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vendredi 27 septembre 2013

La vérité sur le cumul des mandats


Renaud Dély, brillant commentateur de
l'actualité et pourfendeur des cumulards
politiques ne voit pas en quoi son cumul
d'emplois au Nouvel Observateur,
à France Inter etc pose problème. La coutume,
il est vrai, est partagée par la plupart des
vedettes médiatiques nationales (Serge July,
Christophe Barbier, Laurent Joffrin...).
Leur faute n'est pas tant dans leur course
effrénée de la parole que dans l'absence de
connaissance de la pratique politique.
C’est entendu, dans quelques années, si ce n’est dans quelques mois, il n’y aura plus de cumul des mandats en France.

Je le regrette.

Je le dis d’autant plus tranquillement, que non seulement je ne cumule pas de mandat, mais en plus, je n’en possède pas un seul. J’ai bien été président d’une association de parents d’élèves, je suis président de la fédération de l’Eure du parti radical de gauche, mais à part la fierté, la responsabilité et le tracas que ces missions peuvent procurer, elles ne m’ont jusqu’à présent rien rapporté sur le plan du prestige ou de la rémunération.

Je n’aime pas les débats faussés, pas tant pour la mauvaise foi qu’ils véhiculent, mais surtout par ce qu’ils nuisent à la bonne compréhension du sujet. Le spectacle auquel nous assistons sur le cumul des mandats en est un parfait exemple.

La question du cumul des mandats intervient dans une remise en question générale du pouvoir à tous les échelons. En premier lieu, le pouvoir politique, mais aussi les pouvoirs judiciaires, médiatiques, et l’ensemble des pouvoirs institutionnels. Cette situation n’est pas saine. Non pas parce qu’il n’est pas bon de s’interroger sur la structure du pouvoir ou des institutions, après tout, nous sommes en démocratie et notre histoire est faite de ça. Mais cette remise en cause à ceci de malsain qu’elle confère à une sorte de peste émotionnelle, conséquence irrémédiable d’une perte de confiance en soi. Il est bien évident que dans ce cadre la fin du cumul des mandats ne résoudra rien. Le choix de soi-disant « vils politiciens » comme boucs émissaires est un outil contre la colère que le peuple éprouve contre lui-même et la conséquence en sera forcément néfaste et se traduira nécessairement davantage encore par un éloignement entre le peuple et les centres de décision.

La question majeure est bien évidemment celle du pouvoir, des pouvoirs et par là même celle de l’organisation des  pouvoir. Il y a en France  36.000 communes, 36.000 lieux de pouvoirs et c’est un cas unique en Europe. Ce n’est sans doute pas un hasard si cette situation se produit dans pays qui a bâti son histoire sur la centralisation du pouvoir. Cela a pour conséquence le sentiment profond que seul le pouvoir central est en lien avec l’universel, et  un mépris profond  pour les pouvoirs locaux.

Le cumul des mandats est forcément à considérer dans ce cadre. La grande erreur faite de la  presse nationale vient de  son désintérêt profond pour les responsabilités et l’action  locales. Il y a pourtant 36.000 communes et autant de pouvoirs locaux, autant d’aspirations à l’universel, de volonté d’agir pour la collectivité ... Sans doute cela est-il un peu trop pour une vision parisienne de la politique nationale. J’entends ces temps-ci sur France Inter les commentateurs politiques les plus brillants se vautrer dans le tapis sur ce sujet, dans l’ignorance précisément de ce qu’est le pouvoir local. Je note au passage que la guerre qu’ils mènent contre le cumul des mandats n’est pas pour autant ébranlée par le cumul de fonctions qu’ils exercent, émargeant dans le même temps sur de nombreuses radios, télés et organes de presse écrite concurrents sans avoir rien à y redire.

En fait, le cumul de mandats locaux est bien souvent une condition nécessaire à l’action. Jamais par exemple la création de la Communauté d’agglomération Seine-Eure autour de Louviers n’aurait été possible sans le cumul de mandat exercé par Franck Martin. La communauté d’agglomération est pourtant aujourd’hui tellement évidente qu’on a du mal à imaginer que sa création a été la conséquence d’un travail acharné mené par un élu qui avait obtenu un poids que lui avaient donné ses électeurs sur le canton sud et sur Louviers. Ce poids, il le devait à lui-même et pas à l’appareil d’un parti. La limitation, voire l’interdiction du cumul des mandats rendrait cette tâche impossible.

Voilà pourquoi les attaques contre les cumulards, cette vieille antienne anti-pouvoirs, traditions de l’extrême droite anarchisante, de celle qui justement prépare le terrain à un pouvoir dur et fort, soumettant toute initiative locale, est incongrue.

L’organisation des pouvoirs doit certes être repensée, même si celle-ci ne relève pas de l’urgence qu’on lui accorde à tort. Il n’est pas faux de penser que le Sénat, élus par les seuls élus locaux est une anomalie démocratique comme l’a dit Lionel Jospin. Si le Sénat doit représenter les enjeux locaux, qu’il soit élu par tous les citoyens, en créant des circonscriptions, laissant alors l’élection par liste à l’assemblée nationale qui serait représentée par les partis politiques. Il  ne s’agit pas pour moi de dénigrer les partis politiques, qui ont certes plein de défauts, mais qui sont indispensables à la démocratie. Le tout, en  matière de démocratie, est de tendre à l’équilibre des pouvoirs  entre partis politiques et pouvoirs locaux, notamment … et c’est pourquoi la fin du cumul des mandats donnera tout pouvoir aux partis, récompensant tous les arrivismes et réduisant à la portion congrue les représentants des pouvoirs locaux.  Une occasion loupée pour la démocratie.

Franck Martin avec Laurent Fabius à l'occasion de
la naissance du pôle métropolitain. Un parfait
exemple de la nécessité de ce que le poids politique
local permet d'obtenir face aux appareils politiques
.nationaux

mardi 2 octobre 2012

Pour une internationale laïque

Les démocrates tunisiens ont un urgent besoin de soutien. Le
procès scandaleux pour atteinte aux bonnes moeurs d'une femme
violée par des forces de police montrent l'urgence d'un soutien
laïque international. Un vrai combat radical.
J'avais soulevé le problème dans mon discours au congrès ( cliquer là). Le combat pour la laïcité doit changer son logiciel. autant le dire franchement  le combat pour, ou plutôt contre le concordat, pour justifié qu'il soit ne correspond pas aux préoccupations de la société. Est-ce à dire que la laïcité est un combat obsolète ? Hélas non ! Tout nous démontre atrocement le contraire ... et en premier lieu cette sombre affaire survenue en Tunisie qui a vu une victime de viol passer au tribunal pour atteinte au bonnes moeurs.
en fait, ce n'était pas l'objet de mon intervention au congrès qui disait juste le danger pour les radicaux d'apparaître comme les sourcilleux gardiens des principes, alors que les principes radicaux et l'attente sociale nous contraignent à être absolument modernes.
J'avais parlé de l'importance de réfléchir aux problèmes d'identité, malgré tout le risque que cela représente ... mais je considère que ce débat sur l'identité et sur l'individu sont fondamentaux et ce terrain en friche ne doit pas être laissé aux abominations de la droite et de l'extrême droite... (entre la distribution de saucisson aux pauvres et la réflexion de Coppé sur le racisme anti-blanc).

