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mardi 3 novembre 2015

Sur Rama Yade, un texte d'Hervé Causse ..


La sémillante Rama YADE exclue du parti radical valoisien.
Au delà de la question de son sort personnel, son exclusion,
est typique du fonctionnement des partis politiques.
A priori, pas de raison d'évoquer l'exclusion du parti radical (pas de gauche, je précise, du parti radical valoisien comme on dit) de Rama YADE.
D'abord, comme on dit, ça ne se passe pas chez nous. Ensuite, l'ex-égérie Sarkozyste n'a pas, loin de là que des aspects sympathiques et ses prises de positions erratiques n'engagent pas à la suivre aveuglément ...
Hervé CAUSSE, outre le fait qu'il a animé à
Louviers un café radical est passionné de droit
et de politique. Son analyse balaye le
fonctionnement de nos partis politiques à
partir de l'exemple de Rama YADE
Sauf que, précisément, il ne s'agit pas de la suivre aveuglément, ni même de lui donner raison. Il s'agit juste d'une étude menée par notre ami Hervé CAUSSE qui à partir de ce fait qui pourrait sembler relever de l'anecdote pose clairement la question du fonctionnement des partis, cette pièce essentielle du fonctionnement démocratique. Par voie de conséquence, on en vient à se demander ce qu'est un parti poltiique et cela nous concerne tous, même ceux d'entre nous qui n'ont jamais eu une carte à aucun parti politique. Une thème de réflexions en tous les cas.
Merci Hervé






Qu'est-ce qu'un parti politique ? Non une organisation qui appartient à  certains, d'autant plus que ce associations sont, de fait et de droit, alimentées par des fonds publics.


Les partis politiques ne sont pas très forts en droit, à l'image de la plupart des organisations.


Il est vrai qu'à  force de faire un droit compliqué.. personne n'a plus envie de Droit ou ne sait plus l'appliquer.


La politique et le droit, ainsi, il est vrai, cela fait deux... dans une France qui a perdu ses premières valeurs républicaines : le respect du droit et des juges. 


On peut même dire que la politique, le droit et la justice cela fait trois.

Sans être un défenseur de Rama YADE, je reste étonné d'une situation au Parti radical (UDI). Naturellement, l'idée que l'on ne doit pas s'occuper de ce qui se passe dans les autres partis, toujours avancée, jamais expliquée, n'est pas fondée. Les grands partis se financent avec l'argent public et tout citoyen peut jeter un œil sur leur fonctionnement.


Au Parti radical, les sanctions les plus graves peuvent être prises de façon surprenante, sur une motivation légère. Rama YADE aurait été  exclue écrit Le Monde (sans transition) :




Selon la décision de la commission de discipline, lui sont reprochés :
  • « La volonté de dénigrer d'une manière constante et systématique, par voie médiatique, les instances du parti, comme son président, mettant gravement en cause l'image du parti dans l'opinion publique et auprès des adhérents.»
  • « L'utilisation interdite des fichiers du parti. »
  • « La prise de position en faveur du vote blanc » lors d'une Élection législative partielle dans le Doubs, que le PS a remporté, en février, face au Front national.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/10/29/rama-yade-a-ete-exclue-du-parti-radical_4799666_823448.html#lKVJ7jLr8F6Kzv6q.99


Sur les 3 motifs :


- tout adhérent a  le droit de critiquer sa direction nationale, surtout s'il a été candidat à la présidence et risque de l'être ; les dirigeants qui ne sont pas d'accord avec cela doivent sinon préférer agir dans le cadre d'une SA, SARL ou Société civile dans laquelle ils détiendront la majorité par un bloc de contrôle ; il est vrai que la démocratie est tombée si bas que, dans la plupart des organisation, le meilleur moyen de grimper est aujourd'hui de se coucher bien à  plat ventre ; bon, à  force de faire comme cela, de se mettre au ras du sol, on voit le FN très haut, si haut... Et ne croyez pas que ce ne soient que des images.


- l'utilisation interdite de fichiers ; cela mérite d'être un peu plus précis y compris pour la presse ; les fichiers ont-ils été volés ? Si oui il fallait déposer un plainte pénale : on ne peut pas convaincre quelqu'un de vol devant une commission de discipline, alors que ce fait suppose une enquête parfaitement objective avec des moyens d'investigations que seuls ont la PJ et le juge judiciaire ! Sauf aveu naturellement. En revanche, si les fichiers n'ont pas été volés, leur transmission laisse entendre à  une autorisation d'utilisation, à défaut, pourquoi auraient-ils été transmis ?! Ou bien on reproche à l'intéressée une faute initiale de la direction du parti ?!


