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vendredi 27 novembre 2015

Communiqué d'Achard de Préville : la vérité sur l'affaire Mandela à Louviers

Achard de Préville
Notre ami Achard de Préville décide de rendre la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité ... pour reprendre une formule célèbre. Voici donc la vraie histoire du renoncement de Priollaud, maire de Louviers,  devant les éléments les plus vulgaires, beaufs et dangereux de son conseil municipal.
Qui plus que Nelson Mandela mérite d'être honoré et donné en exemple à tous ceux qui dans les moments dramatiques que nous traversons doutent de la démocratie, doutent de la possibilité et de la nécessité et du « Vivre Ensemble » ? Nelson Mandela s’est battu toute sa vie pour la liberté, a été le prisonnier politique le plus ancien du monde avant que sa cause ne soit universellement reconnue et qu’il reçoive en même temps que le représentant du régime qu’il avait combattu le prix Nobel de la Paix.
J’ai l’honneur d’avoir voté avec le conseil municipal unanime la dénomination de l’ancienne place du Parvis qui s’est alors transformée en Place Nelson Mandela. Cela s’est passé il y a deux ans. Afin d’éviter toute récupération politique en pleine période électorale, il avait été décidé par la municipalité Martin de remettre à l’après élection l’inauguration du site et d’en faire une manifestation marquante pour la ville. 
A l'occasion d'une rencontre avec le nouveau Maire au printemps dernier je lui avais manifesté mon souhait de voir parachever la décision de la municipalité précédente et qui avait recueilli l’assentiment général. 
A l'époque le maire m'avait le maire m'avait affirmé qu'il y était tout à fait favorable. Quelques temps après M. Duvéré, conseiller municipal, m'a demandé mon avis sur deux propositions soit le 05 décembre prochain, date anniverssaire de la mort de Nelson Mandela soit à la fin des travaux envisagés par la nouvelle  municipalité. J'ai proposé le 05 décembre qui pour moi était le choix le plus consensuel.
Le 11 novembre dernier à l'issue de la cérémonie patriotique Monsieur Duvéré  annonce que l’inauguration officielle aurait lieu à l’occasion du deuxième anniversaire du décès de Nelson Mandela le 05 décembre.
Au début de la semaine M. Duvéré m’annonce la mort dans l’âme que son équipe a décidé de ne pas procéder à cette inauguration pour de très mauvaises raisons au rang desquelles figuraient le fait la place du Parvis de l’église Notre-Dame ne change pas de nom. 
Je ne pensais pas avoir un jour à rappeler à cette municipalité que nous vivons dans une République laïque .... Mais il n’y a plus de place du Parvis depuis la décision du conseil municipal du 16 décembre 2013 ! 
Il ne s’agit là que d’un faux prétexte et d’un affront porté à tous les défenseurs des droits de l’homme, à tous ceux qui, de par le monde, continuent d’être discriminés, humiliés, en raison de leur culture et de leur couleur de peau. En refusant d’inaugurer la place Nelson Mandela, Monsieur Priollaud cède aux  lobbyes des nostalgiques de l'apartheid, du colonialisme, des partisans de la haine et des frileux du vivre ensemble,.

Quand Nelson Mandela, après 27 ans de prison, accedera au pouvoir il ne cessera avec succès d' oeuvrer à la réconciliation, réconciliation qui n'est pas oubli.

Comme Gandhi, comme Martin Luther King, Nelson Mandela n'a pas seulement libéré son peuple en évitant la guerre civile, il a aussi rendu leur dignité aux blancs en les libérant du colonialisme.

C'est celà que nous voulons célébrer 
Aux côtés de mes amis je m’insurge contre cette attitude écœurante et incite tous les Républicains, tous ceux qui accordent à la défense des valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité,  à exiger de la municipalité Priollaud qu’elle rende à une figure universellement reconnue l’hommage qui lui est dû. 
Il faut inaugurer la Place Nelson Mandela !
Achard de Préville, 
Ancien conseiller municipal de la municipalité Martin

jeudi 26 novembre 2015

Scandale à Louviers ! La municipalité de droite refuse d'inaugurer une place Nelson Mandela


Communiqué de presse :

La fédération de l’Eure du parti radical de gauche communique :

INAUGURONS LA PLACE NELSON MANDELA À  LOUVIERS !


Le refus d'inaugurer la place Mandela à Louviers est une
insulte à la face de tous les humains humiliés, discriminés,
maltraités pour leur couleur de peau ou leurs origines. Il est un
crachat à la face de l'humanité.

Nul n’aurait pu imaginer qu’une municipalité qui ne soit pas affiliée au Front National refuse d’inaugurer une Place Nelson Mandela et envisage même de la débaptiser. C’est pourtant ce que la municipalité de droite de M. Priollaud envisage froidement à Louviers.

Le 16 mars lendemain de la mort du grand défenseur des droits de l’homme, prix Nobel de la Paix, ayant réussi l’exploit de mettre fin à l’apartheid, l’un des systèmes d’oppression les plus ignobles que l’humanité ait connu, tout en évitant la guerre civile, la municipalité de Franck Martin (PRG) avait obtenu par un vote unanime de donner changer le nom de la place du Parvis, lieu central de la cité, pour l’appeler Place Nelson Mandela.

Il était prévu d’inaugurer cette place en dehors de la période électorale, afin d’éviter tout procès en récupération, la municipalité précédente étant bien persuadée que la mise en valeur de l’infatigable défenseur des libertés, figure majeure de l’humanité des20 et 21èmes siècles méritait un hommage unanime et serein qui aurait lieu en dehors de toute polémique.

Cependant, une fois passée la période électorale, les lovériens ont voulu rappeler la municipalité nouvellement élue à ses devoirs.

Il est des figures comme des mesures que les humanistes sont incapables d’oublier. Les tragiques événements que la France traverse en ce moment font lourdement référence aux emblèmes de la tolérance et de la lutte pour les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité dont notre Nation est naturellement porteuse et pour qui Nelson Mandela par le courage et la ténacité dont il a témoigné toute son existence, représente un emblème indépassable. 

Dans ce contexte, le refus de la municipalité d’inaugurer la place Mandela, le projet exprimé par le maire de débaptiser cette place, sont un affront aux valeurs de notre République.