Une autre image de l'action menée par les démocrates tunisiens.
derrière les atteintes à la pudeur et à l'ordre moral se cache toujours
une volonté de pouvoir des réactionnaires.
Sur ce point, je dois dire j'ai été dépassé. C'est vrai que non seulement le problème de la laïcité est un problème de proximité. J'invite tous les radicaux et tous les laïques, à défendre nos principes de tolérance dans tous les quartiers et dans toutes les communautés, mais j'invite en plus le parti radical de gauche à mener une réflexion de fond sur ce sujet, qui fait partie de son marquage idéologique.
C'est un point. Mais déjà sensibilisé sur ce sujet, le discours de Thierry Jeantet m'a obligé à considérer le problème autrement en lui donnant une autre dimension.
La laïcité n'est plus un problème national. Le printemps arabe, le retour des religieux en Pologne, en Russie, lui donnent une autre dimension. Partout dans le monde, des démocrates, des laïques, des femmes attendent notre soutien.

Une des "amazones" de Khaddafi. Ces femmes
servaient de paravent féministe au tyran qui aimait
les faire défiler lors des défilés militaires. Il s'agissait
 en fait de jeunes femmes enlevées ça et là en fonction
des caprices du prince, qui constituait ainsi un harem
à sa mesure. Elles n'ont en fait jamais joué de rôle
militaire ou politique.
Le printemps arabe a complètement renversé les données du problème. La laïcité avant le printemps arabe, c'était le parti de la dictature, du parti Baas qui mitraille, qui bombarde, qui massacre sa population en Syrie, après l'avoir fait en Irak... Moubarak, le mauvais fils qui avait fait assassiner son prédécesseur El Sadate , défendait comme lui, comme Nasser une image de laïcité. Ben Ali a été membre de l'internationale socialiste. Tous ces gens là avaient à coeur de se présenter à l'occident comme le premier et le dernier rempart contre El Qaïda. Il est même jusqu'à Khaddafi qui, bien que se revendiquant de l'islam, s'est déclaré jusqu'à son agonie désespérée comme un combattant contre l'emprise des descendants d'Oussama Ben Laden. Il refusait de voir que le combat était perdu. un classique chez les dictateurs.  
Bref tout cela explique aussi que l'image du socialisme ou de la laïcité n'était pas du meilleur effet... Et pourtant !
Pourtant, les peuples se sont soulevés, sans aucune revendication religieuse au départ, avec pour demande essentielle la liberté. Un peu partout les femmes se sont jointes aux combats. Et les pays arabes se dirigent vers plus de liberté, même si les chemins qui y mènent risquent d'être particulièrement tortueux.
Car le combat continue. Les partis religieux ou faisant référence à l'islam ont gagné les élections. En Tunisie, le pouvoir veut faire entrer l'inégalité entre homme et femme dans la constitution. C'est sur ce point qu'un combat laïque est indispensable. C'est sur ce point que les femmes et les démocrates tunisiens nous attendent. C'est sur ce point que l'action internationale a tous son sens. 
Les pussy riots nous ramènent à une brusque réalité : la modernité
du combat laïque. La dictature soviétique pensait avoir purgé la
Russie du pouvoir des religieux en se débarrassant des religions.
Brusque retour de bâton, le pouvoir fort de Putin, création pourtant
du régime soviétique, instrumentalise l'église et la religion pour
régler ses comptes.  La laïcité ce n'est pas la fin des religions, c'est
donner à chacun le droit de croire et de ne pas croire. C'est la liberté
 d'expression de tous.
Mais ce n'est pas le seul ! La Tunisie, l'Egypte, la Libye, la Syrie l'ensemble des Etats méditerranéens  suscitent toute notre vigilance, tant le choc politique entre les anciens et les modernes impliquent un engagement politique et le soutien d'un réseau international. 
L'affaire des pussy riots, ces artistes qui pour avoir fait un concert dans une église se sont vues non seulement bouclées et condamnées à une peine terrible de deux ans de camps ... pour outrage à la religion ! On croit rêver ... dans un pays dont la constitution est pourtant encore marquée par 70 années d'athéisme obligatoire.
Une image adoucie du conflit Israëlo-palestinien. Un état juif, ou
un état musulman ne saurait constituer une solution viable ou
durable. Le comportement israélien a naturellement poussé les
palestiniens radicaux à un repli identitaire et à une poussée islamiste.
Pourtant, les palestiniens sont loin d'être tous musulmans. il y a
parmi eux des chrétiens de divers obédience et des laïques. Mais
ceux-ci, faute de soutien international ont perdu toute crédibilité
en interne.
Thierry Jeantet m'a confié aussi ses liens avec des démocrates polonais, revendiquant, bien que catholiques, une laïcité, seul frein face à une église qui est en train d'étendre son influence sur la société et sur l'état.
Mais au delà de ces aspects dictés par l'actualité, et le changement de paradigme politique dans les pays méditerranéens et  de l'ancien bloc de l'Est. 
La création d'une internationale laïque est aussi le moyen d'offrir des perspectives aux situations les plus inextricables ... comment imaginer autrement une solution durable dans le conflit Israëlo-palestinien instrumentalisé par les religieux. 
La laïcité, c'est le combat universel de la modernité. 
Une internationale, vite !








vendredi 27 avril 2012

Présomption de légitime défense ?

Ca veut dire quoi, au juste ... cette dernière invention sarkozyste, copiée-collée du programme du Front National à la suite de la mise en examen d'un policier accusé d'avoir tiré dans le dos d'un délinquant en fuite.
Au delà des réactions épidermiques et de ce qu'on peut penser de la tradition sarkozyste : un fait divers, une loi ... quels problèmes seraient posés en terme juridique par la présomption de légitime défense, qui permettrait d'innocenter a priori, tout policier amener à tuer dans l'exercice de ses fonctions ? Un principe qui avait été rejeté en son temps par Claude Guéant ...
Je vous livre le point de vue  de mon ami Hervé Causse ...




