mardi 10 avril 2018

À Louviers, des impôts en hausse, des tarifs en hausse et une taxe supplémentaire !

Analyse du budget par Diego Ortega, 

porte-parole des Radicaux de gauche



Lundi soir, M. Priollaud a proposé au conseil municipal de Louviers de fixer les taux de fiscalité directe locale pour l’exercice 2018, autrement dit de fixer les taux d’imposition des taxes d’habitation et foncière pour le contribuable lovérien.
Le conseil a voté à la majorité pour l’exercice 2018 une baisse des taux de 0,5 %.
Mes amis de l’opposition et moi-même ne saurions nous opposer à une baisse des impôts pour le contribuable lovérien.
Mais, M. Priollaud a proposé une baisse des taux, pas une baisse des impôts !
Ainsi, si nous analysons bien le document soumis au conseil :
En appliquant en 2018 le même taux qu’en 2017, nous aurions une variation positive du produit fiscal de 573 060 €, soit une augmentation de 1,44 % pour les lovériens grâce à la revalorisation des bases fiscales.

Appliquer une baisse des taux de 0,5 % alors que les bases subissent une hausse, ce n’est pas une baisse d’impôts.
Avec ce taux, les lovériens vont payer 95 889 € en plus sur l’exercice 2018 par rapport à 2017.
Cette démarche donne la possibilité au Maire et à son équipe de faire un plan de communication à bon compte.
En annonçant, à grand renfort de communication, une baisse des taux d’imposition, qui ira vérifier que cette baisse de taux ridicule va se concrétiser en fait par une hausse des impôts ?
Autrement dit, le lovérien qui se contente d’écouter les discours d’autosatisfaction de la municipalité (aux vœux notamment) et qui ne vérifie pas les bases qui lui sont affectées par les services fiscaux, pense légitimement que M. Priollaud et Mme Terlez vont baisser les impôts à Louviers, alors qu’il s’agit d’une augmentation de près de 100 000 € !
Pour justifier cette décision, ils exposent un contexte de baisse des ressources par une baisse des dotations de l’Etat…
 C’est faux ! Le gouvernement s’est engagé à un gel desdites dotations …
Le projet de loi de finances 2018 présente même une légère hausse globale. Ainsi, par exemple, la dotation de soutien à l’investissement des communes et de leurs groupements, passe en 2017 de 570 millions à 685 millions d’€ !
Par ailleurs, l’Etat qui, il est vrai, s’inscrit dans une stratégie globale d’économies, se concentre sur ses fonctions dites régaliennes et limite au maximum l’augmentation des dotations aux collectivités territoriales. En revanche, il ouvre, nombre d’appels à projet.
Ce que l’Etat ne versera plus sous forme de dotations, il le fera notamment pour les communes et regroupement (exemple l’Agglo) qui répondront à ces appels à projet. C’est exactement le cas concernant, à titre d’exemple l’opération « Cœur de Ville » piloté par le ministère de la cohésion des territoires.



En conclusion sur ce vote :
M. Priollaud et Mme Terlez annoncent une baisse des taux qui se traduit par une augmentation des impôts le tout dans un contexte soi-disant de baisse de vos ressources liées à la baisse des dotations, ce qui est faux et qui surtout ne prend pas en compte les financements possibles liés aux appels à projet.  
Par ailleurs, il faut mettre cette augmentation des impôts en perspective avec la politique tarifaire de la municipalité. Pour être juste et transparent, il faudrait ajouter à l’évolution des impôts, une présentation globale de l’évolution des tarifs appliqués en 2014 et ceux aujourd’hui !
A noter, que l’évolution de ces tarifs ne s’accompagne pas d’une modification correspondante des tranches du quotient familial ! En d’autres termes, certaines familles vont subir une augmentation des tarifs et potentiellement d’un changement de tranche. C’est la double peine ! 
Par ailleurs, à propos de tarifs et de taxes, la municipalité a soigneusement évité de rappeler la création de la taxe d’inhumation présentée et soutenue par Mme Terlez lors du conseil municipal de décembre dernier.
Avec l’ensemble de ces décisions du duo Priollaud-Terlez, un lovérien va non seulement payer plus d’impôts, mais vont lui être appliqué des tarifs revus à la hausse et taxes supplémentaires en particulier s’il perd un proche ! 
Mais … la communication officielle de la municipalité ne fera état « que » de la baisse des taux …

Diego ORTEGA

Porte-parole des radicaux de gauche 

lundi 2 avril 2018

Méfiez-vous des imitations

Étrange communiqué de Paris Normandie.
Bien entendu, ce ne sont pas Les Radicaux
de gauche qui fusionnent, puisque ceux-ci
ont refusé de se dissoudre dans une alliance
de centre-droit ... ceci est valable à Louviers
comme ailleurs. 
Les Radicaux de gauche de Normandie communiquent :

Méfiez-vous des imitations !


