Affichage des articles dont le libellé est les Verts. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est les Verts. Afficher tous les articles

lundi 12 mars 2018

café génial avec Benoit BITEAU

Benoît Biteau, un animateur hors-pair ! 
Bien sûr, on peut d'abord noter la forte participation au café radical. Ce n'était pas évident. Il y avait près d'un an que je n'avais pas organisé de café radical ... Tellement de stress, tellement d'incertitudes politiques à la suite de ces élections présidentielles qui ont bouleversé le monde politique... mais justement. Grâce à l'activité menée par les radicaux de gauche, on se rend compte que la politique reste un vrai sujet d'intérêt. Qu'elle est affaire d'engagement, qu'elle implique des choix et qu'elle nécessite des éclairages. 
Benoît Biteau était l'homme de la situation. Il intéresse et attire les foules sur le sujet essentiel du rapport de l'homme à la Terre avec un grand T, ou à sa terre avec un petit t.

La réponse est oui 

L'image donne une petite idée du succès du café radical
organisé autour de la personnalité de Benoît Biteau. La
configuration de la salle rendait difficile la participation de
tous au débat mais la qualité d'intervention de l'animateur
a permis à chacun de profiter au mieux d'une soirée unique
Très vite, j'ai oublié le stress naturel de tout organisateur d'événements. Arrivé avec un peu de retard, Benoît Biteau a tout de suite pris les choses en mains et raconté sa vie en ce qu'elle donne une leçon sur l'évolution de l'agriculture et à la question 
- "Une autre agriculture est-elle possible ?
Benoît Biteau répond d'emblée 
- OUI !"
Benoît Biteau raconte son expérience, par ailleurs confirmée par l'un des agriculteurs participants, qui me confirme que le père de Benoît Biteau a bien été dirigeant départemental de la FNSEA. Mais Benoît Biteau n'avait pas choisi cette voie et a fait le pari, après être devenu ingénieur agronome, ce qui lui a notamment permis de devenir cadre A de la fonction publique. 
Qui sait au fond ce qui a poussé Benoît Biteau à reprendre la ferme de son père ? Un attachement viscéral à sa terre ? La volonté de mettre en pratique ses idées ? Un peu des deux ou autre chose ? On ne lui pose pas la question parce qu'on passe tout de suite aux nombreux sujets passionnants qui relient l'être humain à son agriculture. 
Sans doute, la rationalisation de l'agriculture a-t-elle permis de nourrir les villes, mais elle a aussi aliéné toute une partie de l'humanité à ses ressources naturelles. Il s'est agi, comme le rappelle Benoît Biteau d'une industrialisation de l'agriculture, d'une exploitation des sols et des bêtes. Les agriculteurs ont été fiers de pouvoir ne plus être des paysans mais de devenir des exploitants. 

L'agriculture à la sauce fnsea ... une horreur sans fin ? Benoît Biteau préfère mettre une fin à l'horreur 

Pour Benoît Biteau, il n'y a pas loin d'exploitant à exploiteur. Il n'y a aucun intérêt à exploiter la terre. Ce qu'il veut, c'est vivre au pays, vivre de son travail, et vivre bien. Il explique à quel point la France agricole en particulier est victime d'un système victime d'équipements coûteux, qui rend l'exploitant dépendant des banques et des suites de l'utilisation de ces outils. Ainsi l'utilisation de produits chimiques certifiés monsanto, pesticides dont les conséquences sont souvent tragiques pour la santé des agriculteurs, ont aussi des conséquences sur les sols qui impliquent un coût de réparations et imposent de rentrer dans un cercle vicieux sans fin ...
Jean Michel Gantier est intervenu plusieurs
fois dans le débat permettant à Benoît
Biteau de clarifier ses positions
Sans fin ? Pas vraiment pour Benoît Biteau qui explique qu'il a renoncé à réutiliser l'équipement coûteux qui devait lui permettre la culture du maïs avec un système d'irrigation imposé et bien sûr invendable puisqu'il était dédié à la ferme qu'il venait d'acquérir. Benoît Biteau a fait le choix d'irriguer autrement, parallèlement à celui de gérer autrement sa terre en faisant le choix de n'utiliser ni les équipements ni les produits mortifères, et de sortir de la logique d'exploitation des terres au mépris de la qualité de la production agricole.

Ce qu'il a dit n'était rien d'autre que ce qu'il exprimait déjà avec force dans son ouvrage "Paysan résistant !" dont il a dédicacé plus d'une vingtaine d'ouvrage à la fin des débats. Merci au passage à la librairie A la page de Louviers qui nous a fourni les exemplaires et a aménagé sa devanture pour l'événement.
Les débats furent riches, complets, et parfois houleux. 

La Fnsea s'invite dans le débat ... Tant mieux !