Le parti radical de gauche appelle tous les démocrates, tous les humanistes, tous les admirateurs de Nelson Mandela et de son œuvre à exiger le maintien de la Place Nelson Mandela à Louviers et à exiger son inauguration. 




jeudi 26 décembre 2013

Pour les femmes, pour l'Europe et pour nous tous, il faut signer la pétition

 La lutte des femmes espagnole est un combat européen



oui à la vie parce que je le veux
Dehors les juges et les curés, c'est mon corps !
Dans la deuxième moitié du 20e siècle, les pas décisifs  en matière de droits de l'homme ont été obtenus par la lutte pour le droit des femmes, en allant du droit de vote au droit à l'avortement. Tout ce qui touche au droit des femmes doit avoir un caractère définitif sous peine de toucher à toutes les libertés.
Le recul sur le droit à l'avortement en Espagne serait le premier pas d'un dangereux retour en arrière pour le droit des espagnoles, bien sur, mais bien au delà, pour les droits des femmes et des hommes dans toute l'Europe  ... Et à quoi bon faire l'Europe si ce n'est pour défendre en premier lieu nos libertés.
Le projet de Loi serait qui plus est une victoire non seulement de l'une des églises les plus réactionnaires d'Europe, encore mal guérie de décennies de franquisme, mais aussi une victoire intégristes religieux qui visent à peser sur les choix politiques et sur nos libertés. Ce serait une terrible défaire pour la laïcité.
Voilà pourquoi il faut signer et faire signer en masse, dans un premier temps à signer et à faire signer la pétition lancée au niveau européen. en cliquant. Ou en recopiant ce lien. https://secure.avaaz.org/fr/petition/Aux_responsables_europeens_Lannulation_de_la_nouvelle_loi_contre_lavortement_en_Espagne/?fbdm&mobile=1
Probablement, jamais une pétition n'aura été aussi utile. Si les gouvernants européens sentent une réaction forte dans leur propre pays, alors, ils auront davantage d'arguments pour convaincre le gouvernement espagnol de reculer.
Sans doute la pétition ne suffira pas. Il faut se préparer à d'autres appels, à d'autres combats. Ce n'est pas seulement un geste de soutien aux femmes espagnoles que nous devons avoir, mais nous devons défendre maintenant nos libertés sous peine d'avoir des débats beaucoup plus durs à mener à l'avenir contre tous les réactionnaires et tous les intégrismes en Europe et en France. Chacun sait à présent que le danger n'est pas imaginaire.

Signez et faites signer la pétition.

mardi 24 décembre 2013

Joyeux Noël pour les pussy riots

Joyeux Noël à tous ceux qui continuent de se battre pour leurs libertés.


Pas seulement libérées, et, comme on aurait pu l'imaginer percluses de soumissions après ces épreuves terribles dans des goulags revisitées. Les voilà libres, tellement libres Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova les deux jeunes mères de familles (25 et 23 ans sur la photo) qui ont subi les camps plusieurs mois de plus que leur amie Ekaterina Samoutsevitch.
Elles sont toujours à l'image de cette jeunesse en quête de liberté et de modernité. Crachant sur le geôlier Poutine qui attendait peut-être quelque reconnaissance après un acte de clémence. Mais non, elles gardent le moral, la santé morale et la rage. Elles ont connu de près les camps qu'elles avaient dénoncé. De tout ça, elles n'oublient rien. Comme elles ne renoncent pas à leurs revendications d'origine : la laïcité, la fin d'un régime autoritaire, cynique et idiot en Russie et le séjour dans les camps n'a fait que renforcer leurs convictions.  Elles savent que le combat sera long et difficile, mais elles savent aussi qu'elles ont franchi une étape importante. Elles ont raison, la République c'est le courage et aucun conservatisme ne peut résister à la réalité de la modernité.
 Un retour sur toute l'histoire des Pussy Riots grâce au Monde.
Voilà, je n'aurais pas pu passer un joyeux Noël sans rendre hommage à ces femmes de l'année ni à toutes celles qu'elles ont croisé et laissé dans les camps et qu'on laisse dans l'oubli et l'ignorance de leur terrible condition.
Alors, voilà, je souhaite à tous mes lecteurs et à tous les autres un joyeux Noël en déposant, comme le dit mon ami Philippe, la magie de la fête au pied de leur sapin.

dimanche 22 décembre 2013

Alerte sur les droits des femmes

Le gouvernement espagnol s'attaque au droit à l'avortement. 

nous sommes tous concernés !

Sur le panneau de la manifestante : " une aide, svp, pour
pour aller avorter à Londres".

Le gouvernement de droite espagnol vient d'adopter un projet de Loi qui fait frémir. L'avortement, est autorisé depuis 2010 en Espagne en cas de malformation du fœtus et dans un délai de 24 semaines. 
Avant 2010, l'avortement était passible de prison, sauf dans le cas de viol ou de risque pour la santé physique et psychique de la mère.

Le principe était énoncé, mais pas respecté et le gouvernement socialiste n'a en fait fait qu'avancer sur le sujet, un peu à la manière de tous les gouvernements européens, jusqu'à la très catholique Irlande.  

Ici se mesure la gravité de la décision du gouvernement Espagnol. Le droit des femmes est, on le sait, inséparable du droit de l'homme. C'est le droit des femmes qui fait avancer les libertés et l'Europe n'a de sens que si elle est liée à la liberté.
En Espagne, il ne s'agit encore que d'un projet de loi, soumis vendredi au gouvernement réactionnaire de Rajoy, soutenu par l'Eglise et par les nostalgiques du franquisme ... c'est un retour de 30 ans en arrière, dit-on, et peut-être un peu plus. C'est en plus un signal donné à toutes les réactions européennes. 
Voilà pourquoi le projet va bien au delà des droits des femmes espagnoles. Ce sont les libertés des 500 millions d'Européens qui sont touchés. C'est le principe de progrès, au cœur même du projet européen qui est mis à mal.  
Etat des lieux du droit à l'avortement en Europe, selon El Pais. Il est totalement interdit dans très peu de cas.
 L'Irlande ne l'autorise depuis peu, et après un vaste débat, que lorsque la vie de la mère est en danger.
Pour le reste, 5 pays le pénalisent dans certaines circonstances, ce qui laisse un grand écart entre les situations
anglaises où les circonstances le permettent dans tous les cas, et la Pologne et Malte qui sont beaucoup plus restrictives. L'Espagne est présentée comme si le projet de loi était adopté.

jeudi 14 novembre 2013

La France pète ...