Le communiqué de radicaux de gauche de l’Eure annonçant leur fusion avec les valoisiens relève de l’étrange.
Ils se réclament du parti radical de gauche qui n’existe plus ni en France ni dans le département et dont je suis le dernier président. 
M. Dupont cité dans le communiqué n’en a jamais fait partie. 
Réunie en assemblée générale,  les membres de l’ancien  prg de l’Eure a refusé de se dissoudre dans le Mouvement social-libéral censé regrouper les radicaux des deux camps.
En créant leur nouvelle structure, Les Radicaux de gauche poursuivent la démarche de ceux qui œuvrent depuis un demi-siècle pour une gauche progressiste, ouverte et européenne dont notre pays et nos territoires ont besoin. Pour eux, le radicalisme est indissolublement lié à la gauche.
Ce nouveau parti rejette toute alliance avec les partis du centre droit. Pour nous, être radical, c’est forcément être de gauche … à l’opposé de la démarche fusionnelle avec ceux à qui nous nous opposons depuis cinquante ans. La fusion ne saurait se faire au nom des Radicaux de gauche.

Olivier Taconet
Ancien président du prg 27
Référent normand des Radicaux de gauche
0679319885
olivier.taconet@orange.fr


J'ai adoré mai 68

La jeunesse française cherchant sa place
a su se retrouver dans l'image audacieuse
et généreuse de Cohn Bendit
Hommage soit rendu à José Alcala qui me permet de parler (un peu) de mai 68. 
Je dois avouer d'ailleurs que c'est à reculons que j'ai lu le post de sa caméra diagonale. Je voulais tout sauf m'engager dans une leçon sur une histoire vieille d'un demi-siècle, même si je m'en souviens comme si c'était hier. 
Pourtant, parce qu'il est subjectif, parce qu'il se revendique comme tel, le post de José est sans doute ce qu'on peut écrire de mieux sur le sujet; à la manière d'ailleurs dont France inter retrace la période par une suite de témoignages successifs aussi poignants que significatif du dernier événement marquant de notre histoire. 
A dire vrai les jugements sur mai 68 m'énervent, qu'ils relèvent du panégyrique comme de la condamnation. Ils ne sont pas à la hauteur du temps qui passe et de l'émotion qu'il dégage.
Mais justement, malgré son titre, le témoignage de José Alcala m'a épaté. Il présente une suite d'images entre l'émigré espagnol, engagé à 19 ans dans la télévision d'Etat déconcentrée et chargé de commenter des événements auxquels personne ne comprenait rien. 
J'avais 13 ans et j'habitais à Mont-Saint-Aignan à un kilomètre de la fac. J'allais au lycée à Rouen, et j'ai assisté à la montée en charge de la révolte de la jeunesse française. J'avais nettement le sentiment de vivre un moment privilégié.
Pour la grande majorité des français, il n'y avait
qu'une chaîne en noir et blanc, ringardisée par
cette célèbre caricature ... qui était aussi un appel
à la modernité
A vrai dire, les privilèges étaient partout. Il faisait beau, il n'y avait pas d'école. Les gens se parlaient partout, tout le temps. Ils parlaient de la révolution, de leur désarroi, de la jeunesse, de leurs attentes, les gens se parlaient de tout. J'ai vu mon père chanter l'internationale toute fenêtre ouverte, c'était la première et la dernière fois. J'ai vu  un drapeau rouge brûler à côté d'un drapeau bleu blanc rouge ... c'était au cirque d'hiver de Rouen sur le boulevard du Boulingrin, aujourd'hui disparu. A 13 ans, j'avais un regard d'enfant fasciné par l'héroïsme des grands frères, de ma grande sœur, et je savais qu'il était normal que je ne comprenne rien, puisque, eux, comprenaient tout. Ce n'est que bien plus tard que je compris que personne ne comprenait rien.
En mai 68, tout le monde était fou. La société était folle, folle d'espoirs et de générosités. Quelques années après l'invention du rock and roll et du twist, la société française, encore honteuse de la guerre et de la collaboration n'avait offert à sa jeunesse que la blessure invisible de la guerre d'Algérie. Sans

