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mardi 27 juillet 2021

Au revoir Dominique

Tu es parti sans que j'ai le temps, ni moi ni personne du reste, de te dire au revoir. 

Dominique MASSON au service communication. 
Photo de Judith ALCALA
Je ne t'en veux pas pour autant, même si ça me fait une peine immense. 

Je sais que ce que tu as vécu de plus fort pour ta ville, tu l'as vécu en partie à mes côtés. Tu as été de toutes les aventures de la gauche lovérienne pendant un quart de siècle, et ça, ce n'est pas rien.  Ta générosité, ta curiosité, ton ouverture d'esprit, la finesse de tes analyses, tout ça tu l'avais mis au service de ton engagement pour ta ville et les valeurs que tu défendais avec exigence : la créativité, l'épanouissement, l'intelligence, la liberté, l'égalité et la fraternité : la gauche, quoi ! 

La Ludothèque que tu as accompagné dès sa naissance, le militantisme contre Odile Proust puis la volonté d'agir et de participer à l'épanouissement de la cité, le cabinet de Franck Martin, la communication, la culture, le spectacle vivant, le Moulin dont as encore accompagné la naissance ... que de souvenirs au service de Louviers. 

Tu es parti tout seul, alors que le collectif était tout pour toi. Tu faisais partie de ma vie, de mon engagement comme de beaucoup de ceux qui t'ont approché.

En leur nom, je te dis merci de nous avoir accompagné, et à bientôt là haut, même si ça peut faire drôle pour un athée comme toi.  Tu aurais juste tout fait pour créer du bonheur sur terre, autour de toi, ici et maintenant. 

Merci à Judith Alcala de m'avoir transmis ces photos témoignages de ton engagement. 







samedi 31 octobre 2020

Eric Montès est parti

 Adieu Eric ! 

Cela fait plusieurs années que je n'avais plus eu l'occasion de croiser Eric Montès. 

Ça n'empêche ... Sans savoir ce qu'il était devenu, regrettant de ne plus avoir de ses nouvelles, et quelle que fut la voie qu'il s'était choisie, c'était un bonheur de l'avoir croisé ... et précisément, je n'oublierais pas que je l'avais rencontré lors d'une manifestation en 1996 organisée à Strasbourg contre l'extrême droite au moment même où je venais d'adhérer chez les radicaux de gauche. Eric est une personne, une personnalité inoubliable, animateur infatigable du radicalisme. Jamais il ne se serait servi des responsabilités qu'il avait acquis  dans le mouvement pour s'imposer. C'était pas sa fougue, par son talent oratoire, par sa foi qu'il devenait un être inoubliable dès que vous l'aviez croisé. Un être entier. Comment on dit déjà ? Voilà, Eric Montès était un militant

Passionné par le débat, par les débats, il était venu à plusieurs reprises à Louviers,  animer le café radical, soutenir Christiane Taubira, et inonder de sa sympathie et de sa générosité les militants, adhérents et sympathisants du radicalisme auxquels il avait transmis sa foi. 

L'Europe, la gauche, l'antiracisme (il avait été fondateur de la Maison des Potes), il portait en lui la chaleur universaliste et humaniste issue de mai 68, dans l'incapacité d'y renoncer quels que soient les calculs qu'on aurait pu faire pour lui.

Salut mon pote !

Eric Montès lors du café radical qu'il a animé devant 35 personnes à Louviers. 


lundi 27 juillet 2020

Bonne route Claude !

Tu m'en voudras d'intervenir si tard, alors que  tu es parti si tôt. 

Je n'ai pas été là pour te dire adieu de vive voix. Alors, je me suis juste mêlé au cortège de ceux qui ont assisté à la cérémonie qui t'a rendu hommage. 


Je te savais malade mais tu avais laissé une telle trace dans la vie de tellement de monde, que je voulais rester là-dessus. Sans doute aussi, nos parcours personnels, le tien, le mien, celui de nombre de nos amis, qui ont connu, au-delà de l’usure du temps un tel chamboulement de nos valeurs et de nos rayons d’action, ont fait que je n’ai pas voulu voir ta souffrance, au même titre que j’ai un mal fou à accepter que tu sois parti sans que j’ai pu te dire adieu de vive voix.

La cérémonie a été grandiose. Léo Ferré, maître de cérémonie, nous a saisi d'emblée par son interprétation majestueuse de la ballade des pendus de François Villon "Frères Humains". Plus j'y repense, et plus je me dis qu'en son ampleur, en son texte même, en la voix de Léo Ferré et de ce qu'il représentait, tout ce qui allait dans les témoignages de ton existence redonnait de cette grandeur au texte qui, lui même, donnait le sens de ton existence[i]

Je t'ai connu par les radicaux de gauche, auxquels nous avons adhéré parallèlement, moi à Louviers et toi à Evreux, sans trop savoir où nous nous engagions mais j'ai, avec le recul, l'impression, que pour toi, comme pour moi, l"engagement voulait dire quelque chose. Au delà de la légèreté parfois affichée, il y avait tout le poids de toute une existence. 

"Et si l'on parlait du bonheur " beaucoup ont fait allusion à ce slogan de campagne de 1997.  Pour mémoire, ce slogan était issu d'un choix de communication du parti auquel tu venais d'adhérer, mais tu es sans doute le seul candidat à l'avoir suivi. Mais cet affichage sérieux n'empêchait pas ce que tu ressentais au fond de toi, ce besoin d'en découdre et d'agir, de mettre en scène l'essence de tes aspirations et de ton existence.

Cette campagne était folle, l'une des plus folles auxquelles il m'ait été donné d'assister. Je me permets d'y revenir plus précisément qu'il n'a été fait, tout simplement parce que non seulement elle a déterminé ton existence dans les 20 ans qui ont suivi, mais aussi parce qu'elle en était le révélateur. 

Comme l'a rappelé Gérard Silighini sur son blog, Claude craignait de ne pas être pris au sérieux. Il y avait de quoi. Les radicaux avaient du mal à se faire reconnaître. Le fait de mener une campagne avec une bande de copains sur le thème du bonheur, le fait aussi que le canton d'Evreux Nord n'avait été attribué par le PS aux radicaux que parce qu'aucun de leur candidat n'en voulait, étant donné que tout observateur un peu cohérent le jugeait imperdable pour la droite représentée par Blois, élu et réélu dans le plus rural des cantons d'Evreux.

