mardi 30 décembre 2008

des voeux pour l'an 9

Là ou croît le péril, croît aussi ce qui sauve...
Hölderlin (cité par Edgar Morin)

Pour 2009, le café radical vous souhaite

Un café croissant

Avec une espérance croissante,
Des plaisirs croissants,
Une fraternité croissante,
Des succès croissants,
Une Normandie croissante,
Une Europe croissant ...

Et de bons cafés bien chauds avec de bons débats !

BONNE ANNÉE 2009

Notez déjà le prochain rendez-vous pour l'année prochaine

QUELLE DIVERSITÉ DANS LA RÉPUBLIQUE POUR TOUS ?
le 23 janvier 2009 à 18 heures 30


Avec Saïd Bouziri, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme, coordonnateur de la Votation citoyenne
et Romuald DZOMO, Président de l'association Marianne et moi

lundi 29 décembre 2008

Heureusement qu'il y a l'€uro !


On a souvent entendu ou reçu des messages anti-€uros, propulsés au nom du bon sens (?!!!) pour se réjouir ouvertement du fait que l'€ soit notre monnaie.

Encore récemment, on donnait, parmi un ensemble de prix (disons le panier de la ménagère) le prix de l'essence comme preuve que l'€uro avait été inflationniste ... Bon, c'était ridicule. L'essence se paie en dollars et suit les cours spéculatifs du pétrole.Sans €uro fort, d'ailleurs, l'essence aurait été encore plus chère, quand elle était chère. Là, le prix a vivement baissé. Là aussi parce la baisse du coût du pétrole n'a pas accompagné la hausse du dollar. Conclusion, l'essence est moins chère qu'il y a 10 ans.

Il y a eu inflation, c'est vrai, une inflation incomparable avec ce que le Franc a pu connaître dans l'après guerre, mais elle arrive à se stabiliser. Nombreux sont les commerçants qui ont profité du changement de monnaie pour arrondir les marges. Est-ce la faute de la monnaie ou est-ce la faute des commerçants ?
En tous les cas, il est évident qu'en cas de crise, l'€uro se révèle un précieux rempart.
Il n'est qu'à voir le cas de la £ sterling, qui s'achète grosso modo au prix de l'€uro alors qu'elle valait près de 50 % de plus, sans pour autant ouvrir de perspective à son économie. Voilà pourquoi, outre-manche on envisage de plus en plus de se mettre à l'Euro, une révolution !
Constatez par ailleurs l'ampleur de la dette française. Elle atteint 15,8 milliards, 66,7 % du produit intérieur brut.
Sans l'€uro, le franc serait lourdement attaqué, avec pour seule solution pour le gouvernement de dévaluer et de faire fonctionner la planche à billet.
L'Euro, et l'économie vertueuse de l'Allemagne nous en protège au delà de la force que peut représenter une monnaie forte dans le contexte de crise de l'économie mondiale.
Ci dessous le lien et l'article de mon ami Laurent Grandsimon sur son blog "Haut et Fort"

http://laurentgrandsimon.hautetfort.com/archive/2007/01/13/l’€uro-notre-monnaie.html

L’€uro, notre monnaie !


La colère des Français est légitime. On leur a menti , car le passage a l’Euro a, bel et bien, engendré de l’inflation et une baisse dramatique du pouvoir d’achat. Mais il faut faire très attention à ne pas se tromper de cible ! Ce n’est pas l’Euro, qui a engendré de l’inflation, c’est le passage à l’euro, le changement de monnaie, qui a créé les conditions d’une augmentation artificielle des prix.



Alors, faire croire aux gens, aujourd’hui, qu'en retournant au Franc tout ira mieux ; c’est aussi irresponsable que de leur dire en 1998 "l'Euro va tout résoudre".



Les nostalgiques du Franc ont bien vite oublié la période où notre monnaie était attaquée régulièrement, où nous importions de l’inflation à chaque dévaluation, et ou nos taux d’intérêts étaient parmi les plus haut d’Europe.. Car aujourd’hui, c’est bien grâce à l’euro et à la rigueur budgétaire d’autres membres de la zone euro, que nous avons des taux d’intérêt à 3.7% au lieu de 6.5%.



Il est toujours bon ton de rendre l’Europe responsable de tous nos problèmes. Mais dans le cas de la monnaie unique ce « sport » devient extrêmement dangereux. Un retour en arrière n’est pas sérieusement envisageable : Quel coût exorbitant pour nos finances publiques ? Quel sera le taux directeur pour la banque de France, face au géant €uro ? Quelle inflation nouvelle serait engendrée par le re-passage au Franc ?