Le mouvement contestataire s'est limité à la jeunesse un peu
partout dans le monde. Seule la France a connu une grève
générale de plusieurs semaines. 
doute est-ce là l'une des raisons profondes du fait que la société toute entière se soit engagée derrière une révolte qui ne s'est pas limitée, comme ailleurs dans le monde au milieu étudiant. 
Mai 68 était un hymne à la liberté à la jeunesse bridée. Derrière le désir de révolution, ce formidable élan collectif, se cachait bien sûr les attentes individuelles d'une jeunesse en mal d'éclosion. On allait retrouver ses espérances dans un fatras mélangeant insatisfactions et idéaux généreux, tout ce qui, dans les années et décennies suivantes allait construire notre monde complexe et contradictoire. 
Je me permets de garder, au delà de souvenirs personnels que je dévoilerai au fil du temps, deux images emblématiques. 
La première est celle de la France entière a s'unissant en proclamant "Je suis Charlie", héritage précieux de l'esprit de mai, enfant d'Hara Kiri hebdo, organe de Mai 68. 
La deuxième, moins idéologique, plus technique est celle de la télé couleur. Eh oui, José Alcala le spécifie bien. Mai 68 est l'époque de la télé à une seule chaîne et en noir et blanc. 
C'est ce monde univoque que la jeunesse a rejeté, ouvrant la voie aux révolutions technologiques à venir. La société de marché a été la plus forte à répondre à des attentes que les révoltés eux mêmes ne soupçonnaient pas, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles frustrations. 

mardi 27 mars 2018

Priollaud attaque les cinémas de Louviers !

Préparons la riposte !

J'avais écrit lors du 30e anniversaire des cinémas Louviers l'incroyable histoire de l'équipement, fruit du pari de la détermination politique de l'équipe Fromentin-Martin et de l'engagement local de fous de cinémas... Il faut notamment rendre grâce au cinéphile François Bureau, capable à l'époque de convaincre de doter la ville de cet outil culturel indispensable. 
C'était un pari parce qu'à l'époque, en 1983, presque personne ne croyait en la survie du cinéma et il est vrai que sans les déterminations locales, sans Jack Lang, génial ministre de la Culture, le cinéma en France ne serait pas différent de ce qu'il est par exemple en Italie ou en Angleterre où, malgré la haute qualité de leurs créateurs, les aides publiques au cinéma permettent le maintien d'un modèle qui fait de la France le phare de la diffusion cinématographique de qualité
Ainsi, le cinéma de Louviers, a-t-il pu se maintenir et se développer malgré quelques épisodes difficiles On se souvient notamment que, sous l'aire de la Rpr Odile Proust, le cinéma avait failli fermer Une manifestation de la gauche lovérienne, soutenue par la population avait permis de trouver une solution en faisant appel à Richard Patry et à Jean-Edouard Criquioche. 
Depuis, l'équipement a prospéré et a montré son aptitude à résister aux pôles d'attractivité que constituent Evreux et la métropole rouennaise. Ce n'est pas tout. Le cinéma, grâce à l'action de la municipalité Martin a réussi à servir d'appui au spectacle vivant dans le cadre d'un partenariat avec la scène nationale. De la même manière, l'association derrière l'écran permet de développer à Louviers le cinéma d'art et d'essai. Bref, en plus d'un outil d'animation devenu indispensable, le cinéma de Louviers, deuxième cinéma du département pour la fréquentation, est aussi devenu un outil majeure qui a permis à Louviers d'être la capitale culturelle de l'Eure ... mais ça, c'était avant, sous la municipalité Martin. Depuis, la droite a réduit ses aides, et Priollaud (qui ne perd pas une occasion de s'attaquer à l'attractivité de Louviers) a commencé, après avoir mis l'équipement dans la difficulté commence à l'attaquer directement. 
C'est ce qui s'est dessiné lors du dernier conseil municipal, où Priollaud, prenant les devants a annoncé sans ambages qu'il allait proposer aux gestionnaires du cinéma un tel contrat qu'il proposait une convention provisoire ... Tu parles !
En fêtant en 2013 les 30 ans de cinéma à Louviers,
Franck Martin et Jean-Edouard Criquioche pensaient comme
touts les lovériens, les problèmes réglés définitevement.
C'était sans compter avec l'incompétence de Priollaud et
son mépris pour notre ville et nos équipements. 
Comme par un fait exprès, Priollaud a profité de la complicité du représentant du Front National en affirmant après lui que les gestionnaires ne payaient pas leur loyers. 
Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ! 
C'est sur tous ces points que Jean-Edouard Criquioche a répondu dans une interview qu'il a livré à "La Dépêche" qui paraîtra jeudi matin. 
On peut penser qu'avec son franc-parler, le gestionnaire saura mettre les points sur les i et dénoncer l'incurie complète de la municipalité Priollaud qui, dès qu'il s'agit de culture, sort son pistolet à eau ! Dangereux pistolet à eau, lorsqu'il s'attaque au circuit électrique, mais le détail sera révélé dans la dépêche ... il faudra attendre après-demain ! 
En attendant, dès maintenant, préparons-nous à nous mobiliser pour défendre les cinémas !