De fait, le soir du premier tour, lors même que tout un chacun commençait à réconforter l'ami Claude pour le combat déterminé et courageux qui le voyait mal récompensé de ses efforts ... l'annonce tombait qu'il était irrémédiablement battu et n'avait pas eu le score suffisant pour se présenter au deuxième tour. 

Mon Dieu, j'entends encore notre Claude dire "c'est pas grave". C'était dans le hall du conseil général. J'ai vu voir le journaliste qui commençait à l'interviewer, partir sans s'excuser à la recherche d'une personnalité plus intéressante ... et puis ! Et puis, le miracle est arrivé.

Si Claude n'avait pas eu le pourcentage suffisant, c'est tout bêtement qu'il manquait le décompte d'une petite commune. C'est une erreur d'autant plus rarissime, qu'elle provenait de la préfecture même. Alors, pour quelques voix, Claude, en quelques minutes est devenu celui qui pouvait en quelques jours devenir l'élu de plusieurs mandats. Un peu comme au monopoly : erreur de la banque en votre faveur, vous recevez un deuxième tour.

Incroyable retournement de situation, qui a fait que le candidat de la Droite, arrivé largement en tête, a éprouvé le besoin de se trahir lui même. Il a pensé bêtement que demander le retrait du candidat du Front National moyennant négociation pour l'avenir pourrait lui apporter quelque chose. Claude et ses amis sautèrent sur l'occasion et transformèrent avec intelligence une élection sans enjeu, en une élection très politique. Il y eut même un article du Monde, reprenant un passage à la télé ... et ainsi commença la carrière politique de Claude élu assez nettement, avant de devenir vice-président du Conseil Général, maire d'Aviron et vice-président de l'agglomération d'Evreux. 

Ça, c'est ce que je tenais à rappeler, parce que ce moment essentiel pour lui, a aussi été un moment essentiel pour moi. 

Mais je m'en voudrais de clore cet hommage sans parler de deux éléments qui m'ont profondément marqué lors de la cérémonie et qui sont des histoires d'amitié, qui sont toujours la marque des générations. 

Ainsi Francis Courel a-t-il rappelé ses années d'amitiés, de collège et de lycée, le théâtre et l'amour de la poésie, transcendée par la volonté de transformer le monde par des gamins qui ont eu 20 ans en mai 1968. 

Et puis, et puis surtout, il y a eu le témoignage déterminant de son collègue (ah ! on ne s'appuie jamais assez sur le rôle essentiel du métier dans le comportement d'un élu) qui comme lui est passé par le monde socio-éducatif. Il y a été question de l'aventure qu'a représentée la mise sur pied d'un équipement. Derrière ces mots, je comprenais ce qu'a représenté pour ces jeunes gens, tous utopistes, parce que, sans doute il faut être utopiste pour aller chercher des jeunes en perdition, et leur montrer la rigueur adulte qui seule permet d'ouvrir la voie pour les enfants perdus livrés à la violence. Oui, Claude Béhar était ça, ce mélange d'utopie et de rigueur, cet équilibre indispensable qu'il a su manier dans son métier comme dans sa vie d'élu sans jamais omettre la joie de vivre, la solidarité, la convivialité qui permet seule de résister aux épreuves du temps. Ainsi, quand le collègue de Claude (je m'en veux de n'avoir pas noté son nom) a expliqué que Claude avait été le voir pour l'informer de sa décision de faire de la politique, de se présenter aux élections ... son ami ne l'a pas encouragé, loin de là. C'est que, pour lui aussi, l'engagement voulait dire quelque chose, et qu'il était anarchiste ... 

Mais tout cela, c'était avant que le destin emporte Claude ! Quel destin magnifique, insoupçonné ... Merci Claude de m'en avoir fait profiter, comme tu as su en faire profiter ceux que tu as aimé, côtoyé, administré (eh oui ! Tu as été maire, ce n'est pas rien ... et les Avironnais t'en sont reconnaissants). Tu as été un amateur magnifique, un père extraordinaire, pour reprendre les mots de ton fils, un compagnon que j'ai été heureux de croiser sur ma route, un poète dont tout le monde attendait les vœux chaque année qui se faisait, et qui aimait ce qu'il faisait et qui faisait ce qu'il aimait. 







[i] Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurcis
Car si pitié de nous pauvres avez
Dieu en aura plus tôt de vous merci

Vous nous voyez ci attachés cinq six
Quand de la chair que trop avons nourrie
Elle est pieça dévorée et pourrie
Et nous les os devenons cendre et poudre
De notre mal personne ne s'en rie
Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre

Si frères nous clamons pas n'en devez
Avoir dédain quoique fûmes occis
Par justice toutefois vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis
Excusez-nous puisque sommes transis
D'envers le fils de la Vierge Marie
Que sa grâce ne soit pour nous tarie
Nous préservant de l'infernale foudre
Nous sommes morts âme ne nous harie
Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre

La pluie nous a débués et noircis
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés
Et arraché la barbe et les sourcils
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis ça puis là comme le vent varie
A son plaisir sans cesser nous charrie
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre
Ne soyez donc de notre confrérie

Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre 




lundi 11 décembre 2017

Le parti radical de gauche est mort

VIVENT LES RADICAUX DE GAUCHE
Les radicaux de gauche sont bien vivants autour de la nouvelle bannière, Virginie Rozière, entourée de Stéphane Saint-André et d'Olivier Taconet et d'une trentaine de radicaux décidés à construire leur avenir
Disons-le tout de suite, le mariage est passé complètement inaperçu. C'est que, au même moment, à quelques mètres de là, la foule s'amassait pour rendre hommage au chanteur français le plus populaire du siècle. Tout effort pour promouvoir quoi que ce soit d'autre était peine perdue, sans parler de faire passer un message politique. Cela ne veut pas dire cependant que ce qui s'est passé ce samedi 9 décembre 2017, date anniversaire de la loi de la laïcité, soit sans conséquence sur la vie politique française. 