- le vote blanc dans une élection où le parti excluant n'est pas partie prenante n'est pas anodine ; ce serait manifestement une faute si l'orientation de vote était stipulée dans les statuts ou dans un texte normatif du parti de valeur équivalente (un règlement interne si les statuts prévoient un tel règlement) ; en effet, en l'espèce, on ne peut pas ignorer que le Parti radical appartient à l'UDI dans lequel il doit y avoir nombre d'élus et cadres (même si ce n'est pas une majorité qui partagent cette opinion d'un vote blanc (inutile de dire que je ne fais pas une analyse politique ou un jugement politique mais une approche juridique). La question du pacte républicain est en effet un débat qui occupe le plus large public, au-delà  des partis, et personne ne peut être sûr que le bloc républicain ne soit pas la dernière condition ou attitude pour que le FN parvienne au pouvoir ! Pour qu'il apparaisse clairement comme la seule "alternative" !!!

Ce sont en effet ces milliers de petites ou moins petites injustices qui forgent le sentiment général d'injustice qui est l'une des pompes à voix du FN. 


Ne voyez pas cela comme un paradoxe. Ce serait un contresens. C'est juste une démonstration.


Par avance merci à ceux qui voudront bien réagir à ce papier.

 

vendredi 21 juin 2013

Place Taksim à Rio et Mai au mois de juin ...

Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ?



Ça se passe à Rio de Janeiro, en juin 2013. Une nouvelle image de la ville se
 dessine , qui va au delà du festival, de Copacabana et de la Maracaña ...
Le Brésil n'est pas la France, et Erdogan n'est pas de Gaulle...  mais ce qui se passe en Turquie, au Brésil nous a un goût de mai 68 qu'on ne peut expurger.Bien sur, il en est des révoltes comme des manifestations culturelles, elles ont toutes un aspect profondément national, liées à leur histoire et à l'organisation des pouvoirs.

Place Taksim, un changement radical de l'image des
jeunes Turcs ... et de la Turquie toute entière.
Le printemps arabe a touché d'anciennes terres colonisées, vivant sous le joug de dictatures terribles, maintenant la grande majorité de leur population dans la misère, tout en leur offrant le spectacle permanent de nos  sociétés idéalisées par voie télévisée ou numérisée. De ce point de vue là, la Méditerranée ressemblait au mur de Berlin avant qu'il ne cède il y a maintenant à peu près 25 ans. Certes, le mur a cédé moins facilement, les nouveaux pouvoirs en Libye, en Tunisie, en Egypte sont fragiles, et le présent et l'avenir de la Syrie font froid dans le dos. Tout cela nous montre d'ailleurs tout ce que nous devons à l'Europe. Ne l'oublions jamais, l'Espagne, le Portugal, et même et surtout la Grèce sont devenues des démocraties grâce à l'Europe. Son existence ont protégé la Pologne, la Roumanie,  les Etats Baltes d'un hiver glacial et sa mission est d'éviter que la Hongrie ne serve de tête de ponts aux tourments populistes qui nous menacent.
Jeunes filles turques en attente  d'une société plus ouverte. Elles
ont donné une coloration féministe au mouvement jeune, écologiste,
 anticonsumériste, en quête d'égalité et de qualité de vie.
Les révoltes Turques et Brésiliennes n'entrent pas dans ce cas de figure, même si elles s'appuient pareillement sur une jeunesse en quête de liberté. Elles ont eu lieu dans des pays fascinant le monde économique par la hauteur de leur taux de croissance depuis plusieurs décennies et surtout dans un pays où les élections ont lieu depuis des années et où l'on ne tire pas à balle réelle sur les manifestants.
Les révoltes arrivent toujours comme une surprise. Qui aurait pu prévoir qu'une manifestation étudiante au sujet de la guerre du Vietnam allait donner lieu à mai 68 ? Qui aurait pu prévoir qu'une protestation contre la fermeture d'un jardin public provoquerait des manifestations dans toute la Turquie ? Qui aurait pu prévoir que l'organisation de la coupe du monde de football pourrait prévoir au Brésil une révolte populaire ? A chaque fois c'est à n'y rien comprendre à la politique ... !
Et pourtant ... la politique, c'est ça, précisément ! Quand il ne s'agit plus de prévoir, puisque l'on n'a pas prévu ce que personne ne pouvait prévoir. Dans ce type de situation, tout le monde est idiot et les donneurs de leçons plus que les autres encore ... (Pour le plaisir, repassons nous les remarquables paroles du ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy à l'aube du printemps arabe)...
La politique, c'est ça, être capable de de sentir ce qui se passe et de sentir ses propres limites, être capable de chevaucher l'histoire en furie, de la comprendre pour mieux suivre son cap. Pour reprendre le mot de Rimbaud : être absolument moderne.
En hommage au Brésil, à mai 68, au monde qui bouge, aux gens qui se rencontrent et aux musiques qui s'élèvent, cette chanson de Claude Nougaro, traduisant avec grâce les doutes de la jeunesse de son époque. Elle a bercé mon adolescence...


