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mercredi 7 décembre 2016

angoisse au comité directeur !

Détail du Jugement dernier, triptyque du
peintre primitif flamand Rogier Van des Weyden
J'ai beaucoup apprécié l'intervention de Sylvia Pinel, présidente du prg, sur RTL et Europe 1. J'avais apprécié quelques jours plus tôt son intervention lors de la convention nationale, pourtant contradictoire. Je l'avais évoqué sur ce blog et dans un communiqué de presse largement repris par Paris Normandie. 
J'y voyais l'évidente poursuite d'une démarche visant à mettre fin au combat fratricide, qui a marqué tout le quinquennat de François Hollande. Le résultat de cette guerre est là sous nos yeux. 
Le départ de François Hollande, le fait que son parti rende même impossible qu'il défende son mandat place la France dans une situation terrible : avoir le choix entre la droite extrême de François Fillon et l'extrême droite de Marine Le Pen.
Bien entendu, la candidature de Sylvia Pinel avait pour but de s'opposer à ce choix en espérant que la candidature du président de la République puisse ouvrir cette chance en évitant et le jeu de massacre prévisible de la primaire, préalable à celui des présidentielles avec l'éparpillement des voix de gauche.
L'article paru dans Paris-Normandie. Un seul reproche à cet article : on me cite comme
défenseur de Macron en reprenant des propos que j'ai tenu avant qu'il ne quitte le
gouvernement pour tenter l'aventure en solitaire, hors des repères droite-gauche. Ce n'est
pas mon combat. Il l'est d'autant moins qu'il risque de mener la France à un désastre
politique dont tous seraient victimes. 
Or, la France n'a pas mérité ça. La gauche, n'a pas mérité ça. Les radicaux ne veulent pas participer à ce comportement suicidaire, dû notamment à l'irresponsabilité des politiques de parti. Cela est d'autant plus insupportable que la gauche a encore toute sa place dans le paysage politique.
Nous avons peu de temps pour sauver la situation. Les radicaux doivent tout faire pour sauver la gauche, tout faire pour sauver la France.
Pour l'instant, Sylvia Pinel est la seule ou presque à prendre conscience de la gravité de la situation. 
Tout faire pour arrêter le massacre ! Le prg sera à l'avant-garde du combat !
Souvent, dans l'histoire récente les radicaux de gauche ont eu ce rôle d'initiative qui ont amené à se rassembler dans les pires situations. Ce fut notamment le cas lors de la création de la majorité plurielle. 

Le comité directeur du parti radical de gauche se tiendra le 14 décembre et aura à décider de la stratégie du parti dans cette période difficile. 
A quelques jours de cette échéance, le café radical qui se tiendra en présence de Paul Dhaille, délégué général du parti radical de gauche prendra une dimension particulière, et le débat sera riche et actuel.
Paul Dhaille, délégué général
du parti radical de gauche
café radical au Big Arts, 39 rue du Quai 
vendredi 9 décembre à 18h30
Peut-on stopper Marine Le Pen ? 
Débat animé par Paul Dhaille et  Franck Martin 

vendredi 25 novembre 2016

Prochain café radical : peut on bloquer Marine Le Pen ?

L'avantage des primaires de la droite, c'est qu'on n'aura guère parlé de Marine Le Pen pendant quelques semaines. Mais ni la crainte, ni l'absence de crainte n'évite le danger. 

Fillon sera très probablement le candidat de la droite dimanche soir. Il aura non seulement à affronter la gauche, ou les gauches, mais il aura aussi à affronter l'extrême droite, mauvaise surprise de presque toutes les élections depuis 2002. La victoire de Trump aux Etats Unis a d'ailleurs remis en selle le cauchemar de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. 
Comme l'a presque dit Beaumarchais "il faut se dépêcher de parler de tout de peur d'être obligé d'en pleurer". 
Le café radical, pour sa reprise après de trop longs mois d'absence, a décidé de porter le débat. 

 Peut-on bloquer Marine Le Pen ?  

Paul Dhaille, délégué général du parti radical de gauche sera l'invité du café et présentera les données et les perspectives du moment à l'aube d'une année qui se révèle d'ores et déjà très politique.
Venez nombreux, avec vos certitudes, vos interrogations, et votre écoute. Le café radical est ouvert à tous.
café radical au Big Arts
vendredi 9 décembre, 
de 18h30 à 20 h
39 rue du quai
27400 Louviers





