Affichage des articles dont le libellé est Evreux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Evreux. Afficher tous les articles

mardi 12 juin 2018

Comment sauver nos centre-villes ?

La ville, c'est la vie ! 

Salle pleine au Mata Hari à Evreux pour parler revitalisation
des centre-villes. Timour Veyri avait invité Hervé Le Bras, le
grand démographe et Martial Bourquin, sénateur dont le
projet de loi sera prochainement présenté.
Timour Veyri, patron des socialistes de l'Eure, avait mis les petits plats dans les grands pour parler d'un sujet crucial à tous niveaux : l'avenir des centres villes. En collaboration avec la fondation Jean Jaurès, il a fait venir une célébrité et un expert : Hervé Le Bras, sans doute le plus grand spécialiste français de la démographie politique et Martial Bourquin, ancien maire d'Audincourt et sénateur.
Ainsi le problème est-il national, et dépasse même nos frontières. Les centre-villes sont fragiles, mais sont encore plus fragilisés par le développement des ventes par internet, alors qu'ils se remettent difficilement du choc provoqué par le développement des grandes zones commerciales en périphérie. Ainsi, le gouvernement a-t-il lancé récemment un grand plan de revitalisation de 222 cœurs de villes, dont ont d'ailleurs bénéficié Evreux, Vernon et Louviers. Une autre action est menée sur le plan législatif. Actuellement Martial Bourquin travaille avec un sénateur de droite sur une proposition de loi qui sera prochainement soumis au Sénat.
Bien entendu, si le problème de la vitalisation du centre-ville touche la France entière, à Evreux la situation est catastrophique, conséquence d'une suite d'erreurs commises par la droite ébroïcienne, tout d'abord avec la création de la zone franche sur les hauteurs de la ville, le tout amplifié par un soutien aux grandes surfaces et notamment à la zone Mc arthur Glen dont les commerces n'avaient pas besoin. 
Protestation des commerçants à Louviers contre la conduite
des travaux. S'il suffisait de refaire des trottoirs pour
revitaliser un centre-ville, ça se saurait. Pour supporter les
désagréments dus aux travaux, les commerçants demandent
simplement à être consultés et, en option, d'être sûrs que les
travaux seront utiles. S'ils  sont aux premières loges, les 
questions soulevées par les commerçants sur la 
revitalisation du centre concerne finalement toute la ville 
A Louviers aussi, la situation est très mauvaise. Il n'est qu'à se promener en ce moment dans le centre-ville pour constater le nombre de commerces fermés, et parler un peu avec les commerçants pour entendre leurs plaintes. C'en est au point que certains  commerces ont dû licencier, cependant que les travaux réalisés sans concertation continuent de soulever les plus grandes inquiétudes. On retiendra aussi l'autorisation d'ouverture de centre-commerciaux le dimanche. A force de frapper sur des économies fragilisées, surtout au nom d'un projet mal conçu de revitalisation du centre-ville. Bref, comme on dit : ni fait, ni à faire. 

Voilà le contexte. L'avantage d'avoir invité Martial Bourquin, c'est que celui-ci a pu faire part de son expérience d'homme de terrain et d'homme de loi. Si à Evreux comme à Louviers le centre ville et le commerce souffrent, le phénomène n'est pas local mais national. L'un des phénomènes les plus marquants du développement commercial de ces dernières années a été la création de grandes surfaces en périphérie. Ce modèle est aujourd'hui dépassé par la livraison internet et révèle ses conséquences désastreuses des points de vue écologique et social. Grandes surfaces laissées à l'abandon, quand elles sont supplantées par d'autres, plus neuves. 
Le projet de loi propose d'agir là où ça fait mal. Il y a deux points essentiels : la fiscalité et l'aménagement des zones. 
Si les zones s'implantent à l'extérieur des villes c'est parce que le prix du m² est moins élevée, et parce que la fiscalité est moins lourde.  Le m² est moins cher parce qu'on ne vit pas et qu'on ne construit pas sur ces terrains jusqu'alors destinés  à l'agriculture. Il faut donc en surenchérir le coût et c'est ce que prévoit le projet de loi en contraignant les aménageurs de zone à payer leur remise en état pour l'agriculture et en leur faisant payer des taxes équivalentes à celles que payent les commerçants du centre des villes qui verraient, eux leurs taxes diminuées. 
Très belle idée à la vérité, qui ferait le contraire de ce qu'avait fait Debré à Evreux qui s'était débrouillé à créer une zone franche (la zone des Longs Buissons près de la Madeleine) qui a fait fuir du centre d'Evreux non seulement les commerces mais aussi notaires, avocats et surtout professions médicales. Une catastrophe sur laquelle il est difficile de revenir en l'état actuel des choses. Espérons que les propositions de bon sens proposées par Martial Bourquin seront retenues. La première étape sera le passage de la proposition de loi au Sénat. 
Reste que la loi ne peut pas tout résoudre. Martial Bourquin a su rappeler ce qu'il a pu faire en tant que maire de d'Audincourt, une commune de 15.000 habitants à proximité de Montbéliard. Bien sûr, chaque situation est différente et Audincourt n'est pas une ville-centre, à l'image d'Evreux ou Louviers. Mais il est sûr que ces communes ont des leçons à tirer de l'expérience d'Audincourt, même si, à Louviers comme à Evreux, l'action de la gauche au pouvoir n'a fait qu'entériner les pratiques municipales de Martial Bourquin. 
Louviers, par exemple a réussi a amener des habitants dans le centre ville grâce à une politique ambitieuse de logement sous la municipalité de Franck Martin. Cela a été possible grâce à la détermination du maire mais aussi par le fait qu'il a géré la ville pendant plusieurs mandats parce qu'une politique du logement se mène sur le long terme. 
Mais la vitalité d'un centre-ville ne dépend pas seulement de l'habitat. 
Il faut aussi que la politique municipale soit, bien sûr attentive,  au commerce. 
Ainsi le contre-exemple donné à Evreux où la création d'une zone franche à la périphérie de la ville a vidé le centre-ville de ses médecins, professions notariées et autres avocats qui ont préféré s'installer là où ils pourraient payer moins d'impôts, soulignant ainsi les effets pervers de la mesure de défiscalisation. Autre mesure, le fait de mettre fin à l'aménagement de zones de transports en commun.  
A Louviers, le maire a permis l'ouverture de grands magasins le dimanche, privant ainsi de clientèle le centre-ville à un moment clé. Mais la vitalité du commerce ne dépend pas que de l'attention portée au commerce lui-même.
Le rôle de la municipalité est essentiel. Si le maire sait être à l'écoute des commerçants, des habitants, s'il est capable d'insuffler une logique de confiance, s'il est surtout dans une volonté d'animation, c'est à dire de donner une âme à sa ville, alors le cœur de ville vivra, et ce bien davantage encore qu'en refaisant le macadam. La ville doit avant tout être un lieu de vie et de culture, le reste viendra à la suite. 
Au delà du conseil à suivre, la question du centre sera une question centrale lors des prochaines échéances électorales partout où le coeur des villes montre des signes de faiblesse, voire d'extinction.