  








lundi 27 mai 2013

La droite décomposée ...

Manif à Evreux, à l'occasion de la venue du premier ministre.
Ils n'étaient qu'une petite cinquantaine dans ce combat dérisoire
 et scandaleux qui consistait à défendre l'image dépassée de la
  famille quand Jean-Marc Ayrault venait mettre en place un
système d'alerte pour femme battue.
La révolte contre une société plus ouverte est heureusement sans avenir.
Au fond d'eux mêmes, les dirigeants de droite sont d'accord avec la gauche et la majorité de la population française qui défend le droit à l'égalité pour tous dans le mariage.
Les politiques ne se grandissent jamais à envoyer leurs troupes se fourvoyer dans les combats qu'ils savent perdus.
Les hommen, bande de joyeux imbéciles fascinés par la lutte
anarcho-féministe des femen. Rien de neuf sous le soleil,
La jeunesse des quartiers chics s'encanaille en mimant les rites
de contestation. Au 19e siècle, on se formait à la bagarre pour
amener les ouvriers au respect de l'ordre social.
.
Leur attitude est  dérisoire lorsqu'ils mènent ce combat au nom de la vérité (un papa et une maman (slogan complétement décalé par rapport à l'évolution de la société), il est scandaleux quand il est mené au nom de l'efficacité politique. Comment pourront-ils, comment peuvent  être pris au sérieux.
Alors, bien sur, il y a les colères, il y a les révoltes et l'envie d'en découdre. Mais pour contredire le slogan maoïste qui disait qu'on a toujours raison d'être en colère, disons que  la colère est là précisément pour donner l'illusion de la raison...
Ainsi donc, le vote du mariage pour tous, a fait cruellement ébranler toutes les certitudes des catholiques intégristes. Plus la société évolue, et moins leurs mouvements, leur rites, n'ont de sens.
En fait, en prenant partie contre un monde qui s'ouvre au monde, contre un monde qui refuse de tenir compte de leur vision étroite, les manifestants s'enfoncent dans le discours infantile de ceux qui refusent de grandir. Là est sans doute le fond de leur désarroi et de leur slogan : un papa et une maman., nous voulons rester des enfants.
A cet égard, l'attitude de Fillon, de Bruno Lemaire, de Kosciusko Morizet et Juppé même est juste une attitude adulte et est à l'honneur de la politique.
Reste l'attitude de Copé et ses calculs à deux euros !
La droite a pris goût à la manifestation et au plaisir de masse. Une faible marge s'est encanaillée et a pris goût au combat de rues, s'attaquant au crs et aux journalistes. Cette faible marge va se construire en politique à la droite du front national ... et cela durera ce que cela durera. Comme dirait l'autre ça leur passera avant que ça me reprenne (enfin, je ne fais que faire un parallèle hardi entre la révolte gauchiste et celle des enfants des beaux quartiers).
Le 27 mai a été le baroud d'honneur d'un mouvement qui n'a pas de sens et qui a fait rêver une partie de la droite incapable d'admettre le jeu démocratique et le fait qu'elle est dans l'opposition. Maintenant, le rêve est fini. La droite va se rendre compte qu'elle a perdu beaucoup de temps là où elle pensait en gagner. Après le burlesque épisode de la guerre Copé/Fillon, elle a travaillé à augmenter le nombre de ses déçus, alors même qu'elle n'a pas commencé à élaborer le début d'un programme. Les plus lucides de ses représentants en mesurent déjà  le gâchis !
 

 


mardi 23 avril 2013

quels changements pour les élections communales, départementales et la désignation des délégués intercommunaux

On en a peu parlé tant l'actualité s'est partagée entre libérations d'otages, mariages pour tous et attentats sur le marathon de Boston, mais la Loi relative aux élections locales a définitivement été adoptée par l'assemblée nationale le 17 avril 2013. Peu de changements par rapport à ce qui était prévu, mais quand  même, il y a des changements de taille, marque d'une nette évolution.
Les modifications marquent les scrutins municipaux, la désignation des délégués intercommunaux et les nouveaux conseillers départementaux.

