jeudi 17 février 2011

La France, ça se trouve où ?

Si MAM, Michèle Alliot Marie, notre future ex-ministre des Affaires étrangères, fait pleurer de rire les diplomaties du monde entier, et si seule la rigidité d'un gouvernement aux abois fait obstacle encore quelques temps à sa démission, elle n'en est pas moins au coeur d'un problème autrement plus important et de plus en plus souligné par les commentateurs : la France a perdu sa place dans le monde.

Je ne me suis jamais mis du coté des pleurnicheurs à la recherche de la grandeur perdue d'une France éternelle. Je constate simplement l'échec tragique de la politique française depuis 5 ans et l'absence d'une politique européenne.

Les tribulations de MAM sonnent notamment le glas de la politique européenne, grande fierté de Nicolas Sarkozy, qui avait voulu faire de l'Egypte de Moubarak et de la Tunisie de Ben Ali, le fer de lance de sa zone d'influence autour de la Méditerranée ...

En quelques mois, en quelques semaines devrait-on dire, les régimes s'écroulent sans que l'on sache ce qu'ils vont devenir. Nous n'avons qu'à nous en remettre au destin ou tout du moins souhaiter aux peuples méditerranéens qu'ils réussissent à mettre sur pied une démocratie pour faire face aux problèmes énormes qu'ils ont à résoudre ... Notre pratique institutionnelle leur serait sans doute plus utile alors que celle de notre capacité à maintenir l'ordre, elle serait en tout état de cause plus conforme à nos valeurs.

Je le dis depuis le début, l'avenir de la France, c'est l'Europe ! C'est ce qui est en germe depuis la deuxième guerre mondiale et qui est hélas un peu plus long à s'imposer que la démocratie en Egypte... enfin, rien n'est perdu et l'on a vu que tout pouvait venir très vite.

Je dis encore : l'avenir de l'Europe, c'est la Turquie. Si Sarkozy n'avait pas commis cette erreur initiale de rejeter la Turquie dès son élection, l'Europe aurait eu tous les moyens d'apparaître en Egypte comme puissance motrice du développement humain et démocratique.

Malgré leur apparence, les dictatures ne sont jamais fortes. Elles n'ont aucun moyen de s'attaquer à la complexité du monde moderne, parce qu'elles sont dans la nature de la brutalité simplificatrice. Tous les problèmes doivent y disparaître faute d'être résolus. Voilà pourquoi la politique Sarkozyste était vouée à l'échec. Il ne suffisait pas de donner des leçons condescendantes à l'Afrique tout en continuant à s'appuyer sur les réseaux de pouvoirs corrompus. Depuis quelques semaines, l'Amérique d'Obama marque des points en s'appuyant sur le mouvement. La voix de la démocratie est la voie de l'avenir.

5 commentaires:

Denis a dit…

Tout à fait d'accord, la Turquie aurait été la charnière nécessaire entre europe et moyen orient, belle occasion de manquée....

Anonyme a dit…

Je ne pense pas la même chose, c'est juste sur la carte que la Turquie se trouve entre l'Europe et l'Asie. D'ailleurs pour immigrer on passe de la Turquie vers la Grèce, donc c'est la Grèce qui fait déjà office de lien entre l'Europe et l'Asie en quelque sorte. Et Avec la mondialisation on finira un jour par faire tomber toutes les frontières, mais bon c'est futuriste pour le moment.
La libre circulation sur terre n'existe pas encore.
Et on ne s'est pas encore mis d'accord sur un projet commun sur le plan mondial, en respectant toutes les cultures, car certaines cultures exigent des lois différentes, comme les pays où la religion domine et qui n'accepteraient pas de ce fait la laïcité et inversement, les Français ne lâcheront pas la laïcité pour se soumettre à un régime religieux. Donc voilà, rien n'est gagné même à l'intérieur de l'Europe.
La place de la France ? Elle s'efface dans l'union européenne, on ne devrait même plus parler de France, mais d'Europe. Et plus tard du Monde. La France ne devrait pas se croire supérieure aux autres non plus. Donc le monde remet la France à sa place... c'est à dire, un pays parmi d'autres.
Sylvia Mackert

