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mardi 29 mars 2016

Où sont les filles des Forges ?

Disons-le tout net, c'est bien à cause de la chanson que je tenais à visiter les Forges de Paimpont, visite plusieurs fois remise, pour des raisons diverses, avant que mon entêtement ne prenne le dessus.
Joli chanson, chère à mon cœur, que ma petite amie d'alors aimait à chanter. C'était la mode du folk, et la Bretagne commençait à bretonner sympathiquement aux oreilles d'une partie de la jeunesse française. Par son seul nom Paimpont, il est vrai, est porteur d'une joyeuse musicalité. 
Ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai découvert que la forêt de Paimpont était assimilée à celle de Brocéliande, terre de légendes, qui fascinait entre autre, la jeunesse étudiante rennaise. C'était le moment de la renaissance des identités locales, dans une ambiance encore bon enfant, et l'on revendiquait dans une France si centralisée, le basque, le breton, l'occitan comme autant d'exotisme que je vivais comme autant de désinvolture.
Bref ! Des raisons familiales m'amenant de plus en plus à l'ouest de Rennes et à proximité de Paimpont, je me devais de faire la visite des Forges, un lieu un peu perdu, bien séparé du village, au bas de la côte. 
L'entrée du site. 
Ce fut fait pas plus tard qu'hier. La barrière fermée a failli me décourager une nouvelle fois d'accéder aux vieux baraquements sauf que, barrière fermée ou pas, un panneau indiquait que le lieu était visitable. 
De fait, le maître des lieux apparut sous l'averse pour dire qu'il avait fermé parce qu'il pensait que personne ne pourrait avoir l'idée de visiter les lieux par un temps pareil. Sauf qu'une éclaircie se produisit à la fin de sa phrase, semblant donner raison au folklore environnant, aux fées Morgane, Viviane, et autre enchanteur Merlin, semblant faire revivre le Saint Graal en banlieue rennaise. 
Hélas, dès le début, M. Levesque, propriétaire et animateur de la visite tordit le coup à la légende. Non, les forges ne se sont pas installées au cœur d'un site exceptionnel.Hélas, dès le début, M. Levesque, propriétaire et animateur de la visite tordit le coup à la légende. Non, les forges ne se sont pas installées au cœur d'un site exceptionnel.

 C'est au contraire l'activité industrielle qui a aménagé le site, tant du point de vue hydraulique que forestier. Il a fallu planter des arbres qui poussent vite, et rapidement exploitable pour pouvoir alimenter le feu des hauts fourneaux des plus grandes forges de Bretagne et ce, dès le 18e siècle. Le minerai était lui exploité depuis avant Jésus-Christ. 
Planche de l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert.
Où le savoir se lie à la naissance de l'industrie.
L'industrie forge le paysage et non l'inverse. Tant pis pour les défenseurs d'une nature qui n'existe pas en soi, mais qui est celle que l'homme a aménagé pour ses besoins, pour en vivre d'abord et qui y a transposé des légendes qui permettent dans un deuxième temps de faire vivre un tourisme bon enfant. 
La connaissance n'a pas pour but
de renoncer aux légendes grandioses
 qui ont bercé les mythes de l'Occident.
Nul n'en est propriétaire.  
Le monde environnant, lui était voué à cette industrie qui, selon les métiers permettait la survie de toute une population, des métiers nobles de l'industrie et de la forge, à ceux moins considérés et tout aussi durs, de la fabrication du charbon de bois. 

Un seul conseil après ce grand moment : allez visiter les Forges de Paimpont. Ce sera une leçon de vie, d'histoire, de vérité et de physique ... et permettra, ce qui n'est jamais inutile, de balayer par le savoir des illusions toujours néfastes sans vous empêcher de rêver devant ce monument grandiose de l'histoire de l'homme. 
Reste une interrogation à jamais irrésolue : 
Où sont les filles des forges ?

Pour plus de renseignements, cliquer http://forgesdepaimpont.fr/Visites-des-Forges-de-Paimpont

lundi 25 août 2014

Concordance des temps

J'ai eu 60 ans le 3 août. Jusque là, rien d'extraordinaire. A signaler d'ailleurs qu'il est arrivé la même chose, à quelques jours près à notre président normal.ça se passe au cœur de l'été, au moment où tout le monde est en vacances.
Cette date a pris cependant pour moi un relief particulier, bien au delà de la date de mon anniversaire. Après tout, au bout de 60 ans, on finit par être habitué à ce genre de célébration amicale, même si ça fait toujours plaisir. En fait, quasiment jour pour jour, cette date correspondait à un autre anniversaire : celui des cent ans de l'entrée en guerre de la France en 1914.
Des journalistes expliquaient cyniquement que le grand succès des commémorations du débarquement de juin 44 étaient précisément dû au fait que celui-ci avait eu lieu en juin, c'est à dire à un moment où les gens sont encore mobilisés par la vie sociale. Ainsi le débarquement de Normandie a toujours plus de succès que le débarquement de Provence. 
Le café du Croissant à Paris.  Jean Jaurès y fut assassiné
le 2 août 1914, à la veille de l'entrée en guerre de la France
Question de période ... sans doute un peu. Il n'empêche : plus je vieillis, plus je me sens proche de cette période dont je n'ai pas senti qu'elle m'appartenait jusqu'à une date récente. C'est le temps qui passe qui me démontre que je lui appartiens.

Je suis né 40 ans après la guerre. Ce qui, à 20 ans, me semblait une éternité me semble un temps relativement restreint. 40 ans, c'est rien du tout, même si, dans 40 ans, je ne serai peut être pas en état d'en parler. Après tout, mai 68, que j'ai vécu à l'âge de 14 ans a durablement marqué mon existence ... et je suis capable de retracer cette période comme si c'était hier, lors même que je n'ai rien compris lorsque je l'ai vécu ...
Mais tout cela n'explique pas pourquoi je me sens de plus en plus proche de ces guerres qui s'éloignent dans le temps. Comment je me sens proche de la guerre de 14, proche de ce qui a pu être vécu en 39/40 ... Et pourtant !
Je renie pas l'impact de la guerre d'Algérie, dont l'influence a considérablement modifié mon mode de vie. Mais tout cela n'a rien à voir avec ce que je ressens de plus en plus profondément vis à vis des guerres et notamment de celle de 14.
La guerre de 14, passée par armes et bagages, c'est à dire, classée, rangée, je n'en ai retenu longtemps que l'attrait qu'elle avait eu dans le déclenchement involontaire de la Révolution Russe, que je pensais avoir une influence déterminante sur mon existence.
En fait, j'étais de cette génération de la pierre qui roule. De celle qui pensait maîtriser son destin, simplement parce que de qui pesait sur ses épaules était infiniment moins lourd que ce qu'avait eu à supporter les générations précédentes.
Nous avons cru que le monde nous appartenait, lors même qu'il n'appartient à personne. Il y a 70 ans, le  découpage du monde entre les grandes puissances à la fin de la guerre a été porteur de cette paix que l'on a appelé guerre froide. Ce découpage s'est notamment appuyé sur l'étouffement des peuples en leur assurant la protections de grandes puissances qui se révèlent incapables d'assurer à présent cette charge, et  qui ne sont plus en mesure d'assurer un projet pour la planète. Seule l'Europe est un espace de paix et montre que celle-ci reste la solution moderne des conflits, malgré toute la difficulté que cela entraîne.
Cependant, la guerre est partout, Palestine, Syrie, Ukraine même, et notre modèle peine à s'imposer. La guerre de 14/18 pour être le contraire d'un modèle, n'en est pas moins le socle sur lequel notre monde s'est construit. Ainsi, non seulement il a établi des vainqueurs, des vaincus, et des constructions étatiques passant parfois au travers de l'histoire. Tous les modèles qu'il a construit sont à présent fragilisés, ce qui, au bout d'un siècle n'est finalement pas surprenant. 100 ans, c'est long pour tout le monde. Mais ce qui a finalement réussi à s'imposer au cours du siècle, c'est l'idée que la liberté, l'égalité, la fraternité au bout du compte, impliquaient le refus de la guerre, de l'oppression, de la colonisation. A ce titre, nous n'avons pas encore parachevé la mission de la grande guerre. Sans doute laisserons nous cette tâche aux générations à venir, sans jamais oublier ce que nous ont laissé les enfants de 14/18, qui ont connu avant 30 ans la souffrance extrême, l'humiliation, la soumission, la blessure et la mort sans savoir ce que tout cela allait apporter au monde.

dimanche 13 octobre 2013

Après Brignoles

Brignoles, ville gérée par un maire communiste, devenue ville
symbole après la victoire de Laurent Lopez, du Front National
 avec près de 54 % des voix devant une candidate de l'Ump.  