On notera l'importance donnée au rôle du maire par Martial Bourquin au détriment de celui pris par l'intercommunalité.
Image tristounette de la "fête de Louviers", désespérément
vide de chalands, malgré un temps magnifique. C'est comme
si Priollaud faisait tout pour ternir l'image de notre ville. Il
y a urgence à agir
Étrange pour le maire d'Audincourt, commune elle même située au cœur d'une agglomération, mais après tout, pourquoi pas. Son action en tant que maire d'une commune sans doute riche a sans doute permis de mener une politique efficace et appréciée. Au delà de l'animation de sa ville, et du poids de l'animation culturelle, il a notamment eu une initiative très intéressante en faisant racheter par la ville des commerces à l'abandon pour les relouer à vil prix à des nouveaux commerçants. L'exemple a été mis en parallèle avec celui de Mme Coussens, commerçante historique d'Evreux, placée devant l'incapacité de revendre son activité depuis trois ans, ce qui situe l'état du marché. Elle a alors décidé de reprendre l'affaire qu'elle avait décidé de céder et d'en louer une partie à des start-ups en mal de locaux. Voilà donc le paradoxe : permettre à l'activité économique de repeupler et d'animer le centre des villes, une expérience à suivre, à n'en pas douter, menée par le biais de l'initiative privée, mais cohérente avec les actions publiques menées par ailleurs.
Pour autant, même s'il faut vanter les volontés municipales, en particulier lorsque les communes ont les moyens matériels et humains pour agir, il ne faut pas négliger, loin de là les intercommunalités. D'abord parce que, même si le cœur de la cité touche d'abord la commune, sa vie a un retentissement sur l'ensemble des collectivités alentours. La cohérence de l'action et la coopération face à ce type de problème est indispensable et a donné des résultats, notamment à Louviers et à son agglomération, où l'activité commerciale est devenue une compétence intercommunale par la volonté de Franck Martin tout en donnant des résultats intéressants, malgré quelques oppositions. 
Ce qui est certain, c'est que la situation économique et commerciale dans la zone de Louviers a connu une magnifique embellie grâce à l'action de Franck Martin ... mais que la politique de Priollaud remet gravement en question. En témoigne la première étude de l'Insee qui place Louviers en phase de recul récent 
Une étude aussi récente qu'inquiétante pour Louviers : la ville et son
agglomération sont victimes d'un décrochage récent. Vivement demain,
comme disait l'autre. Louviers a besoin d'un bon maire










mercredi 31 janvier 2018

Retour aux fondamentaux ...

Les Radicaux de gauche ont fait carton plein.

Nous étions une soixantaine réunis à l'occasion d'un banquet républicain autour de Virginie Rozière pour parler de l'avenir de la gauche et du radicalisme. 

