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mardi 22 novembre 2016

Le vrai vainqueur des primaires

La connaissance des principes démocratiques a beau
sembler des plus sommaires, la plupart des événements
politiques en occident ne cessent de donner raison à sa
terrible vision du monde
J'ai suivi les débats de la primaire de la droite et du centre avec attention, voire passion, un peu comme on suit les matchs de foot à la télé quand son équipe favorite n'est pas impliquée. J'avais décidé dès le départ de ne pas y participer et de laisser la droite choisir son champion. Pour autant, je savais que le choix du vainqueur ne serait pas sans conséquence sur l'avenir du scrutin, pour la gauche comme pour la France et même pour le monde... parce que la France, ça n'est pas rien.
C'est vrai aussi que je ne pensais qu'à une chose : me débarrasser de Sarkozy et de ce qu'il représentait, son manque d'envergure, ses liens douteux et le fait qu'on avait de forts soupçons sur le fait que s'il envisageait de poursuivre la politique c'était dans le souci très personnel d'éviter de s'expliquer devant la justice. 
L'individu a réduit l'action politique à ce qu'elle a de pire. Je n'ai pensé, comme beaucoup de Français, qu'à une chose : l'empêcher d'avoir quelque poids que ce soit dans l'évolution de mon destin individuel et politique.
Cela n'avait rien à voir avec Fillon, qui semblait très à l'aise en troisième position, ex-aequo avec Bruno Le Maire, dont, c'est vrai, je souhaitais le déclassement, à cause de son incohérence et de la façon dont il avait phagocyté la droite euroise. 
Quand Fillon a commencé à monter dans les sondages, j'étais plutôt content sans trop comprendre pourquoi. Il installait Bruno Le Maire derrière lui. Quand j'ai vu qu'il montait encore plus, je me suis mis à espérer sans trop y croire qu'il pourrait dépasser Nicolas Sarkozy. 
En allumant la télé dimanche soir, tous mes pronostics se sont retrouvés immanquablement balayés par le raz-de-marée Fillon. 
Le phénomène ne laisse pas d'être inquiétant, et j'en parlerai plus tard. Je ne voudrais pas cependant éviter de relever quelques sujets de satisfaction essentiels.

1) un taux de participation exceptionnel

Plus de 4 millions de personnes ont décidé de payer deux euros pour choisir leur candidat. Cela dit assez l'intérêt des français pour le système démocratique et pour le débat politique, quoi qu'on ait pu en entendre dernièrement.

2) La défaite sans appel de Nicolas Sarkozy

Je n'irais pas jusqu'à me réjouir de voir l'individu humilié, mais il y a de la satisfaction dans l'humiliation de quelqu'un qui a été incapable de voir les signes du profond rejet de ce qu'il représentait à savoir de quelqu'un prêt à tout pour son ambition personnelle, trichant sans arrêt dans ses discours et réduit à assimiler sa stratégie politique à celle de l'agression permanente et d'un rejet de l'autre de façon à masquer son absence de projet.

3) Le score ridicule de Bruno Le Maire

Bruno Le Maire se rêvait au moins troisième homme et figure incontournable de l'avenir de la droite. Il est distancé par les trois premiers et se fait doubler sur le poteau par Nathalie Koshusko Morizet, arrivant avec peine à dépasser Frédéric Poisson, le chouchou de Christine Boutin. Ce résultat n'est pas sans incidence pour la carrière de l'individu qui n'a pas compris qu'une primaire n'était pas la continuation d'un combat interne au sein d'un parti politique. Rappelons qu'il avait fait un peu plus de 30 % des voix face à Sarkozy, sauf qu'il avait réalisé ce score grâce à l'appui de ceux qui le distancent aujourd'hui : Fillon et Juppé. 
Ce score n'est pas sans incidence non plus sur la situation de la droite dans l'Eure où il risque d'avoir fort à faire pour garder son autorité. On verra si Priollaud, son indéfectible soutien, saura éviter d'être considéré comme quantité négligeable et se retrouver éjecté de la course au primaire par ceux qui auraient choisi un meilleur cheval. Le Maire a fait un mauvais score partout même s'il a approché les 10 % dans l'Eure. C'est beaucoup plus que les 6% qu'il a fait péniblement à Louviers où Fillon que personne ne soutenait est arrivé largement en tête. Pas de quoi pavoiser pour Priollaud.

Reste la victoire de Fillon

Elle m'inquiète pour trois raisons. 
La première, c'est que l'individu, raide comme un piquet ne prête pas à la sympathie. Si cela ne touchait que moi, cela serait sans conséquence. Sauf que Fillon risque d'avoir à affronter Marine  Le Pen et là, ça risque d'être une toute autre paire de manche. On me rétorquera que Fillon a gagné la primaire. Pas à mon sens. Selon moi, c'est Sarkozy qui par son entêtement a fait gagner la primaire à Fillon. Ce sont les attaques menées contre le centre Juppéiste qui ont profité à Fillon, et non à Sarkozy lui même, trop déconsidéré pour en tirer quoi que ce soit. Fillon n'est pas un bon candidat. 
La deuxième c'est que Fillon représente la droite dure et va avoir à cœur de se venger de ce qu'il n'a pas pu faire sous Sarkozy. Son projet n'est pas à même de répondre aux enjeux de notre monde en pleine évolution, ni sur le plan social, ni sur le plan sociétal. 
La troisième c'est que Fillon ne cache pas ses sympathies pro-russes. C'est abominable, parce que, pour la première fois depuis longtemps, la défense des droits de l'homme ne sera pas la colonne vertébrale de la France dans son action politique internationale. C'est abominable, parce que se mettre sous la coupe des complices des massacreurs et de ceux qui se préparent à reprendre l'Ukraine ne signifie rien de bon, après que le Brexit, la reprise en main dictatoriale de la Turquie, la victoire de Trump et l'affaiblissement de l'Europe à laquelle Fillon ne croit pas, risque de participer d'un terrible retour en arrière de l'humanité. 
Le pire n'est jamais sûr, mais ça fait froid dans le dos.

samedi 19 novembre 2016

Primaires : le boomerang de sarkozy


Seul phénomène de campagne : l'attaque contre Bayrou,
traité comme un horrible gauchiste par Nicolas Sarkozy.
A mes yeux, pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Je me trompais. C'était une vraie stratégie de Sarko, sauf
qu'elle risque de se retourner contre lui.
En politique, j'ai un vrai problème : je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe dans la tête de quelqu'un de droite. Sans doute du fait que je suis de gauche. Bien à gauche. C'est culturel. Je vois très bien ce que pense un radical (de gauche), un écolo, un communiste, un socialiste, avec toutes ses mouvances (de Valls à Filoche, ce vieux Filoche, que j'ai connu quand j'étais gamin et qu'il était un grand étudiant de l'après 68), un gauchiste (avec toutes ses nuances des post-trotskystes aux récupérateurs des Nuits debout, un anarchiste, un ultra-gauche même, et parfois j'arrive jusqu'à comprendre des macroniens même si c'est un peu plus difficile. J'ai mon point de vue, je ne suis pas d'accord avec tout le monde, c'est rien de le dire. Mais je suis les débats...

