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mercredi 8 juin 2022

Bernard Cazeneuve, contre Mélenchon reconstruire la gauche

 




Bernard Cazeneuve à Mont Saint Aignan


RECONSTRUIRE LA GAUCHE



Grande soirée dans une trop petite salle. 



Bernard Cazeneuve était hier soir à Mont Saint Aignan, dans la métropole de Rouen pour soutenir les candidats socialistes qui se présentent contre les candidats imposés dans le cadre de la NUPES. 
J'y ai retrouvé tout ce qui est à la base de mon engagement, à savoir la gauche du réel, la gauche de la liberté, la gauche du progrès et de l'espoir et un rejet profond de la gauche du n'importe quoi, la gauche de la honte, la gauche profondément réactionnaire et qui voudrait se faire passer pour la gauche de l'avenir. 

A Rouen, s'est manifesté la résistance marquée à cette gauche là, le reflet de la crise profonde à l'intérieur du PS dont la direction était accusée sans fard, d'avoir renoncé à son expérience, à ses idées et à ses idéaux pour espérer obtenir quelques sièges supplémentaires. 

FAIRE FACE A LA GAUCHE DE LA HONTE

Pour ma part, il était hors de question que je laisse dans ma circonscription le monopole de la gauche à un accord mélenchoniste. Mélenchon, je ne l'ai jamais oublié, c'est celui qui a annoncé sans vergogne que Poutine avait "fait le boulot" en Syrie. Je sais, cela semble et semblait loin des préoccupations des Français. Hélas ! Pour ma part, parce que je suis tenant d'une gauche universaliste et que je pense que la défense des droits de l'homme dans tous les pays est la reine des batailles ... il s'agit d'une tache indélébile Elle démontre l'incapacité de l'individu à gérer une nation comme la France. Ce renoncement de la part d'un homme se prétendant de gauche au soutien au peuple Syrien et au dictateur Bachar El Assad sous prétexte qu'il fallait se libérer des djihadistes qu'il venait de sortir de ses prisons pour combattre les démocrates. 
Il ne faut pas oublier non plus les conséquences terribles de l'aide apportée par Poutine au dictateur. Il a semé les jalons de sa politique néocoloniale, celle qui allait s'affirmer en Afrique avant de trouver un aboutissement en Ukraine. Pour Mélenchon, c'était simplement l'affirmation qu'il y avait une possibilité d'alternance à la politique européenne en devenant l'idiot utile de Poutine. 
Cette attitude est insupportable. Insupportable humainement et politiquement. 
Et se rallier au slogan idiot "Mélenchon premier ministre" est un écueil pour la gauche et pour la France. Voilà qui nous mènerait tout droit au naufrage.
Malheureusement ce n'est pas là le seul danger. 
Bernard Cazeneuve a rappelé à quel point la phrase choc de Mélenchon "La police tue" est plus qu'une preuve d'irresponsabilité. Ainsi, le personnage aspire à être premier ministre, appuyé par tous les candidats de la NUPES ? Ainsi, au lieu de vouloir amener la police par la formation à ce qu'elle assume un devoir républicain, respectueuse des valeurs, on veut la stigmatiser. On veut laisser dans les banlieues et quartiers difficiles la place à la pègre organisée ? C'est ça que veut dire "La police tue" ! C'est le rejet des valeurs de la gauche et de la République, c'est le renoncement à la politique même. Ainsi Bernard Cazeneuve, dont on a trop vite oublié qu'il a été ministre de l'Intérieur et Premier ministre pendant la période des attentats a rappelé justement l'exemple des policiers tués par les terroristes. 
Ne les oublions pas ! 
N'oublions pas que si, comme le réclament sans gêne et sans distance les candidats de la Nupes, Mélenchon était premier ministre, il aurait à diriger l'ensemble des services de l'Etat, au premier rang desquels la police ... Et aucun de ces services ne se dirige par des formules !
C'est précisément ce que Cazeneuve a rappelé, reprenant au passage la formule des Radicaux : LA GAUCHE DU REEL. 
Ainsi la gauche, l'indispensable gauche, celle qui, en période de crise, fera en sorte que les services publics soient assez puissants pour assurer les principes républicains de liberté, d'égalité et de fraternité soient assurés et ceux pour tous les âges et toutes les catégories de la population et en particulier les plus fragiles.
La crise générale touche le monde. Celle-ci se trouve encore amplifiée par la montée des populismes. Imagine-t-on les conséquences pour le monde si Trump était resté président des Etats Unis ? Quels conséquences pour l'Europe, pour le monde si Mélenchon, l'anti-européen, l'anti-Otan, par un renversement d'alliance allait chercher un soutien du côté du massacreur Poutine, au nom d'un intérêt soi-disant supérieur. 
Certains, au niveau des défenseurs de l'indéfendable Nupes, disent : mais cela ne se fera pas. Mélenchon ne sera jamais premier ministre. Ah bon ? Mais quel mépris pour soi-même et pour l'électeur. Défendre un projet auquel on ne croit pas ... et pour quel intérêt .. et au besoin s'abattre sur ceux qui se lèvent et refusent de céder à la démagogie ambiante. 
Bernard Cazeneuve, en allant soutenir les socialistes qui ont refusé de céder aux sirènes de la démagogie, montre la voie. Je me suis pleinement trouvé dans ce chemin, et cette démarche à elle seule justifie ma candidature, au même titre que celles de Djoudé Mérabet, de Kader Chekmani et Christine de Cintré. Parce que nous sommes les fidèles de la gauche, nous en sommes aussi l'avenir. 


Dimanche il faut voter pour les candidats de gauche qui refusent la soumission à Mélenchon, 

VOTEZ  pour les radicaux et les socialistes dissidents ... 


crédits photos : Jérôme Lesage












lundi 19 février 2018

Paysan résistant ! Un sacré bouquin ...

Qu'on ne compte pas sur moi pour dire s'il faut lire le dernier livre de Benoît Biteau, qui par ailleurs est aussi le premier. Lire un livre, jamais il ne faut. Ce que je peux dire en revanche c'est que ceux qui n'auront pas lu Paysan résistant ! auront beaucoup perdu. Je vous aurais prévenu et j'espère que ça vous donnera envie de le lire.

