vendredi 23 février 2018

Une autre agriculture est-elle possible ?

Café radical avec Benoît Biteau


A l'occasion de  Paysan Résistant !, Benoît Biteau répond à l'invitation du café radical où il présentera son livre, ses idées et son combat. Il répondra aux questions que tout un chacun se pose sur l'agriculture française et sur ses conséquences sur l'économie mondiale comme sur notre vie quotidienne.

Le rôle de la Fnsea et de l'économie dans l'agriculture,, le rapport de l'homme à la nature, à l'animal, quelle qualité, quelle quantité, quel prix pour l'agriculture aujourd'hui et demain .... Comme d'habitude et comme principe au café radical : aucune question ne sera tabou.
Débat ouvert à toutes et à tous.

En attendant, une mise en bouche avec l'interview de Benoît Biteau sur France 24 qui était "l'invité de l'économie" du jeudi 22 février.






Vendredi 9 mars, à 18h30 Benoît Biteau sera l'invité du café radical "O bouche à oreille, 4 rue du Maréchal Joffre 27400 Louviers









mardi 20 février 2018

Italie, c'est grave docteur ?

- Mais, selon toi, Papa, les partisans de Grillo sont 
comme ceux de la Ligue du Nord ? 
- Ben, ils sont très proches, c'est sûr ...
...Certaines caractéristiques sont même superposables
- Alors, pourquoi vous ne faites pas plus de foin sur la question ? 
- Mais au contraire, il ne faut pas le dire, il faut la fermer ...
- notre chance à nous est qu'il ne s'en soient pas rendus compte 
et qu'il restent divisés
- ? 


Il y a encore peu de temps, on avait cru l'Italie sortie d'affaires avec l'éjection de  Berlusconi du pouvoir ... un vieillard qui avait réussi le tour de force de réunir toutes les forces allant du centre droit à l'extrême-droite il y a une dizaine d'années. 
Berlusconi avait l'image d'un vieux filou ayant baigné dans des tas d'affaires et ayant réussi à s'imposer face à une gauche impuissante, incapable de marquer une ligne claire entre une logique politique et une autre gestionnaire, façon Tony Blair pour parler comme dans le temps ou Emmanuel Macron pour parler nouveau monde.

Berlusconi avait créé un fort rejet dans le pays. Son comportement provocateur cachait mal une incapacité à agir, et, de fait, plus ça allait et moins, en évoquant le personnage, on  parlait politique. Ses frasques sexuelles ou ses liens avec la mafia prenaient le dessus. Bref ce qu'on peut appeler intérêt public sans parler de projet politique, était loin des préoccupations et on se demandait comment les italiens avaient pu porter un type pareil à leur tête.

Le rejet de Berlusconi

Il y avait une telle colère dans le pays qu'on s'expliquait sans peine la naissance d'un nouveau mouvement populiste, balançant entre l'extrême droite et l'extrême gauche, anti-tout en quelque sorte ... façon anarchistes de droite ou fasciste de gauche ... Le mouvement qui à coup de manifestations géantes organisées autour du très populaire comique Beppe Grillo, dont le mot d'ordre était « vaffanculo » que je ne me hasarde pas à traduire mais que les lecteurs auront fait d’eux-mêmes. 
Bref ! Une fois débarrassée de Berlusconi, la gauche italienne prit le pouvoir et au sein de la gauche italienne, après quelques remous, c'est Renzi, jeune personnalité, maire de la plus belle ville du monde (Florence), qui s'imposa et tâcha d'imposer une politique cohérente, surfant entre les attentes populaires et les démarches identitaires qui marquait un pays impatient.
Comment décrire Renzi, ce beau jeune homme ambitieux ? Ben voilà, je ne suis pas le premier à le dire, mais ce Renzi c'était simplement du Macron avant l'heure ou du Blair un peu après l'heure. C'est à dire pro-européen, moderniste, humaniste peu porté sur le social, persuadé que le bon sens était celui des affaires et qu'il finirait forcément par l'emporter.

