lundi 11 décembre 2017

Le parti radical de gauche est mort

VIVENT LES RADICAUX DE GAUCHE
Les radicaux de gauche sont bien vivants autour de la nouvelle bannière, Virginie Rozière, entourée de Stéphane Saint-André et d'Olivier Taconet et d'une trentaine de radicaux décidés à construire leur avenir
Disons-le tout de suite, le mariage est passé complètement inaperçu. C'est que, au même moment, à quelques mètres de là, la foule s'amassait pour rendre hommage au chanteur français le plus populaire du siècle. Tout effort pour promouvoir quoi que ce soit d'autre était peine perdue, sans parler de faire passer un message politique. Cela ne veut pas dire cependant que ce qui s'est passé ce samedi 9 décembre 2017, date anniversaire de la loi de la laïcité, soit sans conséquence sur la vie politique française. 

Le parti radical de gauche a donc voté dans l'indifférence générale son propre suicide avec 85 % des votants. Ce score en a impressionné plus d'un. Les opposants à la fusion sentaient pourtant que le scrutin pouvait déjouer les pronostics mais ... un appareil reste un appareil. Comme disait justement Paul Dhaille : c'est plié. Ils ont réservé la salle et le traiteur. Ce n'est pas pour s'emm... avec un vote. 

De fait, le bruit a couru de manière insistante que l’utilisation des pouvoirs des fédérations non représentées était laissées à la discrétion de la Présidente. Une procédure beaucoup plus facile à faire passer lors d'un vote électronique… Comme beaucoup de radicaux de gauche avaient renoncé à se déplacer et pour refuser de cautionner la démarche et pour éviter d’assister à leur mort programmée, le résultat fut d’une brutalité sans appel.
Dommage pour la démocratie et le débat.
Ni vote des militants (le congrès, comme on a pu le voir, est une instance déléguée, et ne représente qu'une faible partie des adhérents), ni débat n'ont précédé cette fusion qui ne ressemble à rien. Rappelons qu'à l'intérieur des fédérations départementales consultées, une grande majorité s'opposait au rapprochement avec les valoisiens. 
Il n'empêche. Une fois passées larmes et désillusions, les opposants actifs se sont retrouvés dans un restaurant voisin "La Terrasse" que nous avions réservé à proximité du congrès. Ici le débat et la détermination ont été lancés. L'espace réservé à l'origine s'est révélé insuffisant pour accueillir toutes les bonnes volontés. De nombreux Jeunes Radicaux de Gauche nous ont rejoint avec leur énergie ce qui nous a permis de refaire le monde assez rapidement et au passage de jeter les bases de l'action. 
Plan d'attaque, plan d'action, plaisir à être ensemble, voilà le mélange idéal pour bâtir l'avenir et construire le radicalisme de demain, base d'une gauche à même de répondre aux défis du siècle.


À très vite ! 

lundi 4 décembre 2017

ma lettre à Sylvia Pinel

Madame la Présidente, chère Sylvia




Tu viens de m'écrire, ainsi qu'à presque tous les adhérents du parti radical de gauche, une lettre (à laquelle tout un chacun peut avoir accès en cliquant là ) qui m'a laissé un temps sans voix avant de me dire que, finalement, elle méritait réponse.

C'est entendu, la politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, et nous-mêmes ne nous sentons pas très bien. Il n’empêche, rien dans ton courrier ne répond aux attentes économiques, politiques et sociales alors même que si la politique doit avoir un sens, et derrière elle les partis, c’est bien pour donner un sens à l’action, en dégager les enjeux et faire des propositions alternatives.  
Or, non seulement la fusion que tu proposes n’offre pas d’alternative, mais, pire encore, elle ne donne pas non plus les moyens d’en construire une.

Un autre radicalisme est possible
Tu décides de rayer d’un trait de plume l’histoire du parti radical de gauche, en proclamant que l’Histoire impose le rapprochement des deux familles radicales. Macron aurait, par miracle, fait disparaître les notions de droite et de gauche, réalisant ainsi le vieux rêve de la famille centriste. Tu en prends acte dans la vidéo que tu publies sur le site du prg en déclarant que le projet de la famille radicale réunifiée est de redevenir … «ce parti du centre »
Tu m’excuseras de ne partager ni ce point de vue ni ce projet. Je n’y vois aucune affirmation d’indépendance, mais au contraire la démonstration que notre parti est non seulement sous influence mais se refuse à la réflexion, laissant ce rôle à la future structure.