Le parti radical de gauche a donc voté dans l'indifférence générale son propre suicide avec 85 % des votants. Ce score en a impressionné plus d'un. Les opposants à la fusion sentaient pourtant que le scrutin pouvait déjouer les pronostics mais ... un appareil reste un appareil. Comme disait justement Paul Dhaille : c'est plié. Ils ont réservé la salle et le traiteur. Ce n'est pas pour s'emm... avec un vote. 

De fait, le bruit a couru de manière insistante que l’utilisation des pouvoirs des fédérations non représentées était laissées à la discrétion de la Présidente. Une procédure beaucoup plus facile à faire passer lors d'un vote électronique… Comme beaucoup de radicaux de gauche avaient renoncé à se déplacer et pour refuser de cautionner la démarche et pour éviter d’assister à leur mort programmée, le résultat fut d’une brutalité sans appel.
Dommage pour la démocratie et le débat.
Ni vote des militants (le congrès, comme on a pu le voir, est une instance déléguée, et ne représente qu'une faible partie des adhérents), ni débat n'ont précédé cette fusion qui ne ressemble à rien. Rappelons qu'à l'intérieur des fédérations départementales consultées, une grande majorité s'opposait au rapprochement avec les valoisiens. 
Il n'empêche. Une fois passées larmes et désillusions, les opposants actifs se sont retrouvés dans un restaurant voisin "La Terrasse" que nous avions réservé à proximité du congrès. Ici le débat et la détermination ont été lancés. L'espace réservé à l'origine s'est révélé insuffisant pour accueillir toutes les bonnes volontés. De nombreux Jeunes Radicaux de Gauche nous ont rejoint avec leur énergie ce qui nous a permis de refaire le monde assez rapidement et au passage de jeter les bases de l'action. 
Plan d'attaque, plan d'action, plaisir à être ensemble, voilà le mélange idéal pour bâtir l'avenir et construire le radicalisme de demain, base d'une gauche à même de répondre aux défis du siècle.


À très vite ! 

lundi 4 décembre 2017

ma lettre à Sylvia Pinel

Madame la Présidente, chère Sylvia




Tu viens de m'écrire, ainsi qu'à presque tous les adhérents du parti radical de gauche, une lettre (à laquelle tout un chacun peut avoir accès en cliquant là ) qui m'a laissé un temps sans voix avant de me dire que, finalement, elle méritait réponse.

C'est entendu, la politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, et nous-mêmes ne nous sentons pas très bien. Il n’empêche, rien dans ton courrier ne répond aux attentes économiques, politiques et sociales alors même que si la politique doit avoir un sens, et derrière elle les partis, c’est bien pour donner un sens à l’action, en dégager les enjeux et faire des propositions alternatives.  
Or, non seulement la fusion que tu proposes n’offre pas d’alternative, mais, pire encore, elle ne donne pas non plus les moyens d’en construire une.

Un autre radicalisme est possible
Tu décides de rayer d’un trait de plume l’histoire du parti radical de gauche, en proclamant que l’Histoire impose le rapprochement des deux familles radicales. Macron aurait, par miracle, fait disparaître les notions de droite et de gauche, réalisant ainsi le vieux rêve de la famille centriste. Tu en prends acte dans la vidéo que tu publies sur le site du prg en déclarant que le projet de la famille radicale réunifiée est de redevenir … «ce parti du centre »
Tu m’excuseras de ne partager ni ce point de vue ni ce projet. Je n’y vois aucune affirmation d’indépendance, mais au contraire la démonstration que notre parti est non seulement sous influence mais se refuse à la réflexion, laissant ce rôle à la future structure.

Le devoir de mémoire
Or nous avons une histoire, et personne ne peut, à notre place en faire le bilan. Nous le devons à nous-mêmes, nous le devons aux adhérents, aux sympathisants et aux électeurs, à tous ceux qui nous ont suivis pendant toutes ces années. Avec nos adresses et maladresses mais avec notre cœur, nous avons contribué à l’histoire de la gauche et à l’évolution de la société française. Il est une citation qu’on accorde tantôt à Churchill, tantôt à Confucius disant qu’un peuple qui renonce à sa propre histoire, se condamne à la revivre. Dans notre cas, refuser notre histoire, la considérer comme une parenthèse nous condamne tout simplement à mort. Ce n'est rien moins qu’un reniement de ce que les radicaux de gauche ont construit pendant des années, avec les figures contestables et incontestables de Bernard Tapie, Michel Crépeau, Christiane Taubira, Bernard Kouchner et Jean-Michel Baylet notamment. Les radicaux ont ancré à gauche le besoin de renouvellement social, la mise en avant de la laïcité quand elle semblait une évidence assise, la réflexion sur l’économie solidaire, l’attention à l’évolution des mœurs face à l’ordre moral oppressif.
Tout cela, résumé trop rapidement, raconte à quel point nous avons eu notre rôle dans la vie politique, en dépit de notre faible poids électoral, précisément à cause de notre indépendance et de la détermination de nos dirigeants, de nos élus et de nos militants.

La politique n’est pas un ventre mou
Tu verses dans la palinodie en nous proposant d’échanger notre action au service d’une gauche moderne contre la perspective de nous installer dans le centre, ventre mou de la politique, auquel nous apporterions la bonne parole radicale.
Tu m’excuseras de ne pas répondre à cet acte de foi.
Quel avenir pour une fusion lors même que nous renonçons à la gauche qui faisait notre identité. Depuis 20 ans que je suis au parti radical de gauche, j’ai pu constater que 80 % des adhérents ont adhéré parce qu’ils étaient de gauche.
Tu nous proposes de nous unir à ceux qui nous ont combattus, qui ont notamment soutenu Nicolas Sarkozy et qui, localement, ont combattu nos équipes ou nos alliés.
Penses-tu vraiment que la victoire d’Emmanuel Macron ait effacé l’histoire de ces dernières années ? Penses-tu qu’Emmanuel Macron ait effacé les notions de droite et de gauche ? Penses-tu que, comme l’ensemble des partis sous influence, l’avenir de la politique ne puisse se situer que dans le ventre mou du centre, où déjà, face au parti du Président, nous n’aurons pour perspective que de nous noyer ou de nous entre-déchirer avec l’Udi, l’Udf, le Modem, les centristes, sans parler d’autres officines créées par des politiciens cherchant à sauver leur boutique.
Pour ma part, je ne serai pas de ce renoncement radical.