Aujourd’hui l’€uro est notre monnaie … et c’est tant mieux !

Laurent Grandsimon

samedi 27 décembre 2008

Pekin 08

Le café radical a parlé en son temps de la Chine, souvenez-vous :

Faut-il boycotter les Jeux Olympiques ?

En fait l'objet du débat était le suivant : "Est-ce que l'ouverture au monde et la valorisation de la Nation Chinoise allait profiter au régime ou allait le forcer à évoluer ?"
Un début de réponse semble se trouver dans le lancement de la Charte 08... Ci dessous le début de l'article paru dans le Monde. Mais la lecture de la charte en entier vaut le coup (http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-le-texte-integral-du-manifeste-des-dissidents-chinois-la-charte--9958.asp?1=1). Un texte complet, magnifique, cohérent, enthousiasmant, de quoi servir de base à une future Constitution.
"S'inspirant de la Charte 77 rédigée à Prague au temps de la guerre froide par des opposants tchèques au régime communiste, une poignée de dissidents chinois viennent de publier, il y a quelques jours, à Pékin, un texte inédit et audacieux. La "Charte 08" n'y va pas de main morte : elle appelle à la fin du monopole du parti unique et propose un texte en 19 points destiné à promouvoir la transition vers un système démocratique à l'occidentale."
Le choix des chiffres n'est pas dû au hasard. La Charte a été publiée le 8 décembre 2008, comme une réplique aux dirigeants chinois qui avaient tant souhaité que les jeux Olympiques commencent à 8 heures le 8 août 2008. On reste ici dans le grand huit ! C'est le manège de l'actualité et de la mondialisation.
L'entreprise ne manque pas de courage. Elle s'appuie sur un réseau national et international ... Vaclav Havel, qui avait en son temps lancé la charte 77 en Tchécoslovaquie n'a pas signé mais soutient l'initiative. Chacun sait que même si la voie est longue pour la liberté et la démocratie en Chine, elle est déjà commencée. Et sans doute, les Jeux Olympiques y ont joué leur rôle.
Vive le courage, vive la liberté, vive la démocratie, vive la Chine !

mercredi 24 décembre 2008

Coupat en prison, Marchiani au balcon ...

C'est le proverbe du Noël 2008 !



D'un côté Julien Coupat, un jeune homme présenté comme terroriste, dont le maintien en détention ne fera pas avancer l'enquête ... rappelons que ce dont il est accusé n'a provoqué ni mis en danger la vie d'aucun individu.... Présenté il y a quelques semaines comme le chef d'un groupe d'ultra gauche qui aurait organisé les dégâts sur les caténaires, engendrant alors le retard de nombreux TGV et la colère de milliers de voyageurs. Julien Coupat passera Noël en prison, bien que les juges eux-mêmes aient déclarés qu'il pouvait être libéré... C'était avant l'appel du parquet !(en illustration un ouvrage dont Julien Coupat serait l'auteur)

D'un autre, le bien connu Jean-Charles Marchiani. Homme à tout faire de la galaxie Pasqua, praticien assidu de la diplomatie parallèle, que les juges ont condamné à trois ans de prison. Ci-dessous un article de Libération d'avril dernier :

Agent secret. Jean-Charles Marchiani, 64 ans, natif d'un petit village corse voisin de celui de Charles Pasqua, a été un authentique agent secret. Du moins jusqu'en 1970, où il sera évincé du SDECE (ancêtre de la DGSE, Direction générale de la sécurité extérieure) en marge de l'affaire Markovic. Depuis, il cultive ses réseaux parallèles, un pied dans le public, l'autre dans le privé, la tête Dieu sait où mais toujours dans l'orbite de Pasqua. Ses comptes offshores ? Destinés selon lui à «défendre les intérêts et la sécurité de la France», en Afrique et dans les pays arabes, au nom d'une conception parfois toute particulière de la nation.

Ce petit jeu a pris fin en décembre 2005. Le tribunal correctionnel condamne alors l'électron libre à trois ans de prison, pour avoir perçu des commissions en marge de la vente de chars militaires au Moyen-Orient, et prononce son oraison funèbre : «Son appât du gain entretient sciemment, et en permanence, la confusion entre l'intérêt général et son intérêt privé.» Quelques semaines plus, il est encore condamné à un an de prison dans une autre affaire de commission occulte, perçue en marge d'un marché portant sur la sécurisation des bagages à Roissy.


