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mardi 12 juin 2018

Comment sauver nos centre-villes ?

La ville, c'est la vie ! 

Salle pleine au Mata Hari à Evreux pour parler revitalisation
des centre-villes. Timour Veyri avait invité Hervé Le Bras, le
grand démographe et Martial Bourquin, sénateur dont le
projet de loi sera prochainement présenté.
Timour Veyri, patron des socialistes de l'Eure, avait mis les petits plats dans les grands pour parler d'un sujet crucial à tous niveaux : l'avenir des centres villes. En collaboration avec la fondation Jean Jaurès, il a fait venir une célébrité et un expert : Hervé Le Bras, sans doute le plus grand spécialiste français de la démographie politique et Martial Bourquin, ancien maire d'Audincourt et sénateur.
Ainsi le problème est-il national, et dépasse même nos frontières. Les centre-villes sont fragiles, mais sont encore plus fragilisés par le développement des ventes par internet, alors qu'ils se remettent difficilement du choc provoqué par le développement des grandes zones commerciales en périphérie. Ainsi, le gouvernement a-t-il lancé récemment un grand plan de revitalisation de 222 cœurs de villes, dont ont d'ailleurs bénéficié Evreux, Vernon et Louviers. Une autre action est menée sur le plan législatif. Actuellement Martial Bourquin travaille avec un sénateur de droite sur une proposition de loi qui sera prochainement soumis au Sénat.
Bien entendu, si le problème de la vitalisation du centre-ville touche la France entière, à Evreux la situation est catastrophique, conséquence d'une suite d'erreurs commises par la droite ébroïcienne, tout d'abord avec la création de la zone franche sur les hauteurs de la ville, le tout amplifié par un soutien aux grandes surfaces et notamment à la zone Mc arthur Glen dont les commerces n'avaient pas besoin. 
Protestation des commerçants à Louviers contre la conduite
des travaux. S'il suffisait de refaire des trottoirs pour
revitaliser un centre-ville, ça se saurait. Pour supporter les
désagréments dus aux travaux, les commerçants demandent
simplement à être consultés et, en option, d'être sûrs que les
travaux seront utiles. S'ils  sont aux premières loges, les 
questions soulevées par les commerçants sur la 
revitalisation du centre concerne finalement toute la ville . 
A Louviers aussi, la situation est très mauvaise. Il n'est qu'à se promener en ce moment dans le centre-ville pour constater le nombre de commerces fermés, et parler un peu avec les commerçants pour entendre leurs plaintes. C'en est au point que certains  commerces ont dû licencier, cependant que les travaux réalisés sans concertation continuent de soulever les plus grandes inquiétudes. On retiendra aussi l'autorisation d'ouverture de centre-commerciaux le dimanche. A force de frapper sur des économies fragilisées, surtout au nom d'un projet mal conçu de revitalisation du centre-ville. Bref, comme on dit : ni fait, ni à faire. 