Benoît Biteau n'a pas sa langue dans sa poche. Il est politique, mais la politique est un combat. Il a dénoncé sans  pitié la Fnsea, y compris face aux agriculteurs locaux affiliés à ce syndicat tout comme l'était d'ailleurs le père de Benoît Biteau. C'est dire que Benoît Biteau connait bien son sujet. 
Témoignage précieux d'un agriculteur bio
soutenant le projet de Benoît Biteau
L'origine de la Fnsea peut être contesté, mais au delà Benoît Biteau a dénoncé un fonctionnement peu démocratique et mettant la grande majorité sous la coupe des banques et de l'industrie chimique, et les laissant dans une grande détresse financière. Il a aussi critiqué la capacité des grands syndicats d'exploitants à organiser des émeutes coûteuses pour les équipements publics, allant parfois contre l'intérêts des agriculteurs. 
M. Viel, agriculteur à Montaure a défendu
avec cran la Fnsea, ce qui, vu le contexte
était rien moins qu'évident.
Le débat a été marqué par des témoignages riches et précieux d'agriculteurs et de consommateurs sur le choix d'une agriculture biologique respectueuse de l'environnement. 
Laetitia Sanchez, conseillère régionale est intervenue pour soutenir le combat mené par Benoît Biteau. 
Isabelle Amaglio a soulevé le problème de la politique européenne et de ce qui devait être défendu lors des prochaines élections. Ceci a permis à Benoît Biteau de rappeler à quel point la politique de préservation de l'environnement mené au niveau de l'Europe s'est souvent heurté à la pression de la Fnsea et des productivistes. 
Jean-Marie Martin, président de Biocoop dans l'Eure a soulevé le problème de la prise en charge par les grands distributeurs des produits agricoles de qualité qui se traduisait par une baisse des prix nuisible au maintien d'une agriculture de qualité et au maintien du projet associatif mené par biocoop.
Pascal a rappelé  l'importance de l'activité
politique. Il évoqué le travail de la 
municipalité Martin, créatrice de la 
communauté d'agglomération Seine-Eure 
et son action novatrice pour la préservation 
des ressources en eau, cette réalisation est
citée en exemple dans la France entière.
Pascal Labbé, ancien adjoint de la municipalité Martin et connu pour son action dans la défense de l'environnement a souligné l'importance de l'action politique. 
Surprise : Benoît Biteau connaissait parfaitement l'agglomération Seine-Eure, créée par Franck Martin, et son traitement exemplaire des ressources en eau, en lien avec une agriculture biologique. 

Débats filmés

Les débats denses ont été filmés par André Notheaux et seront prochainement mis en ligne ce qui permettra à tous ceux qui n'ont pu participer (je me dois de le rappeler, le nombre de participants est d'autant plus exceptionnel que le débat a eu lieu pendant les vacances de février). 
Enfin, un débat qu'on n'est pas près d'oublier. Mais au delà du chiffre, il faut surtout faire état de la satisfaction des nombreux participants. J'ai eu, en fin de soirées des propositions de sujets pour des cafés radicaux à venir. 

lundi 13 février 2017

Hommage à Michèle RIVE par Michel CHAMPREDON

Michèle Rive était présidente de Biocoop
Michèle RIVE nous a quitté. Militante active et irremplaçable de la vie associative départementale, elle était la présidente de BIOCOOP.

L'incinération de Michèle Rive aura lieu au 

crématorium du cimetière des IFS à la Madeleine 

d'Evreux vendredi prochain le 17 février à 10h30.

Michel CHAMPREDON, maire d'Evreux de 2008 à 2014,l'avait nommé adjointe chargée de l'action sociale. Il lui rend hommage en retraçant avec émotion un parcours de combat et d'amitié.


Hommage à Michèle Rive, une femme sincère et engagée
par Michel Champredon, maire d’Evreux 2008 – 2014


Michèle Rive nous a quitté discrètement, comme elle était, comme elle vivait. Femme engagée, passionnée, désintéressée, ni prétentieuse, ni accro du pouvoir elle marquait sa présence par ses réflexions et ses idées souvent audacieuses, parfois même iconoclastes, alimentées par son engagement dans le mouvement écologiste et ouverte aux pensées alternatives.
Michèle Rive fut un compagnon de route d’une loyauté et d’une fidélité exemplaires pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas si fréquent en politique. Sur les choix nationaux, nous étions plutôt différents : quand elle était avec Michel Rocard, j’étais avec François Mitterrand ; quand elle choisissait Lionel Jospin, je choisissais Laurent Fabius, quand elle votait oui au Traité constitutionnel européen, je votais non, quand elle soutenait François Hollande je soutenais Martine Aubry. Puis, membre du Parti socialiste elle a évolué vers les Verts et moi vers les Radicaux de Gauche.
Mais sur le plan local, nous faisions la même analyse de l’évolution notre ville d’Evreux et de son agglomération. Nous avions la même ambition pour leur développement économique et culturel, la même envie de renforcer les associations avec un service public local qui remplisse pleinement son rôle, la même soif de développer la démocratie locale.
Michèle Rive fut vice-présidente du Centre communal d’action sociale pendant six ans (2008 à 2014). Je lui avais laissé beaucoup de latitude et elle s’y est pleinement engagée avec compétence, connaissant parfaitement ses dossiers. Je savais qu’avec une élue de son tempérament, le maire que j’étais pouvait dormir tranquille. Je suis sûr que les agents du CCAS conservent d’elle un fort souvenir, comme les usagers qui ont eu affaire à elle.
Car au-delà de son engagement politique, Michèle Rive était aussi une femme d’entreprise. Outre son activité de formatrice qu’elle avait géré elle-même, elle avait obtenu la confiance du conseil d‘administration de Biocoop pour diriger et redresser cette coopérative en difficulté.
Femme de caractère elle ne mâchait pas ses mots et savait se battre pour défendre ses positions, quels que soient les risques. Elle ne manquait pas de courage, ce qui en faisait un adversaire parfois difficile. Comme souvent les femmes en politique (c’est le constat que j’ai fait) elle était non seulement très investie mais aussi droite dans ses positions, refusant les compromissions. Elle était du style à « perdre les élections plutôt que de perdre son âme ».
Michèle Rive était de ceux de mes proches, à la personnalité affirmée, qui pensent par eux-mêmes et qui, par leur analyse différente me permettent de ne rien oublier d’un aspect d’un dossier et de penser les choses en sortant du carcan du système.

Elle n’aimait pas la flagornerie et elle n’aimerait pas qu’on dise qu’elle n’aurait eu que des qualités, ce qui est parfois l’écueil des éloges funèbres. J’arrête donc en conservant de Michèle Rive Malgré les beaux moments passés ensemble, nos débats, nos années d’engagement pendant lesquelles l’amitié avec Michèle Rive a toujours été intacte.

mardi 8 décembre 2015

Dimanche, nous ferons gagner la gauche au service de tous les Normands

La fédération de l’Eure du parti radical de gauche communique :

Dimanche prochain, grâce aux électeurs, la Normandie sera à gauche. Le parti radical de gauche s’en réjouit pour la nouvelle région, son territoire et ses habitants qui bénéficieront des atouts dont dispose la grande Normandie pour laquelle les radicaux se mobilisent depuis des décennies.