Nicolas Sarkozy vient de procéder aux mesures qui amèneront sa mise en liberté. Parait il que le comportement du détenu était exemplaire. Ca tousse du coté des syndicats de gardiens de prison ... d'autant que sans savoir trop comment il allait si prendre, on attendait que le Président fasse quelque chose.

C'est fait.

Joyeux Noël à tous !

mardi 23 décembre 2008

Contre la crise,


Faut-il baisser la TVA ?


Un article de Thomas Pickety, paru dans Libération et que jle café radical livre à votre réflexion.
http://www.liberation.fr/economie/0101307385-faut-il-baisser-la-tva

Faut-il baisser la TVA ?
Réagir

Par Thomas Piketty

Que penser des violentes critiques exprimées en France et en Allemagne sur le plan de relance britannique ? D’abord qu’en dépit des autocongratulations hexagonales sur les six mois de présidence française, l’Europe ne s’est en réalité jamais aussi mal portée. Il ne s’agit pas de prétendre ici que la baisse du taux général de TVA de 17,5 % à 15 % décidée par Gordon Brown soit la solution miracle pour éviter la récession. Chaque pays a ses spécificités, et il est bien évident que le Royaume-Uni, dont le secteur financier a été frappé de plein fouet par la crise mondiale, s’apprête en tout état de cause à vivre des heures particulièrement difficiles. Mais il est affligeant que le plan Brown ait été immédiatement repoussé par les gouvernements français et allemand, sans aucun débat. D’autant plus que les arguments utilisés contre la baisse de la TVA sont aussi contradictoires qu’infondés économiquement.

On reproche tout d’abord aux baisses de TVA de ne pas se répercuter intégralement en baisses de prix. Mais il n’existe aucune raison pour qu’une telle répercussion intégrale se produise. Economiquement, il est parfaitement normal que les baisses de TVA se partagent entre entreprises et consommateurs suivant l’élasticité de l’offre et de la demande de biens dans les différents secteurs. Dans les secteurs en surcapacité de production, la concurrence conduit à de fortes baisses de prix et à une relance de la demande. En revanche dans les secteurs où de nouveaux investissements sont nécessaires pour augmenter la production, les baisses de TVA permettent aux entreprises de reconstituer leurs marges, ce qui est une excellente chose. Ainsi, une baisse de la TVA produit à la fois une relance de la demande et de l’investissement, conformément à la théorie de l’incidence fiscale. Avant de stigmatiser le «keynésianisme grossier» des Britanniques, le ministre social-démocrate allemand des Finances aurait été mieux inspiré de relire ses manuels d’économie.

Le second reproche adressé aux baisses de TVA est qu’elles favoriseraient avant tout les importations. Il est certes préférable que ces baisses soient coordonnées, d’où la proposition intéressante du think tank Bruegel de réduire simultanément d’au moins un point la TVA dans tous les pays européens. Mais subordonner l’ensemble du débat fiscal et budgétaire à cette question des importations est insensé ! La totalité des importations de biens de consommation (des textiles aux chaussures en passant par les jouets et l’électronique) représentait à peine 70 milliards d’euros, en 2007, soit tout juste 7 % des quelque 1 000 milliards d’euros consommés par les ménages français. Quant au total des importations, il se monte à 25 % du PIB (dont 70 % issus du commerce intra-européen) : comme le rappelait Philippe Martin la semaine dernière, la part des importations est en réalité plus importante pour les biens d’investissement et les consommations intermédiaires que pour les biens de consommation. Au final, le fait majeur est que 75 % du PIB correspond à des biens et services produits en France et consommés (ou investis) en France. Prétendre réduire l’analyse d’un outil fiscal général comme la TVA à la question de son incidence sur les échanges commerciaux est incroyablement réducteur. Et si l’on pense vraiment que le bien-être des Français passe par une taxation accrue des biens importés de l’étranger, alors assumons clairement une hausse des taxes sur les importations, et arrêtons de polluer l’ensemble du débat fiscal et politique avec cette question. Comme l’a si bien montré Paul Krugman aux Etats-Unis, cette obsession pour les importations et la «compétitivité» finit par ramollir toute forme de pensée économique, aussi bien à droite (où les ayatollahs de la TVA sociale semblent prêts à remettre sur la table leur projet de hausse de la TVA !) qu’à gauche : certains socialistes français ne sont pas loin de penser la même chose, comme le montre leur timide proposition de baisse «ciblée» de TVA (en langage clair : pas de baisse du taux général, le seul qui compte d’un point de vue macroéconomique).

