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mardi 23 août 2011

Bravo Sarko ?






Nous avons assez critiqué Sarkozy et l’incohérence de toute sa politique, taxée si justement de conservatisme frénétique par Jacques Attali, pour rendre hommage à sa récente action menée en Libye.




Sur plan de la politique internationale, erreurs et faux pas se sont succédé sous la présidence Sarkozyste.




Il ne s’agissait pas de maladresses, mais de bien pire que ça : de fautes stratégiques, largement inspirées de la politique que le Président a voulu mettre sur pieds sitôt élu avec l’Union Méditerranéenne. Après son indigne discours de Dakar, ses tentatives avortées vis à vis de la Françafrique, son projet majeur s’est, lui-aussi, révélé être une absurdité totale et nous n’avons pas fini de payer les conséquences.




Rappelons que cette Union avait notamment pour but, dans un monde figé de mettre la France, pays développé, au cœur des processus de développement de la Méditerranée, porte de sortie permettant à la France de retrouver un leadership que l’Europe ne lui permettait pas d’atteindre.




A l’occasion, cela permettait à la France d’écarter la Turquie de l’Europe et de la placer sous la dépendance des autres pays méditerranéens.




Une catastrophe !




On l’a vu dès le départ lorsque la France a payé d’un ridicule absolu cette volonté de leadership en invitant Kadhafi à Paris ! Au lieu de la reconnaissance attendue, le gouvernement a recueilli la zizanie au sein du gouvernement, les rires de la presse internationale, et le mépris du tyran tout en replaçant celui-ci au cœur du concert des Nations.




On l’a vu par la suite lors des soulèvements en Tunisie, lorsqu’Alliot-Marie a proposé au dictateur Ben Ali, un soutien policier humanitaire alors que celui-ci utilisait déjà des snipers pour enrayer les manifestations qui donnaient le signal d’un changement radical des données au sud de la Méditerranée … voilà pour ce qui est de considérer le monde comme figé et de renier les valeurs républicaines d’universalité …




Mais il ne faut pas oublier non plus l’humiliation de la Turquie contre qui Sarkozy s’est battu afin qu’elle n’entre pas dans l’Union Européenne ! On n’ose croire qu’il s’agissait là d’un simple calcul électoral destiné à s’adjoindre sa frange xénophobe … La Turquie aurait pourtant été indispensable pour construire l’avenir de l’Europe que son éloignement a continué à affaiblir. Elle aurait aussi fait de l’Europe l’instrument nécessaire à une reconstruction démocratique rapide au sud de la Méditerranée.




Conséquence parallèle, en méprisant l’Union Européenne et sa construction, l’attitude de Sarkozy a entraîné une attitude parallèle de l’Allemagne, aboutissant à un affaiblissement de l’Europe qui n’avait pas besoin de ça,




Or, une Europe forte, c’est précisément ce dont nous aurions besoin pour aider au développement humain, démocratique et économique de la Méditerranée et de l’Afrique.




Ce dernier point permet de mesurer tout aussi bien l’utilité du coup politique de Sarkozy en Libye et de sa limite. Elle lui permettra de retrouver un peu de sa crédibilité mise à mal, mais ce qui se passe en Méditerranée mérite une vision prospective qui dépasse les intérêts nationaux immédiats, économiques ou militaires. Elle concerne bien au delà de la Méditerranée, même si l’on doit reconnaître que les événements de ces derniers jours permettent à la France de retrouver une place dans la diplomatie internationale… après avoir failli tout perdre !




Que les correctifs engagés par Sarkozy permette à la la France de s’engager dans une démarche qui place les valeurs de notre République au cœur de sa diplomatie.





mardi 20 octobre 2009

Le café fait sa conférence

Conférence de presse lundi 19 octobre sur le lieu même du café radical.
Au menu un point sur le café radical qui est devenu en un an le premier café politique du département. 250 boissons y ont été prises et surtout 120 personnes y sont passées, parfois, une fois, parfois deux, parfois plus et pour les plus fidèles d'entre eux parfois toutes les fois.
Un vrai bonheur, parce que ce n'était pas joué d'avance. Le parti pris du débat a été réussi et suscite un intérêt qui dépasse Louviers et va même au delà du département...
Il fallait que cela soit dit.
Au menu aussi la présentation des prochains cafés. Hafidha Ouadah se prépare à intervenir sur un prochain café sur la burqa en présence de Chantal Robin Rodrigo, mais nous en reparlerons.
Mais, clou du spectacle, l'intervention forte et argumentée de Patrick Eric Mampouya sur le prochain café sur la Françafrique.
Oui, nous avons été scotché. Quelle ignorance nous avons de la réalité africaine, nous flottons sur nos préjugés, sur notre méconnaissance de notre propre histoire, en dehors même du mépris affiché pour ces contrées lointaines et pourtant si proches...
Nous ne pouvons pas ignore l'Afrique, terre d'avenir qui frappe à nos portes et qui réclame simplement de pouvoir vivre en dehors de la main mise occidentale...
Pourquoi, comment ? voilà le thème du débat de vendredi prochain. Patrick Eric Mampouya, ministre du gouvernement congolais en exil a vraiment des choses à dire ... tellement même qu'exceptionnellement le café commence vendredi à 18 heures, avec deux excellents films qui expliquent notamment ce qu'est le franc cfa... 'un vrai poème', derrière lequel se cache toute la dépendance africaine.
A vendredi donc, 18 heures à la brasserie du jardin de Bigards, 39 rue du quai à Louviers
Qu'on se le dise !

dimanche 11 octobre 2009

Peut-on sortir de la Françafrique ?