Marine Le Pen compte bien tirer les marrons du feu de
l'atmosphère pestilentielle qu'elle a à peine besoin d'entretenir.
Un danger pour elle cependant, à dé-diaboliser le Front National,
elle a créé une mouvance sur sa droite.
 

et ça sent pas bon !

Râleurs impénitents, crieurs inconséquents, bonnets rouges, benêts verts, faux et vrais pigeons, petits poussins, grands et petits patrons, parents enfants, tous mécontents, électeurs amers autant de braises minuscules, relais de petits mécontentements et ignorants des grandes et vraies détresses… Les braises sont attisées par le grand vent du mécontentement, relayé  par des médias en perdition, en quête de fortes sensations pour tenter de garder leur lectorat.
Voilà pourquoi, depuis quelques mois, la France pète ! La France pète à tout propos, dans tous les sens, sans que cela mène à quoi que ce soit. La France  pète et ça sent mauvais.
Précisons-le, dire que la France pète est un abus de langage. Le pet relève toujours d’une démarche individuelle, même si, lorsqu’on a pété, il est courant d’en accuser le voisin. Beaucoup pètent en France. Ce sont des actions toujours minoritaires mais magnifiquement relayées.
Nous savons tous combien il est courant que,  se trouvant  mêlé à une atmosphère nauséabonde, on en profite pour se lâcher en pensant bien que les conséquences de sa flatulence passeront inaperçues.
Nous voilà donc dans une atmosphère est irrespirable. Il n’y a dans cette suite de pets nauséabonds véhiculés par l’actualité rien qui permette de résoudre quoi que ce soit.
On peut prendre cela comme des signaux d’alertes inquiétants sur la santé en  France, mais quoi d’autre. ?  La France ne va certes pas très bien, ce serait mentir de dire qu’elle n’a jamais été mieux. Mais ce serait mentir aussi de dire qu’elle s’en tire vraiment mal ou que le gouvernement est inactif. Ce serait non seulement mentir, mais ce serait de la folie meurtrière que  de dire que la solution la meilleure viendrait de ces fous furieux qui soufflent sur les braises, à la droite du Front National, les frustrés de l’homophobie et de l’esclavagisme, ces hurleurs du 11 novembre, enfants des beaux quartiers qui rêvent d’une France d’hier qui n’existent que dans leur tête.
Et dans ce climat nauséabond, ceux qui ne râlent pas sentent idiots, isolés, cherchent des sujets de mécontentements ou l’occasion de réclamer un petit avantage. On voit en voit même au RSA râler contre les impôts avec les patrons néo-libéraux,  qui râlent eux contre l’assistanat et l’aide aux pauvres qui coûte trop cher !
Oui, la France est en difficulté, pourquoi le nier ? Non, elle n’est pas encore en crise, au sens Portugais, Italien ou Espagnol … On en est loin ! Notre problème à nous est tout autre. C’est la peste  émotionnelle qui répand son microbe,  et peut nous amener n’importe où … et en particulier au pire.
Face à la peste, face à la pestilence, il n’y a qu’une seule recette : aérer ! Ouvrir les portes de la générosité, ouvrir les fenêtres et regarder l'horizon. Rejeter tout cette rancœur qui nous détruit et détruit notre entourage. Prendre nos distances avec tous ceux qui cherchent des boucs émissaires parce qu’ils ne sont pas capables de se regarder eux-mêmes. C'est dans nos foyers mêmes que se développe l'infection.

 





lundi 29 avril 2013

Patricia veut faire l'amour

Patricia Assouline, qui a promis de participer au prochain
café radical. La date reste à confirmer.

 Patricia a parlé. 
Avant que Patricia ne prenne la parole, on parlait d'assistant sexuel, on parlait de handicap, on parlait de prostitution, on parlait de comité d'éthique, on parlait de tout ça, parfois gêné, parfois sûr de soi, parfois on s'engueulait là dessus, souvent on avait peur ... 


Patricia Assouline est comédienne
Et puis, un jour, le 28 mars, Patricia a parlé. Elle a publié une tribune dans Libération. Patricia en avait marre qu'on parle pour elle. Ça peut se comprendre. C'était à la suite de la parution de l'avis du comité d'éthique qui avait rendu sa décision visant à empêcher la création du rôle d'assistant sexuel dans la société française. Patricia Assouline a craqué.
Patricia Assouline a parlé en tant que femme. Elle a parlé en tant que femme handicapée. Elle a parlé en tant que femme cultivée, socialement insérée. Patricia est comédienne. Elle a parlé en tant que femme pleine d'énergie et de désir.  Et elle a expliqué dans une tribune tout le bien qu'elle pensait du principe d'assistant sexuel, elle a expliqué toute son incompréhension du refus du statut d'assistant sexuel dans un monde d'entraide et d'attention, dans un monde marchand, en pleine évolution, dans notre monde de culture.
Forcément, la parole de Patricia interroge. Voilà pourquoi elle a été invitée au lendemain de la parution de sa tribune par France inter. 
Voilà pourquoi le café radical a pris contact avec elle.
Et voilà : Patricia sera la prochaine invitée du café radical, elle a gentiment donné son accord pour participer 
La date et le lieu vous seront précisés ultérieurement. 
Ci dessous, l'article paru dans Libération  ...


« Je veux faire l’amour » par Patricia Assouline comédienne, handicapée moteur


Article paru dans « Libération » du 28 mars 2013


A Mesdames et Messieurs les membres du Comité consultatif national d’éthique,


Suite à l’annonce concernant votre décision de refuser des assistants sexuels pour personnes handicapées (1), je suis profondément triste et surtout révoltée par votre décision. Aujourd’hui, je voudrais prendre la parole pour dire mon indignation face à votre refus. Je suis une femme âgée de 41 ans et je suis handicapée motrice. Je ne peux bouger ni les bras ni les jambes et je suis en fauteuil roulant. Par conséquent, je suis totalement dépendante d’une tierce personne. Je possède cependant toutes mes facultés intellectuelles.


Depuis de très nombreuses années, je me bats au quotidien pour que ma vie ressemble un tant soit peu à celle de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, prenant bien évidemment en compte les nombreux obstacles qui se présentent à moi. Comme tout être humain, j’ai des désirs intellectuels mais aussi des désirs physiques et c’est là que cela se complique pour moi.


