vendredi 22 janvier 2010

Toute puissante sous la burqa

Hafidha Ouadah a clairement expliqué dans son intervention toutes les ambiguïtés portées par la burqa. Elle a clairement évoqué le sentiment de toute puissance qui a bien évidemment choqué l'assistance.

On a effectivement tendance à expliquer le port de la burqa par dans le cadre d'une situation imposée par des maris ou des pères intégristes. Ce n'est pas toujours le cas, comme la parabole d'Hafidha l'a démontré (pour relire la parabole, cliquer

ici).


La toute puissance ne s'explique pas seulement selon elle par le fait de choquer l'assistance, repliée dans une tour d'ivoire, elle ne vient pas seulement d'un accoutrement qui vous relie directement à un imaginaire en rupture. Elle ne vient pas seulement du fait d'avancer masquée, et de ne plus être menacée par une identité parfois difficile à vivre. Il se murmure aussi dans les cités que pour certaines femmes, le voile intégral est une manière de se refaire une virginité sociale et affective, et de faire oublier des réputations mal admises.

Au delà de tous ses aspects qui abordent la question de devenir l'inconnu de l'autre, de voir sans être vue, il y a aussi le fait que dans la tradition islamique, il est admis que seule les épouses du prophète sont voilées.. Précisément parce qu'ainsi, elles sont en contact direct avec lui et la divinité.

On peut comparer avec les bonnes soeurs chrétiennes qui ont choisi d'épouser Dieu en se coupant du monde.

Ainsi, les désirs sont gardés bien au chaud sous l'épaisseur du voile... éveillant et dominant toutes les curiosités.

Bien sur, Hafidha a bien expliqué aussi à quel point cette burqa devenait vite un enfer. Endossée parfois au départ comme un choix personnel elle devient rapidement un chemin de croix, pour rester dans la comparaison souvent inadéquate entre chrétienté et islam. Les larmes d'Hafidha sortant de sa poche le setar, voile double ou triple qui couvre le visage sous le niqab, montraient à l'évidence l'ambiguïté de cette toute puissance.

La burqa est un voile qu'on ne peut pas retirer ou remettre comme on veut. Selon Hafidha celles qui ne le portent plus sont incapâbles de le remettre. Il s'agit d'une rupture définitive. La burqa, choix libre parfois à l'origine, devient à terme une prison.

Il ne faut jamais oublier non plus à quel point la burqa, choix libre chez nous, est imposée ailleurs, notamment chez les taliban afgans, ceux qui veulent empêcher l'accès des petites filles à l'école ... voir à ce sujet l'excellent article d'Elisabeth Badinter reproduit ci-dessous.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Il faudrait inviter toutes les femmes voilées à un gôuter entre femmes voilées, et voir si elles ne vont pas finir par retirer le voile parce qu'elles ne pourront pas se reconnaître.
Les ateliers d'insertion, une solution ? même si ces femmes sont d'origine françaises parfois, elles ne semblent pas en accord avec la société et l'intégration dans leur propre pays, donc je suggère les ateliers d'insertion pour elles.

Olivier Taconet a dit…

Bizarre commentaire que le commentaire d'Anonyme.
Personne ne parle d'atelier d'insertion et la meilleure insertion, comme toujours, c'est le débat, l'école, le dialogue et la télé... Voilà le vrai refuge contre l'intégrisme, l'exclusion et l'isolement.

Anonyme a dit…

Justement, personne ne parle d'atelier d'insertion, mais on le fait bien pour les chômeurs, parce qu'on trouve qu'ils ont du mal à s'insérer dans la société, donc on pourrait aussi les proposer aux femmes voilées
J'ai oublié de signer l'autre commentaire "anonyme"

Sylvia Mackert

Anonyme a dit…

Si j'ai parlé d'insertion, c'est que la burqa va dans le sens de l'exclusion volontaire (ou pas) de notre société.
Dommage que Mme Adam ne soit plus là, elle avait bien travaillé pour l'insertion des exclus à Louviers.
Il faudrait le même type de stage pour les femmes voilées, afin qu'elles apprennent la vie en société et à connaître leurs droits et devoirs (ateliers vie citoyenne), car ces femmes ne vont plus à l'école et regardent-elles la télé ? Jusqu'où va leur isolement et leur exclusion ?
Et le rôle des travailleurs sociaux ?
Café radical permet de discuter autour d'un café, donc j'ai pensé qu'autour d'un repas en commun, la discussion pourrait se faire, mais pas forcément dans le domaine politique, mais plutôt social.
N'y aurait-il pas des volontaires parmi le personnel des travailleurs sociaux du département ?
Franck Martin a bien invité les habitants des Acacias à un réveillon citoyen en 2005, il me semble, afin de calmer les émeutes de l'époque.

Sylvia Mackert

Olivier Taconet a dit…

L'action municipale est nécessaire et indispensable .... mais elle ne dispense pas du débat politique... Le café radical ne résoud pas les problèmes, il les expose du mieux qu'il peut en favorisant l'écoute. Pour ma part, je pense que les ateliers d'insertion sont indispensables à tous et pourraient se faire dans une politique nationale de service civique. c'est un débat à lancer.

Anonyme a dit…

café radical ne résoud pas les problèmes, c'est bien vrai, donc ce sont les élus qui voteront pour ou contre une loi.
café radical lance les débats, mais ne peut rien changer, si j'ai bien compris.
Alors à quoi sert café radical ? juste à parler sans résultat ?

Sylvia Mackert

café radical a dit…

A Sylvia ...
Las, si le café radical ne servait à rien, le maire de Val de Reuil n'aurait pas pris la peine d'empêcher sa tenue sur son territoire.
La parole libre, la liberté de parole, la capacité critique sont essentielles dans une société évoluée et sont essentielles pour l'évolution de la société.
Tout ce qui favorise l'échange, valorise l'intelligence.
La formule que j'ai donné du projet du café était au départ celle-ci : "si tu me donnes une chose et que je te donne une chose, alors nous avons chacun une chose. Mais si tu me donnes une idée et que je te donne une idée, alors, nous avons chacun beaucoup plus que deux idées, mais l'idée que nous avions eu, l'idée nouvelle que nous adoptons et les idées données par le mélange de nos idées.
Le café sert d'abord à s'enrichir... plus surement que le loto... et c'est ce qui fait que les participants sont de plus en plus nombreux...
Signalons enfin les propos de la députée Chantal Rodrigo, enchantée du débat : je vais utiliser dans mon travail ce que j'ai entendu ce soir.

Anonyme a dit…

alors parfait, si le débat peut faire avancer les choses.

Sylvia Mackert

Anonyme a dit…

http://www.afrik.com/breve18512.html

cette histoire risque de déraper, on menace un imam de mort parce qu'il est contre la burqa

Sylvia Mackert