Voilà le contexte. L'avantage d'avoir invité Martial Bourquin, c'est que celui-ci a pu faire part de son expérience d'homme de terrain et d'homme de loi. Si à Evreux comme à Louviers le centre ville et le commerce souffrent, le phénomène n'est pas local mais national. L'un des phénomènes les plus marquants du développement commercial de ces dernières années a été la création de grandes surfaces en périphérie. Ce modèle est aujourd'hui dépassé par la livraison internet et révèle ses conséquences désastreuses des points de vue écologique et social. Grandes surfaces laissées à l'abandon, quand elles sont supplantées par d'autres, plus neuves. 
Le projet de loi propose d'agir là où ça fait mal. Il y a deux points essentiels : la fiscalité et l'aménagement des zones. 
Si les zones s'implantent à l'extérieur des villes c'est parce que le prix du m² est moins élevée, et parce que la fiscalité est moins lourde.  Le m² est moins cher parce qu'on ne vit pas et qu'on ne construit pas sur ces terrains jusqu'alors destinés  à l'agriculture. Il faut donc en surenchérir le coût et c'est ce que prévoit le projet de loi en contraignant les aménageurs de zone à payer leur remise en état pour l'agriculture et en leur faisant payer des taxes équivalentes à celles que payent les commerçants du centre des villes qui verraient, eux leurs taxes diminuées. 
Très belle idée à la vérité, qui ferait le contraire de ce qu'avait fait Debré à Evreux qui s'était débrouillé à créer une zone franche (la zone des Longs Buissons près de la Madeleine) qui a fait fuir du centre d'Evreux non seulement les commerces mais aussi notaires, avocats et surtout professions médicales. Une catastrophe sur laquelle il est difficile de revenir en l'état actuel des choses. Espérons que les propositions de bon sens proposées par Martial Bourquin seront retenues. La première étape sera le passage de la proposition de loi au Sénat. 
Reste que la loi ne peut pas tout résoudre. Martial Bourquin a su rappeler ce qu'il a pu faire en tant que maire de d'Audincourt, une commune de 15.000 habitants à proximité de Montbéliard. Bien sûr, chaque situation est différente et Audincourt n'est pas une ville-centre, à l'image d'Evreux ou Louviers. Mais il est sûr que ces communes ont des leçons à tirer de l'expérience d'Audincourt, même si, à Louviers comme à Evreux, l'action de la gauche au pouvoir n'a fait qu'entériner les pratiques municipales de Martial Bourquin. 
Louviers, par exemple a réussi a amener des habitants dans le centre ville grâce à une politique ambitieuse de logement sous la municipalité de Franck Martin. Cela a été possible grâce à la détermination du maire mais aussi par le fait qu'il a géré la ville pendant plusieurs mandats parce qu'une politique du logement se mène sur le long terme. 
Mais la vitalité d'un centre-ville ne dépend pas seulement de l'habitat. 
Il faut aussi que la politique municipale soit, bien sûr attentive,  au commerce. 
Ainsi le contre-exemple donné à Evreux où la création d'une zone franche à la périphérie de la ville a vidé le centre-ville de ses médecins, professions notariées et autres avocats qui ont préféré s'installer là où ils pourraient payer moins d'impôts, soulignant ainsi les effets pervers de la mesure de défiscalisation. Autre mesure, le fait de mettre fin à l'aménagement de zones de transports en commun.  
A Louviers, le maire a permis l'ouverture de grands magasins le dimanche, privant ainsi de clientèle le centre-ville à un moment clé. Mais la vitalité du commerce ne dépend pas que de l'attention portée au commerce lui-même.
Le rôle de la municipalité est essentiel. Si le maire sait être à l'écoute des commerçants, des habitants, s'il est capable d'insuffler une logique de confiance, s'il est surtout dans une volonté d'animation, c'est à dire de donner une âme à sa ville, alors le cœur de ville vivra, et ce bien davantage encore qu'en refaisant le macadam. La ville doit avant tout être un lieu de vie et de culture, le reste viendra à la suite. 
Au delà du conseil à suivre, la question du centre sera une question centrale lors des prochaines échéances électorales partout où le coeur des villes montre des signes de faiblesse, voire d'extinction.

On notera l'importance donnée au rôle du maire par Martial Bourquin au détriment de celui pris par l'intercommunalité.
Image tristounette de la "fête de Louviers", désespérément
vide de chalands, malgré un temps magnifique. C'est comme
si Priollaud faisait tout pour ternir l'image de notre ville. Il
y a urgence à agir
Étrange pour le maire d'Audincourt, commune elle même située au cœur d'une agglomération, mais après tout, pourquoi pas. Son action en tant que maire d'une commune sans doute riche a sans doute permis de mener une politique efficace et appréciée. Au delà de l'animation de sa ville, et du poids de l'animation culturelle, il a notamment eu une initiative très intéressante en faisant racheter par la ville des commerces à l'abandon pour les relouer à vil prix à des nouveaux commerçants. L'exemple a été mis en parallèle avec celui de Mme Coussens, commerçante historique d'Evreux, placée devant l'incapacité de revendre son activité depuis trois ans, ce qui situe l'état du marché. Elle a alors décidé de reprendre l'affaire qu'elle avait décidé de céder et d'en louer une partie à des start-ups en mal de locaux. Voilà donc le paradoxe : permettre à l'activité économique de repeupler et d'animer le centre des villes, une expérience à suivre, à n'en pas douter, menée par le biais de l'initiative privée, mais cohérente avec les actions publiques menées par ailleurs.
Pour autant, même s'il faut vanter les volontés municipales, en particulier lorsque les communes ont les moyens matériels et humains pour agir, il ne faut pas négliger, loin de là les intercommunalités. D'abord parce que, même si le cœur de la cité touche d'abord la commune, sa vie a un retentissement sur l'ensemble des collectivités alentours. La cohérence de l'action et la coopération face à ce type de problème est indispensable et a donné des résultats, notamment à Louviers et à son agglomération, où l'activité commerciale est devenue une compétence intercommunale par la volonté de Franck Martin tout en donnant des résultats intéressants, malgré quelques oppositions. 
Ce qui est certain, c'est que la situation économique et commerciale dans la zone de Louviers a connu une magnifique embellie grâce à l'action de Franck Martin ... mais que la politique de Priollaud remet gravement en question. En témoigne la première étude de l'Insee qui place Louviers en phase de recul récent 
Une étude aussi récente qu'inquiétante pour Louviers : la ville et son
agglomération sont victimes d'un décrochage récent. Vivement demain,
comme disait l'autre. Louviers a besoin d'un bon maire










