jeudi 5 juin 2014

70 après .... Les traces que nos pères ont laissées.

la promenade des descendants au cœur des alignements stricts
des corps ramassés des jeunes combattants. Ce ne sont qu'une
part des traces laissés par les pères de notre histoire. Les souvenirs,
les blessures, les fantômes de la guerre continuent de leur survivre.
Laurent Giesbert est un ami. Ancien président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche, il est aussi le frère du grand journaliste Franz-Olivier Giesbert, dont la notoriété dépasse nettement celle de notre région.


J'ai toujours senti Laurent particulièrement attaché aux cérémonies du souvenir de la libération de la France et du débarquement en particulier. J'ai mieux compris pourquoi en lisant le livre de son frère "L'américain", qui raconte l'histoire de leur père, un jeune homme venu des Amériques, libérer la France et y rencontrant l'amour.
Oui, mais on ne se remet pas comme ça des scènes de guerre. J'ai notamment traité de ce sujet, lorsque j'avais reçu lors d'un café radical mémorable, mon amie Marlène Peyrutie, revenue sur ses terres natales, parler de son expérience de mère de soldat.

La couverture poche du livre
de F-O Giesbert. Un
 témoignage personnel, romancé
des suites laissées par la vie qui
continue après le feu.
Je vous propose aujourd'hui, en avant première, la version courte paru à la télévision allemande du film "die Spur der Väter", que je traduis audacieusement par "les traces que nos pères ont laissé. Il s'agit de rencontres croisées entre les enfants des protagonistes du débarquement. Il y a du français, de l'allemand, de l'américain, un peu tout ce qu'était le père de Laurent Giesbert qui apparait dans le reportage. Frederick-Julius Giesbert, américain fils d'immigré allemand, a débarqué sur le sol Normand pour libérer la France et y est resté jusqu'à sa mort. Il s'agit avant tout d'un récit poignant, déchirant, bien loin d'une vision idyllique et héroïque de l'Histoire. Et pourtant, si l'héroïsme, l'amour, c'était d'abord cela, ce quotidien parfois difficile que nous ont laissé nos pères. Pour en savoir plus, cliquer ici.
Ci-dessous, la traduction du texte de présentation du documentaire et qui figure sur le site :
Le débarquement des forces alliées le 6 Juin 1944 sur les plages normandes,  a correspondu le début du cauchemar pour la Wehrmacht qui a connu alors la guerre sur deux fronts face à un adversaire numériquement supérieur , disposant d'une armée moderne et équipée. Beaucoup de soldats allemands ont aussi soudainement réalisé que l'Allemagne ne pouvait pas gagner cette guerre . Cependant , avec la conquête des plages , la bataille est loin d'être finie. Elle s'est maintenue pendant des semaines dans l'arrière-pays du nord de la France.L'opération d'atterrissage a fait l'objet de nombreux documentaires notamment cinématographiques. Ce film rassemble des points de vue très personnels sur des opérations décisives de la guerre . Les fils de deux anciens ennemis se lancent sur ​​les traces de leurs pères . Le fils de soldats américains origine allemande Frederick Giesbert et le fils du lieutenant allemand Heinze . Ensemble, ils vont sur ​​les plages, les champs de bataille , les tombes .Saint Lô , capitale des RuinesVisite de la ville de Saint- Lô , devenue " City of Ruins". Voici le lieutenant Heinze qui reconnait devoir sa vie au capitaine américain d'un réservoir "Sherman" et le GI Giesbert qui a dû sa survie au fait qu'il était fils d'immigrants allemands. Il a ainsi réussi à s'échapper lors qu'il s'est retrouvé face à une troupe de soldats de la Wehrmacht grâce à connaissance de l'allemand. On en connaît très peu cependant sur ce germano-américain, qui est resté en France , y a fondé une famille et a raconté ses souvenirs dans les dessins poignants .Les pièces des archives américaines ont été brûlées, il faut rechercher des témoignages. Theodore «Ted» Shuey , en Juin 1944, commandant de la 116e Régiment d'Infanterie US , Jean- Christophe Giesbert le fils français du GI, dans la recherche. Il rencontre aussi Martin Galle, dont le grand-père était lieutenant Heinze, le commandant du régiment de la Wehrmacht et Jean Mignon de Saint- Lô , qui peut bien se souvenir de sa rencontre avec Heinze .Les souvenirs de ces hommes sont illustrés par de rares images d'archives de l'époque de l'opération de débarquement et des scènes de reconstitution filmés entre "Omaha Beach", site d'atterrissage et Elbeuf où le soldat Giesbert a rencontré sa future femme et l'amour - C'est ce lien qui a permis la fondation de sa famille que remonte Jean- Christophe Giesbert. Ainsi, les événements dramatiques de ce jour de Juin demeurent vivants et réels- même si les adversaires sont devenus des amis et des alliés du passé .

