vendredi 18 mai 2012

Les candidats dans le département : halte au feu !

On avait jusqu'à vendredi soir 18h pour déposer sa candidature. Dans le département de l'Eure, les candidats sont les suivants ... 

Je vous les livre d'urgence avec quelques commentaires


La carte des circonscrptions dans le déaprtement, afin que chacun s'y retrouve
1ère circonscription: difficile



La première circonscription, qui couvre la moitié d'Evreux et va jusqu'à Verneuil sur Avre, est l'une des rares où un effort à été fait à gauche. Les Verts, devant le danger d'un deuxième tour entre la droite et le Front National ont accepté de retirer leur candidature. Dans cette circonscription Nicolas Sarkozy était arrivé largement en tête au premier tour devant le front national. C’est celle où la droite a fait le meilleur score dans le département (55% pour Sarkozy). Michel Champredon a agi avec sagesse, les Verts aussi.

(Étiquette politique, candidat et suppléant)

PRG Michel Champredon et Yves-MarieRivemale
UMP : Bruno Le Maire et Guy Lefrand
FN : Nathalie Billard et Sylvain Langlois
NPA : Jean-André Delabarre et Chantal Labiche
LO : Corinne Roethlisberger et Marie-Noëlle Huard
Le Centre pour la France Driss Ettazao et Cécile Grandon Millard
PCF Sandrine Cocagne et Thierry Desfresnes
CPNT Jean Lemoine et Marie-Ange Niel
régionaliste : Michel Vimard et Véronique Soulier
Parti de la France / Union de la Droite Nationale : Jérôme Delenda et Michel Delcayre


2e circonscription: jouable ...


La deuxième circonscription recouvre l'autre partie d'Evreux et va jusqu'à Conches. Nicolas Sarkozy était arrivé largement en tête dans cette circonscription où Marine Le Pen avait fait un bon score. La gauche était arrivé en 3e position, mais il est possible qu'une triangulaire puisse favoriser une élection à gauche.
(Étiquette politique, candidat et suppléant)


UMP Jean-Pierre Nicolas et Benjamin Maugy

PS Jean-Louis Destans et Elodie Desrues

EELV Ludovic Lesage et Catherine Fenault
Debout la République (DLR ) Mi-Heai Yun et Philippe Mathière
FN Emmanuel Camoin et Guy Plasse
LO Rosine Lewi et Philippe Rhazi
POI (Parti Ouvrier Indépendant) Sébastien Pasadovic et Laurent Criquet
PCF Valérie Beuriot et Laurence Chapelle
NPA Eric Marre et Viviane Lefebvre
Régionaliste URP (Union Républicaine Populaire : Lucat Jean et Christelle Indersie
Le centre pour la France Emmanuel Roussel et Martine Boissay-Lansard
Le trèfle Nadia Bousckri et Marie-Christine Gambu


3e circonscription: n'importe quoi !


C'est une circonscription qui semble promise à Hervé Morin... Pour autant, la gauche, et en particulier le PS avait ils besoin de se ridiculiser en présentant deux candidats PS ... ? N’était-il pas possible de négocier ? On va soit vers une élection d'Hervé Morin au premier tour soit à une deuxième tour Morin Front National ... Débile !

(Étiquette politique, candidat et suppléant)

Nouveau Centre : Hervé Morin et Marc Vampa

Front de Gauche Pascal Didtsch et Chantal Prévost
LO Yasmina Gharet et Philippe Pichon
FN Nadiejda Steffan et Serge Lemarinier
EELV Rebecca Armstrong et Frédéric Lamblin
Debout la République Annie Brunner et Christophe Crocicchia
PS Mélanie Mammeri et Michel Leroux
PS Francis Courel et Sophie Bigot
NPA Sylvie Favier et Thierry Martin


4e circonscription : probable ...


A priori, c'est la circonscription la plus facile pour la gauche... et là, peu de candidature dissidente ... alors que ça n'aurait pas géné ... Pour ceux qui, à Louviers, auraient été tenté par un vote au centre, on notera qu'Anne Terlez a choisi pour suppléant un opposant insipide mais constant à la municipalité radicale... dommage !