J'admets cependant que tout ce qui se situe à la droite de Bayrou à tendance à dépasser mon entendement. C'est pas faute d'essayer. Je reprends toujours ce principe humaniste : "rien de ce qui est humain ne m'est étranger" ... mais j'ai du mal. Voilà pourquoi, notamment, je me suis bien gardé d'intervenir  jusqu'à présent sur les primaires de la droite et du centre.
Je ne partage pas le point de vue de certains amis de gauche qui sont prêts à aller déposer un bulletin pour Juppé. Je comprends cependant qu'on veuille éviter d'avoir  à voter Sarkozy en cas de deuxième tour face à Marine Le Pen ce qui risque de se produire d'ici quelques mois ... et qui sera le sujet du prochain café radical. 
Je comprends aussi qu'on s'intéresse à ce qui se passe lors des débats des primaires même si j'ai du mal à en saisir toutes les subtilités. Pour moi, d'ailleurs, comme pour beaucoup de Français, les choses étaient pliées : On aurait un duel Juppé/Sarkozy, et n'en parlons plus... Les deux premiers débats n'avaient pas réussi à différencier les candidats. Chacun avait fait des efforts, ses surenchères, chacun avait eu sa part de maladresses, et puis voilà. Il n'y avait pas de surprises à attendre.
Erreur ! 
Erreur, disent les sondages. Erreur, il y a le phénomène Fillon, le troisième homme. Celui qui était à égalité avec Le Maire, voire même légèrement derrière, serait le phénomène de fin de campagne.
Bon, là aussi, j'admets, je ne suis un lecteur régulier, voire occasionnel ni du Figaro, ni de Valeurs Actuelles. Pas étonnant que je n'ai pas vu venir le phénomène et je dois dire, qu'à suivre Fillon, je n'ai rien vu de changé dans son comportement de clown terne, pas encore remis de son quinquennat masochiste au service de Nicolas Sarkozy. Bref, je ne comprenais pas et c'est là que, croisant un ami de droite, je lui ai posé cette question qui me turlupine depuis plusieurs jours : " Comment expliques-tu la remontée dans l'opinion de François Fillon ? Est-ce qu'à ton avis ce sont les sondages qui se trompent ?"
Je vous livre sa réponse en tout point intéressante. 
Tout d'abord, selon lui, les sondages ne se trompent pas. Il y a bien un effet Fillon qui date d'il y a quelques jours. Reste à savoir pourquoi.
Fillon, n'est pas Trump. Pas de propos choquants ou inattendus. C'est un être tristement constant, dont on pourrait penser qu'il a directement inspiré l'auteur de la formule "il sourit quand il se prend les doigts dans une porte". Alors, pourquoi Fillon ? 
En fait, me dit mon ami : "on ne peut expliquer cela que par l'effet Sarkozy ... 
- ? 
- Oui, Sarkozy, quand il a attaqué Bayrou. 
- ... C'est vrai que l'attaque anti-Bayrou qui ne participe pas aux primaires, est le seul élément marquant de la campagne de ces quinze derniers jours. Et alors ? 
- Alors voilà. Bien sûr, il ne visait pas Bayrou. Il visait Juppé. Et ce n'était peut-être pas si mal calculé : ça a amené à droite une défiance anti-Juppé. Et c'est Fillon qui en a profité ..."
Lumière ! J'avais subitement tout compris. À supposer que les résultats des sondages soient confirmés par le vote de demain cela voudrait dire plusieurs choses.
La première c'est que l'activisme de Sarkozy ne passe pas inaperçue et à des conséquences sur l'électorat. 
La deuxième c'est que, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, Sarkozy ne peut pas remonter dans les sondages. Parce que sa stratégie clivante a atteint ses limites, ce dont tout le monde s'était d'ailleurs rendu compte autour de lui. 
La troisième, c'est que dans la tête de l'électeur de droite, Fillon, avec tous ses défauts, était celui qui devait profiter du doute instillé par Sarkozy sur Juppé. D'abord il n'est pas Juppé, ensuite, il n'est pas Sarkozy, enfin, non seulement, il était le troisième de la course, puisqu'il venait de dépasser Le Maire, mais surtout, il était le seul du troupeau des prétendants à représenter quelque chose... 
Bon, demain, on verra bien si je me suis trompé. N'empêche, quel bonheur ce serait que de voir Juppé et Fillon qualifiés pour le deuxième tour. Un bonheur supplémentaire puisque je n'y serais pour rien... et que le seul responsable serait bien notre Nicolas qui devrait pourtant s'y connaître en matière de boomerang... Mais il en est qui ont vraiment du mal à apprendre de leurs échecs. Dommage ;)




mercredi 2 juillet 2014

Faisons un cauchemar ...

Voilà, nous sommes en 2017
Voilà, à la suite d'un premier tour qui a vu la candidatures à gauche, la candidature à droite d'un Sarkozy déconsidéré, de son ex-premier ministre François Fillon, et d'un candidat centriste ... Marine Le Pen aborde le deuxième tour de la présidentielle avec 40 % des voix !
Voilà, vous attendez désespérément qu'un réveil sonne, qu'on vous dise que vous avez mangé trop lourdement, que vous allez revenir à vous et que c'était qu'un mauvais rêve ...
Vraiment ?
Tout cela est impossible ?
A voir, hélas ...
Sans doute ne dépend il que de nous que cela soit impossible. d'éviter de nous réveiller avant qu'il ne soit trop tard ... et n'est il pas déjà trop tard ...
Ce sont les questions qui seront posées lors du café radical, après demain...
Ca se passera à 20h30 (et non 18h30 ... horaire changé en raison de la présence de la France lors des 1/4 de finales de la coupe du monde de football).
Vous pourrez manger, ou juste boire un verre, mais en tous les cas, débattre sur un sujet majeur qui continuera de marquer la vie politique des prochaines années.

PEUT ON ARRETER LE FRONT NATIONAL?

 
Le résultat des élections européennes imposent de reconsidérer l'attitude du monde politique vis à vis du Front National. La gauche déchirée ou déconsidérée, la droite en voie d'implosion, et la sale bête qui monte, qui monte ... Tout cela fait que nous ne devons pas limiter notre attitude à la seule dénonciation de ce que représente le Front National. La montée nationaliste est-elle le reflet d'un monde qui bouge en quête d'identité et de repères ?  La République est-elle en danger ou seulement dans une mauvaise passe ? Voilà les questions auxquelles les républicains doivent répondre, et qui seront soumises au débat vendredi soir avec Pascal-Eric Lalmy.

jeudi 6 mars 2014

Une soirée perdue ?