binôme et département

Le changement majeur vient du département. La loi lui redonne ses lettres de noblesse, alors que la loi précédente visait à leur disparition, avec des conseillers territoriaux qui auraient en même temps traité des problèmes régionaux et départementaux. C'est fini !
Tout ne redevient cependant pas comme avant. On a beaucoup glosé sur les binômes départementaux ... la mixité et la double représentation d'un territoire ... maintenant cela entre en application. Nous aurons donc deux fois moins de cantons, mais ceux-ci seront représentés par deux conseillers départementaux de sexe différent. A noter, que pour se présenter sur un canton, il y aura deux candidats et deux suppléants, chaque candidat ayant un suppléant de même sexe afin d'assurer une parfaite parité en cas de suppléance. Nous allons sur un système de représentation unique au monde, puisque chaque canton sera représenté par deux personnes à la fois. On est sur un système de liste a minima, des frottements sont prévisibles, mais a priori, la stabilité politique de l'institution est assurée. Elle l'est d'autant plus que, pour la première fois de son histoire, le département sera élu d'un seul coup et ne sera plus renouvelé par tiers.
Enfin, en ce qui concerne la commission permanente et la répartition des postes, ceux-ci devront respecter strictement la parité.

intercommunalité

On ne touche à rien, ou à presque rien, les changements majeurs ayant déjà eu lieu. L'émiettement des communes n'est pas remis en cause, ni même que l'organisation intercommunale par la Loi.
Les délégués intercommunaux font place aux conseillers communautaires. Ceux-ci sont désignés en tant que tel sur le bulletin électoral. Cela veut dire que la liste de conseillers est strictement paritaire et que la mixité sera beaucoup mieux assurée au sein des communautés de communes et d'agglomération.

communes

Changement majeur : le seuil de 3.500 habitants qui séparait les communes soumises au scrutin par liste de celles ayant droit aux panachages passe à 1.000. a partir de ce seuil, donc, listes paritaires, scrutin proportionnel de même type pour toutes les communes qu'elles aient plus de 100.000 habitants ou un millier.

ce qui n'est pas dit dans la loi ...

et qui se susurre, serait les conséquences de ladite loi sur l'organisation des élections. En effet, le fait de changer, même légèrement, les règles du scrutin devrait se traduire par un report de la date des élections qui auraient dû se dérouler en mars 2014. Il est probable qu'elles se déroulent en mai ... soit un peu plus d'un an après la modification électorale ... à voir. Le décret ministériel sera prochainement rendu, après avis du conseil d'Etat.  
.



lundi 15 avril 2013

Davezies parle aux territoires ...

 Nous en avions déjà parlé lors de la sortie remarquée de son ouvrage "La crise qui vient". En fait, Laurent Davezies s'amuse lui-même du titre, dramatisant, catastrophiste, dont il n'est pas à l'origine. Le sens du titre n'évoque pas une crise à venir, mais l'évolution de la crise qui est là, depuis 2008, et qui frappe diversement les territoires. La crise qui vient, c'est donc la crise telle qu'elle évolue, telle qu'elle nous touche et nous touchera, plutôt qu'une crise qui sera encore plus terrible que ce qu'elle est actuellement.
Je vous propose d'écouter la conférence que Laurent Davezies a faite devant les cadres territoriaux en formation à Strasbourg, en cliquant  . 
L'auteur  en livre un peu plus sur l'état de sa réflexion qui touche sur la répartition des richesses entre territoires, les conséquences sur la vie des habitants, la mobilité de ceux-ci (eh oui !... parce qu'ils peuvent partir les habitants, et dans le cadre d'un territoire en crise, la débauche de moyens pour les faire rester n'est pas obligatoirement intéressante).