Post scriptum :  bien entendu, le film sera un peu difficile pour les non-germanophones, le reportage étant destiné au public allemand. Mais il s'agit d'un film français qui sera bientôt diffusé dans sa version longue sur une chaîne française. Je vous tiendrai au courant.










mercredi 4 juin 2014

La Normandie, comme à la radio ...

Attention, logo en voie de disparition  !
Bientôt la Haute Normandie va laisser toute sa place à la
Normandie tout court .. ce qui n'empêchera pas une
information de proximité, rassurez-vous ! L'émission où
je me suis exprimé ce matin n'était émise que sur une partie
de la future ex-région Haut Normande. 
Passage ce matin à la radio, sur France Bleu Haute Normandie  pour l'écouter, cliquer sur le lien. Merci à mon ami Didier Rouchet de me l'avoir signalé. 





Voilà que le Parti radical de gauche prend ses lettres de noblesse à l'occasion de la réunification promise ! 

Franck Martin, pour la future ex-Haute,
Alain Tourret, pour la future ex-Basse,
tous deux radicaux et porteurs depuis
toujours du principe d'une seule région
Normande voient leur combat aboutir

Bien normal après tout, vu que le prg se bat pour l'unification de la Normandie depuis la création des régions. S'il doit y avoir une région cohérente en France, c'est bien la notre, avec l'Ile de France sans doute. On ne va pas cracher dessus !
Vivent les radicaux !
Vive la Normandie !
Hommage tout particulier à Alain Tourret et Franck Martin fers de lance de ce combat !

mardi 3 juin 2014

Encore un effort, Monsieur le Président...

L'indispensable réforme

Les radicaux de gauche avaient senti le coup venir ... A quelques semaines de
l'annonce de François Hollande, ils ont pris part à la manifestation du 10 mai
réunissant les partisans de la réunification sur le Pont de Normandie. Les
Normands sont dès à présent les grands bénéficiaires de la réforme.
Quand les choses doivent se faire, elles se font. Ceux qui se battent depuis des années pour la réunification de la Normandie, au premier rang desquels les radicaux, remportent une victoire inattendue à l'occasion de la grande réforme territoriale.  
La diminution du nombre des Régions n'a certes de sens que si elle leur permet d'avoir une vraie identité et un vrai pouvoir. La Normandie réunifiée a l'avantage de répondre à la première condition. Banco ! Elle est la seule région a s'assoir dans un cadre historique et culturel cohérent. Bien que petite, eu égard aux autres entités nouvellement créées, elle aura un poids cohérent vis à vis des autres régions d'Europe, en englobant 3 grands pôles urbains structurant la vie de 3 millions d'habitants. 

Le vrai pouvoir des Régions

En ce qui concerne le vrai pouvoir, c'est juré, le gouvernement y travaille.

La nouvelle France et ses 14 Régions. Seule la Normandie réunifiée bénéficie
de la réforme. Ailleurs rien ne correspond à une revendication régionale. A
priori, les barons socialistes locaux ont été davantage écoutés que les logiques
économiques, culturelles ou géographiques.