Le prévisible étant advenu, il s'agit maintenant de s'appliquer la maxime de Spinoza : "ni rire, ni pleurer, mais comprendre", en fait, mieux que d'analyser la situation, il faut aussi se tracer une voie pour l'avenir, et même l'avenir immédiat puisqu'il s'agit très pratiquement de préparer une année électorale particulièrement riche. 

Brignoles illustre en tous les cas une chose : en cas de difficulté, le corps politique, comme l'individu a naturellement tendance à faire le contraire de ce qu'il faudrait faire ... et ce comportement a tendance à l'enfoncer plus certainement dans la crise.
Deux écueils sont naturellement à éviter : le déni et la culpabilisation.
Le déni
Les signes sont suffisamment nombreux pour alerter les amoureux de la démocratie et de la République. La lepenisation des esprits existe bel et bien. Il règne un sale climat et l'on entend de plus en plus autour de nous des réflexions rappelant ce que l'on a pu vivre en 2005, avant le référendum sur la constitution européenne. Bien sur, éviter le déni, ne veut pas dire dramatiser la situation, voir à ce sujet l'analyse intéressante de Mathieu Géniole sur le blog du nouvel obs.
 Nous ne sommes pas dans le fascisme, au sens où le fascisme correspond à un mouvement historique offensif, définissant le projet de l'homme nouveau comme réponse à une grave crise politique.
Le discours de Marine Le Pen est insupportable. Il est nul, il est plein de mauvaise foi, il rassure les impuissants, câline les racistes, ce qui est toujours porteur de danger, mais il n'est pas fasciste. En un sens, il est bien pire, parce qu'il est défensif, négatif, il ne porte par de projet, il est dans une critique permanente, s'appuyant sur un passé dépassée, de celle qui a amené toutes les compromissions durant la longue période de la collaboration dont la France n'est toujours pas remise. Maintenant, le parti peut-il devenir fasciste ? Honnêtement je ne le pense pas. Je pense cependant qu'en cas d'alliance Fn Ump, ce dont rêve Marine Le Pen, le Front National trouverait en son sein de quoi créer une dissidence pouvant se transformer en parti fasciste si les circonstances historiques le permettaient.
Baruch Spinoza sans qui la pensée occidentale
ne serait pas ce qu'elle est. 

La culpabilisation 
La culpabilisation n'est jamais la bonne réponse, en politique comme dans la vie. Dire que les politiques n'ont pas fait ce qu'il fallait est un leurre. La République, la démocratie ont leurs défauts, pour reprendre la formule de Churchill, ils sont le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. Voir la politique comme la cause du désespoir des populations est une double erreur. Les gens ne sont pas désespérés ... enfin certains le sont, mais pas plus que d'habitude. Mais les gens sont énervés. Enfin, beaucoup plus. Beaucoup plus d'énervés que de désespérés. Une formule circule actuellement : j'en ai ras-le-bol, je vote front national. Ce n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que cela ait tant de succès. J'ai tendance pour ma part à y voir le symptôme d'une demande d'individualité, de faire en sorte pour l'électeur que sa voix ne passe pas inaperçue, ce qui, bien entendu, est ridicule.
Nous vivons un monde complexe, en quête de simplicité et qui donne aux politiques une tendance aux discours simplistes. Là est au fond le reproche majeur qu'on puisse faire aux politiques : vouloir se faire comprendre de leurs électeurs, et pour y parvenir, d'utiliser la mauvaise foi et le mensonge. C'est toutefois du côté du front national et des populistes que l'on en trouve les meilleurs adeptes car telle est la possibilité offerte par une opposition systématique qui n'a besoin de s'appuyer sur aucune autre cohérence que la dénonciation paranoïde du "système".
Si pénible que cela soit, les politiques n'ont d'autres solutions que d'être sincères, pédagogues et de poursuivre leur travail, de défendre leur projet, même s'ils ont du mal à se faire entendre et ce, qu'ils soient de la majorité et de l'opposition. Ce n'est pas facile. Tout en effet est là pour les pousser à la faute. Les politiques, sous la pression populaire, ont développé la transparence, ont renoncé au cumul des mandats, contribuant ainsi à laisser croire qu'ils étaient une caste éloignée des soucis de la population, ce qui est faux dans la majorité des cas (enfin, avec la fin du cumul des mandats, il est vrai qu'on risque d'avoir de plus en plus d'élus qui ne savent pas ce que c'est qu'une mairie en terme de réponse à la misère au quotidien ... ). Telle est la dure loi de la politique comme celle de l'activité humaine : au delà des jugements de l'immédiat et de l'hystérie collective, l'intelligence, la qualité et la quantité de travail finissent généralement par avoir raison.

mardi 19 février 2013

la fin du canton ?

Fin du canton, rassurons-nous, ce n'est pas la fin du cantonnier !
Le projet de loi soumis cet après midi à l'Assemblée nationale sur l'élection des conseillers départementaux met fin au principe des conseillers territoriaux qui devaient représenter Département et Région. Il enterre aussi la notion de canton bien que défendant une logique de circonscription électorale départementale.


De quoi s'agit-il ?

Nicolas Sarkozy, notre ancien chef d'Etat, avait voulu s'attaquer aux départements en instituant les "conseillers territoriaux". Il voulait ainsi s'attaquer à ce qu'on nomme le mille-feuille administratif de la société française, si typique de notre Histoire. Disons que la révolution française a institué l'Etat, le département et la commune, système génial, d'ailleurs hérité de l'organisation éclésiastique et de l'empire romain... mais je ne vais pas non plus remonter à l'antiquité.
Le canton, poursuivait la logique départementale, permettant un maillage plus fin de l'intervention de l'Etat. Dans cette logique, chaque canton une commune de référence : le chef lieu de canton.
Ainsi, rien ne pouvait échapper à l'Etat dans ce territoire parfaitement maillé.
Ce système, à l'image d'un Etat hyper centralisé, a fini par évoluer. Le maillage administratif a laissé progressivement la place à un fonctionnement en réseaux. La France s'est urbanisée et le besoin de démocratie a amené la décentralisation et avec elle la transformation des régions, départements et communes en collectivités territoriales.
Ce premier pas vers la modernité et la démocratie est bien insuffisant à présent.