jeudi 17 décembre 2015

Mémoire d’un conseiller régional

Lol comme on dit ... J’aurais été conseiller régional une petite heure. Le temps qu’Antenne 2 , en cette terrible soirée d’élections de dimanche dernier annonce que la liste de Mayer Rossignol allait l’emporter d’une courte tête face à la droite.
J’ai tout de suite dit à mes amis qu’il fallait sortir le champagne rapidement... avant que la télé n’annonce le contraire. Et, comme de fait ! (j’adore l’expression) plus le temps passait avec l’apport du décompte officiel de la préfecture, plus je me disais qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas dans l’estimation hasardeuse de France 2. Un peu avant 22 heures, le verdict tombait en plein débat : les vainqueurs devenaient vaincus et vice-versa. Et moi, le 9e de liste, je n’avais plus qu’à remercier ceux qui m’avaient déjà félicité en leur expliquant que, non, ce n’était pas pour cette fois.
Mais passons sur mes déboires personnels. Au-delà de ce que cela signifie et du profond changement que mon élection aurait eu sur mon propre sort, de mes capacités d’engagement et du soutien que cela m’aurait procuré je me dois de fixer quelques éléments d’analyses et des perspectives offertes par ce scrutin.
Le grand vainqueur des élections a été le Front National, même s’il en a aussi été le grand perdant.
Il en est vainqueur, parce que non seulement on n’a parlé que de lui, j’allais dire comme d’habitude, mais en plus il a augmenté partout ou presque son score en pourcentage et en nombre de voix, a réussi à se maintenir au deuxième tour et a réussi le rêve fasciste de troisième voie.
Il en est le grand perdant parce qu’il n’a pas réussi à engranger et à devenir une force capable de s’imposer à la tête d’une Région. En gros, si une grande partie du corps électoral a donné quitus aux thèses frontistes, une plus grande partie encore a fait savoir que si elle ne savait pas ce qu’elle voulait, elle savait ce qu’elle ne voulait pas.
Bref, pour moi, mais pour beaucoup d’autres qui disions, qui pensions que le Front National ne devait pas constituer l’alpha et l’omega de notre pensée politique, il faut reconnaître qu’il est temps de changer de discours. 
Le Front National n’est plus ce qu’il était. C'est-à-dire que sa permanence et son renfort sur le plan électoral changent durablement le paysage politique français. On serait tenté de dire, à l’instar de la formule de Mitterrand sur le chômage  : « contre le front national, on a tout essayé ». Ce n’est heureusement pas vrai. Ce qui est sûr, cependant c’est que les vieilles recettes n’ont pas produit leurs effets. Voilà pourquoi il me semble impératif d’analyser et le phénomène, et les méthodes pour l’endiguer sous peine de se trouver confronter à une passivité coupable dont les conséquences seraient terribles.
1)      L’analyse du phénomène.
Elle me semble indispensable, et en particulier il faut se détacher du prêt à penser qui permet de se dédouaner de ses propres responsabilités. Qu’est-ce que le front national en premier lieu ? Ce n’est pas un parti fasciste au sens où il n’a pas de projet de société, mais son histoire le relie à l’extrême droite et il a de nombreux fascistes dans ses rangs. Ces éléments lui donnent notamment une puissance militante, c'est-à-dire une capacité à mettre en œuvre une stratégie et des tactiques dont sont incapables les partis traditionnels. Pour ceux-ci, la seule perspective est d’exister de scrutin électoral en scrutin électoral, se structurant en fonction d’objectifs différenciés (municipales, départementales, régionales, présidentielles, législatives et sénatoriales). Une fois élus, les candidats se focalisent sur le travail local, sur la gestion, sur l’écoute citoyenne. Ils délaissent le discours strictement politique, pourtant indispensable. Quand ils ne sont pas élus, ils gèrent leur déception et  pensent à préparer les prochaines élections. Le travail militant qui a fait la force du parti communiste jusqu’en 1980 a progressivement disparu. Les engagements sur des thèmes ou situations locales restent marginales. 
Deux éléments nouveaux sont manifestes depuis le weekend dernier : La qualité des cadres, le renforcement de la puissance militante.
a.      La puissance militante
Pour l’anecdote, je rappelle ce qui s’est passé à Louviers durant le mois de novembre avec « l’affaire Mandela ». La municipalité de Franck MARTIN avait fait voter à l’unanimité d’accorder le nom de  Nelson Mandela à la place du parvis de la grande église de Louviers. Comme il fallait attendre deux mois avant la validation de la délibération, il avait été décidé de pratiquer l’inauguration à la suite des élections afin d’éviter toute récupération.
Mon ami Achard de Préville a été  voir le nouveau maire pour inaugurer dignement  la place... ce qui n’a posé aucun problème... Jusqu’à ce que l’annonce soit en faite le 11 novembre dernier lors de la cérémonie patriotique. C’est seulement à cette occasion que des voix se sont élevées contre ce projet. Des voix qui se sont répercutées auprès de la municipalité de centre droit qui, une fois réunie sous des prétextes incroyables a renoncé à l’inauguration ce qui nous a donné l’occasion d’un sursaut militant. Tout ça pour dire : oui, le Front National était et est présent aux cérémonies patriotiques. Il y est de manière active et militante et cela s’inscrit dans une démarche déterminée qui se manifeste dans de nombreux autres domaines. Le FN n’est pas qu’une machine électorale. Les militants sont là, actifs et leur efficacité est d’autant plus forte qu’ils peuvent s’appuyer sur terrain favorable et médiatiser.
b.     La qualité des cadres
Nous avons connu un Front National représenté par de pauvres gugusses, incapables d’aligner deux mots ou deux idées dans des communes de tailler réduite et même importante ... où se percevait la difficulté pour eux de constituer des listes. Cela s’expliquait par les circonstances, le manque de cadre et le refus de personnalités locales de se mouiller sauf exception. Il faut se faire à l’idée que ce temps là est derrière nous.  La prochaine échéance verra de vrais cadres se présenter dans des communes y compris de taille réduite, capables de mener une campagne locale et cohérente. 

2)      Organiser la riposte
Une fois dit cela, il ne s’agit pas de rester les bras ballants. Il ne s’agit pas d’analyser les forces de l’adversaire et de se dire qu’on n’a plus qu’à attendre que notre République, que nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité soit ensevelies par la vague fasciste. Il faut à présent  contrer de manière organisée un adversaire lui aussi organisé. Tout le monde constate que la société française évolue dans le mauvais sens. On entend des propos frontistes dans un bistro ? On change de bistro. Chez le coiffeur, on change de coiffeur. Dans la rue ? On fait comme si on n’était pas sûr d’avoir bien entendu. 
Il faut inverser la pente fatale et donner un argumentaire de la vie quotidienne. Mais pas seulement. De nombreux maires de petites communes voient depuis des années augmenter le score du front national. Ils savent que ça vient de tel lotissement, d’untel qui est influent. Il faut écouter les maires. Nous avons à apprendre d’eux, en même temps qu’ils attendent de nous. Les élus locaux, comme tous les élus sont vilipendés. C’est la mode, on cherche des coupables. Les élus ne font rien. Ils sont payés à ne rien foutre.  Si le front national monte, c’est  la faute au gouvernement (bien sûr, c’est surtout pas la faute des électeurs !) ... Il faut en finir avec ces arguments mortifères. Pourtant, soyons clairs : si dans les trois mois le gouvernement mettait fin au chômage, cela n’endiguerait en rien la montée du Front National. Je n’ai pas de baguette magique. Je ne peux dire qu’une chose c’est que nous entrons dans une phase politique particulièrement difficile. Il faut s’y préparer. Il faut nous mobiliser et mobiliser des gens qui ne le sont pas et qui ne demandent qu’à l’être. Les politiques sont, avec l’étranger, le bouc émissaire de toutes les frustrations et la frustration entraîne la frustration. Le discours nationaliste le plus terrible est d’ailleurs celui-là : « c’est de la faute au politique s’il y a tant d’étranger. »
3)      Engagement politique et citoyen
Ce discours s’impose malicieusement dans notre vie quotidienne.  On se rend compte que ce qui au départ nous laissait sans voix, car idiot et caricatural, et devenu une vérité urbaine, un bon sens paradoxal, parce que nous n’avons pas pu y répondre.
La critique systématique du  pouvoir est une liberté fondamentale. Cet anarchisme bon enfant est même au cœur de l’esprit français, tel qu’il a notamment été visé par Daech, le 7 janvier puis le 13 novembre. Mais le Front National s’incruste dans cette attitude, y trouve des forces, fabrique un ennemi sans nom, qu’il appelle le système et lui permet d’attaquer toutes nos institutions en les amalgamant. Ainsi, la paresse politique, la dénonciation de l’autre, trouvent une place confortable dans les discussions dénonçant l’étranger, l’élu, le fonctionnaire, la télé, la presse et tout ce qui dépasse en évitant surtout de faire des nuances.
Pourtant, la vie est faite de nuances. Pourtant, ce discours malsain, qui tourne sur lui-même doit trouver une riposte. La République a beaucoup, a trop reculé jusqu’à présent. La tactique frontiste est de l’amener au bord du ravin où elle ne pourra reculer qu'en tombant dans le précipice. Nous ne devons pas nous mettre sous leur dépendance.
De fait, nous avons beaucoup à défendre de ce monde. Et bien souvent ceux qui critiquent ses insuffisances auraient beaucoup à perdre de sa disparition. Les libertés acquises, l’égalité entre la femme et l’homme qui a fait tant de progrès en un demi-siècle, le droit de la femme à disposer de son propre corps et qui indispose tant le front national, les droits sociaux, et le fait que le vivre-ensemble repose sur ces valeurs fondamentales.Pour tous ceux qui ont a supporter au quotidien le discours médisant et malsain, il est temps de rétablir la réalité d'un monde complexe face aux amalgames mortifères des populistes.