J'étais pas seul l'autre soir à la Fondation Jean Jaurès pour écouter Bernard Guetta ... mais enfin, on n'était pas très nombreux.
Bernard Guetta brillantissime à la fondation
Jean Jaurès, hier soir. Une vison perspective
et précise qui s'appuie sur une connaissance
approfondie de l'Europe. 
Bizarre !...  C'était comme si on n'était pas à deux mois des européennes, c'était comme si tout allait pour le mieux en Ukraine, c'était comme si le sentiment européen était tellement évident que le discours résolument pro-européen était définitivement inutile.
Cette salle que j'ai vu pleine à tant de reprises, par exemple pour voir Piketty ou Marcel Gauchet, était à moitié vide, ce qui, compte tenu de la personnalité de l'intervenant, qui parle quand même tous les matins à France inter, et compte tenu du contexte ci-dessus décrit, n'était qu'à moitié pleine, et je n'ai eu aucun mal à me placer au premier rang. Etonnant !
Ce qu'il a dit était passionnant, comme d'habitude, plein de bon sens, mais dans la peste émotionnelle qui submerge le monde, la bonne santé a du mal à se frayer un chemin.
Le dénigrement systématique nourrit le besoin de défiance qui nous environne. Il fait vendre, il permet à la presse de survivre, il ouvre le boulevard aux promeneurs de l'apocalypses, à Mélenchon, l'ami de toutes les dictatures ou à Marine Le Pen dont Bernard Guetta a souligné les incohérences ... au delà de l'insalubrité de son discours.  
Comment disait-il peut-elle demander à se faire élire pour bloquer le processus européen tout en affirmant que celui-ci n'avance pas. Comment affirmer que celui-ci n'avance pas quand on fait le simple constat qu'il n'y a rien à voir entre l'Europe des pères fondateurs et l'Europe d'aujourd'hui. Comment critiquer l'euro, vouloir le supprimer et reprocher à l'Europe son immobilisme ?

L'Europe n'est pas une puissance qui s'ignore, c'est une puissance qui ne veut pas être

En fait, tout le monde tourne autour de l'Europe, cette puissance qui fait peur, qui est rejetée et adorée, et dont on ne peut plus dire qu'elle est une puissance qui s'ignore. L'Europe est prise entre une démarche d'helvétisation, un logique de rejet et un désir d'adhésion. Car même le rejet de l'Europe lui-même est une démonstration que l'Europe existe. On retrouve ce même rejet en Grèce, en Finlande, en Angleterre, dans toute l'Europe où se mêlent un rejet de la politique et des institutions, et où tout un chacun a tendance à rejeter sur l'Europe soit ses propres fautes, soit des fautes qui n'existent pas.
Autre exemple des progrès de l'Europe : l'importance de la négociation qui a abouti à calmer les russes en Ukraine. a ce sujet, Bernard Guetta est revenu sur la crise Georgienne et au revirement de la Pologne par exemple, qui ne voulait voir que par les Usa avant de se rendre compte que les américains ne feraient rien pour préserver la Géorgie ... ou éventuellement une Pologne dans le cas d'une crise éventuelle. Ainsi évolue l'Europe, au gré des crises, comme tour organisme vivant qui s'adapte ou disparait.
C'est hélas, ce qui la fragilise face à la mauvaise foi de ceux qui l'attaquent ou qui seraient censés la défendre.

Les restos du cœur ...

A ce sujet, Bernard Guetta cite un exemple qui m'a sidéré, et pourtant j'en avais entendu sur l'Europe et la perfidie des dirigeants occidentaux.
Vous vous souvenez des restos du cœur ?
Vous vous souvenez de tout un mouvement qu'il y a eu, dénonçant la cruauté et l'inconséquence de l'Europe qui voulait priver les associations caritatives des aides européennes ? Pour ma part, je m'en souvenais vaguement. Je pensais à une erreur de fonctionnaires européens égarés perdus dans une difficulté de traduction. Que tchi ! Il s'agissait d'une décision politique. Elle ne venait bien sur pas du parlement européen. Non ! Elle venait de deux grands dirigeants européens, qui ont été incapables d'assumer politiquement leurs décisions par la suite. Le nom de ces dirigeants courageux ? Vous les connaissez peut être : Nicolas Sarkozy (sans doute habilement conseillé par son "fidèle Patrick Buisson", et David Cameron !
Alors voilà, ce qui a fait la force de l'Europe, malgré toutes ses faiblesses, c'est sa capacité d'adaptation. Parce qu'elle n'est pas un État, les États lui font faire tout ce que les États ne peuvent pas faire. Simplement, pour que l'Europe devienne de plus en plus politique, pour qu'elle soit sous le contrôle des peuples, qu'elle acquière ce qui lui manque, il faut qu'elle ait toute la puissance que la légitimité politique peut lui donner. En votant pour ceux qui rejettent l'Europe, les peuples donneraient aux États, aux puissances financières, aux lobbies tout pouvoir pour agir contre eux au gré des intérêts particuliers. L'Europe, pour reprendre le slogan que le parti radical de gauche m'a si gentiment volé : c'est pas le problème, c'est la solution.
A nous de le faire savoir, en temps voulu, aux électeurs. Bernard Guetta suggère qu'on soit nombreux à exiger que le président de la commission européenne soit désigné par le parlement européen et non par le conseil européen qui regroupe les États. C'est un premier pas qui devra être proposé aux électeurs.
Certes, comme me le rappelait un tract proposé à la sortie et qui appelait à voter pour le candidat d'Anne Hidalgo dans le 9e, nous n'en sommes pas là. Priorité à l'actualité municipale...
Allons, trouvons quand même le temps de lire le vrai livre de Bernard Guetta. Car c'est un vrai livre, j'ai vérifié. Pas un recueil d'article par ailleurs publiés.
Bonne lecture à tous.

 
 



jeudi 14 novembre 2013

La France pète ...

Marine Le Pen compte bien tirer les marrons du feu de
l'atmosphère pestilentielle qu'elle a à peine besoin d'entretenir.
Un danger pour elle cependant, à dé-diaboliser le Front National,
elle a créé une mouvance sur sa droite.
 

et ça sent pas bon !

Râleurs impénitents, crieurs inconséquents, bonnets rouges, benêts verts, faux et vrais pigeons, petits poussins, grands et petits patrons, parents enfants, tous mécontents, électeurs amers autant de braises minuscules, relais de petits mécontentements et ignorants des grandes et vraies détresses… Les braises sont attisées par le grand vent du mécontentement, relayé  par des médias en perdition, en quête de fortes sensations pour tenter de garder leur lectorat.
Voilà pourquoi, depuis quelques mois, la France pète ! La France pète à tout propos, dans tous les sens, sans que cela mène à quoi que ce soit. La France  pète et ça sent mauvais.
Précisons-le, dire que la France pète est un abus de langage. Le pet relève toujours d’une démarche individuelle, même si, lorsqu’on a pété, il est courant d’en accuser le voisin. Beaucoup pètent en France. Ce sont des actions toujours minoritaires mais magnifiquement relayées.
Nous savons tous combien il est courant que,  se trouvant  mêlé à une atmosphère nauséabonde, on en profite pour se lâcher en pensant bien que les conséquences de sa flatulence passeront inaperçues.
Nous voilà donc dans une atmosphère est irrespirable. Il n’y a dans cette suite de pets nauséabonds véhiculés par l’actualité rien qui permette de résoudre quoi que ce soit.
On peut prendre cela comme des signaux d’alertes inquiétants sur la santé en  France, mais quoi d’autre. ?  La France ne va certes pas très bien, ce serait mentir de dire qu’elle n’a jamais été mieux. Mais ce serait mentir aussi de dire qu’elle s’en tire vraiment mal ou que le gouvernement est inactif. Ce serait non seulement mentir, mais ce serait de la folie meurtrière que  de dire que la solution la meilleure viendrait de ces fous furieux qui soufflent sur les braises, à la droite du Front National, les frustrés de l’homophobie et de l’esclavagisme, ces hurleurs du 11 novembre, enfants des beaux quartiers qui rêvent d’une France d’hier qui n’existent que dans leur tête.
Et dans ce climat nauséabond, ceux qui ne râlent pas sentent idiots, isolés, cherchent des sujets de mécontentements ou l’occasion de réclamer un petit avantage. On voit en voit même au RSA râler contre les impôts avec les patrons néo-libéraux,  qui râlent eux contre l’assistanat et l’aide aux pauvres qui coûte trop cher !
Oui, la France est en difficulté, pourquoi le nier ? Non, elle n’est pas encore en crise, au sens Portugais, Italien ou Espagnol … On en est loin ! Notre problème à nous est tout autre. C’est la peste  émotionnelle qui répand son microbe,  et peut nous amener n’importe où … et en particulier au pire.
Face à la peste, face à la pestilence, il n’y a qu’une seule recette : aérer ! Ouvrir les portes de la générosité, ouvrir les fenêtres et regarder l'horizon. Rejeter tout cette rancœur qui nous détruit et détruit notre entourage. Prendre nos distances avec tous ceux qui cherchent des boucs émissaires parce qu’ils ne sont pas capables de se regarder eux-mêmes. C'est dans nos foyers mêmes que se développe l'infection.