Ce qu'il y a de bien avec Benoît Biteau, c'est qu'il explique tout. Il part de lui-même, de sa vie, de son paysage, de ses sentiments, pour expliquer son engagement, sa vision du monde et ainsi répondre aux inquiétudes des autres, à nous tracer des perspectives indispensables. On mesure à la lecture de l'ouvrage à quel point l'avenir de l'agriculture nous concerne tous. Surtout, on aborde tous ces problèmes compliqués sur la chimie des traitements, sur l'alchimie des sols, en ayant l'impression à la fin qu'on a tout compris. Bref, c'est un livre qui vous rend intelligennt et qui vous enrichit.


Tout est dans le titre

Le titre est un résumé et un choix. Dans paysan résistant, il y a paysan. Depuis toujours le paysan est méprisé. D'ailleurs, cadeau, saviez-vous que le païen, d'expression chrétienne, est au départ synonyme de paysan ? Parce que celui qui reste au pays, c'est celui qui a les mains et les pieds dans la terre, qui est incapable de s'élever pour ceux de la ville.
Benoit Biteau tord le cou à tout ça.
Revendiquer d'être paysan, c'est refuser d'être exploitant. L'exploitant se met sous influence de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire qui mis la profession sous la coupe du système aliénant de l'agriculture moderne. Pendant les 300 pages de son bouquin, Benoit Biteau explique non seulement pourquoi il refuse ce système, mais comment y résister. 
Qu'on se rassure, chez Benoit Biteau, il n'y a pas de rejet de la modernité et sa démarche est tout sauf réactionnaire. Même dans la référence permanente à la terre, qu'il oppose à la Terre. Cette démarche fait invariablement penser à la belle formule : l'universel, c'est le local, moins les murs. 
En ces temps de réchauffement climatique, Benoit Biteau révèle la part majeure qu'y joue l'agriculture, car non seulement elle pollue les sols, les sature, mais utilise pour ce faire des dérivés du pétrole contribuant largement à l'épuisement des ressources. Alors qu'une agriculture saine et respectueuse doit avoir comme enjeu majeur de contribuer à l'équilibre écologique de la planète tout en contribuant à nourrir l'humanité. 
Nous entrons donc ici dans une démarche très politique. Benoît Biteau, à l'heure du dénigrement systématique du politique, lui rend ses lettres de noblesse. Il prend parti pour les lanceurs d'alerte agricoles, et défend la mémoire de Rémi Fraisse en s'attaquant au président du département socialiste du Tarn. Surtout, il montre à quel point il est possible d'agir, bien au delà de ses hectares de terre.
Conseiller régional, vice-président du Poitou-Charente il a agi pour que sa région ne plus finance plus la chambre d'agriculture. Elle est la seule région à ne pas le faire.
Ce qu'il reproche à la chambre d'agriculture, c'est tout simplement de pomper les subventions publiques sans avoir de vision d'utilité publique, et, bien au contraire de participer à la pérennisation d'un système contraire à l'utilité publique, détruisant l'environnement et s'appuyant sur l'aliénation de l'agriculteur. 
Ce qui est frappant dans l'ouvrage est le rapprochement qui peut être fait entre l'agriculture prônée par Benoît Biteau et l'économie sociale et solidaire, défendue par ailleurs par les radicaux de gauche. Un autre monde est possible, une autre agriculture, une autre économie est possible, maintenant. Tel que nous la présente Benoît Biteau, l'agriculture prônée par la Fnsea s'éloigne de l'agriculture et du monde réel, simplement pour la mettre sous la coupe des grands groupes dont l'intérêt est de poursuivre cette dépendance qui se traduit par un endettement parallèle à un appauvrissement des sols, un amenuisement des ressources dont on ne propose de sortir que par des aménagements de plus en plus coûteux, de plus en plus dommageables pour les ressources et nécessitant un endettement croissant. Un cercle vicieux infernal. 
Benoit Biteau, ici derrière José Bové, invité par Ségolène
Royal alors présidente de la Région Poitou-Charente,
démontre l'importance de l'action politique, prolongement
de l'action sur le terrain.  La pertinence de l'action et de
l'argumentation politique n'en est que plus évidente
lorsqu'on sait de quoi on parle et qu'on le pratique sur
le terrain
Et c'est là qu'intervient Benoit Biteau, qui rappelle que l'agriculture ne peut être ça. Certes, le développement de l'agriculture française à la fin de la deuxième guerre mondiale a permis de nourrir la nation et au delà, c'est à dire de remplir cet objectif majeur. Mais lorsqu'on en arrive à une surproduction, qui, de surcroît interdit à d'autres nations et en particulier dans des terres éloignées, de parvenir à une autosuffisance, on en arrive à un système qui marche sur la tête. En s'en prenant à la Fnsea, Benoit Biteau s'attaque aussi à un discours et à une pratique qui sont les pires d'Europe qui pousse à percevoir des subventions publiques sans rien donner au public en échange. Benoit Biteau rend par ailleurs hommage à la politique européenne, lorsqu'elle s'oppose à la vision totalement capitalistique du principal syndicat agricole français.


La poésie de la terre

J'arrête ici ma critique de l'ouvrage passionnant de Benoît Biteau. Il est passionnant, vous l'aurez compris parce qu'il parle de nous, de notre terre, de notre avenir et de celui de nos enfants. Il parle d'environnement, bien sûr, de politique, d'économie et de santé. Il parle aussi du brevetage du vivant, l'un des faits les plus alarmants dans l'agriculture moderne et qui prive les agriculteurs de leur droit à semer leurs propres semences. Il parle de tout, il y a des images, des croquis qui accompagnent et justifient et coups de gueules et engagements, il y a des chiffres bruts et incontestables, mais il n'y a pas que ça ! 
la sauvegarde des espèces locales donne à Benoît Biteau
l'occasion de défendre l'élevage pour son intérêt
écologique et de s'attaquer à l'idéologie vegan.
Il y a chez Benoit Biteau et dans son bouquin tout l'attachement affectif à sa terre et à son insondable richesse. Il y a la soumission à toute la poésie du vivant, livrant ainsi toute son humanité. Il y a le souvenir des huîtres cuites au deuxième petit déjeuner de ses grands-parents (après la traite des vaches), il y a les bêtes, les taureaux, vaches, chèvres et baudets du Poitou, et les petites bêtes tellement petites qu'on n'en entend jamais parler. 
carabe
Les carabes, les chrysopes et les syrphes des corolles ... Bref, une entrée dans un univers que l'on ne quitte qu'à regret. 