(Étiquette politique, candidat et suppléant)

PS : François Loncle et Bruno Questel

Nouveau Centre François-Xavier Priollaud et Pierre Aubinais

EELV Laetitia Sanchez et René Bodineau

FN Julie Barbier et Ludovic Larue

NPA : Sophie Ozanne et Didier Laforets

FDG Arnaud Levitre et Martine Degryse

LO : Christophe Solal et Pascal Jolivet

DLR Marie-Josée Danelli et Alain Camus

Le Centre pour la France Anne Terlez et Gaétan Bazire







5e circonscription

C'est la grosse cata !

Hélène Ségura a beau avoir joué le jeu, en se défaisant de son étiquette PS contrairement à Anne Mansouret qui n'en a pas plus l'investiture, il y a dans la circonscription la plus risquée, celle où le Front National avait franchi en tête le premier tour, celle où Nicolas Sarkozy a fait plus de 53 %, 3 candidats qui vont se revendiquer du parti socialiste ...! Puisque Jérôme Bourlet de la Vallée, bien que Vert, est le candidat désigné officiellement à la suite d'un accord entre les Verts et les Socialistes ...

Que fait la police ? Que font les socialistes ? Y a t-il un pilote dans l'avion ? 3 candidats dans une telle situation ce serait risible si cela n'amenait pas à une disparition complète de la gauche au deuxième tour.... Pourtant, tout était possible.

C'est à pleurer de rage... On va tout droit vers un deuxième tour droite-extrême (il s'agit de Gilard, membre de la droite populaire de l'UMP) /extrême droite !



(Étiquette politique, candidat et suppléant)

UMP Franck Gilard et Sébastien Lecornu

EELV Jérôme Bourlet de la Vallée et Martine Seguela

UDN : Carl Lang et Isabelle Pinoche
DLR François Leve et Charles Bracquart
LO Alain Luguet et Anne-Marie Colin
FN Jean-Michel Dubois et Christophe Delacour


Le Trèfle : Joëlle Fontaine et Martine Fouques

FDG Jean-Luc Lecomte et Gladys Prieur
NPA Viviane Horvais et Patrick Dupin
Le centre pour la France Claire O'Petit et Roger Duval
Sans étiquette Non rattachée à un parti Hélène Segura et Philippe Gerics
PS Anne Mansouret et Laurent Bastit



