mardi 12 juin 2018
Un coup de frein au populisme ?
lundi 15 avril 2013
Davezies parle aux territoires ...

Laurent Davezies, économiste avant d'être démographe, insiste sur le fait de l'évolution de l'emploi féminin depuis la fin de la deuxième guerre mondiale qui s'est développé sur le marché de l'emploi non qualifié, un marché où la main d'œuvre masculine a marqué un recul considérable, aboutissant lors des crises de l'emploi à un bouleversement complet des valeurs. Laurent Davezies, qui en parle dans son livre, mais pas dans la conférence ci-dessous, fait d'ailleurs un lien entre ce phénomène et la montée du front national, lorsque les hommes, référent social par excellence, se retrouve relégué à l'inutilité et à l'isolement dans un territoire en crise. Mais ce qui se passe à l'intérieur des territoires, n'est qu'une conséquence de la manière dont on considère les territoires en fonction d'une politique Nationale.
jeudi 5 avril 2012
Bossi c'est fini !
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| Bossi père et fils, inculpés pour corruption |
Rappelons qui est Umberto Bossi pour mesurer la hauteur du scandale.
Certes, toute comparaison politique est hasardeuse et il est difficile d'expliquer à un public français la politique de l'autre coté des Alpes. La politique est le fruit de l'histoire et de la culture des peuples. Mais nous en avons toujours des leçons à tirer, la politique ce sont les petites et les grandes histoires de l'humanité. Umberto Bossi se situe à l'extrême droite de l'échiquier politique, mais il représente une extrême droite qui n'a que peu de choses à voir avec notre extrême droite française liée à Vichy, ni avec l'extrême italienne, marquée par le fascisme.
Au départ la démarche d'Umberto Bossi est régionaliste. Il crée la ligue lombarde, défend l'autonomie puis l'indépendance de sa région. Il va créer par la suite la Ligue du Nord en faisant alliance avec un parti piémontais. Il va revendiquer la création de la Padanie (c'est à dire de la région du Pô, région la plus riche d'Italie)...Cet État du Nord sera celui des gens qui travaillent contre les gens du sud qui sont, au mieux des fonctionnaires représentant le pouvoir tentaculaire de Rome, au pire des assistés feignant, vivant des fruits de diverses magouilles et de travail au noir. Voilà qui les séparent du mouvement fasciste classique qui se référait à la Rome antique et à la grandeur italienne.
Difficile aussi de comparer avec l'extrême droite française. En fait cette bande de fous furieux, auprès de qui Marine Le Pen passerait pour une laxiste invétérée, a obtenu une réussite politique à qui rendrait jaloux tous les stratèges du Front National. Il a participé au gouvernement de Berlusconi, et il est à la tête de mairies importantes dans le Nord. Le racisme, l'exclusion, la haine du sud et de l'étranger et des homosexuels sont leur viatique politique et leurs propos les conduiraient devant les tribunaux en France.
Umberto Bossi aurait pu passer pour un rigolo... mais il est devenu ministre, par la grâce de Berlusconi qui s'est montré prêt à toutes les compromissions pour garder le pouvoir et se protéger de poursuites judiciaires... une protection qui appairait totalement vaine aujourd'hui, mais c'est un autre problème... Car les institutions ont quand même réussi à sauver la République Italienne.
Bossi a malgré tout réussi à imposer sa vison complètement décalée et réactionnaire de la vie politique. Le fait même d'avoir été ministre soulignait que son point de vue pouvait être pris en compte... C'est ce à quoi la France a jusqu'à présent échappé grâce au cordon sanitaire que Chirac avait imposé à la droite française qui permettait de tenir le Front National à l'écart. Le parti de Bossi a réussi dans le Nord des scores à faire pâlir d'envie le Front National, réussissant à gérer de nombreuses villes ...
Mais voilà que le voile se déchire. Ce même parti poussait les hauts cris lorsque Roberto Saviano, le grand journaliste italien (Roberto Saviano vit depuis 4 ans sous la protection de la police Italienne pour avoir dénoncé la mafia) a déclaré dans une émission télévisée (Vieni via con me) au succès immense qu'il était certain du financement de la Ligue du Nord par la N'drangheta a été contraint aujourd'hui à la démission.
Pour mémoire, ce que j'écrivais autour de l'ouvrage et du film de Roberto Saviano il y a trois ans : vous pouvez lire en cliquant là,. Pour information, Le combat continue est le nom de l'ouvrage traduit en français, qui reprend les entretiens tenus pendant cette émission qui a eu un immense succès en Italie référence du livre en tapant là Mais je m'égare, je reprends le fil du récit...