4)      Il faut agir vite
Bientôt les fêtes que je souhaite bonnes à tous. Ne brisons pas la trêve des confiseurs qui nous fera du bien à tous. Mais je m'engage dès janvier à prendre une initiative contre le mal de l'exclusion qui gangrène la société française. J'en reparlerai prochainement. Que tous ceux qui sont intéressés prennent contact avec moi.
caferadical@gmail.com




jeudi 26 mars 2015

Un autre 22 mars ...

Un vote dit toujours quelque chose ... Même quand il dit des choses désagréables. Après tout, on ne peut se prétendre démocrate et ne pas faire attention à ce qui est dit dans les urnes. Le phénomène marquant, reste le score croissant du Front National. Le sujet a brièvement été évoqué par Tancrède dans le blog de Franck Martin, mais les éléments d'analyse dépasse bien évidemment ceux du scrutin local ... même si l'on note que Louviers est l'une des rares communes où le score du Fn dépasse celui des européennes.



Carte illustrant l'évolution du vote front national non d'une
 cantonale à l'autre, mais des européennes d'il y a un an aux
départementales d'aujourd'hui. Cette évolution contredit la
thèse sur
Je vous transmets quelques éléments de réflexion intéressants et contradictoires en provenance d'Hervé Le Bras, le démographe de référence qui intervient après chaque élection pour relier les résultats du scrutin aux réalités sociales, économiques et géographiques du scrutin. Cette fois-ci, il ne signe pas un article, mais une tribune dans Libération  du 26 mars, intitulée : vous avez dit périphérique ? Le titre se comprend mieux lorsqu'on sait qu'un autre géographe Christophe Guilluy, a publié "La France périphérique" (Flammarion) à la fin 2014 et que la Fondation Jean Jaurès a eu la bonne idée d'interviewer à la suite du premier tour.
Je vous invite à prendre le temps d'écouter l'interview avant de lire l'article d'Hervé Le Bras. Enfin, je vous transmets un troisième article, une tribune, toujours parue dans le libé du jour et dont l'auteur, elle aussi géographe semble mettre tout le monde d'accord. Le titre : les enfants gâtés de la République ! Elle reprend ce que je pense au fond du scrutin : les électeurs du Front National nous emmerdent ! Les abstentionnistes aussi ... Mais elle ne répond pas à la question : on fait quoi avec les enfants gâtés ? Bonne lecture ;) et bonne audition ...
Pour commencer l'interview de Christophe Guilluy par la Fondation Jean Jaurès :
 






La tribune d'Hervé Le Bras en réponse :

Départementales : «Périphérie», vous avez dit «périphérie ?»


Les résultats du premier tour des départementales, dimanche dernier, ont été accueillis avec un certain soulagement par la gauche. Elle ne reculait plus depuis les élections européennes et le Front national atteignait 25% alors que plusieurs sondages l’avaient placé au-dessus de 30%. Mais bientôt, le discours de la peur a repris, attisé par les tirades des Le Pen père et fille et de Florian Philippot mettant en avant une formidable progression du FN dans la ruralité, particulièrement dans les périphéries les plus lointaines soi-disant abandonnées par la République. Une comparaison au niveau communal avec les résultats du FN à l’élection européenne de l’an dernier ne montre rien de tel. Au contraire.

D’abord, le FN ne progresse pas en pourcentage (mais en voix, car l’abstention a été plus faible). Il obtient 25,24% des suffrages, contre 24,85% en 2014. Mais Paris et Lyon, n’ayant pas voté à l’élection de dimanche dernier, en raison de leur statut métropolitain, il faut effectuer la comparaison en retirant ces deux villes du résultat de 2014. Comme le FN avait obtenu alors 9,3%, à Paris et 13,6%, à Lyon, le score de 2014 sans ces deux villes remonte à 25,6%. Stagnation donc.

Au niveau local, surprise, ce sont, en général, les grandes villes où le vote frontiste augmente nettement alors qu’il diminue, voir chute dans les zones les plus rurales. Les baisses les plus spectaculaires se situent au sud de la Loire dans pratiquement tout le Massif central (12 points de chute en Corrèze et dans le Cantal, 10 en Lozère, 6 dans l’Aveyron), dans le piémont pyrénéen (12 points de chute dans le Gers, 6 dans les Pyrénées-Atlantiques, 8 en Ariège et même 4 dans les Pyrénées-Orientales), et dans les Alpes (15 points de chute dans les Hautes-Alpes, 9 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 5 en Savoie). Inversement, le FN gagne des points dans la plupart des grandes villes, y compris dans leur centre et cela sur tout le territoire : 5 points de mieux qu’en 2014 à Strasbourg, 4 à Metz, Dijon et Grenoble, 3 à Nantes, Rennes, Tours, Lille, 2 à Bordeaux, 1,5 à Toulouse.

