Résumé des épisodes précédents : la communauté d'agglomération Seine-Eure s'est installée durablement dans le paysage politique du Département, mais sa création n'a relevé d'aucune évidence tant s'était imposée une culture de l'émiettement des pouvoirs condamnant à l'impuissance les collectivités locales. Après dix ans d'exercice de la Case, après un combat de 16 ans au service d'une intercommunalité et d'un territoire deux conclusions s'imposent : 2) Sans la volonté politique de Franck Martin, sans son acharnement, jamais la création du territoire n'aurait été possible.
Reste qu'au bout de dix ans, si la réalité du territoire s'impose, il lui reste à se définir un avenir... sur ce point, les dernières années de 2011 ont commencé de tracer des perspectives. A nous de savoir lire les signes qui dessinent notre devenir.
En même temps que l'on fêtait les 10 ans de la communauté d'agglomération, une série d'évènements sont venus renforcer le territoire.
Ne voir dans le rapprochement entre Seine-Eure et Seine Bord, la mise hors-champ du maire de Val de Reuil dans la course à l'investiture pour les législatives et son comportement subséquent, la signature du Scot à une majorité renforcée, le possible choix comme site de la future gare de la future ligne d'un lieu situé entre Tostes et Montaure impliquant de revisiter l'organisation ferroviaire du territoire, le tout couronné par la venue de Laurent Fabius, président de la plus grande communauté d'agglomération de Normandie et personnalité nationale ... tous ces éléments surgissant dans un laps de temps réduit ne peuvent être vécus comme des éléments disparates prenant naissance dans notre paysage.
Elles sont le signe conjoint de la nouvelle puissance politique du territoire, lui reconnaissant le privilège de sa situation aussi bien que de ses responsabilités nouvelles.
Seine-Bord avait été créée au départ pour éviter que Seine-Eure soit assez puissante pour structurer le territoire tout en permettant à certaine commune de bénéficier de la manne M'Real. Les réalités économiques ont brutalement mis un terme à la situation.
La crise rappelle que les besoins sont énormes pour lutter contre la désindustrialisation et surtout pour avoir une force d'investissement à même de répondre aux aménagements nécessaires qu'impose le désastre économique de la vallée de l'Andelle, et que pourrait imposer la fermeture d'M-Real.
On a parlé de la plateforme tri-modale qui doit s'installer quelque part entre Igoville et Pîtres, en collaboration avec le port de Rouen et Oissel. Le projet est aussi lourd qu'indispensable, tant il est vrai que la route est pour l'instant le seul échappatoire du trafic engendré par la création de Port 2000 au Havre. Toutes ou presque les marchandises qui y débarquent sont acheminées par voie routière, ou plus précisément autoroutière pour se diffuser sur le territoire national ou sur le sud de l'Europe. Il s'agit de répondre à la saturation du réseau précisément en permettant le développement du transport routier et fluvial. La nécessité est autant écologique qu'économique. Les travaux qui doivent se dérouler sur le territoire actuel de Seine-Bord, concernent bien au delà de cette collectivité, bien au delà de Seine Eure et même du département, un très vaste secteur qui se trouve au sud du Havre et va jusqu'à la Région Centre. Dans ce cadre, le rapprochement entre Seine-Bord et Seine-Eure prend tout son poids et bien au delà en montrant la nécessaire coopération pour parvenir aux moyens d'un développement industriel, notamment en se reliant au grand Rouen, tant il est vrai que ce point ne saurait être traité indépendamment d'un projet régional au sens large.
Nous retombons ici dans la logique définie par l'Etat et qu'il a appelé le Grand Paris. On se rend compte que la logique de carrefour, qui englobe la plate-forme trimodale, se retrouve aussi bien dans le cadre routier avec la création du contournement est de Rouen qui va amener à un franchissement de la Seine à la hauteur du Manoir, ce qui pourrait faciliter le désenclavement de la vallée de l'Andelle et stopper sa désindustrialisation ... Ce n'est pas tout, puisqu'on se rend compte à la lumière des débats qui ont lieu autour de la ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit être créée afin de permettre une liaison entre les grands pôles Normands (Le Havre, Rouen, Caen) et Paris ... et que dans ce cadre la création d'une gare serait envisagée à proximité de Louviers.
Rien de tout cela n'est fait. Il s'agit juste d'un immense chantier dont notre territoire est au coeur. Mais cet avenir se décide aujourd'hui, et il y a seulement un mois ces éléments étaient absents du débat. Qui sait d'ailleurs ce qu'il en sera dans trois mois.
Mais ces éléments soulignent que notre territoire a d'énormes possibilités, à lui de savoir tirer profit de ses atouts avec force, confiance et intelligence. C'est sur cette base que s'est créée l'alliance avec l'agglomération de Rouen/Elbeuf dans le cadre d'un pôle métropolitain.