Laurent Davezies, économiste avant d'être démographe, insiste sur le fait de l'évolution de l'emploi féminin depuis la fin de la deuxième guerre mondiale qui s'est développé sur le marché de l'emploi non qualifié, un marché où la main d'œuvre masculine a marqué un recul considérable, aboutissant lors des crises de l'emploi à un bouleversement complet des valeurs. Laurent Davezies, qui en parle dans son livre, mais pas dans la conférence ci-dessous, fait d'ailleurs un lien entre ce phénomène et la montée du front national, lorsque les hommes, référent social par excellence, se retrouve relégué à l'inutilité et à l'isolement dans un territoire en crise. Mais ce qui se passe à l'intérieur des territoires, n'est qu'une conséquence de la manière dont on considère les territoires en fonction d'une politique Nationale.
Ainsi est il question y parle des indépendantismes, forcément, qui titillent les régions riches, on y parle de la Corse, et de la réaction de Chevènement à la suite de l'assassinat du Préfet Erignac : combien coûte la corse ? 
Réaction étonnante de la part de Chevènement, amoureux de la Nation tel qu'on le connaît ... car une Région qui coûte aujourd'hui peut être une Région qui rapporte demain, et qu'à tout prendre, la solidarité est une part majeure de la force des Nations.
La volonté pour les régions riches de s'affranchir ne date pas d'hier et n'est pas propre à la France. De l'anecdotique Baltimore, au Nord du Mexique, en passant par les basques espagnols, les leghistes italiens d'Umberto Bossi, et les écossais voulant profiter de la manne pétrolière (mais qui risquent d'être indépendant quand le sous-sol en sera vidé) notre monde fourmille d'exemples de velléités politiques s'appuyant sur une prétendue rationalité économique.
Pourtant, en France, les contre-exemples sont nombreux ...Si l'on avait laissé tomber la Bretagne à l'aube des années 60 pour cause de non rentabilité économique, on ne connaitrait certes pas le problème de l'aéroport de Notre Dame des Landes, mais la France serait privé de l'un de ses principaux moteurs économiques. De même, le Nord pas de Calais est aujourd'hui un territoire sous perfusion ... alors qu'il était la ressource majeure de l'économie Française d'après-guerre.
Car les territoires bougent. et quoi qu'il en coûte, le rôle de la politique est bien de leur permettre d'exister. A ce sujet, Laurent Davezies explique pourquoi il s'oppose à la notion de compétitivité des territoires qui posent une fausse problématique. La solidarité y est indispensable. Les élus défendent leurs territoires, et, comme dit Laurent Davezies, les élus se battent toujours pour ce pour quoi ils ont été élus. Or, la politique efficace n'est pas toujours dans la compétitivité des territoires lorsque ceux-ci sont en perte de vitesse.
Bref, une conférence passionnante, mais qui prendra quand même 2 heures de votre temps... 
A noter aussi un piège soulevé par Laurent Davezies et qui concerne l'impact de l'emploi public dans les territoires. Tout en rappelant que le prix du service est forcément plus lourd dans les territoires ruraux, en fonction des coûts incompressibles (une classe est plus chère dans le Cantal qu'en Seine-Saint-Denis, par exemple), il souligne que les statistiques de l'Insee raisonnent en terme d'emplois publics plus qu'en terme de service. Le service de l'eau, par exemple, sera considéré comme un service public s'il est en régie, alors qu'il sera celui d'une entreprise privée en cas de délégation de service public, quand bien même le service rendu est le même.  
Deux points enfin sont évoqués par Laurent Davezies, l'un touchant au cumul des mandats et l'autre aux pôles métropolitains.
En suivant la logique de son axiome "les élus se battent d'abord sur ce sur quoi il sont élus", Laurent Davezies situe bien la limite du cumul des mandats qui figent le regard de l'élu en fonction du territoire qu'il représente. le cumul a au moins cet avantage d'offrir une autre perspective à l'élu, selon qu'il est maire ou conseiller régional ou général ou représentant de la Nation.
Un autre exemple : celui du pôle métropolitain et de son mode de représentation anti-démocratique. Par nature, l'élu aura naturellement tendance à défendre le territoire qu'il représente rendant inutile, voire nuisible sa réflexion dans le cadre d'une vision supra territoriale.
Amusante perspective qui a effectivement nourri le débat des représentations à la Case, où Franck Martin avait refusé que le maire de Val de Reuil, en ce qu'il se montrait incapable de représenter autre chose que les intérêts de sa commune.
tout ceci montre la complexité et la difficulté du système de représentation à la Française qu'il convient de réformer d'urgence. Las, le recul gouvernemental en la matière est patent. Les lobbies représentant les élus locaux ont encore eu gain de cause en faisant morceler le projet de réforme si nécessaire. On se limite dans un premier temps aux Métropoles, c'est à dire à ce qui ne satisfait que quelques urgences locales (Lyon, Nice et Rouen) ... mais la nouvelle redéfinition des communes et des intercommunalités, qui sont le nœud du problème, attendront ... Jusqu'à quand ?

vendredi 30 novembre 2012

au delà des caricatures ...

Peut on agir pour une nouvelle finance ?

 
 
La peur de la finance ne date pas d'hier.
Il se dit même que certaines campagnes antisémites, au moyen-âge, étaient sciemment et savamment organisées pour résoudre certains problèmes de dette en supprimant les usuriers, cette profession étant réservée aux juifs par volonté de l'église.

Hervé Causse qui animera le café radical fera
un plaidoyer pour une nouvelle finance. Pour
un lien avec direct droit, son blog de
référence, cliquer là
Il est possible que ce soit une vision caricaturale de l'histoire, de celles qui expliquent, qui arrangent les esprits, de même que celles qui hantent nos cerveaux modernes sur le monde financier. Bien sur, nous avons ces fortunes qui toisent cyniquement les misères du monde, ces bourses qui font grimper les valeurs des entreprises qui licencient, les Kerviel qui liquident, le temps d'un clic informatique le montant du budget annuel d'un pays en voie de développement... Le tout lié à la difficulté d'emprunter pour les petites (mais pas seulement) entreprises, les états endettés au point de mettre en péril leur protection sociale, l'Euro au bord du gouffre ... Tout cela nous démontre la fragilité des certitudes les mieux établies. La Grèce, un état développé, intégré, est en train d'appeler au secours les partenaires européens les puissants. Mais ceux-ci ne répondent pas, non pas tant en raison d'un égoïsme national qu'en fonction du fait qu'ils sont  pris en tenaille par les logiques financières, les intérêts bancaires et leur classement par les agences de notation.