mardi 15 mai 2012

Mélenchon, Le Pen, Bayrou


Inutile de le dire, je n'ai pas voté Bayrou, je n'ai pas voté Mélenchon, et encore moins Le Pen ! Inutile de le dire, je n'aurais pas pleuré si Marine Le Pen n'avait pas recueilli les signatures lui permettant de se présenter à la présidence de la République ...
Tout simplement pour le respect dû aux institutions. Le recueil des 500 signatures contre lequel beaucoup ont pesté présente un intérêt. Il assure au moins que les candidats ont un  minimum de représentativité et de conviction. Si Marine le Pen n'avait pas obtenu les 500 signatures d'élus que Cheminade avait obtenu, c'est qu'elle ne méritait pas de se présenter.
Je n'en rajoute pas sur ce point. Les présidentielles sont passées, et se sont bien passé de mon point de vue.
souligner la duplicité entre les deux personnages
constitue une faute politique pour la gauche
Restent les législatives. J'ai dit à quel point il est inconcevable que l'assemblée nationale ne donne pas à la majorité présidentielle le moyen de gouverner. Je souhaite une large victoire de la gauche, et je souhaite la présence d'un groupe radical de gauche, d'un groupe vert, d'un groupe socialiste et d'un groupe Front de gauche à l'assemblée nationale. Pour aller jusqu'au bout,  la présence d'un groupe centriste, d'un groupe Ump sont probables et souhaitables ... et je souhaite en tous les cas la présence de François Bayrou à l'assemblée nationale... pire même, je trouverai normal que Marine Le Pen soit députée. Je ne fais d'ailleurs, en disant cela, que défendre le point de vue des Verts et du Modem qui demandent une dose de proportionnelle dans les élections législatives. De mon point de vue, ce qui se passe actuellement leur donne entièrement raison.
A mille kilomètres au sud, j'aurais voté Bayrou
Bayrou et Le Pen ont été logiquement mis en avant sur l'actualité politique à la suite de la présidentielle. La question qui se posait était la suivante : le PS devait-il soutenir la candidature de Bayrou pour la seule raison qu'il avait déclaré voter Hollande au deuxième tour de l'élection présidentielle ? La réponse du PS a été une réponse d'appareil : NON ... A cette réponse nette et sans ambiguïté, j'oppose un jugement forcément plus en nuance : c'est dommage ! Le PS a perdu là une bonne raison de se faire du bien et d'élever son niveau d'utilité en assurant au Centre et à l'Assemblée Nationale une amélioration qualitative.... sans parler de l'intérêt qu'il puisse y avoir à assurer un lien politique avec le  centre, dans un moment où la cohésion de la droite va avoir à se maintenir. Bon, maintenant, la démocratie est ce qu'elle est. Bayrou n'est pas battu dans sa circonscription, il a des chances de se faire élire sans l'aide du PS et il en sortira grandi... dans ce cas, ce sera dommage pour le PS...
En ce qui concerne Mélenchon, que penser ?
En allant défier Marine Le Pen, il donne certes une nouvelle dimension à son rôle, ce qui n'était pas facile après son parcours à la présidentielle. Sur le plan de la stratégie politique, sa démarche prend malgré tout un tour dérisoire.
Ainsi, il se sert du Front National comme exutoire, renvoyant la gauche à son péché mignon depuis 1984 : faire de la lutte contre l'extrême droite l'alpha et l'oméga de sa politique, dévoilant ainsi un manque cruel de discours et de politique.
Celui qui voulait incarner une gauche nouvelle démontre qu'il n'y a rien de neuf dans son discours. S'il gagne, à part une place à l'assemblée nationale qui lui permettra de surveiller le parti communiste, il n'aura rien gagné. S'il perd, il aura préparé le lit du Front National qui abordera ainsi en position de force son futur bras de fer avec la droite.
Dans Laurent Joffrin, du Nouvel observateur a comparé les deux situations, voir son article en cliquant ici ... à mon avis le contexte diffère terriblement.
A quelques kilomètres au nord-est,
j'aurais voté socialiste. Ici Philippe Kemel
Dans une circonscription, celle de Bayrou, il s'agissait soit de laisser la place à un allié potentiel dans la perspective d'une coopération qui sera indispensable.
Dans la circonscription Mélenchon/Le Pen, il s'agit d'une toute autre affaire, c'est à dire se soumettre à la stratégie dépassée du Front de gauche. Tout juste cet élément aurait dû permettre de mettre en avant la nécessité de réaliser la promesse de François Hollande de répondre à cette revendication centriste/verts : introduire une dose de proportionnelle ... et dans cette perspective même négocier avec Mélenchon son parachutage dans une circonscription qui évite toute publicité intempestive aux idées nauséeuses de l'extrême droite.
A Pau, dans la deuxième circonscription des Pyrénées Atlantiques, j'aurais voté Bayrou comme d'ailleurs un électeur PS dont je vous livre le lien ici ...
A Hénin Beaumont, en l'absence d'un candidat radical, j'aurais voté Philippe Kemel, le candidat socialiste. (ci-après le lien sur l'analyse d'Eric Dupin, dans rue 89 la courageuse faute politique de Mélenchon.)


mardi 8 mai 2012

Une histoire commence

Le changement, c'est maintenant...
La victoire est nette, mais pas large. Mais il n'est pas question de bouder notre plaisir !
Il aura fallu 5 ans pour faire rentrer dans sa bouteille le mauvais génie de la droite, celui qui l'aura fourvoyé dans toutes les impasses et dont elle n'est pas prêt de se remettre. Elle se retrouve hagarde au sortit d'un cauchemar prégnant. Souhaitons qu'elle se réveille.


Des questions se posent lourdement, en relation avec la période que nous venons de vivre et en particulier les derniers jours de la campagne.
Comment se fait-il que Nicolas Sarkozy ait fait un si bon score renforçant la stratégie de campagne qui l'avait marginalisé au premier tour ?
Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réduit son écart alors que François Hollande avait pris le dessus dans le débat, montrant, au delà de sa supériorité, sa présidentialité, le tout étant confirmé par la presse, par les institutions, et par l'opinion elle-même ?
Comment Nicolas Sarkozy est-il remonté jusqu'à plus de 48 % alors que François Bayrou avait annoncé qu'il voterait pour François Hollande ... Première fois dans l'histoire de la 5e république qu'un candidat sélectionné pour le deuxième tour, ne reçoit aucun soutien de l'un des éliminés du premier tour.
Autant de questions qui, malgré leur intérêt, nécessitent une analyse fine, au delà de drôles d'impressions. Nous aurons besoin d'y revenir, parce qu'il est indispensable de comprendre comment fonctionne un peuple, et que les élections sont le lieu privilégié de l'expression du collectif, mais l'heure n'est pas à l'analyse.
Nous sommes déjà dans un combat où il faut impérativement éviter à la France de subir l'affaiblissement d'une cohabitation dans une situation internationale dangereuse. Le monde bouge, il bouillonne, mais François Hollande a fixé le cap politique.
Une période passionnante s'ouvre à nous. Nous y prendrons toute notre part.

dimanche 6 mai 2012

Champagne !