 





jeudi 4 juillet 2013

L'impéritie de l'UMP !

Inédit !

Sarkozy vient de se faire rejeter ses comptes de campagne ... !

Décidément, il nous aura tout fait  !
La France voit son ex dans une situation inédite, qui va passionner journalistes, politiques, constitutionnalistes ! Le voilà donc assuré de passer à la postérité, conformément à ses vœux.
Certes, les constitutionnalistes regretteront qu'il n'ait pas été élu ... pour la jurisprudence, on les comprend ! Mais pour tout le monde, c'est quand même mieux comme ça !

L'ex caricaturé pendant la campagne, est à
présent certain de laisser son empreinte.
.Ben oui, il a dépassé ses comptes de campagne l'ancien président ... alors quoi, quelles sanctions ?
Est-il inéligible ? Ce serait bien le moins, après tout ! Cette sanction terrible a été appliquée à d'autres qu'à lui !

Ce n'est bien sur pas le seul problème. Le moins qu'on puisse attendre, c'est que le candidat ne soit pas remboursé des frais énormes engendrés par la campagne.
Alors, le candidat ... doit-il payer sur ses fonds propres ?
En principe oui ... Mais enfin, il était soutenu par un parti, son parti ... puisque, même quand il était président, il n'a jamais caché les liens privilégiés qu'il entretenait sur son parti et sur lequel il souhaitait garder la main.
Or, voilà le parti ruiné ! Pas par la faute du rejet des comptes de campagne, d'ailleurs. C'était déjà le cas avant. Mais la dernière surprise du Conseil constitutionnel ne va pas arranger les choses.
Ah la la ! Quand on pense que Sarkozy est lui-même membre du conseil constitutionnel.
On se demande comment, par quel verbiage, notre ex et l'Ump vont pouvoir s'en sortir ...
quand on pense que le discours particulièrement idiot de la droite est de hurler à l'impéritie des socialistes ... Voilà un ancien président de la République, ancien ministre des finances, ancien ministre du budget, incapable de respecter les règles comptables de la République !
Mon Dieu, comme dirait le poète, dépêchons nous d'en rire avant d'être obligé d'en pleurer ...

vendredi 25 janvier 2013

le paradoxe Louis de Funès

Pour rendre un gendarme sympathique,
faut il le rendre beau, noble, intelligent ?
Non ! C'est en appuyant sur ses défauts :
 petit, mesquin, bête et méchant que
Louis de Funès a montré son génie.
Louis de Funès est mort il y a 30 ans, le 27 janvier 1983. Il était né en 1914 et son énorme succès populaire garde quelque chose de mystérieux.
Louis de Funès a été méprisé par la critique. D’accord, la critique n’a jamais fait le succès d’un artiste et elle a souvent besoin de prendre ses distances vis-à-vis du succès … question d’identité (1).
Pourtant, le succès d’un comique et en particulier son succès durable est toujours significatif de l’identité d’un peuple. 
Le seul phénomène comparable dans la France de la deuxième partie du 20e siècle est celui du Coluche. Tout pourtant les oppose a priori.
Coluche a incarné la génération de Mai 68,
précisément celle qui a fait suite à celle de
l'après guerre qui était celle de Louis de Funès
Louis de Funès était sec et maigre. Coluche était gras et jovial. Louis de Funès était radin (je parle de son image, pas du personnage), Coluche était généreux. Louis de Funès ne faisait pas de politique (ce qui le marquait à droite dans la France extrêmement politisée de l’après guerre) et Coluche engagé à gauche a même mené une campagne présidentielle. L’un était considéré et admiré par l’intelligentsia (Coluche) cependant que l’autre était comme je l’ai dit méprisé par la critique, issu du théâtre de Boulevard et n’a jamais répondu aux sollicitations des politiques.
Tout cela au point qu’on pourrait dire que l’un a remplacé l’autre. La gloire de Coluche succède à celle de Louis de Funès, ils n’ont pas eu à s’opposer, le premier n’a rien transmis au second.
Le film clef de Louis de Funès est sans doute « la Traversée de Paris », de Claude Autant Lara, où il joue le rôle d’un ignoble petit commerçant, s’enrichissant de la France soumise et misérable de la période de l’occupation.
Car Louis de Funès s’est fait une spécialité des rôles désagréables, des antipathiques par excellence, des gens petits, hargneux, jamais contents, radins, sans scrupules. Il a réussi a obtenir une popularité inouïe  en incarnant des personnages que personne ne recevrait avec joie dans son salon, et dont on a envie que de se moquer. Louis de Funès, incarnait l’après guerre. Toute cette génération honteuse, porteuse de la soumission et de la collaboration, et représentant tout ce dont le discours officiel cherchait à se débarrasser, ce caractère tenace et insupportable.
Offenbach, de Funès, Coluche, autant
d'incarnations de l'"esprit français",
autant d'artistes d'origine étrangère.
Coluche prend effectivement la suite. En incarnant l’anti-de Funès, Coluche était porté par le courant amené par Mai 68, s’inscrivant dans la tradition anarchiste d’une critique tout azimut de la société et de ses archaïsmes. L’école de Coluche n’était pas le cabaret et le théâtre de boulevard, mais le café théâtre et en particulier le café de la gare de Romain Bouteille sans qui la France aurait été privée au moins de Depardieu, Miou-Miou, Patrick Dewaere, Martin Lamotte, Renaud … voire d’une bonne partie du Splendid…