chrysope

  








syrphe des corolles

jeudi 28 décembre 2017

La photo jaunie de la social démocratie

L''ouvrage a vieilli ... mais bien vieilli. 
Il a gardé tout son sel et l'âge même
lui donne des arômes nouvelles.
Qu'est-ce que la social-démocratie ? Est-ce  même une question.  
A tout avouer, de voir ce petit bouquin traîner sur une table, je ne me sentais pas du tout attiré. Nietszche disait qu'il fallait s'économiser en évitant de répondre à des questions qui ne se posent pas. 
Depuis longtemps je considère la social-démocratie comme condamnée, et qui plus est complètement inadaptée à la problématique française. Qui plus est, l'ouvrage datait de 1979, une période révolue, celle du giscardisme, avant la prise de pouvoir par la gauche en 1981. J'ai lu cependant le livre, sous l'insistance de mon ami Daniel. Un peu par devoir, j'y ai jeté un œil, avant d'y plonger, fatalement. 
Tout d'abord, reconnaissons-le, il y a du plaisir à revenir sur des périodes traversées, ressentir ce que nous vivions à l'époque, ce que nous pensions, ce à quoi nous nous opposions, nos combats, nos amours et tout ça. J'y ai presque retrouvé une joie adolescente, enfantine même. Une chanson me revenait dans la tête entre deux rames de métro,  pour la retrouver, cliquez-là : vous serez surpris.
Passons, revenons à nos moutons et à la social-démocratie.
Surprise dès le début de l'ouvrage : en quelques pages Michel Rocard règle son compte à la social-démocratie. Pour lui, la social-démocratie n'est qu'une parenthèse de l'histoire et dans l'espace et dans le temps. En ceci, il serait presque d'accord avec Lénine qu'il assaisonne cependant un peu plus tard. 
La social-démocratie est le projet politique issu de l'organisation des travailleurs. Elle sera le support théorique de la deuxième internationale, avant que celle-ci ne se décompose à la fin de la première guerre mondiale. Ainsi, Lénine lui-même est-il social démocrate. Il ne s'en détachera véritablement qu'en 1914 lorsque l'outil ne lui sera plus d'aucune utilité. 
Une annexe incroyable le rappelle en annexe. Engels lui-même, figure emblématique du marxisme révolutionnaire, explique que la démocratie va inévitablement profiter au prolétariat et qu'il est inutile de passer par un bain de sang à l'issue incertaine. Tel est le sens de son introduction des luttes de classes en France, ouvrage de son ami Karl Marx, 
Résumons-nous : la social-démocratie est le projet de changer le monde en s'appuyant sur l'organisation des travailleurs. Cette conception n'a guère de sens en France où le syndicalisme est essentiellement politique dès l'origine. Les différentes obédiences marxistes et anarchistes s'y disputent. Il est intéressante de comparer la situation avec l'organisation des ouvriers en Italie par exemple, où, malgré une influence prégnante des anarchistes, peut-être à cause d'elle, ce syndicalisme obtiendra une culture de la négociation et des résultats, et donnera naissance aux ancêtres des premières mutuelles. Cependant, c'est bien en Allemagne et dans les pays du Nord de l'Europe que la social-démocratie connaîtra son développement.
En dehors de ces exemples, la social-démocratie échoue sur deux plans. Le premier, historique et souligné par Lénine : qui montre qu'en s'axant sur des syndicats assez puissants pour négocier avec l'État on en limite en même temps le champ d'action politique. Ainsi, dans les pays où les syndicats sont puissants et réformistes, la social-démocratie a un sens. En France, où la faiblesse de la représentation syndicale les amène à une vaine attitude de posture, la social-démocratie n'a guère de sens. 
C'est là qu'on touche à l'impuissance de la gauche française. Rocard dans ces propos de 1979 fait état de l'utopie autogestionnaire comme étant bien plus cohérente qu'un projet social-démocrate à la française. L'ouvrage d'ailleurs fait l'éloge de la Cfdt en ce que ce syndicat, qui confirmera cette approche par la suite, sera non seulement le premier à revendiquer l'autogestion mais sera aussi le premier à alerter sur les limites du productivisme et du rapport citoyen à l'environnement  prolongation de sa situation de salarié
Cette démarche moderne lui a sans doute permis d'être devenu le premier syndicat français en terme de représentation. Il n'empêche, cette vision déjà défendue par la gauche moderne de Michel Rocard, n'a pas encore eu son prolongement politique. L'autogestion, plus personne n'en parle. On parle de socio-libéralisme, certes, mais personne ne sait trop ce que c'est. Enfin, la culture social-démocrate continue de faire des ravages. Cette gauche de la posture, qui choisit de se couper de la réalité sous prétexte d'un meilleur à venir a amener les plus graves erreurs de la gauche socialiste, allant de la politique coloniale de Guy Mollet au massacre du mandat socialiste de François Hollande par ses "amis" frondeurs. 
Bref, tous ces rappels ne sont pas inutiles à un moment où la gauche est aux abois, piétinée par le macronisme. 
Le besoin exprimé de pragmatisme n'a pas de sens si il ne s'appuie pas sur une base théorique et historique solide. On a fait dire à Sénèque : "il n'est pas de vent favorable à celui qui ne sait où il va".  
Voilà qui devrait rassurer à l'heure où beaucoup d'entre nous trouvent que tous les vents sont contraires. La gauche existe, même si elle se sent perdue. Elle ne pourra se ressaisir sans faire l'effort d'une réflexion profonde, sans s'ouvrir au débat.
Voilà pourquoi Les Radicaux de gauche invitent au débat.
Virginie Rozière au centre de l'image, au centre du débat
Première étape : 
BANQUET RÉPUBLICAIN



Mercredi 24  janvier à 20 heures

8, rue Borville Dupuis 

avec Virginie Rozière

députée européenne



Débat ouvert à tous et en particulier à gauche.