Matteo Renzi, entre Blair et Macron


Bon, disons-le tout de suite, rien ne s'est passé comme prévu. 
Matteo Renzi
On ne sait pas jusqu'où ira Macron et le macronisme en France, mais il est sûr que le régime parlementaire italien, même dans le cadre de bouleversements politiques profonds, a empêché que Renzi ne s'impose au cœur de la vie politique italienne comme Macron a pu le faire en France. Ce n'est pas faute d'essayer. Renzi a balayé les vieilles barbes comme d'Alema, et même les barbes naissantes comme Letta, il a ensuite organisé un référendum constitutionnel visant à limiter le nombre de députés et le pouvoir du Sénat et là ... manque de pot, il a perdu les élections avec des conséquences terribles sur la politique italienne et la gauche en particulier. Je suis sur que cet exemple est bien présent dans la tête du président de la République française, mais c'est une autre histoire.   
Première conséquence, perte de crédibilité d'un leader déjà contesté, deuxième conséquence : éclatement de la gauche italienne en une multitudes de micro-partis, une maladie qu'on ne retrouve quasiment nulle part en Europe ... sauf en France... mais c'est une autre histoire ! Quoique ... quoique ce qui rapproche la France de l'Italie sur ce sujet, c'est la certitude qu'un grand parti permettrait de répondre aux grandes interrogations du pays. Rappelons-nous que le Parti Démocrate (celui dont Renzi, d'Alema et Letta notamment sont issus) est l'émanation du parti communiste italien ayant fait son auto-critique et décidant de se transformer en parti réaliste de centre gauche, s'alliant avec tous les démocrates progressistes du pays sur un modèle blairiste en quelque sorte. C'est une vision qui a marché ... un certain temps.
C'était jusqu'à ce que Berlusconi ne tente quelque chose qui, vu de France, semble jusqu'à présent abracadabrant :allier toute la droite du centre droit jusqu'à l'extrême droite. Alors, on me dira : "oui, mais en Italie, l'extrême droite n'a rien à voir avec l'extrême droite française ... " et on aura raison : elle est bien pire. D'abord, comme je ne cesse de le répéter, c'est l'Italie qui a inventé le fascisme, qui l'a diffusé à travers l'Europe, avec sa variante tragique en Allemagne, et qui l'a subi pendant plus de 20 ans, c'est à dire trois générations. 20 ans de pouvoir, ça laisse des traces, une culture, des références et en particulier dans les sphères les plus recluses du pouvoir, mais c'est une autre histoire. L'extrême-droite italienne n'est pas encore fasciste, au sens où elle n'organise pas de défilé comme du temps de Mussolini, mais elle a un discours violent, effrayant, effarant, qui arrive à prendre le dessus. Nous y reviendrons. Bref, en banalisant l'extrême-droite, la droite italienne sous l'emprise de Berlusconi a réalisé ce que la droite française n'a pas osé faire, Chirac y ayant mis un frein en 1997 puis en 2002. 
Les conséquences en sont terribles.

Le populisme de Beppe Grillo

La première c’est que, comme il était prévisible, le démarche berlusconienne a porté la vulgarité au pouvoir. Le projet politique étant limité à la dénonciation de la gauche, toutes les dérives imaginables et celles qu’on n’osait imaginer se sont produites. Les soirées bonga-bonga du président (partouzes géantes) n’en sont qu’un épiphénomène même si en terre catholique on peut être surpris qu’elles aient été admises par l’électorat. Il y avait beaucoup plus grave, corruptions généralisées, dénonciations des juges et de la presse, liens accrus avec la mafia etc. Heureusement, l’Italie a gardé un cadre démocratique … mais face à ce pouvoir corrompu de la droite, l’opposition qui s’est développée d’une manière généralisée a été le développement d’un populisme de bric et de broc s’appuyant sur la personnalité de Beppe Grillo, comique de la veine politique proche de Coluche mais allant beaucoup plus loin que celui-ci.
Il a créé son propre parti, le mouvement 5 étoiles, et celui-ci s’est développé au point d’être une référence politique majeure, raflant plusieurs villes dont Rome, Parme et Turin.
Le parti s’est appuyé sur une idéologie écologiste (rappelons l’aspect crucial de l’environnement en Italie, et du rôle de la mafia dans tous ce qui concernait traitement des déchets et de l’eau), s’opposant à tous les grands projets, dénonçant une classe politique corrompue (et c’est vrai qu’en Italie, et en particulier sous Berlusconi il y avait de quoi faire) et le rôle de l’Europe. Reste que, ce qui, dans la dénonciation cimentait un parti reliant toutes les sensibilités de l’échiquier politique s’est trouvé fort dépourvu quand l’heure des responsabilités est venue. Ainsi, par exemple, la nouvelle maire de Rome, donc ville éternel au pouvoir intérimaire, dont le dernier maire avait été salué main tendue par les fascistes, après avoir aussi été une ville de gauche ... bref, je suis déjà trop long … disons simplement que la maire 5 étoiles de Rome n’a pas mis trois mois a être mise en cause pour incompétence, favoritisme et affairisme … ce qui a certes affaibli le parti 5 étoiles, mais ne l’a pas dissous. On notera d’ailleurs que c’est sur le sujet très sensible du ramassage des ordures ménagères que la nouvelle maire a montré son incompétence après s’être fait élire sur ce thème.
On aura presque tout dit sur la mouvement 5 étoiles quand on aura signalé que Beppe Grillo a décidé de s’en démettre et  a laissé la place à un jeune successeur Luigi di Maio.

Une extrême-droite qui ferait passer le Front National pour un parti de gauche (je plaisante)


Vous trouvez ça compliqué ? Vous avez raison. Les italiens aussi trouvent ça compliqué. Mais ils doivent choisir.
Ce qu’il y a de terrible dans la situation italienne, c’est que, en l’absence de projet économique, politique, tout le monde déteste tout le monde et en particulier au sein de la classe politique. On se plaint certes de cette situation en France mais, comme on dit, chez nous, c’est de la petite bière. Bien entendu aussi, lorsqu’on n’a pas de projet, ce sont les questions liées à la sécurité et l’immigration qui dominent. On entend en ce moment en Italie des choses incroyables. Ainsi, lors d’un fait divers Luca Traini a tiré sur un groupe de réfugiés faisant plusieurs blessés et a fait le salut fasciste italien avant de se faire arrêter. L’assassin avait été candidat pour la Ligue du Nord, un parti plus ouvertement raciste que le Front National et dont le dirigeant, Salvini  considère l’Euro comme un crime contre l’humanité. Bref, tout ça pour dire que ledit Salvini a osé déclaré que s’il y avait ce genre de geste qu’il a à peine condamné, c’était de la faute des réfugiés qui étaient trop nombreux.  