Tout en reconnaissant ce qui opposait les deux figures comiques, je me refuse pourtant à les opposer. Outre le fait qu’ils sont tous les deux fils d’immigrés, personne mieux qu’eux n’a été la France durant le 20e siècle, car rien ne représente mieux une Nation que sa puissance comique, produit culturel par excellence et par nature intraduisible ! Sans doute l’immigré est-il celui qui mesure par la distance qui le sépare du monde où il va devoir s’intégrer, a besoin de cette distance pour s’en protéger, et cette distance lui permet aussi de rire de lui-même et d’en faire profiter les autres. Grâce à cette distance, il est encore mieux les autres que ceux qui n’ont pas à se poser ce genre de question.
Et sans distance, pas de comique.
Romain Bouteille, géniale réincarnation de cet esprit
de critique systématique, a fait connaître Coluche,
Depardieu, Miou-Miou, Balasko et la troupe du
Splendid ...  
A y bien réfléchir aussi, Louis de Funès comme Coluche ont aussi comme point commun de s’inscrire totalement dans la tradition comique française du bête et méchant, magnifiquement incarné par Hara-Kiri, mais qui reprend ce qu’annonçait le comique d’Offenbach, puis celui de Feydeau, et bien entendu par la suite, Hara-Kiri, De Funès et le théâtre de la gare, c’est à dire la mise en scène de personnages antipathiques, bêtes et méchants, dont la confrontation crée un comique irrésistible à l’opposé du comique de sympathie, incarné par Bourvil par exemple.
Une simple remarque au sujet d’Offenbach, qui lui aussi est le plus français de tous les musiciens de son siècle, et qui n’était pas fils d’immigré, mais immigré lui-même, tiraillé par ses identités d’origine et d’accueil, à un moment où la France et l’Allemagne étaient en guerre.
Pour revenir à Louis de Funès et à l’Allemagne, je finirais là-dessus, rendons hommage à nos voisins germaniques lors même que nous venons de fêter le 50e anniversaire du traité de l’Elysée qui a fondé les nouveaux rapports entre nos deux pays. Nos amis allemands ne pouvaient voir Nicolas Sarkozy (2)  sans l’identifier à Louis de Funès. Cette identification a eu peu de succès en France, allez savoir pourquoi !
Tellement français pour les allemands, nos deux fils d'immigrés !
 1) Il a fallu attendre plus de 20 ans après sa mort pour que le grand dramaturge Valère Novarina reconnaisse la grande valeur artistique de Louis de Funès.

2)  Lui-aussi fils d’immigré et on en peut plus représentatif de la Nation















mardi 20 novembre 2012

L'Ump n'est pas assez entrée dans l'histoire !

la rivalité Sarkozy Chirac a assuré le bonheur durable
des caricaturistes qui jouaient sur le contraste entre la
jeunesse impétueuse opposé à la vieillesse accrochée
à son passé... en fait, le plus moderne n'était pas celui
que l'on croyait.
Je reprends ce titre extraordinaire sur afrik.com, un blog dont je viens de découvrir l'existence. En fait, le titre sonne avec humour la revanche humoristique de l'Afrique contre l'insulte faite par Sarkozy en début de mandat. Mais ce n'est pas la seule conclusion que l'on peut tirer du duel déchirant qui a opposé Jean François Copé et François Fillon. Il y a de fortes chances que ce duel marque la fin de l'Ump, la fin de son entrée brève dans l'histoire et, on peut le supposer, la fin paradoxale du sarkozysme alors que les deux candidats s'en revendiquaient.

Sarko a fusillé l'UMP ... et Copé l'achève ! 
Un peu d'histoire, pour commencer ... précisément parce que Sarkozy a réussi à détruire le magnifique cadeau que Jacques Chirac avait à la droite en 2002, la doter d'un parti unique, prépondérant, rassemblant la droite et le centre de l'échiquier politique français et plaçant la gauche française sur la défensive.
J'ai encore le souvenir à gauche, et en particulier au sein du parti radical de gauche, de l'effet panique produit par la création de l'Ump. On se disait que la seule chance à gauche, était de créer une grande confédération avec le Ps, les verts, les chevénementistes et ce qui restait du Pc à l'époque pour faire un contrepoids du type labour party à l'anglaise ou Démocrates à l'américaine...
Encore fallait-il, pour réussir ce basculement culturel, un homme capable de poursuivre l'oeuvre de Jacques Chirac et non un bruyant impulsif dont la seule oeuvre aura été de conquérir le pouvoir, de s'y conduire d'une manière illisible et de précipiter son parti et son camp d'échec en échec.
Car que vient de couronner la victoire à l'arraché de Copé sur Fillon si ce n'est d'ouvrir la voie dans le camp des conservateurs à tous ceux qui se trouvent à sa droite et à tous ceux qui se trouvent à sa gauche. On me dira : à la droite de Jean-François Copé, il n'y a plus grand monde. C'est vrai. Il n'y a que le Front National, mais ça fait quand même 20 % de l'électorat, un électorat stable, en dépit des efforts de Sarkozy et de Copé pour le séduire.
Parce que Sarko, en avançant dans le cadre d'une politique droitière et populiste, s'est coupé non seulement de son électorat (enfin, ça pourrait être pire, malheureusement ... disons que le résultat électoral de Sarkozy n'était pas si catastrophique que ça), mais surtout de ses cadres même si le phénomène est assez long à se manifester.
Bien entendu, mettez-vous à la place de personnages comme Juppé, Fillon, et autres politiques proches du rang d'hommes d'Etat lorsqu'ils supportent de passer derrière Nadine Morano, Frédéric Lefebvre ou Rachida Dati !
Enfin, passons... Non seulement donc, la tactique de Sarkozy a été vaine parce qu'au lieu d'endiguer le Front National, elle a juste réussi à le légitimer et le renforcer... mais en plus, elle a affaibli son propre camp au point que ce qui justifiait que la majorité des centristes restaient à l'UMP commencent à regarder du coté du rassemblement de Borloo, dans la mesure où leur parti n'est plus en mesure de rassembler.
Ainsi donc, Sarkozy refusant l'existence d'un centre droit en dépit de l'acharnement de Bayrou, et situant l'extrême droite comme étant le problème de la société française, a laissé se développer l'existence d'un centre auquel tout dans l'histoire récente semble donner raison.
Ainsi le refus de se présenter à l'élection présidentielle conforte complètement la tactique de Jean-Louis Borloo qui rend intenable la situation de Jean-François Copé qui doit maintenant au delà des luttes internes à l'Ump, trouver une ligne politique qui lui permette de parler à tous, alors même que ceux qui pourraient l'y aider, ne sont pas là pour le soutenir.
La droite n'est pas morte, le centre non plus, l'extrême droite encore moins et la gauche aurait tort de se réjouir de la situation. Nous risquons toutes les démagogies frontistes, mélanchonistes, vertes et gauchistes... tant que les forces structurantes de la politique ne seront pas à même de s'imposer.
L'atomisation de la réponse politique aux angoisses de la société française ne va pas dans le sens d'une rationalisation, de la définition d'un projet collectif sans cesse sapé par des revendications particulières.

A suivre ...


mardi 8 mai 2012

Une histoire commence

Le changement, c'est maintenant...
La victoire est nette, mais pas large. Mais il n'est pas question de bouder notre plaisir !
Il aura fallu 5 ans pour faire rentrer dans sa bouteille le mauvais génie de la droite, celui qui l'aura fourvoyé dans toutes les impasses et dont elle n'est pas prêt de se remettre. Elle se retrouve hagarde au sortit d'un cauchemar prégnant. Souhaitons qu'elle se réveille.