C’est d’autant plus regrettable qu’un avantage additionnel du plan de relance par la baisse de TVA est son efficacité immédiate (contrairement par exemple aux investissements publics, qui mettent des années avant de se réaliser, comme le savent par exemple toutes les personnes concernées par le plan Campus !) et sa transparence : quand on baisse la TVA, on injecte de l’argent sonnant et trébuchant dans l’économie, par opposition à toutes les manipulations comptables et autres opérations de communication qui ont cours actuellement. Osons un pronostic et formons un vœu : le débat sur la relance par la baisse de la TVA pourrait bien rebondir en 2009.

Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

lundi 22 décembre 2008

La démographie à la fabiusienne



Serait-ce un tic fabiusien ?
Marc-Antoine Jamet voit sa ville passer de 12.500 à 13.500(1) (12.500 pour la population des ménages, 13.500 en incluant la prison), puis qui l’arrondit à 14.000, ce qui devient, par la force des choses, 16.000 (2). De là, on passe à 17.000, on ne sait pas pourquoi(3), et une fois à 17.000 on arrondit à 20.000 ce qui permet d’afficher l’objectif de revenir à l’objectif initial de 100.000 habitants. Magnifique ! Y a-t-il des questions ?
Mais si vous aimez les facéties Rolivaloises, vous allez adorez les élucubrations fabiusiennes. Là aussi, c’est Perrette et le pot au Lait(3). Laurent Fabius en personne avait décidé de la création de la Communauté urbaine de Rouen. La Cur !
La construction en était évidente et était annoncée dès mars 2008, à la suite des élections municipales. On réunissait autour de Rouen et d’Elbeuf, agglomérations Fabiusiennes acquises, quelques territoires et on obtiendrait ainsi quelques 500.000 habitants, en offrant la perspective aux populations de bénéficier de la manne d’une Dotation globale de financement améliorée.

De là, permettons-nous de rêver à la place de Laurent Fabius. Si la situation semble compromise en ce qui concerne la présidence de la République, au moins la perspective de la présidence d’un grand Rouen, ouvrant la perspective de devenir la capitale incontestable de la future Grande Normandie(4)… et de là, pourquoi pas, le fait d’être l’un des plus grands barons de France pourrait, mais oui, laisser espérer un retour en grâce au sein du PS, en devenant le grand incontournable … Voilà pourquoi Fabius voulait faire vite !
Bon, visiblement, dès le début, il y a eu un hic. Jean Louis Destans lui a fait comprendre qu’il ne fallait pas commencer les démarches au-delà de la Seine-Maritime (5). Ensuite, de nombreux maires, et de nombreuses collectivités consultées tiquent à l’idée d’intégrer une communauté urbaine qui ne leur apporterait rien sauf quelques sous qui seraient de toute façon gérés par quelqu’un d’autre et de manière incontrôlable.
Rien de tout cela n’est achevé, mais la photo ci-dessus, qui montre le maire radical de gauche de Barentin, Michel Bentot, et Laurent Fabius, éclaire l’article de Paris Normandie (http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/75758/La_communaute_bat_de_l_aile_#) qui dit bien la difficulté de la tâche. On est encore loin à l’aube de 2009de la Communauté Urbaine. On en sera encore loin en 2010 et c'est au poitn qu'on en sait pas si cela se fera alors qu'on est sur que la Grande Normandie, elle, se fera ! En fait de nombreuses communes et de communautés de communes refusent de se faire croquer, même lorsqu'elles sont gérées par un maire socialiste. C'est quand même terrible la démocratie ! Voilà que les gens demandent des comptes, des vrais !
En fait, une communauté urbaine, ce n’est pas une adition de populations, c’est un projet.
Hors du projet, hors de visée politique, toutes les démarches comptables dont le PS est tant friand (6) révèlent que les emplâtres soigneusement posés sur les jambes de bois sont faits de graisse de hérisson !
C’est vrai localement, c’est vrai nationalement !