Même avec la plus grande volonté du monde, je ne peux donner satisfaction à mon corps qui se tord de douleur chaque jour tant sa demande est forte. Il ne cesse de me réclamer de la tendresse, des caresses, des baisers ou tout simplement d’être allongée contre un autre et de sentir sa chaleur. Est-ce trop demander ? Pourquoi, alors que dans d’autres pays où la mise en place d’assistants sexuels fonctionne à merveille et sans aucune dérive, contrairement à vos craintes, ne voit-elle pas le jour en France en 2013 ?


De tout temps, la prostitution a existé, dans notre pays comme ailleurs. Dans le cas concret des assistants sexuels, il me semble plus judicieux de parler de rencontres humaines plutôt que de prostitution. En effet, même s’il peut y avoir des rapports sexuels, il ne faut pas oublier le côté humain : pouvoir parler, avoir des gestes tendres, se sentir vibrer. Tout ceci peut, l’espace d’un instant, sortir la personne en situation de handicap d’une misère affective et sexuelle dramatique. Il ne s’agit pas là de faire de l’assistanat social car, même si cela relève d’une difficulté immense, j’essaie par tous les moyens de nourrir mon esprit. Je m’organise pour sortir le plus souvent possible au théâtre, au cinéma, etc.


Seulement voilà, j’entends tous les jours les appels au secours de mon corps car lui aussi a besoin de se nourrir et là, je me sens impuissante ! Que dois-je faire ? Aller aux putes ? Pour tout vous avouer, j’y pense depuis plusieurs années. Mais c’est sans compter le coût que représenterait cette prestation et la difficulté que cela représenterait à mettre en place vu que je ne peux me déplacer sans l’aide d’un tiers. A cela vient s’ajouter la peur de se retrouver en face d’une personne inconnue et surtout sans aucune connaissance du handicap.


Sincèrement, ne pensez-vous pas qu’il serait plus subtil de former des personnes compétentes comme en Suisse, en Hollande et au Danemark ? Elles sont formées de nombreux mois pour faire face aux demandes des handicapés, apprenant les gestes adéquats et surtout, point très important, sont volontaires et en aucun cas forcées. Elles ont, par ailleurs, une vie de famille équilibrée et une profession. Ces prestations ne sont pour ces personnes que ponctuelles et ne sont, en aucun cas, un salaire pour vivre. Lorsque j’entends que le fait de payer quelqu’un serait une forme de prostitution, ne pensez-vous pas que l’argent empêche les dérives ?


En effet, cela pose des limites, des deux côtés. Du côté de la personne handicapée, d’abord, car elle pourrait trop s’attacher et il pourrait naître des sentiments ambigus. De l’autre côté, cela empêcherait toutes les dérives perverses et exclurait les cas sociaux. Voilà pourquoi la notion d’argent est à mon sens très importante.


En lisant de nombreux témoignages sur ce sujet, je constate que, très souvent, ce sont les hommes qui parlent. Or, je suis une femme et je veux crier haut et fort que nous, les femmes handicapées, avons des besoins sexuels au même titre que les hommes. Comme eux, nous avons des pulsions. Alors comment calmer ces attentes ? Je peux le dire : mon corps n’obtenant pas ce qu’il désire le plus au monde me le fait payer très cher en me faisant la guerre. Il m’entraîne vers le bas et, malgré ma force de caractère, je sens mes forces m’abandonner. Ce corps devient trop lourd pour mon esprit. Et je pense au titre du dernier livre de Marcel Nuss, grand défenseur des droits des handicapés : Je veux faire l’amour.


En lisant mes propos, je vous supplie donc de ne pas nous laisser dans cette détresse car je parle en mon nom mais aussi au nom des autres handicapé(e)s. Comprenez, s’il vous plaît, que votre refus nous inflige une double peine. Nous sommes déjà condamné(e)s du fait de notre handicap, mais vous nous condamnez aussi à une mort affective.


(1) « Libération » du 13 mars 2013.

mercredi 17 avril 2013

Libérez Navalny !

Dernière minute : le procès d'Alexei Navalny est reporté au 24 avril, à la demande de ses avocats
Pour Alexei Navalny,  les blogs doivent changer la politique
 ... il ne sera pas au café radical vendredi 26 avril qui rendra
 hommage à tous les bloggeurs qui se battent pour la liberté
autour de nous et partout dans le monde


On en parle beaucoup moins que des Pussy riots  (et pourtant, on n'en parle plus non plus de ces superbes gamines ... que deviennent-elles ? ), mais le cas d'Alexeï Navalny n'en est pas moins aussi important et ce trouve être une illustration majeure du prochain café radical animé par Denis Szalkowski

"Les blogs peuvent ils encore changer la politique ?"

vendredi 26 avril à 18h30

au 19cent73 à Val de Reuil




Alexeï Navalny aura droit à un procès à grand spectacle dans la charmante petite bourgade de Kirov, qui  tire son nom d'un dirigeant stalinien qui y fut assassiné ce qui servit de prétexte aux purges staliniennes en 1934 et magnifique illustration de l'horreur stalinienne.
Mais Staline a profondément encré la culture politique russe. Poutine en est son rejeton.
Certes Staline n'avait pas affaire aux bloggeurs, et puis Staline avait à son époque un soutien populaire international dont Poutine est exclu. Sans doute aussi, notre siècle transparent prive Poutine de l'opacité indispensable au développement des dictatures.
Alexeï Navalny n'est pas poursuivi pour avoir tenu un blog, il n'est pas poursuivi pour avoir été l'un des initiateurs du mouvement qui s'est opposé à la victoire de Poutine aux élections présidentielles...il est inculpé par la Commission fédérale d'investigation de vol à grande échelle à cause des lourdes pertes financières d'une société publique d'exploitation forestière et encourt jusqu'à 10 ans de prison.
Personne n'est dupe. Navalny est le personnage dont le pouvoir russe veut se débarrasser.
Les bloggeurs parlent ... Ils parlent en Chine, en Russie, ils parlent autour de la Méditerranée où ils ont joué leur rôle dans le renversement des dictatures en Tunisie et en Egypte, où ils continuent d'agir en Syrie parce qu'ils sont un véhicule de la liberté !
Peu importe d'ailleurs que les systèmes policiers multiplient la surveillance des blogs, peu importe les procès (qui sont d'ailleurs autant de publicité), le besoin de liberté qui vit au cœur du désir des hommes finit par l'emporter.
Voilà pourquoi, qu'il s'agissent de petits blogs locaux, s'opposant aux pouvoirs en place, à Puteaux, à Val de Reuil ou ailleurs que l'on essaie de faire taire par des procès,... qu'ils s'agissent des bloggeurs tenus sous la dictature, ou de l'influence des réseaux sociaux, partout, il faut défendre la liberté parce qu'elle est l'avenir du monde et à tout prendre toujours plus intéressante que la défense des privilèges ou des pouvoirs sans perspective.