La note radicale et les "vignette"

C’est ce qu’illustre magnifiquement la vignette que je vous reproduis et qui est issu du quotidien La Stampa. Dans le dessin, l’italien typique, face à ses doutes, ses terribles doutes, est représenté par un personnage inspiré d’Umberto Eco, le grand et sympathique intellectuel italien, auteur notamment du Nom de la rose, best seller et grand succès cinématographique. Il répond ainsi aux interrogations de sa jeune adolescente de fille, alors qu’il est dans un doute encore plus profond.
- Ils détestent tous Renzi
- Non, non, ils détestent tous D'alema
- Non, non ! Le plus détesté, c'est Di Maio
- Pour moi, le plus détesté,reste Berlusconi
- On peut tourner dans tous les sens, la seule qui ne soit
pas trop détestée est Emma Bonino
- Et alors, qu'est ce qu'on y fait dans ces élections
Ce sont ces quelques images qui m’ont inspiré les lignes qui précèdent, avant que je me rende compte que, pour que le lecteur français les comprenne, il fallait donner au moins quelques explications. Le but n’était pas d’expliquer la situation politique italienne, je n’ai pas ces ambitions, mais au moins de pouvoir sourire à ces quelques « vignette »,  nom donné à ce type de bandes dessinées italiennes. Elles sont l’œuvre de Giorgio Staino, un vieux de la vielle, qui a vécu toutes les évolutions politiques de ces dernières décennies. 
Enfin, je me permets de terminer sur une note optimiste. Il y a dans ces élections à venir (le 4 mars) une note radicale, avec Emma Bonino, personnalité de dimension internationale, image de la ténacité et de l'intégrité. Je me permets de lui souhaiter toute la réussite ... même si, je l'admets, les sondages même s'ils ne sont pas mauvais, ne lui permettent pas d'espérer une victoire. 
Nous le saurons bientôt.



lundi 19 février 2018

Paysan résistant ! Un sacré bouquin ...

Qu'on ne compte pas sur moi pour dire s'il faut lire le dernier livre de Benoît Biteau, qui par ailleurs est aussi le premier. Lire un livre, jamais il ne faut. Ce que je peux dire en revanche c'est que ceux qui n'auront pas lu Paysan résistant ! auront beaucoup perdu. Je vous aurais prévenu et j'espère que ça vous donnera envie de le lire.

Ce qu'il y a de bien avec Benoît Biteau, c'est qu'il explique tout. Il part de lui-même, de sa vie, de son paysage, de ses sentiments, pour expliquer son engagement, sa vision du monde et ainsi répondre aux inquiétudes des autres, à nous tracer des perspectives indispensables. On mesure à la lecture de l'ouvrage à quel point l'avenir de l'agriculture nous concerne tous. Surtout, on aborde tous ces problèmes compliqués sur la chimie des traitements, sur l'alchimie des sols, en ayant l'impression à la fin qu'on a tout compris. Bref, c'est un livre qui vous rend intelligennt et qui vous enrichit.