Le devoir de mémoire
Or nous avons une histoire, et personne ne peut, à notre place en faire le bilan. Nous le devons à nous-mêmes, nous le devons aux adhérents, aux sympathisants et aux électeurs, à tous ceux qui nous ont suivis pendant toutes ces années. Avec nos adresses et maladresses mais avec notre cœur, nous avons contribué à l’histoire de la gauche et à l’évolution de la société française. Il est une citation qu’on accorde tantôt à Churchill, tantôt à Confucius disant qu’un peuple qui renonce à sa propre histoire, se condamne à la revivre. Dans notre cas, refuser notre histoire, la considérer comme une parenthèse nous condamne tout simplement à mort. Ce n'est rien moins qu’un reniement de ce que les radicaux de gauche ont construit pendant des années, avec les figures contestables et incontestables de Bernard Tapie, Michel Crépeau, Christiane Taubira, Bernard Kouchner et Jean-Michel Baylet notamment. Les radicaux ont ancré à gauche le besoin de renouvellement social, la mise en avant de la laïcité quand elle semblait une évidence assise, la réflexion sur l’économie solidaire, l’attention à l’évolution des mœurs face à l’ordre moral oppressif.
Tout cela, résumé trop rapidement, raconte à quel point nous avons eu notre rôle dans la vie politique, en dépit de notre faible poids électoral, précisément à cause de notre indépendance et de la détermination de nos dirigeants, de nos élus et de nos militants.

La politique n’est pas un ventre mou
Tu verses dans la palinodie en nous proposant d’échanger notre action au service d’une gauche moderne contre la perspective de nous installer dans le centre, ventre mou de la politique, auquel nous apporterions la bonne parole radicale.
Tu m’excuseras de ne pas répondre à cet acte de foi.
Quel avenir pour une fusion lors même que nous renonçons à la gauche qui faisait notre identité. Depuis 20 ans que je suis au parti radical de gauche, j’ai pu constater que 80 % des adhérents ont adhéré parce qu’ils étaient de gauche.
Tu nous proposes de nous unir à ceux qui nous ont combattus, qui ont notamment soutenu Nicolas Sarkozy et qui, localement, ont combattu nos équipes ou nos alliés.
Penses-tu vraiment que la victoire d’Emmanuel Macron ait effacé l’histoire de ces dernières années ? Penses-tu qu’Emmanuel Macron ait effacé les notions de droite et de gauche ? Penses-tu que, comme l’ensemble des partis sous influence, l’avenir de la politique ne puisse se situer que dans le ventre mou du centre, où déjà, face au parti du Président, nous n’aurons pour perspective que de nous noyer ou de nous entre-déchirer avec l’Udi, l’Udf, le Modem, les centristes, sans parler d’autres officines créées par des politiciens cherchant à sauver leur boutique.
Pour ma part, je ne serai pas de ce renoncement radical.

L’espoir est ailleurs.
La politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, cela ne signifie pas qu’ils doivent mourir.
La politique est malade et Macron en est le symptôme, même si son élection improbable a permis d’écarter du pouvoir les populistes de la France Insoumise et du Front National.
La gauche est malade, parce qu’elle s’est montrée incapable et de tirer son propre bilan et de tracer des perspectives cohérentes.
Le radicalisme est malade parce que sa santé fragile a été ébranlée par l’émergence du macronisme et la déroute de ses alliés.
Mais ni la politique, ni la gauche, ni le radicalisme ne sont morts. Ils revivront parce qu’ils sont indispensables à la respiration de la démocratie.
Le radicalisme, fragile encore, doit être au centre de la recomposition de la gauche de gouvernement. Une gauche créative, attentive, apte à répondre aux nouveaux défis du monde, qu’il s’agisse de l’éducation d’abord, dont la modernisation est durement attaquée par le nouveau gouvernement, liés qu’il s’agisse de la citoyenneté moderne et des enjeux liés à la protection des lanceurs d’alerte, à la protection de l’individu dans la société numérisée, qu’il s'agisse de la relation de l’humain au travail à l’heure de la robotisation, qu’il s’agisse encore de la formation tout au long de la vie, bref, qu’il s’agisse du projet de l’épanouissement de l’humain et de son rapport à la nature reconsidéré par le réchauffement climatique. Le radicalisme encore, créateur de la laïcité, doit promouvoir ce concept dans un projet universel. Cette vision universaliste propre à la gauche est aussi la seule voie qui puisse permettre une solution à la crise des réfugiés.

De tout cela, je n’ai pas vu trace dans ta lettre. Je suis persuadé que sur ces points fondamentaux, nous aurons les plus grandes difficultés à trouver des points d’accord avec cette branche du radicalisme qui a soutenu la saisine du conseil constitutionnel pour faire abolir la loi sur le mariage pour tous, dont les radicaux de gauche sont les parents.


C’est la raison pour laquelle, Madame la Présidente, chère Sylvia, je voterai contre la disparition des radicaux de gauche dans le projet de fusion avec les radicaux valoisiens.

Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche

vendredi 17 novembre 2017

Panique au Comité Directeur

Il y avait beaucoup d'attente autour du comité directeur du parti radical de gauche. Convoqué pour le 15 novembre, d'une manière on ne peut plus statutaire, il était la première réunion des instances depuis le speed dating de Montpellier[1], où l'on avait fait se rencontrer les deux branches du radicalisme, frères ennemis depuis un demi-siècle, c'est à dire depuis la naissance de l'union de la gauche en 1972. 