Tout semble se liguer contre la gauche de gouvernement.
C'est cependant une erreur de penser qu'elle est sans
perspective, même si le vaste est le chantier qui la rendra
compétitive. 
Pourquoi un banquet républicain ? Ben, comme je l'ai rappelé, pour rendre un hommage aux fondamentaux. Il faut le rappeler, à l'origine, les banquets étaient un moyen pour les défenseurs de la République de rassembler alors que les rassemblements politiques étaient interdits, sous l'Empire ou la Restauration. 
Ne pas se laisser abattre, jamais. Les républicains ont vécu
dans l'Histoire des temps autrement plus durs. Jean Levain
au premier plan.
Plus prosaïquement, et surtout dans la période présente, les banquets républicains, auxquels les cafés radicaux rendent hommage, répondent au besoin de se retrouver quand les temps sont durs.
Et ils le sont ! 
Les deux élections législatives partielles ayant eu lieu juste après le banquet l'ont d'ailleurs confirmé : moins de 3 % pour le parti socialiste à Belfort, dans une l'ancienne circonscription de Raymond Forni, à peine plus de 5 % dans la première circonscription du Val d'Oise. Voilà pour l'état de la gauche de gouvernement dans l'opinion.
Virginie Rozière, déterminée à faire vivre la gauche radicale
Pour autant, personne parmi les participants au Banquet ne pensait que la gauche était morte, et encore moins la gauche de gouvernement. 
Si l'on se réfère aux maigres résultats électoraux cela parait paradoxal. Reste que la foi n'est nullement éteinte ! Du côté des adhérents, de ceux qui ont voué leur vie aux valeurs de la gauche, la déroute non seulement n'est pas définitive, mais leur espérance prend aussi appui sur ce qu'ils ressentent et ce qu'ils vivent. 
Paul Dhaille, une parole qui porte
En accueillant Virginie Rozière, j'ai mis en exergue la phrase magnifique de Mendès France sur la République appelée à "se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir".
Le banquet n'est  qu'une étape dans un processus beaucoup plus vaste, une pierre dans un immense chantier, mais où rien ne se fera hors de la joie d'agir et de la volonté créatrice. 
Diego Ortega a rappelé l'importance
du projet dans les combats locaux
Nous devons naviguer entre ces deux écueils qui consisteraient d'une part à nous enfermer dans nos certitudes qui ont eu toutes leurs parts dans nos échecs et d'autre part à renoncer à nous mêmes. Radicaux, nous devons nous ouvrir à ceux qui, à gauche, rejettent la fatalité d'un monde qui se déciderait en dehors de la volonté et du contrôle populaire. 
Cette soumission à la technostructure est dénoncée par Jean Levain, ancien maire de Chaville, qui souhaite s'impliquer dans une démarche de réflexion et de rénovation de la gauche.
"L'espérance du lendemain, ce sont nos fêtes "...
Virginie Rozière donne une perspective historique et universelle dans ce qui se produit en France. Ainsi, le rêve de Macron consisterait à se défaire de la richesse de la politique française en suivant un processus qui touche toute l'Europe. Celui-ci a commencé naturellement auprès des Etats qui, sous l'influence de la social-démocratie, se sont plié à une logique de compromis qui a finalement pris le dessus sur la nécessaire confrontation des valeurs et de logiques sociales. 
Ce qui se produit en France avec Macron est en tout point comparable à ce que Renzi est en train de réaliser en Italie en faisant alliance avec Berlusconi, laissant les extrêmistes de la ligue du Nord s'allier avec l'indéfinissable mouvement populiste "5 étoiles".
Partout, l'insatisfaction généralisée laisse la place à une représentation politique déstructurée. Il n'est qu'à voir ce qui se produit en Espagne, où les indépendantismes occupent le vide laissé par des projets politiques en déshérence. 
Paul Dhaille compare la situation actuelle avec ce que nous avons connu avec le gaullisme au sens où la volonté du Général de dépasser les partis s'est traduite par un pouvoir renforcé de la technostructure. Celle-ci ayant d'ailleurs enfanté d'un Pompidou dont la carrière peut être comparée à celle de Macron. 
Timour Veyri, comme Diego Ortega ont insisté sur le fait que la gauche d'en bas, celle qui agit et réagit, celle qui sait que la politique locale est aussi la répercussion pratique des valeurs portées à droite comme à gauche, reste à jamais réceptive aux actions de la gauche dans les communes et les collectivités.
Virginie Rozière ouvre le chantier de la reconstruction de la
gauche. Le neuf février marquera une nouvelle étape en
réunissant les radicaux ancrés à gauche et s'ouvrant aux
acteurs de la gauche de gouvernement.
Les faits le confirment. Le dernier dimanche de janvier, pendant que se déroulaient des législatives qui lui était très défavorables,  la gauche reprenait la commune d'Auterives en Haute Garonne, quelques semaines après avoir repris la municipalité d'Orthez. Certes, ce ne sont que des exemples limités et locaux, portant sur quelques milliers d'électeurs, mais on doit y voir le signe
que la gauche n'est pas morte. Le vaste chantier de sa reconstruction est ouverte. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, les rencontres enrichissantes, l'ouverture d'esprit y sont nécessaires.
Prochaine étape : vendredi neuf février au Théâtre Edgar à Paris. 
Nous y reviendrons. Nous vous y attendons. 




lundi 8 janvier 2018

Participez au débat !

Une page s'est tournée en 2017, écrivons ensemble la suite !



2017 aura marqué notre Histoire par la déflagration de notre édifice politique. 