Une caricature suisse à la suite de l'élection de François Hollande.
Même si Hollande n'était pas le candidat des banquiers, la volonté
politique du président est contrainte de tenir compte des réalités
financières. 
Oui, la finance est folle ! Elle est même l'ennemie a déclaré François Hollande au cours de la campagne électorale qui allait l'amener à la présidence de la République.
A peine élu, le voilà accusé de donner de l'argent aux banques et de se laisser dominer par les logiques financières.
Pourtant, le projet de banque publique d'investissement est déjà passé de promesse de campagne à celui de réalité politique.
Reste à définir l'organisation de la structure, ses liens avec l'Etat et son rôle vis à vis de notre industrie en péril. Reste à définir ce qu'elle apportera de plus aux entreprises que ce que pouvait offrir Oseo, structure non banquaire d'aide économique.

Ci-dessus la vision désabusée de la politique américaine sous
l'emprise de la finance. Pourtant seule la politique peut avoir
les moyens de définir de nouvelles règles financières.
La finance est folle, elle est notre ennemie, n'empêche, aucune action politique n'est possible sans qu'on comprenne ses mécanismes, ses errements, ne serait-ce que pour les corriger.
Mieux comprendre, mieux agir, voilà ce à quoi vous invite le café radical qui se tiendra vendredi prochain à 18h30
au Jardin de Bigards,
39 rue du Quai à Louviers :

La finance est elle notre ennemie ?

débat animé par Hervé Causse maître de recherche à l'université de Clermont Ferrand, spécialiste de droit financier.








jeudi 29 novembre 2012

Ce qui me gène à Notre Dame des Landes



L'époque n'est plus aux grands projts nationaux, de plus en
plus rares. La mobilisation nationale peut faire échouer un projet
local, certes, mais cela risque de se retourner politiquement
contre les auteurs de la mobilisation.
Je ne me prononcerai pas ici sur l’adéquation ou non du projet d’aéroport du grand Ouest à Notre Dame des Landes.

L’une des forces de ce projet est précisément qu’il est un projet local, voulu par des autorités régionales et qu’il ne s’agit donc pas d’un projet d’Etat, comme l’était le camp militaire du Larzac ou comme peuvent l’être des projets de centrales nucléaires par exemple.

Il s’agit de construire un grand aéroport du Grand Ouest. A priori, cela semble intéressant et pour plusieurs raisons d’où les logiques environnementales et économiques ne sont pas absentes.

La première, il s’agit d’un vrai désenclavement parisien.

En matière d’aéroport, la France vit toujours selon son vieux modèle centralisateur, ce qui fait que la France a vu se multiplier des petits et voire de micro-aéroports rendant impossible une rationalisation du transport aérien. Je constate d’ailleurs que les régionalistes bretons sont favorables au projet. A priori, en tant que fédéraliste, je me vois mal m’opposer à un projet mis au point dans une logique interrégionale, et décidée en fonction d’arguments locaux. Il ne s’agit pas d’un caprice de l’ancien maire de Nantes, au détriment du maire de Rennes… non, toutes les collectivités se sont mises d’accord là-dessus.
Jean-Luc Mélenchon mêlant sa voix aux opposants de
l'Ayroport. De la part d'un productiviste forcené, difficile de
ne pas y voir d'arrière pensées.

La deuxième, il s’agit d’une démarche économique cohérente. L’agglomération de Nantes est l’une des plus grandes de France, elle est en perpétuelle croissance démographique. La réussite démographique et économique tient à sa modernité et à sa capacité à accueillir et à échanger. C’est grâce à cela que la Bretagne a réussi à se développer malgré sa distance vis-à-vis des centres économiques.

La troisième, le projet, déjà ancien répond cependant, parce qu’il s’est enrichi et amélioré à des normes de haute qualité environnementale.

Oui, mais il y a la nostalgie.

Ainsi, nous voyons se mêler bras dessus bras dessous Jean-Luc Mélenchon, écologistes, anarchistes et petit propriétaires dans une lutte unitaire où chacun fait germer ses arrière-pensées.  

Qu’importe si le centralisateur productiviste Mélenchon est au fond l’ennemi acharné d’une démarche écologiste. L’idée est bien de situer l’ennemi, et de faire éclater l’alliance écolo-socialiste. Ça tombe bien, Jean-Marc Ayrault, défenseur du projet est aussi premier ministre. Ainsi peut-on faire passer le projet pour une volonté de l’Etat alors qu’il est tout le contraire.

Qu’importe si ce projet correspond à une nécessité vitale pour le fragile équilibre économique de toute une région !