Nous y reviendrons


Post-scriptum 
L'ouvrage est intéressant, je l'ai dit plus haut, parce qu'il révèle aussi des manières de penser d'une époque. Autant pour ses vérités révélées par le temps que pour les erreurs que l'Histoire souligne. 
"Qu'est ce que la social-démocratie ?" est un ouvrage collectif qui date de 1979, donc un peu avant 1981, et 10 ans avant la chute du mur. La gauche vient de subir une déception à la suite des élections législatives de 1978. Rocard veut en profiter pour dégommer Mitterrand, mais c'est déjà trop tard. Les auteurs de l'ouvrage recherchent l'utopie réaliste contre une logique de la posture. Ils dénoncent les régimes sous influence soviétique tout en faisant le recensement des gauches européennes au pouvoir. Arrive l'Allemagne qui a fini par porter la gauche de Willy Brandt au pouvoir. 20 ans plus tôt à Bad Godesberg, la gauche a fait son aggiornamento, mis un terme aux références marxistes, et assumé sa mission réformiste. Le petit livre fait référence au travail d'un dénommé Kurt Schumacher (rien à voir avec le gardien de but de l'équipe Allemande à Séville). 
L'auteur rescapé des camps de concentration, fait l'objet d'une douce condescendance de nos auteurs français qui soulignent les limites de sa réflexion par la phrase définitive suivante ..."d'où, également, son hostilité à l'égard de toutes les puissances d'occupation et l'accent mis sur le thème qui devait se révéler illusoire , celui de la réunification de l'Allemagne". 
Rien que pour cette belle boulette, ce livre riche ne m'a pas fait regretter le détour.

mardi 12 décembre 2017

Il n'y a pas qu'à Orthez ...

Les radicaux ne sont pas morts,
La gauche non plus !


L'équipe vainqueur ce dimanche des élections municipales à Orthez.
Devant eux, comme pour Les Radicaux de Gauche, une tâche
difficile mais exaltante. Bonne chance et bon courage !
Voilà des résultats qui remettent les choses en place. Dimanche, à Orthez, petite ville de 10.000 habitants, a élu une liste de gauche à la suite d'une élection partielle.
L'ancien maire, Yves Darrigand, soutenu par la droite et le modem a laissé sa place à Emmanuel Hanon, tête de liste socialiste, qui frôle la majorité absolue au deuxième tour, laissant quelques miettes à la liste "En Marche" qui fait un peu plus de 10 % des voix.
Bien sûr, tirer à partir d'un phénomène local une extrapolation sur le plan national est toujours particulièrement hasardeux. Il n'empêche, quelques conclusions peuvent être tirées.
La première, c'est que la gauche n'a pas disparu. Lorsqu'elle sait s'unir, bâtir un projet, quand elle est concrète et ouverte, elle peut s'imposer. La gauche n'est pas un gros mot. Le nouveau maire n'a pas mis son étiquette dans sa poche. Il a su parler et proposer aux électeurs sans cacher qui il était. Au contraire.
La deuxième, c'est qu'une élection locale, pour locale qu'elle soit n'est pas une élection nationale et que le reflet de l'élection présidentielle n'a pas rejailli sur la situation Orthézienne. La liste du nouveau parti du Président de la République fait 10 % des voix dans une ville où le centrisme était très présent par le biais du Modem. 
La troisième c'est qu'il est toujours bon de rappeler qu'une municipalité se gagne sur un projet et une action collective, pas sur une étiquette. Le message est clair pour tous ceux qui se sont embarqués joyeusement derrière Emmanuel Macron en pensant que  ceci leur permettrait de remporter sans coup férir nombre de municipalités.
De tels phénomènes ont de quoi réconforter ceux qui, comme moi, issu du parti radical de gauche se sont opposés à un brutal renversement d'alliance et de stratégie en fusionnant avec les radicaux valoisiens, tirant un trait sur leur passé. 
Oui, il y a un avenir à gauche, même si la gauche est à reconstruire. 
Non, la fusion des deux courants du radicalisme  n'offre en soi aucune perspective politique est n'est pas en tous les cas le moyen de conquêtes lors des prochaines échéances.
Oui, il y a un présent à gauche, en dehors du macronisme et cela justifie en soi l'émergence d'un pôle radical, clairement situé à gauche et qui participe au renouvellement de cette famille politique. 
Les Radicaux de Gauche ont devant eux une tâche difficile, mais exaltante. 



lundi 13 février 2017

Hommage à Michèle RIVE par Michel CHAMPREDON

Michèle Rive était présidente de Biocoop
Michèle RIVE nous a quitté. Militante active et irremplaçable de la vie associative départementale, elle était la présidente de BIOCOOP.

L'incinération de Michèle Rive aura lieu au 

crématorium du cimetière des IFS à la Madeleine 

d'Evreux vendredi prochain le 17 février à 10h30.

Michel CHAMPREDON, maire d'Evreux de 2008 à 2014,l'avait nommé adjointe chargée de l'action sociale. Il lui rend hommage en retraçant avec émotion un parcours de combat et d'amitié.


Hommage à Michèle Rive, une femme sincère et engagée
par Michel Champredon, maire d’Evreux 2008 – 2014


Michèle Rive nous a quitté discrètement, comme elle était, comme elle vivait. Femme engagée, passionnée, désintéressée, ni prétentieuse, ni accro du pouvoir elle marquait sa présence par ses réflexions et ses idées souvent audacieuses, parfois même iconoclastes, alimentées par son engagement dans le mouvement écologiste et ouverte aux pensées alternatives.
Michèle Rive fut un compagnon de route d’une loyauté et d’une fidélité exemplaires pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas si fréquent en politique. Sur les choix nationaux, nous étions plutôt différents : quand elle était avec Michel Rocard, j’étais avec François Mitterrand ; quand elle choisissait Lionel Jospin, je choisissais Laurent Fabius, quand elle votait oui au Traité constitutionnel européen, je votais non, quand elle soutenait François Hollande je soutenais Martine Aubry. Puis, membre du Parti socialiste elle a évolué vers les Verts et moi vers les Radicaux de Gauche.
Mais sur le plan local, nous faisions la même analyse de l’évolution notre ville d’Evreux et de son agglomération. Nous avions la même ambition pour leur développement économique et culturel, la même envie de renforcer les associations avec un service public local qui remplisse pleinement son rôle, la même soif de développer la démocratie locale.
Michèle Rive fut vice-présidente du Centre communal d’action sociale pendant six ans (2008 à 2014). Je lui avais laissé beaucoup de latitude et elle s’y est pleinement engagée avec compétence, connaissant parfaitement ses dossiers. Je savais qu’avec une élue de son tempérament, le maire que j’étais pouvait dormir tranquille. Je suis sûr que les agents du CCAS conservent d’elle un fort souvenir, comme les usagers qui ont eu affaire à elle.
Car au-delà de son engagement politique, Michèle Rive était aussi une femme d’entreprise. Outre son activité de formatrice qu’elle avait géré elle-même, elle avait obtenu la confiance du conseil d‘administration de Biocoop pour diriger et redresser cette coopérative en difficulté.
Femme de caractère elle ne mâchait pas ses mots et savait se battre pour défendre ses positions, quels que soient les risques. Elle ne manquait pas de courage, ce qui en faisait un adversaire parfois difficile. Comme souvent les femmes en politique (c’est le constat que j’ai fait) elle était non seulement très investie mais aussi droite dans ses positions, refusant les compromissions. Elle était du style à « perdre les élections plutôt que de perdre son âme ».
Michèle Rive était de ceux de mes proches, à la personnalité affirmée, qui pensent par eux-mêmes et qui, par leur analyse différente me permettent de ne rien oublier d’un aspect d’un dossier et de penser les choses en sortant du carcan du système.