2018 ouvre un énorme chantier. Au delà de la reconstruction d'une gauche dévastée, nous devons rendre confiance à ceux qui refusent la fatalité d'un destin guidé par des impératifs gestionnaires d'un monde algorithmé, érigeant le cynisme en mode de gouvernement. 
2018 sera ce que nous en ferons, avec notre volonté, nos désirs, nos réflexions, nos doutes et nos certitudes. 
La gauche existe, elle a une mission, celle de dire non à l'injustice et de mettre l'humanité au cœur du projet politique. Elle a aussi une autre mission : s'appuyer sur la raison pour faire en sorte que l'humain soit le premier bénéficiaire des évolutions du monde. Pour cela, elle doit se reconstruire en s'adaptant aux enjeux des générations nouvelles.
Les inquiétudes, les projets, les injustices mêmes ne se manifestent pas de la même manière qu'il y a trente ans, et dans trente ans, ils auront encore évolué. 
Dans cette période charnière, les radicaux de gauche lancent le débat.  Ils s'ouvrent à toutes les tendances émiettées de la gauche de gouvernement, à toutes les bonnes volontés et à toutes les intelligences. Après la déflagration, la reconstruction. 

Le radicalisme est-il l'avenir de la gauche ? 
débat animé par Virginie Rozière, députée européenne
Les radicaux de gauche ouvrent le débat en organisant un Banquet Républicain ouvert à tous.
C'est le moment de s'écouter, d'élaborer notre projet dans le rejet des postures et des petits calculs et à la confrontation dans le respect.
LE RADICALISME EST-IL L'AVENIR DE LA GAUCHE ?
Banquet Républicain 
mercredi 24 janvier 2018 à 19 h 30 
au London Pub (1er étage), 
8 rue Borville-Dupuis. 
Participation 20 €, 
5 € pour les adhérents
Réservez votre soirée, 
réservez vos places !

pour s'inscrire : 
caferadical@gmail.com
06.79.31.98.85



jeudi 28 décembre 2017

La photo jaunie de la social démocratie

L''ouvrage a vieilli ... mais bien vieilli. 
Il a gardé tout son sel et l'âge même
lui donne des arômes nouvelles.
Qu'est-ce que la social-démocratie ? Est-ce  même une question.  
A tout avouer, de voir ce petit bouquin traîner sur une table, je ne me sentais pas du tout attiré. Nietszche disait qu'il fallait s'économiser en évitant de répondre à des questions qui ne se posent pas. 
Depuis longtemps je considère la social-démocratie comme condamnée, et qui plus est complètement inadaptée à la problématique française. Qui plus est, l'ouvrage datait de 1979, une période révolue, celle du giscardisme, avant la prise de pouvoir par la gauche en 1981. J'ai lu cependant le livre, sous l'insistance de mon ami Daniel. Un peu par devoir, j'y ai jeté un œil, avant d'y plonger, fatalement. 
Tout d'abord, reconnaissons-le, il y a du plaisir à revenir sur des périodes traversées, ressentir ce que nous vivions à l'époque, ce que nous pensions, ce à quoi nous nous opposions, nos combats, nos amours et tout ça. J'y ai presque retrouvé une joie adolescente, enfantine même. Une chanson me revenait dans la tête entre deux rames de métro,  pour la retrouver, cliquez-là : vous serez surpris.
Passons, revenons à nos moutons et à la social-démocratie.
Surprise dès le début de l'ouvrage : en quelques pages Michel Rocard règle son compte à la social-démocratie. Pour lui, la social-démocratie n'est qu'une parenthèse de l'histoire et dans l'espace et dans le temps. En ceci, il serait presque d'accord avec Lénine qu'il assaisonne cependant un peu plus tard. 
La social-démocratie est le projet politique issu de l'organisation des travailleurs. Elle sera le support théorique de la deuxième internationale, avant que celle-ci ne se décompose à la fin de la première guerre mondiale. Ainsi, Lénine lui-même est-il social démocrate. Il ne s'en détachera véritablement qu'en 1914 lorsque l'outil ne lui sera plus d'aucune utilité. 
Une annexe incroyable le rappelle en annexe. Engels lui-même, figure emblématique du marxisme révolutionnaire, explique que la démocratie va inévitablement profiter au prolétariat et qu'il est inutile de passer par un bain de sang à l'issue incertaine. Tel est le sens de son introduction des luttes de classes en France, ouvrage de son ami Karl Marx, 
Résumons-nous : la social-démocratie est le projet de changer le monde en s'appuyant sur l'organisation des travailleurs. Cette conception n'a guère de sens en France où le syndicalisme est essentiellement politique dès l'origine. Les différentes obédiences marxistes et anarchistes s'y disputent. Il est intéressante de comparer la situation avec l'organisation des ouvriers en Italie par exemple, où, malgré une influence prégnante des anarchistes, peut-être à cause d'elle, ce syndicalisme obtiendra une culture de la négociation et des résultats, et donnera naissance aux ancêtres des premières mutuelles. Cependant, c'est bien en Allemagne et dans les pays du Nord de l'Europe que la social-démocratie connaîtra son développement.
En dehors de ces exemples, la social-démocratie échoue sur deux plans. Le premier, historique et souligné par Lénine : qui montre qu'en s'axant sur des syndicats assez puissants pour négocier avec l'État on en limite en même temps le champ d'action politique. Ainsi, dans les pays où les syndicats sont puissants et réformistes, la social-démocratie a un sens. En France, où la faiblesse de la représentation syndicale les amène à une vaine attitude de posture, la social-démocratie n'a guère de sens. 
C'est là qu'on touche à l'impuissance de la gauche française. Rocard dans ces propos de 1979 fait état de l'utopie autogestionnaire comme étant bien plus cohérente qu'un projet social-démocrate à la française. L'ouvrage d'ailleurs fait l'éloge de la Cfdt en ce que ce syndicat, qui confirmera cette approche par la suite, sera non seulement le premier à revendiquer l'autogestion mais sera aussi le premier à alerter sur les limites du productivisme et du rapport citoyen à l'environnement  prolongation de sa situation de salarié
Cette démarche moderne lui a sans doute permis d'être devenu le premier syndicat français en terme de représentation. Il n'empêche, cette vision déjà défendue par la gauche moderne de Michel Rocard, n'a pas encore eu son prolongement politique. L'autogestion, plus personne n'en parle. On parle de socio-libéralisme, certes, mais personne ne sait trop ce que c'est. Enfin, la culture social-démocrate continue de faire des ravages. Cette gauche de la posture, qui choisit de se couper de la réalité sous prétexte d'un meilleur à venir a amener les plus graves erreurs de la gauche socialiste, allant de la politique coloniale de Guy Mollet au massacre du mandat socialiste de François Hollande par ses "amis" frondeurs. 
Bref, tous ces rappels ne sont pas inutiles à un moment où la gauche est aux abois, piétinée par le macronisme. 
Le besoin exprimé de pragmatisme n'a pas de sens si il ne s'appuie pas sur une base théorique et historique solide. On a fait dire à Sénèque : "il n'est pas de vent favorable à celui qui ne sait où il va".  
Voilà qui devrait rassurer à l'heure où beaucoup d'entre nous trouvent que tous les vents sont contraires. La gauche existe, même si elle se sent perdue. Elle ne pourra se ressaisir sans faire l'effort d'une réflexion profonde, sans s'ouvrir au débat.
Voilà pourquoi Les Radicaux de gauche invitent au débat.
Virginie Rozière au centre de l'image, au centre du débat
Première étape : 
BANQUET RÉPUBLICAIN