mardi 16 avril 2013

Marathon et terrorisme

Je ne sais pas pourquoi je cours. Je cours depuis longtemps, j'ai toujours aimé ça, sans savoir pourquoi. Est-ce qu'on sait pourquoi on aime ?
Il ne s'agissait là que d'un semi-marathon, à Heudebouville, l'un
des plus beaux qui soit. Je viens de me faire doubler par Didier
que je ne reverrais qu'à l'arrivée.
J'aime à courir et je ne suis pas le seul !
Ils étaient près de 50.000 à Paris, près de 30.000 à Boston, j'ai du courir une centaine d'épreuves, parcourir des milliers se kilomètres, seul, à deux en groupe, en bande, en masse ...
 J'aime courir beaucoup, courir longtemps, savoir si c'est la mode m'est égal. Chaque course me rassure, je me retrouve en elle, même si elle est différente à chaque fois.
J'ai le souvenir d'une une du nouvel observateur que j'avais trouvé ridicule à l'époque et qui évoquait le fait que la mode naissante du jogging aux Etats Unis allait bouleverser la société.
Et oui ! J'ai vu la société évoluer en même temps que la course.
Le marathon, Reine des course, référence curieuse d'une distance au départ aléatoire et qui allait séparer les infra des ultra-marathoniens ... mais juste pour rire, parce que c'est peut-être la course, mais ce n'est jamais le combat dans les épreuves de course à pieds.
Jamais le combat ... jamais la guerre ! Mais depuis hier, à Boston le marathon a perdu son innocence !
Des bombes ont saccagé une épreuve ouverte à 30.000 participants.
La course est un acte de liberté, un plaisir individuel et collectif, la définition même de ce qui est insupportable pour un terroriste !
Emmerder les terroristes ! Je sais enfin pourquoi je cours, solitaire
et solidaire avec ceux de Boston et de la terre entière.
Pour ma liberté, pour une société pacifiée, pour emmerder les terroristes, je continuerai à courir, à participer aux épreuves de masse et j'invite tous mes amis à en faire autant, tant qu'ils le peuvent.



jeudi 17 janvier 2013

Eddie Ait au café radical

Le mariage pour tous ne va pas changer la société

L'exposé clair d'Eddie Ait à partir du code civil et de son
histoire. Il a été rappelé que c'est Jean-Michel Baylet qui a le
 premier mis à son programme l'ouverture du mariage aux
couples homosexuels lors des primaires. Le projet a par la
suite été repris par François Hollande.
Le café était clair. L'exposé d'Eddie Ait limpide, rappelant la démarche très évidente du législateur sur le sujet du mariage pour tous, mettant en oeuvre une démarche systématique en phase avec l'évolution de la société, bien loin des craintes orchestrées, exprimées par les opposants.

Comme le rappelait Claude Blanluet, le mariage est un acquis de la révolution, je veux dire : le mariage pour tous. Les registres d'avant la révolution permettent d'estimer que deux tiers des couples vivaient dans le pêché (pour reprendre une expression aussi désuète que chère à l'église) parce que le mariage nécessitait un minimum de moyens financiers.
De fait, le mariage est devenue en quelque sorte une conquête populaire d'où sans doute l'attachement à la cérémonie et l'accès à la sacralisation, et à la capacité chrétienne d'absorber et de s'approprier les rites. Juste retour des choses, cependant, la société civile à son tour, s'est appropriée baptême comme mariage pour en faire de grands sujets de rassemblements collectifs. On va même très souvent se marier à l'église sans pour autant se soumettre aux règles de la chrétienté.

L'ouverture du mariage à tous les couples offre une reconnaissance à tous ceux qui veulent faire comme tous le monde, même si leurs attirance sexuelles ne correspond pas à ceux de la majorité de la population. Je dirais même qu'il redonne une importance au mariage, institution tombée en désuétude depuis la deuxième guerre mondiale. Louise de Vilmorin, qui fut la compagne de Malraux, ne disait-elle pas "le mariage, cette institution qui n'intéresse plus que quelques prêtres ..."

Le mariage pour tous est une évidence

Tout cela pour dire que, même s'il a encore sa place dans l'imaginaire de chacun d'entre nous, le mariage n'est plus ce qu'il était.
Le mariage n'est plus ce qu'il était J'en veux pour preuve le fait que pas un opposant ne s'est déplacé pour participer au café radical sur ce thème. Bien sur, la manifestation de dimanche dernier, avec son étalage de mauvaise foi, a renforcé le sentiment que renoncer au projet ouvrirait la porte à une terrible régression sociale. 
Finalement ce qui se passe pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels est  à l'image de  ce qui s'est passé pour l'ensemble des évolutions sociétales en France depuis plus d'un siècle. Lorsqu'elles sont initiées par la droite, cela se passe plutôt bien. Même si une partie de la droite rechigne, les choses s'arrangent facilement, sans manifestation de rues, et si les hurlements ridicules existent, ils restent marginalisés.
Le débat a permis de mettre les choses au clair. Il se 
poursuivra dans les manifs du 19 (à Rouen), et du 27 janvier.
Ainsi en a-t-il été de l'ouverture du droit de vote aux femmes, du droit à la contraception et à l'avortement, du droit de vote à 18 ans, de la libéralisation du divorce ...
C'est comme si la droite se donnait le droit de reprendre à son compte l'évolution de la société, même si une large frange de son camp l'a combattue.
Il en est tout autrement quand la gauche est au pouvoir. Ainsi en a-t-il été de la loi de séparation de l'église et de l'Etat, du Pacs et maintenant du mariage homosexuel.