Louviers est une commune culturellement attachée au canton,
mais ce n'est pas la seule.
Nicolas Sarkozy avait eu l'intention de mettre à mort les départements.  Il a voulu limiter leurs compétences, et faire en sorte que les élus du département soient aussi des élus régionaux. C'était la naissance du conseiller territorial.
On sait aujourd'hui ce qu'il en est advenu. Les élus locaux ont mal pris la chose. Le Sénat est passé à gauche pour la première fois de son histoire. C'était avant que la gauche gagne les élections présidentielles. L'un des premiers actes de la gauche a été de mettre fin à ce système hybride qui avait pour principal défaut de fabriquer des assemblées régionales boursoufflées.
Et donc, nous voilà revenu avec un drôle de système inventé par on ne sait qui et annoncée par Françosi Hollande dans son discours de Dijon.
Il s'agit donc d'une invention franco-française, un système hybride dont j'ai été très long à concevoir toute la finesse. En gros,, on prend deux cantons pour n'en faire qu'un seul ... mais il n'est pas sur qu'il conserve le nom de canton ... ne serait-ce que parce qu'avec la circonscription nouvelle disparait la notion de chef lieu de canton. Mais l'originalité du système est de proposer au vote l'élection d'un couple d'élu, une femme et un homme afin de s'assurer de la parité de la représentation.
Les avantages sont les suivants :
  • on assure la parité
  • on reste sur une logique de liste (même réduite)
  • on maintient l'ancrage local
Le problème est qu'il est difficile d'avoir le beurre et l'argent du beurre. Les électeurs vont voter pour un couple : un homme, une femme, élus sur une même liste. Rien ne dit  que ce couple puisse s'entrendre, même s'ils sont de bords sensiblement proches (ça, c'est le meilleur des cas, le couple sera souvent le fruit d'alliance politique d'autant qu'on aura pour chacun un suppléant de l'autre sexe, on aura donc une vraie petite liste  (par exemple à gauche, entre radicaux, communistes, socialistes, verts et personnalités locales, et on risque d'avoir la même configuration à droite) entre droite dure, molle, centristes etc... ).
Pour parler clair, le système est hybride non seulement en ce qu'il est sexuellement paritaire, mais aussi en ce qu'il est censé marier ancrage local et scrutin de liste. Le problème est précisément celui-là : qui sera légitime pour représenter le territoire nouveau, le territoire redessiné ?
Car le territoire sera redessiné. C'est légitime d'ailleurs. Les territoires évoluent et avec eux les enjeux, les populations qui arrivent ou qui délaissent tel ou tel secteur. Il faut bien revoir ça de temps en temps. Les territoires ont aussi beaucoup évolué du fait de l'intercommunalité qui a relié des communes anciennement rurales à des villes-centre, comme c'est le cas dans la communauté d'agglomération Seine-Eure. Bref, il faut redefinir les territoires et les découpages électoraux ... et l'on ne connaît pas d'exemple où quiconque se soit livré à cet exercice sans se faire accuser de charcutage électoral.
Là n'est pas le plus grave ! 
Le plus grave est que nous avions un choix à faire. Ce choix avait été timidement avancé par Sarkozy. Or, sur ce point, le gouvernement recule timidement poursuivant la logique de bricolage permettant de composer avec une organisation obsolète du territoire. Ainsi nous conservons nos 36.000 communes, elle-même reliées (toutes ou quasi) à une structure intercommunale (dont le mode de représentation ne change pas), un département, une région (mal découpée ... à l'exemple de la Normandie) et un Etat mal calibré qui n'a toujours pas pris la mesure des pouvoirs locaux, alors que lui-même en a de moins en moins.
Le pouvoir local doit être modernisé, s'adapter à l'Europe, vivifier la démocratie locale, ce sont là des impératifs en passe d'être manqués ...
Dommage !
  






 
Le candidat Hollande avait déclaré dans son discours de Dijon qu'il souhaitait mettre fin aux conseillers territoriaux instaurés par Nicolas Sarkozy.

lundi 23 janvier 2012

Ce n'est qu'un début ...

"C'est un discours qui pourrait plaire à Mélenchon, aux Verts, et aux électeurs de François Bayrou ..."
C'est là le meilleur jugement que j'ai pu entendre parmi l'ensemble des éloges décernées
à François Hollande. Il s'agit toutefosi d'un éloge involontaire, fourni par Roger Karoutchi, porte-parole de l'UMP ...
Sur que le discours n'était pas fait pour plaire aux membres de l'UMP. Nul ne s'en plaindra. C'était un vrai discours, enthousiasmant, structurant, qui présentait le candidat, qui présentait son projet devant une foule impressionnante ...
Tellement impressionnante cette foule que je n'ai pas pu entrer dans la salle. J'ai été mis dans une annexe (photo). Décompte rapide des présents dans cette salle annexe qui contenait ceux qui n'avaient pas été admis : (entre 5 et 7.500 personnes ... nombre de sièges pas tous remplis, mais presque) ... alors, effectivement, quand les organisateurs retiennent 25.000 partipants, je suis pleinement d'accord avec leur estimation.
Même dans l'annexe, l'ambiance était chaude. On sentait des militants ou de simples citoyens qui avaient envie d'une autre France, d'un autre projet, viable, ouvert, humaniste... un projet Français et de gauche. Le projet présenté par le meilleur candidat.


Un axe majeur au discours de mon candidat préféré : l'égalité comme projet.
Voilà, c'est l'axe de la transmission de nos devoirs d'humain envers les générations futures. La République rattrappe la France, pour reprendre l'expression de Françosi Hollande, elle rattrappe une France qui commençait à lui échapper depuis 5 ans ....
Voilà, j'ai obtenu ce dimanche ce que j'étais venu y chercher, des outils pour continuer de me battre pour une France de l'honneur et du projet.
C'était un premier grand meeting. Il y aura d'autres rendez-vous ...
Comme dirait l'autre, "ce n'est qu'un début..."
Et pour illustrer, une photo de presse de la vraie salle, celle à laquelle je n'ai pas eu accès ... Un rappel des plus grandes joies collectives ...

vendredi 18 novembre 2011

Le cheval bleu de ma folie

Je vis avec Federico Garcia Lorca depuis mon adolescence.

Dès treize ans, je fus fasciné par ce poète disparu, véhicule exotique d’une Espagne perdue, révélateur indispensable de la sensualité de la jeunesse en espérance.


De « la femme adultère » à "la complainte pour Ignacio Sanchez Mejias", ses vers résonnaient en profondeur pour me donner accès à un monde à jamais à l’abri de la médiocrité adulte.


Sans doute d’ailleurs, Federico Garcia Lorca est-il à l’origine du choix que je fis d’apprendre l’espagnol en classe de seconde … et d’y apprendre bien plus que l’espagnol.




Grâce à lui, j’ai donc eu pour professeur Ilario Ortega, auquel je tiens à rendre hommage, parce qu’il fut l’un de ces rares personnages qui subsistent dans la mémoire de toute une scolarité. Les clefs qu'il m'a donné pour comprendre le monde sont de celles que l'on n'égare pas, même si l'on est, comme moi, assez distrait.



Il a été le premier à évoquer devant moi l’homosexualité du plus connu des poètes espagnols, et l’importance de celle-ci dans son œuvre. Il nous avait dit aussi que les circonstances de sa mort étaient mystérieuses et que celle-ci était probablement due à la jalousie d’un amant franquiste … Sans tarder je reviens sur ces propos qu’il faut corriger immédiatement. Si la mort de Garcia Lorca est due à son homosexualité, elle est essentiellement politique et pas du tout la conséquence d’une déconvenue amoureuse.



C’est ce que nous apprend Ian Gibson, dans « le cheval bleu de ma folie », ouvrage qui retrace précisément la vie et la mort du grand poète espagnol sous l’angle de son homosexualité, en dehors des légendes et a priori mensongers qui ont pu être diffusés par ses thuriféraires …. Tant le mensonge arrangeait tout le monde.




Federico Garcia Lorca est mort à 36 ans, en pleine gloire. Son œuvre était reconnue au point que ses poèmes figuraient dans les ouvrages scolaires ce qui reste encore exceptionnel aujourd’hui. Avoir 36 ans et être enseigné à l'école !




Federico Garcia Lorca était assez célèbre pour en plus cacher son homosexualité et cela était bien sur insupportable dans la société espagnole de l’époque, comme elle l’était d’ailleurs dans toute l’Europe. Son grand ami d’un temps, le génial Luis Buñuel, bien que pourfendeur de la bien-pensance, ne s’en est pas moins éloigné de lui pour cette raison, en faisant pression sur Salvador Dali pour qu’il en fasse de même. C’est dire si de l’autre coté de l’Espagne, celle de droite, celle qui allait se mettre aux cotés de l’Eglise et de l’armée pour combattre la République espagnole, l’existence même de Garcia Lorca était insupportable.