Elle n’aimait pas la flagornerie et elle n’aimerait pas qu’on dise qu’elle n’aurait eu que des qualités, ce qui est parfois l’écueil des éloges funèbres. J’arrête donc en conservant de Michèle Rive Malgré les beaux moments passés ensemble, nos débats, nos années d’engagement pendant lesquelles l’amitié avec Michèle Rive a toujours été intacte.

dimanche 15 janvier 2017

Heureusement qu'il y a Sylvia

Non, la primaire de la gauche n'est pas la primaire du PS. A coté des  4 représentants du parti socialiste, il y a deux personnalités issues des Verts et la seule femme candidat de cette élection, la radicale Sylvia PINEL.
Ainsi donc, au milieu des petits calculs revanchards,  des courants et des postures, s'élève une voix différente, la voix de la République moderne, la voix de la vérité, la voix de Sylvia Pinel, benjamine des candidats.
Elle parle avec franchise des grands sujets, sans faire de phrase et fait les propositions réalistes en matière sociétale, économique et administrative. Elle n'a pas peur de soutenir les aspects positifs du gouvernement auquel elle a participé, alors qu'autour d'elle, on se réfugie dans la critique, pour ce qu'on pense qu'elle peut rapporter.
Quelle leçon donnée sur les migrants, tant il est facile de vanter, avec juste raison les efforts des collectivités locales et des associations ... sauf que l'Etat a eu une réelle politique, discrète, efficace, et efficace parce que discrète, concernant la répartition des réfugiés dans les centres d'accueil et en parlant du travail des préfets.
Bien sûr, parler des migrants, c'est parler de l'Europe, parler de la France, c'est parler de l'Europe, parler de Trump et de ce qu'il faut faire face à lui, c'est encore parler de l'Europe ... et c'est pourquoi Montebourg qui fait partie des fossoyeurs de l'Europe est absolument inaudible. 
Même chose pour la légalisation du cannabis, vieille revendication des radicaux, à laquelle Benoît Hamon vient de se joindre. 
Même chose pour la 6e République, même si elle est revendiquée par les Verts et Arnaud Montebourg. 
Oui, la République moderne, c'est l'affaire des radicaux, les inventeurs de la laïcité, et qui continuent de faire avancer la République.
Oui, heureusement qu'il y a Sylvia. 









vendredi 11 décembre 2015

Dernier message avant l’échéance



Chers amis, ce soir, la campagne électorale prendra définitivement fin. Je m’y suis personnellement engagé et  j’ai l’honneur de figurer en bonne position sur la liste de mon ami Nicolas Mayer-Rossignol.  Je tiens à donner à mes amis et aux électeurs mon éclairage sur ce scrutin.

Je m’appuie pour ce faire sur le vieil adage Républicain « au premier tour on choisit, au deuxième, on élimine » et sur un principe « en politique, il ne faut pas seulement vouloir ce qu’on veut mais vouloir les conséquences de ce qu’on veut.

Chacun d’entre nous à quatre choix pour la Normandie : l’abstention, le vote pour le Front National, le vote pour la liste de droite d’Hervé Morin, le vote pour Nicolas Mayer Rossignol.

L’abstention

Vous pouvez vous abstenir. Pour certains, c’est une tentation. Il y a tout un discours idéologique autour de l’abstention. Comme quoi, ce geste, cette absence de geste, enverrait un message clair au monde politique, voire, pour reprendre un langage beaucoup plus insidieux «  au système ». Il n’en est rien. Cette bouderie dégage une terrible ambiguïté. Elle joue sur la confusion entre l’indifférence de l’électeur au monde qui l’entoure et le rejet du monde politique. Dans les deux cas, ce mauvais geste prend un nouveau sens à un mois à peine des attentats du 13 Novembre. Ne nous y trompons pas, les terroristes se sont attaqués à notre monde pour tout ce qu’il représente de positif : la joie de vivre, la liberté de sortir, la vie collective, notre corps social qui nous permet d’être ensemble et qui passe par la possibilité de rire, d’aller regarder les gens dans la rue, d’aller au football et tout cela n’existerait pas ou pas du tout de la même manière sans la liberté de penser et d’expression qui se traduit par l’élection à bulletins secrets. Notre liberté est liée à ce mode d’expression. Le moins que nous devons à ceux qui ont été horriblement massacrés est de nous rendre aux urnes, plus encore que de déposer des fleurs. Ne jouons pas avec notre liberté et notre culture.

Le vote Front National.

Vous pouvez voter Front National. C’est une lourde erreur, mais vous pouvez le faire. C’est une lourde erreur, parce que le message envoyé par ce vote est un message de rejet. Vous savez que toute personne ayant un nom à consonance étrangère, à la peau sombre, ou ayant un comportement un peu original prendrait, à juste raison souvent,  comme une attaque personnelle. Vous savez que par ce vote, vous allez alourdir les tensions qui règnent au sein de la société française alors que la politique doit tout d’abord servir à vivre ensemble. En votant Front National, vous défendez le principe d’une société qui vit sous pression et dont vous risquez d’être la première ou la deuxième victime. Vous avez besoin de liberté, vous avez besoin d’une société ouverte ou l’on assure les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité ... c’est tout le contraire de ceux qui utilisent le vieux slogan pétainiste « travail, famille et patrie » pour asservir les individus. En offrant un peu de pouvoir au front national, vous risquez de ne plus pouvoir vous débarrasser d’une démarche autoritaire, broyeuse d’individus. Vous risquez de mettre la Normandie au ban de la France, la France au ban de l’Europe, l’Europe au ban du monde. Que votre insatisfaction du présent ne se traduise pas la condamnation de l’avenir et des générations futures. En méprisant les autres, vous vous mépriserez vous-mêmes. Pour tous, vous rendrez le quotidien invivable.