L’espoir est ailleurs.
La politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, cela ne signifie pas qu’ils doivent mourir.
La politique est malade et Macron en est le symptôme, même si son élection improbable a permis d’écarter du pouvoir les populistes de la France Insoumise et du Front National.
La gauche est malade, parce qu’elle s’est montrée incapable et de tirer son propre bilan et de tracer des perspectives cohérentes.
Le radicalisme est malade parce que sa santé fragile a été ébranlée par l’émergence du macronisme et la déroute de ses alliés.
Mais ni la politique, ni la gauche, ni le radicalisme ne sont morts. Ils revivront parce qu’ils sont indispensables à la respiration de la démocratie.
Le radicalisme, fragile encore, doit être au centre de la recomposition de la gauche de gouvernement. Une gauche créative, attentive, apte à répondre aux nouveaux défis du monde, qu’il s’agisse de l’éducation d’abord, dont la modernisation est durement attaquée par le nouveau gouvernement, liés qu’il s’agisse de la citoyenneté moderne et des enjeux liés à la protection des lanceurs d’alerte, à la protection de l’individu dans la société numérisée, qu’il s'agisse de la relation de l’humain au travail à l’heure de la robotisation, qu’il s’agisse encore de la formation tout au long de la vie, bref, qu’il s’agisse du projet de l’épanouissement de l’humain et de son rapport à la nature reconsidéré par le réchauffement climatique. Le radicalisme encore, créateur de la laïcité, doit promouvoir ce concept dans un projet universel. Cette vision universaliste propre à la gauche est aussi la seule voie qui puisse permettre une solution à la crise des réfugiés.

De tout cela, je n’ai pas vu trace dans ta lettre. Je suis persuadé que sur ces points fondamentaux, nous aurons les plus grandes difficultés à trouver des points d’accord avec cette branche du radicalisme qui a soutenu la saisine du conseil constitutionnel pour faire abolir la loi sur le mariage pour tous, dont les radicaux de gauche sont les parents.


C’est la raison pour laquelle, Madame la Présidente, chère Sylvia, je voterai contre la disparition des radicaux de gauche dans le projet de fusion avec les radicaux valoisiens.

Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche

lundi 13 février 2017

Hommage à Michèle RIVE par Michel CHAMPREDON

Michèle Rive était présidente de Biocoop
Michèle RIVE nous a quitté. Militante active et irremplaçable de la vie associative départementale, elle était la présidente de BIOCOOP.

L'incinération de Michèle Rive aura lieu au 

crématorium du cimetière des IFS à la Madeleine 

d'Evreux vendredi prochain le 17 février à 10h30.

Michel CHAMPREDON, maire d'Evreux de 2008 à 2014,l'avait nommé adjointe chargée de l'action sociale. Il lui rend hommage en retraçant avec émotion un parcours de combat et d'amitié.


Hommage à Michèle Rive, une femme sincère et engagée
par Michel Champredon, maire d’Evreux 2008 – 2014


Michèle Rive nous a quitté discrètement, comme elle était, comme elle vivait. Femme engagée, passionnée, désintéressée, ni prétentieuse, ni accro du pouvoir elle marquait sa présence par ses réflexions et ses idées souvent audacieuses, parfois même iconoclastes, alimentées par son engagement dans le mouvement écologiste et ouverte aux pensées alternatives.
Michèle Rive fut un compagnon de route d’une loyauté et d’une fidélité exemplaires pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas si fréquent en politique. Sur les choix nationaux, nous étions plutôt différents : quand elle était avec Michel Rocard, j’étais avec François Mitterrand ; quand elle choisissait Lionel Jospin, je choisissais Laurent Fabius, quand elle votait oui au Traité constitutionnel européen, je votais non, quand elle soutenait François Hollande je soutenais Martine Aubry. Puis, membre du Parti socialiste elle a évolué vers les Verts et moi vers les Radicaux de Gauche.
Mais sur le plan local, nous faisions la même analyse de l’évolution notre ville d’Evreux et de son agglomération. Nous avions la même ambition pour leur développement économique et culturel, la même envie de renforcer les associations avec un service public local qui remplisse pleinement son rôle, la même soif de développer la démocratie locale.
Michèle Rive fut vice-présidente du Centre communal d’action sociale pendant six ans (2008 à 2014). Je lui avais laissé beaucoup de latitude et elle s’y est pleinement engagée avec compétence, connaissant parfaitement ses dossiers. Je savais qu’avec une élue de son tempérament, le maire que j’étais pouvait dormir tranquille. Je suis sûr que les agents du CCAS conservent d’elle un fort souvenir, comme les usagers qui ont eu affaire à elle.
Car au-delà de son engagement politique, Michèle Rive était aussi une femme d’entreprise. Outre son activité de formatrice qu’elle avait géré elle-même, elle avait obtenu la confiance du conseil d‘administration de Biocoop pour diriger et redresser cette coopérative en difficulté.
Femme de caractère elle ne mâchait pas ses mots et savait se battre pour défendre ses positions, quels que soient les risques. Elle ne manquait pas de courage, ce qui en faisait un adversaire parfois difficile. Comme souvent les femmes en politique (c’est le constat que j’ai fait) elle était non seulement très investie mais aussi droite dans ses positions, refusant les compromissions. Elle était du style à « perdre les élections plutôt que de perdre son âme ».
Michèle Rive était de ceux de mes proches, à la personnalité affirmée, qui pensent par eux-mêmes et qui, par leur analyse différente me permettent de ne rien oublier d’un aspect d’un dossier et de penser les choses en sortant du carcan du système.