Des questions se posent lourdement, en relation avec la période que nous venons de vivre et en particulier les derniers jours de la campagne.
Comment se fait-il que Nicolas Sarkozy ait fait un si bon score renforçant la stratégie de campagne qui l'avait marginalisé au premier tour ?
Comment Nicolas Sarkozy a-t-il réduit son écart alors que François Hollande avait pris le dessus dans le débat, montrant, au delà de sa supériorité, sa présidentialité, le tout étant confirmé par la presse, par les institutions, et par l'opinion elle-même ?
Comment Nicolas Sarkozy est-il remonté jusqu'à plus de 48 % alors que François Bayrou avait annoncé qu'il voterait pour François Hollande ... Première fois dans l'histoire de la 5e république qu'un candidat sélectionné pour le deuxième tour, ne reçoit aucun soutien de l'un des éliminés du premier tour.
Autant de questions qui, malgré leur intérêt, nécessitent une analyse fine, au delà de drôles d'impressions. Nous aurons besoin d'y revenir, parce qu'il est indispensable de comprendre comment fonctionne un peuple, et que les élections sont le lieu privilégié de l'expression du collectif, mais l'heure n'est pas à l'analyse.
Nous sommes déjà dans un combat où il faut impérativement éviter à la France de subir l'affaiblissement d'une cohabitation dans une situation internationale dangereuse. Le monde bouge, il bouillonne, mais François Hollande a fixé le cap politique.
Une période passionnante s'ouvre à nous. Nous y prendrons toute notre part.

vendredi 4 mai 2012

Pêché d'orgueil

Quand on attend que les compliments vous viennent de l'extérieur, cela prend souvent énormément de temps.

Voilà pourquoi, conformément à sa pratique depuis près de quatre ans, le café radical prend les devants et s'adresse ses félicitations sur deux points.

Le premier, les lecteurs assidus le connaissent. Le café radical, dès son premier débat, a posé la question de la fin du sarkozysme : "Sarkozy est il fini ?". Question si hardie à l'époque qu'on n'y a pas répondu franchement oui, tellement ça ressemblait à une provocation...

Et pourtant ! Dès les premiers mois, le sarkozysme portait en lui le germe de sa défaite. Une hyper-personnalisation du pouvoir, dont le cap était fixé en fonction des intuitions du Président, réduisant gouvernement, partis, parlementaires à son bon-vouloir.

Cette logique, affirmée dès l'origine de la prise de pouvoir a été accentuée sans faille avec le temps, selon le principe qui veut qu'un être humain en crise a naturellement tendance à s'appuyer sur ses propres défauts, même et surtout si ce sont eux qui ont provoqué cette crise.

Voilà pourquoi la lueur sarkozyste, quand bien même elle a pu attirer quelques papillons à ses débuts, s'est transformée en repoussoir au fil du temps. Plus elle a affirmée la personnalité de son mentor, plus elle a provoqué son isolement... Celui-ci atteignant, à quelques heures du moment fatal, son point culminant.

Car, et c'est là que la deuxième formule du café radical prend son sens, il faut que la victoire soit large !

Pas seulement pour se faire plaisir... pas seulement pour donner des marges de manoeuvre importantes au nouveau pouvoir qui en aura bien besoin, mais aussi pour en finir rapidement avec le sarkozysme et ses dégâts.

Car le sarkozysme, qui n'a déjà pas beaucoup de sens, n'en a absolument aucun en l'absence de son créateur. Ce n'est pas une idéologie, juste une pratique incohérente qui s'est fourvoyée chaque jour davantage. La personnalisation du pouvoir se traduit par un isolement tragique qui s'échoue sur les écueils ultra-réactionnaires de l'exclusion et la glorification des frontières. Pathétique !

Le geste de François Bayrou, annonçant son rejet du futur ex-président, sera l'ultime dérive du sarkozysme. N'en déplaise aux militants UMP éberlués par ce choix prévisible, c'est bien Sarkozy qui a imposé ce choix à François Bayrou[1] par une stratégie populiste délirante, qu'on ne peut expliquer que par un retour nostalgique aux accents fougueux de sa jeunesse militante et droitière ...

Elle déjà le signe que la victoire est large.

Pas étonnant que François Holande, qui sera élu président de la République dans trois jours, explique à son tour qu'une victoire étriquée n'aura pas le même sens qu'une victoire large.

Pour la République, pour la France, pour l'Europe ...

Il est important que la droite puisse marginaliser sa frange la plus réactionnaire, précisément parce qu'en période de crise, les réflexes identitaires sont le vrai danger.

Il est important bien sur que le nouveau président ait les moyens d'agir en France, en Europe et dans le monde.

il est important que la victoire soit large





[1] Il fait suite aux propos de François Fillon lui-même (cf Canard enchaîné de cette semaine.) qui, comme nous, reconnaissait qu'il était important que la défaite de cette droite soit large... Ainsi cela permettrait sa recomposition plus rapide et moins douloureuse, marginalisant les éléments les plus réactionnaires. Nous sommes d’accord


vendredi 20 avril 2012

L'évaluation, c'est maintenant !


Qui mérite le bonnet d'âne ?
L'évaluation des ministres... vous vous souvenez ?
Si vous avez oublié, vous n'êtes pas le seul... ou la seule !
Parmi les bêtises du gouvernement Sarkozy, de ces gadgets annoncés à grands effets de manche, au début du quinquennat, celle-là était pourtant particulièrement emblématique : on allait noter les ministres !
Ça, c'était du moderne !
Mettre la politique en équation, et montrer qu'on allait juger de l'efficacité d'un gouvernement.
Il s'agissait bien sur, en contre partie de démontrer l'excellence du gouvernement Sarkozy, en évitant d'une part que le bénéfice en revienne à Fillon (rappelons que le premier ministre est en principe chef du gouvernement sous la 5e république) ... pas facile déjà ! Mais en plus il fallait démontrer sous couvert d'objectivité que tous les gouvernements précédents étaient des nuls et qu'on allait se donner les moyens de juger les ministres non en fonction de leur poids politique mais en fonction de leurs compétences ! Mort de rire ...
Mort de rire, puisque quelques mois après, les démissions de ministres  ont bien été fonction de dysfonctionnements politiques, de glissades personnelles, de graves fautes de communication et non de la capacité à gérer un ministère.
Qu'est devenue la volonté de soumettre au Secrétaire d'État à l'Évaluation des politiques publiques : Éric Besson, l'évaluation du travail de ses collègues ... avec les services de Matignon ? Qu'est devenu le travail payé par les contribuables mené par le cabinet Mars and Co ?
Rien d'autre qu'une amertume pour certains services ministériels, rien d'autre que le souvenir d'une bonne rigolade de la part des commentateurs politiques !
Parce qu'en fait, pour reprendre le slogan de François Hollande :  l'évaluation, c'est maintenant !
Ce n'est pas un cabinet privé qui va juger de la politique du chef de l'État, c'est le peuple ! Convoqué par les institutions de la République il va se prononcer en toute liberté.


A dimanche !


vendredi 13 avril 2012

Il est important que la victoire soit large !