Au nord de la Loire, la situation est un peu différente dans les zones rurales. La diminution du score du FN est supérieure à 4 points dans les campagnes de Normandie, de Picardie et du Nord. Cela s’explique en partie par le rôle personnel que jouait Marine Le Pen en tête de liste dans la circonscription nord-ouest à l’élection européenne mais qui n’occupe plus une place privilégiée dans cette région à l’élection départementale. Plus à l’ouest, en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire, le FN progresse, mais il gagne plus dans les zones urbaines que dans les zones rurales, par exemple sur les côtes bretonnes plus qu’au centre de la région. Enfin, le front augmente ses scores déjà élevés dans une large fraction sud et est de la région parisienne s’étendant à l’Eure-et-Loir, l’Aube, la Marne, l’Yonne et le Loiret.

Comment comprendre de telles évolutions qui ne correspondent pas aux litanies habituelles sur le vote périphérique. Est-ce l’attitude martiale et combative de Manuel Valls qui a permis la reconquête des campagnes ? Mais si cela est vrai au sud de la Loire et au nord-ouest, ce ne l’est pas dans l’ouest profond ni en Champagne. Et pourquoi, les urbains, pourtant en moyenne plus réceptifs à la gauche, auraient-ils fait la sourde oreille ?

On a tendance à exagérer le rôle des déclarations (et des gesticulations) politiques à la veille des élections alors que des tendances plus profondes sont à l’œuvre. Cela témoigne d’un certain mépris envers l’électeur réputé versatile et influençable. Or, la différence de l’objet des votes de 2014 et de 2015 a été prise au sérieux par les électeurs. La nature du scrutin et ses enjeux à long terme ont été mis en balance, dans un cas, en ce qui concerne l’avenir de l’Europe, dans l’autre, l’avenir des instances locales. Les campagnes n’ont pas seulement voté pour le FN en 2014, mais contre l’Europe que ce parti était le seul à vilipender. Elles estimaient, en effet, souffrir de la concurrence et de la PAC, et voyaient les aides de Bruxelles fondre.

Cette raison ne vaut plus pour l’élection départementale lors de laquelle les ruraux ont, au contraire, exprimé une défense des échelons locaux que le FN représentait mal faute de cadres et pour avoir nationalisé les enjeux. Inversement, les villes et surtout les métropoles, dont le vote est toujours plus favorable au FN que la moyenne lors des référendums sur l’Europe, n’ont pas soutenu le front en 2014 en raison de son hostilité à Bruxelles, puis lui ont été légèrement plus favorables en 2015, cette hypothèque étant levée, ou bien sont tout simplement revenues à leur étiage habituel, une fois l’Europe mise (presque) hors de cause.

Ces flux et reflux du vote FN au cours de la dernière année ne modifient toutefois pas, en profondeur, sa couverture territoriale qui reste contrastée avec plus de 30% des voix dans le Nord-Est et sur les rivages méditerranéens et moins de 20% à l’Ouest, au Centre et au Sud-Ouest. Une répartition que la théorie du vote périphérique est là aussi incapable d’expliquer.

Derniers ouvrages parus : Atlas des inégalités. Les Français face à la crise, Autrement (2014) et, avec Emmanuel Todd, Le Mystère français, le Seuil, (2013).

Par Hervé Le Bras Démographe, Ecole des hautes études en sciences sociales et Institut national d’études démographiques (EHESS-Ined)
 
 
Et celle  de
Béatrice GIBLIN
Géographe, Institut français de géopolitique, université Paris-8 et directrice de la revue Hérodote  