Elle n’aimait pas la flagornerie et elle n’aimerait pas qu’on dise qu’elle n’aurait eu que des qualités, ce qui est parfois l’écueil des éloges funèbres. J’arrête donc en conservant de Michèle Rive Malgré les beaux moments passés ensemble, nos débats, nos années d’engagement pendant lesquelles l’amitié avec Michèle Rive a toujours été intacte.

dimanche 15 janvier 2017

Heureusement qu'il y a Sylvia

Non, la primaire de la gauche n'est pas la primaire du PS. A coté des  4 représentants du parti socialiste, il y a deux personnalités issues des Verts et la seule femme candidat de cette élection, la radicale Sylvia PINEL.
Ainsi donc, au milieu des petits calculs revanchards,  des courants et des postures, s'élève une voix différente, la voix de la République moderne, la voix de la vérité, la voix de Sylvia Pinel, benjamine des candidats.
Elle parle avec franchise des grands sujets, sans faire de phrase et fait les propositions réalistes en matière sociétale, économique et administrative. Elle n'a pas peur de soutenir les aspects positifs du gouvernement auquel elle a participé, alors qu'autour d'elle, on se réfugie dans la critique, pour ce qu'on pense qu'elle peut rapporter.
Quelle leçon donnée sur les migrants, tant il est facile de vanter, avec juste raison les efforts des collectivités locales et des associations ... sauf que l'Etat a eu une réelle politique, discrète, efficace, et efficace parce que discrète, concernant la répartition des réfugiés dans les centres d'accueil et en parlant du travail des préfets.
Bien sûr, parler des migrants, c'est parler de l'Europe, parler de la France, c'est parler de l'Europe, parler de Trump et de ce qu'il faut faire face à lui, c'est encore parler de l'Europe ... et c'est pourquoi Montebourg qui fait partie des fossoyeurs de l'Europe est absolument inaudible. 
Même chose pour la légalisation du cannabis, vieille revendication des radicaux, à laquelle Benoît Hamon vient de se joindre. 
Même chose pour la 6e République, même si elle est revendiquée par les Verts et Arnaud Montebourg. 
Oui, la République moderne, c'est l'affaire des radicaux, les inventeurs de la laïcité, et qui continuent de faire avancer la République.
Oui, heureusement qu'il y a Sylvia. 









mardi 20 décembre 2016

Sylvia Pinel, l'indispensable candidature

Au comité directeur, j'ai défendu sans hésitation la candidature de Sylvia Pinel à la primaire citoyenne. Question de cohérence... même si quelques temps auparavant, la même Sylvia Pinel avait demandé le soutien du parti pour se présenter hors primaire à la présidentielle. 
Sylvia Pinel, présidente du PRG
candidate à la primaire de la gauche
J'avais défendu la candidature hors primaire de Sylvia Pinel, parce que j'y voyais comme un électrochoc nécessaire à la gauche, et comme un soutien implicite à une candidature de François Hollande. François Hollande a choisi de ne pas se représenter. C'est, de mon point de vue, catastrophique. Non seulement parce que son bilan est bon mais surtout parce que son absence signifie clairement que la gauche réformiste se montre incapable de défendre son bilan. J'y vois comme principaux responsables les dirigeants socialistes, qui, comme le disait Paul Dhaille lors du café radical que j'ai organisé à Louviers rappelait que dès l'élection du Président de la République, diverses personnalités socialistes se sont acharnées à tirer contre leur propre camp, pensant préparer ainsi leur avenir personnel. Ah, disait-il, quand un radical parle de gauche, quand il parle de République, il pense gauche et République, alors qu'un socialiste a toujours en tête l'avenir de son propre courant. La confidence de Paul Dhaille, qui a passé plusieurs années au parti socialiste et qui en a même été le député, prend une couleur terrifiante dans la situation actuelle. Ainsi, en titrant "peut-on bloquer Marine Le Pen ?", j'avais bien conscience de toucher là où ça faisait mal. De fait, le café radical a été le plus intéressant depuis la création des cafés radicaux. 
En me rendant au Comité directeur le 13 décembre dernier, j'avais bien l'intention de défendre la candidature radicale de Sylvia Pinel lors des primaires, m'opposant à ceux qui souhaitaient un soutien à Emmanuel Macron, comme à ceux qui voulaient maintenir une candidature directe à la présidentielle.
Voici le texte de ma déclaration :