Hervé Causse,
professeur des universités 

La petitesse, l'étroitesse de vue (s) et la confusion jettent dans le  débat politique des formules creuses qui malheureusement deviennent souvent des lois. Les praticiens, le Parlement, les Gouvernements, les juges, et les administrations trimballeront alors pendant des années un concept creux qui met la panique partout et ne règle rien.
Une loi sur "la présomption de légitime défense" serait sans doute l'un de ces concepts tantôt creux (logomachiques), tantôt mal praticable.
La légitime défense est par nature une réaction ; il faut donc pour qu'elle existe, en premier lieu, une action. Pour que la légitime défense existe il convient donc de prouver en premier lieu l'action (le geste) qui seul peut justifier une réaction. La réaction doit ensuite, c'est un autre degré  d'analyse, être jugée proportionnée.
On voit immédiatement la difficulté  d'une « présomption de légitime défense » pour des gens armés (fussent-ils des policiers ou gendarmes, fonctionnaires formés, encadrés et disciplinés) ; autoriser la réaction sans l'action peut virer, tourner, au « permis de tuer ».
Si la réaction est présumée fondée, c'est qu'elle peut devenir en pratique le geste qui tue. C'est alors, en effet, à la personne blessée ou tuée que revient de prouver qu'il n'a pas menacé l'agent de la force de l'ordre ; or, ici, deux problèmes surgissent : si la "victime" est morte elle ne prouvera rien (donc tout incident en tête à tête sera justifié) et, souvent, l'embrouille des témoins ne règle rien ; en outre, cela reviendra à demander à la victime de prouver qu'elle n'a rien fait or, en pure logique, et c'est de la théorie fondamentale du droit, la preuve d'un fait négatif (qui n'existe pas) est impossible.
Plus pratiquement, le mécanisme de présomption est une technique qui inverse la charge de la preuve ; or, en matière pénale, au cours d'une instruction, le juge instruit à charge et à décharge et le mécanisme de présomption est hors de propos. Le juge regarde et scrute tous les faits et le jeu d'un mécanisme théorique (la présomption) n'a plus lieu d'être. Personne n'a « la charge de la preuve » ; il n'y a pas « la  preuve » à fournir : il y a une multitude de faits à prouver qui forment la conviction, d'abord du juge d'instruction, ensuite du juge délégué qui doit éventuellement placer en détention, ensuite du procureur qui prendra des réquisitions (écrites et ensuite orales), et, enfin, de la juridiction qui jugera pour déclarer coupable ou relaxer ou acquitter.
A chacune de ces étapes, les faits décrits peuvent emporter la conviction de tout juge (d'instruction, délégué procureur ou de tribunal correctionnel ou de cour d'assises) et écraser aisément la  « présomption de légitime défense », en sorte que, perturbateur, ce mécanisme serait encore une fausse protection des policiers.
Resterait en revanche le risque de celui qui prend une balle « en tête à tête »  avec un agent des forces de l'ordre alors qu'il n'y a aucun témoin. On peut se demander si dans ce cas, certes marginal en pratique, il n'y aurait pas avec cette présomption une sorte de permis de tuer. Quoique n'étant pas spécialiste, je me permets d'ajouter que le droit à la vie est protégé  par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme... et la Cour européenne qui l'applique : il me semble que sa jurisprudence ne montre aucune affection pour les forces de l'ordre qui tirent sur les citoyens, singulièrement dans leur dos : certains pays se sont faits une spécialité  de se faire condamner pour une législation interne qui permet ces « facilités ».
La présomption de légitime défense serait-elle conforme à nos  engagements internationaux ?
L'idée de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy est donc sans doute une mauvaise chose, soit :
- un mécanisme qui ignore que tout juge regarde tous points des faits et qu'il ne pourra pas être tenu par une présomption au vu du système général de la preuve par tous moyens à tous les stades de la procédure pénale
-  un mécanisme qui juridiquement et judiciairement protège de façon illusoire les policiers (ce que François Hollande n'a pas dit) ;
- un mécanisme qui risque d'augmenter les "incidents" (de 10 À 100 ?) et de jeter la panique partout en France et dans les services.
On pourrait suggérer de former une commission (rapport sous trois mois) avec à sa tête un ancien président de la chambre criminelle de la Cour de cassation pour mesurer la valeur de technique juridique de ce mécanisme avec un autre magistrat, un gendarme, un policier et un professeur de droit ; la valeur de la manœuvre politique on pourra la  mesurer, elle, et entre autres, le 6 mai.

jeudi 5 avril 2012

Bossi c'est fini !

 Bossi père et fils, inculpés pour corruption
C'est un coup de tonnerre dans la vie politique italienne, mais elle doit nous servir aussi de leçon, le chef et créateur de la Ligue du Nord, Umberto Bossi vient de démissionner pour le motif incroyable de corruption avec la N'drangheta, la mafia calabraise.
Rappelons qui est Umberto Bossi pour mesurer la hauteur du scandale.
Certes, toute comparaison politique est hasardeuse et il est difficile d'expliquer à un public français la politique de l'autre coté des Alpes. La politique est le fruit de l'histoire et de la culture des peuples. Mais nous en avons toujours des leçons à tirer, la politique ce sont les petites et les grandes histoires de l'humanité. Umberto Bossi se situe à l'extrême droite de l'échiquier politique, mais il représente une extrême droite qui n'a que peu de choses à voir avec notre extrême droite française liée à Vichy, ni avec l'extrême italienne, marquée par le fascisme.
Au départ la démarche d'Umberto Bossi est régionaliste. Il crée la ligue lombarde, défend l'autonomie puis l'indépendance de sa région. Il va créer par la suite la Ligue du Nord  en faisant alliance avec un parti piémontais. Il va revendiquer la création de la Padanie (c'est à dire de la région du Pô, région la plus riche d'Italie)...Cet État du Nord sera celui des gens qui travaillent  contre  les gens du sud qui sont, au mieux des fonctionnaires représentant le pouvoir tentaculaire de Rome, au pire  des assistés feignant, vivant des fruits de diverses magouilles et de travail au noir. Voilà qui les séparent du mouvement fasciste classique qui se référait à la Rome antique et à la grandeur italienne.
Difficile aussi de comparer avec l'extrême droite française. En fait cette bande de fous furieux, auprès de qui Marine Le Pen passerait pour une laxiste  invétérée, a obtenu une réussite politique à qui rendrait jaloux tous les stratèges du Front National. Il  a participé au gouvernement de Berlusconi, et il est à la tête de mairies importantes dans le Nord. Le racisme, l'exclusion, la haine du sud et de l'étranger et des homosexuels sont leur viatique politique et leurs propos les conduiraient devant les tribunaux en France.
Umberto Bossi aurait pu passer pour un rigolo... mais il est devenu ministre, par la grâce de Berlusconi qui s'est montré prêt à toutes les compromissions pour garder le pouvoir et se protéger de poursuites judiciaires... une protection qui appairait totalement vaine aujourd'hui, mais c'est un autre problème... Car les institutions ont quand même réussi à sauver la République Italienne.
Bossi a malgré tout réussi à imposer sa vison complètement décalée et réactionnaire de la vie politique. Le fait même d'avoir été ministre soulignait que son point de vue pouvait être pris en compte... C'est ce à quoi la France a jusqu'à présent échappé grâce au cordon sanitaire que Chirac avait imposé à la droite française qui permettait de tenir le Front National à l'écart. Le parti de Bossi a réussi dans le Nord des scores à faire pâlir d'envie le Front National, réussissant à gérer de nombreuses villes ...
Mais voilà que le voile se déchire. Ce même parti poussait les hauts cris lorsque Roberto Saviano, le grand journaliste italien (Roberto Saviano vit depuis 4 ans sous la protection de la police Italienne pour avoir dénoncé la mafia) a déclaré dans une émission télévisée (Vieni via con me) au succès immense qu'il était certain du financement de la Ligue du Nord par la N'drangheta a été contraint aujourd'hui à la démission.
Pour mémoire, ce que j'écrivais autour de l'ouvrage et du film de Roberto Saviano il y a trois ans : vous pouvez lire en cliquant ,. Pour information, Le combat continue est le nom de l'ouvrage traduit en français, qui reprend les entretiens tenus pendant cette émission qui a eu un immense succès en Italie référence du livre en tapant   Mais je m'égare, je reprends le fil du récit...
Donc, reprenons vite fait. Que fait Roberto Saviano, la référence des opposants de gauche à la mafia dans une émission de télé suivi par des millions de spectateurs (le nombre de spectateurs a dépassé ceux d'un match de foot avec le Milan AC, c'est dire !) ? Il dit : il y a des liens entre la ligue du Nord et la mafia du Sud ? Comment dire ? C'est comme si on disait que Marine Le Pen était financée par Guérini et le socialisme marseillais... ? Non, c'est pire ! Donc là dessus, forcément, réaction de Bossi qui hurlent à l'infamie et au scandale .. et voilà ! Six mois après, le scandale éclate et Bossi démissionne ! Déflagration chez les membres de la Ligue, leur héros, le fils de leur héros vont passer devant la justice ... et pas seulement, avec le fait que, comme le déclarait Roberto Saviano, ce ne sont pas des victimes de la mafia qui les auraient corrompus à l'insu de leur plein gré, mais c'est eux-mêmes qui sont allé chercher auprès de la N'drangheta ... avec pour but un enrichissement personnel parallèlement à un enrichissement du parti, mais les suites judiciaires nous en apprendront davantage.
Mais il faut aller bien au delà de la critique d'une idéologie d'extrême droite délirante. Bien sur, le repli sur soi ne protège de rien et même pas de soi-même. Bien sur, les idéologies racistes, sexistes et xénophobes sont lamentables, même si elles se voilent derrière la phraséologie du "tous pourris" qui n'est souvent que la frustration de ceux qui ne veulent arriver au pouvoir que pour leur propre satisfaction. Bien sur la participation à la politique berlusconienne était déjà la reconnaissance d'un corruption interne profonde... et tous ces éléments pèsent sur toutes les démarches populistes et sur leur absence de perspective... Mais au delà, l'exemple italien doit nous éveiller sur le poids que peut prendre la délinquance financière sur la politique en Europe. La Liga Nord, était l'un des partis les plus puissants d'Italie. Soyons vigilants. Défendons la République, le progrès et la démocratie.
Enfin, un dernier mot pour rendre hommage à Roberto Saviano ! Comme je le dis à chaque fois, la République, c'est le courage et il n'est pas d'autre voie que le courage républicain pour s'opposer aux puissances financières.

lundi 13 juin 2011

Italie, le contre-coup du populisme !