Tout est dans le titre

Le titre est un résumé et un choix. Dans paysan résistant, il y a paysan. Depuis toujours le paysan est méprisé. D'ailleurs, cadeau, saviez-vous que le païen, d'expression chrétienne, est au départ synonyme de paysan ? Parce que celui qui reste au pays, c'est celui qui a les mains et les pieds dans la terre, qui est incapable de s'élever pour ceux de la ville.
Benoit Biteau tord le cou à tout ça.
Revendiquer d'être paysan, c'est refuser d'être exploitant. L'exploitant se met sous influence de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire qui mis la profession sous la coupe du système aliénant de l'agriculture moderne. Pendant les 300 pages de son bouquin, Benoit Biteau explique non seulement pourquoi il refuse ce système, mais comment y résister. 
Qu'on se rassure, chez Benoit Biteau, il n'y a pas de rejet de la modernité et sa démarche est tout sauf réactionnaire. Même dans la référence permanente à la terre, qu'il oppose à la Terre. Cette démarche fait invariablement penser à la belle formule : l'universel, c'est le local, moins les murs. 
En ces temps de réchauffement climatique, Benoit Biteau révèle la part majeure qu'y joue l'agriculture, car non seulement elle pollue les sols, les sature, mais utilise pour ce faire des dérivés du pétrole contribuant largement à l'épuisement des ressources. Alors qu'une agriculture saine et respectueuse doit avoir comme enjeu majeur de contribuer à l'équilibre écologique de la planète tout en contribuant à nourrir l'humanité. 
Nous entrons donc ici dans une démarche très politique. Benoît Biteau, à l'heure du dénigrement systématique du politique, lui rend ses lettres de noblesse. Il prend parti pour les lanceurs d'alerte agricoles, et défend la mémoire de Rémi Fraisse en s'attaquant au président du département socialiste du Tarn. Surtout, il montre à quel point il est possible d'agir, bien au delà de ses hectares de terre.
Conseiller régional, vice-président du Poitou-Charente il a agi pour que sa région ne plus finance plus la chambre d'agriculture. Elle est la seule région à ne pas le faire.
Ce qu'il reproche à la chambre d'agriculture, c'est tout simplement de pomper les subventions publiques sans avoir de vision d'utilité publique, et, bien au contraire de participer à la pérennisation d'un système contraire à l'utilité publique, détruisant l'environnement et s'appuyant sur l'aliénation de l'agriculteur. 
Ce qui est frappant dans l'ouvrage est le rapprochement qui peut être fait entre l'agriculture prônée par Benoît Biteau et l'économie sociale et solidaire, défendue par ailleurs par les radicaux de gauche. Un autre monde est possible, une autre agriculture, une autre économie est possible, maintenant. Tel que nous la présente Benoît Biteau, l'agriculture prônée par la Fnsea s'éloigne de l'agriculture et du monde réel, simplement pour la mettre sous la coupe des grands groupes dont l'intérêt est de poursuivre cette dépendance qui se traduit par un endettement parallèle à un appauvrissement des sols, un amenuisement des ressources dont on ne propose de sortir que par des aménagements de plus en plus coûteux, de plus en plus dommageables pour les ressources et nécessitant un endettement croissant. Un cercle vicieux infernal. 
Benoit Biteau, ici derrière José Bové, invité par Ségolène
Royal alors présidente de la Région Poitou-Charente,
démontre l'importance de l'action politique, prolongement
de l'action sur le terrain.  La pertinence de l'action et de
l'argumentation politique n'en est que plus évidente
lorsqu'on sait de quoi on parle et qu'on le pratique sur
le terrain
Et c'est là qu'intervient Benoit Biteau, qui rappelle que l'agriculture ne peut être ça. Certes, le développement de l'agriculture française à la fin de la deuxième guerre mondiale a permis de nourrir la nation et au delà, c'est à dire de remplir cet objectif majeur. Mais lorsqu'on en arrive à une surproduction, qui, de surcroît interdit à d'autres nations et en particulier dans des terres éloignées, de parvenir à une autosuffisance, on en arrive à un système qui marche sur la tête. En s'en prenant à la Fnsea, Benoit Biteau s'attaque aussi à un discours et à une pratique qui sont les pires d'Europe qui pousse à percevoir des subventions publiques sans rien donner au public en échange. Benoit Biteau rend par ailleurs hommage à la politique européenne, lorsqu'elle s'oppose à la vision totalement capitalistique du principal syndicat agricole français.


La poésie de la terre

J'arrête ici ma critique de l'ouvrage passionnant de Benoît Biteau. Il est passionnant, vous l'aurez compris parce qu'il parle de nous, de notre terre, de notre avenir et de celui de nos enfants. Il parle d'environnement, bien sûr, de politique, d'économie et de santé. Il parle aussi du brevetage du vivant, l'un des faits les plus alarmants dans l'agriculture moderne et qui prive les agriculteurs de leur droit à semer leurs propres semences. Il parle de tout, il y a des images, des croquis qui accompagnent et justifient et coups de gueules et engagements, il y a des chiffres bruts et incontestables, mais il n'y a pas que ça ! 
la sauvegarde des espèces locales donne à Benoît Biteau
l'occasion de défendre l'élevage pour son intérêt
écologique et de s'attaquer à l'idéologie vegan.
Il y a chez Benoit Biteau et dans son bouquin tout l'attachement affectif à sa terre et à son insondable richesse. Il y a la soumission à toute la poésie du vivant, livrant ainsi toute son humanité. Il y a le souvenir des huîtres cuites au deuxième petit déjeuner de ses grands-parents (après la traite des vaches), il y a les bêtes, les taureaux, vaches, chèvres et baudets du Poitou, et les petites bêtes tellement petites qu'on n'en entend jamais parler. 
carabe
Les carabes, les chrysopes et les syrphes des corolles ... Bref, une entrée dans un univers que l'on ne quitte qu'à regret. 


chrysope

  








syrphe des corolles

mercredi 14 février 2018

Benoit Biteau invité au café radical

Chacun sa Saint Valentin ! 
Benoît Biteau, radical de gauche,  tendance agricole, tendance bio, tendance écolo, tendance anar, tendance cycliste, tendance ingénieur, Benoît Biteau donc, vient de sortir un ouvrage qui lui ressemble, commandé par un grand éditeur : PAYSAN RÉSISTANT ! ... et c'est aujourd'hui, jour de la Saint Valentin que Fayard a choisi pour promouvoir son bouquin.Tout un programme. 