Il y a des fois, dans la vie politique où l’on a envie de se mettre la tête dans le sable en attendant la fin des secousses du tremblement de terre.
On a envie, mais on ne peut pas le faire, on ne doit pas le faire. Cela s’appelle la responsabilité.
J’ai posé une question lors du dernier café radical : peut-on bloquer Marine Le Pen? Ça ne vous surprendra pas, mais je n’ai eu aucune réponse.
 Toutes nos évidences d’hier deviennent nos incertitudes d’aujourd’hui.  Déjà, à gauche comme à droite, on  se prépare à ce choix cornélien : appeler à voter avec la droite extrême de François Fillon pour contrer l’extrême-droite de Marine Le Pen. Et c’est d’autant plus insupportable qu’autour de nous, on ne sent ni enthousiasme pour la droite, ni non plus pour l’extrême droite, et encore moins pour la gauche, certes, mais pas un rejet non plus. Peut-être est on dans une période où la France s’ennuie, comme disait Pierre Viansson-Ponté, quelques semaines avant mai 68.
De ce point de vue, je tiens à rendre hommage à Sylvia Pinel. Ne pas se présenter serait irresponsable. Cela voudrait dire que le radicalisme est absent d’un débat indispensable. Le choix de se présenter hors primaire était parfaitement justifié, même si, je dois dire, cette audace n’a eu que très peu de répercussion dans la population et ni même créé d’enthousiasme autour de nous. Nous sommes dans le contexte dangereux d’une France fragilisée dans un monde tremblant où la gauche est malade de la peste c’est à dire que chacun s’y tape dessus dans la seule perspective de faire mal pour ne pas se faire oublier.
Le pire n'est jamais sûr. Ni la gauche, ni les radicaux ne peuvent se permettre
de se laisser aller à la désespérance. La participation au débat est un moyen
de défendre les valeurs qui sont au cœur de notre République et dont elle a
d'autant plus besoin qu'elle est en danger. 
Alors maintenant, Sylvia, tu nous demandes notre soutien pour participer à la primaire de citoyenne, celle que les journalistes appellent malicieusement la primaire socialiste, celle-là même que tu as dénoncé il y a 15 jours. Je le dis tout de suite, Sylvia, tu as mon soutien et le soutien de la fédération de l’Eure.
D’accord, les socialistes s’arcboutent sur leur dérive sectaire et excluent d’office trois candidatures qui représentent quelque chose à gauche, Larouturou, de Nouvelle Donne, Faudot du mouvement de Chevènement et Sébastien Nadot, du mouvement des progressistes. En toute logique, nous ne sommes donc pas sûrs d’y être admis. Aussi tu as mon soutien parce qu’il faut faire entendre aux socialistes qu’ils ont une responsabilité à l’égard de toute la gauche et que s’ils s’entêtent à se saborder comme les pirates d’Astérix c’est toute la gauche qu’ils risquent d’entraîner par le fond. Tu as mon soutien parce que tu seras l’une des seules, voire la seule candidature féminine et que tu auras toute chance d’être écoutée. Tu as notre soutien, parce que tu vas porter la voix de la jeunesse, la voix de l’innovation, la voix de ce que doit représenter l’Europe, la voix de la sincérité face à des candidats qui vont s’engluer dans leur mortifère guerre de courants. Tu as mon soutien, parce que ni Valls, qui reprend le programme de Sarkozy sur les heures supplémentaires, ni les frondeurs, ni les frileux de l’Europe, encore moins les soutiens de Poutine ne peuvent nous représenter. Oui, il faut aller à la primaire, parce que, quoi que devienne la France, quoi que devienne la gauche, nous nous devons de représenter un espoir.
En revanche, bien sûr, si jamais nous nous faisons jeter par nos amis socialistes en quête d’irresponsabilité, alors nous aurons toute légitimité pour nous adresser au peuple français, sans doute en collaboration avec les trois représentants qui se sont vu interdire la participation aux primaires.


mercredi 7 décembre 2016

angoisse au comité directeur !

Détail du Jugement dernier, triptyque du
peintre primitif flamand Rogier Van des Weyden
J'ai beaucoup apprécié l'intervention de Sylvia Pinel, présidente du prg, sur RTL et Europe 1. J'avais apprécié quelques jours plus tôt son intervention lors de la convention nationale, pourtant contradictoire. Je l'avais évoqué sur ce blog et dans un communiqué de presse largement repris par Paris Normandie. 
J'y voyais l'évidente poursuite d'une démarche visant à mettre fin au combat fratricide, qui a marqué tout le quinquennat de François Hollande. Le résultat de cette guerre est là sous nos yeux. 
Le départ de François Hollande, le fait que son parti rende même impossible qu'il défende son mandat place la France dans une situation terrible : avoir le choix entre la droite extrême de François Fillon et l'extrême droite de Marine Le Pen.
Bien entendu, la candidature de Sylvia Pinel avait pour but de s'opposer à ce choix en espérant que la candidature du président de la République puisse ouvrir cette chance en évitant et le jeu de massacre prévisible de la primaire, préalable à celui des présidentielles avec l'éparpillement des voix de gauche.
L'article paru dans Paris-Normandie. Un seul reproche à cet article : on me cite comme
défenseur de Macron en reprenant des propos que j'ai tenu avant qu'il ne quitte le
gouvernement pour tenter l'aventure en solitaire, hors des repères droite-gauche. Ce n'est
pas mon combat. Il l'est d'autant moins qu'il risque de mener la France à un désastre
politique dont tous seraient victimes. 
Or, la France n'a pas mérité ça. La gauche, n'a pas mérité ça. Les radicaux ne veulent pas participer à ce comportement suicidaire, dû notamment à l'irresponsabilité des politiques de parti. Cela est d'autant plus insupportable que la gauche a encore toute sa place dans le paysage politique.
Nous avons peu de temps pour sauver la situation. Les radicaux doivent tout faire pour sauver la gauche, tout faire pour sauver la France.
Pour l'instant, Sylvia Pinel est la seule ou presque à prendre conscience de la gravité de la situation. 
Tout faire pour arrêter le massacre ! Le prg sera à l'avant-garde du combat !
Souvent, dans l'histoire récente les radicaux de gauche ont eu ce rôle d'initiative qui ont amené à se rassembler dans les pires situations. Ce fut notamment le cas lors de la création de la majorité plurielle. 

Le comité directeur du parti radical de gauche se tiendra le 14 décembre et aura à décider de la stratégie du parti dans cette période difficile. 
A quelques jours de cette échéance, le café radical qui se tiendra en présence de Paul Dhaille, délégué général du parti radical de gauche prendra une dimension particulière, et le débat sera riche et actuel.
Paul Dhaille, délégué général
du parti radical de gauche
café radical au Big Arts, 39 rue du Quai 
vendredi 9 décembre à 18h30
Peut-on stopper Marine Le Pen ? 
Débat animé par Paul Dhaille et  Franck Martin 

dimanche 4 décembre 2016

café radical vendredi : Peut-on bloquer Marine Le Pen ?

Terrifiante perspective. L'état de la gauche à quelques mois des Présidentielles ne laisse espérer qu'un terrible choix entre la droite extrême représentée par Fillon et l'extrême-droite de Marine Le Pen. 
Les sondages donnent Fillon gagnant alors que la campagne n'est pas encore lancée... mais on est bien loin de toute certitude. Le populisme gagne des points un peu partout dans un monde incertain. Le programme de Fillon est à l'opposé des valeurs de gauche sur le plan social comme sociétal. Déjà des voix de gauche s'élèvent pour dire qu'elles ne se porteront jamais sur Fillon. 
L'Europe aura les yeux fixés sur la France au soir du premier tour. La défaite de l'extrême droite en Autriche laisse entrevoir un répit à la montée du populisme, La question de Le Pen est, hélas, devenue la question de l'avenir de la France, de l'avenir de la politique, de la droite, du centre et même de la gauche.  
Le café radical relève le défi et pose la question lancinante de la politique : 

Peut-on bloquer Marine Le Pen ? 