Donc, reprenons vite fait. Que fait Roberto Saviano, la référence des opposants de gauche à la mafia dans une émission de télé suivi par des millions de spectateurs (le nombre de spectateurs a dépassé ceux d'un match de foot avec le Milan AC, c'est dire !) ? Il dit : il y a des liens entre la ligue du Nord et la mafia du Sud ? Comment dire ? C'est comme si on disait que Marine Le Pen était financée par Guérini et le socialisme marseillais... ? Non, c'est pire ! Donc là dessus, forcément, réaction de Bossi qui hurlent à l'infamie et au scandale .. et voilà ! Six mois après, le scandale éclate et Bossi démissionne ! Déflagration chez les membres de la Ligue, leur héros, le fils de leur héros vont passer devant la justice ... et pas seulement, avec le fait que, comme le déclarait Roberto Saviano, ce ne sont pas des victimes de la mafia qui les auraient corrompus à l'insu de leur plein gré, mais c'est eux-mêmes qui sont allé chercher auprès de la N'drangheta ... avec pour but un enrichissement personnel parallèlement à un enrichissement du parti, mais les suites judiciaires nous en apprendront davantage.
Mais il faut aller bien au delà de la critique d'une idéologie d'extrême droite délirante. Bien sur, le repli sur soi ne protège de rien et même pas de soi-même. Bien sur, les idéologies racistes, sexistes et xénophobes sont lamentables, même si elles se voilent derrière la phraséologie du "tous pourris" qui n'est souvent que la frustration de ceux qui ne veulent arriver au pouvoir que pour leur propre satisfaction. Bien sur la participation à la politique berlusconienne était déjà la reconnaissance d'un corruption interne profonde... et tous ces éléments pèsent sur toutes les démarches populistes et sur leur absence de perspective... Mais au delà, l'exemple italien doit nous éveiller sur le poids que peut prendre la délinquance financière sur la politique en Europe. La Liga Nord, était l'un des partis les plus puissants d'Italie. Soyons vigilants. Défendons la République, le progrès et la démocratie.
Enfin, un dernier mot pour rendre hommage à Roberto Saviano ! Comme je le dis à chaque fois, la République, c'est le courage et il n'est pas d'autre voie que le courage républicain pour s'opposer aux puissances financières.
lundi 13 juin 2011
Italie, le contre-coup du populisme !
J'ai passé une partie de ces dernières années à consoler mes amis italiens désespérés et honteux d'appartenir à ce peuple qui avait hissé au pouvoir Silvio Berlusconi, le plus puissant des démagogues Européens, .
lui chercher des poux dans la tête ... Cette capacité à défendre la grande Italie tout en faisant alliance avec les sécessionnistes du Nord. Cette capacité à promouvoir l'Europe tout en en refusant le projet commun. Cette capacité à aguicher le peuple tout en le méprisant en continu... ce que le dernier numéro The economist, la revue britannique avait illustré d'un brutal : l'homme qui a niqué un pays tout entier.lundi 18 avril 2011
Un article de la Repubblica !
En attendant les commentaires... un article sur les récents événements survenus sur la frontière Italiennes ... lieu prisé par les touristes qui n'ont parfois, pour les Français que cette seule vision de l'Italie que la ville frontière de Vintimille, vouée au commerce, quand les touristes Italiens se contentent de Menton. Cette fois, ils ont été pris par l'Histoire et même les touristes n'ont pas pu aller en France ... l'Italie et la France règlent leur comptes sur le dos des immigrés... dans une même incapacité à affronter la réalité de la situation. Ça s'appelle le populisme.
Un article donc de Bernardo Valli, paru dans la Repubblica de ce jour, lundi 18 avril.
France et Italie, les deux populismes
de BERNARDO VALLI
Depuis quelques semaines, deux populismes s’affrontent en Europe, offrant un spectacle qui est tout sauf édifiant. Je dirais misérable. L’adjectif n’est pas trop fort, parce qu’au centre de la polémique, il y a ces réfugiés, économiques et politiques, la classification étant souvent effacée par le drame humain qui, chaque jour s’échoue sur nos rives après avoir vu se noyer dans les eaux Méditerranéennes, bien plus qu’occasionnellement, les enfants, les parents, et les amis. Dans ces mêmes eaux dans lesquelles nous, européens, nous commencerons bientôt à nous livrer aux baignades estivales.