Je ne connais pas assez Benoît Biteau. Tout simplement parce qu'il est de ces personnalités dont on n'a jamais fait le tour.
Benoît Biteau est engagé... en tout ! Il est à la synthèse de toutes les contradictions du monde moderne. Intellectuel et actif,  Ingénieur et anti-productiviste, agriculteur et écologiste, homme de la terre et vice-président délégué à la mer à la Région Poitou-Charente. 
région Poitou-Charente, radical et de gauche, grande gueule et vice-président du conseil régional paysan et résistant ... comme l'indique le nom de son ouvrage paru chez Fayard et qui, au delà de la personne traite des problèmes qui nous préoccupe tous au travers de l'exploitation agricole, notre rapport à la terre, à la consommation, à l'animal aussi (Benoît Biteau est éleveur). 
Bref, lors même que le café radical, en une dizaine d'année n'a jamais traité des problèmes agricoles, Benoît Biteau est l'homme de la situation. Je l'invite d'ores et déjà à présenter son livre à Louviers la ville de Pierre Mendès France dont il est un admirateur revendiqué.
D'ores et déjà, je vous invite à lire le communiqué suivant que Benoît Biteau a publié sur le problème très actuel de la remise en cause des compensation des zones agricoles défavorisées 


Zones défavorisées et ICHN[1].Le gouvernement illustre sa préférence pour les modèles agricoles industriels et productivistes.



            Les agriculteurs qui évoluent en zones défavorisées, et donc éligibles à l’Indemnité Compensatoires pour Handicap Naturels (ICHN), au premier rang desquels les éleveurs extensifs en systèmes herbagés, comme en zone de montagne et en zone humide, peuvent depuis quelques semaines « apprécier » la préférence de ce gouvernement pour les modèles agricoles les plus intensifs, les plus industriels, et donc les plus polluants.
En effet, et à juste titre, l’Union Européenne a souhaité élargir l’éligibilité des zones défavorisées à des secteurs pour lesquels ce statut est pertinent. Cette volonté signifie pour l’Etat français de devoir faire des choix plus ou moins ambitieux.
Soit supprimer certaines zones ayant actuellement le statut de zone défavorisée pour pouvoir transférer les crédits de l’ICHN vers les nouvelles zones retenues par l’Union Européenne.
Soit l’Etat français fait le choix de réduire le régime d’aides octroyé aux grosses structures céréalières pour transférer ces crédits vers des modèles plus extensifs et maintenir l’ICHN sur les actuelles zones défavorisées, tout en pouvant la supporter pour les nouvelles.
Le problème de l’ICHN est en réalité le même sujet que le soutien à l’Agriculture Biologique et que la majoration des aides sur les 52 premiers hectares visant à amplifier les aides pour les petites structures agricoles, souvent paysannes et familiales.
Afin de pouvoir garder le cap sur ces trois sujets :
-         Maintien de l’ICHN sur les actuelles zones défavorisées tout en assurant le financement de cette même ICHN sur les zones élargies.
-         Evolution de la majoration sur les 52 premiers hectares des structures paysannes et familiales.
-         Soutien de la dynamique de développement de l’Agriculture Biologique observée ces dernières années,
l’Union Européenne proposait à l’Etat français de transférer 13 à 14 % des aides du premier pilier de la Politique Agricole Commune (PAC), surtout mobilisé par les grosses structures céréalières intensives et polluantes, vers son second pilier, celui qui soutient les logiques de développement durable et les mesures agro-environnementales, afin de préserver ces dynamiques vertueuses.
Sous l’indécente pression de la FNSEA et de sa gouvernance verrouillée par les puissants céréaliers, en dépit des attentes sociétales et citoyennes d’une évolution de l’agriculture vers des modèles plus respectueux des équilibres, des ressources et de l’eau en particulier, des biodiversités sauvages et domestiques, du climat et de la santé, le gouvernement représenté par son ministre de l’agriculture Stéphane TRAVERT, n’a consenti qu’a un transfert de...4,2 %, n’autorisant pas la possibilité de maintien de ces dynamiques vertueuses .
Ce manque d’audace et de courage, cette allégeance aveugle aux thèses les plus corporatistes et clientélistes de la FNSEA :
-         s’apparente à une injure aux structures familiales et paysannes qui auraient pu bénéficier de cette redistribution,
-         éreinte littéralement la belle dynamique de développement de l’Agriculture Biologique pourtant attendue par la population,
-         et assène le coup de grâce aux éleveurs évoluant en zones défavorisées et pourtant déjà lourdement touchés par les crises économiques d’un secteur d’activité déjà directement impactés par les logiques désastreuses des accords de libre échange. C’est d’ailleurs majoritairement dans ce secteur que sont constatés la majorité des suicides en agriculture, au rythme de 1 par jour !
Ce triste constat confirme l’inaptitude de ce gouvernement à s’affranchir de la cogestion avec la FNSEA, et donc à aspirer à un développement agricole conforme aux attentes sociétales, comme nous déjà avions pu le constater lors du récent débat sur le glyphosate.
Comment le modeste agriculteur, le besogneux éleveur en système herbagé dans ces zones défavorisées, peut-il d’ailleurs encore se revendiquer appartenir à ce syndicat fossoyeur de l’agriculture paysanne et familiale dépositaire du prestige gastronomique de notre pays et ayant écrit les plus nobles pages de l’histoire de l’agriculture de notre pays ?   
Pourtant, au regard du poids économique des logiques curatives supportées par les contribuables déjà assommés par une pression fiscale de plus en plus insupportable pour réparer les dégâts de ce modèle agricole irresponsable, il y avait là une réelle opportunité pour donner un signe de reconnaissance à l’endroit des agriculteurs les plus vertueux et de respect des attentes de la société civile.
Encore loupé pour ce gouvernement engoncé dans ses logiques à court terme, dénuées d’approches globales et systématiquement au service de l’intérêt immédiat d’une minorité, au détriment de l’intérêt commun et de l’avenir des générations futures !
   