Les résultats du premier tour laissent cependant un goût amer. Le très haut niveau d’abstention et le score élevé du Front National en particulier dans le département de l’Eure appellent à un sursaut civique. Les valeurs qui sont à la base de la cohésion sociale, de notre capacité et notre joie de vivre ensemble sont gravement mises en question, par les attaques djihadistes, par la montée du parti de l’exclusion et de l’intolérance et par la démission abstentionniste.

Le parti radical de gauche appelle au sursaut républicain pour ce deuxième tour, appelle tous les normands à défendre les valeurs républicaines et à voter pour la liste d’union de la gauche menée par Nicolas Mayer-Rossignol.

vendredi 13 juin 2014

Il faut changer de République !

La République est le désir éternel d'agir. Sa vocation est d'être
toujours en mouvement, elle est absolument moderne.

Vive la 6ème République !

Voilà qu'on se remet à parler de la 6e République au comité directeur du parti radical de gauche !
Certes, rien de nouveau chez les radicaux pour qui le thème de la 6ème République est récurrent depuis que j'y suis, c'est à dire 18 ans.
Simplement, comme je l'avais un peu suggéré dans mon article précédent, le principal enseignement de ce projet de reconstitution des territoires le montre : notre Constitution est à bout de souffle.
Les arguments pour les radicaux sont simples, récurrents : notre Constitution a été créée par et pour le Général de Gaulle, dans la foulée de la guerre d'Algérie, à laquelle elle devait contribuer à mettre fin, dans le cadre de la décolonisation. Elle a parfaitement rempli sa mission, mais le monde a bien changé en un demi-siècle. La France a tellement réussi la décolonisation, qu'elle est dans l'Europe, qui n'existait pas. Elle a décentralisé son État et ses institutions se sont accommodées d'une suite de bricolages institutionnels. Tout en gardant une série d'articles et d'intitulés inutiles, la Constitution a révisé le principe du septennat, qu'elle a transformé en quinquennat. Elle a inscrit la décentralisation dans ses principes. elle a réussi à l'adapter, donc. Mais nous sommes toujours dans un système bâtard où les lien entre président, gouvernement et assemblée nationale doivent être précisés.
L'un des premiers points sur lequel les radicaux insistaient était la suppression du poste de premier ministre. Les radicaux avaient d'ailleurs été rejoints sur ce point par le jeune et bouillonnant socialiste Arnaud Montebourg, les Verts et même un jeune Séguino-gaulliste : François Fillon. Mais si, mais si, rappelez-vous... C'était avant qu'il ne devienne sarkolâtre et que son idole ne le nomme au poste de premier ministre, ce qui a fait qu'il n'en a plus parlé. Mais il est bien possible que cela lui revienne, tellement il en a bavé !
Bref, ceci est anecdotique mais illustre à l'échelle d'un individu les difficultés engendrées par notre régime semi-présidentiel. Sans s'encombrer dans les débats constitutionnalistes, ce que proposait les radicaux était simple et s'orientait vers un régime réellement présidentiel, actant que la décision historique de l'élection du président au suffrage universel empêchait tout retour en arrière.  Il fallait empêchait toute dissolution de la chambre et supprimer le poste de premier ministre. L'idée était aussi que l'élection du président devait avoir lieu en même temps que l'élection de la chambre. C'est presque ce qu'avait retenu Jospin à l'époque, en faisant en sorte que l'élection du parlement ait lieu dans la foulée de l'élection présidentielle, sauf que le presque change pas mal de chose et qu'on le voit l'impuissance politique est manifeste, le président étant très vite sous la pression de sa réélection et dans l'incapacité de donner du temps au temps (pour reprendre l'expression favorite du Président Mitterrand).
Bref, toutes ces questions sont un peu passées sous le tapis depuis la dernière présidentielle. J'avais moi-même annoncé un café radical sur le sujet et j'y avais renoncé. Après tout, pourquoi une nouvelle république puisqu'on peut bricoler l'ancienne qui n'a pas, à ce jour provoqué de catastrophe ?
J'avais bien vu qu'au parti radical même, cette idée de 6e

Evidemment, l'appel à changer de République peut engendrer
tous les poujadismes, à droite comme à gauche. Le poujadisme
répond toutefois à l'impuissance de l'Etat ou tout du moins aux
difficultés de gouvernance. Après tout, Poujade a précédé de
quelques mois l'arrivée de De Gaulle au pouvoir et il n'y aura
pas de remise en cause de l'organisation constitutionnelle sans
que l'ensemble de la société ne se pose la question.

République était, pour le moins, en stand-by. C'en était au point que, quelques temps après que j'ai renoncé à l'organisation de ce débat, c'est Mélenchon lui-même, qui sur le ton démagogique qui lui est cher, appelait le peuple à défiler sous le mot d'ordre de 6e République sans y donner d'autre contenu que de mettre le grand Mélenchon à sa tête. Burlesque.
Bref, et bizarrement, c'est le débat lancé sur la réorganisation territoriale de la France qui nous amène à poser la question.
Pas seulement à cause de la loi, ou plutôt du projet de loi lui-même qui en soi remet en cause des éléments fondamentaux de la constitution, tout en voulant rester dans le cadre législatif. Mais aussi à cause de l'impuissance fondamentale d'un gouvernement aux ordres d'un président coincé dans une posture infiniment compliquée de candidat dès la mi-mandat.
L'une des questions qui se posent à la lecture de cette loi nouvelle sur les Régions et les Départements est en effet : mais pourquoi Hollande nous refait-il du Sarkozy ?
Pas tellement politiquement d'ailleurs ... quoi que ! C'est quand même marrant, parce que des bourdes de Sarkozy, on retiendra surtout celles concernant les collectivités locales, à savoir l'annonce abrupte de la fin de la taxe professionnelle, sur laquelle je ne reviendrais pas, et la volonté de mettre fin aux départements avec la réforme du Conseiller territorial qui devait mettre fin aux conseillers généraux ou départementaux.