Quel bonheur les amis !


Depuis que le référendum d'initiative populaire existe, c'est le premier scrutin qui a mobilisé plus de la moitié des inscrits, rendant son résultat directement applicable.

Les résultats sont à la mesure de l'événement : hors normes.

95 % des électeurs ont répondu oui aux 4 questions posées par référendum et qui remettaient en cause les lois votées par le parlement.


Deux questions portaient sur la gestion de l'eau, une autre portait sur la poursuite de la production d'énergie nucléaire et la quatrième portait sur l'immunité pénale du chef du gouvernement.
J'ai passé une partie de ces dernières années à consoler mes amis italiens désespérés et honteux d'appartenir à ce peuple qui avait hissé au pouvoir Silvio Berlusconi, le plus puissant des démagogues Européens, .

Depuis hier, plus personne n'a besoin d'être consolé ! Les mouchoirs ne sont plus là que pour essuyer des larmes de joie ! La gauche voit la terre, après des années de pot au noir...

Sur France Inter, Bernard Guetta soulignait ce matin à quel point la victoire échappait aux forces politiques traditionnelles et à la gauche en particulier. La gauche articulée autour du parti démocratique, n'a pas voulu ce référendum... Celui-ci a été prôné par de petits partis à faible audience... avant d'emporter dans ce projet toute la société Italienne. Il y a sans doute en Italie, comme ailleurs, un vent populaire créatif et méfiant vis à vis du corps politique traditionnel.



En Italie, plus qu'ailleurs, on sait à quel point la soumission aux élans populaires peut être un danger pour la démocratie. L'Italie a montré sa capacité a engendrer des monstres : Mussolini, le fascisme, Berlusconi, la mafia et la Ligue du Nord ...



Mais tôt ou tard, le démagogue montre son incapacité à gouverner un pays dans l'intérêt du peuple qui l'a élu... Berlusconi se fait rejeter comme les amants abusifs... Pour être élu, pour être aimé, il a beaucoup menti... il est à présent détesté.



Le fait d'avoir été abusé prend le pas sur tout le reste... et plus rien ne lui sera pardonné. Au fond, la question majeure était bien celle-là : Berlusconi doit-il être jugé ? Et le peuple a répondu oui.



Oui, alors que tant d'observateurs disaient que les discours indignés n'avaient pas prise, simplement parce que les Italiens, au fond, admiraient le cynisme de l'homme d'Etat... Cette capacité à s'attirer les faveurs de l'église, tout en organisant des orgies et en le revendiquant. Cette capacité à dénoncer le laxisme de la justice tout en lui reprochant de lui chercher des poux dans la tête ... Cette capacité à défendre la grande Italie tout en faisant alliance avec les sécessionnistes du Nord. Cette capacité à promouvoir l'Europe tout en en refusant le projet commun. Cette capacité à aguicher le peuple tout en le méprisant en continu... ce que le dernier numéro The economist, la revue britannique avait illustré d'un brutal : l'homme qui a niqué un pays tout entier.

Mais il est dans la nature humaine de ne pas supporter la moquerie au delà d'un certain seuil. Abraham Lincoln le disait :" Vous pouvez tromper une personne tout le temps, vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps."

Il est un temps où la vérité prend sa place, dans la joie ou la douleur.

On ne sait pas où va l'Italie. Elle se donne en tous les cas les moyens d'échapper à la catastrophe du mépris ... au même titre que la Tunisie, la Syrie, la Lybie, l'Egypte embrassent la douce incertitude de la liberté ! Il n'y a pas d'autre voie pour l'avenir des peuples.



lundi 5 avril 2010

Syndiquer les gendarmes ?

Une seule force de l’ordre sur le territoire national, ça peut se défendre …
C’est une position que j’avais défendu lors de débats à l’intérieur du prg. Mes arguments n’étaient pas tout à fait les mêmes que ceux de notre président de la République.
Il n’y a pas de raison objective pour que le maintien de l’ordre et de la tranquillité publics sur le territoire ne dépendent pas du ministère de l’intérieur. Pourquoi envenimer la guerre des polices, en rajouter encore en faisant dépendre de deux hiérarchies différentes le maintien de la sécurité publique selon qu’elle s’exerce en territoire urbain ou rural ?

Le ridicule du pouvoir
Or, voilà que de cette question intéressante, le pouvoir central ne met en avant que des mouvements de menton parfaitement ridicules…
Ainsi, alors même que l’on envisage de faire évoluer le statut des gendarmes, c’est au nom de ce propre statut, que l’on sanctionne le plus durement possible Jean-Hugues Matelly (photo), chercheur au CNRS et chef d’escadron, pour avoir dit ce qu’il pense.
Le voilà donc suspendu, dans l’attente d’un jugement du conseil d’État. On espère que ledit conseil d’État relèvera l’incohérence qui consiste à autoriser un militaire lié au devoir de réserve et à la soumission à la hiérarchie à être en même temps chercheur au CNRS et à avoir alors un devoir de liberté.
L’affaire ne s’arrête pas là… et à mon avis ne s’arrêtera pas là. L’ADEFPROMIL ( Association de défense des professionnels militaires) a commis un poème clin d’œil sur le sujet, et une enquête a été diligentée par la hiérarchie qui dit avoir confondu l’auteur des vers de mirliton[1].

Mon point de vue radical : les gendarmes et les militaires doivent pouvoir se syndiquer

Pour les radicaux, tout ce qui porte atteinte à la liberté est suspect, comme tout ce qui porte atteinte à la réflexion. Ainsi défendre l’unification des forces de sécurité ne doit pas avoir pour conséquence la défense d’un ordre militaire suranné et dépassé.
Le problème de la syndicalisation de la gendarmerie se pose très clairement depuis la révolte des gendarmes de 2001. Il pose par ricochet le problème de la syndicalisation de l’armée, tout simplement parce qu’une société ouverte, comme la notre ne peut rester dans des schémas d’organisation coupés de la réalité sociale, se claquemurant dans des ghettos d’où sortent traditionnellement les émanations les plus nauséeuses.
La modernisation de la sécurité publique ne passe pas seulement par l’unification du système de commandement, mais surtout par sa réforme. La France a besoin d’une force publique moderne, ouverte, représentative de la société française, et capable de réfléchir sur elle-même et sur la société. Les gendarmes intégrés ou pas dans la police, doivent pouvoir se syndiquer au même titre que les policiers. Tel est l'une des conditions de la modernisation de la sécurité publique.

Il ne semble pas que ce chemin audacieux indispensable soit celui du Président de la République.