On est là dans une sorte de rêverie, comme si l’époque n’avait pas terriblement changé depuis l’époque du Larzac où de jeunes lettrés parisiens se rêvaient éleveurs de moutons. Nous ne sommes plus dans l’Etat gaulliste d’après guerre, héritier des 30 glorieuses. Les défaillances économiques, les erreurs stratégiques se paient cash, par des pertes d’emploi et la désespérance sociale. Ce ne sont ni les écologistes, ni les mélenchonistes, encore moins les communistes ou les gauchistes qui en tirent bénéfice. C’est la démagogie populiste de droite qui  attend juste un peu pour se glisser dans les bottes de la démagogie populiste de gauche.

 

A vouloir transformer tout équipement public en ennemi par nature, c’est l’intérêt général qu’on met à la trappe ! Les conséquences risquent d’être désastreuses sur le plan économique, social et politique.  
 
 
....
Un rappel : n'oubliez pas,
café radical vendredi prochain à 18h30
La finance est elle notre ennemie ?
Animée par le professeur Hervé Causse

vendredi 5 octobre 2012

Ne reportez pas les élections locales ...

Jean-Pierre Bel, président du Sénat, a été le premier
 à proposer le report à 2015 des élections régionales
 et départementales. Invité aux États généraux de la
démocratie territoriale, François Hollande a validé
.cette proposition deux jours plus tard.
... ou alors, reportez-les toutes !


François Hollande vient de déclarer qu'il souhaitait le report des élections régionales et départementales. Cette nouvelle va satisfaire de nombreux conseillers généraux et régionaux mais ce n'est une bonne chose pour personne et pas pour l'avenir des collectivités locales.
Le prétexte évoqué ne fait ne convainc personne. Parait-il qu'on vote trop l'an prochain, entre élections sénatoriales, européennes et ... municipales !
Déjà l'UMP, pourtant prévenue, s'étrangle devant cette atteinte à démocratie ! Elle n'est pourtant pas la mieux placée pour donner des leçons. Je m'explique.
Le fait même de placer sur le même plan élections sénatoriales, européennes et municipales n'a pas de sens.
Les sénatoriales sont des élections visant à la représentation nationale mais ne touchent que quelques électeurs, malheureusement[1] !  Une élection déplaçant en septembre 0,3 % (3 pour mille !)  du corps électoral n’aurait donc pas de conséquence sur la gêne ressentie par la société française … même si on peut le regretter. Reste, le cas des élections européennes, qui ont lieu en juin, qui ont un sens politique, mais ne sauraient être confondues avec des élections locales.
Enfin, il y a le cas des municipales, mais alors là, on est dans le contre argument. Pourquoi ? Petit rappel des faits.
A la suite du grand œuvre socialiste des lois de décentralisation de 1982, il a été décidé de découper le territoire national en autant de collectivités territoriales dans un ensemble cohérent et égalitaire de pouvoir et de décision. Le maire, le président du conseil général, le président du conseil général devaient être en principe élu pour 6 ans,  selon des modalités semblables avec un même pouvoir de compétence général[2].  

Pierre Joxe, qui a mon avis a été le plus grand ministre de l’intérieur que la France ait porté depuis Clemenceau, avait fixé la route. Bien sur, si tous les élus locaux ont le même statut, si toutes les élections locales sont égales, le peuple français doit décider en même temps de leur composition.


Pierre Joxe, une référence de la gauche française. Il avait en tant
 que ministre de l'intérieur, mis en oeuvre un calendrier qui aurait 
provoqué la concomitance de toutes les élections locales,
communales, départementales et régionales. La droite a sabordé le
projet pour des raisons électoralistes, la gauche a embrayé et la
cohérence du projet tombe à l'eau. Qu'est ce qui reste ?

C’est seulement à ce titre que l’on se doit de reporter à plus loin l’organisation des élections locales. En effet, le conseiller territorial, cet oiseau hybride inventé par Sarkozy est mort né.
Il faut donc réorganiser les élections départementales.
C’est ce à quoi s’emploie d’ailleurs le gouvernement. Et pour cela, c’est vrai, il faut du temps. Alors, allons y franchement et donnons aux collectivités locales une vraie force et un vrai statut dans une logique fédérale et non dans un flou représentatif d’un émiettement des pouvoirs.
La modernisation de la démocratie locale passe par son développement et sa visibilité. Il est temps d’achever le premier chapitre de la décentralisation en concentrant sur un seul scrutin les élections locales.  
 



[1] J'ai dit dans mon discours au congrès du prg à quel point le monde d'élection aux élections sénatoriales était archaïque. Il faut supprimer les grands électeurs, rémanence archaïque du suffrage censitaire. Il n'y a aucune raison que l'ancrage locale du µSénat soit décidé par quelques notables. Tout le monde a son mot à dire là dessus et c'est pourquoi je propose que l'élection des sénateurs ait lieu par circonscription.
 