Le parti radical de gauche toujours en avance d'une idée,
posera la question de la 6ème République lors de sa
convention nationale d'Octobre. Un moment politique majeur.
La réforme annoncée par Hollande, ou plutôt par Valls et Vallini, s'annonce encore plus incohérente et a fait l'objet d'un débat lors du dernier comité directeur du prg. Elle n'est pas seulement incohérente par l'aspect énigmatique du nouveau découpage des régions, qu'il faut bien souligner même si la Normandie fait exception. Le seul aspect cohérent de la réforme n'est qu'esquissé, dans la mesure ou l'annonce de la dévitalisation des départements, du renforcement des intercommunalités et, on peut l'envisager, de la dévitalisation (puisque le terme odontologique devient à la mode) des petites communes (mais ça, c'est moi qui le dis, parce que si jamais Vallini parlait de ça, il foutrait le feu à la toute puissante Assemblée des maires de France). Et là, on se dit deux choses :

  1. Il s'agit d'une réforme importante, majeure, qui touche à la constitution ... mais pourquoi diable est-elle annoncée par le seul aspect d'un nouveau découpage des régions qui, pour spectaculaire qu'il soit reste énigmatique (exception faite toutefois, de la réunification Normande) ? Pourquoi ne parle-t-on pas dans un débat très ouvert de la Réforme qui touche directement de la relation entre le citoyen et sa représentation ? Pourquoi n'en parle-t-on que sous l'angle des économies à faire, alors qu'on sait que les fusions de Régions n'entraîneront pas d'économies, mais que c'est le reste, ce qu'on n'est pas en mesure de mettre encore en route qui doit en réaliser. Et encore, je viens lors du comité directeur du prg d'apprendre le plus beau ... C'est que seul les collectivités locales, c'est à dire les conseils généraux seront remis en cause. L'État, l'État dispendieux et coûteux, gardera la même organisation par préfecture et sous-préfecture. C'est complètement idiot. J'y reviendrais, parce que nous arrivons là à une sorte de point de non-retour de l'absence de pensée politique. M'enfin, qu'on se dise bien qu'accuser les assemblées politiques d'être dépensières n'a pas de sens. Elles dépensent parce qu'elles agissent, et bien souvent, agissent à la place de l'État. C'était 
    Pour Jean-Michel Baylet, les conservateurs incapables
    de saisir l'évolution de la société ne sont pas les radicaux.
    La réforme remet en cause l'esprit de la décentralisation
    elle signe le retour de l'Etat impuissant et la dévitalisation
    des territoires. Elle pose la question constitutionnelle.
     
    d'ailleurs l'antienne imbécile qui a été martelé aux élus locaux avant et après les municipales, comme quoi la réponse première à la montée du populisme était l'action locale... ce qui est faux d'ailleurs, mais qui se trouve en complète contradiction avec le fait qu'on veut priver le citoyen des relais offerts par la démocratie de proximité... cependant que l'État se permet de conserver son fonctionnement lourd et coûteux. On revient donc sur la plus belle réussite de la gauche au pouvoir : la décentralisation, non pour la moderniser, mais pour l'éteindre, tout simplement, la dévitaliser pour reprendre le thème à la mode.
  2. S'il s'agit d'une réforme majeure, pourquoi lancer un tel sujet en pleine crise, plus de deux ans après avoir été élu, sans même savoir où ça va nous mener ? Pourquoi faire du Sarkozy ? eh bien, sans doute parce qu'on ne peut pas faire autrement. Le président de la République, maître du pouvoir, n'est pas maître du temps. La prise de pouvoir ne se conçoit pas comme une remise en cause des institutions, mais quand elles se remettent en cause toutes seules, on se rend compte qu'il est trop tard et l'on fait n'importe quoi, comme il a été démontré ci-dessus et comme la suite des évènements va malheureusement valider notre approche. Dans la peur d'être accusé de n'avoir rien fait, on fait dans la panique et l'absence de maîtrise. Le résultat ne peut être que catastrophique.
Mais avant, le débat sera
posé à Louviers, lors d'un
café radical, à prévoir en
septembre.
Bref, et c'est là que je vais conclure provisoirement : on a l'impression que c'est ce qui reste de la constitution qui pousse les gouvernements à faire erreur sur erreur. Et si changer de gouvernement ne sert à rien, il faut alors revoir la constitution.
Ce sera là le thème majeur de la convention radicale qui se tiendra du 17 au 19 octobre à Paris. D'ici là, un café radical sera animé sur ce sujet dont je me réjouis qu'il redevienne d'actualité.
Nous n'avons pas fini d'en parler.
  


 

jeudi 28 novembre 2013

Ben alors, Dominique, on démissionne ?

Premier tract de campagne de la candidate écologiste en 2007
à Montreuil. Elle avait alors réussi l'impossible : reprendre un
fief géré par les communistes depuis toujours.
On démissionne, comme tout le monde ?
Comme Noël Mamère qui quitte les Verts, comme Alain Le Vern, voire en plus petit ou plus local  comme Claudine Duteil ou Jacky Bidault ... ?