Mercredi 24  janvier à 20 heures

8, rue Borville Dupuis 

avec Virginie Rozière

députée européenne



Débat ouvert à tous et en particulier à gauche.

Nous y reviendrons


Post-scriptum 
L'ouvrage est intéressant, je l'ai dit plus haut, parce qu'il révèle aussi des manières de penser d'une époque. Autant pour ses vérités révélées par le temps que pour les erreurs que l'Histoire souligne. 
"Qu'est ce que la social-démocratie ?" est un ouvrage collectif qui date de 1979, donc un peu avant 1981, et 10 ans avant la chute du mur. La gauche vient de subir une déception à la suite des élections législatives de 1978. Rocard veut en profiter pour dégommer Mitterrand, mais c'est déjà trop tard. Les auteurs de l'ouvrage recherchent l'utopie réaliste contre une logique de la posture. Ils dénoncent les régimes sous influence soviétique tout en faisant le recensement des gauches européennes au pouvoir. Arrive l'Allemagne qui a fini par porter la gauche de Willy Brandt au pouvoir. 20 ans plus tôt à Bad Godesberg, la gauche a fait son aggiornamento, mis un terme aux références marxistes, et assumé sa mission réformiste. Le petit livre fait référence au travail d'un dénommé Kurt Schumacher (rien à voir avec le gardien de but de l'équipe Allemande à Séville). 
L'auteur rescapé des camps de concentration, fait l'objet d'une douce condescendance de nos auteurs français qui soulignent les limites de sa réflexion par la phrase définitive suivante ..."d'où, également, son hostilité à l'égard de toutes les puissances d'occupation et l'accent mis sur le thème qui devait se révéler illusoire , celui de la réunification de l'Allemagne". 
Rien que pour cette belle boulette, ce livre riche ne m'a pas fait regretter le détour.

lundi 13 février 2017

Hommage à Michèle RIVE par Michel CHAMPREDON

Michèle Rive était présidente de Biocoop
Michèle RIVE nous a quitté. Militante active et irremplaçable de la vie associative départementale, elle était la présidente de BIOCOOP.

L'incinération de Michèle Rive aura lieu au 

crématorium du cimetière des IFS à la Madeleine 

d'Evreux vendredi prochain le 17 février à 10h30.

Michel CHAMPREDON, maire d'Evreux de 2008 à 2014,l'avait nommé adjointe chargée de l'action sociale. Il lui rend hommage en retraçant avec émotion un parcours de combat et d'amitié.


Hommage à Michèle Rive, une femme sincère et engagée
par Michel Champredon, maire d’Evreux 2008 – 2014