[2] C’est pour cette raison que l’on a d’ailleurs provoqué la concomitance de dates entre certaines élections cantonales et municipales ou régionales. La suite voulait que l’on amène les scrutins départementaux à avoir lieu de même jour de façon d'éviter dette absurdité d’un renouvellement par moitié des conseils généraux. L’avantage est bien sur qu’une fois décidé de la composition des exécutifs locaux, ce choix ait lieu en continuité pour 6 ans en évitant l’émiettement des choix et en renforçant leur politisation.




lundi 11 juin 2012

Les résultats bruts sur Seine-Eure et Seine-Bord

Un territoire qui parle
Les résultats tels que vous ne les avez encore jamais vus, sur l'agglomération Seine Eure, sur la communauté de communes Seine-Bord et sur Amfreville-sous les Monts... Puisqu'Amfreville-sous-les-Monts sont dans la circonscription tragique, celle ou la gauche, en mesure de l'emporter a laissé le champ libre à la droite-extrême et à l'extrême droite au deuxième tour.

inscrits
exprimés
Terlez
Levitre
Solal
Priollaud
Danelli
Sanchez
Loncle
Ozanne
Barbier
Acquigny
1237
682
17
25
4
221
6
21
245
10
133
Amfrevrille SM











Amfreville SI
602
346
8
7
0
109
3
18
131
6
64
Andé
815
514
12
14
2
155
2
18
186
1
124
Connelles
161
96
1
8
1
37
2
1
15
0
31
Crasville
117
73
2
2
0
25
1
4
22
0
17
Herqueville
121
75
1
3
0
18
1
3
32
3
14
Heudebouville
625
367
17
14
1
120
1
12
144
7
51
Incarville
1109
650
15
38
1
167
1
12
270
11
135
La Haye Comte
123
80
5
1
0
32
1
1
27
0
13
La Vacherie
429
270
4
12
0
73
1
10
103
6
61
La Haye Mal
1140
709
21
48
1
174
6
14
307
6
132
Le Manoir  Seine
780
441
6
82
5
71
2
9
191
0
75
Le Mesnil Jourdain
230
151
4
6
0
48
2
3
59
0
29
Le Vaudreuil
2731
1597
59
83
3
507
7
46
623
20
249
Léry
1555
794
22
76
4
180
2
35
315
12
148
Louviers
11344
5472
223
334
32
1392
26
181
2328
142
814
Pinterville
683
410
12
18
5
103
5
8
174
6
79
Pîtres
1646
951
16
173
10
157
8
33
424
13
117
Pont de l'Arche
3000
1664
32
251
8
429
9
51
633
9
242
Portejoie
117
71
1
2
0
31
0
0
21
0
16
Poses
869
579
8
42
0
235
1
24
170
5
94
Quatremare
319
183
5
7
0
58
1
2
68
2
40
Saint-Etienne V
554
344
9
25
0
86
4
15
135
1
69
Saint Pierre V
922
544
13
24
3
140
3
42
226
4
89
Surtauville
310
213
4
11
3
50
4
3
80
0
58
Surville
673
391
15
15
1
102
4
6
149
3
96
Tournedos
129
84
5
1
0
47
1
6
15
0
9
Val de Reuil
7343
3023
59
299
24
385
17
176
1593
38
438
Vironvay
262
181
13
7
0
72
0
5
36
2
46












Total
39829
20884
608
1626
108
5193
121
759
8701
307
3467
pourcentages

52,43%
2,91%
7,79%
0,52%
24,87%
0,58%
3,63%
41,66%
1,47%
16,60%

Seine Bord 
inscrits exprimés Terlez Levitre Solal Priollaud Danelli Sanchez Loncle Ozanne Barbier
Alizay 1105 792 12 392 3 98 4 10 159 5 109
Criqueboeuf 933 566 13 31 1 202 5 9 213 1 91
Igoville 1102 716 8 113 6 178 8 23 246 7 127
Les Damps 915 556 7 63 1 165 3 7 200 2 108
Martot 338 239 8 19 0 82 0 8 61 0 61
Montaure 815 519 9 60 0 124 3 12 212 4 95
Tostes 323 209 8 15 0 64 2 10 78 4 28
Total 5531 3597 65 693 11 913 25 79 1169 23 619
pourcentages  65,03% 1,81% 19,27% 0,31% 25,38% 0,70% 2,20% 32,50% 0,64% 17,21%


Amfreville-sous-les Monts

inscrits exprimés Segura Mansouret Horvais Lecomte Fontaine Petit Dubois Gilard Lang Bourlet
401 269 27 26 7 33 5 3 36 91 1 40