Le vote pour la droite d’Hervé Morin

Vous pouvez voter à droite. Certains de mes amis de droite m’ont dit qu’ils ne voteraient jamais pour Hervé Morin, parce qu’il est trop parisien, velléitaire, méprisant et gaffeur, mais vous pouvez le faire. Vous pouvez voter pour celui qui a laissé médusés ses propres soutiens lors d’une réunion à proximité d’Épaignes, commune dont il est maire : bon, ben c’est pas tout ça, mais faut que je rentre chez moi, à Paris. Hervé Morin n’a pas de programme, il a défendu la Normandie réunifiée mais au moment de sa création, il a refusé de voté pour elle, par pur réflexe idéologique. Hervé Morin est le moins crédible des postulants français de droite à la présidence d’une Région. Grâce, ou à cause de lui, la Région Normande, dont il a contribué à soutenir la création, n’a pas pu connaître de débat à la hauteur. Il a été le plus mauvais ministre de la défense depuis 1945, il n’a jamais démontré la cohérence de son projet pour la Normandie, et il annonce qu’il sera un gestionnaire à la hauteur. Il n’y vraiment aucune raison de lui faire confiance sur ce point. Il ne faut pas voter Hervé Morin, parce que ce serait contribué à ce que la région Normande prenne un mauvais départ. Avec un candidat qui n'annonce pas franchement la couleur, vous ne savez pas où vous allez être mené. Danger !

 

Une gauche unifiée pour une Normandie réunifiée

Nicolas Mayer Rossignol est le seul rassembleur du second tour. Il a fait revenir à lui les écologistes et le front de gauche, en ce qu’il est sûr qu’ils auront à cœur de porter le débat positivement pour l’avenir de notre grande Région dans une démarche de développement, d’attention et de résolutions des difficultés sociales, et de respect absolu de l’environnement. Je suis fier d’appartenir à une équipe qui prendra à bras le corps le combat pour une Région Normande ouverte sur le monde, s’appuyant sur les valeurs républicaines et humanistes dont notre région a besoin, pour qui la culture, l’enseignement sont une priorité. Une Normandie active au service des Normands. Je vous demande de voter pour la liste de Nicolas Mayer Rossignol.
 
Olivier TACONET
Colistier de Nicolas Mayer-Rossignol

 

mardi 8 décembre 2015

Dimanche, nous ferons gagner la gauche au service de tous les Normands

La fédération de l’Eure du parti radical de gauche communique :

Dimanche prochain, grâce aux électeurs, la Normandie sera à gauche. Le parti radical de gauche s’en réjouit pour la nouvelle région, son territoire et ses habitants qui bénéficieront des atouts dont dispose la grande Normandie pour laquelle les radicaux se mobilisent depuis des décennies.

Les résultats du premier tour laissent cependant un goût amer. Le très haut niveau d’abstention et le score élevé du Front National en particulier dans le département de l’Eure appellent à un sursaut civique. Les valeurs qui sont à la base de la cohésion sociale, de notre capacité et notre joie de vivre ensemble sont gravement mises en question, par les attaques djihadistes, par la montée du parti de l’exclusion et de l’intolérance et par la démission abstentionniste.

Le parti radical de gauche appelle au sursaut républicain pour ce deuxième tour, appelle tous les normands à défendre les valeurs républicaines et à voter pour la liste d’union de la gauche menée par Nicolas Mayer-Rossignol.

mercredi 22 octobre 2014

Pourquoi Manuel Valls a répondu à Jean-Michel Baylet

On n'aura jamais autant parlé du prg, et c'est tant mieux !


Manuel Valls reprend la main. A la suite d'une période
tourmentée, laissant apparaître de lourdes fractures au sein du
PS, le premier ministre a saisi la perche tendue par le prg pour
donner le sens réel du combat que doit mener une gauche
moderne.
Je dois concéder avoir été très sceptique sur la démarche menée par Jean-Michel Baylet à la suite de sa défaite électorale.  Je n'étais pas le seul, mais je veux être parmi les premiers à reconnaître que je m'étais trompé. Plus le temps passe et plus les événements lui donnent raison.  
Au départ, j'étais plus que réticent à l'idée que les radicaux puissent quitter le gouvernement. C'était pourtant carrément ce qu'a proposé Jean-Michel Baylet devant un bureau national frileux le 8 octobre. On imagine la tête des ministres face à une telle perspective ... mais il n'y avait pas que les ministres à faire la tête. Pour beaucoup, dont moi, la perspective de quitter le gouvernement était une porte ouverte à la décomposition du pouvoir et au fait que si la gauche ne tient pas le mandat, elle ne retrouvera pas le pouvoir avant 30 ans ... Un pouvoir qui se partagera entre la droite et l'extrême droite, terrible  perspective, vous en conviendrez.


Jean-Michel Baylet a marqué des points lors du forum.
Sans doute Est-ce là la marque des grands hommes
politiques que de savoir se redresser quand rien ne va plus.
Or donc, quand le président Baylet, qui venait de voir Hollande et Valls a dit qu'il allait demander une réunion d'urgence et exiger une réponse dans les 10 jours (c'est à dire que cette réponse devait arriver avant la réunion du Comité directeur du prg qui s'est tenu vendredi dernier) je me suis dit qu'on courrait à la catastrophe. Je me souviens du visage incrédule d'Annick Girardin, ministre de la francophonie qui n'en croyait pas ses oreilles ...

Je rajoute cette photo, parce que je l'aime bien. Christiane
Taubira, invitée au forum par le prg. Elle a dit à Jean-Michel
Baylet qu'elle se sentait toujours de la famille, même si elle
n'a pas sa carte. Il est vrai que sans les radicaux, ni sans la
période électorale de 2002, elle ne serait pas où elle en est,
c'est à dire la plus grande garde des sceaux depuis Badinter.
Or, que c'est-il passé ? Non seulement Valls a reçu Jean-Michel Baylet une nouvelle fois, non seulement il a répondu à la lettre comminatoire du président du prg de sept pages, mais en plus il lui a donné raison sur à peu près tout et en particulier sur le fait que les accords n'avaient pas été respectés ! Je répète ... parce que je n'ai pas souvent entendu ça en 40 ans de vie politique : Manuel Valls, premier ministre, a convenu que les accords n'avaient pas été respectés. Dingue !
 