 
Pour l'instant, c'est assez logique en quelque sorte, on a d'abord parlé du dessin des nouvelles régions et du nouveau paysage administratif français :
ce n'est pas rien l'identité ! ... Même s'il convient de ne pas retourner dans les travers de l'administration à la Française  dont le seul but vise à renforcer le pouvoir central en découpant des Régions sans queue ni tête.
Mais l'annonce faite par le Président de la République, et reprise par Valls et Vallini, ne se limite pas à cela. Faire de plus grandes régions n'auraient pas de sens, si elles devaient se limiter à ce qu'elles sont. Ils reste à sortir la France de sa vision centralisée, de passer à une administration souple, moderne, fédéraliste. Ainsi les Régions pourraient elles s'occuper d'enseignement, non seulement en gérant les établissements scolaires du collège à l'université, en passant par l'apprentissage et la formation professionnelle mais plus spécialement en accueillant une gestion décentralisée de l'éducation. On a pu mesurer à quel point une réforme telle que l'aménagement des temps scolaires, pourtant vitale, a pu être victime de la lourdeur de l'éducation nationale.  Les réformes à venir pourront s'appuyer sur des régions renforcées qui pourront enfin avoir prise sur le système éducatif.
La réforme vise en effet aussi à réduire le poids d'un Etat ankylosé, coupé de la réalité locale. L'effort de proximité est là. André Vallini insiste sur la fusion des fonctions publiques de l'Etat et des Collectivités Locales. Il peut sembler paradoxal de parler de proximité  lorsqu'on fabrique de grandes régions, qu'on prévoit la suppression des département et qu'on vise la disparition des intercommunalités de moins de 20.000 habitants. 
De fait, le but est de recréer de nouvelles proximités. A quoi correspond le pouvoir d'un maire d'une commune de moins de 500 habitants, bien souvent coupé d'un réel bassin de vie ? Jusqu'à présent, la France a toujours reculé devant le problème de l'éparpillement des pouvoirs locaux. Le renfort du pouvoir intercommunal vise à résoudre le problème. On est certes encore dans du bricolage, mais à un niveau supérieur visant à la création de territoires cohérents en fonction de la vision fédéraliste qui tente de s'imposer depuis 30 ans dont les échelons intercommunaux, régionaux et européens se substituent aux classiques communes, département, Etat.
On aurait tort de mépriser le débat qui s'ouvre. Nous sommes là dans les premiers pas d'une réforme majeure qui, sous des dehors techniques, vise à la transformation de l'organisation politique de la France.
A suivre ...

Pour donner une idée du débat, cliquer ici pour connaître le point de vue des radicaux de gauche sur la réforme. Un débat qui s'annonce houleux ;)

lundi 2 juin 2014

Que faire contre le Front National ?

Une fois passée les premières émotions :
ni rire, ni pleurer, mais comprendre avant
de combattre.

Dans une élection, tout le monde parle à voix basse, même ceux qui se taisent. Mais, comme il y a beaucoup de monde, ça fait beaucoup de bruit... en fait, dans le résultat des élections, c'est toujours un pays qui parle.