Michèle Rive nous a quitté discrètement, comme elle était, comme elle vivait. Femme engagée, passionnée, désintéressée, ni prétentieuse, ni accro du pouvoir elle marquait sa présence par ses réflexions et ses idées souvent audacieuses, parfois même iconoclastes, alimentées par son engagement dans le mouvement écologiste et ouverte aux pensées alternatives.
Michèle Rive fut un compagnon de route d’une loyauté et d’une fidélité exemplaires pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas si fréquent en politique. Sur les choix nationaux, nous étions plutôt différents : quand elle était avec Michel Rocard, j’étais avec François Mitterrand ; quand elle choisissait Lionel Jospin, je choisissais Laurent Fabius, quand elle votait oui au Traité constitutionnel européen, je votais non, quand elle soutenait François Hollande je soutenais Martine Aubry. Puis, membre du Parti socialiste elle a évolué vers les Verts et moi vers les Radicaux de Gauche.
Mais sur le plan local, nous faisions la même analyse de l’évolution notre ville d’Evreux et de son agglomération. Nous avions la même ambition pour leur développement économique et culturel, la même envie de renforcer les associations avec un service public local qui remplisse pleinement son rôle, la même soif de développer la démocratie locale.
Michèle Rive fut vice-présidente du Centre communal d’action sociale pendant six ans (2008 à 2014). Je lui avais laissé beaucoup de latitude et elle s’y est pleinement engagée avec compétence, connaissant parfaitement ses dossiers. Je savais qu’avec une élue de son tempérament, le maire que j’étais pouvait dormir tranquille. Je suis sûr que les agents du CCAS conservent d’elle un fort souvenir, comme les usagers qui ont eu affaire à elle.
Car au-delà de son engagement politique, Michèle Rive était aussi une femme d’entreprise. Outre son activité de formatrice qu’elle avait géré elle-même, elle avait obtenu la confiance du conseil d‘administration de Biocoop pour diriger et redresser cette coopérative en difficulté.
Femme de caractère elle ne mâchait pas ses mots et savait se battre pour défendre ses positions, quels que soient les risques. Elle ne manquait pas de courage, ce qui en faisait un adversaire parfois difficile. Comme souvent les femmes en politique (c’est le constat que j’ai fait) elle était non seulement très investie mais aussi droite dans ses positions, refusant les compromissions. Elle était du style à « perdre les élections plutôt que de perdre son âme ».
Michèle Rive était de ceux de mes proches, à la personnalité affirmée, qui pensent par eux-mêmes et qui, par leur analyse différente me permettent de ne rien oublier d’un aspect d’un dossier et de penser les choses en sortant du carcan du système.

Elle n’aimait pas la flagornerie et elle n’aimerait pas qu’on dise qu’elle n’aurait eu que des qualités, ce qui est parfois l’écueil des éloges funèbres. J’arrête donc en conservant de Michèle Rive Malgré les beaux moments passés ensemble, nos débats, nos années d’engagement pendant lesquelles l’amitié avec Michèle Rive a toujours été intacte.

vendredi 14 octobre 2016

fiches S transmises aux maires ? Michel CHAMPREDON dit NON

Guy LEFRAND, le nouveau maire d'Evreux, qui s'est placé sous la coupe de Bruno Le Maire a défrayé la chronique récemment en exigeant que les fiches S lui soient transmises. J'ai dit dans le précédent post, ce que cette sortie médiatique m'inspirait : une poussée de Bruno Le Maire en personne pour faire un effet de test sur un sujet qui mérite pourtant le plus grand sérieux.
C'est sur ce sujet sensible que s'exprime Michel Champredon, le prédécesseur radical de l'actuel maire d'Evreux. 

Michel Champredon fait naturellement autorité, puisqu'il a eu la responsabilité de la gestion municipale pendant 6 ans. Le café radical reproduit son propos argumenté en réponse aux propositions de son successeur. 
Premier rappel avant de lire l'article : 
Qu'est ce qu'une fiche S
La lettre S est l'abréviation de « sûreté de l'État ». Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI)1.

La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne.

Kinshasa, le 14 octobre 2016

NON à la communication des « Fichés S » aux élus locauxPar Michel Champredon, ancien Maire d’Evreux

Maire d’Evreux (54 000 habitants) et Président de l’Agglomération du Grand Evreux (37 communes et 85 000 habitants) de 2008 à 2014, j’ai écouté avec attention la demande de certains maires de Droite comme de Gauche, d’obtenir des services de police la liste des habitants de leur commune « Fichés S ».

Une certaine légitimité, une fausse-bonne idée

Spontanément, j’ai compris la demande et j’y trouvais même une certaine légitimité s’agissant pour un maire, responsable de l’ordre public dans sa commune, de mieux connaître sa population et d’anticiper d’éventuels enjeux de sécurité.
Le Ministre de l’Intérieur a refusé au motif que, cette information rendue publique, empêcherait les forces de l’ordre de surveiller efficacement les personnes « Fichée S ». L’objection est fondée.
Pour ma part, je souhaite apporter un autre éclairage sur les conséquences de cette revendication que je qualifie de
fausse-bonne idée. Ce serait un mauvais coup porté à la cohésion sociale et reviendrait en boomerang contre les maires. Par ailleurs, elle changerait leur rôle en matière de sécurité. C’est finalement un piège dans lequel l’élu serait pris, sans pouvoir apporter de véritables réponses aux attentes ainsi générées. Par ailleurs, ce serait une grave remise en cause l’Etat de droit. Pourquoi ?
Pour le démontrer, imaginons que satisfaction soit donnée. Que se passerait-il ?