vendredi 3 octobre 2014

territoire et décentralisation

Contribution à la réforme des territoires



La photo ne date pas d'hier, mais  le débat a été si prenant que je n'ai pas pensé
à en prendre. Encore merci à Patrice Yung d'avoir animé et éclairé le débat.
Le café radical consacré le jeudi 2 octobre au thème de la réforme territoriale en cours, et sa mise en perspective avec la décentralisation a été passionnant et riche.



La constitution des territoires est toute récente dans notre histoire démocratique, quand bien même elle recèle un certain nombre d'archaïsme. C'est cependant là qu'il faut chercher la voie de sa modernité. Certes, les communes ont été construites sur la base des paroisses moyenâgeuses, elles même héritières de la construction de la chrétienté, elle même chaussant les souliers de la centralisation du pouvoir romain  ... mais là n'est pas l'important.
Après tout, les pouvoirs locaux ont souvent su, au cours de l'histoire, se faire entendre du pouvoir central.
Rappelons qu'au départ, les départements ne sont pas une conception démocratique, mais sont l'outil du pouvoir révolutionnaire pour s'imposer sur le territoire national.
Les Régions actuelles sont plus récentes encore. Elles non plus n'ont pas été faites dans un projet démocratique, elles reprennent grosso modo leur délimitation fixée par le régime de Vichy et leur rôle n'est pas clairement identifié.
En fait, c'est la grande réforme de 1982 qui va réellement permettre aux collectivités locales leur fonctionnement actuel entre communes, département et Région. Un peu plus tard, la gauche encore fera une réforme majeure en développant l'intercommunalité à qui elle donnera bien plus qu'une simple mission de coopération : une mission de territoire.
C'est tout cet équilibre auquel s'attaque aujourd'hui le gouvernement et c'est tout l'objet du débat qui a passionné les participants du café radical, auquel participait d'anciens maires, d'anciens élus, des élus et de simples citoyens.
Le moment semble très mal choisi pour faire une réforme d'envergure. Cela fait penser à la réforme de la taxe professionnelle faite par Nicolas Sarkozy et qui lui a d'ailleurs permis pour la première fois de faire passer le Sénat à gauche. On n'entame pas à mi-mandat un tel projet sur un tel sujet, dur à comprendre pour le citoyen moyen, lorsqu'on dirige un gouvernement impopulaire dont on sait que chaque mesure sera soumise à caution.
L'argument majeur que l'on a entendu jusqu'à présent autour du projet est que le fonctionnement des collectivités locales coûte trop cher. Si ce point de vue soi peut s'entendre ... il est toutefois politiquement nul. Le problème est beaucoup plus de savoir ce dont nous avons besoin comme système démocratique, quitte à le rendre plus performant par la suite, que de déclarer tout de suite qu'il est trop cher. On ne peut pas dire à la fois que les élus sont trop éloignés de la population et en diminuer le nombre a priori.
À cet égard, méfions-nous des éléments statistiques visant à démontrer que les collectivités locales sont par essence dépensières, ont multiplié leur recrutement sans se soucier des deniers publics. Rappelons que l'État s'est délesté de ses dépenses tout en confiant aux collectivités locales de nouvelles compétences et que cela s'est naturellement traduit par des recrutements et des dépenses supplémentaires. Pourquoi l'État  a fait comme ça ? Par ce qu'il savait qu'il était mauvais gestionnaire, certes, mais il était évident de même que les collectivités locales allait aussi répondre à la pression de leurs électeurs en construisant des équipements de qualité. 
C'est grâce à la décentralisation que la France possède des équipements de qualité, un réseau routier amélioré, de beaux lycées, de belles piscines et va développer l'accessibilité de ses services aux handicapés par exemple. Tout cela a un coût, et a en grande partie été réalisé grâce au pouvoir décentralisé des collectivités locales. 
On peut s'offusquer, face à cela du nombre de fonctionnaires, de la qualité du service rendu. Mais n'oublions pas que la fonction publique territoriale, est la plus récente des fonctions publiques, qu'elle est aussi la plus moderne et la plus souple, quand bien même, bien entendu, l'amélioration de son fonctionnement est toujours nécessaire. Mais nous avons là une ressource humaine très réactive, apte à répondre au besoin social ainsi qu'à la pression des élus locaux et qu'on ne retrouve pas dans les services de l'État.
Maintenant, si l'on doit répondre aux besoins impératifs de restriction de la dépense publique, faisons-le ! Mais sans jamais s'embarrasser de préjugés, ni oublier les raisons qui ont amené à la responsabilité des collectivités locales dans la part prise dans ces dépenses. Que l'État centralisé ne s'exonère pas non plus de ses responsabilités.
Venons-en maintenant aux diverses structures décentralisées.