Le chaos, le ko et le cahot.


Après le chaos des présidentielles, lorsque tout le monde était K.O., les radicaux ont proposé cet ultime cahot ; réunir les deux familles radicales, séparées depuis 50 ans.
Michel, réveille-toi ! Ils sont devenus flous.
Formidable ! Proposer enfin quelque chose de positif dans un monde politique décomposé. Après tout, les radicaux valoisiens n’étaient pas si méchants. Peu importe leur passé, le fait qu’ils aient soutenu les pires politiques de droite sans sourciller, qu’ils se soient rangé selon le sens du vent du côté des sarkozystes, des chiraquiens, voire des fillonnistes. Après tout, il fallait regarder l’avenir et suivre la mode du « et à droite, et à gauche ».  
C’était là une manière d’acter la victoire de Macron et de se frayer un chemin dans le marais centriste.

Le seul problème c’est que les radicaux de gauche sont de gauche. Ce qui est emmerdant avec les militants, c’est pas tellement qu’ils se trompent, après tout ça arrive à tout le monde, non, le problème c’est qu’ils croient à ce qu’ils disent et à ce qu’ils font. Et tout ceux qui ont pris leur carte au parti radical de gauche, l’ont prise par ce qu’ils étaient à gauche. Parce que, malgré les divergences légitimes qui pouvaient exister, les radicaux de gauche défendaient l’idée d’une gauche de gouvernement avec toutes les déclinaisons locales que cela suppose.
La pilule est effectivement difficile à faire passer et l’on comprend que la direction du prg ait préféré mener discrètement les négociations visant à la fusion des deux branches radicales plutôt que d’en parler aux militants.

Les militants sont à gauche et ... à gauche

Ainsi, alors que le prg ne proposait rien de moins que sa propre mort, a-t-il évité tout déballage et tout débat entre direction et militants.
Le comité directeur réunit les représentants de chaque fédération avec la direction et les élus. Ce 15 novembre était l’occasion unique de se faire entendre avant une fusion prévue début décembre.
La direction avait joué classiquement le coup en laissant les opposants à la fusion s’exprimer avant de passer à autre chose et notamment à un vote où ils seraient marginalisés. Mais les choses ne se sont pas passées exactement comme ça.
La faute tout d’abord aux valoisiens et aux déclarations publiques de leurs dirigeants assurant que dans la future formation la double appartenance serait possible. Cette double appartenance a un sens tout à fait particulier chez les radicaux de droite. Cela veut dire tout bêtement rester à l’Udi tout en adhérant au nouveau parti.
On sait que les valoisiens ne sont pas des enfants de chœur. Il n’empêche qu’affirmer la nécessaire affiliation politique à l’Udi à quelques semaines de la fusion est plus qu’une incorrection vis-à-vis des radicaux de gauche.
A Montpellier, en septembre, lors de discours touchants, les valoisiens disaient souhaiter la fusion pour s’émanciper de l’Udi.
Il y a deux raisons qui peuvent expliquer l’apparent retournement de veste des dirigeants valoisiens, et qui ne sont pas contradictoires. La première c’est que la pression politique entre centristes et valoisiens est si forte que ces derniers doivent rassurer leurs troupes et les intérêts particuliers de leurs représentants. La deuxième est que, devant la faiblesse de la direction du prg[2], les valoisiens peuvent avancer en parfait cynisme et mépris des opposants.
Et justement, à propos de faiblesse, il y a eu lors de ce fameux comité directeur, un épisode pour le moins inattendu avec l’affirmation d’une divergence de taille.
Ainsi, Guillaume Lacroix, premier vice-président, soumettait-il au vote une remise en cause de l’actuelle présidence du parti tout en se défendant de vouloir faire un coup d’état.
... Mort de rire !

Même pas drôle

 Enfin, tout le monde ne rigolait pas. À vrai dire Jean-Michel Baylet, qui avait installé la présidence actuelle pour lui succéder, voyait l’édifice s’ébranler, et Sylvia Pinel sentait le danger. À la tribune, les deux adversaires côte à côte se donnaient du vouvoiement et du Monsieur le vice-président et du Madame la Présidente … Pour dire, on était en toute fraternité radicale !
Il y eut donc un vote qui donna à une courte majorité le maintien de la présidence actuelle, une présidence divisée, affaiblie, qui affronte dans les pires conditions la fusion entre les radicaux.

Alors, alors, on en aurait presque oublié l’essentiel du débat. Les radicaux de gauche, le radicalisme va-t-il mourir ? Va-t-il mourir après une absorption de la gauche par la droite radicale qui après se trouvera elle-même absorbée par l’Udi ?