mercredi 14 mars 2018

Une soirée avec Poutine

 et une leçon de diplomatie


Une soirée au club D12, qui m'avait invité pour écouter
Claude Blanchemaison, debout sur la photo présenter
son livre sur Poutine. Un vrai ambassadeur, fin, précis, 
intelligent, et vif jusqu'à la truculence. 

Les ambassadeurs me fascinent. Je pense que c'est depuis ma lecture de Malaparte, je ne saurais dire si c'est La Peau ou Kaputt. Je les vois comme des inclassables qui classent tout, des cyniques humanistes,  acteurs élégants de l'atroce, ils nous livrent souvent des témoignages indispensables. Bien sûr, il y a ambassadeurs et ambassadeurs. Leurs qualités sont variables et l'on a même glosé sur la bêtise supposée des ambassadeurs. Enfin, disons-le, ce n'est pas le même métier que d'être ambassadeur à Monaco ou en Syrie. Il n'empêche : ils représentent pour moi la quintessence de la formule de Clausewitz : La guerre n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens, parce qu'ils sont précisément dans la politique et toujours en phase de préparation de la guerre si ce n'est au cœur de la guerre elle-même. 
L'ouvrage de Claude Blanchemaison, dont je
ne doute pas qu'il soit passionnant à l'image
de son auteur.
Je me suis donc rendu avec attente et intérêt à une rencontre organisée par le club D12 qui avait invité Claude Blanchemaison à présenter son ouvrage vivre avec Poutine qui retrace son expérience passée d'ambassadeur à Moscou. 
Ce type d'information est à ne pas louper, tant on a tendance à se laisser envahir par ce monde sous influence, et en particulier sous mauvaise influence tant on sait l'importance qu'accorde précisément la Russie au développement de l'emprise médiatique qu'elle peut avoir sur l'occident. Je vois cette compétence comme la conséquence directe du travail mené par l'Urss, prolongé par la Chine  et copié par les pires dictatures appliquant cyniquement le principe énoncé par l'ultra-gauche Guy Debord : dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux
Pour Claude Blanchemaison, que j'ai eu le plaisir de réentendre sur France inter dimanche matin (écouter le podcast après Ségolène Royal, minute 14), aucune illusion à se faire. Poutine est un mauvais chef d'Etat, compensant ses faiblesses par un cynisme absolu, détruisant pour longtemps l'effort mené autour de la Russie pour redresser l'Etat après son affaiblissement après les années de dictature communiste. 

La Russie vue de l'intérieur

Ainsi en arrive-t-on à une vision anecdotique de la Russie et du personnage à sa tête tout simplement parce que tout est fait pour écarter d'une vision à long terme de la situation mondiale. Claude Blanchemaison, bien qu'intervenant à une semaine de la plus que probable réélection de Poutine, parle peu de la situation interne en Russie. On peut dire, trop rapidement, que Poutine préfigure Trump, en plus puissant, en plus déterminé, en moins fou, et bénéficiant d'une faiblesse des institutions démocratiques dans son pays. 
Claude Blanchemaison rappelle cependant que la Russie de Poutine est loin d'être une dictature absolue. Il choisit certes ses opposants, il triche un peu sur les résultats, mais il y a des vrais partis, dont un parti communiste qui a d'ailleurs choisi un candidat qui n'est pas adhérent au parti communiste. Il parle aussi d'une candidate d'avenir Ksenia Sobtchak qui, bien que promise à un score anecdotique est la seule qui parle franchement de l'annexion de la Crimée et du respect des accords internationaux. 