Bien sur, on ne connait pas exactement les résultats, ce sera pour bientôt mais une chose est sure, Sarkozy, c'est fini !
Le combat n'est pas fini, loin de là, mais il ne faut pas manquer l'occasion de se réjouir. Une pensée pour Lucie qui me dit que c'est la première fois depuis qu'elle vote qu'elle aura un président de gauche... et c'est vrai que ça fait longtemps que ça ne nous était pas arrivé...
Après le Président de gauche, il faudra une assemblée de gauche, avec un gouvernement républicain... et un travail énorme pour avancer ensemble !
LE CHANGEMENT, C'EST MAINTENANT
Pendant ce temps, la droite devra purger les années Sarko ... à mon avis, ça prendra du temps !


Le changement, c'est maintenant !

Champagne ?

C'est pas de la statistique, c'est de la perspective de fête !
Bon entre les tweets encourageants et l'analyse des premiers résultats dans les Dom Tom, même si on ne peut rien en dire ... si ce n'est de surtout ne pas aller sur le site de la rtl belgique puisse que ça mettrait en tort vis à vis de la loi, on peut dire que si Sarko a un total de deuxième tour qui s'assimile au total de ses voix de premier tour plus celles de Marine Le Pen, il est largement dans les choux. On n'est pas obligé de calculer comme ça, mais ça semble bien parti....

vendredi 4 mai 2012

Pêché d'orgueil

Quand on attend que les compliments vous viennent de l'extérieur, cela prend souvent énormément de temps.

Voilà pourquoi, conformément à sa pratique depuis près de quatre ans, le café radical prend les devants et s'adresse ses félicitations sur deux points.

Le premier, les lecteurs assidus le connaissent. Le café radical, dès son premier débat, a posé la question de la fin du sarkozysme : "Sarkozy est il fini ?". Question si hardie à l'époque qu'on n'y a pas répondu franchement oui, tellement ça ressemblait à une provocation...

Et pourtant ! Dès les premiers mois, le sarkozysme portait en lui le germe de sa défaite. Une hyper-personnalisation du pouvoir, dont le cap était fixé en fonction des intuitions du Président, réduisant gouvernement, partis, parlementaires à son bon-vouloir.

Cette logique, affirmée dès l'origine de la prise de pouvoir a été accentuée sans faille avec le temps, selon le principe qui veut qu'un être humain en crise a naturellement tendance à s'appuyer sur ses propres défauts, même et surtout si ce sont eux qui ont provoqué cette crise.

Voilà pourquoi la lueur sarkozyste, quand bien même elle a pu attirer quelques papillons à ses débuts, s'est transformée en repoussoir au fil du temps. Plus elle a affirmée la personnalité de son mentor, plus elle a provoqué son isolement... Celui-ci atteignant, à quelques heures du moment fatal, son point culminant.

Car, et c'est là que la deuxième formule du café radical prend son sens, il faut que la victoire soit large !

Pas seulement pour se faire plaisir... pas seulement pour donner des marges de manoeuvre importantes au nouveau pouvoir qui en aura bien besoin, mais aussi pour en finir rapidement avec le sarkozysme et ses dégâts.

Car le sarkozysme, qui n'a déjà pas beaucoup de sens, n'en a absolument aucun en l'absence de son créateur. Ce n'est pas une idéologie, juste une pratique incohérente qui s'est fourvoyée chaque jour davantage. La personnalisation du pouvoir se traduit par un isolement tragique qui s'échoue sur les écueils ultra-réactionnaires de l'exclusion et la glorification des frontières. Pathétique !

Le geste de François Bayrou, annonçant son rejet du futur ex-président, sera l'ultime dérive du sarkozysme. N'en déplaise aux militants UMP éberlués par ce choix prévisible, c'est bien Sarkozy qui a imposé ce choix à François Bayrou[1] par une stratégie populiste délirante, qu'on ne peut expliquer que par un retour nostalgique aux accents fougueux de sa jeunesse militante et droitière ...