Du droit de mourir dans la dignité

On peut, on doit craindre le pire, même si la crainte n’évite pas le danger. Il y eut un autre vote lors du comité directeur, qui donna une large majorité à la proposition de fusion qui devra être officialisée …

La fusion signifiera non seulement la fin de l'idéal porté
par les radicaux de gauche, mais la fin du radicalisme
lui-même. Lorsque les valoisiens qui ont fait du radicalisme
un paillasson, défendent le principe de double-appartenance,
c'est à dire de rejoindre l'udi, ils pratiquent déjà la violence
conjugale. La direction du prg ne réclame même plus pour
elle-même le droit de mourir dans la dignité.   
Une large majorité, certes, mais pas une quasi-unanimité, comme Guillaume Lacroix s'est empressé de le dire après avoir loupé son coup. Surtout que rapidement quelqu'un a transformé la quasi-unanimité en unanimité tout court. Bon, soyons sérieux il y a eu 1/4 à plus d'1/3 des participants à voter contre la fusion, ce qui fait une forte minorité. Pourquoi une telle imprécision ? Tout bonnement parce la direction n'a pas voulu compter les opposants. Quel dommage !
On sait aussi, lorsqu’on est sur le terrain, que soit les adhérents rejettent la fusion, soit ils s’en vont … et l’on peut penser que le départ des militants fasse partie du calcul de la présidence actuelle du parti. Quelle misère pour un parti qui a fait du droit de mourir dans la dignité une de ses principales revendications.  
Il n'empêche, le congrès début décembre doit se prononcer pour ou contre la réunification. Or, comme l'ont démontré la présidentielle et tous ses préliminaires, en matière de démocratie, rien n'est joué. En votant contre la fusion, on peut encore sauver le radicalisme. C'est tout l'enjeu !







[1] Les journées d’été du radicalisme ont eu lieu en septembre à Montpellier. Il s’agissait de faire se rencontrer dans une ambiance policée et aimable les deux familles radicales. On a fait ça très vite et très rapidement pour éviter les débats inutiles et, hors des débats qui fâchent, chacun en a gardé un bon souvenir.
[2] Qui, du prg ou des valoisiens a proposé le rabibochage entre les deux formations ? Et si c’était le prg, en état de faillite financière, qui l’avait proposé, se rendant ainsi pieds et poings liés à leurs adversaires d’hier ? On comprend que dans cette situation, qui n’est qu’une hypothèse, on ne se place pas dans la meilleure des situations pour négocier. 

mercredi 11 octobre 2017

Acquigny, une gauche bien vivante

Les élections locales sont souvent passionnantes et riches de leçons. Ce qui vient de se passer à Acquigny en est l’illustration.
Une élection partielle y était organisée ce dimanche, trois ans et demi après la victoire de l’équipe de Stéphane Sauvan, qui avait soufflé la mairie à la gauche en 2014.
Une partie de l'équipe victorieuse.
Même si la commune a été gérée par une équipe de gauche pendant 6 ans, même si la commune a eu, jusqu’en 1983, eu un maire communiste respecté et respectable, Acquigny est, comme on dit sociologiquement de droite, et a ainsi placé Sarkozy devant Hollande en 2008 (56/44) et Marine Le Pen devant Fillon en 2017, Macron se traînant en troisième position, ce qui est encore plus caractéristique.
Bien sûr, il serait malhonnête de ne pas tenir compte des particularités locales à l’origine du résultat et qui sont a priori la conséquence d’un rejet de l’équipe municipale, plus que du maire d’ailleurs à qui il était simplement reproché son manque d’autorité en interne.
Comme un aveu, d’ailleurs, après sa défaite, il se reprochait d’avoir été trop gentil…envers l’opposition.  En fait, il a laissé se déchaîner au sein de la commune ses adjoints avides de pouvoir et d’autorité, le tout après une suite de démission au sein de sa propre équipe … le tout aboutissant à de nouvelles élections.
Il n’empêche. Trois leçons seront tirées de cette séquence électorales.
La première, c’est que la gauche et la droite existent.
C’est bien deux listes politiquement marquées qui se sont affrontées, la droite se présentant d’ailleurs classiquement sous l’appellation « sans étiquette » face à une liste de gauche qui avait changé sa tête de liste mais dont beaucoup de membre faisaient partie de l’ancienne équipe.
La deuxième, c’est que le chamboulement consécutif à l’élection présidentielle a touché, voire coulé les appareils traditionnels de la politique française, mais a laissé indemnes les clivages locaux. Dans notre département de l’Eure la droite après avoir été structurée avec et par Bruno Le Maire, assistée de Sébastien Lecornu a vu ses deux hérauts filer vers le macronisme. Mais les rancoeurs, inspirées par l’événement, si elles se ressentent au niveau des grandes villes, n’a pas laissé de trace à Acquigny. Aucune liste pour se référer au macronisme ou à un centre à trouver. On n’est pas dans l’ancienne ou la nouvelle politique, on en est à des références sociales classiques, à des visions du monde qui situent toute la prétention à vouloir se situer hors du temps dans les questions locales.
La troisième, c’est que la gauche existe, et qu’elle n’est pas un repoussoir. Loin de là ! La liste de gauche l’a emportée avec 60 % des voix dans le cadre d’une mobilisation plus que correcte en particulier pour une élection partielle. Le centre, au cœur de la vie politique nationale, s’est montré absent des enjeux locaux qui se sont joués autour des repères traditionnels de droite et de gauche qui ont démontré leur vitalité.  
Il ne faut pas chercher midi à 14 heures. C’est autour du projet que se déterminent les électeurs. Entre ceux qui à gauche cherchent le bien de la collectivité, et ceux qui à droite, veulent en faire le moins possible de façon à laisser les choses en l’état.
La droite Acquignycienne a échoué par son défaut congénital : la division, conséquence de son absence de projet. À  ce titre, elle est un reflet de ce qui se passe au sein de la droite départementale et locale. À Louviers et dans les nombreuses communes qui composent la Case les clivages se forment autour des individualités incapables de se mobiliser autour d’un projet collectif visant au bien commun.
En ce sens, avec deux ou trois ans d’avance, Acquigny démontre toute la nature de l’enjeu des municipales à venir. La gauche n’est pas morte. Elle a tout l’avenir devant elle si elle est dans la capacité de définir un projet au service des citoyens. Elle devra, par la suite faire partager l’évolution de ce projet, le mettre en scène travailler à l’épanouissement collectif et individuel, offrant une ville pour tous et pour chacun. C’est autour de ces principes que se feront les choix des prochaines municipales, et pas seulement dans les petites villes. On parie ?