La cohésion sociale fracturée

Scénario : Le préfet adresse au maire la liste des « fichés S » de sa commune. La lettre est ouverte au cabinet du maire
(voire au service courrier). Elle est lue pour transmission à la personne en charge de ce domaine. Elle va au secrétariat
du maire, et au conseiller en charge de ce domaine, chez le directeur général des services, à la police municipale. Le
maire demandera à son directeur général des services de vérifier auprès de la direction des ressources humaines si la
commune embauche des personnes fichées. On vérifiera également au service vie associative si la ville subventionne une association embauchant une de ces personnes ou l’ayant au titre de ses responsables bénévoles.
A chaque étape, la personne lit le courrier et en parle à deux ou trois collègues proches. L’information étant importante et même sensationnelle… on en parle, on la partage et on la commente. Et on peut dérouler la pelote… en un ou deux jours, la lettre du Préfet aura été lue par une dizaine de personnes qui, chacune, en aura parlé à une dizaine d’autres… (et même photocopiée voire scannée).
L’information file comme une traînée de poudre et deviendra rapidement publique. Il faudra peu de jours pour qu’elle soit dans la presse et sur internet.
Une fois l’information diffusée, que se passe-t-il ? Les personnes et leur famille deviennent des coupables soumis à la vindicte.
Les gens qui figurent sur cette liste deviennent alors coupables d’intégrisme et par un raccourci, suspectées d’être des
terroristes en puissance. Les familles sont mises à l’index par le voisinage.
Dans l’habitat : dans l’escalier des locataires pétitionneront auprès de l’organisme de logement pour faire expulser la famille considérée. Sur quel fondement juridique demandera le bailleur ? Face à l’impossibilité pour l’organisme de
lancer la procédure, les locataires demanderont l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?

Les conséquences de ce qu'on veut

A l’école : les enfants seront regardés différemment. Des parents demanderont que les élèves soient mis dans une autre classe que celle de leur enfant et pourquoi pas renvoyés de l’école… Sur quel fondement juridique demandera le directeur d’école ? Face à l’impossibilité d’agir, les parents solliciteront l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?
Dans l’entreprise : des collègues de travail demanderont à changer d’équipe ou de bureau, à ce que la personne suspectée d’intégrisme soit renvoyée…sur quel fondement juridique demandera le dirigeant ? Face à l’impossibilité d’agir, les salariés solliciteront l’intervention du maire … Que pourra-t-il répondre ?
Dans la vie sociale : on observera l’association, le bar, la mosquée que fréquente la personne concernée. Une forme de mise en quarantaine non-dite se créera vis-à-vis de ces lieux qui, jusqu’alors, vivaient normalement. Ceux qui avaient l’habitude de discuter avec la personne fichée S, se sentiront coupables de la fréquenter et certains s’en éloigneront, renforçant « sa mise en quarantaine ».
Par ailleurs, imaginez la polémique politique dans la vie locale, lancée par certains partis politiques ou associations. Cela constituera une forte pression supplémentaire sur le maire.
On le voit, cette transmission des fichés S, qui peut paraître une demande légitime, fissurerait davantage le corps social, créant une méfiance et montant les gens les uns contre les autres. Ce serait un véritable boomerang contre les élus locaux, bien en peine pour agir concrètement.
Le plus grave : une atteinte à la sécurité
Mais finalement, le plus grave serait que cette mesure irait à l’encontre de son objectif initial de renforcement de la sécurité. La divulgation de ce fichier conduirait nécessairement les individus radicalisés, préparant des actes terroristes, à modifier leur comportement : se sachant surveillés, ils prendraient les mesures nécessaires pour masquer leurs agissements, rendant encore plus difficile la mission des services de renseignement.

Le rôle des élus sur les questions de sécurité changerait radicalement

Le maire verrait son rôle évoluer car on lui demanderait d’intervenir comme un directeur de la police, en appliquant le principe de précaution. Il lui faudra être actif et trouver des solutions rapidement. Mais quelles solutions dans le cadre de l’Etat de droit ? Il se retournera vers le directeur départemental de la sécurité publique. Ses interventions seront vaines car comment condamner des personnes qui ne sont pas passées à l’acte ?

Une remise en cause de l’Etat de droit

Enfin et ce n‘est pas le moindre des enjeux, voudrait-on renoncer à l’habeas corpus qui proclame la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement ? Voudrait-on retourner aux périodes où régnait l’arbitraire et notamment à celle des « Lettres de cachet », par lesquelles on enfermait à la Bastille ceux qui ne plaisaient pas, sur présentation d’un simple billet signé du roi ? Ce serait le renoncement à l’Etat de droit et donc un changement de régime. Qui est prêt à cela…à part peut-être les plus conservateurs qui n’ont jamais accepté la République ?

lundi 24 février 2014

Un bel article dans Normandie Dimanche

Les radicaux en gloire, ce n'est pas assez fréquent !
raison de plus pour s'en réjouir.
Samedi dernier, les radicaux de la région Haute-Normandie ont eu les honneurs de Normandie Dimanche, avec la Seine-Maritime pour la partie théorique, et l'Eure ... et même Louviers pour la partie pratique.
Un beau reportage, réalisé par un journaliste sympa, qui donne en tous les cas une belle idée de l'identité radicale et de son dynamisme.
C'est l'avant garde républicaine !
Si vous voulez nous rejoindre, n'hésitez pas.
Envoyez un mail à caferadical@gmail.com, et on vous donnera tous les détails.
A bientôt !

vendredi 26 juillet 2013

Les communes de la Case sur le gril de l'observatoire des inégalités.