Un responsable de l'Ifop m'avait expliqué à l'époque que la droite s'opposait au Pacs, non par conviction, mais uniquement pour hurler avec les loups, dans le but de ne pas se couper des premiers opposants afin de récupérer les voix par la suite.
Le code civil n'est pas gravé dans le marbre. C'est un code qui évolue et qui n'a cessé d'évoluer au fil du temps, ainsi en est il par exemple de la notion de chef de famille qui asseyait la prédomination masculine et du divorce.
Bref, un excellent café et la discussion s'est achevée par un appel aux manifestations en faveur du mariage pour tous qui se tiennent à Rouen le 19 janvier (c'est à dire samedi prochain, départ Boulevard Clemenceau à 14h) et à Paris le 27 janvier. On en reparlera.
Venez nombreux !

jeudi 22 novembre 2012

Le mariage pour tous peut-il changer la société ?

Attention, café radical le 16 janvier !

Eddie Aït, maire de Carrières sous Poissy,
président du groupe PRG MUP au Conseil
Régional d'Ile de France animera un
  café radical mercredi 16 janvier 2013
à Louviers
J'avais choisi de ne pas en parler ... et puis voilà. J'ai été sollicité et j'ai répondu.
J'avais choisi de ne pas en parler, parce que pour moi la nécessité de permettre le mariage homosexuel était une évolution inéluctable de notre société.
et puis voilà, depuis il y a une des manifestations, il y a eu un ami qui m'a demandé de répondre sur mon blog aux propos de Mgr 23,
et puis, on m'a demandé d'organiser un débat sur le mariage pour tous.
et puis, il y a eu la maladresse de François Hollande, disant que les maires pourraient ne pas appliquer la loi...
et alors, je me suis dit qu'il fallait le faire ce café radical. en plus, il y en a plusieurs en préparation.

Les opposants au mariage pour tous n'ont pas tous de l'humour.
Ici une féministe dénudée et déguisée prise à partie par un
"courageux" et auto-proclamé défenseur de l'ordre moral.  
Ne restait plus qu'à bien me mettre d'accord avec l'intervenant, Eddie Ait, maire radical de Carrières sous Poissy, et défenseur depuis longtemps des droits des homosexuels.C'est vrai qu'on revient de loin en matière de droit des homosexuels. La France reconnaît en 1968 l'homosexualité comme une maladie mentale en suivant la recommandation de l'Oms , elle fait machine arrière en 1981 avec l'arrivée de la gauche au pouvoir. . Ce n'est qu'en 1990 que l'Oms retirera l'homosexualité de la liste des maladies mentales.
Il y a eu depuis le Pacs, en 1999, difficilement accepté, le mariage très médiatique prononcé par Noël Mamère et l'autorisation du mariage dans les très catholiques Espagne et Portugal .. et surtout il y a eu une formidable évolution des mentalités faisant que la majorité de la population se prononce à présent pour le mariage pour tous.
Voilà pourquoi la proposition de Jean-Michel Baylet, lors des primaires de la gauche, s'est finalement imposée sans encombre, alors qu'elle semblait encore farfelue quelques mois plus tôt.
sur ce point, comme sur bien d'autres touchant notamment aux problèmes de société, les radicaux sont toujours en avance d'une guerre.
Pour autant cela ne doit pas nous empêcher de comprendre ceux qui s'opposent au mariage homosexuels, jurant qu'il ne s'agit pas pour eux d'une quelconque homophobie. Au premier rang d'entre eux figure sans doute notre ancien premier ministre Lionel Jospin.

La confrontation des évidences. Un baiser lesbien dans une
manifestation organisée contre le mariage pour tous. La photo
de deux jeunes hétérosexuelles choisissant montrer leur
attachement à l'évolution de la société a fait le tour du web.

 
C'est qu'effectivement, avec le mariage homosexuel, le mariage perd son caractère sacré et se rapproche du contrat. C'est une évolution importante, mais inéluctable, conséquence de l'émancipation des individus et des femmes en particuliers, conséquence de la libéralisation du divorce, du besoin de liberté et de l'ouverture d'esprit.
Les radicaux ne sauraient s'opposer à une telle évolution, réservant le sacré au domaine religieux.
Mais il serait absurde de ne pas mesurer les conséquences de cette évolution sur tout le corps social et sur nos manières d'être, même si le mariage pour tous n'en est qu'un aspect.
Alors, prêts à en débattre ?
Venez prendre un café radical, mercredi 16 janvier 2013, au 39 rue du Quai à Louviers. Vous serez accueillis avec bonheur. On en reparlera !














vendredi 12 octobre 2012

Merci Oslo, et vive l'Europe !

"Putain, putain, c'est vachement bien,
on est quand même tous des européens ! " Arno
Les bonheurs sont toujours trop rares et je reçois le prix Nobel de la paix comme une récompense personnelle à partager avec 502.519.978 européens.
Ce n'est pas le cas de tout le monde, visiblement, ce qui m'oblige à m'expliquer un peu...
"-  Comment ? Entends-je, alors que l'Europe en crise, asservit les peuples, n'est-ce pas de l'humour noir que de récompenser l'Europe ?"
Je dois dire, moi aussi, comme tout le monde, j'ai été surpris par le choix de voit décerné le prix Nobel à l'Union Européenne.Mais, heureusement surpris, et pas longtemps.
D'abord, parce que depuis sa naissance, dans un contexte incroyablement difficile, l'Europe a résolu énormément de crises sans guerre et sans dictature ! ça peut en chagriner certains, mais moi, ça me réjouit. Et je ne suis pas le seul (ci joint le point de vue de mon amie Dominique Boy Mottard sur son bloen cliquant ).
Bien sur, l'Europe traverse une crise économique. En rendre l'Union Européenne responsable n'a pas de sens. C'est même pour l'instant le vrai problème, c'est qu'elle n'a pas de politique, et c'est ce qui la soumet aux puissances financières... seulement, même en absence de politique elle a réussi à éviter les guerres. Comme dit la chanson, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup !
Qu'on se rappelle comment a été résolue la dernière crise économique : par la deuxième guerre mondiale, tout simplement parce que la crise a laissé monter les nationalismes...
Voilà pourquoi tous les oiseaux de malheur m'effraient dans leur chasse au bouc émissaire.
Alors que les pourfendeurs du traîté annonçaient vouloir plus d'Europe, le discours deveint de plus en plus évident et de plus en plus dangereux. On en vient à être incapable de reconnaître les mérites de l'Euroep.