 
       




[1] Indemnités compensatoires de handicaps naturels

   

Allons Benoît, tu viens quand tu veux. 
En attendant, j'invite tout un chacun, dont moi à acheter son ouvrage Paysan résistant
Quant à moi, sitôt que je l'aurais lu, je m'engage à en faire une critique publiée sur le blog.
  

dimanche 11 février 2018

Engagez-vous qu'il disait ...

 L'équipe Priollaud-Terlez cherche encore la marche à suivre...
Quelle drôle d'idée pour le maire de Louviers que de proclamer 2018 "année de l'engagement"  ! 
Quelle drôle d'idée que de prôner l'engagement pour celui qui a promu le renoncement comme mode de gestion ! 
Rappelons que Priollaud a refusé d'inaugurer la Place Mandela devant les coups de menton du Front National et des plus réactionnaires de son équipe. Priollaud a fait honte à notre ville en limitant à une seule famille l'accueil des réfugiés quand toutes les collectivités sollicitées faisaient un réel effort. Priollaud a choisi de limiter un maximum l'aide aux associations locales en complexifiant leur demande de subvention et en restreignant l'aide matérielle et humaine attribuée pour leurs activités. 
Le forum des associations devenu "village des associations"
une marque de la condescendance de la municipalité Priollaud
pour qui l'engagement est à chercher ailleurs ...  
Pourtant, s'il est une marque d'engagement, elle se situe bien au cœur des associations locales dont Louviers et son agglomération ne manquent pas. 
François-Xavier Priollaud, sans doute parce qu'il ne connait pas la ville, a eu besoin d'aller chercher ailleurs un exemple d'engagement. 

Effort louable que d'encourager l'association Imagine, pourquoi celui qui veut faire oublier qu'il s'est engagé derrière Fillon, pourquoi celui qui s'est toujours prêt à céder à toutes les pressions veut-il faire de l'année qui s'annonce l'année de l'engagement ? 
Certes, M. Priollaud cultive le paradoxe. Il a ainsi proclamé 2017 année de la lecture à Louviers alors qu’il venait de supprimer la distribution annuelle d'un livre aux écoliers de la ville, que la municipalité Martin avait instauré.
Est-ce par narcissisme que Priollaud se montre incapable de percevoir son image ? Ou est-ce  qu'il s'imagine pouvoir effacer cette suite d'incohérences et de maladresses ? 
Comme il nous semble en mal d’imagination, nous avons quelques idées à proposer au maire de Louviers pour la suite et la fin de son mandat :

2019, année de l’inconséquence politique

2020, année de la déroute électorale. 

samedi 10 février 2018

Le radicalisme est une fête

Les nouvelles couleurs du radicalisme. 
Paris gagné ! Les radicaux existent et nous avons été près d'une centaine à nous rencontrer pour le démontrer . Le théâtre Edgar était plein ce qui faisait dire à l'organisateur que le lieu aurait été trop petit pour accueillir tous ceux qui s'étaient promis de venir et ont dû renoncer au dernier moment en raison des conditions météorologiques.
A la fin de la réunion, Emmanuel Maurel, invité a expliqué
ce que représentaient pour lui les valeurs de la gauche
Parmi les excuses, celles remarquables de Roger-Gérard 
Schwartzenberg et de Thierry Jeantet, créateurs du MRG, mouvement des radicaux de gauche, il y a 45 ans. 
N'en parlons plus, la qualité et l'enthousiasme étaient là. 


Stéphane Saint-André et Isabelle
Amaglio-Terisse (photo Margot l'Hermite)
Virginie Rozière, Stéphane Saint-André, Paul Dhaille, Isabelle Amaglio-Térisse et Yvonnick Le Ny ont su faire de cette matinée un de ces moments festifs nécessaire à la mise sur orbite du dernier né de vie politique française. Un nouveau né qui ne demande qu'à prospérer et à grandir, à peser de tout son poids dans la vie politique française.
Il  n'empêche, ceux qui étaient là étaient bien là et ont su se faire entendre. Il n'est pas de point qui n'ait été discuté, traité avant d'être amendé. Ce qui aurait pu être un exercice scolaire ennuyeux s'est révélé une prouesse démocratique puisque tout un chacun a pu s'exprimer et ... et ... c'était "pas triste du tout" comme m'a glissé un participant. 
Parce qu'en fait, pour fastidieux que ça puisse sembler, l'exercice qui consiste à établir nos valeurs communes, voir ce qui nous rassemble comme ce qui nous distingue, est loin de manquer d'intérêt. En fait, ces quelques mois de construction de la machine radicale sont aussi essentiels de ce fait. Ils nous permettent d'aller au fond des choses sans s'encombrer de vieilleries idéologiques, d'alliances paralysantes ou autres types d'entraves. 
Vendredi neuf, nous étions pris par le plaisir d'être ensemble, la joie de débattre et la volonté d'agir. 
L'aventure continue. 
La suite au prochain épisode ...
D'ores et déjà, réservez les 8 et 9 septembre, dates des universités d'été des Radicaux de gauche. 