La démission des missions 

J'ai l'impression de passer mon temps à commenter les démissions des uns ou des autres. Certes, à chaque fois, il s'agit de cas différents. On ne peut pas comparer le coup de gueule de Noël Mamère, qui en fait n'a pas démissionné de ses mandats, mais juste de son parti à celui de Dominique Voynet, qui ne renouvellera pas son mandat tout en gardant la carte de son parti et même sa place de maire au sein du conseil municipal.
Rappelons-le, Dominique Voynet, sous ses airs de ne pas y toucher est une sacrée personnalité. On jurerait qu'elle a écrasé pas mal de monde pour imposer ses façons de voir. Son bilan politique est impressionnant, quelque soit ce qu'elle veut faire de son avenir.
Elle a commencé par une bataille homérique au sein des Verts qui a envoyé le dirigeant d'alors Antoine Waechter au tapis et qui s'est traduit par l'ancrage des Verts à gauche. elle a été ensuite candidate à la présidentielle, mené les négociations avec la gauche plurielle, est devenue sinistre, a réussi à imposer son point de vue lors de la grande réforme des collectivités. Pas mal ! une seule boulette : le naufrage de l'Erika, où, alors que l'Europe assistait spectatrice à la dévastations de sites qui figurent parmi les plus beaux de notre continent, avait déclaré :"c'est pas la catastrophe écologique du siècle !" C'était pour justifier du fait qu'elle avait droit à une semaine de vacances avec sa petite fille !
Mais c'est pas tout ! Alors qu'elle n'était plus rien ou presque, qu'elle avait renoncé à se présenter aux présidentielles, elle a rebondi des années plus tard en devenant sénatrice et surtout en reprenant aux communistes un fief inexpugnable : Montreuil ! Chapeau

Mais voilà, plus on écoute les explications de Dominique Voynet, et moins on comprend les raisons de sa démission.
Quand on a le volume médiatique et culturel de Dominique Voynet,  quand on a son passé, peut-on prétendre que la politique est un monde difficile, voire de plus en plus difficile ? N'est ce pas un signal paresseux et odieux pour ceux qui font de la politique pour défendre des projets et des valeurs dans des situations autrement difficiles ?
Imagine-t-on Mandela, Obama, Kennedy même dire que la politique est devenue trop ardue ?
On attend autre chose d'un homme ou d'une femme politique qu'une démission vis à vis de ses illusions ! allons Dominique, personne n'y croit !
On veut bien un coup de burnout !
On veut bien un coup de pas bien !
On veut bien même, ce qui est probable que c'est effectivement difficile d'être maire au milieu de nombreuses tensions venant tant de la population que de la répartition des pouvoirs au sein des forces de gauche dans la banlieue parisienne ...
La corruption que tu dénonce, c'est extrêmement grave, d'accord, mais ça se combat ! N'es tu pas en train de cracher sur le combat que tu as mené pendant toute ta vie ? Du coup, on a du mal à te croire.
Je vais te dire mon interprétation extrêmement vulgaire de ta démission. Tu as pensé que comme tu avais pris Montreuil aux communistes, tu obtiendrais la reconnaissance des socialistes qui te laisseraient ta chance à Montreuil, alors même qu'ils t'avaient aidé à prendre le pouvoir.
tu devais le savoir, pourtant. Sans doute le savais-tu d'ailleurs. Avoue, ce n'est pas une surprise. Mais voilà, oui, Dominique, même les meilleures se fatiguent. cela peut se comprendre, mais au fond, ta démission ne se justifie que par une raison bien humaine. Était-ce la peine de faire toutes ces contorsions idéologiques sur fond de Bisounours, quand tu as réussi ce que tu as fait grâce à un caractère politique trempé dans l'acier.
Dommage !

jeudi 26 septembre 2013

Le vert de trop

C'est pas facile, la politique ! Et c'est pourtant indispensable.
Noël Mamère, qui en a vu d'autres, a fini par claquer la porte d'Europe Ecologie Les Verts, à la suite de la mise à l'écart de Pascal Durand, président du parti. C'est pour l'ancien candidat à la présidentielle, la preuve  de la duplicité de "La Firme", c'est à dire de l'équipe entourant Cécile Duflot, ministre et principale bénéficiaire de l'alliance qui a permis aux Verts d'avoir un groupe parlementaire.
Noël Mamère n'est plus un enfant de chœur. Les éjections brutales, il connaît.  C'est même comme ça qu'il est devenu candidat à la présidentielles en 2002, ayant d'ailleurs réalisé le meilleur score d'un écologiste à l'élection majeure de la politique française. Rappelons qu'avec 5 %, il a contribué à l'éviction de Lionel Jospin, que personne n'est venu lui reprocher, mais c'est une autre histoire. Ce qui est amusant, c'est qu'il s'est imposé grâce à un groupe d'amis pour éjecter Serge Liepietz ... candidat alors démocratiquement élu par les militants et que tout le monde a oublié !
Voilà qui explique notamment l'ironie mordante des journalistes vis-à-vis de leur ancien collègue. En fait, on voit bien que ce qu'il reproche à "la firme", c'est de ne pas en faire partie ... et de prendre des décisions qu'il n'aurait pas prises. Il est en cela semblable à tous les militants du monde.
Bien  sur, cela amuse d'autant plus du fait que  les accusations de magouilles s'emparent des Verts. Le phénomène n'est pas nouveau, comme je  l'ai rappelé plus haut, et il est d'autant plus amusant qu'il touche ceux qui affichaient de faire de la politique "autrement".
Or si les Verts ont eu un rôle essentiel dans  la vie politique française, en plaçant l'environnement comme enjeu prioritaire des politiques publiques, on peut à bon droit considérer comme un échec absolu le fait de faire de la politique autrement, puisque leurs pratiques les ont révélés pires que les pires politiciens.
Je ne les accable pourtant pas sur ce point. Je les laisse à leur ridicule, c'est tout. Je sais que Noël Mamère a eu raison de se présenter au regard de l'intérêt des Verts, même si ça a été au mépris des propres règles de son parti. Les Verts se sont battus contre le cumul des mandats, lors même que Noël Mamère et Dominique Voynet en ont été les premiers bénéficiaires .. et c'est tant mieux pour tout le monde ! Parce qu'ainsi Dominique Voynet comme maire de Montreuil et sénatrice, Noël Mamère comme maire de Bègles et député, ont apporté au débat beaucoup plus que s'ils avaient été seulement dépendant d'un parti dans lequel ils auraient soit joué le rôle de pion passant leur temps à intriguer pour continuer à jouer ce rôle ou à prendre plus de poids dans le parti.
Noël Mamère prend acte de la fin d'Europe Ecologie les Verts, alliance créée par Cohn Bendit un peu avant les élections européennes, pour les sortir de leur querelles intestines en tâchant de bâtir un projet. C'est fini et Daniel Cohn Bendit en avait d'ailleurs pris acte. Noël Mamère prend le relai et les Verts sont à présent incapable de poursuivre la dynamique positive qu'ils avaient insufflé à la politique française. Voilà qui tombe au plus mauvais moment. Lorsque les gens souffrent du sous emploi s'inquiètent du paiement des retraites, le discours environnemental n'est pas vraiment la cote et les dégâts électoraux seront terribles (d'où, sans doute l'attitude prudente des ministres gouvernementaux qui souhaitent poursuivre les alliances). Les européennes ne s'annoncent pas très bien.
Pour finir, je vous invite à méditer cette réflexion de Génération Ecologie, groupe politique qui a préféré s'allier avec les radicaux de gauche plutôt que d'entrer dans la confédération Europe Ecologie les Verts. Le titre impitoyable LES VERTS ENTERRENT L'ECOLOGIE. Vous pouvez y avoir accès en cliquant .