Les résultats : 
Inscrits : 1.230
Nombre de votants : 636 (participation 51,70 %)
Suffrage exprimés : 609 (49,03 %)
Liste Collet (Cohésion pour Acquigny) : 370 voix (60,75 % des suffrages)
Liste Sauvant (Ensemble pour Acquigny) : 239 voix (39,24 %)
Une victoire éclatante et une défaite écrasante


Ti'Claude, le 3e à partir de la gauche, devant la mairie
de Saint Germain de Pasquier, à l'occasion d'un concours
dont il avait été lauréat.

Post scriptum : comme il est question d'Acquigny, commune très liée à Louviers par son histoire et par sa géographie, bref, par la géopolitique, qu'il me soit permis de rendre hommage à Claude Bellevin disparu dimanche dernier. Je l'ai rencontré pour la première fois à Acquigny, où il a longtemps habité avant de revenir à Louviers. Avec Claude, c'est un bout de l'histoire tourmentée de la gauche lovérienne qui s'en va. Ma pensée va à ses enfants, Nathalie et Jean-Philippe, à ses petits enfants, aux femmes qui ont partagé sa vie, à ceux qui l'ont côtoyé et aimé, à ceux nombreux à qui il était cher. J'ai titré ce post : une gauche bien vivante. Je le maintiens. Claude a su rendre cette gauche bien vivante. Il est de ceux dont elle aura toujours besoin



mercredi 4 octobre 2017

Ma vérité sur la Catalogne


Je n’ai aucune sympathie pour les nationalismes, encore moins pour les nationalistes. Ça ne m’empêche pas d’avoir le plus grand respect pour les Nations, mais c’est une autre question. Fondamentalement, j’ai l’impression que plus un pays est grand, plus il est riche de ses diversités, plus il permet l’épanouissement des personnalités qui le peuplent.
Ironie de l'Histoire  ! Il y a 40 ans, le catalan
Miro s'intégrait dans la tragédie espagnole
en combattant le franquisme. A ce moment,
les amants de la République étaient tous
Espagnols. 
Souvent les plus grandes Nations se sont construites sur l’écrasement, sur l’écrasement d’autres Nations ou d’autres peuples et ça ne me réjouit pas plus que ça. Restent, bien entendu l’histoire des Nations humiliées, de celles qui n’ont pas eu l’occasion de s’épanouir et qui en perçoivent un fort sentiment d’humiliation collective. C’est ce qu’on peut ressentir en France, avec la Corse, et plus fortement encore en Espagne, avec le Pays Basque et la Catalogne.