Ci-dessous, les valeurs et les engagements des Radicaux de gauche en dix points ... à vous de juger, de vous engager,  à vous de nous rejoindre ! 
Ci-dessous encore, quelques souvenirs de la folle matinée du 9 février ... 















Paul Dhaille et Emmanuel Maurel ... L'ex député
retrouve son ex-attaché parlementaire

Elyse représentant  la Corse radicale de gauche




Attentif dans le public,
crédit photo Margot L'Hermite
crédit photo Margot L'Hermite




crédit photo Margot L'Hermite
crédit photo Margot L'Hermite
crédit photo Margot L'Hermite

Crédit photo Margot L'Hermite

crédit photo Margot L'Hermite




mercredi 7 février 2018

Ma réponse à Louis-Marie MARTIN


Louis-Marie MARTIN, lui aussi ex-prg et avec qui j’ai partagé quelques beaux moments, quelques bisbilles et des divergences marquées m’a interpellé ainsi sur facebook  « C'était il y a quelques jours sur le mur de Diégo je crois, je posais la question qu'est ce que vous entendez par "Gauche" quelles valeurs y mettez-vous ? Ce serait sympa de répondre ».

Du coup, un peu énervé, façon Saint-Ex au Petit Prince, je lui ai répondu ça, tant l'exercice me semblait impossible: « Comminatoire[1] Louis-Marie ! Tu veux faire la police façon bolcho... et toi qu’entends-tu comme valeur de gauche ? Qui souhaites-tu exclure de ton champ ? »

Je pensais ainsi avoir répondu non pas à la question de Louis-Marie, mais au problème qu’il posait. J’ai réfléchi, et je me suis dit que non. D’où ma décision de me lancer dans l’aventure et de tenter de répondre à la question de façon succincte, compréhensible, et réaliste. Bref, ce type de défi qu’on se lance sans savoir si l’on a quelque chance de pouvoir relever. Après tout, ce sera au lecteur de juger. Tant pis pour Louis-Marie, tant pis pour moi.

1)       à ta question :" qu'est ce que vous entendez par "Gauche" quelles valeurs y mettez-vous ? Ce serait sympa de répondre."...  je ne répondrai pas.
Tout d’abord parce que je ne peux répondre qu’en mon nom propre, pas au nom du parti des Radicaux de gauche dont je m’honore de faire partie, et encore moins au nom de Diégo qui te répondra s’il le souhaite. Ainsi je ne réponds pas à la question « quelles valeurs y mettez-vous ? », « mais quelles valeurs y mets-tu ? »
La pensée radicale du philosophe
Alain "personne ne peut penser à
ta place"
2)       Comme tu le soulignes toi-même par ailleurs, « il y a des gens qui placent Macron à Gauche, donc de Macron au NPA le champ est un peu large ». Je m’enorgueillis d’avoir visité à peu près toutes les familles de la gauche, des radicaux de gauche à l’ultra gauche[2] en passant par l'anarchisme, le trotskysme sans parler de sympathies diverses, voire, je le concède, de flirts essaimés au fil des ans. Je tire et j’ai toujours tiré une conclusion de tout cela : je n’ai, je n’aurai jamais aucun rôle de police politique ou de police des mœurs : pour être à gauche, il suffit de se sentir à gauche. Je reprends la formule d'Alain, le maître radical "personne ne peut penser à ta place". Je n’ai pas vocation à exclure telle ou telle personne de ce qu’on appelle la gauche. Je sais qu’il y a des gens à gauche avec qui je ne m’allierais jamais comme  je sais aussi qu’il y a des gens à droite avec qui je peux m’allier, mais c’est une autre histoire.
3)       J’ai organisé à Evreux un banquet républicain sur le thème « le radicalisme est-il l’avenir de la gauche ? ». Tu aurais dû venir, et tu aurais pu en débattre avec nous, on était soixante. Conformément à notre démarche, le débat était ouvert à tous et cette question est naturellement venue sur la table. Voilà la manière dont j’y réponds sans vouloir engager qui que ce soit d’autres :
a.        La notion de droite et de gauche est essentiellement républicaine. C’est la République qui a fondé ces notions de droite et de gauche, en plaçant d’un côté de la nouvelle assemblée ceux qui voulaient défendre le du droit de véto et  de l’autre côté (à gauche) ceux qui refusaient le pouvoir absolu du roi.
Ainsi se sont retrouvés autour d’une question historique clivante
·         à droite ceux qui voulaient défendre une société de privilèges

·         à gauche ceux qui défendaient les principes de liberté, d’égalité et de fraternité au cœur d’une société du mouvement (même s'ils ne formulaient pas comme ça).