Béatrice Giblin a travaillé sur la
géographie des conflits. Il est vrai
qu'au regard de la brutalité du
monde le comportement électoral
français est celui d'un enfant gâté.
Sauf que personne n'a la solution
pour mettre fin aux caprices de
l'électorat dont les conséquences
peuvent être terribles.
Les enfants gâtés de la République
Quand Manuel Valls a annoncé dans son discours de politique générale la suppression des conseils généraux (à partir de 2021), ce fut le tollé chez les élus et dans les campagnes où le conseiller général est parfois connu et reconnu. Cependant, les résultats du premier tour des élections départementales montrent que cet attachement au département n’a pas amené les électeurs à voter en masse pour élire ses représentants. Le taux d’abstention dans les cantons ruraux est comparable à celui des cantons urbains où le conseiller général est généralement inconnu. Il est vrai que cette fois l’abstention peut aussi s’expliquer par le fait que les électeurs ne savent pas clairement quel va être le champ de compétences des départements, mais le savaient-ils auparavant ?
Même si le taux d’abstention a été moins élevé que prévu (49,4%) au grand soulagement des socialistes, il n’en reste pas moins qu’un électeur sur deux ou presque n’a pas jugé utile d’aller voter, soit plus de 21 millions d’électeurs (alors que le FN comptabilise 5,1 millions de voix). Admettons que tous ne sont pas touchés par la pauvreté et le chômage et ne se sentent pas abandonnés par la République. Longtemps les abstentionnistes ont été qualifiés de «pêcheurs à la ligne» ; désormais on parle de «déçus de la politique» : droite ou gauche au pouvoir rien ne change, pourquoi donc aller voter ? Assurés de rester bien protégés par un Etat encore puissant et dans une démocratie solide, ils peuvent, sans risque et avec une certaine désinvolture, bouder les urnes, expression qui évoque le comportement de celui ou celle qui n’a pas ce qu’il veut quand il le veut. Faudrait-il une politique de droite réellement libérale avec la mise en place d’une politique sociale moins généreuse, à l’anglaise par exemple, pour que les électeurs fassent la différence et se mobilisent lors des élections ? Le désaveu de la gauche dans son ensemble (36% des voix) donnerait à le croire, car ce ne sont assurément pas les candidats du Front de gauche qui ont séduit les électeurs. Vilipender l’austérité socialiste pour mobiliser les électeurs ne convainc visiblement pas, et leur programme, qui ignore les réalités ou contraintes économiques de la mondialisation, est jugé, y compris par les électeurs de gauche, irréaliste.
A la désinvolture des abstentionnistes s’ajoute l’irresponsabilité égoïste des divisions de la gauche. L’annonce par les sondeurs d’un FN à 30% n’a nullement ramené à la raison ni les écologistes ni le Front de gauche trop préoccupés de se démarquer d’un gouvernement «socialiste libéral» honni, du moins jusqu’au soir du premier tour. Ainsi, la désunion à gauche et la bouderie des urnes expliquent la perte du département du Nord par les socialistes dès le premier tour. Il est vrai que les nombreuses défaites aux municipales de 2014 annonçaient celle du 21 mars 2015 et ce malgré la qualité du bilan de l’action municipale ou départementale comme à Roubaix ou Dunkerque. Dans le Pas-de-Calais, le résultat du canton de Lens est encore plus significatif du mépris des électeurs pour le travail accompli : près de 50% d’abstention, le FN à 43% et le PS à 26% malgré le Louvre-Lens, au succès indéniable et dont l’implantation et l’essentiel du financement sont dus à la mobilisation des élus socialistes de la région, du département et de l’agglomération lensoise. Implantation qui a permis d’accélérer la rénovation urbaine, de créer des emplois (400), d’aider au développement de l’activité commerciale et d’améliorer l’image de la ville. Ajoutons encore la rénovation du stade Bollaert : 70 millions d’euros d’investissement dont seulement 12 pour l’Etat et 11 pour le RC Lens (via un emprunt à la région), le reste, 47 millions, étant investi par les communautés territoriales, mais il aurait sans doute mieux valu pour les résultats électoraux qu’elles assurent de bons résultats au RC Lens en Ligue 1, actuellement relégable en Ligue 2.
Et pendant ce temps, le FN poursuit sa stratégie d’ancrage territorial en étendant sa toile à partir de ses zones de forces. Bien amorcée dans les années 90, surtout dans le Sud, mais aussi dans les banlieues parisienne et lyonnaise et le département du Nord, elle fut stoppée par la rupture avec Bruno Mégret, qui a entraîné avec lui de nombreux cadres et militants, d’autres rejoignant la droite classique, ce qui a même laissé croire un temps que le FN était définitivement fragilisé. Il lui a fallu du temps pour reconstruire un appareil de cadres, et retrouver des militants afin de pouvoir présenter des candidats sur l’ensemble du territoire national. Il semble que le but soit atteint.
Avec 5,1 millions de voix (soit 12% des inscrits), il obtient son troisième meilleur score et ce à une élection locale qui, jusqu’ici, ne lui était pas favorable. L’absence de notoriété de ses candidats, comme de campagne sur le terrain, n’a visiblement pas été un handicap. Le discours national souverainiste a suffi. Il séduit des électeurs venus d’horizons politiques différents voire opposés : ouvriers et employés venus de la gauche, comme artisans, paysans, commerçants venus de la droite. Tous partagent le sentiment d’être dans une France menacée par la mondialisation, par l’UE, par le chômage, par l’accroissement des inégalités économiques, sociales et culturelles, par l’immigration. Menaces négligées, selon les électeurs frontistes, par la droite comme la gauche. Le FN séduit aussi de plus en plus les jeunes : selon toutes les enquêtes, sa part chez les 18-35 ans est nettement supérieure à la moyenne.
N’ayant jamais été confronté à l’exercice du pouvoir national et très rarement au niveau local, ce parti n’a pas encore pu décevoir, et continue donc de faire rêver.
Mal à l’aise avec le concept de Nation depuis que le FN s’en est emparé, la gauche assène le discours antidote de la République et de ses valeurs. Or, le FN ne remet pas en jeu le régime politique de la République mais bien la conception française d’une nation ouverte et généreuse dans ses principes si ce n’est toujours dans la pratique. La République ne suscite pas le même attachement sentimental que la Nation. Le rassemblement du 11 janvier a montré que l’envie de faire Nation n’avait pas disparu et que l’éprouver ensemble rendait heureux et fier. Parmi ces Français, les électeurs du FN d’une part, et nombre de Français issus de l’immigration d’autre part, étaient peu nombreux, ne se reconnaissant pas pour des raisons différentes dans cette nation-là. Or, c’est pourtant dans celle-ci que la majorité des Français se retrouve encore, et non dans une nation repliée sur son territoire et nostalgique d’un passé idéalisé proposé par le FN. Plus que de République, c’est de Nation qu’il faut savoir parler aux Français avant que les victoires électorales du FN nous rendent honteux d’appartenir à une nation rabougrie qui n’est pas la France. L’enjeu politique est donc bien de trouver la réponse à cette question primordiale : comment «faire Nation» aujourd’hui en repoussant le nationalisme populiste du FN.
Auteure de : «l’Extrême droite en Europe», La Découverte, 2014.
 

 

samedi 5 juillet 2014

Une belle soirée au café radical ...

