vendredi 14 octobre 2011

Le principe des primaires consacre François Hollande

Dimanche, plus de 2,5 millions de Français ont participé avec le parti Radical de gauche à la première primaire citoyenne, et plus rien ne sera comme avant.
A gauche comme à droite, le jeu politique est fondamentalement remis en question.
A droite c’est jusqu’au Président de la République qu’on a cru bon de faire des réflexions sur le système des primaires, qui, en effet, contribuent à la remise en cause de la 5e République … au même titre que l’action de Sarkozy lui-même, qui, en la matière a imposé la rupture avec un bonheur inégal il est vrai… mais passons.
A gauche, on note déjà, que quelque soit le candidat désigné dimanche, il l'aura été par une volonté qui dépasse celle du parti socialiste. En ce sens, Martine Aubry, candidate de l'appareil socialiste est déjà battue. Aucun des candidats du premier tour ne votera pour elle, à part elle-même.
Fut un temps où, pour gagner la présidence de la République, il fallait d'abord se livrer à des batailles d'appareil, gagner au congrès, passer des alliances, bourrer des urnes, s’assurer le soutiens de fédérations ou de courant, écraser ses adversaires dans le secret des structures, pratiques d'où la population était soigneusement tenue à l'écart... le tout couvert par un discours circonstancié…
Ségolène Royal a raison quand elle dit qu’elle a montré la voie du renouvellement de ces pratiques. Elle a montré la voie lors des présidentielles en 2008, et cette voie lui a été précisément été bouchée lors du dernier congrès de Reims où l’appareil unifié lui a barré la route.
Peine perdue ! Aujourd’hui, pas un des candidats qui se sont présentés à la primaire n’appelle à voter pour cellel qui représente l’appareil. François Hollande ne fait en fait que poursuivre la démarche entamée par son ancienne compagne.
En quelque Hollande est le Gorbatchev du PS… souhaitons-lui plus de succès personnel. Issu de l'appareil, il a su s'imposer en dehors celui-ci. Il a développé un réseau propre et se montrer capable de réunir sur des objectifs, sur une méthode et une personnalité.
Si François Hollande l'emporte, la fonction du parti socialiste sera fondamentalement remise en cause et avec elle la question de la gouvernance de la gauche ...
C’est là le sens fondamental de l’appel à voter massivement au second tour des primaires et à élire François Hollande, à même de procéder au rassemblement indispensable à la gauche et à la Nation.

8 commentaires:

Annie a dit…

pourrais tu nous rappeler combien de temps (d'années) Monsieur Hollande a ete la representation de l'appareil !?
je viens de lire l'article du nouvelle obs. si j'ai bien compris ils disent que la difference de leurs propositions n'est pas flagrante, alors pourquoi plus l'un que l'autre ! pourquoi appeler pour H? pourquoi pas laisser tranquillement le peuple choisir !
Et si DSK avait été là vous auriez appelé à voter qui ?

Sylvia Mackert a dit…

Il n'y a pas beaucoup de différences, ils sont du même parti, et c'est bien le problème des primaires, il aurait fallu différents partis et un candidat qui en ressort ensuite. Ici l'électeur doit voter entre socialiste et socialiste et ensuite c'est par affinités.
F Hollande est peut-être davantage ouvert au centre que M Aubry.
Bon, mais je n'ai pas voté au premier tour et je ne voterai pas au deuxième non plus. D'ici l'année prochaine il peut se passer encore beaucoup de choses, donc le programme devra éventuellement être ajusté à la réalité du moment par la suite. Entre aujourd'hui et dans un an, il peut se passer beaucoup de choses.

Les primaires un pas vers la 6e République ? trop tôt pour le dire, car cela peut également être un frein au progrès, quand on voit un peu les divisions que cela peut apporter.

Je trouve normal que le parti suive son président, qui est JM Baylet et je pense que c'est pour cette raison que vous appelez à voter pour F Hollande, mais l'électeur reste aussi libre de voter pour la personne de son choix. C'est ce que je me dis, j'ai la liberté de voter pour qui je veux ou pas voter du tout. Je n'ai aucune carte politique, donc aucune obligation morale de voter pour untel.