Economie et diplomatie

En fait, pour Claude Blanchemaison, la politique de Poutine s'est assise essentiellement sur la richesse de son sous-sol, ce qui est toujours dangereux si l'on n'est pas capable de transformer cet atout en investissement économique. Cela est d'autant plus vrai dans une situation de baisse des coûts des matières premières. On comprend mieux à partir de là les attitudes vis à vis de l'Ukraine pour des questions d'approvisionnement en gaz et en pétrole. 
Mais il y a aussi un autre aspect de l'économie Russe, qui est rarement cité : le pays est le deuxième exportateur d'armes au monde.
Cela explique notamment l'implication de Poutine aux côtés de Bachar El Assad en Syrie, et ce quelles qu'en soient les conséquences pour le reste du monde. Ainsi, comme le note cyniquement Claude Blanchemaison, rien ne remplace une guerre pour démontrer l'efficacité de son matériel. De ce point de vue, la guerre en Syrie a sidéré le monde militaire par l'utilisation de nouveaux missiles tirés de très loin avec une précision inégalée. On peut voir d'ailleurs à quel point l'importance de la désinformation politique est essentielle à un marchand de canons et à quel point mener la confusion au maximum au sein des opinions publiques occidentales est indissolublement lié.
On notera aussi que l'apport des matières premières différencie la Russie de la Chine qui va développer au maximum ses investissements à l'extérieur, et en Afrique en particulier. 
A une question d'un participant sur la crainte de voir la Russie basculer de la Chine, Claude Blanchemaison fait remarquer que la Chine n'a jamais eu de politique coloniale et développe de ce fait une politique opposée à la Russie qui n'a de cesse que de retrouver ses anciennes colonies.

De l'importance des accords internationaux

Aux attitudes compréhensives de participants vis à vis de l'attitude expansionniste de Poutine, rêvant d'un retour à la grande Russie des Tsars, Claude Blanchemaison rappelle que tous les états créés à la suite du démantèlement de l'Urss, ont fait l'objet de conventions internationales. C'est ce même type de conventions qui avaient amené notamment l'Onu a intervenir contre l'Irak à la suite de l'invasion du Koweit. Il faut enfin rappeler que ces règles internationales s'appuyaient sur un fait majeur : la renonciation par l'Ukraine de son programme nucléaire. On se rend compte à quel point le discours compatissant sur la pauvre Russie forcément amenée à récupérer ses territoires perdus correspond à un discours cynique véhiculé par le pouvoir dictatorial de Poutine. Il faut aussi mesurer que ces attitudes mettent directement en cause les accords fragiles tenus pour limiter la prolifération nucléaire et qu'il suffit de très peu pour que l'Inde, le Pakistan, Israël, l'Iran ne devienne des puissances nucléaires, autant d'allumettes supplémentaires sur notre monde fragile.
De fait, Poutine, même si ce n'est pas le même personnage a la même attitude que Hitler : prendre ce qui est à prendre en se basant sur le manque de réaction internationale. On sait où cela a mené le monde... même si une réaction d'urgence a empêché que la Géorgie ne redevienne un Etat de la Fédération Russe.  
Enfin, pour remettre les choses en perspective, la Chine est un état d'1,4 milliard d'habitants, soit 10 fois plus que la Russie.
Il y a bien sûr des points communs entre la Chine et la Russie. Le développement économique ne peut avoir lieu sur un réseau de corruption. La Chine y remédie comme elle peut, et nous sommes malheureusement bien placé, avec le boulanger de Pont de l'Arche pour savoir à quel point entreprendre en dictature va parfois bien au delà du risque pour l'entreprise.
Enfin, à une question sur les dangers de la politique de Poutine pour l'Union Européenne, Claude Blanchemaison rappelle que la Russie affirme toujours son besoin d'un Union Européenne forte. En 2002, soit au début de l'ère Poutine, les accords de Minsk prévoyaient un espace économique commun entre l'Europe et la Russie, accord rejeté par la Croatie et la Pologne. En matière politique, la Russie est essentiellement pro-européenne et pro-américaine. 
On doit noter cependant pour modérer ce qu'on peut dire sur le délabrement économique de la Russie que celle-ci a connu une réelle réussite dans le domaine agricole, avantage d'une faible démographie sur un territoire qui permis à la Russie de redevenir le premier exportateur de blé dans le monde. Je ne sais pas ce qu'en penserait Benoît Biteau en ce qui concerne l'usage des pesticides, mais mais la réussite est incontestable sur le plan économique mais ne compense pas le manque d'investissement économique sur le territoire même. 