Paul Dhaille,
délégué national du
parti radical du gauche
Pour en parler Paul Dhaille et Franck Martin.
Paul Dhaille, ancien député maire de Lillebonne est délégué général du parti radical de gauche
Franck Martin
et
Franck Martin, ancien maire de Louviers, figure politique régional
animeront le débat ouvert à tous.




café radical 

Vendredi 9 décembre à 18h30
Au Big Arts
39 rue du Quai
27400 Louviers





jeudi 1 décembre 2016

Sylvia Pinel : le sens d'une candidature

Privé de tribune ! ... Surprise ce matin, la Dépêche n'a pas publié la tribune que je lui avais transmise ce mardi. En raison sans doute de l'abondance de l'actualité et des placards publicitaires à l'approche des fêtes. 
La voici donc cette rubrique qui explique le sens de la candidature et la décision des radicaux à ne pas se présenter à la primaire du parti socialiste, lors même que le prg était à l'origine de l'organisation des primaires il y a 5 ans. Possible d'ailleurs qu'encore une fois les radicaux de gauche démontrent une nouvelle fois leur fonction anticipatrice au sein de la gauche.


La gauche malade de la peste


La gauche française illustre tragiquement le fait qu’en cas de difficulté, certains ont tendance à faire exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire. Quand il faudrait s’unir face au danger, on passe son temps à se disputer la responsabilité de la catastrophe.
Sylvia Pinel, le 26 novembre, lors de la convention nationale du prg.
Elle a été plébiscitée pour se présenter comme candidate en dehors de
l'embrouillamini de la primaire du parti socialite. 
La droite vient de se regrouper derrière sa figure la plus austère, offrant à la Nation la terrible perspective d’un choix entre la droite extrême et l’extrême-droite, et la gauche poursuit son émiettement. La candidature radicale de Sylvia Pinel à la Présidence de la République en est le dernier avatar. Il fait suite aux primaires écologistes, aux attaques des députés frondeurs, aux attaques des anciens ministres Montebourg et Hamon, à la déclaration de Macron, aux candidatures de Mélenchon cependant qu’on attend celles des gauchistes comme inéluctables et aux tensions jusqu’aux plus hautes instances de l’État.
Le parti radical de gauche est, depuis le début du quinquennat de François Hollande, le plus fidèle partenaire de la politique gouvernementale. Contre vents et marées, les radicaux sont la seule famille politique à ne s’être pas laissé aller à une critique ouverte, ne cédant jamais aux attaques ad personae contre le Président de la République qui ont fait le bonheur de la presse et des pires adversaires de la gauche. Les alliages de mauvaise foi et d’ambitions personnelles ne doivent pas priver le peuple français du débat nécessaire que  la campagne présidentielle doit lui offrir.
Dans ce cadre, il n’est pas question pour les radicaux de gauche de participer à cette drôle de primaire curieusement socialiste, dont les participants auraient utilisé toutes leurs forces pour attaquer le président de la République. Les institutions doivent être respectées. 
Le pays a trop besoin de la gauche pour que celle-ci se
permette une attitude suicidaire dont personne ne sortira
gagnant.
Pour les radicaux, la gauche n’a pas vocation à agir comme les pirates d’Astérix, qui préfèrent se saborder eux-mêmes plutôt que d’affronter la réalité en face. Or, la réalité, c’est la menace d’un choix insupportable entre un tenant du libéralisme à la Thatcher et une populiste semant  la discorde et la haine au sein de la société française avec la ruine de la Nation pour seule perspective.
Les radicaux prennent leurs responsabilités en s’inscrivant dans le débat national. Dans les mois à venir, tout peut se produire, le pire comme le meilleur. Au sein de « Les Républicains », la situation s’est clarifiée. Restent bien évidemment, les multiples candidats de la droite et du centre qui n’ont pas participé aux primaires.
Tout est possible. Mais si la gauche est incapable de reprendre le dessus, elle laissera le champ à un affrontement entre Fillon et la candidate du Front National qui serait la solution du pire. Marine Le Pen a des atouts électoraux incontestables, elle est porteuse d’un courant international qui a amené le Brexit, la victoire de Trump et des forces qui, à travers l’Europe remettent en cause les libertés fondamentales, le droit des femmes et les principes humanistes qui ont préservé le monde de la catastrophe, fondé l’Europe et la Nation Française.

Olivier TaconetPrésident de la fédération de l'Eure
du parti radical de gauche




Post scriptum : 
Ne pas oublier le prochain café radical
Paul Dhaille,  délégué national du prg
animera le café radical vendredi 9 décembre
(crédit photo Emmanuel Pain)

PEUT ON STOPPER MARINE LE PEN ? 

Débat public animé par Paul Dhaille, délégué général du parti radical de gauche et Franck Martin, ancien maire de Louviers.

Vendredi 9 décembre 2016 18h30
au Big Art, 39 rue du Quai
27400 Louviers






vendredi 14 octobre 2016

fiches S transmises aux maires ? Michel CHAMPREDON dit NON

Guy LEFRAND, le nouveau maire d'Evreux, qui s'est placé sous la coupe de Bruno Le Maire a défrayé la chronique récemment en exigeant que les fiches S lui soient transmises. J'ai dit dans le précédent post, ce que cette sortie médiatique m'inspirait : une poussée de Bruno Le Maire en personne pour faire un effet de test sur un sujet qui mérite pourtant le plus grand sérieux.
C'est sur ce sujet sensible que s'exprime Michel Champredon, le prédécesseur radical de l'actuel maire d'Evreux. 

Michel Champredon fait naturellement autorité, puisqu'il a eu la responsabilité de la gestion municipale pendant 6 ans. Le café radical reproduit son propos argumenté en réponse aux propositions de son successeur. 
Premier rappel avant de lire l'article : 
Qu'est ce qu'une fiche S
La lettre S est l'abréviation de « sûreté de l'État ». Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI)1.

La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne.