Les communes

Il y a 36.000 communes en France. C'est trop ? Sans doute. Le problème n'est pas d'ailleurs leur nombre que de savoir à quoi elles servent. Alain Tourret, très justement, donne en exemple négatif, le fait qu'il ait eu à inauguré près d'une dizaine de mairies nouvelles dans sa circonscription deux ans après avoir été élu député. Effectivement, c'est la marque de collectivité sans autre projet que de se maintenir elle-même. Le maire n'a souvent plus de pouvoir et c'est tant mieux. En même temps, il convient de prendre en compte deux aspects
  • Le premier, la participation à la décision collective et la citoyenneté. 36.000 communes, cela fait plus de 360.000 élus.
  • Le deuxième, c'est le dévouement des élus et des maires en particulier, sans cesse sollicité pour toutes sortes de problèmes.
On peut aussi noter pour les communes de plus de 1.000 habitants que la nouvelle loi, imposant des listes paritaires a multiplié le nombre de candidatures et un vrai intérêt pour la vie locale.
On ne peut nier cependant l'aspect pervers d'un découpage communal ancestral qui n'est plus lié à un bassin de vie. Le terrain organisé autour de réalités agricoles, est devenue une terre d'abri pour des urbains lassés ou rejetés de la ville, exigeant de plus en plus de services publics auxquels ils ont été habitués. On ne peut nier, de même la concurrence parfois mortifère entre communes, dont il serait nécessaire qu'une décision étatique impose la fusion, tant elles représentent un même bassin de vie.

Les intercommunalités

Au départ, elles avaient pour but de répondre aux besoins évoqués plus haut, tout en respectant les pouvoirs locaux. Ont elles répondu au projet ? Oui. A présent, tout le territoire national est couvert d'intercommunalités. Il n'y a plus de dent creuse. L'intercommunalité, certes coûteuse, s'est traduite souvent par une dynamisation du territoire et l'arrêt de la concurrence entre communes pour faire venir telle ou telle entreprise. Y a t il eu gaspillages ? Oui, bien sur. Chacun peut le constater en prenant ce qu'on appelait avant nos départementales et qui jalonnent notre belle France. L'intercommunalité a fait pousser les ronds points comme les champignons. Les ronds points sont les projets des intercommunalités sans projet. Elles sont cependant des territoires à redessiner et elles restent un outil d'avenir, car même lorsque le nombre de communes aura diminué, les mutualisations, les apports de compétences, la logique de fonctionnement en réseau qu'elles ont contribué à mettre en place restera indispensable...
Reste à envisager les toutes nouvelles intercommunalités qui ont pour nom métropoles et qui sont des éléments indispensables dans le cadre d'un rayonnement européen. Lesdites métropoles sont d'ailleurs le point de transition indispensable pour parler des départements.

Les départements

Cela ressemble à une farce. Jean Michel Baylet a fait état lors d'un comité directeur de pré-débat parlementaires en disant que l'Etat voulait supprimer les conseils généraux mais pas les départements ! En fait cela voulait dire supprimer des instances élues qui ont effectuée un travail extraordinaire, notamment parce que ces instances une fois passées de droite à gauche (rappelons nous l'époque pas si lointaine où la gauche avait une vingtaine de départements, et qu'elle y est à présent majoritaire) ont su se moderniser et répondre aux attentes de l'État.
Mais cela veut dire aussi supprimer la notion de contre-pouvoir instituée par la décentralisation ! Alors que le préfet co-présidait le conseil général, la loi de 1982 a fait des collectivités autonomes, ce qui fait que face au représentant du gouvernement, il y avait un représentant de la population. Cette démarche nouvelle, moderne, nous accompagne depuis plus de trente ans.
S'il ne faut plus de département, il n'en faut plus non plus au niveau de l'État  ! La numérisation du territoire doit là aussi permettre des économies et une nouvelle logique de fonctionnement, privilégiant des rapports humains de qualité changeant l'image du fonctionnaire à lustrine protégé par un guichet.
Reste à démontrer, après tout ce qu'on a demandé et obtenu des collectivités locales, que les départements sont inutiles. Sans doute la revendication radicale de maintien des départements ruraux a tout son intérêt. La numérisation des territoires ne doit avoir pour but que d'améliorer les rapports humains, développer les implantations de petites et moyennes entreprises, elle ne doit pas viser à se substituer à l'humain sous peine d'échec retentissant.