Une mauvaise conclusion, 

mais intéressante quand même


Le lecteur m'en voudra du désordre du compte-rendu établi à partir de quelques notes d'autant plus prises à la volée, que je n'ai pu me défaire de l'intérêt du débat. Je conclurai en faisant référence à un propos qui n'a rien à voir avec la Russie, mais qui était un point de vue d'ambassadeur sur un sujet qui inquiète le monde entier : la Corée du Nord.
Le sujet inquiète parce qu'on n'y comprend rien. La guerre des fous, entre le plus petit Etat nucléarisé, et la plus grande démocratie du monde on craignait le pire lorsque Kim Jung Un annonçait fièrement qu'il venait de faire un nouvel essai face à un Trump qui annonçait qu'il allait frapper réellement la Corée du Nord enclenchant le feu nucléaire. Les plus perspicaces en étaient à courir aux abris en psalmodiant la célèbre formule d'Audiard.



  Et puis non. Kim Jung Un choisit de rencontrer Trump à la surprise générale. 
Claude Blanchemaison explique que le rapprochement entre la Corée du Nord et les Etats Unis témoignent simplement de la volonté de la Corée du Nord de marquer ses distances vis à vis de la Chine. La Chine en effet, pour des raisons politiques et géographiques, a besoin depuis longtemps de garder son influence sur la Corée du Nord, histoire d'éviter une réunification Coréenne qui serait pour elle un danger politique et économique. Sauf que la Corée du Nord n'est pas un allié tranquille et que la Chine ne veut pas non plus d'une nouvelle puissance nucléaire aux mains d'un dictateur imprévisible. C'est donc contrainte et forcée qu'elle a voté la résolution condamnant les provocations nucléaires de la Corée du Nord. 
C'est rencontre a donc pour premier objet de la contrarier, ainsi que le rapprochement entre les deux Corées. On le comprend, mais on sait aussi que la Corée du Nord a besoin de la Chine pour sa survie. À  suivre ... 










lundi 12 mars 2018

Quand on le disait que la gauche n'est pas morte !

Photo fondatrice du 9 décembre 2017, quand nous avons
refusé le suicide programmé par la présidence du parti radical
de gauche. Non, nous refusons de rejoindre une famille qui n'est
pas la notre. Etre radical, c'est être de gauche. On garde le G
Ce n'est qu'un signe, mais c'est un signe incontestable. 
La gauche de gouvernement est en voie de retrouver son siège en Haute Garonne, et nettement. 
Certes, la participation est faible .. mais pas tant que ça, finalement. 35 % de votants, on a vu nettement pire. Bien sûr aussi, la circonscription a été l'objet de toutes les attentions nationales. Mélenchon s'est déplacé en personne, et la présidente de la Région, la socialiste Carole Delga a tenu, elle aussi meeting. 
Les résultats sont d'autant plus significatifs. 
Le député sortant socialiste, maire d'Encausse-les-Thermes, est largement en tête de ce premier tour avec 38,74 % devant Michel Montsarrat (La République en Marche) avec 20,31 %. Ils seront tous deux au second tour.
Les autres candidats sont tous en baisse si on compare leurs scores à ceux de juin dernier. 
Philippe Gimenez perd un point pour La France Insoumise) avec 13,02%, Marie-Christine Parolin (Front national) en perd 4. 
La droite diminue son score de moitié. Les autres résultats sont anecdotiques. 
Bien sûr, l'élection ne sera jouée qu'à la suite du deuxième tour, mais sauf énorme surprise, elle devrait voir celui qui n'avait gagné que de quelques 91 voix l'emporter très largement. 
Le phénomène remarquable c'est que non seulement il est sélectionné pour le deuxième tour mais qu'il arrive largement en tête alors qu'il était largement devancé il y a quelques mois (33 % pour la République en marche contre 17,78 %). 
L'on voit ainsi que la place existe pour une gauche constructive, dont la volonté est d'offrir une alternative crédible au pouvoir centriste. La gauche mélenchoniste est marginalisée malgré ou grâce à ses efforts sans effets. 
Déjà, dans ce blog, nous avions noté et insisté sur le fait qu'à Orthez et à Auterives, dans le cadre d'élections municipales partielles, la gauche l'avait emporté. 
Non, Macron peut se dire que la gauche n'est pas morte. Elle ne va pas bien, c'est sûr. Elle est fragile, c'est sûr aussi, mais avec du soleil, beaucoup d'eau, de l'espérance et de la volonté, la gauche est appelée à renaître et à vaincre si elle est à même d'offrir un projet réaliste et novateur.