Depuis deux siècles et demi, ces notions se sont universalisées et ont démontré leur pertinence au travers des époques et des lieux. Elles ont encore leur sens, et c’est pourquoi, lorsque la présidente, l’état major et le parti radical de gauche auquel j’adhérais depuis vingt ans ont dit qu’ils étaient au centre, je ne les ai pas suivis. Je ne suis pas le seul, et ceux qui ont refusé cette logique ont créé un nouveau parti : Les Radicaux de gauche.
Maintenant, tu demandes, enfin, tu ne demandes pas, tu sous-entends : allez-vous rejoindre Macron ? Je suis désolé de ne pouvoir te répondre qu’en mon nom propre même si pour moi la question ne se pose pas comme ça.
D’abord, avant de savoir si l’on doit rejoindre tel ou telle, il faut définir notre projet. Nous nous y attelons, mais, très tranquillement, comme je dis "la première chose à faire est de nous retrouver entre bonnes volontés, voir ce sur quoi nous sommes d’accord, voir ce sur quoi nous ne sommes pas d’accord et voir si nous pouvons travailler ensemble. Les exemples de création d’un nouveau parti sont assez rares dans l’histoire pour que nous puissions prendre toute précaution au-delà de notre détermination
Ensuite, et je te livre là mon analyse, il serait parfaitement idiot de rejoindre le macronisme. Macron a bousculé le cocotier de la vie politique française et continue de le secouer. Il n’a aucun besoin d’une branche supplémentaire. Si c’est pour être Macronien ou macroniste, autant rejoindre « En Marche ». Je ne sais si cette démarche sera majoritaire parmi mes amis, mais je le suppose. Tout simplement parce que je n’ai rencontré personne jusqu’à présent qui désire soutenir la démarche du Président de la République même si certains d’entre nous, dont moi, ne souhaitons pas entrer dans une démarche de critique systématique, mais dans une attitude d’opposition attentive.
6)       Macron rêve de naviguer entre deux pôles situés à l’extrême gauche et à l’extrême droite qui lui garantiraient la survie et le confort politique. Pour moi, c’est une utopie. La solution aux problèmes du monde ne se résout pas à une question technique, où il faudrait laisser les experts décider en dehors des réalités et aspirations sociales ou sociétales. La France, le monde ont besoin de politique, ils ont besoin de cet antagonisme nécessaire  créé par ces visions opposées de la gauche et de la droite, entre ceux qui veulent une société d’égaux et ceux qui voient en l’autre un danger… Entre ceux qui disent que c’étaient mieux avant et ceux qui travaillent à construire un avenir meilleur pour tous. Entre ceux qui se soucient du déclassement et ceux qui se disent que tant qu’on peut s’en sortir personnellement, il n’y a pas à s’en faire.
La figure de Pierre Mendès France. Le radical s'est toujours
placé à gauche. ça n'empêche pas que certains le plaçaient
à la droite de Guy Mollet, pourtant l'exemple même de la
posture politique des grandes déclarations sans effet.
7)       Sur l’attitude qui devrait être la notre, oui, nous estimons qu’un immense chantier s’ouvre pour ce que nous appelons « la gauche de gouvernement » (en attendant mieux, parce que le terme n’est pas très joli). Il est vrai que, loin de la gauche de la posture, la gauche de gouvernement doit encore créer son projet et sortir des antagonismes qui l’ont amené à un jeu de massacre mortifère.

8)       Ce jeu de massacre provient essentiellement de ceux qui rêvent d’une gauche pure. La gauche pure, excuse-moi, je ne sais pas ce que c’est. Je connais les valeurs que je porte, je sais pour quoi je m’engage et d’ailleurs pourquoi je me suis engagé depuis un demi-siècle. Je te dirais même qu’au-delà de moi-même classer quelqu’un de « à gauche » ou « plus à gauche » ou « moins à gauche » ne me concerne pas. Le radical Mendès France se démarque de la gauche Molettiste française à référence marxiste en s’engageant dans la décolonialisation. Savoir s’il était plus à gauche ou à droite n’a aucun sens. Il était porteur de l’histoire et du progrès alors qu’en face, dans la posture marxoïde se réfugiaient tous les conservatismes. Les camps staliniens, la Chine maoïste condamnant sa population à la famine était ils de gauche ou de droite ? Cela m’indiffère totalement. Ce qui compte pour moi c’est que les horreurs qu’ils généraient justifiait tous les combats politiques pour la liberté et l’émancipation des femmes et des hommes.
Selfie au banquet républicain à l'image de ce que doit être
la gauche : joyeuse, lucide, déterminée.
9)       Pour finir, je ferais cette citation indépassable qui justifie mon combat politique et dont je suis heureux qu’elle figure sur l’invitation de la journée du 9 février qui réunira tous ceux qui s’inscrivent dans notre démarche :


La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir.



C'est le 9 février à Paris, Théâtre Edgar (Métro Edgar Quinet)
 de 9h30 à 13 h.







Tu m’excuseras, cher Louis-Marie, et d’avoir été un peu long à te répondre et de n’avoir répondu que partiellement à ta question. L’avenir de la gauche est un débat, est un combat aussi, et tous ceux qui veulent y participer peuvent se joindre à nous.









[1] Comminatoire : qui constitue une mise en demeure, un avertissement ou une menace  ( dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey)
[2] l’ultra gauche est une vraie famille politique qui, de la naissance du surréalisme au situationnisme a nourri l’intelligentsia française pendant un demi-siècle et auprès de laquelle le pâle « Nouveau Parti Anticapitaliste » fait figure d’une vieille photo  polaroid au sens où elle ne peut ni être reproduite, ni être analysée et ne représente guère d’intérêt.