Elle déjà le signe que la victoire est large.

Pas étonnant que François Holande, qui sera élu président de la République dans trois jours, explique à son tour qu'une victoire étriquée n'aura pas le même sens qu'une victoire large.

Pour la République, pour la France, pour l'Europe ...

Il est important que la droite puisse marginaliser sa frange la plus réactionnaire, précisément parce qu'en période de crise, les réflexes identitaires sont le vrai danger.

Il est important bien sur que le nouveau président ait les moyens d'agir en France, en Europe et dans le monde.

il est important que la victoire soit large





[1] Il fait suite aux propos de François Fillon lui-même (cf Canard enchaîné de cette semaine.) qui, comme nous, reconnaissait qu'il était important que la défaite de cette droite soit large... Ainsi cela permettrait sa recomposition plus rapide et moins douloureuse, marginalisant les éléments les plus réactionnaires. Nous sommes d’accord


mardi 1 mai 2012

Jeanne d'Arc n'appartient à personne, par Patti Smith


Patti Smith, rock éternel

C'est bien le moins que je lui dois, c'est bien le moins que je leur dois... Je suis tombé en arrêt à la lecture de ce texte paru dans la rubrique Rebonds du Libération d'hier, 30 avril 2012. 
Patti Smith y fait part de son attachement à la figure universelle de Jeanne d'Arc. Quelle éclairage fantastique de la part de l'emblématique figure rock des années 70 sur la jeune femme combattante. 
Décidément, avec le soleil tant attendu, quel bonheur que de recevoir cette leçon d'Histoire en provenance directe des Etats-Unis. Ce sera mon brin de muguet pour aujourd'hui... Je veux dédier ce texte à toutes les jeunes filles qui m'ont avoué avoir pleuré quand on leur a raconté l'histoire de Jeanne d'Arc

Vive Jeanne d'Arc, vive le rock et à bas les frontières...
Il y a 600 ans naquit une enfant. Elle a grandi, intrépide et robuste, sans prétention et pourtant divine. Jeune bergère, seule au milieu d’un champ, elle eut une vision. L’archange Saint-Michel lui confia une mission qui semblait impossible. A 19 ans seulement, elle fut Jeanne d’Arc, pucelle d’Orléans devenue soldat, prit la tête d’une armée et fut condamnée à brûler vive sur le bûcher, un sort non moins terrible que celui du Sauveur.
Jeanne d'Arc vue par Ingres
Qu’elle ait été guidée par un archange ou par la volonté de son seul cœur importe peu. La réelle nature de sa mission n’est pas non plus le sujet. Ce qui compte, c’est l’exemple qu’elle nous donne à travers son courage, son dévouement, son humour et la force de sa conscience qui ne laisse aucune place au compromis.
En 1967, à 20 ans, j’ai quitté ma famille pour mener moi aussi à bien une mission. Avant de partir pour New York, je me suis rendue à Philadelphie pour me recueillir devant sa statue - en bronze doré -, copie de celle qui s’élève devant l’hôtel Régina à Paris. Une fille à cheval, prête à mourir, et pourtant convaincue qu’elle atteindrait son but.
Là, je lui ai juré que j’essaierais de suivre son exemple et que je resterais fidèle à mes convictions.
Depuis, je n’ai jamais cessé de la sentir auprès de moi.
Elle incarne la clairvoyance et le sacrifice. Ces deux qualités, nous les avons tous en nous et elles sont de temps à autre mises à l’épreuve.
Jeanne d’Arc est notre petit phare dans la nuit. Elle appartient à chaque jeune fille dont le cœur s’ouvre.
Elle appartient à tous ceux qui se sacrifient pour ce en quoi ils croient.
Elle appartient à l’enfant innocent, au visionnaire, à l’humble travailleur agenouillé pour prier.
Elle ne doit être récupérée par aucune faction, aucun parti politique.
Elle ne doit surtout pas être exploitée.
Aucune bannière ne doit porter son nom. Elle a brandi en son temps une bannière et celle-ci lui a été arrachée. Elle a porté une armure et une épée et on les lui a retirées.
Elle a été conduite au bûcher avec sa seule vérité en étendard, et celle-ci n’a pu être réduite en cendres par les flammes.
Comme la vérité, elle n’appartient à personne, elle appartient à tous.
Traduit par Alexandra Schwartzbrod