Les Radicaux de gauche y prendront toute leur part.

café génial avec Benoit BITEAU

Benoît Biteau, un animateur hors-pair ! 
Bien sûr, on peut d'abord noter la forte participation au café radical. Ce n'était pas évident. Il y avait près d'un an que je n'avais pas organisé de café radical ... Tellement de stress, tellement d'incertitudes politiques à la suite de ces élections présidentielles qui ont bouleversé le monde politique... mais justement. Grâce à l'activité menée par les radicaux de gauche, on se rend compte que la politique reste un vrai sujet d'intérêt. Qu'elle est affaire d'engagement, qu'elle implique des choix et qu'elle nécessite des éclairages. 
Benoît Biteau était l'homme de la situation. Il intéresse et attire les foules sur le sujet essentiel du rapport de l'homme à la Terre avec un grand T, ou à sa terre avec un petit t.

La réponse est oui 

L'image donne une petite idée du succès du café radical
organisé autour de la personnalité de Benoît Biteau. La
configuration de la salle rendait difficile la participation de
tous au débat mais la qualité d'intervention de l'animateur
a permis à chacun de profiter au mieux d'une soirée unique
Très vite, j'ai oublié le stress naturel de tout organisateur d'événements. Arrivé avec un peu de retard, Benoît Biteau a tout de suite pris les choses en mains et raconté sa vie en ce qu'elle donne une leçon sur l'évolution de l'agriculture et à la question 
- "Une autre agriculture est-elle possible ?
Benoît Biteau répond d'emblée 
- OUI !"
Benoît Biteau raconte son expérience, par ailleurs confirmée par l'un des agriculteurs participants, qui me confirme que le père de Benoît Biteau a bien été dirigeant départemental de la FNSEA. Mais Benoît Biteau n'avait pas choisi cette voie et a fait le pari, après être devenu ingénieur agronome, ce qui lui a notamment permis de devenir cadre A de la fonction publique. 
Qui sait au fond ce qui a poussé Benoît Biteau à reprendre la ferme de son père ? Un attachement viscéral à sa terre ? La volonté de mettre en pratique ses idées ? Un peu des deux ou autre chose ? On ne lui pose pas la question parce qu'on passe tout de suite aux nombreux sujets passionnants qui relient l'être humain à son agriculture. 
Sans doute, la rationalisation de l'agriculture a-t-elle permis de nourrir les villes, mais elle a aussi aliéné toute une partie de l'humanité à ses ressources naturelles. Il s'est agi, comme le rappelle Benoît Biteau d'une industrialisation de l'agriculture, d'une exploitation des sols et des bêtes. Les agriculteurs ont été fiers de pouvoir ne plus être des paysans mais de devenir des exploitants. 

L'agriculture à la sauce fnsea ... une horreur sans fin ? Benoît Biteau préfère mettre une fin à l'horreur 