Anonyme a dit…

La Turquie, ne l'oublions pas est à la base de l'Europe, elle est la Grèce des Anciens et c'est là que s'est construite l'Europe ... elle a toujours été un enjeu européen. C'est elle que l'on appelait l'homme malade de l'Europe et c'est là aussi s'est construite la chrétienté ... si incroyable que cela paraisse. Elle est aujourd'hui un état laïque dont la majorité des habitants est musulmane et un Etat qui regarde vers l'Europe, la modernité et la démocratie.
Elle a été longtemps la base avancée des Etats Unis en Méditerranée ? N'aurait elle aps plutôt sa place en tant qu'Etat Européen, elle qui a tant à nous apporter ?
Bien sur que oui. Les autres arguments ne tiennent pas au regard de l'Histoire. Ils ne s'appuient que sur les préjugés imposés par le repli sur soi et la volonté de se protéger de la misère... comme si c'était comme ça que l'on pouvait s'en protéger !...
C'est quoi une vision futuriste ? Celle qui aurait fait dire il y a deux mois que les Tunisiens allaient faire tomber Ben Ali, celle qui aurait fait dire il y a 3 semaines que Moubarak allait laisser le pouvoir ? La puissance en politique est déterminée par la capacité à anticiper, elle est dans la force du projet, en politique comme ailleurs, c'est dans la certitude de l'acquis que résident les plus grandes illusions.

Anonyme a dit…

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.
La Turquie d'aujourd'hui regarde vers l'Europe tout en ne voulant pas reconnaître ses erreurs face à l'humanité, tout en n'ayant pas l'esprit européen à mes yeux. Veut-elle réellement suivre les règles européennes ou juste y adhérer pour l'économie ?
Quant aux autres pays, c'est d'en bas que tout est venu à travers les révolutions et pas d'en haut, des gouvernements. Tout n'est pas parfait en politique européenne non plus pour le moment.
Et les problèmes qui se posent maintenant en Tunisie ou même en Belgique, c'est de trouver un nouveau gouvernement.
Les révolutions ne résolvent pas vraiment les problèmes, mais en rajoutent. Tout ce qu'on voit, c'est qu'ils fuient leur pays après la révolution au lieu de le reconstruire, les Tunisiens qui sont arrivés en Italie par milliers, n'ont pas envie de reconstruire leur pays.
Ils viennent en Europe pourquoi ? juste pour gagner plus (dans leur esprit)pas pour des idées de démocratie en premier lieu.
Et entre la Grèce Antique et la Turquie d'aujourd'hui les temps ont changé et les populations aussi. Donc entre une géographie historique et aujourd'hui, restons dans l'actualité. Il fut un temps où la France avait des terres aux USA, mais aujourd'hui ce n'est plus le cas... on a tous été d'accord pour en finir avec les colonies aussi... bon, faudrait savoir ce qu'on veut vraiment, pays individuels ou rassembler tout le monde ?
Je dis futuriste, parce que tout le monde semble vouloir retourner vers l'indépendance en ce moment. On voit la montée du FN dans les sondages, près de 20% ai-je lu. Les Français ont la nostalgie de la gloire de la France... et je pense qu'il faut arrêter de vouloir la gloire de la France et de regarder quelle place elle a au classement mondial.


Sylvia Mackert

dadoun a dit…

La france vous dites a perdu sa place dans le monde et là dessus je suis d'accord.
Les radicaux Mendesistes que nous avons le sont aussi avec vous, mais pour pouvoir redonner des leçons de diplomatie, la france doit avant tout se recentrer sur elle même.
Les départements et en particulier celui de Mendes France doivent se reprendre en main et ne plus attendre les bonnes attention de Paris.
Les Radicaux doivent reprendre leur liberté ou au moins ne plus être dépendant du PS et de l'UMP.

Nous avons fait un choix de partir en solo alors nous iront au combat quand on le pourra, mais en attendant, nous nous exprimeront pour que la démocratie vive et que le peuple francais puisse reprendre son destin en main.