[1] IL PLEUT SOUS NOS KÉPIS !
Il faisait beau alors, le jour où j’ai signé !
Je me souviens comme j’étais fier de m’engager,
D’être formé à ce métier par mes aînés…
Du bon droit je voulais être le soldat,
Dans le respect des traditions et des hommes.
Du citoyen, à tout faire je serai l’homme !
De ma personne alors, j’ai donné sans compter.
Ma famille dans cette voie s’est trouvée liée.
Mes devoirs étaient les siens sans qu’elle ait signé…
Nos Gradés, nos Officiers étaient nos modèles.
Ils savaient nous motiver et nous ordonner.
Alors nous étions soudés, unis et fidèles…
Nous savions des sacrifices la juste raison,
Et étions tous reconnus “Servants de la Nation !”
De la France, la plus noble et vieille Institution.
Un nouveau Roy fût nommé, et tout a changé.
Diviser pour mieux régner, tel était son but !
Il y parvint bien, précipitant la chute !
Pour ce faire, il choisit bien parmi les nôtres,
Ceux d’entre eux les plus vénaux, les moins fidèles,
Leur fit tant miroiter, qu’ils furent ses “apôtres”.
Ces vendus et parjures aujourd’hui, ont ourdi
D’enterrer sans coup férir notre belle histoire…
De nous taire ils nous ordonnent, arguant : “Tout est dit !”
L’un des nôtres osa parler sans démériter,
Se faisant ainsi le râle de notre douleur…
Il fût vite éliminé par ces fossoyeurs !
Aujourd’hui, Sainte Geneviève saigne et pleure,
Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi,
Comme si sur moi SARKOZY faisait son pipi…
Soldats nous sommes, et c’est debout que nous mourrons.
Et à l’instar de CAMBRONNE, “MERDE” nous dirons.
Nous briserons nos armes, mais nous taire “Pas question !”
Nous ne sommes que des hommes, soldats mais citoyens,
Et nos voix dans l’urne pèsent bien pour un scrutin…
Qu’on les entende ensuite, d’étonnant n’a rien.
Nous taire il ne faut point, surtout si c’est la fin !
Au pays des Droits de l’Homme, on dénie les miens.
Fidèle, loyal je suis, muet je ne suis point.
Même si tout est fini, que prévue est la fin,
Nous n’irons au sépulcre qu’après avoir tout dit.
Geneviève, Chère Patronne, Il pleut sous nos képis !
Adjudant A.
Dédié au Chef d’Escadron Jean-Hugues MATELLY

vendredi 13 novembre 2009

Prisons, l'Etat condamné

Le café radical avait invité il y a un an l'avocat Etienne Noël pour qu'il nous parle de son combat contre l'état des prisons.
Lorsque nous l'avons reçu, il avait réussi à faire condamner l'Etat Français pour une plainte déposée par trois détenus de la prison Bonne Nouvelle. La cour d'appel administrative de Douai a confirmé le premier jugement qui condamnait à verser des indemnités à trois détenus qui dénonçait leurs conditions de détention.
C'est une victoire pour l'avocat qui nous avait fait la gentillesse de venir au café radical que nous avons organisé il y a un an, mais c'est avant tout une victoire pour tous les humanistes et pour tous ceux qui croient en la réinsertion des condamnés, et que celle-ci ne saurait passer par une mise à l'écart de l'humanité durant la peine de réclusion.
Robert Badinter, interrogé sur France Inter a déclaré à quel point ce jugement est aussi la reconnaissance du droit Européen et ouvre la voie à une politique pénitenciaire cohérente, allant au delà de l'idéologie de la répression.
"La cour ne pouvait pas contester que mes clients avaient été détenus dans des conditions contraires à la dignité humaine", s'est félicité leur avocat, Etienne Noël, affirmant être sur le point d'engager des procédures identiques pour des dizaines de détenus de Rouen. "Ca risque de coûter très cher" à l'Etat.
, a annoncé l'avocat rouennais, invité, jeudi soir, sur le plateau de France 3 Haute-Normandie.
Pour voir la vidéo et l'interview d'Etienne Noël qui explique que le combat continue, cliquer ici... et aller à partir de 4'30"




lundi 21 septembre 2009

Je n’ai jamais participé à un congrès avec une telle atmosphère





Ci dessous, un article paru dans la Gazette des communes, interview de Claudy Lebreton président de l'Assemblée des Départements de France (Adf)



Bien entendu, l'atmosphère dont il est question est due au projet de réforme des collectivités locales qui remet en cause les départements.





Une excellente préparation au thème du prochain café radical vendredi prochain, à 18 h30, à la brasserie du Jardin de Bigards en présence de Patrice YUNG -



Interview de Claudy Lebreton, président de l’ADF





A l’occasion du 79e congrès de l’Assemblée des départements de France des 22 et 23 septembre, son président, Claudy Lebreton, fait le point sur les deux sujets plus que d’actualité qui seront au programme de ce congrès : les réformes des collectivités et de la taxe professionnelle (TP).

Selon vous, dans quelle ambiance aura lieu ce congrès de l’ADF ?

Une ambiance studieuse qui sera l’occasion d’aborder des sujets délicats : la réforme des collectivités et celles de la TP. Cela risque donc d’être assez chaud. La venue du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux entraîne une grosse attente. Les présidents de conseil généraux souhaitent avoir plus d’informations sur les projets en cours pour pouvoir se positionner et cesser de travailler sur des hypothèses. Ce sera notamment une occasion de vérifier très précisément certains points de la réforme, notamment concernant la clause de compétence générale pour les départements.


Quelles sont les attentes des présidents de conseils généraux vis-à-vis de ce congrès ?

Il y a de fortes attentes et peut-être une volonté d’en découdre. Les discussions se sont cristallisées autour de la question des conseillers territoriaux avec une vive opposition droite-gauche. Mais même à droite il y a des voix divergentes et des réticences à ce sujet. Il faudra trouver dans les débats la bonne position du curseur pour que l’ensemble des présidents soit satisfait. Je n’ai jamais participé à un congrès avec une telle atmosphère, je serai soulagé quand se sera terminé.

Depuis le présentation du rapport Balladur, avez-vous l’impression d’avoir réussi à faire reculer le gouvernement sur certains points concernant le réforme des collectivités ?

Ne serait-ce que sur le plan temporel, avec le recul successif de l’examen des textes, nous avons l’impression d’avoir remporté une demi-victoire, même si le président de la République avait dit qu’on prendrait le temps et qu’on ne serait pas dans la brutalité pour cette réforme. J’ai porté différents arguments sur lesquels Brice Hortefeux n’a pas été insensible, notamment sur le coût des conseillers territoriaux ou sur les métropoles.
Il y a également les questions relatives à la conformité à la Constitution de ces réformes. Sur la suppression de la clause de compétence générale ou le scrutin des conseillers territoriaux, par exemple. Le gouvernement se retrouve actuellement devant des difficultés que nous avions prédites.
Mais le problème le plus actuel reste la fiscalité qui sera discutée dans le projet de loi de finances et pourrait entraîner un changement de nature des départements.


Le congrès sera-t-il l’occasion de réaffirmer l’unité des associations d’élus face à ces réformes ?

Nous rappellerons effectivement notre position commune, notamment s’agissant de la fiscalité. Nous voyons bien que le gouvernement essaie de nous diviser. Je vois régulièrement Alain Rousset (président de l’ARF, NDLR) et Jacques Pélissard (président de l’AMF, NDLR) pour évoquer ces sujets.

Depuis le présentation du rapport Balladur, avez-vous l’impression d’avoir réussi à faire reculer le gouvernement sur certains points concernant le réforme des collectivités ?


Ne serait-ce que sur le plan temporel, avec le recul successif de l’examen des textes, nous avons l’impression d’avoir remporté une demi-victoire, même si le président de la République avait dit qu’on prendrait le temps et qu’on ne serait pas dans la brutalité pour cette réforme. J’ai porté différents arguments sur lesquels Brice Hortefeux n’a pas été insensible, notamment sur le coût des conseillers territoriaux ou sur les métropoles.
Il y a également les questions relatives à la conformité à la Constitution de ces réformes. Sur la suppression de la clause de compétence générale ou le scrutin des conseillers territoriaux, par exemple. Le gouvernement se retrouve actuellement devant des difficultés que nous avions prédites.
Mais le problème le plus actuel reste la fiscalité qui sera discutée dans le projet de loi de finances et pourrait entraîner un changement de nature des départements.


