dimanche 24 janvier 2010

Après le débat, le point du vue du café radical




Le parti radical de gauche est pour, la commission parlementaire est pour, Chantal Robin Rodrigo est pour, Hafidha Ouadah est pour, Denis Szalkowski est pour … Franck Martin est franchement contre (pour en savoir plus, consulter son blog en cliquant ici, Voltaire, réveille-toi, ils sont devenus fous) ... la Loi. Alors, alors, que dit le café radical ?



Le café radical fait parler tout le monde. Il ne dit rien, mais moi, je suis contre.



Pas par esprit de contradiction, mais je suis contre la loi et contre la burqa.



Le débat a montré que la burqa n’était pas seulement un instrument d’oppression.



Il est plein de choses. Il est une tenue provocante. A l’image des bikinis d’une époque, à l’image des seins nus sur les plages. Elle joue un rôle particulier dans une société française moderne, dans les rapports érotisés qui imposent une mise en danger de l’individu dans son rapport à l’autre.



La toute puissance ressentie par une porteuse de burqa en vaut une autre… elle permet de voir sans être vu, elle provoque l’interrogation, elle fait exploser les préjugés.



Elle nous est une insulte, certainement. Parce que nous ne supportons pas les atteintes à la liberté, parce que nous défendons la liberté des femmes. Parce que nous refusons l’hypocrisie des pratiques religieuses. Mais au nom de quoi allons nous l’interdire ?



Au nom de quoi ? On nous propose la sécurité ? Mais ce n’est pas au nom de la sécurité que la burqa est insupportable. Elle est insupportable au nom de ce qu’elle représente.



On a voulu établir dans les échanges sur les forums, sur les blogs une séparation entre excès de la religion musulmane et religion française. J’ai lu quelque part que le ku-klux-klan n’avait pas repris à la religion chrétienne son vêtement identitaire. C’est faux. On a le même dans la fête de la Sanch en pays Catalan, elle est une reprise des vêtements des tortionnaires de l’inquisition. Va-t-on interdire les processions en pays Catalan ?



En 50 ans, la France a vécu une évolution vestimentaire extraordinaire.



On est passé de l’interdiction de la barbe pour les garçons dans les lycées, de l’interdiction du pantalon pour les filles dans les établissements scolaires, à une liberté vestimentaire quasi-inimaginable pour tous ceux qui ont été jeunes dans l’après guerre. Cette liberté vestimentaire a été imposée par les jeunes et leur besoin de liberté.



Ce qu’Elisabeth Badinter reproche aux porteuses de burqa, ce n’est pas leur vêtement, c’est d’être irresponsables. C’est de ne pas savoir où elles vivent. Mais ceux qui défendaient Trotsky et les massacres de l’armée rouge, ceux qui brandissaient le petit livre rouge, ceux qui, à l’inverse défendaient les régimes communistes d’Europe de l’Est avant les années 80 étaient-ils sensibles aux rappels à l’ordre des défenseurs de la liberté ? Fallait-il interdire de brandir le petit livre rouge au prétexte de ce qu’il représentait comme oppression dans une large partie du monde ? L’humanité au prétexte qu’elle défendait le régime des goulags ?



Les radicaux font confiance à l’individu, ils ont foi aux valeurs de la république : la liberté, la fraternité, l’égalité …



L’égalité de la femme et de l’homme… Si des hommes veulent opprimer la femme, qu’ils soient condamnés. Les lois existent. Si elles ne sont pas assez précises, si elles ne signifient pas expressément qu’un homme doit être punissable d’imposer une tenue vestimentaire à une femme contre son gré, qu’il s’agisse d’une burqa ou d’une tenue de religieuse, alors peut être faut il renforcer l’arsenal législatif…



Si l’on doit préciser qu’un agent public peut exiger qu’un visage soit découvert pour exercer ses fonctions, qu’il s’agisse d’état civil ou de sécurité, alors qu’une loi l’impose. Mais n’allons pas plus loin.



La vraie lutte contre l’obscurantisme, contre l’ignorance, contre les pratiques sectaires, pour la liberté des femmes, elle viendra de l’action citoyenne et républicaine.



Il n’y a pas assez de république !



C’est ce que nous dit la burqa. Nous ne devons pas reculer devant les pratiques machistes, nous devons soutenir les jeunes filles et les jeunes gens en difficulté. Nous devons soutenir les actions associatives et lutter contre l’isolement. Mais jamais une loi ne nous protègera contre les démons réactionnaires. Elle est une lutte de tous les instants. La République, c’est le courage.



Olivier Taconet

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je pense qu'on peut utiliser des lois déjà existantes.
Les hôpitaux ont une charte de laïcité et dans les écoles il y a des réglements intérieurs.
Donc une loi pour interdire de se "déguiser" avec une burqa ne serait pas utile. La toutepuissance derrière la burqa, n'est qu'une faiblesse au fond, on se voile la face et on se trompe soi-même.
Aujourd'hui j'ai vu l'émission "Turbo" et un conducteur de deux chevaux s'est déguisé en soeur catholique pour la conduire, pour s'amuser tout simplement. ce serait également interdit, s'il y avait une loi.

Sylvia Mackert

Denis a dit…

Que tout cela me semble contradictoire et incohérent ! On ne peut pas être pour la République et laisser le camp religieux déborder dans la rue comme le font ces femmes instrumentalisées par des gens qui rejettent l'idée de la République !

Si la sécurité est l'argutie de ceux qui veulent la loi, la tenue vestimentaire est l'argutie de ceux qui ne la veulent pas.

Peut-on être républicain et autoriser la pratique du voile intégral ? Facile à se réclamer contre le voile et contre la loi. A chacun ses incohérences surtout quand on hérite de la culture radicale ! Mais qui n'en a pas !

Olivier Taconet a dit…

Mais non, la sécurité n'est pas l'argutie de ceux qui veulent la loi. Elle est le seul biais par lequel le conseil constitutionnel pourrait accepter une loi qui interdise le port de la burqa.
On peut changer la constitution. Mais dans quelle République serions-nous si elle nous dictait nos vêtements. Je dis pour ma part que la Loi peut fixer des normes relatives à l'égalité homme/femme, mais je ne refuse qu'une loi interdise à une femme ou à un homme d'exhiber sa foi, de renoncer à sa sexualité, ou de vivre sa névrose comme bon lui semble ... à partir du moment où cela ne nuit pas à autrui.
La burqa n'est pas que le signe de l'oppression islamiste. Elle est aussi un symptome d'un malaise dans la civilisation, pour reprendre le titre d'un ouvrage connu. Ce n'est pas une loi qui va changer cela.
Je suis contre la prostitution, mais je ne suis pas pour une loi l'interdisant.
L'histoire de soeur Sourire a montré l'horreur de ce que pouvait être l'embrigadement religieux... Mais faut-il interdire les congrégations religieuses, (parmi lesquelles figurent de sacrés intégristes qui ne veulent pas de bien à la république) ?
Je suis contre la prostitution, faut-il l'interdire ? C'est un débat. Je n'y suis pas favorable a priori.
Les valeurs de la République, le respect, la dignité, alliées à la liberté, l'égalité et la fraternité, continuent d'avancer. Elles continuent de bousculer heureusement les moeurs. N'oublions pas qu'elles sont majoritairement admises par la population, d'où le fait que celle-ci, que toi, que moi, sommes outrés par le comportement des porteuses de burqa. ESt-ce qu'une loi résoudra le problème ?
Je n'en suis toujorus pas convaincu.

Anonyme a dit…

Apparemment ils vont voter une loi pour l'interdire dans les services publics et à la sortie de l'école.


Sylvia Mackert