Grenade, la ville de Garcia Lorca, était aux yeux du poète, représentative de la pire bourgeoisie espagnole.




Ainsi, dès que cela a commencé à chauffer, dès que l’armée rebelle s’est constituée contre la République engageant à partir du sud de l’Espagne une guerre qui allait durer 3 ans, la visite de Garcia Lorca dans sa famille a été vécue comme une occasion unique par les éléments les plus furieux de la droite grenadine.




Garcia Lorca a donc été kidnappé, torturé, et torturé en tant qu’homosexuel, avec des violences physiques et sexuelles sans ambigüités. « On lui a tiré dans le cul –à coup de pistolet- parce qu’il était pédé ». Des balles qui ont été probablement tirées pour le torturer, avant qu’il ne soit achevé … on ne sait encore comment puisqu’on n’a toujours pas trouvé le corps.[1]



Tous ces faits ont été cachés à l’Espagne. Dans le clan franquiste, tout d’abord, puisqu’il s’agissait d’une exécution sommaire, sans jugement, réalisée par une bande de brutes ayant pignon sur rue. Ils ont été cachés, double peine, par sa famille et toute une partie de ses proches à cause du tabou continuant de peser (mais quel progrès quand même ! Penser que l’Espagne autorise aujourd’hui le mariage homosexuel !!!) sur l’homosexualité.




Ainsi, le poète a-t-il subi une double peine, celle d’être ignoré dans son être profond par ses proches et ses amis … après avoir été précisément assassiné à cause de ce qu’il était par ses ennemis. Il est mort, il y a 75 ans, et, si l’on commence à percevoir l’essentiel, l’on ne sait toujours pas tout de ce personnage si célèbre. Ainsi en va-t-il des guerres et des dictatures, ces grands pourvoyeurs de mensonges.


Et voilà, 75 ans après, à cause de l'acharnement d'un auteur, la vérité se dépoussière de ses mensonges bien et malveillants. Rien que cela méritait l'hommage que je rends à cet ouvrage.













[1] Vous pouvez, comme je l’ai fait moi-même vous rendre à proximité de Grenade sur le lieu où l’on suppose que Federico a été assassiné… Vous pourrez laisser, comme tant d’autres, un petit mot de témoignage… encore une fois, rien ne prouve que ce soit là qu’il ait été assassiné, mais il s’agit d’un lieu de recueillement inoubliable.

mercredi 16 novembre 2011

L'art français de la guerre

NOTE DE LECTURE :
Goncourt 2011, l'art Français de la guerre d'Alexis Jenni

Nous, les petits Français de moins de 65 ans, faisons partie de générations qui ont eu cet immense bonheur de ne pas avoir connu la guerre sur notre territoire … Nous sommes entourés de guerres et nous sommes tous heureux de ne pas avoir à la vivre.
Plus personne même pour dire "il leur faudrait une bonne guerre". Les plus anciens ont vécu la guerre d’Algérie… Les plus jeunes n'ont même plus à faire le service militaire.
Pourtant, nous sommes entourés de guerres, nous vivons avec cette horreur culpabilisante et terrorisante. C’est au fond ce que raconte Alexis Jenni dans son livre « l’Art français de la guerre », qui vient d’avoir le prix Goncourt.
Alexis Jenni est un Lyonnais de 47 ans. C’est important parce que son livre est le livre d’une génération, ou plutôt un livre de générations, qui explique le monde d’où l’on vient, le monde où l’on vit et le monde où l’on va.
Le héros du livre est né en 1926 et s’engage à 17 ans en 1943, dans la Résistance tout d’abord puis dans la série de guerres qui vont scander la décolonisation de la France.
Le coup de génie de De Gaulle, que Jenni appelle son mensonge, au-delà du sauvetage de la Nation française, permet de masquer la série de défaites consécutive à l’inéluctable décolonisation, parallèle à la modernisation de notre monde.
La guerre est en nous, et pourtant, elle ne nous apporte rien. C’est finalement ce que savent déjà ceux qui se sont engagés dans la Résistance et qui leur rend insupportable la soumission de leurs contemporains.
Le combat n’est pourtant plus celui-là. La réflexion sur la guerre est aussi une réflexion sur la force. Une force qui montre toute sa vanité aujourd’hui en Syrie, en Egypte, en Tunisie face à un monde qui s’écroule parce que son heure est venu, comme il s’est écroulé dans toute l’Urss. Tout ce qui s’appuie sur la force est au fond de l’ordre de la nostalgie et de la réaction.
Il empêche alors de comprendre le monde tel qu’il est et de tracer des perspectives d’avenir.
Au final, sans doute le livre de Jenni est un ouvrage dont on ne pouvait se passer. Il est la belle conclusion d’une période qui se noue, il est aussi l’introduction d’un monde en train de se créer, qui ne sait pas où il va et que nous avons à construire.

jeudi 20 octobre 2011

وإذا أراد الله له

Inch Allah !

Si Dieu le veut ... Il ne s'agit pas de s'apitoyer sur le dictateur déchu, ni même de faire du décryptage d'image, je laisse ce talent à Dominique Schneiderman (Arrêt sur image) et à Gérard Lefort (qui fait mon bonheur le samedi matin dans Libération) ... Je laisse cependant cette image, parce qu'elle aura été longtemps, ce qui en soi laisse un malaise terrible, un peu semblable à celle qui a marqué la fin des Ceaucescu. Ce qui me restera de Khadhafi, au delà de sa dangerosité, de sa férocité, de son arrogance, de ses mensonges sur les infirmières Bulgares, sur le médecin Palestinien faussement accusés de d'avoir transmis le Sida, de l'attentat de Lockerbye, des caprices atroces de sa dynastie nous faisant revenir à l'époque des Borgia et des Pazzi, et de tous les attributs de la tyrannie, ce qui me restera et surtout ce qui restera à son peuple c'est cette volonté de poursuivre à tout prix une guerre qu'il avait déjà perdue.

Je viens de voir sur facebook une réflexion qui m'a tourné le sang : "paix a son âme il a combattu jusqu a la mort pour son peuple."

Or c'est précisément sur ce point que l'on peut, que l'on doit en vouloir à un dirigeant : le fait de poursuivre un combat perdu et d'y entraîner tout son peuple. Khadafi aurait pu tout faire : négocier avec les rebelles, organiser l'avenir du pays, préparer son départ, se faire sauter le caisson même ... il aurait pu tout faire sans précipiter son peuple dans une guerre absurde et cruelle dont il aura le plus grand mal à se remettre.

Non Khadafi, n'était pas un héros, quand même il a pu commettre quelques actes militaires héroïques (je ne me donne pas la peine de vérifier ... mais je crois que son seul acte héroïque a été le coup d'Etat de 1969). Sa fin est aussi atroce que ridicule. Elle n'a pas de sens, et en tout cas pas le sens de l'Etat, elle est l'image de cette déformation du pouvoir où celui-ci n'existe plus que pour lui-même, dans le cadre d'une atroce hystérie, et où tout projet collectif a disparu. Ce n'est pas l'image d'un révolutionnaire qui se bat jusqu'à la mort pour défendre ses idées mais celle d'un malade qui sème la contagion...

Alors, comment se remet-t-on d'une telle maladie ? Comment se remet-on d'une dictature ? Comment se remet on d'une guerre ?

En France, on a mis 50 ans pour reconnaître la mort de plus de 200 algériens sur les boulevards parisiens, on a mis 50 ans pour admettre le rôle de l'Etat dans la déportation des juifs, en Espagne, on n'a pas les plaies de la guerre civile de 36 continuent à suppurer, En Italie, le fascisme continue d'être dans les têtes. Combien de temps mettra-t-on de temps à se remettre au Rwanda de la volonté délibérée d'un allumé de déclencher le massacre d'une partie de son peuple par une autre ?