Pour Benoît Biteau, il n'y a pas loin d'exploitant à exploiteur. Il n'y a aucun intérêt à exploiter la terre. Ce qu'il veut, c'est vivre au pays, vivre de son travail, et vivre bien. Il explique à quel point la France agricole en particulier est victime d'un système victime d'équipements coûteux, qui rend l'exploitant dépendant des banques et des suites de l'utilisation de ces outils. Ainsi l'utilisation de produits chimiques certifiés monsanto, pesticides dont les conséquences sont souvent tragiques pour la santé des agriculteurs, ont aussi des conséquences sur les sols qui impliquent un coût de réparations et imposent de rentrer dans un cercle vicieux sans fin ...
Jean Michel Gantier est intervenu plusieurs
fois dans le débat permettant à Benoît
Biteau de clarifier ses positions
Sans fin ? Pas vraiment pour Benoît Biteau qui explique qu'il a renoncé à réutiliser l'équipement coûteux qui devait lui permettre la culture du maïs avec un système d'irrigation imposé et bien sûr invendable puisqu'il était dédié à la ferme qu'il venait d'acquérir. Benoît Biteau a fait le choix d'irriguer autrement, parallèlement à celui de gérer autrement sa terre en faisant le choix de n'utiliser ni les équipements ni les produits mortifères, et de sortir de la logique d'exploitation des terres au mépris de la qualité de la production agricole.

Ce qu'il a dit n'était rien d'autre que ce qu'il exprimait déjà avec force dans son ouvrage "Paysan résistant !" dont il a dédicacé plus d'une vingtaine d'ouvrage à la fin des débats. Merci au passage à la librairie A la page de Louviers qui nous a fourni les exemplaires et a aménagé sa devanture pour l'événement.
Les débats furent riches, complets, et parfois houleux. 

La Fnsea s'invite dans le débat ... Tant mieux !

Benoît Biteau n'a pas sa langue dans sa poche. Il est politique, mais la politique est un combat. Il a dénoncé sans  pitié la Fnsea, y compris face aux agriculteurs locaux affiliés à ce syndicat tout comme l'était d'ailleurs le père de Benoît Biteau. C'est dire que Benoît Biteau connait bien son sujet. 
Témoignage précieux d'un agriculteur bio
soutenant le projet de Benoît Biteau
L'origine de la Fnsea peut être contesté, mais au delà Benoît Biteau a dénoncé un fonctionnement peu démocratique et mettant la grande majorité sous la coupe des banques et de l'industrie chimique, et les laissant dans une grande détresse financière. Il a aussi critiqué la capacité des grands syndicats d'exploitants à organiser des émeutes coûteuses pour les équipements publics, allant parfois contre l'intérêts des agriculteurs. 
M. Viel, agriculteur à Montaure a défendu
avec cran la Fnsea, ce qui, vu le contexte
était rien moins qu'évident.
Le débat a été marqué par des témoignages riches et précieux d'agriculteurs et de consommateurs sur le choix d'une agriculture biologique respectueuse de l'environnement. 
Laetitia Sanchez, conseillère régionale est intervenue pour soutenir le combat mené par Benoît Biteau. 
Isabelle Amaglio a soulevé le problème de la politique européenne et de ce qui devait être défendu lors des prochaines élections. Ceci a permis à Benoît Biteau de rappeler à quel point la politique de préservation de l'environnement mené au niveau de l'Europe s'est souvent heurté à la pression de la Fnsea et des productivistes. 
Jean-Marie Martin, président de Biocoop dans l'Eure a soulevé le problème de la prise en charge par les grands distributeurs des produits agricoles de qualité qui se traduisait par une baisse des prix nuisible au maintien d'une agriculture de qualité et au maintien du projet associatif mené par biocoop.
Pascal a rappelé  l'importance de l'activité
politique. Il évoqué le travail de la 
municipalité Martin, créatrice de la 
communauté d'agglomération Seine-Eure 
et son action novatrice pour la préservation 
des ressources en eau, cette réalisation est
citée en exemple dans la France entière.
Pascal Labbé, ancien adjoint de la municipalité Martin et connu pour son action dans la défense de l'environnement a souligné l'importance de l'action politique. 
Surprise : Benoît Biteau connaissait parfaitement l'agglomération Seine-Eure, créée par Franck Martin, et son traitement exemplaire des ressources en eau, en lien avec une agriculture biologique. 

Débats filmés

Les débats denses ont été filmés par André Notheaux et seront prochainement mis en ligne ce qui permettra à tous ceux qui n'ont pu participer (je me dois de le rappeler, le nombre de participants est d'autant plus exceptionnel que le débat a eu lieu pendant les vacances de février). 
Enfin, un débat qu'on n'est pas près d'oublier. Mais au delà du chiffre, il faut surtout faire état de la satisfaction des nombreux participants. J'ai eu, en fin de soirées des propositions de sujets pour des cafés radicaux à venir.