En France, on a du mal à comprendre le problème de la Catalogne espagnole. Sans doute parce qu’à l’inverse des indépendantistes basques, les nationalistes Catalans ne se sont pas livrés à la violence, ou très peu, même sous Franco. En fait, la résistance Catalane s’est exprimée beaucoup plus comme dernier rempart républicain contre les rebelles Franquistes. La Catalogne a été, de fait, la République face à la dictature militaire. Elle charriait les images de l’armée de l’Ebre, de la Résistance de Barcelone face au pouvoir central déjà occupé par Franco et qui allait laisser la place à 40 ans d’une dictature féroce. C'était le contraire du pays Basque où les indépendantistes ont eu droit à beaucoup de faveurs parce qu'ils ont tenté sous la dictature de s'opposer à la dictature du Général Franco.
Pour un Français normal, soumis à un pouvoir centralisé, l’identité Catalane, plus qu’exotique, apparaissait comme inexistante. Surtout avant ! Il faut dire que la France souffrait encore de ce qu’elle avait subi à l’occasion de la deuxième guerre mondiale. Le génie gaullien avait réussi à ressouder une Nation réduite en miettes. Cela a largement contribué à la marginalisation des mouvements régionalistes. Ce n’est qu’à la suite de mai 68 que ces mouvements ont réussi à reprendre prise à partir d’une jeunesse à la recherche de causes à défendre.
Il est naturel de vouloir être indépendant. C'est une loi
de l'humanité. Il n'empêche qu'au delà de la sympathie
suscitée par les indépendantistes, les conséquences
d'une indépendance politique peuvent se révéler
catastrophiques. La brutalité du pouvoir central fait
oublier une démarche profondément égoïste qui
s'imagine bénéficier d'un gain économique en se
séparant du pouvoir central. C'est à l'échelle d'un pays,
le même calcul que celui des tenants du Brexit.
Les mathématiques élémentaires révèlent qu'en cas
d'erreur de calcul, il faut s'apprêter à payer l'addition,
et c'est toute la population qui la paiera, catalane
comme espagnole. 
Aujourd’hui même, enfin disons, jusqu’à il y a quelques mois, la Catalogne, semblait à beaucoup de français comme une curiosité folklorique. Le catalan présent non seulement à l’entrée des villes mais au cœur de leur centre et de leurs commerces, les références baroques de Salvador Dali, de Gaudi et de Joan (et non Juan) Miro le Barça, club le plus puissant d’Europe, l’omniprésence même de drapeaux catalans aux fenêtres Barcelonaises, tout cela ne prêtait pas trop au sérieux jusqu’à l’attentat de Barcelone, dont on pensait qu’il allait provoquer une réaction unanime face au terrorisme islamiste alors que non seulement elle n’a pas mis fin sous le boisseau les querelles identitaires entre les indépendantistes et le pouvoir central, mais elle les a exacerbé.
C’était la première manifestation extérieure sérieuse du problème catalan. Cela semble très loin maintenant. Cependant, tout y était. Une police catalane et une police espagnole. Un État central et une Région catalane. Et tout le monde tenant à marquer sa différence alors que 13 morts et  plus de cent blessés venaient de joncher la rambla de Barcelone, happés par le véhicule conduit par un terroriste islamiste.

La presse en a peu parlé, relayant forcément  l’émotion suscitée par cette nouvelle manifestation terroriste, mais c’était incroyable !  Du jamais vu, annonciateur de la sécession, ou au moins du projet de sécession. 
Je pensais d’ailleurs que le comportement des dirigeants catalans se retournerait contre eux. Ainsi, le référendum proposé par la Catalogne aurait dû se traduire normalement par un reflux des thèses indépendantistes. 
Sauf que ni le débat, ni le référendum n'ont pu avoir lieu dans des conditions normales et ce en raison des erreurs du pouvoir central. Le pouvoir central, il est vrai, en permettant que se tienne un référendum aurait pris le risque d'une défaite. En voulant l'interdire brutalement et maladroitement, il a organisé sa propre déroute. 
L'indépendance ne correspond pas en soi un projet
politique. 
Restent les conséquences qui risquent d'être terribles. L'Europe, si elle a repris du poil de la bête, reste très faible, et les revendications indépendantistes la fragilisent. Certes, la Slovaquie a pris son indépendance sans remettre en cause son attachement à l'Europe. Certes, les Ecossais ont envisagé de remettre le Brexit sur le gril en se séparant de la Grande Bretagne pour être davantage européenne. Mais quel avenir nous prépare la Catalogne lorsque les argumentaires politiques s'approchent de ceux du Brexit et de l'extrême droite du Nord de l'Italie ? 
Tout individu a besoin d'indépendance, mais les indépendantismes ne sont pas tous sympathiques. Dans une Europe forte, fédérale, donnant poids aux pouvoirs locaux, les indépendantismes seraient sans risque car le vrai poids politique viendrait de l'Europe. Nous ne sommes pas dans cette situation aujourd'hui. 
Raison de plus pour s'écouter, pour négocier, tant il est vrai que si l'Europe, existe, si elle a pu se maintenir, c'est grâce à sa culture de la négociation. 
Le pire n'est jamais sûr. 

Ci-dessous, un résumé de la journée du référendum que le pouvoir central a échoué à faire échouer.







 

mercredi 27 septembre 2017

Jamet s'en va. Tout ça pour ça !