 


 
Mais en fait, j'ai seulement commencé à comprendre lorsque Valls, dans son discours de dimanche a profité de son passage au forum pour répondre à l'interview que Martine Aubry avait donné au Journal du Dimanche le matin même. Définitivement, et quoi qu'il lui en coûte le premier ministre fait le choix d'une gauche moderne, qui prend le pari de la gestion et qui laisse de côté les imprécations d'une gauche mollettiste, c'est à dire de celle qui promet et qui, une fois au pouvoir les oublie pour mener la pire des politiques (rappelons pour nos jeunes lecteurs que Guy Mollet, tenant en théorie d'un marxisme appliqué au parti socialiste a envoyé les troupes en Algérie, fourvoyant au passage la gauche et la mettant durablement dans l'opposition).
On retrouve donc toutes les pièces du puzzle. Quand Manuel Valls précise que les accords ne sont pas respectés, c'est par ce que, lui non plus n'a pas la main sur le PS. Martine Aubry, sort du bois au moment où, précisément, elle rappelle son poids à l'intérieur de l'organisation, à coté des frondeurs et qu'ont rejoint Philipetti et Hamon. Mais en même temps, plus elle fait ça, et plus elle montre que le PS ne sert à rien et qu'il convient de recomposer la gauche. Dans ce projet, les radicaux doivent jouer tout leur rôle. C'est notamment ce que dit Manuel Valls dans son interview au nouvel observateur : il faut en finir avec la gauche passéiste !
Ainsi donc, les radicaux ont plus que joué pleinement leur rôle : la recomposition du paysage politique français passe par eux. J'ai vécu un petit événement historique, mais sur le coup, je ne m'en étais même pas rendu compte !
Un petit clin d'œil avant de partir pour l'ami Filoche. Filoche, je le connais depuis tout petit, enfin, depuis que moi je suis tout petit, parce qu'il a toujours été plus grand que moi. Il faisait figure de héros, parce qu'il avait eu des faits d'armes s'étant fait casser la figure par des fachos qui étaient descendus casser la gueule aux gauchistes qui refusaient la guerre du Vietnam. Ce fut d'ailleurs, là aussi un événement fondateur de la vie politique française puisque nous avons retrouvé dans ce combat violent d'un côté l'ami Filoche devenu membre des instances nationales du parti socialiste après être passé par la ligue communiste révolutionnaire et de l'autre 
Filoche, un grand souvenir d'enfance, mais finalement,
j'aurais vieilli avant lui. C'est la vie !
Madelin et Devedjian qui ont rejoint la droite traditionnelle après être passé par occident et autres mouvements d'extrême droite. Passons, enfin, justement, Filoche a visiblement du mal à passer ... il a fallu qu'à l'occasion du décès de Christophe Margerie, il éprouve le besoin d'insulter le grand patron à la suite de l'accident. Personnellement, c'est pas l'indécence du propos qui m'insupporte ...

 

Effectivement, on ne parle pas comme ça d'un mort, ça ne se fait pas, sauf en cas de guerre. Mais ce qu'il y a de particulièrement idiot, c'est de traiter Margerie de suceur de sang. Ce sont là des images à l'ancienne qui n'ont rien à voir avec l'évolution du capital aujourd'hui, de sa réalité ... C'est idiot et anti-pédagogique ... tout ça pourquoi au fond, Gérard ? Pourquoi ? Pour essayer de rester jeune ? Pour faire oublier qu'on est devenu réformiste ...  Faire tout pour se faire virer du PS avant de hurler qu'on veut y rester. Bref, autant de chose qui permettent de passer pour un imbécile.
 

 


 

jeudi 25 septembre 2014

Les partis politiques sont ils encore utiles ? premier café radical au Havre

Organisé par le cercle du Havre, Mickael Baron a animé le premier café
radical à la Caza de Wael. Un débat bon niveau qui en appelle d'autres.
J'ai eu l'honneur de parrainer le premier café radical organisé au Havre. Le thème " les partis politiques sont ils encore utiles ?" sera repris le samedi 18 octobre, lors du forum républicain organisé par le parti radical de gauche.
Je vous livre le texte de mon intervention qui a servi d'ouverture au débat.  
 