De la lutte contre le Front National

à la modernisation des institutions

Pascal-Eric Lalmy, votre serviteur et Sélim-Alexandre Arrad, président
des jeunes radicaux de gauche qui nous a  fait l'honneur de sa présence.
Un débat passionnant qui a remis en perspective la résistible montée du
 front national. Il n'empêche, ce phénomène oblige à repenser la politique.
Ça avait pourtant pas trop bien commencé. Juste avant, la France avait été éliminée par l'Allemagne dans les 1/4 de finales et puis, voilà, il n'y avait pas trop de monde mais les participants sont venus au fur et à mesure combler la salle.
Il n'empêche, l'enjeu du débat était celui-là : peut-on arrêter le Front National ? Même si, Pascal-Eric Lalmy, a d'emblée tenu à poser la question de manière plus positive : "peut-on battre le Front National ?" Mais au delà, le débat a permis de sortir des lieux communs et de tracer de vraies perspectives politiques. 
Pascal-Eric Lalmy a rappelé à quel point les valeurs du Front National sont à l'exact opposé de celles des radicaux, viscéralement attachés aux principes humanistes de fraternité, de liberté et d'égalité. 
L'extrême droite, dont sont issus ses dirigeants historiques, est l'adn du Front National. Elle a défendu les régimes réactionnaires les plus autoritaires au cours de l'histoire, en Italie, en Allemagne, en Espagne et ailleurs, Pascal-Eric Lalmy rappelant qu'avant la deuxième guerre mondiale, la France faisait figure avec l'Angleterre d'une des rares références démocratiques en Europe ... d'où la terrible inquiétude qui a saisi l'Angleterre lors de l'invasion allemande de la France. 
Nous n'en sommes pas là, nous n'en sommes plus là. Même si  l'Histoire nous est indispensable dans la connaissance des phénomènes politiques, les références historiques ne seront jamais l'outil permettant d'affronter l'adversaire.
Car l'adversaire a changé de nature, aussi parce que le contexte historique n'est plus le même. Certes, le Front National ne voit pas trop l'utilité de la démocratie, et encore moins de l'Europe qu'elle souhaite détruire de l'intérieur. 
Il n'empêche, les outrances antisémites de son Papa-gâteux sont plus qu'une entrave dans l'image nouvelle que Marine Le Pen souhaite donner à son mouvement. Non seulement elles l'ont empêcher de créer un groupe d'extrême droite au sein du parlement européen, mais elles contredisent sa stratégie de conquête du pouvoir. Contrairement à la politique du coup de force qui constituait l'identité puis le rêve politique naturel de l'extrême droite européenne. 
C'est ce qui explique la sortie de Marine Le Pen sur les propos de antisémites  : "c'est une faute politique". Pour ébouriffante qu'ait pu paraître la sortie de Marine Le Pen à tous les humanistes ... Marine Le Pen avait besoin d'envoyer un message en interne. La faute politique n'était pas liée au moment où elle a été commise. La faute politique portait sur le fond. L'antisémitisme ne doit pas être la ligne.  
L'extrême droite a changé parce que la société a changé ... et sans doute est-elle un symptôme majeur de cette société en mutation. 
L'enfer c'est les autres, de Jean Paul Sartre, dans Huis Clos 
 Il a commenté ainsi cette citation : les autres sont au fond ce
qu'il y a de plus important en nous-mêmes".
Pas étonnant que les outils dont se sont servis les partis traditionnels s'avèrent inopérants. A quoi sert de dénoncer l'extrême droite comme soutien des partis fascistes et nazis, alors que le fascisme et le nazisme ont disparu de la scène politique. On peut certes dénoncer le front national comme raciste, c'est pas faux. Le Front National axe son développement sur la connivence, sur l'air de "on fait tout pour les autres", avec l'idée que chacun donnera aux "autres"  la connotation qu'il voudra. Les autres, pour beaucoup, ce sera les étrangers ... et pour beaucoup ce sera "les arabes" et toutes les affirmations identitaires de l'autre ... seront autant de raison de s'en protéger. L'enfer, c'est les autres, comme disait l'autre. 
Mais le Front National n'a même pas besoin de s'affirmer ouvertement raciste, ni même ouvertement sécuritaire. Il suffira que n'importe quel parti pose de problème de l'immigration, de la sécurité, pour que le Front National engrange ce qu'il n'a pas besoin de semer. C'est le coucou de la République. 
Là où le Front National est moderne, c'est qu'il se développe non seulement sur le terrain de la connivence, mais aussi sur celui de la frustration. 
Claude Blanluet est venu rappeler la façon dont le Front National a pris la place du parti communiste, comme point de repère identitaire des frustrés de la République. Le Parti communiste s'est effondré parce qu'il était incapable d'ouvrir une perspective politique dans un monde en pleine mutation. Mais ce qui reste dans cette mutation, c'est l'inquiétude. Une inquiétude qui n'a  pas de nom, une inquiétude qui s'auto-nutrit. 
Cette inquiétude c'est aussi un besoin insatiable d'attention, et dans un monde où l'individualisme s'est considérablement développé, l'inquiétude c'est, pour le citoyen, que l'attention se porte sur quelqu'un d'autre que sur lui-même. On comprend, dans ce contexte, que les discours de diabolisation, les imprécations culpabilisantes soient sans effet sur l'électorat. 
Au fond, le vote pour le Front National, est un peu comparable aux émeutes qui ont secoué, essentiellement dans les cités des villes moyennes, la France en 2005 et à Evreux en particulier. Il y avait cet aspect paradoxal qu'elles étaient une demande de plus d'égalité et de plus de République. Or, pour réclamer plus de service public, les émeutiers s'en prenaient aux infrastructures de transport en commun, aux bus, aux pompiers, bref à tous les efforts menés par les autorités publiques en direction du quartier.
Il en va de même pour ce vote du Front National qui ne fait que renforcer une défiance croissante contre les institutions dans le sens le plus large. Ce ne sont pas seulement les politiques et les représentants de l'Etat qui en prennent pour leur grades. Les élus le savent, les policiers, les juges, mais cela va jusqu'aux enseignants et il suffit de rappeler qu'à présent, les résultats de permis de conduire sont envoyés par la poste.
Bien sur, la défiance vis à vis des institutions vient de haut. L'ex-président de la République, membre du Conseil constitutionnel en donne un exemple criant. 

Il faut changer de République

Mais ne nous y trompons pas, et le Front National ne s'y trompe pas, la volonté des Français n'est pas de détruire ni les institutions, ni la République. On n'en est pas là. La volonté des Français est que les institutions s'occupent plus d'eux. 
Avons-nous les moyens de répondre à leur demande ? C'était un peu le point de vue de Sélim-Alexandre Arrad, président des jeunes radicaux de gauche. Il faut expliquer, s'expliquer ... un point de vue qu'Olivier Taconet, remettait sérieusement en question ... lassé qu'il était par l'effort mené depuis 18 ans par la municipalité de Louviers. La pédagogie ne saurait être l'alpha et l'omega de la lutte contre le Front National même s'il n'est jamais inutile d'avoir un argumentaire.
La demande sociale est insatiable. Peut-on améliorer les services publics, lorsque tout pousse à leur rationalisation, à une meilleure gestion, à des mesures drastiques qui ont amené à la vaste réforme territoriale que rejette les radicaux ... Pourquoi la rejettent-ils ? Ce sera l'occasion d'un prochain débat. Au sein du prg et au sein d'un café radical. Parce que voilà, nous y sommes : la structure institutionnelle n'est pas en mesure de répondre aux besoins de la population. 
En fait, on en revient à l'affirmation de Christiane Taubira : les institutions sont d'abord là pour protéger les plus démunis. Et il est vrai que si l'on doit modifier les institutions, c'est non seulement pour leur permettre de se maintenir mais pour leur permettre de mieux assumer leur mission. Jusqu'à présent, la question des institutions est traitée sur la défensive. Comme si on était juste contraint de faire avec des institutions dont l'utilité est incontestable mais qui coûtent trop cher. On est là dans l'erreur majeure du gouvernement sur la réforme territoriale. "Les territoires coûtent trop cher, donc on réforme". Outre le que le fait que l'argument est contestable, on est dans le contraire de la politique. Les institutions doivent être réformées, c'est un fait. On ne vit plus dans le monde où elles ont été créées, dans la République du 19e siècle, où dans l'après guerre. Les territoires, l'organisation de l'Etat, l'éducation nationale, et la justice même doivent être réformées. Mais pas dans le but de faire des économies. C'est nul ! C'est le contraire de la politique, c'est même le contraire de la gestion.
Il faut changer de République ... mais ceci sera l'objet d'un autre débat. Le prochain café radical aura lieu après les vacances. 





mercredi 2 juillet 2014

Faisons un cauchemar ...