Les Régions  

On a parlé des régions de la pire des façons. On en a parlé en premier alors qu'il aurait fallu en parler en dernier. Je ne vois qu'une réussite pour l'instant : la réunification de la Normandie, vieille revendication radicale. Justement, revenons sur ce point :
ce qui avait amené à la division de la Normandie était la crainte de voir s'imposer une vraie région, sur la base des provinces ancestrales, de celles qu'avait dû combattre le pouvoir centralisé.
Pourquoi, alors que cette crainte n'est plus justifiée et qu'il faut aller vers un vrai pouvoir des régions, ne pas donner la réalité à la Bretagne et créer de régions à l'identité solide. Mais la question fondamentale n'est pas celle du découpage, que l'on contestera toujours. elle n'est pas la question de l'identité. Elle est la question du pouvoir des régions et de ce que nous devons obtenir dans le cadre d'une vision fédérale. Certes, il est logique que l'enseignement soit une compétence régionale du collège à l'université, mais ne pouvons pas envisager une remise en cause de l'Education Nationale et de faire en sorte que le mammouth sache s'organiser régionalement, d'une manière souple et moderne. Tant qu'à redessiner les régions en provoquant des hurlements, autant se poser clairement la question d'un État fédéral. Tel est à mon avis, la mission politique des radicaux.







 

mercredi 9 avril 2014

Sur la route du déclin

Louviers aura vécu pendant 19 ans un développement exceptionnel.

Certes, cette activité est en partie due au contraste opéré entre l'équipe Proust, qui a géré la ville en pie crevée pendant 12 ans et le travail de l'équipe de Franck Martin, qui a non seulement dynamisé la gestion municipale, mais a été à l'origine de la création d'un territoire qui a abouti à la réalisation de la communauté d'agglomération qui regroupe 38 communes.
Rien de tout cela n'aurait été possible sans Franck Martin, sans son exigence, sans sa capacité à s'opposer aux habitudes, aux idées reçues, aux renoncements si courants en politique. Le dynamisme de l'économie locale, la création de zones d'activités sur tout le territoire, le commerce vivifié, la requalification de la voirie, le développement du réseau de transports en commun, la construction de logements la création d'équipements de tout type : social, culturel, sportifs, techniques et administratifs tout cela est à porter au crédit d'une municipalité qui n'a eu pour seul critère que le bien de la ville et de ses habitants ...
Il est significatif que, lors de la campagne électorale, la fameuse carte devant localiser les équipements réalisés se soit révélée trop petite pour les y mettre tous et rester lisible.
A l'intérieur, comme à l'extérieur de la cité, cela, se voit, cela se sent, cela se sait, indépendamment du fait que nous avons perdu... mais nous reviendrons plus tard, à froid, sur les causes de cette défaite.
Avant de transmettre le pouvoir au nouveau maire, Franck Martin a rappelé la fierté qu'il avait eu de présider aux destinées de cette ville pendant près de 19 ans. Il  s'agit là un événement unique dans l'histoire de cette ville qui a tendance à se complaire dans les combats passionnés autour de la gestion municipale.
Sous l’œil attendri de la droite départementale, M.Priollaud
reçoit sa nouvelle écharpe de maire. Sera-t-il à la hauteur de
ses responsabilités ? 
Franck Martin a insisté, avant de laisser son écharpe de maire, sur le fait que la municipalité sortante laissait un grand nombre de projets, tous financés dans le cadre d'un budget qu'il appartenait à la nouvelle équipe de reprendre ou pas. Les finances de la ville sont, comme le reste de l'outil municipal, en bonne santé. Qu'on ne nous fasse pas le coup de l'héritage.