Les partis politiques sont-ils encore utiles ?
Il s’agit là d’une question provocatrice. Les partis politiques, quand bien même ils ont de plus en plus tendance à constituer l’exutoire de nos difficultés, font partie de notre vie politique et sociale. Ils sont inscrits dans notre constitution. J’en rappelle l’article 4 :
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er (La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.) dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.
La question posée de leur utilité, voire de leur existence, n’est donc pas anodin. En un an, deux ouvrages sont parus au sein de la gauche française. Celui de Robert Hue « les partis politiques vont mourir, mais ils ne le savent pas », ainsi que celui de Daniel Cohn-Bendit : pour supprimer les partis politiques ?!
Ils relaient le malaise dont sont victimes les partis politiques, répercussion d’un malaise qui touche la vie politique dans son ensemble. A mon avis on ne peut répondre à la question de l’utilité des partis qu’en reprenant leur histoire.
Elle n’est pas si ancienne. Elle est en tous les cas beaucoup moins ancienne que l’histoire de la politique. Elle correspond précisément à l’organisation d’un système politique républicain et démocratique.
Entre la révolution française de 1789 et la création parti radical en 1901, le premier parti politique en France, il se passe quand même plus de cent ans. Pendant ces cent années, il se passe beaucoup de choses. Citons en vrac la révolution, la terreur, les guerres, les guerres napoléoniennes, la restauration, la naissance de la 3e république, le second empire, bref, une période très agitée sur le plan des idées et de l’action politique à laquelle j’ajouterais un sujet qui me parait fondamental : la naissance de l’idéologie communiste.
De ce point de vue, l’une des premières apparitions du mot parti arrive en 1844 avec le manifeste du parti communiste écrit par Karl Marx. C’est un événement qui va bouleverser la politique même si la conception et du mot communiste et du mot parti vont considérablement évoluer.
Le mot parti  n’a rien à voir avec ce qu’il est devenu actuellement, et en particulier avec la vision la plus achevée qui correspond à celle que le parti communiste a précisément porté au cours des décennies. Le parti est alors une vision, une idée qui portée par le monde en marche. Il n’est pas question d’un parti avec des cellules, des dirigeants, des militants ou d’écurie visant à promouvoir des champions électoraux. Il s’agit juste pour les auteurs du manifestes comprendre et de s’intégrer dans un processus révolutionnaire jugé inéluctable.
Le vrai parti communiste, je veux dire celui qui va marquer la vie politique française pendant 70 ans, n’existera réellement qu’à la suite de la première guerre mondiale en s’inscrivant en rupture avec le parti socialiste au congrès de Tours en 1920, et en adhérant à la 3e internationale créée par les nouveaux détenteurs du pouvoir en Russie.
Pourquoi s’attarder sur l’histoire du parti communiste, aujourd’hui devenu marginal dans la vie politique française, et pourquoi ne pas accorder plus d’importance par exemple au parti radical de gauche ou aux autres structures politiques françaises ?
Pour deux raisons essentielles.
·      La première est que c’est sans doute ce mouvement qui a été le plus loin dans la notion même de parti. Il a même été tellement loin qu’il est mort de ses excès.
·      La seconde est que sans doute, de par cet excès même, de par l’importance qu’il a donné à la politique et à l’espoir que l’on pouvait mettre en elle, il a sans doute une large part dans la désillusion qui marque la vie politique française.
Il ne s’agit pour moi de distinguer les bons et mauvais aspects liés au poids du parti communiste dans notre société. Le modèle n’en est plus un. Il a correspondu à une époque dont il a en même temps modelé et imprégné les motivations. Ce qui est sûr toutefois c’est qu’il a largement contribué à une passion française pour la politique, cette passion qui n’a guère eu d’équivalent qu’en Italie, qui a été le pays d’Europe occidentale ou le parti communiste a été le plus fort.
Je ne pense pas que ce soit un hasard. En donnant à la lutte des classes la clef de l’évolution de la société, il a fait fausse route, mais il a créé dans les quartiers, dans les communes, dans les lieux de travail, un clivage et une adhésion solidaire qui n’a pas d’équivalent. Il a aussi, et j’en ai connu de multiples exemples, ouvert au monde et donné à de nombreux militants une ouverture au monde une soif de savoir, un désir d’apprendre et un dévouement sans équivalent. 
Parallèlement, par son comportement, par son invasion dans le monde politique, par son omniprésence dans la société française, il a créé et un mouvement de critique qu’il n’a pas su assimiler et surtout un rejet profond qui s’est traduit par une déchéance électorale qui n’est en fait que la conséquence d’une inadéquation entre la doctrine communiste et le monde réel.
Alors, voilà ! Les gens sont déçus. Ils sont déçus par la politique et ils sont déçus par les partis politiques. En fait, de mon point de vue, ils sont forcément déçus par eux-mêmes. Quand on s’est illusionné, on a naturellement tendance à rechercher un responsable.
Le corps électoral, la société, a admis qu’on ne pouvait pas changer le monde d’un coup, quelle que soit l’importance de la colère que l’on porte en soi. Ça n’empêche pas d’être en colère quand il faut, mais les scores du parti communiste et de Mélenchon sont la marque de cette désillusion.
En politique aussi, le noir et blanc n’intéresse plus. Le monde est coloré, la zapette nous ouvre un choix démultiplié d’images, reflet de la complexité du monde et l’individu a du mal à s’y faire entendre. Mais peut-on pour autant se passer des partis politiques ?
Je ne le crois pas. J’adhère aux radicaux de gauche depuis près de vingt ans et je milite depuis plus longtemps encore. La politique, l’action publique m’a apporté une qualité de relations, une réflexion, des échanges, une générosité et des vues sur le monde que je ne trouverais nulle part ailleurs. Bon c’est un point de vue personnel, voire égoïste, mais je ne vois rien dans ce qui se passe autour de moi et jusque dans l’éreintement permanent des partis et de l’action politique qui pourraient me faire changer d’avis. Je me réfère à la fameuse phrase de Churchill : « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres ». C’est la démocratie moderne qui a créé les partis tels qu’on les connaît actuellement. Si l’on veut se passer des partis politiques, il faut se préparer à être gouvernés par des ordinateurs ou par des militaires. Les ordinateurs génèrent les plus graves erreurs de gestion s’ils ne bénéficient pas de la critique des hommes. C’est le cas Kerviel et la panique économique de 2008. Les dictatures militaires génèrent non seulement des abominations en terme rapports humains, mais en plus, elles renforcent précisément les pires défauts des systèmes politiques, telle la corruption par exemple.
Les partis sont des affaires humaines, ils font voisiner ambition et générosité, vision collective et ambitions personnelles, soif de pouvoir et besoin d’empathie, trahison et confiance. Cette dimension n’a rien d’original. On la retrouve dans toute œuvre collective et humaine, dans les associations, les entreprises et même les familles. Mais les partis sont indispensables. Grâce à eux la vie démocratique existe, les problèmes sont mis à jour, et on se confronte à la réalité de l’action publique, bien loin du rêve.
On peut se dire qu’à cause de cela la vie politique est de plus en plus complexe. C’est pas faux. Il était toujours plus simple de s’illusionner. Mais qui peut s’occuper de nous, qui peut s’occuper du sort de la planète, de nos enfants et de nos petits-enfants ? À chaque fois que nous faisons cela, nous faisons de la politique. Et n’est-il pas mieux de le faire à l’intérieur des partis ? De confronter nos désirs et nos contradictions à celles des autres ? Un parti politique n’est rien d’autre au fond. Gramsci, une grande figure politique italienne à qui son engagement a valu des années de prison sous le fascisme, parlait du parti comme d’un intellectuel collectif. Encore faut-il le construire ce collectif. Je finirais en vous racontant une anecdote. A un collègue de travail qui critiquait les syndicats, j’avais demandé s’il était lui-même syndiqué. Il m’avait répondu que non. Je lui ai alors dit qu’il ne pouvait se permettre de critiquer les syndicats. S’ils ont tous ces défauts, c’est précisément à cause de leur faiblesse, du fait qu’ils aient de moins en moins d’adhérents et qu’ils sont de moins en moins représentatifs. Il en est de même pour les partis politiques. Si les partis politiques sont éloignés du peuple, c’est qu’ils n’ont pas assez d’adhérents. Plus ils seront faibles, plus ils seront éloignés de la réalité et plus ils seront critiquables en s’ouvrant à toutes les dérives, type Guérini ou Bygmalion... Qu’on ne compte pas sur moi pour les affaiblir encore en stigmatisant les dérives individuelles, et me mettre à côté d’une presse en difficulté, prête à scier la branche sur laquelle elle est assise en se lançant dans le bashing de la politique et des institutions.
La politique a besoin de critique, elle a besoin de pensées mais la politique ne doit jamais se défausser de l’esprit de responsabilité. C’est ce que nous devons à nos contemporains et aux générations futures.