Les élections européennes sont un moment particulier dans cette prise de parole, même si elles engrangent beaucoup d'abstention. Mais après tout, ce n'était pas tellement le cas cette fois-ci (il y a même eu un léger mieux par rapport à la dernière fois) ! 
Elles sont un scrutin à part. C'est la seule fois où l'électeur n'a qu'un seul tour. Tout le monde part en même temps. Tout le monde arrive en même temps. Certes le choix de découper la France en grande circonscriptions[i] fausse un peu la donne, mais on peut estimer avoir une bonne idée de ce qui se passe dans la tête du peuple de France.
C'est bien pourquoi, tout déni est impossible après une élection. Il existe bien, à chaque fois un message. Même si chaque électeur ne porte que sa propre voix, c'est l'ensemble des voix qui crée un chant harmonieux, un brouhaha désagréable ou un tumulte insupportable.
Et les Européennes, ça a été ça ! Le tumulte. Le tumulte des résultats, suivi du tumulte des analyses. Un vent de culpabilisation réciproque. si les gens ont voté front national, c'est de la faute des autres, soit qu'ils aient trop parlé du front national, soit qu'ils l'aient ignoré, soit qu'ils l'aient diabolisé, soit qu'ils l'aient normalisé.
Et de fait, le Front national a été ainsi traite, tour à tour pendant trente ans. Je me souviens de l'effroi que j'avais éprouvé en voyant le parti de Le Pen obtenir 10 % aux élections européennes ... en 1984, alors que Le Pen lui-même n'avait pu se présenter à la présidentielle de 1981 et réalisé 0,75 % des voix en 1974. 
 
Hervé Le Bras, démographe. Son l'analyse géo-politique est
impatiemment attendue des spécialistes après chaque élection
Comme beaucoup, j'attends toujours avec impatience l'analyse qu'Hervé Le Bras publie régulièrement dans Libération (vous pouvez cliquer sur le lien, mais manque de pot, c'est réservé aux abonnés... dommage !) après chaque scrutin électoral. Il y a là toujours quelque chose de rassurant après l'émotion des premiers moments, quand on cherche à savoir ce que disent les urnes ... après en avoir enregistré les résultats. La raison, après l'émotion.
L'invention de la France, co-écrit par
Emmanuel Todd et Hervé Le Bras
reste un ouvrage de référence pour
comprendre l'évolution régionale de
l'opinion française.


Le problème est qu'Hervé Le Bras n'est pas vraiment rassurant. Quand il parle d'une France coupée en deux, ça n'a pas le même sens que d'habitude. Certes, le Fn n'a pas progressé partout de la même manière[1]. Hervé Le Bras signale à juste titre que c'est dans les régions en mauvaise santé économique que le FN a réalisé ses meilleurs résultats, confortant le tournant politique de Marine Le Pen qui prône, au rebours de son père, le retour de l'Etat et la dénonciation du libéralisme économique. Son électorat est d'abord éloigné des grandes agglomérations, s'inquiète de l'absence des institutions qu'il accuse de le délaisser.

De fait, le vote massif pour le Front National traduit un rejet massif des élites. Plus les élites sont éloignées, plus elles sont rejetées, mais les élites, comme le rejet, commencent très bas. Ainsi (mais ce n'est pas ce que dit Hervé Le Bras) le rejet touche bien sur les Enarques, traditionnel sujet de rejet, les politiques, mais va jusqu’au plus bas niveau des institutions, tel l'enseignement par exemple.

Cela fait justement penser que la traduction française de la crise, laisse s'acheminer chez l'individu, le sentiment que les autres auraient tout cependant qu'il n'a rien. La perte de confiance, écrit Hervé Le Bras, qu'une population accorde à son élite est lourde de menace pour l'avenir.
Alors, voilà. Moi qui, sur ce sujet comme sur tant d'autres, moi qui, comme beaucoup d'autres, me suis beaucoup trompé sur ce sujet en refusant de faire du front national l'alpha et l'omega de l'action politique, je peux vous annoncer la prochaine tenue d'un café radical sur le sujet.
Ca s'appellera sans doute : est-il possible de stopper le Front National. La date, le lieu et le nom de l'intervenant vous seront bientôt précisés.

 





[1] Signalons au passage que le score canon réalisé dans la circonscription dénommée Nord-Ouest, et qui va de la Belgique à la Basse Normandie est notamment dû à la présence de Marine Le Pen en personne comme tête de liste face à des concurrents parfaitement inconnus ... effet pervers de la limitation du cumul des mandats et du découpage de la France en circonscriptions illisibles... sur ce point, la volonté conjointe des grands partis structurants (enfin, qui l’étaient à l’époque) de marginaliser toute voix discordante s’est avérée un échec patent.