La Françafrique sonne comme l'échec de la décolonisation à la Française. Environ 80 ans séparent les deux dessins représentant une Afrique immature, imprimant la défiance et la douleur des anciennes colonies Françaises.
Derrière surgit la difficulté de parvenir à une réelle politique autonome du continent, s'appuyant sur ses richesses et à même d'assurer son développement.
Stephen Smith(notre photo), invité au forum Mendès France avait rappelé à quel point la France avait loupé la décolonisation, conséquence qu'on peut attribuer à un état trop centralisé craignant toute velléité d'autonomie.
Le passé colonial n'en finit pas de peser sur toute l'Afrique et sur les liens avec des dirigeants africains corrompus, laissant à des mafias les richesses de l'Afrique, et plus que tout, empêche le développement de tout un continent... laissant près d'un milliard d'Africains dans la misère avec le choix parfois entre une émigration périlleuse et la mort de faim.

La fameuse phrase de Sarkozy dans son discours de Dakar : "l'homme africain n'est pas encore entré dans l'histoire" en dehors de tout ce qu'on peut en penser, et notamment qu'elle était très malvenue venant de l'ancienne puissance coloniale, était censé donner le départ d'une nouvelle politique Africaine de la France.

On n'a rien vu venir. La mort des dictateurs donne l'impression qu'elle laisse la place à de nouveaux dictateurs. Pire, l'exploitation des richesses de l'Afrique par de grandes sociétés françaises pourrait laisser place à d'autres grandes puissances encore moins respectueuses des droits.

Autre conséquence des années de dictatures consécutives à la décolonisation : l'atomisation des oppositions.


Le café radical donne la parole à deux résistants à la Francçafrique :

Patrick-Eric Mampouya, Ministre du gouvernement Congolais en exil et Bruno Ben Moubemba, candidat récent à l'élection Gabonaise provoquée à la suite du décès d'Omar Bongo et dont les résultats contestés ont laissé la place à Ali Bongo, fils du dictateur.

Le café radical essaiera donc de donner le moyen à tous les participants de comprendre ce qui se passe en Afrique, ses richesses, ses possibilités ...


Début de la séance à 18 heures (attention, une demi-heure d'avance par rapport à d'habitude, avec un film proposé par Patrick Eric Mampouya qui ouvrira le débat)


café radical :


Peut-on sortir de la Françafrique ?

Avec Patrick Eric Mampouya, et Bruno Ben Moubamba

le 23 octobre 2009 à 18 heures,

brasserie "Le jardin de Bigards",

39 rue du Quai à Louviers

mercredi 30 septembre 2009

la Françafrique et le discours de Dakar

Le prochain café radical sera consacré à la Françafrique

Il aura lieu vendredi 23 octobre 2009 à la Brasserie "Le Jardin de Bigards" à Louviers à partir de 18 heures (attention, l'heure, vu l'importance du thème, est avancée).

Remerciements à Isabelle Mananga qui a initié ce thème et à Patrick-Eric Mampouya qui animera le café. Sur la photo jointe vous pouvez les voir en spectateurs attentifs lors du dernier café sur la réforme des collectivités locales.

Il s'agira d'un café radical exceptionnel. Au delà du thème, bien rarement traité, nous espérons la présence de Bruno Ben Moubamba, qui a donné son accord de principe à la participation.





Mais qui est Bruno Ben Moubamba ? C'est avant tout l'un des candidats malheureux à la dernière élections présidentielles du Gabon.

Bruno Ben Moubamba, intellectuel gabonais, issu d'un milieu modeste, a passé son enfance au Gabon avant de faire ses études en France où il s'est clairement et courageusement engagé dans la lutte pour les droits de l'homme.
Il a choisi de s'engager dans la campagne présidentielle gabonaise lorsque la mort de l'ancien dictateur Omar Bongo, semblait offrir une réelle opportunité d'ouverture. L'ancien dictateur soutenu par la France était image même de ce qu'il est convenu d'appeler la Françafrique.
Qu'est ce que la Françafrique, c'est ce que le café Radical aura pour tâche d'élucider le 23 octobre, mais que nous allons définir en quelques lignes : la Françafrique est le résidu tragique de la politique coloniale Française menée en Afrique. Cette politique, mise en oeuvre par de Gaulle a tant imprégné la politique extérieure de la France qu'elle semble incapable de s'en sortir, maintenant un quasi continent dans une situation endémique de sous-développement s'appuyant sur un réseau de dictatures ...
Sarkozy avait fait des promesses pendant la campagne et peu après son élection. Il a très rapidmement déchanté, et nous avec... Rappelons l'épisode de Jean-Maire Bockel, éphémère ministre de la Coopération qui s'est fait rapidement éjecter à la demande expresse du président Omar Bongo.
A peine deux années après, le discours de Sarkozy prononcé à Dakar prend une saveur étrange.

Si l'on extrait cette citation fameuse "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire" on en tire la conclusion tragique, que c'est la France, au travers de ses renoncements, qui de par ses liens avec les régimes mafieux africains, fait en sorte d'empêcher, et l'homme et le territoire africain d'entrer dans l'Histoire...
L'odieuse citation de Sarkozy n'en est que de plus en plus insupportable.