Voilà, nous sommes en 2017
Voilà, à la suite d'un premier tour qui a vu la candidatures à gauche, la candidature à droite d'un Sarkozy déconsidéré, de son ex-premier ministre François Fillon, et d'un candidat centriste ... Marine Le Pen aborde le deuxième tour de la présidentielle avec 40 % des voix !
Voilà, vous attendez désespérément qu'un réveil sonne, qu'on vous dise que vous avez mangé trop lourdement, que vous allez revenir à vous et que c'était qu'un mauvais rêve ...
Vraiment ?
Tout cela est impossible ?
A voir, hélas ...
Sans doute ne dépend il que de nous que cela soit impossible. d'éviter de nous réveiller avant qu'il ne soit trop tard ... et n'est il pas déjà trop tard ...
Ce sont les questions qui seront posées lors du café radical, après demain...
Ca se passera à 20h30 (et non 18h30 ... horaire changé en raison de la présence de la France lors des 1/4 de finales de la coupe du monde de football).
Vous pourrez manger, ou juste boire un verre, mais en tous les cas, débattre sur un sujet majeur qui continuera de marquer la vie politique des prochaines années.

PEUT ON ARRETER LE FRONT NATIONAL?

 
Le résultat des élections européennes imposent de reconsidérer l'attitude du monde politique vis à vis du Front National. La gauche déchirée ou déconsidérée, la droite en voie d'implosion, et la sale bête qui monte, qui monte ... Tout cela fait que nous ne devons pas limiter notre attitude à la seule dénonciation de ce que représente le Front National. La montée nationaliste est-elle le reflet d'un monde qui bouge en quête d'identité et de repères ?  La République est-elle en danger ou seulement dans une mauvaise passe ? Voilà les questions auxquelles les républicains doivent répondre, et qui seront soumises au débat vendredi soir avec Pascal-Eric Lalmy.

dimanche 29 juin 2014

Peut-on arrêter le Front National ?

Prochainement au café radical : le débat
Si la médiatisation politique se focalise sur les déboires de l'Ump, les difficultés de communication entre pouvoirs et
citoyens, il ne faudrait pas oublier cette réalité qui a fait du Front National le premier parti de France, lors des élections
européennes. Au delà des responsabilités de chacun, que faire face à la sale bête qui monte, qui monte ? Qui monte
jusqu'où et qui fera quoi une fois au sommet ? Ce qui est sur, c'est qu'il n'est plus possible de ne pas en parler...
C'est ce qui provoque naturellement le thème d'un prochain café radical terriblement d'actualité ... Venez nombreux. 

lundi 9 juin 2014

Faute politique toi-même !

Pour ceux qui en auraient douté Marine Le Pen est bien facho.

Aucune rupture entre Marine et Jean-Marie Le Pen, juste une divergence de
point de vue. Si Marine Le Pen ne rit plus aux sales blagues racistes de son
Papa gâteux, c'est que ça nuit à sa carrière politique.  
Et c'est sans doute la grande victoire de Jean-Marie Le Pen a fini par remporter sur sa fille rebelle ... celle qui voulait se faire passer pour une démocrate, chantre d'une politique nouvelle, propre sur elle, et n'ayant rien avoir avec les affres du passé de l'extrême droite française.   
Image du camp de Dachau récemment libéré. Les corps
suppliciés, en plaisanter est une faute politique pour
Marine Le Pen.  C'est tout ? 
Voilà son père qui se tord de rire en ressortant une vieille blague de congrès d'anciens collabos en mitonnant un jeu de mot entre tournée et fournée ... allusion insupportable aux fours crématoires et à la justification de la politique de Vichy et des nazis visant à l'extermination du peuple juif.
Bon, on savait que le père Le Pen était un vieux facho antisémite, revendiqué et fier de l'être, ne reculant que devant la justice qui l'a condamné plusieurs fois. Condamné par la justice, mais pas par sa fille, ni par le parti qu'elle dirige. Les blagues de vieux fachos, ne sont qu'une faute politique. Ce n'est pas une abomination, pas même une faute morale. Politique qu'elle est la faute ! Et c'est cette même personne qui a pris les voix d'un tiers des électeurs ? Ça fait froid dans le dos, non ?

Voilà pourquoi, je vous invite dès à présent à en parler lors du prochain café radical dont le sujet sera :

Peut-on arrêter le Front National ?


Le débat sera animé par notre ami Pascal Eric Lalmy, historien et membre du bureau national du Parti radical de gauche.
vendredi 4 juillet
à 18 h 30
Brasserie "Le Jardin de Bigards"
39 rue du Quai
à Louviers

lundi 2 juin 2014

Que faire contre le Front National ?

Une fois passée les premières émotions :
ni rire, ni pleurer, mais comprendre avant
de combattre.

Dans une élection, tout le monde parle à voix basse, même ceux qui se taisent. Mais, comme il y a beaucoup de monde, ça fait beaucoup de bruit... en fait, dans le résultat des élections, c'est toujours un pays qui parle.