 











Hervé Le Bras 



lundi 26 mai 2014

Le score du Front National ...

Une raison de plus de s'engager ...



 

 Communiqué de presse du parti radical de gauche :
Le terrible résultat des élections européennes éclaire celui des municipales et d’une montée en puissance de la défiance de l’électorat un peu partout sur le territoire national  et dans notre département en particulier.
Dans l’Eure, Vernon est la seule commune à n’avoir pas placé la liste de Marine Le Pen en tête des suffrages. Ailleurs, le parti d’extrême droite dépasse le score déjà terriblement élevé dans le reste de la grande circonscription du Nord-Ouest.
Les résultats donnent une ampleur inattendue à ce que les démocrates craignaient depuis le lancement de la campagne électorale : un rejet des partis gouvernementaux, un message européen inaudible entraînant la marginalisation de ses défenseurs, et une montée en puissance du Front National, réceptacle de toutes les rancœurs. Ils donnent a posteriori une explication crue sur les échecs supportés par la gauche lors des dernières élections municipales.

Et si vous étiez radical de gauche
sans le savoir ? La politique n'est
pas un gros mot. S'engager en 
politique est ce qu'on a encore
fait de mieux pour répondre aux 
atteintes à la démocratie et à
l'intolérance. 
Plus que jamais, le parti radical de gauche défendra l’Europe, et ses valeurs de paix, de fraternité, de liberté et d’ouverture au monde qui ont contribué à son édification. Face aux menaces consécutives à la montée du Front National il portera le projet du vivre ensemble et de citoyenneté et sera un soutien déterminé pour ceux qui sont indéfectiblement attachés aux valeurs de la République.

Dans ce contexte, le parti radical de gauche, plus que jamais convaincu que l’Europe fédérale est le seul projet viable sur le continent,  continuera de s’impliquer dans le combat politique de proximité. Il s’investira localement pour la construction du vivre ensemble autour d’un projet humaniste indispensable face à la montée des rancœurs  indigestes et des attitudes xénophobes.
Le délitement social est la cause première de la montée de l’extrême droite. La brutalité des perspectives rend plus que jamais nécessaire l’engagement politique et citoyen.  


 
Olivier Taconet
Parti radical de gauche
Président de la fédération de l’Eure

 

jeudi 15 mai 2014

Au secours la droite revient ... Au secours, l'Europe s'en va !


Mon discours pour les Européennes

A la demande de certains participants et de ceux qui n'ont pu assister au grand meeting du 14 mai, je reproduis le discours que j'y ai prononcé devant une assemblée nombreuse et attentive.