Le Président du Conseil a défini cet ’exode comme un tsunami, c’est à dire une catastrophe naturelle, mûri dans les viscères de la Méditerranée, et donc sans visage. En somme un malheur à conjurer. La France et l’Italie se comportent exactement comme si ces réfugiés étaient l’onde d’un tremblement de terre.
La tension entre les deux populismes à atteint des tons grotesques ces dernières heures à Vintimille, à la frontière entre la France et l’Italie, où, d’habitude, transitent d’heureux touristes, ou pratiquants de la navette entre la Cote d’Azur et la Riviera, et ont fait irruptions des groupes de ces réfugiés réduits par la traversée souvent tragique de la Méditerranée. Le gouvernement Italien les a doté de permis provisoires à son avis conformes aux accords de Schengen. Mais le gouvernement parisien, par le biais du Préfet des Alpes Maritimes, a interdit sans préavis aux trains en provenance d’Italie de traverser la frontière afin d’empêcher leur entrée en France.
Deux comportements qui offrent, à part égale, un image certes peu noble de l’Europe. Ce n’est pas pour motif humanitaire que le gouvernement italien a doté les immigrants, en majorité tunisiens, de permis que les Français n’ont pas retenu valides, à tort ou à raison. Il s’agit d’une manœuvre évidente et malicieuse pour s’en débarrasser. Et pour que toute autant malicieuse manoeuvre que le préfet des Alpes Maritimes, obéissant à son Ministre de l’Intérieur, a adopté l’interprétation parisienne des accords de Schengen, ou a pris comme prétexte la modeste manifestation franco-italienne en faveur des migrants en cours à Vintimille pour repousser les Tunisiens, dont beaucoup ont de la famille en France.
Du coté italien, on s’est aussi demandé pourquoi d’authentiques citoyens de la République italienne n’ont pas pu franchir la frontière par la voie des trains interdits… Au comble de l’indignation, le ministre des affaires étrangères, Franco Frattini, a demandé à notre ambassadeur d’exprimer un ferme protestation au gouvernement français. Un incident diplomatique produit par la confrontation de deux manœuvres mesquines qui interviennent à un moment de rapports difficiles entre Paris et Rome et aussi d’isolement de Rome dans l’Union Européenne, où l’on évite toute manifestation de sympathie avec l’odieuse politique italienne.
Une vague croissante de populisme frappe la France et l’Italie au moment même où s’ouvre leur désaccord. A Rome le gouvernement dépend d’un parti xénophobe, indispensable à la majorité parlementaire et fait diligence à alimenter les sentiments contre les immigrés. Un dirigent de la Ligue, occupe, de fait le ministère de l’Intérieur.
A Paris, à un an des élections présidentielles, Nicolas Sarkozy connais ses pires sondages. Le dernier monte un taux de satisfaction de 28 %, un quotient qui pourrait préfigurer un impossible renouvellement à la tête de la 5e République, au cas au Nicolas Sarkozy se représenterait. Et, dans ce cas, n’exclurait pas une humiliante élimination au premier tour. Dans cette dernière hypothèse, il pourrait s’avérer que la candidate du Front National, Marine Le Pen aille au vote décisif du second tour face au champion de la gauche, encore à désigner. Nicolas Sarkozy cherche donc à récupérer les votes d’extrême droite. Ceux-ci ont permis sa réélection il y a environ quatre ans, mais selon les sondages, ont été réabsorbés entre temps par le Front National, depuis que la fille de Jean-Marie Le Pen, son fondateur, a rénové, modernisé, le discours de son désormais vieux père. A la différence de la Ligue, xénophobe, mais aussi anti-nationale, le Front National est xénophobe et nationaliste. Toutefois les deux partis ont en commun l’aversion pour les immigrés. Et c’est en insistant sur ce thème, tout en restant dans les limites imposées par sa charge, que Nicolas Sarkozy espère récupérer le consensus perdu. Son discours est directement adressé à l’extrême droite. Le rejet des réfugiés déroutés vers la France par le gouvernement Italien est l’évidente conséquence de la politique actuelle de Sarkozy. Ce n’est pas un hasard si le ministre français de l’intérieur vient juste de proposer la réduction du nombre des immigrés légaux.
Ainsi, les deux populismes jouent avec les migrants comme s’ils étaient une calamité, comme s’ils étaient des objets destinés à faire perdre des voix. La Ligue gouverne à Rome et le Front National menace le président à Paris. Umberto Bossi (le président de la Ligue du Nord-Note du traducteur) appuie l’idée ridicule de boycotter Champagne et Camembert, et le Préfet des Alpes Maritimes, obéissant aux ordres supérieurs, arrête les trains italiens à la frontière.