J'ai découvert en allant sur le l'excellent blog de Dominique Gambier, le travail réalisé par l'observatoire des inégalités, en lien avec le Compas et la Gazette des Communes.
Il s'agit du recensement sur presque toutes les communes de France (à l'exception des moins peuplées)  de données liées aux ressources de leurs habitants. Ainsi a-t-on retenu trois données par communes : le revenu médian, la moyenne des 10 % des plus hauts revenus et la moyenne des 10 % des plus bas revenus.
Il est à remarquer que seules les communes de plus de 2.000 habitants ont pu faire l'objet d'un traitement complet, en deçà, la masse ayant manqué, il faut se contenter ce qui n'est déjà pas si mal du revenu médian par commune, mais ne permet pas de situer les situations d'extrême inégalité à l'intérieur d'une commune.
Il va de soi que l'intérêt d'une telle approche, qui doit encore être affinée, ne réside pas dans le voyeurisme social. Il doit au contraire être à la base d'une politique, et de la politique de l'agglomération.
Car à quoi sert de faire de la politique si ce n'est à faire en sorte d'assurer la qualité de vie au sein d'un territoire où l'on va s'efforcer de défendre les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité.

Les communes sont autant de lieux de vie, à l'intérieur d'un même bassin de vie, celui du territoire de la Case. elles ne portent pas la responsabilité des inégalités qui composent leur habitat. Elles ont en revanche pour première tâche de faire en sorte d'harmoniser la vie entre citoyens, dans le respect et la connaissance des individus. L'intercommunalité n''est au fond que la poursuite de cette volonté politique avec d'autres moyens.

Il y a peu de surprises dans les résultats de cet observatoire, mais quand même des précisions intéressantes.
C'est à Val de Reuil que les revenus sont les plus faibles, tant en ce qui concerne les tranches des 10 % les plus aisés que les 10 % des plus pauvres, et par voie de conséquence le revenu médian, qui est le plus faible de la Case. En cela il s'oppose à la commune voisine du Vaudreuil.
Pont de l'Arche a l'indice d'égalité le plus élevé... mais ces données ont d'abord une valeur politique. Elles sont, à mon avis essentielles pour la construction d'un territoire harmonieux, qui devra tenir compte au premier chef des données de la réalité sociale.
On peut espérer dans une prochaine étape un relevé non pas par commune mais par intercommunalité.
J'invite bien entendu à aller sur les sites cités ci-dessus pour mesurer la réalité sociale des communes en dehors de la Case.
Neuilly, Paris, Roubaix, Béziers et Perpignan sont les communes les plus inégalitaires ...
Saint-Nazaire, Pessac, Antony, Quimper et Brest sont les moins inégalitaires ...
Mais les autres ?
Connaissez vous le niveau de vie à Rouen, à Evreux, à Gisors ou Bernay ? Et l'idée que vous vous en faites correspond elle à la réalité ?
Je vous conseille d'aller voir !


Communes de plus de 2.000 habitants :

 

 

 

nbre d'habitants

revenu médian

10 % + riche

10 % plus pauvre

Indice inégalité

Le Vaudreuil

3789

                  1 781,00 €

                        3 464,00 €

                          852,00 €

                                    0,32  

Léry

2120

                  1 471,00 €

                        2 796,00 €

                          282,00 €

                                    0,35  

Louviers

18332

                  1 353,00 €

                        2 682,00 €

                          377,00 €

                                    0,37  

Pîtres

2367

                  1 475,00 €

                        2 485,00 €

                          476,00 €

                                    0,31  

Pont de l'Arche

4170

                  1 629,00 €

                        2 711,00 €

                          759,00 €

                                    0,28  

Val de Reuil

13688

                     979,00 €

                        2 096,00 €
                          199,00 €
                                    0,38  
Ind inégalité France
Ind inégalité 27
                                         0,37  
                              0,33  
10 % + riches 27
10 % + riches France
10 % + pauvres 27
10 % + pauvres France
                                   2 881,00 €
                        3 162,00 €
                       632,00 €
                              565,00 €





 
nbre d'habitants
médian commune
Acquigny
1 641
                  1 830,00 €
Alizay
1 420
                  1 641,00 €
Amfrevrille sous les Monts
553
                  1 737,00 €
Amfreville sur Iton
786
                  1 944,00 €
Andé
1116
                  1 727,00 €
Connelles
204
                  1 732,00 €
Criquebeuf
1203
                  1 809,00 €
Herqueville
149
                  1 495,00 €
Heudebouville
830
                  1 753,00 €
Igoville
1579
                  1 730,00 €
Incarville
1354
                  1 810,00 €
La Haye Malherbe
1523
                  1 830,00 €
La Vacherie
570
                  1 886,00 €
Le Manoir  Seine
1208
                  1 400,00 €
Le Mesnil Jourdain
238
                  1 919,00 €
Le Vaudreuil
3789
                  1 781,00 €
Léry
2120
                  1 471,00 €
Les Damps
1273
                  1 837,00 €
Louviers
18332
                  1 353,00 €
Martot
565
                  1 735,00 €
Montaure
1022
                  1 962,00 €
Pinterville
792
                  1 863,00 €
Pîtres
2367
                  1 475,00 €
Pont de l'Arche
4170
                  2 711,00 €
Poses
1170
                  1 786,00 €
Quatremare
394
                  1 660,00 €
Saint-Etienne du Vauvray
765
                  1 829,00 €
Saint Pierre du Vauvray
1364
                  1 735,00 €
Surtauville
446
                  1 797,00 €
Surville
949
                  1 808,00 €
Tostes
434
                  1 920,00 €
Val de Reuil
13688
                     979,00 €
Vironvay
260
                     217,00 €



médian 27
médian France
                      1 571,00 €
                          1 562,00 €