Kinshasa, le 14 octobre 2016

NON à la communication des « Fichés S » aux élus locauxPar Michel Champredon, ancien Maire d’Evreux

Maire d’Evreux (54 000 habitants) et Président de l’Agglomération du Grand Evreux (37 communes et 85 000 habitants) de 2008 à 2014, j’ai écouté avec attention la demande de certains maires de Droite comme de Gauche, d’obtenir des services de police la liste des habitants de leur commune « Fichés S ».

Une certaine légitimité, une fausse-bonne idée

Spontanément, j’ai compris la demande et j’y trouvais même une certaine légitimité s’agissant pour un maire, responsable de l’ordre public dans sa commune, de mieux connaître sa population et d’anticiper d’éventuels enjeux de sécurité.
Le Ministre de l’Intérieur a refusé au motif que, cette information rendue publique, empêcherait les forces de l’ordre de surveiller efficacement les personnes « Fichée S ». L’objection est fondée.
Pour ma part, je souhaite apporter un autre éclairage sur les conséquences de cette revendication que je qualifie de
fausse-bonne idée. Ce serait un mauvais coup porté à la cohésion sociale et reviendrait en boomerang contre les maires. Par ailleurs, elle changerait leur rôle en matière de sécurité. C’est finalement un piège dans lequel l’élu serait pris, sans pouvoir apporter de véritables réponses aux attentes ainsi générées. Par ailleurs, ce serait une grave remise en cause l’Etat de droit. Pourquoi ?
Pour le démontrer, imaginons que satisfaction soit donnée. Que se passerait-il ?

La cohésion sociale fracturée

Scénario : Le préfet adresse au maire la liste des « fichés S » de sa commune. La lettre est ouverte au cabinet du maire
(voire au service courrier). Elle est lue pour transmission à la personne en charge de ce domaine. Elle va au secrétariat
du maire, et au conseiller en charge de ce domaine, chez le directeur général des services, à la police municipale. Le
maire demandera à son directeur général des services de vérifier auprès de la direction des ressources humaines si la
commune embauche des personnes fichées. On vérifiera également au service vie associative si la ville subventionne une association embauchant une de ces personnes ou l’ayant au titre de ses responsables bénévoles.
A chaque étape, la personne lit le courrier et en parle à deux ou trois collègues proches. L’information étant importante et même sensationnelle… on en parle, on la partage et on la commente. Et on peut dérouler la pelote… en un ou deux jours, la lettre du Préfet aura été lue par une dizaine de personnes qui, chacune, en aura parlé à une dizaine d’autres… (et même photocopiée voire scannée).
L’information file comme une traînée de poudre et deviendra rapidement publique. Il faudra peu de jours pour qu’elle soit dans la presse et sur internet.
Une fois l’information diffusée, que se passe-t-il ? Les personnes et leur famille deviennent des coupables soumis à la vindicte.
Les gens qui figurent sur cette liste deviennent alors coupables d’intégrisme et par un raccourci, suspectées d’être des
terroristes en puissance. Les familles sont mises à l’index par le voisinage.
Dans l’habitat : dans l’escalier des locataires pétitionneront auprès de l’organisme de logement pour faire expulser la famille considérée. Sur quel fondement juridique demandera le bailleur ? Face à l’impossibilité pour l’organisme de
lancer la procédure, les locataires demanderont l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?

Les conséquences de ce qu'on veut

A l’école : les enfants seront regardés différemment. Des parents demanderont que les élèves soient mis dans une autre classe que celle de leur enfant et pourquoi pas renvoyés de l’école… Sur quel fondement juridique demandera le directeur d’école ? Face à l’impossibilité d’agir, les parents solliciteront l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?
Dans l’entreprise : des collègues de travail demanderont à changer d’équipe ou de bureau, à ce que la personne suspectée d’intégrisme soit renvoyée…sur quel fondement juridique demandera le dirigeant ? Face à l’impossibilité d’agir, les salariés solliciteront l’intervention du maire … Que pourra-t-il répondre ?
Dans la vie sociale : on observera l’association, le bar, la mosquée que fréquente la personne concernée. Une forme de mise en quarantaine non-dite se créera vis-à-vis de ces lieux qui, jusqu’alors, vivaient normalement. Ceux qui avaient l’habitude de discuter avec la personne fichée S, se sentiront coupables de la fréquenter et certains s’en éloigneront, renforçant « sa mise en quarantaine ».
Par ailleurs, imaginez la polémique politique dans la vie locale, lancée par certains partis politiques ou associations. Cela constituera une forte pression supplémentaire sur le maire.
On le voit, cette transmission des fichés S, qui peut paraître une demande légitime, fissurerait davantage le corps social, créant une méfiance et montant les gens les uns contre les autres. Ce serait un véritable boomerang contre les élus locaux, bien en peine pour agir concrètement.
Le plus grave : une atteinte à la sécurité
Mais finalement, le plus grave serait que cette mesure irait à l’encontre de son objectif initial de renforcement de la sécurité. La divulgation de ce fichier conduirait nécessairement les individus radicalisés, préparant des actes terroristes, à modifier leur comportement : se sachant surveillés, ils prendraient les mesures nécessaires pour masquer leurs agissements, rendant encore plus difficile la mission des services de renseignement.

Le rôle des élus sur les questions de sécurité changerait radicalement

Le maire verrait son rôle évoluer car on lui demanderait d’intervenir comme un directeur de la police, en appliquant le principe de précaution. Il lui faudra être actif et trouver des solutions rapidement. Mais quelles solutions dans le cadre de l’Etat de droit ? Il se retournera vers le directeur départemental de la sécurité publique. Ses interventions seront vaines car comment condamner des personnes qui ne sont pas passées à l’acte ?

Une remise en cause de l’Etat de droit

Enfin et ce n‘est pas le moindre des enjeux, voudrait-on renoncer à l’habeas corpus qui proclame la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement ? Voudrait-on retourner aux périodes où régnait l’arbitraire et notamment à celle des « Lettres de cachet », par lesquelles on enfermait à la Bastille ceux qui ne plaisaient pas, sur présentation d’un simple billet signé du roi ? Ce serait le renoncement à l’Etat de droit et donc un changement de régime. Qui est prêt à cela…à part peut-être les plus conservateurs qui n’ont jamais accepté la République ?