Le congrès sera-t-il l’occasion de réaffirmer l’unité des associations d’élus face à ces réformes ?

Nous rappellerons effectivement notre position commune, notamment s’agissant de la fiscalité. Nous voyons bien que le gouvernement essaie de nous diviser. Je vois régulièrement Alain Rousset (président de l’ARF, NDLR) et Jacques Pélissard (président de l’AMF, NDLR) pour évoquer ces sujets.

dimanche 20 septembre 2009

Réforme des Collectivités: Baylet s'en prend à Fillon

François Fillon a demandé vendredi 18 septembre aux collectivités locales d'accroître leur effort pour réduire la dépense publique, déplorant que ces dernières recrutent 36.000 fonctionnaires par an alors que l'État n'embauche plus.
"L'État n'a pas vocation à recréer des postes. Et quels que soient ceux qui dirigeront notre pays à l'avenir, le secteur public devra continuer à réduire son poids global dans l'économie nationale", a déclaré le Premier ministre dans un discours au conseil général de la Haute-Loire, au Puy en Velay.
Les propos du Premier ministre "sur le haut niveau d'endettement des collectivités locales en France sont scandaleux et mensongers" s'est insurgé aujourd'hui le président du Parti des radicaux de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet.
François Fillon a demandé hier aux collectivités locales d'accroître leur effort pour réduire la dépense publique, déplorant que ces collectivités (mairies, départements et régions) recrutent 36.000 fonctionnaires par an alors que l'État n'embauche plus."Faut-il rappeler au Premier Ministre que le déficit de l'État a dépassé les 100 milliards d'euro au mois de juillet", a réagi Jean Michel Baylet dans un communiqué."Faut-il encore rappeler au Premier Ministre que les collectivités locales réalisent près de 70% de l'investissement public en France", ajoute-t-il."Les provocations et les contre-vérités n'apporteront rien au débat sur la réforme des collectivités territoriales", ajoute Jean Michel Baylet, par ailleurs sénateur, en référence à ce prochain projet de loi qui inquiète les élus locaux."Les menaces du Premier Ministre sont révélatrices de l'objectif véritable de cette réforme, qui est de porter gravement atteinte à l'autonomie des collectivités territoriales et à la décentralisation", selon lui...

C'est tout l'enjeu du débat énoncé par ce communiqué de l'AFP... et c'est le sujet du café radical de vendredi prochain


Quelle réforme pour les collectivités locales ?


Vendredi 25 septembre, café radical au café Le jardin de Bigards, 39 rue du Quai, à Louviers, animé par Patrice Yung, vice président de l'agglomération Seine-Eure, membre du bureau de l'Assemblée des Communautés de France.

jeudi 17 septembre 2009

Prochain café radical.... sur l'avenir de la démocratie locale

si vous ne visualisez pas correctement ce message, cliquez-ici
9e CAFE RADICAL
Vendredi 25 septembre à 18h30, Brasserie "Au jardin de Bigards" Rue du Quai à Louviers…

Envie de politique
Les radicaux de gauche invitent au débat

QUELLES REFORMES
pour les collectivités locales

Débat animé par :

Sarkozy veut-il la fin des départements ?

Va-t-on fusionner de force les communes ?

Par quoi sera remplacée la taxe professionnelles ?

Le Grand Rouen va-t'il devenir une métropole ?

Qui seront les conseillers territoriaux ?

Patrice Yung

Vice-président de la Communauté d'agglomération Seine-Eure

Membre du bureau de l'Assemblée des
communautés de France

. . .

Pour en débattre rejoignez-nous autour d'un verre.

Vendredi 25 septembre
- brasserie "Au jardin de Bigards"
39, rue du Quai à Louviers
de 18h30 à 20h.

Pour tout renseignement : caferadical@gmail.com

dimanche 13 septembre 2009

Collectivités locales, élus locaux, quel avenir pour la démocratie de proximité ?

On en parle encore assez peu, mais c'est la grande affaire de la rentrée politique. Fixée aux premiers rangs des priorités de Nicolas Sarkozy le vaste plan de la grande réforme intègre en même temps la disparition de la taxe professionnelle, le regroupement des communes, la disparition des conseils généraux en tant que tels, la modification du mode de scrutin régional, et tout un ensemble de mesure qui s'attaque à une démocratie de proximité qui tout compte fait ne marche pas si mal.

Pour en parler, le prochain café radical se tiendra vendredi 25 septembre à Louviers .


La réforme Sarkozy va-t-elle moderniser la démocratie locale ?

Les débats font rage, et feront rage. Jean-Michel Baylet est vent debout contre cette réforme.

Avant de se prononcer, le café radical propose à tous un débat vendredi 25 septembre à la Brasserie "Le Jardin de Bigards", à 18 heures30. Le débat sera animé par Patrice Yung, membre du bureau de l'Assemblée des communautés de France (ADCF) qui est au coeur de la réflexion sur le projet de réforme bientôt proposé à l'Assemblée Nationale.

Pour tout comprendre sur l'évolution à venir, réservez votre date...

mercredi 26 août 2009

Primaires, dépêchez-vous de signer !


Terra nova est un think tank, comme on dit en Français, un réservoir de pensée qui est issu de divers courants du PS. Mais ils ne se contentent pas de penser, et de penser juste.
Le groupe avait relayé le principe d'organisation de primaires à l'échelle de la France qu'avait lancé le parti radical de gauche.
Le rapport de Terra Nova avait été gentiment enterré par la direction du PS.
De ce fait, beaucoup des tenants des primaires n'y croyaient plus trop.
Les faits en ont décidé autrement. Il n'y a pas que des suicidaires au PS. Les suites de bourdes pendant l'été ont enclenché des réactions salutaires.
Les initiatives d'Arnaud Montebourg (qui dès le début avait avec le PRG défendu le système des primaires), de Valls, de Vincent Peillon et de beaucoup d'autres ont fait en sorte que plus personne au PS ne peut ignorer la question. Cerise sur le gâteau, Laurent Fabius s'est dit favorable à cette initiative. Et Martine Aubry doit trancher sur le sujet à La Rochelle ce week-end.
C'est le moment que Terra Nova choisit pour lancer sa pétition. Elle est reprise à la une de Libération.
C'est encore l'été, sachons surfer sur la vague... et que celle-ci nous emmène au renouveau de la gauche et à la victoire contre le pouvoir sarkozyste.
Tout est possible !
Pour signer la pétition, cliquer et suivez les instructions ...

mercredi 13 mai 2009

La victoire des radicaux !