Ceci est un appel au secours




La droite revient, l’Europe s’en va ... Il s’agit de la plus mauvaise droite et il s’agit de la plus belle Europe !
Qu’il s’agisse de la plus mauvaise droite, tout le monde ici s’en rend compte. C’est la droite de Jean François  Copé  qui glisse à chaque fois que Marine Le Pen laisse traîner une savonnette. Un coup de Marseillaise, un coup de pain au chocolat. Une droite qui s’appuie sur tout ce qui sent mauvais, sans discernement. Une droite inspirée par le tea-party américain, qui n’a toujours pas digéré le poison de Buisson, cette droite qui met en avant des valeurs  que plus personne n’osait  défendre, qui s’est lancée sans nuance derrière les réseaux catholiques intégristes, prête à lancer et à relayer les rumeurs et les pensées les plus malsaines.  Une droite qui permet au Front National de se faire passer pour un parti acceptable, non seulement parce que les positions s’en rapprochent dangereusement, mais en plus parce que sur certains points, le Front National a une attitude plus modérée.
Le Front national est certes un danger d’une autre trempe. Malheureusement, pour contredire un auteur célèbre, s’il est un spectre qui hante l’Europe, c’est le spectre du populisme. Celui qui des néo-nazis de l’aube dorée en Grèce, à l’anarchisme identitaire de Grillo en Italie, en passant par la haine de l’Europe de l’Ukip en Grande Bretagne et les nostalgiques du parti Jobbik hongrois  ... qui allient la nostalgie de l’empire d’avant 1914 à la haine des tsiganes, des juifs et finalement de tous ceux qui refusent l'intolérance ...
Alors, oui, l’Europe ne montre pas son plus beau visage. Au lendemain d’une nouvelle noyade de masse au large de la Sicile, dont on a à peine entendu parler en France, on ne peut que reprendre la phrase de Matteo Renzi, le nouveau président du Conseil Italien, qui a dit hier “ L'Europe ne peut pas s’occuper de sauver les Etats et les banques et laisser mourir des mères avec leurs enfants”.
Alors quand je parle de l’Europe qui s’en va, je ne parle pas de ça, de tout ce qui fait horreur en Europe, mais qui n’a rien à voir avec ce que fait l’Europe ... Ce qui fait horreur en Europe, c’est ce que l’Europe ne fait pas. C’est ça, l’Europe qui s’en va, c’est celle de l’ambition politique. C’est ce manque d’ambition qui nous paralyse. Un vieux copain me le disait encore la semaine dernière : “oui, les élections européennes, bof ...”, ce à quoi je lui ai répondu : “ne pas voter, c’est voter Le Pen !” ...  Avouez que c’était bien vu, c’était juste avant que j’apprenne qu’elle était tête de liste chez nous ...
N’empêche, mon copain m’a répondu : non, on m’aura pas encore ce coup-là !
Ah bon ? Mais c’est quoi, alors, se faire avoir ?  C’est quoi cette confusion qui traine un peu partout dans l’opinion ? Celle qui consiste à dire : je veux m’opposer à l’Europe des banquiers. C’est bien ! Ca sonne beau, propre et généreux ... Ca sonne de de gauche, même si c’est repris par Dupont Aignan et le Front National.  Seulement si, pour s’oposer à l’Europe des banquiers, on refuse de voter, alors là, on a vraiment tout faux. Ne pas voter, c’est affaiblir la démocratie et affaiblir l’Europe. Affaiblir la démocratie, parce que, finalement, l’Europe des banques se passe très bien d’un parlement européen, avec des parlementaires exigeants et pointilleux qui passent leur temps à emmerder les Etats et les Banques au nom des principes qui les ont fait élire. Affaiblir l’Europe, c’est affaiblir l’action, la volonté politique. C’est revenir à des Etats plus faibles dans un monde économique et politique de plus en plus intégré. Bref, affaiblir l’Europe, c’est affaiblir la France, c’est donner tout pouvoir aux banquiers, à la finance, qui ne demande que ça d’avoir affaire à des Etats affaiblis.
Il faut sauver l’Europe. Pour les radicaux de gauche, fédéralistes et viscéralement attachés au projet Européen, c’est la question centrale. Les radicaux de gauche ont choisi l’alliance avec les socialistes, dans le gouvernement comme dans la bataille des européennes. C’est un choix cohérent qui concilie loyauté et indépendance. Il ne s’agit pas pour nous rendre l’Europe, le monstre bruxellois responsable du  nécessaire redressement de nos finances publiques. Nous pensons même que c’est  l’absence d’Europe, l’absence de politique européenne, qui rend plus brutal encore la réponse  de l’Etat à la difficulté économique. En tenir l’Europe pour responsable est un mensonge. Pour les radicaux, l’Europe n’est pas le problème, c’est la solution. Tout ce qui pousse au repli sur soi, à la peur, au rejet de l’autre ne peut nous entraîner que sur la mauvaise pente qui rend si fort le front de l’intolérance, le rejet des valeurs que la France a offert au monde, et qui menace  l’Europe à ses portes, en Ukraine, en Syrie et ailleurs.
 