Le sarkozysme maladie orpheline ?
Tout semble plié ... les instituts de sondages confirment tous que la remontée de Sarkozy est achevée Et le candidat qui était le seul à sentir une vague, doit se rendre à l'évidence : il perdra les élections.
 "Sarkozy est-il fini ?", cela se confirme.
Faut il pour autant arrêter de faire campagne ?
Bien sur que non ! D'abord, en matière électorale comme dans n'importe quelle course, une victoire n'est jamais certaine qu'une fois franchie la ligne d'arrivée ... Mais en plus, il y a d'autre enjeux que la victoire. Il est important que la victoire soit large !
La victoire de Hollande ne sera pas seulement la victoire de la gauche contre la droite.
Sarkozy représente aussi une certaine manière de faire de la politique, celle à laquelle la France avait jusqu'à présent échappé, se tenant à l'écart des démagogies des extrêmes et de l'exclusion.
J'ai dit ici combien la défaite de Sarkozy entraînerait une lourde recomposition de la droite. Encore faut-il que la droite Française ait clairement conscience que l'impasse Sarkozyste, l'impasse du cynisme en politique, l'impasse du mépris de la parole donnée, l'impasse du rejet de la communauté nationale au profit des logiques communautaristes .. il faut que ce message soit clairement entendu par la Nation entière, et par tous ceux qui veulent parler en son nom, c'est à dire ceux qui s'engagent en politique.
Le score de Sarkozy ne sera pas indifférent. Ce n'est pas la même chose s'il est en tête ou en seconde place au premier tour.Ce n'est pas la même chose si au deuxième tour il est battu d'une courte tête ou d'un écart de 52/48 ou de 55/45.

C'est pas le tout d'en finir avec Sarkozy
Le score, cet année aura des conséquences bien au delà des actuels points de repères que Sarkozy a contribué à fausser.
Certains m'en voudront peut-être de dire ça, mais je pense que notre pays a besoin d'une droite comme il a besoin d'une gauche.
Mais de quelque point de vue que l'on se place, il ne peut y avoir d'action politique sans ligne politique, sans une vision du monde gage de la cohérence de l'action, sans respect de soi-même et de la population que l'on a choisi de servir.
J'ai souvent dit que le comportement de Chirac au moment de la guerre de Bush contre l'Irak avait justifié mon note lors du deuxième tour entre la droite et l'extrême droite. Je ne suis pas sur du tout que Sarkozy aurait fait ce choix là, pour cette raison simple et terrible qu'avec Sarkozy, on n'est jamais sur de rien. Cet exemple est corroboré par les lourds exemples des discours de Dakar, et de Grenoble qui nous ont fait revenir 80 ans en arrière !
Avec Sarkozy, la France a frôlé la catastrophe ! Mais il ne faut pas se débarrasser seulement de la présence d'un chef de l'Etat indigne de ses fonctions, il faut débarrasser la France de cette façon de faire de la politique.
Dans ce sens aussi, chaque voix aura du poids. Il n'y a pas de place pour l'abstention.
Toute élection est une participation citoyenne à l'Histoire, celle-ci le sera davantage encore.

mardi 23 août 2011

Bravo Sarko ?






Nous avons assez critiqué Sarkozy et l’incohérence de toute sa politique, taxée si justement de conservatisme frénétique par Jacques Attali, pour rendre hommage à sa récente action menée en Libye.




Sur plan de la politique internationale, erreurs et faux pas se sont succédé sous la présidence Sarkozyste.




Il ne s’agissait pas de maladresses, mais de bien pire que ça : de fautes stratégiques, largement inspirées de la politique que le Président a voulu mettre sur pieds sitôt élu avec l’Union Méditerranéenne. Après son indigne discours de Dakar, ses tentatives avortées vis à vis de la Françafrique, son projet majeur s’est, lui-aussi, révélé être une absurdité totale et nous n’avons pas fini de payer les conséquences.




Rappelons que cette Union avait notamment pour but, dans un monde figé de mettre la France, pays développé, au cœur des processus de développement de la Méditerranée, porte de sortie permettant à la France de retrouver un leadership que l’Europe ne lui permettait pas d’atteindre.




A l’occasion, cela permettait à la France d’écarter la Turquie de l’Europe et de la placer sous la dépendance des autres pays méditerranéens.




Une catastrophe !




On l’a vu dès le départ lorsque la France a payé d’un ridicule absolu cette volonté de leadership en invitant Kadhafi à Paris ! Au lieu de la reconnaissance attendue, le gouvernement a recueilli la zizanie au sein du gouvernement, les rires de la presse internationale, et le mépris du tyran tout en replaçant celui-ci au cœur du concert des Nations.




On l’a vu par la suite lors des soulèvements en Tunisie, lorsqu’Alliot-Marie a proposé au dictateur Ben Ali, un soutien policier humanitaire alors que celui-ci utilisait déjà des snipers pour enrayer les manifestations qui donnaient le signal d’un changement radical des données au sud de la Méditerranée … voilà pour ce qui est de considérer le monde comme figé et de renier les valeurs républicaines d’universalité …




Mais il ne faut pas oublier non plus l’humiliation de la Turquie contre qui Sarkozy s’est battu afin qu’elle n’entre pas dans l’Union Européenne ! On n’ose croire qu’il s’agissait là d’un simple calcul électoral destiné à s’adjoindre sa frange xénophobe … La Turquie aurait pourtant été indispensable pour construire l’avenir de l’Europe que son éloignement a continué à affaiblir. Elle aurait aussi fait de l’Europe l’instrument nécessaire à une reconstruction démocratique rapide au sud de la Méditerranée.




Conséquence parallèle, en méprisant l’Union Européenne et sa construction, l’attitude de Sarkozy a entraîné une attitude parallèle de l’Allemagne, aboutissant à un affaiblissement de l’Europe qui n’avait pas besoin de ça,




Or, une Europe forte, c’est précisément ce dont nous aurions besoin pour aider au développement humain, démocratique et économique de la Méditerranée et de l’Afrique.




Ce dernier point permet de mesurer tout aussi bien l’utilité du coup politique de Sarkozy en Libye et de sa limite. Elle lui permettra de retrouver un peu de sa crédibilité mise à mal, mais ce qui se passe en Méditerranée mérite une vision prospective qui dépasse les intérêts nationaux immédiats, économiques ou militaires. Elle concerne bien au delà de la Méditerranée, même si l’on doit reconnaître que les événements de ces derniers jours permettent à la France de retrouver une place dans la diplomatie internationale… après avoir failli tout perdre !




Que les correctifs engagés par Sarkozy permette à la la France de s’engager dans une démarche qui place les valeurs de notre République au cœur de sa diplomatie.





mardi 19 avril 2011

Que s'est il passé le 16 avril à la maison de la Chimie ?

Bien sur il était indispensable de répondre à la droite qui a choisi de pêcher dans les eaux troubles du front national. Bien sur, lorsqu'il y a un débat sur la laïcité, les radicaux, inventeurs du concept sont frustrés et furieux de n'y pas participer...


Bien sur, il est hors de question d'y participer lorsqu'on sait que ce débat ne touche pas à la laïcité, mais vise à ostraciser l'islam, et au delà de planter un décor xénophobe dans une France qui vaut mieux que ça.

Bien sur, les radicaux ont été aussi frustrés de ne pas participer et même de ne pas répondre à la première attaque sur ce thème du gouvernement, lorsqu'il a organisé un débat sur ''l'identité républicaine"...

Autant de bonnes raisons pour organiser cette journée de l'identité républicaine lorsqu'on est le Parti de la laïcité, le parti radical de gauche ...