Si la guerre est la continuation de la politique avec d'autres
moyens que la politique, alors la paix, c'est la politique,
 c'est à dire le moyen de résoudre les conflits sans faire parler
les armes. Ce miracle européen dure depuis 60 ans.
Je l'ai dit pluseiurs fois, que cela vienne de Mélenchon et du Front national, le rejet de l'Euroep s'appuie sur un modèle politque et économique heureusement dépassé : celui de la France puissance coloniale pouvant s'appuyer sur un marché interne élargi.
Ce modèle, outre qu'il est obsolète, ne saurait mériter un prix Nobel, ni même celui de Chavez ou de Fidel Castro si chers à Mélenchon.
La reconnaissance par les Norvégiens (qui n'ont jamais voulu intégrer l'Europe) de ce que l'Euroep a apporté au monde n'est pas une  mince affaire. Elle est simplement l'aveu de la reconnaissance de l'action politique et de ses moyens dans la mesure où il ne faut jamais oublier la terrible définition de Clausewitz : la guerre est la continuation de la politique, avec d'autres moyens que la politique.

mardi 2 octobre 2012

Pour une internationale laïque

Les démocrates tunisiens ont un urgent besoin de soutien. Le
procès scandaleux pour atteinte aux bonnes moeurs d'une femme
violée par des forces de police montrent l'urgence d'un soutien
laïque international. Un vrai combat radical.
J'avais soulevé le problème dans mon discours au congrès ( cliquer là). Le combat pour la laïcité doit changer son logiciel. autant le dire franchement  le combat pour, ou plutôt contre le concordat, pour justifié qu'il soit ne correspond pas aux préoccupations de la société. Est-ce à dire que la laïcité est un combat obsolète ? Hélas non ! Tout nous démontre atrocement le contraire ... et en premier lieu cette sombre affaire survenue en Tunisie qui a vu une victime de viol passer au tribunal pour atteinte au bonnes moeurs.
en fait, ce n'était pas l'objet de mon intervention au congrès qui disait juste le danger pour les radicaux d'apparaître comme les sourcilleux gardiens des principes, alors que les principes radicaux et l'attente sociale nous contraignent à être absolument modernes.
J'avais parlé de l'importance de réfléchir aux problèmes d'identité, malgré tout le risque que cela représente ... mais je considère que ce débat sur l'identité et sur l'individu sont fondamentaux et ce terrain en friche ne doit pas être laissé aux abominations de la droite et de l'extrême droite... (entre la distribution de saucisson aux pauvres et la réflexion de Coppé sur le racisme anti-blanc).

Une autre image de l'action menée par les démocrates tunisiens.
derrière les atteintes à la pudeur et à l'ordre moral se cache toujours
une volonté de pouvoir des réactionnaires.
Sur ce point, je dois dire j'ai été dépassé. C'est vrai que non seulement le problème de la laïcité est un problème de proximité. J'invite tous les radicaux et tous les laïques, à défendre nos principes de tolérance dans tous les quartiers et dans toutes les communautés, mais j'invite en plus le parti radical de gauche à mener une réflexion de fond sur ce sujet, qui fait partie de son marquage idéologique.
C'est un point. Mais déjà sensibilisé sur ce sujet, le discours de Thierry Jeantet m'a obligé à considérer le problème autrement en lui donnant une autre dimension.
La laïcité n'est plus un problème national. Le printemps arabe, le retour des religieux en Pologne, en Russie, lui donnent une autre dimension. Partout dans le monde, des démocrates, des laïques, des femmes attendent notre soutien.

Une des "amazones" de Khaddafi. Ces femmes
servaient de paravent féministe au tyran qui aimait
les faire défiler lors des défilés militaires. Il s'agissait
 en fait de jeunes femmes enlevées ça et là en fonction
des caprices du prince, qui constituait ainsi un harem
à sa mesure. Elles n'ont en fait jamais joué de rôle
militaire ou politique.
Le printemps arabe a complètement renversé les données du problème. La laïcité avant le printemps arabe, c'était le parti de la dictature, du parti Baas qui mitraille, qui bombarde, qui massacre sa population en Syrie, après l'avoir fait en Irak... Moubarak, le mauvais fils qui avait fait assassiner son prédécesseur El Sadate , défendait comme lui, comme Nasser une image de laïcité. Ben Ali a été membre de l'internationale socialiste. Tous ces gens là avaient à coeur de se présenter à l'occident comme le premier et le dernier rempart contre El Qaïda. Il est même jusqu'à Khaddafi qui, bien que se revendiquant de l'islam, s'est déclaré jusqu'à son agonie désespérée comme un combattant contre l'emprise des descendants d'Oussama Ben Laden. Il refusait de voir que le combat était perdu. un classique chez les dictateurs.  
Bref tout cela explique aussi que l'image du socialisme ou de la laïcité n'était pas du meilleur effet... Et pourtant !
Pourtant, les peuples se sont soulevés, sans aucune revendication religieuse au départ, avec pour demande essentielle la liberté. Un peu partout les femmes se sont jointes aux combats. Et les pays arabes se dirigent vers plus de liberté, même si les chemins qui y mènent risquent d'être particulièrement tortueux.
Car le combat continue. Les partis religieux ou faisant référence à l'islam ont gagné les élections. En Tunisie, le pouvoir veut faire entrer l'inégalité entre homme et femme dans la constitution. C'est sur ce point qu'un combat laïque est indispensable. C'est sur ce point que les femmes et les démocrates tunisiens nous attendent. C'est sur ce point que l'action internationale a tous son sens. 
Les pussy riots nous ramènent à une brusque réalité : la modernité
du combat laïque. La dictature soviétique pensait avoir purgé la
Russie du pouvoir des religieux en se débarrassant des religions.
Brusque retour de bâton, le pouvoir fort de Putin, création pourtant
du régime soviétique, instrumentalise l'église et la religion pour
régler ses comptes.  La laïcité ce n'est pas la fin des religions, c'est
donner à chacun le droit de croire et de ne pas croire. C'est la liberté
 d'expression de tous.
Mais ce n'est pas le seul ! La Tunisie, l'Egypte, la Libye, la Syrie l'ensemble des Etats méditerranéens  suscitent toute notre vigilance, tant le choc politique entre les anciens et les modernes impliquent un engagement politique et le soutien d'un réseau international. 
L'affaire des pussy riots, ces artistes qui pour avoir fait un concert dans une église se sont vues non seulement bouclées et condamnées à une peine terrible de deux ans de camps ... pour outrage à la religion ! On croit rêver ... dans un pays dont la constitution est pourtant encore marquée par 70 années d'athéisme obligatoire.
Une image adoucie du conflit Israëlo-palestinien. Un état juif, ou
un état musulman ne saurait constituer une solution viable ou
durable. Le comportement israélien a naturellement poussé les
palestiniens radicaux à un repli identitaire et à une poussée islamiste.
Pourtant, les palestiniens sont loin d'être tous musulmans. il y a
parmi eux des chrétiens de divers obédience et des laïques. Mais
ceux-ci, faute de soutien international ont perdu toute crédibilité
en interne.
Thierry Jeantet m'a confié aussi ses liens avec des démocrates polonais, revendiquant, bien que catholiques, une laïcité, seul frein face à une église qui est en train d'étendre son influence sur la société et sur l'état.
Mais au delà de ces aspects dictés par l'actualité, et le changement de paradigme politique dans les pays méditerranéens et  de l'ancien bloc de l'Est. 
La création d'une internationale laïque est aussi le moyen d'offrir des perspectives aux situations les plus inextricables ... comment imaginer autrement une solution durable dans le conflit Israëlo-palestinien instrumentalisé par les religieux. 
La laïcité, c'est le combat universel de la modernité. 
Une internationale, vite !