Marc-Antoine JAMET n'a plus rien à attendre du PS. 
Ce n'est pas le seul. 
C'est le contraire d'une surprise : Marc-Antoine quitte des fonctions qui n'avaient plus aucun sens pour lui : il ne sera plus premier secrétaire de la fédération de l'Eure ni membre du conseil national du parti socialiste. Il s'agit d'une conséquence attendue de la déroute des socialistes aux présidentielles.
C'est aussi la preuve que la défaite des socialistes va bien au delà d'une claque électorale, dont, après tout de nombreux partis se sont remis. Nous sommes déjà dans une nouvelle réalité.
Je ne me permettrai pas de juger l'action de Marc-Antoine Jamet en tant que premier secrétaire fédéral. Elle n'aura été ni pire ni meilleure que celle de ses prédécesseurs, ni plus incohérente. Bien sûr, et c'est sans doute à la mesure de l'individu, aura-t-elle été plus arrogante, l'arrogance, bien-sûr, se transformant en ridicule à chaque défaite. C'est que le comportement hégémonique, consubstantiel à la façon d'être socialiste n'a guère de sens lorsque son porte parole ne recueille que 5 % des voix, et que ce même score est conforté lors des élections législatives. Pour le reste, Marc-Antoine Jamet a raison, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire, on ne saurait lui attribuer la déroute  des socialistes dans le département, celle-ci est à la mesure de la débâcle nationale de la gauche.
Marc-Antoine reste maire de Val de Reuil, vice-président de la communauté d'agglomération et conseiller régional. Il restera de ces dix années passées à la tête de la fédération que sa décoration aura été complètement refaite.
Plus sérieusement, le départ de Jamet est le symptôme de l'éclatement de la gauche gouvernementale, qu'elle se réclame de la social-démocratie, du social-libéralisme, voire, je le dis : du radicalisme.
Il y a pourtant un avenir à gauche, même si le présent est difficile. Un grand parti reste à construire, sans doute. Un parti capable de fédérer l'ensemble des courants qui sont la gauche, de leur donner une cohérence, un projet, une dimension nationale et internationale, tenant compte des évolutions et des dangers qui font courir l'humanité et la menacent, tenant compte aussi des appels à l'engagement  comme autant d'initiatives locales.






jeudi 21 septembre 2017

Montpellier suite : c'est grave docteur ?

Fin de la décentralisation  

Tant qu'on ne parle que de mesures partielles s'attaquant aux modes de
gestion des collectivités, on a du mal à réaliser que la France retombe
dans son vieux travers névrotique : la méfiance chronique de la liberté
locale en provenance de l'un des Etats les plus centralisés du monde
De tous les ateliers des journées de Montpellier, c'est celui consacré à la décentralisation qui a eu le plus de succès. 
En fait, entre les annonces concernant la fin des emplois aidés, la baisse des aides aux collectivités, la mort programmée de la taxe d'habitation, la répartition des compétences entre Régions et Département, la reprise en main de l'Etat, et ce dans une absence totale de précaution à l'approche de l'élection sénatoriale, laisse présager le pire : 

La recentralisation est en marche. 