Mais il y a plus. Quand on réunit dans un même salle François Hollande, Jean Louis Borloo, Arnaud Montebourg, Corinne Lepage, Jean-Marie Bockel, autour de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche ... pour parler des acteurs politiques les plus connus ... quand on fait parler côte à côte les présidents des deux partis, radicaux valoisiens et radicaux de gauche, frères ennemis depuis 40 ans.... quand en fin de soirée, Simone Veil, figure tutélaire de la libération des femmes, de l'Europe et des victimes du nazisme et du pétainisme ... il se passe quelque chose qui n'est pas loin du front républicain dont avait parlé il y a quelques mois Jean Michel Baylet.

Je m'en voudrais de ne pas signaler la présence de Rokhaya Diallo, chroniqueuse talentueuse de Canal + et qui a promis à Isabelle Mananga (à coté d'elle sur la photo, un passage au café radical, ainsi qu'Axel Kahn ...

On est était ce samedi au coeur du débat, d'un débat qui ne peut rester sans suite.


Cette journée m'a rappelé celle que j'avais vécu en 1997, alors jeune militant et où l'on avait vu se succéder à la tribune des gens qui avaient du mal à se parler : Robert Hue, Dominique Voynet, Jean-Pierre Chevènement c'était le lancement de la gauche plurielle, quelques mois avant la victoire de Lionel Jospin.

Le Front Républicain a déjà marqué qu'il pouvait être une réponse au danger sarkozyste.


A suivre donc










lundi 18 avril 2011

Un article de la Repubblica !




En attendant les commentaires... un article sur les récents événements survenus sur la frontière Italiennes ... lieu prisé par les touristes qui n'ont parfois, pour les Français que cette seule vision de l'Italie que la ville frontière de Vintimille, vouée au commerce, quand les touristes Italiens se contentent de Menton. Cette fois, ils ont été pris par l'Histoire et même les touristes n'ont pas pu aller en France ... l'Italie et la France règlent leur comptes sur le dos des immigrés... dans une même incapacité à affronter la réalité de la situation. Ça s'appelle le populisme.


Un article donc de Bernardo Valli, paru dans la Repubblica de ce jour, lundi 18 avril.



France et Italie, les deux populismes


de BERNARDO VALLI




Depuis quelques semaines, deux populismes s’affrontent en Europe, offrant un spectacle qui est tout sauf édifiant. Je dirais misérable. L’adjectif n’est pas trop fort, parce qu’au centre de la polémique, il y a ces réfugiés, économiques et politiques, la classification étant souvent effacée par le drame humain qui, chaque jour s’échoue sur nos rives après avoir vu se noyer dans les eaux Méditerranéennes, bien plus qu’occasionnellement, les enfants, les parents, et les amis. Dans ces mêmes eaux dans lesquelles nous, européens, nous commencerons bientôt à nous livrer aux baignades estivales.


Le Président du Conseil a défini cet ’exode comme un tsunami, c’est à dire une catastrophe naturelle, mûri dans les viscères de la Méditerranée, et donc sans visage. En somme un malheur à conjurer. La France et l’Italie se comportent exactement comme si ces réfugiés étaient l’onde d’un tremblement de terre.


La tension entre les deux populismes à atteint des tons grotesques ces dernières heures à Vintimille, à la frontière entre la France et l’Italie, où, d’habitude, transitent d’heureux touristes, ou pratiquants de la navette entre la Cote d’Azur et la Riviera, et ont fait irruptions des groupes de ces réfugiés réduits par la traversée souvent tragique de la Méditerranée. Le gouvernement Italien les a doté de permis provisoires à son avis conformes aux accords de Schengen. Mais le gouvernement parisien, par le biais du Préfet des Alpes Maritimes, a interdit sans préavis aux trains en provenance d’Italie de traverser la frontière afin d’empêcher leur entrée en France.


Deux comportements qui offrent, à part égale, un image certes peu noble de l’Europe. Ce n’est pas pour motif humanitaire que le gouvernement italien a doté les immigrants, en majorité tunisiens, de permis que les Français n’ont pas retenu valides, à tort ou à raison. Il s’agit d’une manœuvre évidente et malicieuse pour s’en débarrasser. Et pour que toute autant malicieuse manoeuvre que le préfet des Alpes Maritimes, obéissant à son Ministre de l’Intérieur, a adopté l’interprétation parisienne des accords de Schengen, ou a pris comme prétexte la modeste manifestation franco-italienne en faveur des migrants en cours à Vintimille pour repousser les Tunisiens, dont beaucoup ont de la famille en France.


Du coté italien, on s’est aussi demandé pourquoi d’authentiques citoyens de la République italienne n’ont pas pu franchir la frontière par la voie des trains interdits… Au comble de l’indignation, le ministre des affaires étrangères, Franco Frattini, a demandé à notre ambassadeur d’exprimer un ferme protestation au gouvernement français. Un incident diplomatique produit par la confrontation de deux manœuvres mesquines qui interviennent à un moment de rapports difficiles entre Paris et Rome et aussi d’isolement de Rome dans l’Union Européenne, où l’on évite toute manifestation de sympathie avec l’odieuse politique italienne.


Une vague croissante de populisme frappe la France et l’Italie au moment même où s’ouvre leur désaccord. A Rome le gouvernement dépend d’un parti xénophobe, indispensable à la majorité parlementaire et fait diligence à alimenter les sentiments contre les immigrés. Un dirigent de la Ligue, occupe, de fait le ministère de l’Intérieur.


A Paris, à un an des élections présidentielles, Nicolas Sarkozy connais ses pires sondages. Le dernier monte un taux de satisfaction de 28 %, un quotient qui pourrait préfigurer un impossible renouvellement à la tête de la 5e République, au cas au Nicolas Sarkozy se représenterait. Et, dans ce cas, n’exclurait pas une humiliante élimination au premier tour. Dans cette dernière hypothèse, il pourrait s’avérer que la candidate du Front National, Marine Le Pen aille au vote décisif du second tour face au champion de la gauche, encore à désigner. Nicolas Sarkozy cherche donc à récupérer les votes d’extrême droite. Ceux-ci ont permis sa réélection il y a environ quatre ans, mais selon les sondages, ont été réabsorbés entre temps par le Front National, depuis que la fille de Jean-Marie Le Pen, son fondateur, a rénové, modernisé, le discours de son désormais vieux père. A la différence de la Ligue, xénophobe, mais aussi anti-nationale, le Front National est xénophobe et nationaliste. Toutefois les deux partis ont en commun l’aversion pour les immigrés. Et c’est en insistant sur ce thème, tout en restant dans les limites imposées par sa charge, que Nicolas Sarkozy espère récupérer le consensus perdu. Son discours est directement adressé à l’extrême droite. Le rejet des réfugiés déroutés vers la France par le gouvernement Italien est l’évidente conséquence de la politique actuelle de Sarkozy. Ce n’est pas un hasard si le ministre français de l’intérieur vient juste de proposer la réduction du nombre des immigrés légaux.


Ainsi, les deux populismes jouent avec les migrants comme s’ils étaient une calamité, comme s’ils étaient des objets destinés à faire perdre des voix. La Ligue gouverne à Rome et le Front National menace le président à Paris. Umberto Bossi (le président de la Ligue du Nord-Note du traducteur) appuie l’idée ridicule de boycotter Champagne et Camembert, et le Préfet des Alpes Maritimes, obéissant aux ordres supérieurs, arrête les trains italiens à la frontière.