Les élections européennes sont un moment particulier dans cette prise de parole, même si elles engrangent beaucoup d'abstention. Mais après tout, ce n'était pas tellement le cas cette fois-ci (il y a même eu un léger mieux par rapport à la dernière fois) ! 
Elles sont un scrutin à part. C'est la seule fois où l'électeur n'a qu'un seul tour. Tout le monde part en même temps. Tout le monde arrive en même temps. Certes le choix de découper la France en grande circonscriptions[i] fausse un peu la donne, mais on peut estimer avoir une bonne idée de ce qui se passe dans la tête du peuple de France.
C'est bien pourquoi, tout déni est impossible après une élection. Il existe bien, à chaque fois un message. Même si chaque électeur ne porte que sa propre voix, c'est l'ensemble des voix qui crée un chant harmonieux, un brouhaha désagréable ou un tumulte insupportable.
Et les Européennes, ça a été ça ! Le tumulte. Le tumulte des résultats, suivi du tumulte des analyses. Un vent de culpabilisation réciproque. si les gens ont voté front national, c'est de la faute des autres, soit qu'ils aient trop parlé du front national, soit qu'ils l'aient ignoré, soit qu'ils l'aient diabolisé, soit qu'ils l'aient normalisé.
Et de fait, le Front national a été ainsi traite, tour à tour pendant trente ans. Je me souviens de l'effroi que j'avais éprouvé en voyant le parti de Le Pen obtenir 10 % aux élections européennes ... en 1984, alors que Le Pen lui-même n'avait pu se présenter à la présidentielle de 1981 et réalisé 0,75 % des voix en 1974. 
 
Hervé Le Bras, démographe. Son l'analyse géo-politique est
impatiemment attendue des spécialistes après chaque élection
Comme beaucoup, j'attends toujours avec impatience l'analyse qu'Hervé Le Bras publie régulièrement dans Libération (vous pouvez cliquer sur le lien, mais manque de pot, c'est réservé aux abonnés... dommage !) après chaque scrutin électoral. Il y a là toujours quelque chose de rassurant après l'émotion des premiers moments, quand on cherche à savoir ce que disent les urnes ... après en avoir enregistré les résultats. La raison, après l'émotion.
L'invention de la France, co-écrit par
Emmanuel Todd et Hervé Le Bras
reste un ouvrage de référence pour
comprendre l'évolution régionale de
l'opinion française.


Le problème est qu'Hervé Le Bras n'est pas vraiment rassurant. Quand il parle d'une France coupée en deux, ça n'a pas le même sens que d'habitude. Certes, le Fn n'a pas progressé partout de la même manière[1]. Hervé Le Bras signale à juste titre que c'est dans les régions en mauvaise santé économique que le FN a réalisé ses meilleurs résultats, confortant le tournant politique de Marine Le Pen qui prône, au rebours de son père, le retour de l'Etat et la dénonciation du libéralisme économique. Son électorat est d'abord éloigné des grandes agglomérations, s'inquiète de l'absence des institutions qu'il accuse de le délaisser.

De fait, le vote massif pour le Front National traduit un rejet massif des élites. Plus les élites sont éloignées, plus elles sont rejetées, mais les élites, comme le rejet, commencent très bas. Ainsi (mais ce n'est pas ce que dit Hervé Le Bras) le rejet touche bien sur les Enarques, traditionnel sujet de rejet, les politiques, mais va jusqu’au plus bas niveau des institutions, tel l'enseignement par exemple.

Cela fait justement penser que la traduction française de la crise, laisse s'acheminer chez l'individu, le sentiment que les autres auraient tout cependant qu'il n'a rien. La perte de confiance, écrit Hervé Le Bras, qu'une population accorde à son élite est lourde de menace pour l'avenir.
Alors, voilà. Moi qui, sur ce sujet comme sur tant d'autres, moi qui, comme beaucoup d'autres, me suis beaucoup trompé sur ce sujet en refusant de faire du front national l'alpha et l'omega de l'action politique, je peux vous annoncer la prochaine tenue d'un café radical sur le sujet.
Ca s'appellera sans doute : est-il possible de stopper le Front National. La date, le lieu et le nom de l'intervenant vous seront bientôt précisés.

 





[1] Signalons au passage que le score canon réalisé dans la circonscription dénommée Nord-Ouest, et qui va de la Belgique à la Basse Normandie est notamment dû à la présence de Marine Le Pen en personne comme tête de liste face à des concurrents parfaitement inconnus ... effet pervers de la limitation du cumul des mandats et du découpage de la France en circonscriptions illisibles... sur ce point, la volonté conjointe des grands partis structurants (enfin, qui l’étaient à l’époque) de marginaliser toute voix discordante s’est avérée un échec patent.

 











Hervé Le Bras 



lundi 26 mai 2014

Le score du Front National ...

Une raison de plus de s'engager ...



 

 Communiqué de presse du parti radical de gauche :
Le terrible résultat des élections européennes éclaire celui des municipales et d’une montée en puissance de la défiance de l’électorat un peu partout sur le territoire national  et dans notre département en particulier.
Dans l’Eure, Vernon est la seule commune à n’avoir pas placé la liste de Marine Le Pen en tête des suffrages. Ailleurs, le parti d’extrême droite dépasse le score déjà terriblement élevé dans le reste de la grande circonscription du Nord-Ouest.
Les résultats donnent une ampleur inattendue à ce que les démocrates craignaient depuis le lancement de la campagne électorale : un rejet des partis gouvernementaux, un message européen inaudible entraînant la marginalisation de ses défenseurs, et une montée en puissance du Front National, réceptacle de toutes les rancœurs. Ils donnent a posteriori une explication crue sur les échecs supportés par la gauche lors des dernières élections municipales.

Et si vous étiez radical de gauche
sans le savoir ? La politique n'est
pas un gros mot. S'engager en 
politique est ce qu'on a encore
fait de mieux pour répondre aux 
atteintes à la démocratie et à
l'intolérance. 
Plus que jamais, le parti radical de gauche défendra l’Europe, et ses valeurs de paix, de fraternité, de liberté et d’ouverture au monde qui ont contribué à son édification. Face aux menaces consécutives à la montée du Front National il portera le projet du vivre ensemble et de citoyenneté et sera un soutien déterminé pour ceux qui sont indéfectiblement attachés aux valeurs de la République.

Dans ce contexte, le parti radical de gauche, plus que jamais convaincu que l’Europe fédérale est le seul projet viable sur le continent,  continuera de s’impliquer dans le combat politique de proximité. Il s’investira localement pour la construction du vivre ensemble autour d’un projet humaniste indispensable face à la montée des rancœurs  indigestes et des attitudes xénophobes.
Le délitement social est la cause première de la montée de l’extrême droite. La brutalité des perspectives rend plus que jamais nécessaire l’engagement politique et citoyen.  


 
Olivier Taconet
Parti radical de gauche
Président de la fédération de l’Eure