Le printemps arabe est un mouvement formidable. Quoi qu'il arrive, il laissera des traces positives, même si cela se fait après de brutaux retours en arrière... Plus rien ne sera comme avant.

Le printemps arabe met fin à ce que porte en soi le terrible وإذا أراد الله له , Inch Allah , comme formule de la soumission.

En même temps, curieusement, alors que les peuples ont leurs destins en mains, plus personne ne maîtrise plus rien. Les Tunisiens votent, mais en Egypte les diverses fractions de l'armée règlent leurs querelles en se réconciliant sur le dos des minorités religieuses, en instrumentalisant l'Islamisme. Je ne parle pas de la Syrie...

Oui, la politique est un jeu dangereux, parfois mortel. Mais le plus grand crime serait de se désinteresser de son avenir au Maghreb. Pour deux raisons.

La première, c'est pour solidarité élémentaire que nous avons avec tout ce qui est humain.

La deuxième est beaucoup plus égoïste. Notre avenir est aussi directement concerné par l'avenir des printemps arabes.

mardi 23 août 2011

Bravo Sarko ?






Nous avons assez critiqué Sarkozy et l’incohérence de toute sa politique, taxée si justement de conservatisme frénétique par Jacques Attali, pour rendre hommage à sa récente action menée en Libye.




Sur plan de la politique internationale, erreurs et faux pas se sont succédé sous la présidence Sarkozyste.




Il ne s’agissait pas de maladresses, mais de bien pire que ça : de fautes stratégiques, largement inspirées de la politique que le Président a voulu mettre sur pieds sitôt élu avec l’Union Méditerranéenne. Après son indigne discours de Dakar, ses tentatives avortées vis à vis de la Françafrique, son projet majeur s’est, lui-aussi, révélé être une absurdité totale et nous n’avons pas fini de payer les conséquences.




Rappelons que cette Union avait notamment pour but, dans un monde figé de mettre la France, pays développé, au cœur des processus de développement de la Méditerranée, porte de sortie permettant à la France de retrouver un leadership que l’Europe ne lui permettait pas d’atteindre.




A l’occasion, cela permettait à la France d’écarter la Turquie de l’Europe et de la placer sous la dépendance des autres pays méditerranéens.




Une catastrophe !




On l’a vu dès le départ lorsque la France a payé d’un ridicule absolu cette volonté de leadership en invitant Kadhafi à Paris ! Au lieu de la reconnaissance attendue, le gouvernement a recueilli la zizanie au sein du gouvernement, les rires de la presse internationale, et le mépris du tyran tout en replaçant celui-ci au cœur du concert des Nations.




On l’a vu par la suite lors des soulèvements en Tunisie, lorsqu’Alliot-Marie a proposé au dictateur Ben Ali, un soutien policier humanitaire alors que celui-ci utilisait déjà des snipers pour enrayer les manifestations qui donnaient le signal d’un changement radical des données au sud de la Méditerranée … voilà pour ce qui est de considérer le monde comme figé et de renier les valeurs républicaines d’universalité …




Mais il ne faut pas oublier non plus l’humiliation de la Turquie contre qui Sarkozy s’est battu afin qu’elle n’entre pas dans l’Union Européenne ! On n’ose croire qu’il s’agissait là d’un simple calcul électoral destiné à s’adjoindre sa frange xénophobe … La Turquie aurait pourtant été indispensable pour construire l’avenir de l’Europe que son éloignement a continué à affaiblir. Elle aurait aussi fait de l’Europe l’instrument nécessaire à une reconstruction démocratique rapide au sud de la Méditerranée.




Conséquence parallèle, en méprisant l’Union Européenne et sa construction, l’attitude de Sarkozy a entraîné une attitude parallèle de l’Allemagne, aboutissant à un affaiblissement de l’Europe qui n’avait pas besoin de ça,




Or, une Europe forte, c’est précisément ce dont nous aurions besoin pour aider au développement humain, démocratique et économique de la Méditerranée et de l’Afrique.




Ce dernier point permet de mesurer tout aussi bien l’utilité du coup politique de Sarkozy en Libye et de sa limite. Elle lui permettra de retrouver un peu de sa crédibilité mise à mal, mais ce qui se passe en Méditerranée mérite une vision prospective qui dépasse les intérêts nationaux immédiats, économiques ou militaires. Elle concerne bien au delà de la Méditerranée, même si l’on doit reconnaître que les événements de ces derniers jours permettent à la France de retrouver une place dans la diplomatie internationale… après avoir failli tout perdre !




Que les correctifs engagés par Sarkozy permette à la la France de s’engager dans une démarche qui place les valeurs de notre République au cœur de sa diplomatie.





mercredi 10 août 2011

L'Europe, la réponse à la crise...












Je me sens depuis longtemps l'âme d'un infatigable cabri : l'Europe, l'Europe, l'Europe. Bien sur, la crise fait trembler l'Europe, elle montre ses faiblesses... Et c'est bien pour ça qu'il faut qu'elle se renforce. Pour reprendre une formule qui a eu son temps : l'Europe est un combat... nous le menons ... et nous savons aussi que l'Europe a réussi à se renforcer précisément parce qu'elle était, qu'elle est la seule réponse à la crise. Espérons que notre optimisme ne sera pas démenti. Ci dessous un excellent article co-signé par notre radical ami Thierry Jeantet (à gauche) et Virgilio Dastoli, Président du mouvement Européen en Italie, paru dans le monde quelques jours avant la crise des bourses mondiales.


Oui, la réponse ne peut-être que politique et solidaire. La réponse c'est l'Europe ... celle qui redonnera du poids à la politique face aux finances, celle qui peut remettre l'économie au service de l'homme.









Créons d'urgence les Etats-Unis d'Europe



par Virgilio Dastoli, président du Mouvement européeen Italie et Thierry Jeantet, directeur d'un groupement européen d'économie sociale



Le Monde du 1er août 2011



Le renforcement de l'Union européenne dans le sens d'une plus grande intégration économique et politique se trouve une fois de plus menacé. Si les États membres ne s'engagent pas rapidement dans la bonne direction, le risque est fort d'un retour en arrière à une simple Europe des nations en conflit les unes contre les autres, brisant ainsi cinquante ans d'acquis et de succès communautaires (marché commun, libre circulation des personnes, politique agricole commune, paix, stabilité et prospérité, dont on mesure les bénéfices au regard des crises actuelles ailleurs dans le monde et souvent très proches de nous…).



Le traité de Lisbonne, conçu et élaboré entre 2002 et 2007, a montré les défauts d'un compromis intergouvernemental, qui sont apparus encore plus évidents après la crise financière internationale.



Quelques mois après son entrée en vigueur, les gouvernements avaient décidé d'ouvrir une procédure de modification du traité afin de rendre pérenne le mécanisme de soutien aux pays de la zone euro, indispensable pour éviter son éclatement.



Cependant, les modifications limitées décidées par les gouvernements ne sont ni en mesure de résoudre la question du gouvernement économique de l'Union européenne, ni appropriées pour répondre à la crise sociale que traversent déjà de plusieurs pays.



Par ailleurs, après le début des révoltes populaires dans un nombre croissant de pays arabes, les Européens ont montré leur incapacité à réagir en leur proposant une vision et une politique ambitieuse.






Dans ce contexte, le débat sur les deux voies alternatives pour l'avenir de l'Union européenne est relancé au sein de nombre de pays européens :



- La voie qui doit conduire l'Union européenne à parachever ce qui était l'objectif à sa création, sa finalité fédérale, et donc son évolution vers les Etats-Unis d'Europe, seuls à même de donner à l'Europe un poids dans le monde face aux grandes puissances et de modifier ensemble la trajectoire d'une mondialisation débridée en lui imposant des règles d'abord civiques, sociales, environnementales.