jeudi 21 février 2013

Cohn Bendit : fin de parti ?

Cohn Bendit a beau annoncer sa retraite
de la vie politique, il sait aussi ce qu'il
lui doit  ! l'important n'est pas tant dans
 le titre que dans la ponctuation qui suit.
Cohn-Bendit,  notre enfant gâté de la politique, vient enrichir les rayons des libraires de son dernier brûlot : Pour supprimer les partis politiques !? 
Malgré tout l'admiration que j'ai pour le personnage, je ne suis pas prêt de rendre ma carte du parti radical de gauche.
Nous pouvons faire avec Daniel Cohn-Bendit, la liste de tous les défauts des partis politiques. Il privilégie l'action face à la réflexion, ils sont d'abord groupes de pression avant d'être porteurs d'un projet. Ils privilégient les ambitions personnelles quand il faudrait définir un projet collectif...

Pas faut que tout cela ! Après tout, les partis politiques sont les enfants de la démocratie, et la démocratie est bien, pour reprendre la formule de Churchill : le pire des systèmes à l'exception de tous les autres.
La vie politique, celle qui frustre notre ami Cohn-Bendit, est régie par les partis... quand les choses se passent pour le mieux.

Jeune à jamais, Cohn-Bendit est toujours
resté  l'anarchiste utile de la République
et de l'Europe. Depuis qu'il s'est mis à agir
politiquement, tout lui a toujours réussi.

Lorsqu'elles ne sont pas régies par les partis, la vie politique est régie par les administrations, par des gens qui ne demandent rien à personne, ou par des militaires. Bien sur, il y a beaucoup d'ambitions personnelles dans les partis, comme partout d'ailleurs.
Au risque de surprendre, je puis affirmer que les partis parlent un indispensable langage de vérité vis à vis du pouvoir que l'on ne retrouve ni dans les lobbies, ni dans les associations, ni dans aucun groupe de pression. Si les partis structurés ne s'occupent pas de politique, qui s'en occupe alors ? Le pire est à craindre .... d'autant que les luttes de pouvoir se manifestent dans toutes les organisations humaines, au moins au sein des partis, existent-il des règles.  

une erreur manifeste

Édition originale du Manifeste du
parti communiste. Il s'est aussi
appelé manifeste communiste, mais
qu'importe ! Le terme de parti n'a pas
le sens qu'on lui donne aujourd'hui. 
Je voudrais revenir sur la notion de parti. Il nous semble évident, en ce 21e siècle, à l'aune de notre expérience de la vie démocratique que les partis ont existé de tout temps. C'est bien sur une erreur. Nous avons fêté en 2001 le centenaire du plus vieux parti politique de France, le parti radical, dont est issu le parti radical de gauche. Il est né avec la loi sur les associations de 1901, qui ont institué la République moderne. Ce n'est après tout pas si vieux.
Lorsque les sans-culottes se battent pour la République et contre les tyrans, il y a des clubs, des associations, mais pas de parti, ou alors la notion de parti a un tout autre sens;
Je citerai pour exemple l'un des ouvrages qui a marqué l'Histoire de la vie politique mondiale : le manifeste du parti communiste. Voilà un titre qui sonne carré ! ... surtout à la lumière de ce qu'est devenu le communisme, et même l'histoire des partis communistes ...
sauf qu'à l'époque le communisme n'existe pas, et le parti au sens moderne du terme existe encore moins.
Il faut comprendre le parti au sens de parti pris, ou collectif humain. jamais dans le sens d'un parti avec un président, des vice-présidents, structure qui ne naîtra que quelques décennies plus tard. Il ne s'agit en tous les cas pas de jeter les bases d'un parti léniniste, outil de conquête du pouvoir, qui  est complètement absente.
L'ouvrage a d'ailleurs fait l'objet d'un complet contresens auprès des générations de militants communistes. Cela pourrait n'apparaître à présent que comme un détail touchant...
 