Une fois revêtu de l'écharpe de maire, François Xavier Priollaud a affiché la couleur : ce sera du gris. Son programme tient en trois lignes qui semblent mettre définitivement fin à toute ambition pour la ville.
  • La patinoire, bien entendu. Nous ne nous attarderons pas sur ce sujet, mais rappelons d'ores et déjà que cet équipement mal conçu par la municipalité Proust, doit sa survie au travail de l'équipe de Franck Martin ce qui lui a valu d'être le dernier équipement de ce type dans le département. Le fait que ce projet soit l'élément phare de la nouvelle municipalité en situe évidemment la limite.
  • l'entretien des bâtiments communaux. Projet tellement consensuel qu'il n'en est pas un et concerne au moins 36.000 communes en France.
  • La remise à plat du projet d'aménagement des rythmes scolaires qui devait être mis en oeuvre à la rentrée scolaire. Il s'agissait pourtant là d'un projet exemplaire, qui avait fait l'objet de la plus large concertation avec l'ensemble des partenaires, dont l'éducation nationale et la caf.
Louviers affiche son manque d'ambition au pire moment. Bientôt l'enjeu territorial, qui se jouera à la case aura le plus grand mal à afficher une dynamique face à l'effondrement annoncé des départements et à la métropole rouennaise qui saura se montrer ambitieuse pour tous.
C'est bien la première marche du déclin que  le nouveau maire de Louviers a descendu avec prudence. En l'absence de projet de ville, de projet de vie, en reniant toute ambition, nul ne sait jusqu'où nous mènera cette pente descendante.









vendredi 28 mars 2014

Toute la gauche et tous ceux qui aiment Louviers

Tous ceux qui aiment Louviers, toute la gauche, réunis dans
la salle Pierre Mendès France, pleine à craquer
"Au premier tour, on choisit, au deuxième on élimine", voilà ce proverbe républicain qui prend toute sa force à quelques heures du deuxième tour de l'élection municipale à Louviers.
C'était le sens de la réunion publique à Louviers qui a pu montrer qu'au delà de ses multiples nuances, la gauche pouvait se rassembler, et réunir au delà d'elle, comme l'ont rappelé les orateurs de la tribune.
Franck Martin a rappelé l'incroyable tour de passe-passe que constituait la fusion des deux listes de droite, qui ont pour seul point commun de n'avoir pu, en quelques mois de campagne, sortir une seule ligne de programme cohérent. Incroyable. Ils ne savent pas qui ils sont, ayant choisi de se présenter sans étiquette.
Sans étiquette ! Alors que l'une des tête de liste arborait fièrement le soutien de l'Ump au premier tour. L'espace d'un week-end, voilà l'étiquette disparue. Un grand mystère ! 
La liste de gauche, elle, a toute sa cohérence. Elle ne s'est pas construite entre deux tours, elle n'est pas la réunion de clans, mais de lovériens au service de leur ville et de leurs valeurs.

La gauche rassemblée

Toute la gauche était là. 
Jean-Luc Lecomte, secrétaire
départemental du PCF
Jean Luc Lecomte, secrétaire départemental du Parti communiste français, a rappelé ses divergences avec l'action gouvernementale, mais il a aussi rappelé le choix républicain qui veut que face à la droite unie, la gauche doit être rassemblée afin d'éviter les catastrophes annoncées à Vernon et aux Andelys. Certains communistes ont fait alliance avec le Npa, et même si la tête de liste s'entête à ne pas faire la différence entre la gauche et la droite, cela ne saurait être le cas des électeurs, ni des partis responsables.



Laetitia Sanchez, secrétaire régionale
d'Europe Ecologie Les Verts

Les écologistes, par le biais de Laetitia Sanchez,  ont rappelé le travail immense réalisé, notamment par le biais de la communauté d'agglomération en ce qui concerne l'environnement, la qualité de l'eau, le développement des transports en commun.  Franck Martin, au sommet des préoccupations écologistes, a toujours été accompagné de conseillers écologistes depuis 18 ans.




Marc-Antoine Jamet, secrétaire fédéral
du parti socialiste

Marc-Antoine Jamet n'a pas caché les divergences ou prises de bec qu'il a pu avoir avec Franck Martin, en tant que maire de Val de Reuil. Mais il a par là même rendu hommage à celui qui savait défendre ses dossiers et ne cédait devant personne pour une cause qu'il pensait juste pour sa ville ou pour ses valeurs. L'attelage anti-Martin est grotesque. En se présentant sans étiquette, ils veulent solder la ville !