- Le chemin du retour en arrière, aux revendications des intérêts nationaux laissant place à des affrontements entre des groupes, plus ou moins volatils , de pays.



La place inquiétante laissée à la seconde voie est aujourd'hui évidente (cf l'absence de politiques économique ou de défense communes, la montée des populismes et nationalismes divers, la mise en cause des immigrés, mais aussi la montée des "indignations"…).



Nous plaidons, dans une première étape :



L'adoption en urgence d'un budget européen fondé exclusivement sur des ressources propres auxquelles il faudra ajouter les "euro-obligations". Donc capable d'assurer en même temps les fonctions d'allocation de ressources, notamment dans les domaines clés pour le futur de notre Europe, ceux de l'innovation, de la recherche, de l'énergie et de l'environnement, et les fonctions de redistribution propres à garantir la cohésion sociale et aussi territoriale interne et la solidarité externe, en premier lieu vers les pays de la Méditerranée méridionale. Il s'agit d'établir une politique de "Projets européens partagés" destinés à entraîner une croissance répondant à des critères d'efficacité sociale, environnementale, civique autant qu'économique et financière.



Un Fonds de développement et d'investissement public/privé devrait également soutenir cette ambition.



Nous proposons aussi que la politique d'aide au développement et des aides alimentaires devienne une compétence exclusive de l'Union européenne et qu'une vraie politique commune d'immigration soit finalement mise en place. Il faudra inscrire dans le budget européen les ressources aptes à doter l'Union européenne des moyens indispensables aux politiques européennes de maintien de la paix (peace keeping) et de consolidation de la paix (peace building) ainsi qu'à la sécurité externe. Ces politiques ont déjà montré la valeur ajoutée de l'Union par rapport à d'autres États, y compris les Etats-Unis, dans de nombreuses opérations sur plusieurs continents.



Dans une deuxième étape : Il faut aller rassembler tous les pays et les peuples qui partagent le principe de la supranationalité et acceptent le modèle fédéral dans un système constitutionnel nouveau : les Etats-Unis d'Europe.



La méthode que nous soutenons est celle d'une convention constituante se réunissant à l'automne 2014 et garantissant le rôle central du Parlement européen et associant la Commission européenne ainsi que les parlements et les gouvernements des pays prêts à accomplir un pas décisif vers les Etats-Unis d'Europe. Le texte issu de cette convention serait soumis à un référendum pan-européen.



L'agenda que nous suggérons est celui d'un avant-projet élaboré par le Parlement européen en temps utile avant le début de la campagne pour les élections européennes qui auront lieu en juin 2014 et une décision du Conseil européen au plus tard au début de la présidence italienne en juillet 2014.



Il faut oser plus d'Europe pour sortir de la crise tant sociale, économique que celle qui menace le fonctionnement même de nos démocratie.


lundi 13 juin 2011

Italie, le contre-coup du populisme !

Quel bonheur les amis !


Depuis que le référendum d'initiative populaire existe, c'est le premier scrutin qui a mobilisé plus de la moitié des inscrits, rendant son résultat directement applicable.

Les résultats sont à la mesure de l'événement : hors normes.

95 % des électeurs ont répondu oui aux 4 questions posées par référendum et qui remettaient en cause les lois votées par le parlement.


Deux questions portaient sur la gestion de l'eau, une autre portait sur la poursuite de la production d'énergie nucléaire et la quatrième portait sur l'immunité pénale du chef du gouvernement.
J'ai passé une partie de ces dernières années à consoler mes amis italiens désespérés et honteux d'appartenir à ce peuple qui avait hissé au pouvoir Silvio Berlusconi, le plus puissant des démagogues Européens, .

Depuis hier, plus personne n'a besoin d'être consolé ! Les mouchoirs ne sont plus là que pour essuyer des larmes de joie ! La gauche voit la terre, après des années de pot au noir...

Sur France Inter, Bernard Guetta soulignait ce matin à quel point la victoire échappait aux forces politiques traditionnelles et à la gauche en particulier. La gauche articulée autour du parti démocratique, n'a pas voulu ce référendum... Celui-ci a été prôné par de petits partis à faible audience... avant d'emporter dans ce projet toute la société Italienne. Il y a sans doute en Italie, comme ailleurs, un vent populaire créatif et méfiant vis à vis du corps politique traditionnel.



En Italie, plus qu'ailleurs, on sait à quel point la soumission aux élans populaires peut être un danger pour la démocratie. L'Italie a montré sa capacité a engendrer des monstres : Mussolini, le fascisme, Berlusconi, la mafia et la Ligue du Nord ...



Mais tôt ou tard, le démagogue montre son incapacité à gouverner un pays dans l'intérêt du peuple qui l'a élu... Berlusconi se fait rejeter comme les amants abusifs... Pour être élu, pour être aimé, il a beaucoup menti... il est à présent détesté.



Le fait d'avoir été abusé prend le pas sur tout le reste... et plus rien ne lui sera pardonné. Au fond, la question majeure était bien celle-là : Berlusconi doit-il être jugé ? Et le peuple a répondu oui.



Oui, alors que tant d'observateurs disaient que les discours indignés n'avaient pas prise, simplement parce que les Italiens, au fond, admiraient le cynisme de l'homme d'Etat... Cette capacité à s'attirer les faveurs de l'église, tout en organisant des orgies et en le revendiquant. Cette capacité à dénoncer le laxisme de la justice tout en lui reprochant de lui chercher des poux dans la tête ... Cette capacité à défendre la grande Italie tout en faisant alliance avec les sécessionnistes du Nord. Cette capacité à promouvoir l'Europe tout en en refusant le projet commun. Cette capacité à aguicher le peuple tout en le méprisant en continu... ce que le dernier numéro The economist, la revue britannique avait illustré d'un brutal : l'homme qui a niqué un pays tout entier.

Mais il est dans la nature humaine de ne pas supporter la moquerie au delà d'un certain seuil. Abraham Lincoln le disait :" Vous pouvez tromper une personne tout le temps, vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps."

Il est un temps où la vérité prend sa place, dans la joie ou la douleur.

On ne sait pas où va l'Italie. Elle se donne en tous les cas les moyens d'échapper à la catastrophe du mépris ... au même titre que la Tunisie, la Syrie, la Lybie, l'Egypte embrassent la douce incertitude de la liberté ! Il n'y a pas d'autre voie pour l'avenir des peuples.



lundi 2 mai 2011

Que du bonheur !





Michel Champredon nous rejoint et crée l'événement politique de la semaine dans la région.








Le blog de José Alcala (ici), référence départementale, a été le premier à se mettre sur le coup et depuis lors c'est tout ce que le département compte d'acteurs médiatiques et politiques qui s'agitent. Aussitôt après Franck Martin (ici)a souhaité à Michel Champredon la bienvenue parmi nous.





C'est un événement aussi et bien sur pour le parti radical de gauche. L'annonce en avait été faite par Jean Michel Baylet au comité directeur du 15 avril ... Jean Michel Baylet soulignant au passage le bon travail de la fédération de l'Eure, et intégrant dans ses rangs le maire de la ville radicale la plus importante du pays. Bel honneur, puisque ce titre, jusqu'à présent détenu par Bastia, a été longtemps celui de Michel Crépeau, maire de La Rochelle, .






Certains s'interrogent sur l'arrivée de Michel Champredon au sein des radicaux de gauche. Michel n'a-t-il pas eu longtemps sa carte au parti socialiste ?






Nul n'est parfait ! Mais nous venons tous de quelque part, et beaucoup de radicaux sont passés par la case socialiste... Je dirais même, la ville d'Evreux pourrait, sans doute,elle être socialiste aujourd'hui si le parti socialiste à la suite de ces calculs à deux balles, dont il est coutumier, ne s'était mis dans une situation dont les radicaux sont finalement les bénéficiaires.