Pour un parti moderne

... mais, il y a quelque chose, je pense, qui reste de cette notion de parti-là.
Ce parti porteur de message, porteur d'espoir. Ce parti qui doit aussi d'ailleurs trouver son prolongement dans des partis au sens d'associations structurées pour peser sur les décisions publiques, un parti pouvant prendre le pouvoir.
Je ne puis m'empêcher précisément de penser que Daniel Cohn-Bendit a été et reste encore le parti de sa génération, celle qui, au delà des exigences républicaines absolues de liberté, d'égalité et de fraternité, travaillait à l'épanouissement de l'individu dans le respect de son environnement, au rejet des pudibonderies dans un projet universel.
Ce parti, c'est vrai, a été porté par les Verts, mais il est actuellement porté par les radicaux. Peu importe le nombre, toujours insuffisant, forcément de membres encartés. 
Le parti radical de gauche a montré qu'il était déterminant dans les grands choix de la gauche. Les derniers exemples sont flagrants : défense du fédéralisme européen, primaires à gauche, mariage homosexuel, politique menée par Christiane Taubira au ministère de la justice et demain : droite de vote des étrangers aux élections locales, légalisation du cannabis ...
C'est qu'effectivement, là où Daniel Cohn Bendit à raison, les partis doivent  être autre chose qu'un agrégat d'ambitions personnelles ou pire un syndicat de défense des prébendes.
Notre parti, c'est le projet Républicain.
 
 
 
 







jeudi 7 février 2013

Le vert dans le fruit ?

2013 est décidément une année à surprise ! Voilà que c'est au tour des verts de faire une crise d'identité.
Dans la Dêpeche on apprend que les Verts se sont rencontrés dans la salle Pierre Mendès France et ont décidé de mener une liste autonome aux municipales à Louviers. Voilà qu'ils décident que Franck Martin ne mène pas une politique assez écologiste après des années de collaboration. le plus étrange d'ailleurs étant que certains des candidats se sont rencontrés pendant le défi "familles à énergie positive", initiative précisément lancée par la Case présidée par Franck Martin.
S'il ne s'agissait que d'un aspect marginal et gadgétisé de la politique de Franck Martin !... Mais il suffit d'aller sur le site de la Case pour voir que l'écologie est au coeur de toutes les pratiques politiques impulsées sous la présidence de Franck Martin. La Case vient de recevoir  à Grenoble le label Cit'énergie, conséquence d'un effort constant, validé par des services organisés notamment autour d'un service de politiques publiques durables. Il suffit d'aller sur l'onglet "respecter l'environnement" pour mesurer tout ce que la Case fait en matière de tri sélectif, respect et entretien des milieux naturels, traitement de l'eau et assainissement, et jusqu'au politique sur le climat et l'énergie qui sont parmi les plus innovantes nationalement et que je me garderais de décrire par peur de lasser l'auditoire.
Alors quoi ? Franck Martin n'est pas encarté chez les Verts ? C'est vrai ! Il ne partage pas toutes leurs idées ? C'est encore vrai ! Il dit quand il n'est pas d'accord, c'est toujours vrai, mais il le fait avec tout le monde et c'est pour ça qu'il est respecté.
Signalons au passage que ses divergences avec les Verts ne l'ont jamais empêché de leur laisser présider et agir diversement au sein commissions ...  jusqu'à la présidence du Scot laissée à Jérôme Bourlet de la Vallée,   personnalité régionale pourtant rejetée par son maire dans la commune de Saint Pierre du Vauvray ?

Quel intérêt alors de partir seul, de faire une liste de Verts solitaire  ?
Les Verts s'opposent au nucléaire ? Bien ! Franck Martin ne les suit pas sur ce point. Il y a des divergences aussi sur l'opportunité de construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes  ! Plus sérieusement et plus proches de nous, c'est vrai qu'il y a des divergences sur les grands projets d'Etat, liaison A28/A13 et ligne de chemin de fer entre Louviers et Evreux. Mais ce sont là des choses qui nous dépassent, des projets dont l'avenir ne dépend pas du territoire, et jamais Franck Martin n'a interdit quiconque d'exprimer ses divergences ... A vrai dire, ça ne lui viendrait même pas à l'idée !
Alors pourquoi ? Pourquoi présenter une liste. Les Verts, ils le savent ne peuvent gagner seuls ! Quel intérêt de se compter à Louviers, où ils risquent de faire moins de 10 %, surtout s'il y a une liste d'extrême gauche, une liste socialiste, une liste centriste, une liste ump et une liste front national opposé à la liste de la municipalité sortante dont ils ont fait partie pendant 18 ans ! Il ne faut pas oublier qu'au total, quelque soit le bout par le quel on la prend, la totalité des voix devra faire 20 %. Si les Verts font plus de 5 %, ce sera un exploit ! Ils se feront rembourser leur campagne ! ... mais ils auront perdu toute possibilité de se maintenir et d'avoir des élus capables d'agir ... sans compter le fait qu'ils priveront la municipalité et les lovériens de leur savoir faire. N'oublions pas non plus que s'ils n'ont plus d'élus à Louviers, ils n'en auront pas non plus à la Case.
Voilà un comportement bien incompréhensible à première vue, mais je n'ai peut-être pas tout compris, d'autant que d'autres alliances sont possibles sur le reste du territoire.

dimanche 6 janvier 2013

Jean-Michel BAYLET sur le Journal du Dimanche

Un appel à la responsabilité

Coup de gueule salutaire de Jean-Michel Baylet qui s'adresse à toute la gauche gouvernementale : ça ne peut pas continuer comme ça !

L'action du gouvernement est difficile, tout le monde le sait. Il a besoin d'être soutenu et par dessus tout de savoir quels sont ses soutiens. A l'heure actuelle, au sein des verts, des communistes, du parti de gauche, et même au sein des courants du PS, chacun agit de manière politicienne, cherchant à tirer son épingle du jeu comme des vulgaires gauchistes, sans tenir compte de l'intérêt de la République et du peuple.