Le message radical est simple : plus il y aura d’Europe et mieux le monde se portera. Le 25 mai, il faut voter, il faut voter pour parce que nous sommes concernés par l’Europe, dans notre vie quotidienne, comme dans la défense des valeurs qui nous constituent. Il faut voter pour l’Europe, il faut voter à gauche, il faut voter pour les listes socialistes et radicales ...
 
 

 

mardi 6 mai 2014

Européen comment ? Européen vraiment ? Faites le test ...

En attendant le café !

Le Monde propose un test amusant qui vous permettra de vous mettre les idées en place. Quel type d'Européen êtes-vous ? Je vous dirai pour qui voter ...  Pour le savoir, il suffit de cliquer ici.
Le titre du prochain café radical, pose effectivement bien le problème "Sommes-nous encore Européens ?" ... Il le pose tellement que les sondages ont repris quasiment la même question  et finalement,  à bien regarder les réponses, il n'y a pas : les français se sentent européens....
Dernier sondage qui fait parler, celui de Libération fait par via voice. Il révèle que l'Europe existe pour les Français. Ils râlent certes contre l'Union Européenne (pour 49 % d'entre eux, elle évoque quelque chose de négatif)  ... mais  60 % des sondés rejettent l'idée de sortir de l'Europe. Pour la sortie de l'Euro, 59 % !
Sans doute d'ailleurs, est-ce parce qu'il est inconcevable de sortir de l'Euro et de l'Europe que l'on peut se permettre de cogner sur l'institution ... qui, à tout prendre est beaucoup moins impopulaire que le gouvernement français.  
Mais ce n'est pas tout. Si l'on sent une montée du discrédit de l'Union Européenne, on lui demande aussi de plus en plus de choses et notamment de s'attaquer au problème du chômage, c'est à dire de politique ... Et voilà, je suis complètement d'accord avec les français là-dessus .. et je ne sens pas de montée du discrédit vis à vis de l'Union Européenne, en tout cas pas de son principe même.
Ces mêmes instituts de sondages qui disent que 60 % des français vont s'intéresser au scrutin. C'est 6 points de plus que pour les élections d'il y a 4 ans ... alors, même si l'on attend 40 % de votants ... il ne faut pas désespérer.
J'ai déjà dit qu'en période de crise, la première tentation consiste précisément à faire exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire ... C'est à dire à persévérer dans une attitude qui a été à l'origine de la crise.
Ainsi, alors qu'on pense qu'il n'y a pas assez d'Europe, que le parlement n'a pas assez de pouvoir face aux Etats ... On décide de ne pas voter et rendre ainsi le parlement de moins en moins représentatifs des peuples. Un peu la même attitude que lors des émeutes de 2005, où la jeunesse des cités réclamait plus de République et d'égalité en s'attaquant aux équipements publics, aux bus, aux pompiers ...

Odile Leperre-Verrier, ancienne députée
européenne, permettra à chacun de mieux
comprendre les enjeux de l'élection
européenne.
Mais on peut prendre le problème par tous les bouts, rien ne remplace le débat et l'engagement populaire pour l'Europe. C'est la seule voie pour que l'Europe soit mieux qu'un outil de réajustement des politiques nationales, qu'elle puisse être un projet qui lui permette de se faire écouter dans le monde, aussi bien par les grandes puissances, Etats Unis, Chine, Russie, que par les banques.
Visiblement, malgré les discours simplistes hurlés par quelques dingues et répertoriés à loisir par les médias, la grande majorité des Européens sont contents et conscients de l'être ... Mais pour combien de temps.
Ce sera l'objet du débat vendredi 23 mai,
à 18h30 avec Odile Leperre-Verrier 

Sommes nous encore Européens ?

Café Radical
Brasserie "Le jardin de Bigards"
39 rue du Quai
Louviers