Je connais Michel Champredon depuis assez longtemps. J'ai perçu, comme tout le monde son envie d'agir, son intelligence et sa capacité d'écoute sitôt qu'il a été élu en 1988, comme conseiller municipal à la mairie d'Evreux.






En 1995, à peine installé au cabinet de Franck Martin, j'ai reçu Michel Champredon dans le désordre et l'enthousiasme qui suit les prises de pouvoir. Je n'ai reçu que lui, parce que simplement, c'était le seul qui soit venu se demander comment la gauche avait fait pour reprendre le pouvoir à Louviers.






Et dans la démarche et le travail de Michel Champredon, la gauche lovérienne, celle qui a majoritairement rejoint le parti radical de gauche, est obligée de se reconnaître. Même volonté d'agir localement, dans une démarche républicaine, avec de l'écoute, et un projet... le tout lui valant l'hostilité de la machine hégémonique du premier parti de gauche.






Maintenant, du fait de l'adhésion de Michel Champredon, le radicalisme prend une nouvelle dimension dans le département.






A nous de montrer que la démarche républicaine est une démarche moderne en phase avec les aspirations locales et universelles.






A la journaliste de FR3 qui m'interrogeait ce matin, je tentais de démontrer que la démarche radicale était au centre de tous les débats. De quoi parle-t-on à gauche comme à droite, comme au centre ? De la République, cette république que les radicaux ont au coeur... Entend-t-on les socialistes parler de socialisme ? Pas du tout ... Ils se placent, à tous les niveaux dans une démarche radicale, sans être capable de se débarrasser des lourds fardeaux de leur histoire et de leurs histoires ....






Et que réclament les peuples tunisiens, égyptiens, libyens ? La démocratie ! La liberté, l'égalité, la fraternité... et la laïcité, c'est à dire nos valeurs... et plus personne n'est là pour réclamer le socialisme, signal loin d'être positif dans les pays méditerranéens!






Alors, maintenant, oui, avec Michel Champredon, avec Franck Martin, avec tous les radicaux, tous les républicains, nous avons pour tâche de constituer le socle actif des politiques locales, départementales, régionales et nationales... Rien que ça.






Nous nous battrons ensemble pour le développement des idées et des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés, dans le débat positif respectueux des individualités pour peu qu'elles recherchent le bien être collectif.






Bienvenue Michel, à toi, à tes amis, à tous ceux qui voudront nous rejoindre.






jeudi 14 octobre 2010

Le Scot assoit le territoire de l'agglomération Seine-Eure

L'Histoire nous enseigne que c'est parfois à très peu de chose près, qu'elle prend les virages définitifs. L'exemple le plus fameux est celui du choix de la République voté à une seule voix de majorité au 19e siècle. .
Le référendum sur Maastricht a gagné d'un souffle... et hier soir, c'est à 19 voix pour, 17 voix contre et un vote blanc que le territoire de la Case s'est définitivement assis avec le vote du Scot, Schéma de cohérence territoriale. Notre territoire de 70.000 habitants bloc cohérent situé entre la communauté d'agglomération de Rouen/Elbeuf, et celle d'Evreux... s'est donné les moyens d'exister ... Alors que tous les moyens, les arguments les plus fallacieux, les mauvaises fois, la montée en épingle de problèmes qui n'avaient rien à voir avec le Scot, tels que le projet de train dans la vallée de l'Iton, tout à été fait pour mettre en péril un projet construit patiemment depuis plus de 5 ans.... il y avait là un rappel tragique du plombier polonais et de l'échec du référendum de 2005 dont l'Europe ne se remet toujours pas !
On a eu là comme un rappel de notre culture franchouillarde, illustrée par le syndrome du village d'Asterix, fier de son individualité revêche qui limite l'action publique au décompte des casques romains ou des sangliers alors qu'en face le monde est en train de s'organiser...
C'est ce même comportement qui a fait dire à Jacques Attali que les Normands étant trop "c.." pour se mettre d'accord entre eux, l'État avait pour devoir de penser à leur place...
Là est sans doute la vraie victoire du vote du mercredi 13 octobre. Les représentants des communes ont fait prévaloir la force du projet collectif face aux exigences individuelles et aux craintes des représentants communaux qui sentaient un peu de pouvoir leur échapper. L'action publique, la réalité du pouvoir, le bon sens l'a emporté. Bravo !

PS : comme je le disais dans mon dernier message : l'urbanisme, clef de l'action locale... sans vote du Scot, c'est toute l'action locale qui en prenait pour son grade sur le territoire, s'en remettant à l'Etat. Ceux qui se sont battus contre le Scot l'ont fait au mépris du projet collectif.

lundi 22 mars 2010

Sarkozy est il fini ? (ter)

La droite abasourdie égrène des discours incompréhensibles. On en arrive à ce paradoxe que pour éviter de reconnaître sa défaite elle parle de victoire du parti socialiste. C'est le parti socialiste, au triomphe finalement modeste qui parle de défaite de Nicolas Sarkozy. Et pour cause !



Le fanfaron pensait encore il y a six mois, que la droite arriverait à apparaître comme vainqueur des Régionales en reprenant à la gauche 5 ou 6 régions ... on peut dire que c'est loupé.

En se plaçant au coeur de la vie politique, Sarkozy a pris tous les risques. Il a supprimé le rôle du premier ministre. Il a été partout. Il a tout promis. Au nom du culte du mouvement, il a immolé le Temps, et est privé à présent de tout moyen d'agir. Il se retrouve à présent sacrifié par lui-même.

Toute analyse des résultats renvoie à Nicolas Sarkozy. La droite le sait. Le fort taux d'abstention, la montée du Front National, tous ces éléments qui auraient en d'autres temps permis de modérer toute analyse sur le résultat de la gauche victorieuse, se retournent contre Sarkozy. "Travailler plus pour gagner plus", le bouclier fiscal, les indignations sécuritaires (qui se sont tragiquement traduites par l'annonce d'un mort qui ne l'était pas), les imprécations sur l'identité nationale, le bling bling, la politique people tout cela n'inspire plus qu'une nausée générale dans le peuple français qui finalement, parmi toutes les ironies demande par sondage à Sarkozy de se tenir comme un président de la République normal et, si possible, de ne pas se représenter en 2012... . Un Président qui se tienne bien, qui ne se mette pas les doigts dans le nez et qui ne dise pas de gros mots !
Seulement, en souhaitant cela, en exigeant cela en quelque sorte, le peuple français réduit à l'impuissance celui qui se jugeait au dessus de toute contingence.
Et que va-t-il faire maintenant... l'homme qui a sauvé la droite il y a six ans... Il y a six ans, souvenez-vous, quand on ne donnait aucune chance à la droite après la raclée qu'elle avait reçu à ces mêmes élections... Y aura-t-il un Sarkozy pour sauver la droite ou tout du moins un sauveur de la droite ?
Sera-t-il Villepin, Fillon ou Juppé ? Un autre sorti d'un improbable chapeau ?
Nicolas Sarkozy peut espérer à raison dans les divisions de la gauche, et du parti socialiste en particulier... A gauche, l'heure est au débat indispensable pour construire un projet alternatif cohérent pour affronter la crise...
Mais à droite ?
La cocotte minute explose... Tous les courants, toutes les personnalités, tous les publics traditionnels de la droite et ceux qui ont été convertis au sarkozysme sont en demande d'identité ... et plus personne ne veut réintégrer la machine. C'est la traduction de ce qu'Alain Juppé exprimait récemment : "je rencontre un certains nombre de gens qui me disent qu'ils ont voté Sarkozy et qu'ils le regrettent, je n'ai encore rencontré personne qui m'ait dit l'inverse".
Nous l'avons dit, le café radical a été le premier a poser clairement le problème il y a bientôt deux ans : "Sarkozy est-il fini ? "
A présent, c'est la France qui a répondu Oui !
Il reste que si Sarkozy est fini, ou tout du moins le promoteur du sarkozysme, la droite n'a pas dit son dernier mot et la gauche n'a pas dit son premier mot.
Tout reste à reconstruire. Rien n'est gagné ! Rien n'est perdu !
Sarkozy (encore lui) avait voulu faire croire en une fin de l'Histoire de France.
En fait, à présent tout commence.
Les cartes sont rebattues. La politique innovante, créatrice, écologiste, respectueuse dont la gauche, le peuple, la France ont besoin dans un contexte de crise particulièrement lourd est à construire. Le parti radical de gauche a été suivi par le parti socialiste dans son projet d'organiser des primaires qui doivent servir de cadre à ce débat populaire et politique. Il faut maintenant donner corps au projet.
La place est au débat.

mardi 29 décembre 2009

Un mort, ça sert à quoi ?