jeudi 24 mai 2012

Nos ennemis dessinent notre visage

Nous avons besoin de Justice
Christiane Taubira n'était pas encore arrivée au gouvernement que déjà elle faisait l'objet des pires attaques de la part de l'UMP. Rappelons-nous, on l'accusait d'avoir justifié le fait que des drapeaux français aient été brûlés lors de la fête de la victoire de la Bastille. Sauf qu'elle n'avait jamais dit ça et sauf qu'il n'y avait pas eu de drapeaux français brûlés ce soir là...
M'enfin c'est dire qu'elle était attendue au tournant.
Après ces attaques grossières, on aurait pu espérer, non pas des excuses (faut pas exagérer !) mais au moins que la droite se calme !


Jean-Paul Michel
Eh bien non ! La voilà accusée de laxisme parce qu'elle a annoncé que la droite devait se soumettre aux principes du droit européen en maintenant une juridiction spéciale pour les mineurs délinquants ... sidérant que la droite l'attaque d'angélisme alors qu'elle ne fait que son travail de ministre de la justice ! Qui se souvient du dernier ministre de la justice ? De l'avant dernier ... allez, je vous aide, c'était Rachida Dati ... de l'avant-avant dernier ? Ne cherchez plus, c'était Pascal Clément sous Chirac et Michel Mercier ... qui étaient à l'image de ce que la droite espère de la justice ... qu'elle se taise ! En procédant à cette série d'attaques ciblées, la droite ne fait que dessiner en creux le visage de Christiane : une femme indépendante, humaniste, amoureuse de la République et de Justice.
C'est cette Christiane là à qui le parti radical de gauche a permis de se présenter à la Présidence de la République française ! C'est cette Christiane, descendante d'esclaves, fille d'une femme de ménage, qui est devenue l'une des personnalités les plus fortes de l'Assemblée Nationale, c'est Christiane qui est venue amicalement inaugurer une rue Aimé Césaire à Evreux ... c'est cette Christiane qui est devenue Madame Taubira Ministre de la Justice ... je comprends que ça emm... tous les racistes, tous les machos, toute l'extrême droite et toute la droite extrême... Ca emm... ceux qui s'opposent à la séparation des pouvoirs !
c'est à Christiane que je dédie cette phrase de mon ami Jean Paul Michel : Nos ennemis dessinent notre visage.
Allez Christiane, tiens bon ! c'est pour la République !

à lire aussi, sur ce sujet le blog de mon ami Hervé Causse et son article

lundi 19 mars 2012

Quelle armée pour quelle guerre ?

Qui est le tueur à la moto ?

Quel est cet homme qui, avec une précision toute militaire, a été abattre des soldats en civil, avant de s'attaquer à des écoliers et à leurs parents fréquentant une école juive ?
L’événement est assez grave pour qu’on s’y arrête mais il est aussi bien trop grave pour que l’on en tire des conclusions.
Nous procéderons par touche. Le meurtre nous amène à une actualité terrible. Nous avons naturellement tendance à considérer ce genre de comportement comme étant complètement extérieur à nos pratiques. On pense tout de suite à l'Amérique... Et puis non, des massacres de ce type il y en a eu  Autriche ou plus dernièrement en Norvège... mais rappelons nous aussi du massacre commis au conseil municipal de Nanterre, par un homme qui a emporté dans sa tombe le secret de son acte.
Pour l’instant donc, nous savons que l’assassin s’en est pris à trois militaires d’origine maghrébine, avant de s’attaquer à une école juive le jour anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.
La première conséquence de ces meurtres aura été la trêve de la campagne électorale et la condamnation unanime d’une monstruosité que personne n’est en mesure de revendiquer.
Ces tueries nous rappellent que nous vivons dans une société violente, même si, comme l’a récemment rappelé l’Art français de la guerre, nous avons ce bonheur insigne de vivre dans un pays qui, depuis la guerre d’Algérie, n’a pas connu  de guerre sur son sol depuis 50 ans.
50 ans sans la guerre, c’est peut-être ça qui est insupportable pour le fou
Pourtant, oui, nous avons une armée, et nous en avons besoin. Cet armée est en guerre, notamment en Afghanistan, aux cotés des Etats-uniens et cela se passe mal. François Hollande a d’ailleurs pris pour engagement de retirer les troupes.
Pour nous, ce sera l’occasion de débattre d’un sujet fondamental. « La guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens que la politique » c’est ce que disait Clausewitz, un théoricien prussien de la guerre, admirateur de Napoléon qu’il avait combattu.
Mais la guerre, comme la politique, a profondément évolué depuis un demi-siècle, même si elle est forcément pourvoyeuse d’une horreur d’autant plus insupportable que nous connaissons le bonheur de vivre en paix.
Tel sera l’objet du débat qui sera l’objet du prochain café radical qui se tiendra vendredi 29 mars, de 18h30 à 20 heures au café « le Jardin de Bigards », 39 rue du Quai, 27400 à Louviers.
L’invité en sera Marlène Peyrutie, présidente de l’association Terre & paix …