Le débat était passionnant, chacun avait des choses à dire. J'ai écouté attentivement, avant de me rendre compte que j'avais laissé passer mon tour. Dommage pour moi et pour tout le monde. Il me semblait important de revenir sur un point essentiel : la décentralisation est la grande œuvre du gouvernement d'union de la gauche de François Mitterrand. Il s'agissait d'une réforme profonde qui a suscité pas mal de réticences et beaucoup de débat. En gros, la droite gaulliste y était clairement opposée. On entendait des choses comme le fait qu'on allait reconstituer des baronnies. Il est vrai que la Normandie, par exemple, a eu à subir le poids politique de Lecanuet député maire de Rouen, président du conseil général, président de la Région, sans parler des à-côtés. Mais justement, il faut considérer que la limitation du cumul des mandats a été une suite logique de la décentralisation, qui voulait éviter de donner trop de pouvoirs aux élus locaux.
Tout cela ne doit pas faire oublier l'intérêt historique de la décentralisation, même si cela n' intéresse les français que de manière secondaire. 
La décentralisation a fini par s'imposer. Elle s'est même tellement imposée qu'elle s'est inscrite dans la constitution, à la suite d'ailleurs de l'impulsion qui lui a été donnée par le gouvernement Raffarin. De fait, depuis 1981, malgré le choc qu'a pu représenter pour l'Etat français l'acceptation de sa propre de dé-centralisation, toutes les mesures se sont traduites par un renforcement des pouvoirs locaux. C'était bien la reconnaissance de l'intérêt et de l'efficacité de la décentralisation dans l'action publique. 
Citons comme principaux éléments outre le fait que l'Etat français dès 1982 reconnaissait l'existence des Régions, départements et communes comme collectivités autonomes, créait une fonction publique territoriale facilitant la mobilité et la formation des personnels des collectivités avant d'inscrire la décentralisation dans la constitution, de redessiner le pouvoir des communes grâce à l'intercommunalité ... Bref, la décentralisation s'inscrivait jusqu'à il y a peu comme un mouvement irréversible.
On ne sait pourquoi on est revenu en arrière. Bien sûr, Sarkozy a dénoncé en premier la gabegie des deniers publics et la mauvaise gestion des collectivités. 
Cela ressemblait alors à une mauvaise plaisanterie. De fait, l'Etat a renoncé progressivement à énormément de ses prérogatives pour les confier aux collectivités locales. Forcément, cela a eu pour conséquences d'alléger les charges de l'Etat et d'alourdir celles de collectivités. On doit aussi reconnaître que, par exemple la qualité des équipements notamment scolaires, des collectivités s'est grandement améliorée, notamment en ce qui concerne les lycées et les collèges. J'y vois la conséquence bénéfique d'une politique de proximité où les élus rendent des comptes aux usagers et aux électeurs. Fini les lycées-caserne, qui ont fait les plus beaux slogans de ma jeunesse contestataire mais qui n'existent plus aujourd'hui. 
La carte des nouvelles régions. Une double,
une triple absurdité si l'on excepte la réunification
de la Normandie. Au delà du massacre des identités
locales, il y a l'incapacité à donner un sens aux
nouvelles unités. Le seul argument était de vouloir
des régions plus fortes et moins coûteuses. Or, on
n'a pas donné plus de pouvoir aux Régions et les
logiques de recalibrage ont engendré des coûts
supplémentaires qui ont dépassé des économies
marginales. Triple zéro !
Alors, forcément, cela a un coût ! C'est ce coût qui semble insupportable à l'Etat aujourd'hui. J'y vois aussi l'occasion pour l'appareil d'Etat, certains parleront de l'Ogre de Bercy, de reprendre la main sur la gestion locale, la décentralisation n'ayant au fond jamais été digérée par l'Etat centralisé.  Peut-on croire que Macron, n'ayant jamais été élu local, et ayant été nourri par ledit appareil d'Etat ne fait qu'encourager le mouvement. Il n'empêche, la recentralisation a commencé bien avant.
Sous Sarkozy, je l'ai déjà dit, et sous Hollande, même à petite dose. 
Ainsi s'est on mis à parler de clarification des compétences. Une manière de dire que chaque collectivité devait rendre des comptes sur ses seules compétences. A dire vrai, cela m'a toujours semblé une absurdité. Un élu, parce qu'il est élu du peuple, doit rendre des comptes sur tout. On voit mal un élu répondre à un de ses administrés : vous avez un problème de route ? Attendez, c'est pas moi, allez voir à côté.
Je m'étais rendu compte lors des élections départementales, à quel point il était absurde pour un conseiller départemental de faire campagne sur le transport, par exemple, sachant que les collectivités qui s'en occupent sont différentes selon qu'il s'agit du mode de transports, s'il est scolaire, et encore, s'il concerne les lycées, les collèges, ou selon les types de ligne qu'il concerne. Sur ce point comme sur tous les autres, l'élus doit se débrouiller avec des responsabilités qui ne sont pas directement les siennes. On ne lui demande pas d'agir comme un fonctionnaire. L'élu a, par nature une compétence générale, et tel est le cas de sa collectivité. Là dessus, on peut aussi supprimer un échelon, le département par exemple, ou alors les communes qui seraient en fait les intercommunalités, mais il faut le dire clairement.  
Ce qui est sur, c'est que l'un des faits majeurs du recul de la décentralisation a été la création de ces nouvelles régions, sans cohérence aucune, à l'exception de la Normandie, grâce à l'excellent Bernard Cazeneuve.  Il s'agissait en fait, disait-on de faire des économies. Sauf que les économies à faire non seulement ne constituent jamais un projet politique et que d'autre part la solution était mal préparée donc coûteuse ... Sauf que cela n'était que l'annonce de ce qui se fait aujourd'hui. 
J'ai été le premier à applaudir à l'annonce de l'abolition, ou quasi de la taxe d'habitation. Même si je n'ai toujours pas compris pourquoi la supprimer pour 80 % des foyers et non 100 %. La taxe d'habitation est le plus injuste des tous les impôts. Tout le monde le sait. Encore faut-il que la suppression de cette impôts ne se traduise pas par une baisse de moyen ou d'autonomie des communes et collectivités locales. 
On sait, depuis au moins 100 ans qu'il y a trop de communes en France. C'est l'histoire des 36.000 communes. On a commencé l'intercommunalité, il faut poursuivre le mouvement, en transformant ces intercommunalités en communes nouvelles. 
Il y a des solutions. Mais celles-ci doivent avoir pour but de renforcer la démocratie de proximité et de developper l'autonomie des collectivités. Elles doivent être un projet politique avant d'être une nécessité comptable. 
J'y reviendrai. Nous y reviendrons. Tel sera le thème d'un prochain café radical sur le thème de la démocratie de proximité, qui est lourdement mise à mal.