Ceux qui aiment Louviers

Mais il n’y avait pas que la gauche à entourer Franck Martin. Il y avait aussi de nombreux maires de l’agglomération venus en tant que tels Hervé Letellier, Yves Lanic, Richard Jacquet, Guillemette Nos, Jean Pierre Auger, et des représentants de communes environnantes qui étaient là pour rappeler que sans le travail de Franck Martin, il n’y aurait pas eu de communauté d’agglomération, et que cet apport, ce travail en commun avait profité à toutes les communes de la Case et aux lovériens en particulier.
Jean Louis Destans, député,
président du département 
C’est ce que finalement ont conclu Jean Louis Destans, président du département de l’Eure et Nicolas Mayer Rossignol, président de la Région Haute Normandie.
L’un comme l’autre ont parlé de poids du territoire de l’agglomération créé par Franck Martin dans les grandes structures départementales et régionales. Bien sur, Jean Louis Destans a évoqué sa première venue à Louviers, lors même qu’il venait d’être élu à Pont Audemer. Son œil extérieur lui permettait de souligner à quel point la ville s’était transformée et embellie. 
Nicolas Mayer Rossignol, président
de la Région Haute-Normandie
Nicolas Mayer Rossignol soulignait, lui, à quel point le travail réalisé dans le cadre du 276, qui permettait la réalisation de projets à l’échelon départemental et régional prenait un relief tout particulier autour de Louviers et du travail exemplaire de sa communauté d’agglomération.

Le mot de François Loncle

Comme l'a dit François Loncle, le député qui suit l'évolution de la
François Loncle est à présent le
meilleur soutien de Franck Martin,
quelqu'aient été les divergences entre
les deux hommes. 

ville depuis 40 ans : "L'équipe de Franck Martin est belle, je suis fier d'être le dernier"... Il sait tout ce que Franck a apporté à la ville qu'ils aiment, quelles qu'aient été les divergences entre eux. Il y a l'indéniable.
François Loncle, a cité Pierre Mendès France pour rappeler que le fameux sans étiquette était l'autre nom pour la droite, et parfois la droite la plus dure.


Les jeunes électeurs ont du mal à saisir depuis
que nous avons arraché notre ville des mains
d'une droite extrême qui avait laissé
cette ville exsangue ... Franck Martin
La conclusion pour Franck Martin n'en était que plus aisée. Il ne faut pas laisser dans les mains d'incompétents, qui n'aiment ni ne connaissent leur ville, qui ne connaissent pas le B.A. BA du fonctionnement d'une collectivité, et qui en partent à l'assaut avec les principes les plus mauvais qui soient, qui rêvent d'en faire un petit Neuilly ou un Issy les Moulineaux, des villes de riches où ni les pauvres ni les classes moyennes n'ont leur place ... Bref un utopie réactionnaire, à l'opposé du Louviers qu'on aime, qui offre une place pour chacun dans une ville vivante.

Une très belle soirée, chaleureuse, qui a donné tout le dynamisme nécessaire à ceux qui se battent pour faire gagner Louviers et la gauche avec Franck Martin.
A dimanche !














mardi 11 mars 2014

Petite promenade dans l'agglomération à 11 jours du premier tour.

Il ne s'agit pas de faire une présentation critique des diverses candidatures sur le territoire de la Case, malgré tout, à quelques 10 jours du premier tour, j'ai jugé intéressant de faire un relevé exhaustifs des diverses candidatures dans les 37 communes de l'agglomération.
En préambule, je tiens à faire part de la difficulté que j'ai rencontré pour les candidats des communes de moins de 1.000 habitants dont le nom a été déposé en préfecture. Celle-ci les a enregistré par nom et pas par liste.
Je demande par ailleurs toute indulgence en cas d'erreur et prie les personnes concernées ou intéressées, de me les faire connaître. Je corrigerai illico.
Voilà donc la liste des listes, qui permettra d'y voir un peu plus clair en ce qui concerne les enjeux à venir pour le territoire.
A priori, à considérer tout de même :
Dans les 37 communes de la Case, 23 n'auront pas le choix où seule une liste sera présente.
A souhaiter que partout le débat soit de bonne tenue, avec pour premier souci l'intérêt collectif et un intérêt pour le vaste territoire de l'agglomération, sans lesquelles les communes sont peu.
Bonne chance à tous et que le meilleur gagne !


Listes en présence sur la communauté d’agglomération Seine-Eure

Communes de plus de 1000 habitants

Acquigny, trois listes :


Michèle Lecesne, maire sortant, Générations Acquigny

Florent Simon, Oser Acquigny autrement,

Stéphane Sauvan, Pour l’avenir d’Acquigny, avec Pascal Fichaux en 3e position

 

Alizay

une seule liste, menée par Gaëtan Levitre, maire sortant

Andé

 une seule liste, menée par Jean-Marc Moglia, maire sortant

Criquebeuf-sur-Seine

une seule liste, menée par Thierry Delamarre, maire sortant

 

Les Damps,

 une seule liste, menée par René Dufour, maire sortant

 

La Haye Malherbe, deux listes :

 

Hervé Letellier, maire sortant, Construisons notre avenir ensemble,

Guy Auzoux, conseiller général, La Haye Malherbe, l’affaire de tous

 