1) http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/resultats/chiffres-cles/n2/n2_27701.pdf
2)Pourquoi 16.000 ? On suppose que l’important est d’atteindre les 15.000 ce qui permet de créer une agglomération par ailleurs déjà créée… mais qu’il ne faut pas se fixer sur cet objectif.
3)A moins de naïvement s'imaginer qu'un chiffre impair en rajoute à la crédibilité comptable
4)http://www.jdlf.com/lesfables/livrevii/lalaitiereetlepotaulait
5) Que Fabius a tant combattu en son temps, mais c’est une autre histoire …
6) Les débats qui ont agité la communauté d’agglomération Seine-Eure en avril se sont révélés sans objet.
7)Voir le terrible exemple du congrès de Rennes qui révèle une présidente impuissante soutenue par les ennemis mortels que sont Fabius et Strauss Kahn

jeudi 18 décembre 2008

DAKAR et la diversité ...



Finalement, à bien y regarder le nouveau discours de Sarkozy, on y retrouve du discours de Dakar.

Je ne sais pas si tout le monde se souvient de ce discours marquant ...

C'est là qu'il parlait de l'homme africain, un homme africain doté de tas de particularismes, dus en particulier à son histoire, à sa culture, et soi-disant à son être profond... On sentait là un regain de colonialisme, une façon d'expliquer aux Africains que s'ils étaient Africains, ce n'était pas de leur faute ..., le tout sous le couvert d'une compassion sincère et amicale.
A vomir, disons le mot.

L'autre particularité de ce discours est qu'il était le premier discours du Président de la République en terre Africaine. De ce fait, il devenait fondateur. Après un moment de stupeur, il a soulevé un mouvement de protestation porté par tous les connaisseurs de l'Afrique et en particulier des chefs d'Etats Africains et de la presse Africaine. Le seul bémol apporté au discours est venu du fait qu'il a été précisé qu'il avait été écrit Henri Guaino (voir photo), mais pas par le Président lui-même... Un peu nul. Mais enfin, comme avec Sarkozy, un clou chasse l'autre au plus vite, on n'en a plus reparlé.

Hélas, il y des cycles en politique ... rien n'est jamais réglé que pour réapparaitre sous la même ou une autre forme. Et c'est dans le traitement des sujets que revient la nature profonde du politique.
Derrière le dernier discours de Sarkozy, il y a certes la volonté d'agir. C'est là dessus qu'il est attendu et apprécié notre Président.
Mais agir comment et pourquoi ? Quelle est la culture profonde qui sous-tend l'action ? Quelle est la visée ?
Pour l'instant, Sarkozy s'attaque aux élites. Elles ne sont pas assez représentatives de la société profonde.
Ce n'est pas une nouvelle. Sarkozy veut y mêler les voix et les corps de toutes les couches de la population.
Il n'a pas tort.
Le problème cependant est que les élites aient assez de puissance et d'autonomie pour rester des élites. On voit les limites de l'exercice quand on voit Rachida DATI et Rama YADE se transformer en aimable Jupette (du nom des ministres femmes du gouvernement Juppé balancée dès le premier remaniement).
Bien sur il faut plus de couleurs au parlement et dans les partis politiques ! Bien sur il faut plus de boursiers dans les grandes écoles.
Mais les problèmes de fond ne sont pas là. Le vrai problème reste celui difficile et coûteux de l'Education et des quartiers. Ceux-là même que Sarkozy avaient ostracisés avec ses formules "au karcher".
Et le voilà qui fait un discours sur une république de la diversité...

Prenons-y garde !
Sans doute la République Une et indivisible a-t-elle du plomb dans l'aile. Sans doute, pour reprendre les propos de Kouchner, faut-il un peu de communautarisme. Sans doute la discrimination doit elle être combattue autrement qu'avec des principes, si républicains soient-ils.
Il n'empêche, la tâche aurait été plus facile si elle n'avait pas été entachée par le Discours de Dakar, après ses propos qui ont amené la première révolte des banlieues que la France ait connu. Si derrière une lutte contre les discriminations, on ne cherchait pas à entériner des situations acquises sur l'histoire des dominations coloniales et sur les préjugés sociaux.
Faisons bien attention aux craintes de Simone Veil : Notre constitution et son préambule doivent être défendus. La République doit rester une et indivisible. La République n'est pas la République du travail, elle n'est pas la République du mérite, elle n'est pas la République électorale de Monsieur Sarkozy.
La République est un projet politique ambitieux qui vise à l'épanouissement individuel et collectif de tout être humain. Prenons garde à ne pas entériner les discriminations par la mosaïque des particularités.