Olivier Taconet a dit…

Merci pour ces questions auxquelles je vais tenter de répondre.
Pour ce que j’en sais, François Hollande a pris la tête du parti socialiste après la victoire de la gauche en 1997, et la nomination de Lionel Jospin au poste de 1er ministre. L’arrivée de Hollande marque la victoire du clan Jospinien face au clan Fabiusien, qui se disputaient tous les deux l’héritage idéologique de François Mitterrand.
Ségolène Royal, sa compagne est ministre et ce couple va marquer la vie politique française jusqu’à aujourd’hui, mais d’une manière très paradoxale et en parfaite mésentente.
Bref, pour répondre à la question, François Hollande reste à la tête du PS jusqu’en 2007, date à laquelle il pense parvenir à la candidature à la présidence de la République … et là, arrive Ségolène Royal qui passe sous le nez de tout le monde et s’impose à l’appareil, et notamment à DSK et Fabius grâce au soutien populaire.
Suite à cela, il y a eu effectivement un accord entre Fabius, DSK et Martine Aubry pour reprendre en main l’appareil et empêcher la victoire de Ségolène Royal au congrès de Reims. Alors que tout le monde la donne en tête, y compris les radios, le dépouillement tardif des fédérations de Seine Maritime et du Nord, renversent la tendance. Je me souviens très bien m’être endormi avec Ségolène Royal à la tête du PS et réveillé avec Martine Aubry première secrétaire… Mais, c’est vrai, ce n’est pas la question.
Voilà pour l’histoire, la récente …
En ce qui concerne l’autre question, la réponse est bien plus difficile. Qu’aurais je fait si DSK n’avait pas provoqué un suicide politique unique dans l’Histoire de France et par nature imprévisible ? François Hollande aurait-il été candidat ? Et Baylet ? Et les autres ? Et, autre question, que se serait-il passé si Napoléon avait gagné à Waterloo ? Il et bien entendu impossible d’y répondre. Ce que je peux dire c’est que les radicaux auraient tout fait pour être présents ! Ce qu’on peut dire aussi c’est que le retrait brutal de DSK a changé complètement la donne dans la compétition politique en France et à sans doute rendu les primaires citoyennes beaucoup plus intéressantes, notamment parce qu’elle a permis de révéler des personnalités … parmi lesquelles celles de François Hollande qui avait effectivement construit sa candidature sans rien demander à personne.
Du coup, je passe à la deuxième question : le parti radical de gauche pouvait il se tailler des flûtes et ne pas choisir. Je ne le crois pas. Il y a toujours un choix à faire. C’est l’un des honneurs de la démocratie. C’est vrai, les programmes des deux candidats restants se ressemblent, mais leur candidature n’a pas le même sens. Ce sont tous les deux des personnalités remarquables… Leur engagement à gauche à la même valeur. Tous les deux respectent et se méfient des radicaux. On ne leur en veut pas pour ça. Simplement, il y a deux arguments majeurs, qui font peser la balance à mon sens envers François Hollande. Le premier, ça semble idiot, c’est qu’il est arrivé nettement en tête au soir du premier tour… et que cela lui offre une possibilité unique de rassembler la gauche … un élément quand même à prendre en compte, parce qu’il s’agit quand même de battre Sarkozy en fin de compte. Il ne faudrait pas l’oublier !
Le second, qui me semble être le plus pertinent et que je reprends dans l’article, est que la candidature de François Hollande s’est construite contre l’appareil et contribuerait à un renouvellement en profondeur de la gauche française. C’est ce que j’ai essayé de mettre en valeur dans mon article. C’est quand même passionnant de voir que dans l’Eure où tous les responsables politiques socialistes ont appelé à voter Aubry, c’est Hollande qui l’a emporté. Ce n’est pas pour moi un élément mineur. Cela offre des opportunités intéressantes pour une évolution du paysage politique local et d’éviter ce cloisonnement entre les appareils et la réalité des aspirations populaires. Une sorte de respiration nouvelle.
Voilà, une réponse un peu courte, un peu longue, qui demande sans doute d'autres questions...

Olivier Taconet a dit…

@ Sylvia ... Bien sur qu'on est libre, encore heureux ! Même l'adhétion à un prti n'empêche pas le débat ... et même le débat peut être dur ...d'autant qu'il est nécessaire. Il n'y a qu'une chose vraiment répréhensible, c'est de se taire quand on a quelque chose à dire...

Sylvia Mackert a dit…

je ne sais pas si j'ai réellement quelque chose à dire d'autant plus qu'on trouve que je m'exprime trop sur tous les blogs, donc je me posais la question à l'envers, est-ce répréhensible de parler trop ? lol, au fond je m'en fiche maintenant, j'essaie de prendre la vie du bon côté. Et c'est vrai que je n'avais pas la même analyse que vous. Et avoir DSK dans son camp a certainement fait du tort à M Aubry.

annie a dit…

tu parles que FH va rassembler 10 ans à la tête de l'appareil (je suis contente j'ai un nouveau mot je l'utilise...:))il n'a pas reussi je voudrai bien savoir comment il va faire!
Annie

Olivier Taconet a dit…

Je me réfère évidemment beaucoup plus à l'Histoire et aux possibilités offertes qu'aux capacités réelles ou supposées des individus.
François Hollande, de toute façon, ne sera plus à la tête du parti, quoi qu'il arrive et c'est tant mieux parce qu'il a besoin d'être renouvelé en profondeur s'il ne veut pas rester la proie de tous les conservatismes.
C'est en ce sens que la victoire de François Hollande occasionnera de facto une évolution du parti socialiste. Comme avec Lionel Jospin d'ailleurs.

Sylvia Mackert a dit…

"l'appareil", lol, mais c'est vrai, j'ai entendu dire qu'au PS il faut filer droit ! une des raisons pourquoi je n'ai pas eu envie d'adhérer et de faire de la politique. Je préfère émettre des idées que de les subir, autant que ce soit possible. Participation, pas soumission. Je vois aussi la religion autrement que certains avec leur "appareil" religieux ou institution religieuses. Donc pas facile pour moi de prendre une carte quelque part. Et parfois religion et politique ne sont pas compatibles, donc on fait son choix autrement, en n'adhérent pas aux partis, mais en participant autrement en donnant son avis sur tel ou tel sujet.