, le vote ne peut pas être annulé et il faut attendre la fin du mandat.
L'altruiste veut malgré tout vivre décemment comme nous tous, avec 460 Euros de RMI, il est difficile de vivre décemment. Avec 20 fois plus, cela devrait aller, non ? Le pauvre F Martin, on va le plaindre de déléguer beaucoup de son travail à son équipe, qui donne beaucoup bénévolement (au musée pour des expositions, par exemple) Si je participe au troc aux plantes et à la sensibilisation contre le bruit, c'est parce que cela me concerne aussi, j'aime les plantes et j'ai subi le bruit infernal plus d'une fois, ruinant tout de même la santé (hypertension) . Je ne le fais pas pour devenir élue un jour ou pour en faire mon métier.
J'ai souvent fait du bénévolat à la Croix Rouge du Neubourg, et à l'Association de Parent d'élèves du SIVOS d'Iville, des traductions de cartes postales et courriers gratuits pour des amis... malgré le peu que j'avais.
L'argent de F Martin change l'image qu'on a de lui, il devient trop riche pour être crédible auprès des pauvres. C'est tout. L'ambiance conviviale disparaît aussi. Je ne suis pas jalouse de son argent. Simplement je ne me sens plus défendue en tant que RMIste, car les caisses étant vides, il ne peut plus travailler, donc le mérite n'est plus le même. Il se plaint des difficultés financières du budget collectif et il veut sa sécurité personnelle en priorité. Bref, quelque chose ne colle pas. Je n'ai pas de sécurité personnelle non plus quand on menace de supprimer le RMI pour des fins politiques au Conseil Général...
Faut-il avoir du mérite pour avoir le droit de vivre ? Et pourtant certains pensent que j'ai du mérite donnant malgré ma pauvreté à travers le bénévolat.
F Martin veut la réussite sociale, il a dit plus d'une fois qu'il est Haut Fonctionnaire (avec fierté) et qu'il veut avoir le salaire d'un cadre supérieur. Un cadre supérieur dans une entreprise, gagne-t-il autant ? Je n'en suis pas certaine.
Il ne faut pas non plus que le stress et le manque de sommeil pour autant d'heures de travail nous retombe dessus à travers une mauvaise humeur de lui ou de sa compagne (je me souviens particulièrement d'une réunion du PLU où l'assistance avait le droit à la remarque de Mme Baudet: "on n'est pas en commission de quartier ici" sur un ton blessant en réponse à une question de l'assistance, pas étonnant si les gens ne veulent plus participer quand on les accueille comme cela)
Je me fous du montant des ressources du maire ou des élus, mais que cela ne change pas les relations humaines, ils s'en trouvent plutôt pourries, non ?
Mme Pain a eu droit à un savon de Mme Valin l'autre jour pendant une réunion. Est-ce sa faute si les gens ne viennent plus aux réunions et qu'on n'était que 5 personnes, dont 2 habitants ?
Non, je vais vous dire, M Ferré a quitté les commissions de quartier parce que le bruit s'est aggravé dans sa rue et que la commune ou la CASE, responsable des horaires de passage pour les ordures ménagères n'avait pas tenu compte de ses remarques et de sa souffrance. Les gens se disent, si on nous prend pour des imbéciles, alors on ne vient plus.
Ce n'est pas l'argent de F Martin qui est en jeu, mais sa politique soi-disante humaniste... ici.
Et je rappelle que F Martin est éditeur (tant pis s'il n'est pas doué pour vendre et qu'il a des pertes, mais c'est une profession) il a le mandat de maire, de président de la CASE et de conseiller régional et il lui faudrait donc 4x8 heures pour tout faire en temps complet. Quand on délègue parce que la journée est trop courte, il ne faut pas oublier son équipe ou la collectivité.
Sylvia Mackert

Denis a dit…

Je suis en très grande partie d'accord avec ton analyse sur la situation politique de Louviers, devenu un enjeu de pouvoir pour la CREA.

De là à lier comme tu le fais l'existence politique de Louviers à celle de Franck Martin, j'avoue tout de même que, là, c'est extrêmement osé, non ?

Le conseil municipal de Louviers n'aurait pas dû voter cette mesure d'écrêtement par le reversement à la compagne de Franck Martin des indemnités se situant au dessus du plafond. Il est encore temps de revenir en arrière. Je crois que c'est une décision qui, pour le coup, honorerait Louviers, son conseil et son maire.

Olivier Taconet a dit…

Je suis d'accord avec toi Denis... l'expression "attaquer Franck Martin c'est attaquer Louviers" est beaucoup trop abrupte, même si elle a un sens... et je ne la corrige pas du fait qu'on puisse comprendre ton commentaire.
Ce sur quoi je ne suis pas d'accord c'est sur l'approche parano. On peut, on doit critiquer Franck Martin, puisque c'est l'indispensable démocratie. Ce que je voulais dire c'est qu'une ville comme Louviers ne peut avoir un poids au niveau régional et départemental sans avoir d'élu. La conséquence, bien sur, c'est que cet élu perçoit des indemnités complémentaires... d'où la nécessité de l'écrêtement et du débat public qui a lieu aujourd'hui. Pour ma part, je ne crache sur aucun débat.
Olivier Taconet