Les radicaux ont remporté une victoire essentielle. Au moment où leur absence dans le débat électoral des européennes semblait devoir nous éloigner de la scène politique, les députés ont obtenu le principe de création d'un groupe politique à partir de 15 députés.
Ce vote, bien qu'obtenu à l'unanimité de l'assemblée, est le fruit d'une bataille sévère. Dans les derniers moments du débat, Jean-Michel Baylet raconte : "Sylvia Pinel qui s est exprimée a la tribune au nom des députes radicaux et du parti la nuit dernière sur le sujet a été agressée dans l'hémicycle, je pèse mes mots , par un Jean-Marc Ayrault furieux de notre demande".
Bien entendu, les radicaux avec ce vote espère parvenir à la création d'un groupe. Il y actuellement 11 députés radicaux. Ne manque plus qu'à trouver 4 alliés. Un groupe, c'est les moyens de s'exprimer, de défendre ses idées de manière autonome, d'avoir accès à la presse en tant que radicaux.
C'est une étape essentielle dans le développement de notre action politique, républicaine, humaniste, laïque et radicale.
Ci dessous, le communiqué de l'AFP
PARIS, 13 mai 2009 (AFP) - L'Assemblée nationale a autorisé mercredi, l'unanimité, les députés à former un groupe parlementaire à partir de 15députés au lieu de 20 actuellement. La disposition, présentée par le PCF et les Verts et également réclamée par les centristes et le PRG, a reçu le soutien de l'UMP comme du PS. Le PCF avait, dans un premier temps, vainement demandé de pouvoir constituer un groupe à partir de huit députés. A la suite des législatives de 2007, le PCF, n'ayant pas obtenu suffisamment d'élus au Palais-Bourbon, n'avait pour la première fois pas pu former un groupe seul. Il avait dû s'associer aux quatre députés Verts et à quelques élus de La Réunion. Le président du PRG, le sénateur Jean-Michel Baylet, avait réaffirmé la semaine dernière le souhait de son parti de voir la barre descendre de 20à 15 élus pour former un groupe à l'Assemblée nationale. Tel est déjà le cas au Sénat. Au total, on compte actuellement 11 députés radicaux de gauche et apparentés. Ils siègent depuis 2007 avec les socialistes. Soucieux d'obtenir la majorité requise au Congrès de Versailles pour sa réforme des institutions, le chef de l'Etat s'était déclaré favorable à l'abaissement du seuil pour former un groupe à l'Assemblée de 20 à 15 députés. La gauche y avait vu une volonté de "débauchage" des élus PRG. Dans leur quasi totalité, ceux-ci avaient finalement approuvé la réforme. Le président de l'Assemblée Bernard Accoyer (UMP) s'était alors montré très réticent à l'abaissement du seuil.

mercredi 6 mai 2009

de la maternelle à l'université ...

L'EDUCATION VICTIME DE LA CRISE ?
Nos universités sont foutues, nos écoles sont foutues, le modèle français est foutu ! ... Le blues s'épaissit avec le brouillard qui nimbe la réforme du système éducatif français.
Le dynamisme réformateur des premiers mois de Sarkozysme a laissé place à une confusion neurasthénique. La réforme de l'éducation a été la première victime de la crise... et le système éducatif se grippe.
A l'heure où notre système baigne dans un blues sans précédent, qui va de la maternelle à l'université, sans parler de la formation tout au long de la vie, le café radical a décidé de traiter du problème de l'éducation . Ce sera vendredi 29 mai 2009, au même endroit que d'habitude avec deux intervenants de qualité, qui se sont succédés au poste de secrétaires national à l'éducation du parti radical de gauche : Pascal-Eric Lalmy, en haut à gauche,

et Rodrigue Flahaut, ci-contre à droite.

Depuis Charlemagne, le système scolaire est le reflet de la société qui le porte. Il est devenu son projet depuis Jules Ferry. Pas étonnant alors que la crise interroge notre avenir, que l'éducation soit éclaboussée par les difficultés.
On sent parmi les angoisses de la communauté éducative un manque de confiance et un mélange confus de volonté de réforme et repli sur soi, le tout lié à une incapacité de dialogue.
Et pourtant, du dialogue, il en faut. Du débat, il en faut. C'est même pour ça qu'il y a un café radical (Je profite de l'occasion pour livrer toutes nos excuses pour cette trop longue période sans café ...).
Ecole maternelle, école primaire, collège, lycée, université, et au delà avec l'éducation tout au long de la vie... tout le système est en crise. Pourquoi ? et quelles sont les pistes que les radicaux proposent pour une éducation en phase avec l'évolution de la société...
Un café radical qui au delà des enseignants, des élèves, des étudiants, concerne tous les écoliers que nous avons été, et tout notre projet de société. Nous en reparlerons, en attendant, réservez la date du 29 mai !


jeudi 23 avril 2009

Jacques DELORS veut réhabiliter l'impôt citoyen

Le café radical reproduit l'interview de Jacques DELORS paru dans le Monde du 28 mars pour sa double actualité.
D'abord parce qu'il coupe court aux démagogies anti-impôts qui ont sali le débat lovérien, ensuite parce qu'il anticipe ce qui ne manquera pas d'arriver dans les deux ans à venir : la hausse inéluctable de la contribution fiscale, en contradiction absolue avec les propos du Président Sarkozy. C'est aussi ce qu'a rappelé François Chérèque sur France inter mardi matin.
Au delà de ses propos tranchants, la sagesse de la réflexion nous donne des points de repères essentiels sur l'action et la réflexion politiques.

Les gouvernements ont-ils bien réagi face à la crise ?
Ils ont gardé la mémoire de la grande crise des années 1930 et de ce qui est arrivé au Japon, resté bloqué pendant dix ans. Je trouve cela réconfortant. Ils n'ont pas commis d'erreurs dans la gestion de la crise. Aujourd'hui, ils font face à trois problèmes. Le premier est le risque d'insolvabilité des banques. Là, chacun, à sa manière, a fait le nécessaire. Les autorités américaines ont tout de suite compris qu'il fallait éviter de nouvelles faillites de banques comme il y en a eu en Grande-Bretagne et comme cela s'est produit, on peut le dire, pour Dexia et pour Fortis dans une certaine mesure. Deuxième problème : le risque de liquidités. Il n'est toujours pas surmonté, même si le marché interbancaire fonctionne un peu mieux. Le troisième risque est celui d'un recul trop important de la production. Hélas, la concertation et la coopération dans ce domaine en Europe sont insuffisantes.

Cela vous surprend-il ?
Non. Lorsque j'avais proposé, il y a dix ans, qu'il y ait, au sein de l'Union économique et monétaire, à côté du pacte de stabilité monétaire, un pacte de coordination des politiques macro-économiques, ce n'était pas simplement par souci d'équilibre entre le monétaire et l'économie. Je savais d'expérience que la coopération détruit peu à peu les murailles de méfiance ou d'égoïsme entre les pays. Or, aujourd'hui, ce climat de confiance réciproque n'existe pas.

Le volontarisme de la présidence française était-il seulement de façade ?

Pas du tout. Ne coupons pas les cheveux en quatre. La présidence française a été positive. Elle a secoué le système, mais il y a un problème de fond. L'Europe des institutions (Conseil des ministres, Parlement, Commission) s'est affaiblie au profit de l'Europe des États. Désormais, tout remonte au Conseil européen. Mais que peut-on faire à vingt-sept en deux demi-journées et un dîner ? L'Union économique et monétaire boite. Du côté monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) agit plutôt bien. Mais c'est l'autre volet qui manque.

Le plan de relance français a été critiqué pour son manque d'ampleur. Qu'en pensez-vous ?
En général, la France réagit plus tardivement aux crises, mais elle souffre plus longtemps du fait d'une compétitivité insuffisante. C'est la raison pour laquelle j'aurais été partisan qu'on équilibre davantage les mesures de soutien à la consommation et d'aide à l'investissement. Il y a un autre problème que personne n'ose poser : pourra-t-on sortir de cette crise sans un petit peu d'inflation ? La Commission européenne devrait bâtir quelques scénarios avec la BCE, prévoyant ou non un taux d'inflation au-dessus de 2% qui permettrait, sans être galopant, de faciliter la reprise et le remboursement des dettes.

Vous, le père de la désinflation compétitive, vous préconisez un peu plus d'inflation ?
Je pense qu'il sera difficile d'obtenir un rebond de l'économie, compte tenu de notre endettement, sans accepter provisoirement un peu plus d'inflation rampante. Je suis également persuadé que la France devrait montrer vis-à-vis de l'Organisation mondiale du commerce autre chose que cet air ronchon. Son attitude a un fond de culture protectionniste et franchouillarde. Elle doit reprendre l'initiative, d'autant que ce n'est pas là que notre agriculture est menacée. Elle l'est davantage par les réformes envisagées de la politique agricole commune.