Igoville, trois listes


Sylvie Blandin, Liste d’union et d’action, avec Gérard Saillot, maire sortant en 6e position

Sylvie Lefebvre, Ensemble pour Igoville,

Thomas Lerat, Igoville dynamique et solidaire, menée par

 

Incarville, deux listes


Alain Lemarchand, maire sortant Bien vivre à Incarville,

Leslie Cléret, conseillère générale, Agir pour réunir Incarville,

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Léry, 4 listes


Jannick Léger, conseillère générale, Léry, une identité, un avenir,

Katy Legendre, Bien vivre ensemble,

Jean-Yves Calais, Notre parti c’est Léry,

Anne-Gaëlle Méreaux, Vive Léry

 

Louviers, 5 listes


Franck Martin, maire sortant, Bravo Louviers, avec Patrice Yung, président de la Case et François Loncle, député

François-Xavier Priollaud, Réussir ensemble : Louviers 2014

Anne Terlez, Louviers Alternative

Ludovic Larue, Louviers bleu marine, liste du front national,

Philippe Thouement, La gauche qui lutte, l’écologie qui se se bat, le citoyen qui décide

 

Le Manoir,

une seule liste, menée par Jacqueline PONS, maire sortant

 

Montaure, deux listes


Jacky Fleith, maire sortant, Montaure Horizon 2020

Martine Pioline, Montaure, c’est vous, c’est nous, agissons ensemble

 

 

Pitres, trois listes


Jean Carré, maire sortant, Pîtres un village pour tous

René Dréan, Pîtres d’abord

Florence Lambert, Pîtres, Avenir dynamique et solidaire

 

Pont de l’Arche, deux listes


Richard Jacquet, maire sortant, Questions d’avenir

Hervé Lour, Pont de l’Arche ensemble, avec l’ancien maire Dominique Jachimiak, sur la liste

 

 
 
 
 
 
 

Poses,

une seule liste, menée par Didier Piednoel,

 

Le Vaudreuil,

une seule liste, menée par Bernard Leroy, maire sortant

 

Saint Pierre du Vauvray, deux listes


Alain Loeb, maire sortant, Tous pour Saint-Pierre

Jérôme Bourlet de la Vallée, Avançons ensemble

 

 

 

Val de Reuil, trois listes


Mickaël Amasalem, Générations Val de Reuil

Marc-Antoine Jamet, maire sortant, La vie ensemble, une ville d’avance, pour Val de Reuil, en 2014, continuons ensemble

Pascal Gébert, union pour la démocratie locale

 

 

 

Communes de moins de 1.000 habitants


Dans ces communes, si les candidatures doivent être déclarées en préfecture, mais celles-ci sont individuelles, même si elles sont déposées par liste, ce qui rend difficile la lecture des situations.

Essayons cependant.

Amfreville sous les Monts


Deux listes, dont celle d’Yves Lanic, maire sortant

 

 
 
 
 
 

Amfreville sur Iton


Une liste, celle de Marie-Joëlle Lenfant, maire sortant

 

Connelles


Une liste, celle de Pierre Mazurier, maire sortant

 Crasville


Une liste, celle de Jean-Michel Derrey, maire sortant

 

La Haye Le Comte


Une seule liste, Jean-Pierre Auger, maire sortant, ne se représente pas.

 

Heudebouville


Une seule liste, celle d’Hubert Zoutu, maire sortant

 

Martot


Deux listes, dont celle de Daniel Lafillée, maire sortant. Il a face à lui son premier adjoint.

 

Le Mesnil Jourdain


Deux listes, dont celle de Guillemette Nos, maire sortant


Pinterville


Une seule liste, celle de Didier Dagomet, maire sortant

 

Portejoie


Deux listes, dont une en opposition à celle du maire sortant  Jean-Roger Godement

 

Quatremarre,


Une seule liste, dont celle de Pascal Lemaire, maire sortant

 

Saint-Etienne du Vauvray


Une seule liste, dont celle de Dominique Delafosse, maire sortant

 

Surtauville


Une seule liste, le maire sortant, Jacques Laroche, ne se représente pas

 

Surville


Une seule liste, celle d’Alain Renault, maire sortant

 Tostes


Deux listes, dont celle du maire sortant Maryannick Deshayes

 

Tournedos


Une seule liste, celle d’Agnès Halbout, maire sortant.

 La Vacherie


Une seule liste, celle de Jean-Claude Courant, maire sortant

Vironvay


Une seule liste, celle de Jean-Claude Christophe, maire sortant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Andé