Erreur terrible. Je n'y croyais pas... Je ne pensais pas qu'un pouvoir puisse être assez aveugle pour envoyer à la mort un innocent au nom d'on sait quelle valeur d'exemplarité.
L'histoire d'Akmal Shaïkh est édifiante. La presse s'est fait l'écho de ce simple d'esprit embarqué dans un trafic de drogue par des manipulateurs sans scrupule. Il s'était rendu en Chine pour enregistrer un disque censé instaurer la paix dans le monde. La naïveté de son projet était peut-être plus grave encore, finalement, que le trafic de drogue au nom duquel il a été condamné... Sa chanson bêbête, illustré par un petit lapin prend d'un coup une tournure d'une exceptionnelle gravité... Et notre Akmal en devient malgré lui une icône de la lutte contre la peine de mort, dont la Chine est le triste champion du monde (selon l'ONG Amnesty International, la Chine procède chaque année à plus d'exécutions que l'ensemble des autres pays du monde, mais leur nombre exact reste un secret d'Etat. Amnesty estime le nombre d'exécutions en Chine en 2008 à 1.700).
Combien ça vaut un mort ?
Ci-dessus un manifestant iranien qui ne manifestera plus. Mais le pouvoir iranien sait déjà que sa répression sanglante ne mettra pas fin aux manifestations qui scandent la vie politique iranienne depuis les dernières élections. On avait accordé au fanatisme la force qui avait été nécessaire pour renverser le Shah en Iran, laissant place alors à la première république islamique de l'histoire. Une parenthèse historique peut-être ... la réaction du pouvoir face aux manifestants qui rejettent la fraude électorale montre bien son incapacité à résoudre les problèmes immenses de la société iranienne, et la volonté de sa jeunesse qui explose. Le langage de culpabilisation vis à vis de l'occident n'a pas de prise... La société iranienne, le pouvoir des mollahs semble s'effondrer de l'intérieur et la violence de la répression n'empêche rien de rien.
Les manifestations se radicalisent. On manifeste à visage découvert malgré la prison, les tortures et les poursuites judiciaires et de nombreuses photos montrent des policiers et des miliciens aux ordres du pouvoir se faire malmener par la foule.
Jusqu'où les pouvoirs dictatoriaux de Chine, d'Iran et d'ailleurs pensent ils devoir s'imposer par la terreur ?
La Chine essaie de maintenir le pouvoir d'un parti communiste dont les antiennes idéologiques ne sont même plus resservies ...
L'Iran essaie de maintenir le pouvoir d'une hiérarchie ecclésiastique dont les valeurs ont montré qu'elles étaient inadaptées à la société.
République Populaire de Chine, République islamique ? Allons, ce n'est pas ça la république... La république, c'est le pouvoir du peuple, c'est le courage du peuple contre l'oppression. La république c'est l'opposition à ces dictatures. La république, c'est le courage...

mardi 15 décembre 2009

Dans quel Etat j'erre ?


Entre les dérapages des uns et des autres, le débat sur l'identité nationale est proche de la chute... !

Nadine Morano, la plus vulgaire des ministres du gouvernement a rajouté son grain de sable au débat : elle attend des musulmans français qu'il ne parlent pas le verlan !

Bizarre, vous avez dit bizarre ...

Dans quelle boue s'enlise notre ministre qui confond jeune et arabe, arabe et musulman, musulman et verlan (faut le faire ?), le hijab et la casquette, le minaret et l'entonnoir ....

Visiblement, plus personne ne sait dans quels prés sont les vaches ...


Et finalement le peuple parle aux sondeurs dans toutes leur sagesse : 9% des français ont une vision plutôt positive du débat sur l'identité nationale, contre 42 % qui en ont une vision négative. Les autres se tâtent, c'est à dire qu'ils sentent qu'il y a quelque chose de pourri derrière ce débat ...

Et pourtant, n'y a-t-il rien à dire sur le fait d'être français aujourd'hui ? La notion de Nation, à la base de la République est-elle encore pertinente aujourd'hui ? Qu'est-ce qui fait qu'on se sent en France, qu'on se sent français ? La télé, l'école, notre président de la République ? Y a-t-il une culture Française ? Y a-t-il un projet français ? ...

Et ces questions sont elles sans intérêt ?

Pas forcément, c'est d'ailleurs ce dont nous débattons vendredi prochain à 18h45 à la brasserie "le jardin de Bigards" à Louviers

jeudi 10 décembre 2009

Jack Lang entre dans le débat



Le café radical reprend l'article du Nouvel Obs sur la prise de position de Jack Lang, à lire ci-dessous ...



Le député PS Jack Lang a estimé mercredi 9 décembre qu'il en avait "ras le bol" du débat sur l'identité nationale, un débat "destructeur", "diviseur" et il a proposé aux partis politiques d'élaborer ensemble une "charte nationale de l'immigration".
A Canal + l'ancien ministre a déclaré que le débat "vire à un débat sur l'immigration. Mais ras le bol, ras le bol ! On doit d'abord leur dire merci à tous ceux qui depuis, si longtemps, ont apporté pendant les guerres, leurs vies, musulmans ou pas, noirs ou blancs ou pas, ou Arabes".

"Pas un sujet d'affrontement mais un sujet d'accord"


"Je suis fier d'appartenir à une même nation. Je n'ai aucun doute sur la puissance de la nation française, sur la puissance de la République française", a-t-il lancé. "Je suis blessé par contre quand on voit que l'on montre du doigt des hommes, des femmes, ou une religion en particulier, la religion musulmane", a poursuivi le député du Pas-de-Calais.
"Ca suffit. Ce débat, il faut l'arrêter. C'est un débat qui est destructeur, qui est diviseur", a assuré Jack Lang.
"Cette histoire tourne mal. Il faut arrêter là", a martelé l'ancien ministre qui a proposé à tous les partis politiques de se réunir "autour d'une table".
"Essayons d'élaborer une charte nationale de l'immigration. Ce ne devrait pas être un sujet d'affrontement mais un sujet d'accord si l'on veut consolider la nation française", a-t-il suggéré.





Une excellente introduction au débat du vendredi 18 :



faut-il débattre de l'identité nationale ?


A signaler, l'intitulé du débat nous a été reproché... Faut-il débattre du débat ? Mais oui, le café radical assume l'intitulé : avec les réactions vives qu'il a déjà provoquées.
Le café radical n'est pas une préfecture
Le café radical en tous les cas ne s'insère pas dans le débat national ... celui là même refusé par Jack Lang et Benjamin Stora ce matin sur France Inter ... où il a déclaré qu'on pouvait sans doute débattre de la place de l'islam dans la France d'aujourd'hui, débattre de la question nationale, mais pas l'identité nationale et en particulier dans les préfectures, lieu où l'identité nationale est plus tranchée que débattue, renvoyant à des situations d'identité inviduelles avec de terribles conséquences.
On voit même d'ailleurs à quel point Sarkozy essaie de se débarasser du bâton merdeux...


prochain café radical : Faut-il débattre de l'identité nationale
vendredi 18 décembre à 18h45, brasserie Le Jardin de Bigards 39 rue du Quai à Louviers