Face au choc social, le gouvernement devra-t-il adopter d autres mesures ?
Nous sommes arrivés au bout des mesures à court terme. Il faut maintenant envisager le problème général de la demande et surtout laisser tomber l'orgueil. Le pouvoir n'ose pas revenir sur l'exonération des heures supplémentaires ni sur le bouclier fiscal. Deux mesures à contre-temps. Si l'on veut préserver le capital humain, éviter les licenciements, c'est indispensable.

Pourra-t-il éviter d augmenter les impôts ?
Sûrement pas. L'impôt citoyen par excellence, c'est l'impôt sur le revenu. Éluder la réflexion sur ce sujet constitue une grave erreur, au moment où il faut impérativement investir dans le social.
"Investir dans le social" que voulez-vous dire ?
L'État providence est en crise : de financement et d'efficacité. En partie parce qu'il n est plus du tout adapté à l'évolution de la société. C'en est fini du modèle où le chef de famille assurait, par son travail, la protection sociale de toute la famille. L'emploi est devenu pour chaque individu un élément essentiel d'intégration et de citoyenneté.

Nicolas Sarkozy avait donc raison d'en faire un thème dominant de sa campagne ?
Il n'avait pas tort. L'inégal accès à l'emploi, ce que nous appelons "l'emploi en miettes" est devenu la principale cause d'inégalités. C'est contre cette injustice qu'il faut lutter par toute une série d'investissements sociaux : dans la garde d'enfants collective pour encourager le travail féminin, dans l'éducation et la formation pour lutter contre l'échec scolaire, etc.

Peut-on réaliser cet investissement social en période de crise ?
Bien sûr, à condition de cesser de raisonner à court terme. Un exemple : pour les jeunes, Martin Hirsch a suggéré que l'on puisse faire des pré-embauches. Aussitôt le patronat s'est inquiété. Mais chaque année, 100 000 personnes de plus partent à la retraite et 80 000 jeunes en moins cherchent du travail. C'est une bonne opportunité.

Comprenez-vous la démarche de Martin Hirsch, homme de gauche, qui participe à un gouvernement de droite en se disant : l'important est de faire aboutir les dossiers ?
Martin Hirsch se dit : "demandons 100 pour obtenir 50". Mais on ne peut effacer comme ça les clivages politiques. Ce qui se passe sur les jeunes est symptomatique : un jeune sur six quitte l'enseignement secondaire sans diplôme. Nous avions proposé une mobilisation générale des moyens de l'éducation nationale, des acteurs de la formation continue, du service public de l'emploi pour redonner confiance et capacités à ces jeunes. Sans succès.

Les syndicats français sont-ils capables de s'engager dans des réformes ?
Il faut être indulgent avec eux. Ils savent qu'ils doivent se réformer. Mais ils ne peuvent pas cavaler derrière le président de la République. L'État doit leur dire ce vers quoi il faut aller et les laisser ensuite négocier sur des objectifs assez précis. Le rythme actuel est incompatible avec un travail de fond.

La montée de l'individualisme n'est-elle pas un frein à la solidarité ?
C'est vrai qu'il faut se battre contre une société de l'indifférence où l'individu serait considéré comme seul juge de ce qui est bon ou mauvais. Il faut aussi lutter en France contre l'héritage néo-républicain qui veut que la République étant une, l'égalité irait de soi. Nous voulons une société plus solidaire dans les faits en recherchant sérieusement l'égalité des chances, faute de quoi nous irons vers de très graves difficultés sociales.

La crise peut-elle aider à changer les mentalités ?
Oui, mais à une condition : qu'on rende sa fierté au service de l'Etat et de l'intérêt général. Aujourd'hui, on est dans l'idéologie du court-termisme. Le commissariat au Plan permettait de voir loin. Il a été supprimé. L'Insee produit des statistiques reconnues dans le monde entier. Il est malmené. La haute fonction publique élabore des rapports d'excellente qualité, mais qui s'en soucie ? Dans les cabinets ministériels, la "com" a pris le dessus sur tout le reste. Il faut être vigilant et se méfier des possibles retours en arrière : le monde de la finance est peu enclin au mea culpa et beaucoup se disent : "quand on sera renfloué, tout pourra recommencer comme avant !".
Vos réflexions sont-elles une invitation au PS à se rénover ?
Par rapport à la gauche, je me considère comme un simple adhérent. Je ne suis pas là pour faire élire mais pour faire débattre, ce que permet l'évolution actuelle du PS qui a ouvert les portes aux partenaires sociaux et aux intellectuels.


Interview réalisée par Alain Frachon, Françoise Fressoz et Claire Guélaud

Jacques Delors publie, avec Michel Dollé, Investir dans le social aux éditions Odile Jacob

lundi 20 avril 2009

Faut-il excuser Ségolène ...?

Wilhem, le caricaturiste génial de Libération publie aujourd'hui un dessin où l'on voit Sarkozy suivi par notre Ségolène tenant un panneau qui dit quelque chose du genre : "je m'excuse d'avance pour sa prochaine bêtise".

Tout est dit dans ce dessin, et le café radical ne va pas s'outre-mêler du bien-fondé de la démarche risquée de Ségolène qui a toutefois l'air de parfaitement réussir au sens où elle a incroyablement occupé l'espace médiatique tout le week-end.


En prenant le contre-pied des us et coutumes de la tradition française et des propos de Nicolas Sarkozy, elle fait nous fait du Kossar (c'est à dire du Sarko en Verlan).


Bien sûr, les propos de Sarkozy, comme ceux de Ségolène ne méritent ni cet excès d'honneur ni cet excès d'indignité, pour reprendre notre vieil Andromaque... Ils sont cependant significatifs d'un comportement.


Parlons de Sarkozy, tout d'abord. Lui aussi, a du mal même à sortir de la caricature. Dans son discours pompeux de Dakar, il a choisi de parler en termes suffisants d' un Homme africain caractérisé par son absence de rapport à l'Histoire.
Ces propos peu brillants, se révèlent carrément farce avec le recul et le mauvais bilan de la politique Africaine de la France. Rappelons l'épisode Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, dont Sarkozy a dû se débarrasser sous la pression de Denis Sassou-Nguesso et d'Omar Bongo.


Que Ségolène Royal, contre toutes nos traditions, intervienne à l'étranger pour s'excuser au nom de la France des propos de Nicolas Sarkozy, doit-on s'en offusquer ?
Pour le fond du problème, c'est vrai qu'en tant que français, beaucoup se sont sentis blessés par les propos ambigus de notre président et Ségolène leur a rendu un peu de fierté.
Pour la forme, Ségolène a fait bouger les lignes en faisant ce qui ne se fait pas.


Rebelotte la semaine dernière où Ségolène prend la défense de Zapatero à la suite de propos malheureux, mais délibérés, de Nicolas Sarkozy.
Deux éléments sont à prendre en compte avant de donner un avis sur les excuses de Ségolène Royal :
Le premier : Nicolas Sarkozy a bien tenu ces propos. D'ailleurs, des maladresses, il n'est pas le seul chef d'Etat à en dire... seulement,
Deuxième point : les propos de Nicolas Sarkozy ont eu énormément de répecussion dans la presse européenne. On s'en est mal rendu compte en France ...
C'était donc une occasion en or Ségolène Royal, en ridiculisant Sarkozy, d'assoir sa dimension Européenne.
Bien sûr, le choix des provocations, des petites phrases, ne saurait tenir lieu de politique... Encore moins de programme.

Le piège, bien entendu, serait d'accorder trop d'importance à ces vaguelettes médiatiques ... ne boudons pas cependant notre plaisir de nous laisser rafraîchir par ces doux embruns.