Jean-Michel Baylet propose de se réunir autour d'un projet social-démocrate moderne qui pourrait réunir ceux qui à gauche souhaitent faire preuve de responsabilité. Cela ne veut pas dire renier les différences, cela veut dire s'accorder, soutenir le gouvernement et ne pas scier la branche de la gauche. Le projet de la République moderne peut rassembler jusqu'au centre au delà des phraséologie. 
Une nouvelle fois dans l'Histoire, après avoir inventé la gauche plurielle, après avoir inventé les primaires à la française, les radicaux  jouent le rôle de pivot de la gauche. 

Ci-dessous, la reproduction de l'article... vous pouvez, si vous désirez le voir plus visiblement, cliquer sur le lien
Le président du prg casse la baraque et met les points sur les i. Il faut construire le projet de la gauche sur un thème fédérateur. Si chacun à gauche continue à vouloir tirer les marrons du feu du pouvoir, tout le monde va à la catastrophe.

lundi 24 septembre 2012

Cohn-Bendit, avec nous !

Il a raison, Daniel Cohn-Bendit, comme de nombreuses fois au cours de son existence passionnée. 

Bien-sûr, on me dira, comment ça ? Il avait raison quand ? Quand il était étudiant anarchiste, leader gauchiste de mai 68, adjoint au maire de Francfort-sur-le Main, quand il terrorisait l’ordre établi, ou quand il était l’ami du ministre Kouchner ? Quand il hurlait « élections piège à cons » ou quand il défendait les alliances entre partis ? Quand il était Français ou quand il était Allemand ? quand il crée Europe-écologie/les verts ou quand il tape dessus ?


L'oeil vif de Daniel Cohn Bendit, encore une fois en butte à
toutes les  évidences d'appareil. Cette fois-ci, ce sont les petits
calculs politiciens qui font les frais de sa clairvoyance.
Ben, je vais peut-être vous surprendre, mais je dirais tout le temps.  La carrière politique de Cohn-Bendit se caractérise précisément en ce qu’elle s’est toujours basée sur les convictions et l’intelligence d’un enfant de son siècle. A chaque fois il en était l’intelligence et l’anticipation.

Au-delà des citations, des maladresses, reste la générosité, les déceptions et les espoirs de sa génération.

Il a été anarchiste, il a mis en avant, comme jeune étudiant tout fou, l’importance de la sexualité dans une société où elle était encore taboue… en gros, il a devancé tout ce qui allait se produire quelques années plus tard :, la prise en compte du désir dans la société, avec ses corollaires qui ont été la condition féminine, l’autonomie, la prise en compte de l’individu, le poids de la structure familiale, autant de phénomène qui ont transformé tous les aspects de nos sociétés occidentales.

Bien sur, en étant allemand et français, Cohn-Bendit, juif allemand revendiqué, s’est posé en universaliste en général et européen en particulier. 

Mais j’arrête là la réponse aux contradictions apparentes, et qui ne sont en fait que la réponse aux évolutions sociales d’un individu emblématique. Parce que voilà, les contradictions de Daniel Cohn-Bendit n’ont jamais été lié à de l’opportunisme et encore moins à du suivisme.

Lorsqu’en 2009 il crée Europe Ecologie les Verts, un regroupement au départ complètement électoral, qui fait un lien entre José Bové et Corinne Lepage, entre Nicolas Hulot et Eva Joly, entre Dominique Voynet et l’ensemble des associations environnementales, il offre aux écologistes le moyen de devenir ce parti d’avenir qu’il appelle de ses vœux.

Et qu’est ce que pour lui un parti d’avenir ? C’est un parti capable, tout comme lui d’anticiper les mutations économiques, sociales et environnementales du monde, et d’agir sur lui pour défendre l’homme dans une dimension généreuse, attentive à l’autre, respectueuse de la diversité et des aspirations. Pour lui, ce parti, c’est l’écologie, et cela se comprend : les écologistes sont à la base d’une mutation du positionnement politique en France et dans le monde occidental.

Pour lui, les écologistes doivent cesser de se comporter comme l’accumulation de mouvements sectaires, d’intérêts géographiques, et de gauchistes incapables d’inscrire leur action dans une démarche positive, capable de faire réellement changer les choses, c'est-à-dire une démarche réformiste.

Le pari était de transformer les Verts en vrai parti…

Depuis dimanche, c’est foutu !



Jean-Vincent Placé, Sénateur Vert. Le calcul politique ne paye
que s'il s'appuie sur la cohérence.En refusant  le traité européen 
 au nom du fédéralisme, il laisse croire qu'on peut faire l'Europe 
tout seul et rejoint les plus grands ennemis de l'Europe 
 

Les délégués d’Europe écologie/Les Verts (nomination à rallonge, mais EELV, je peux pas !) se sont prononcés à une large majorité, soutenus par l’état-major du parti, contre la ratification du traité européen.

Double erreur ! Je me suis étranglé en entendant Jean-Vincent Placé ce matin à la radio, disant qu’il fallait marquer la différence, lorsque l’on voyait une coalition entre Merkel, Hollande, reprenant les préceptes Sarkozyens … cachant ainsi qu’il s’apprenait à voter joyeusement aux côtés de ce que le monde politique compte de plus réactionnaire : le front national, le parti communiste, Mélenchon et les gauchistes … En gros, les Verts ont choisi l’irresponsabilité, et le rejet de l’Europe, renouant avec un comportement sectaire duquel Daniel Cohn-Bendit avait essayé de les extraire. Peine perdue !

Ainsi le parti écologiste ne se contente pas de faire une erreur politique, il renonce au minimum de solidarité politique qu’impose une gestion gouvernementale. Comment, Jean-Vincent Placé voudrait faire l’Europe en dehors de Merkel ?  Il veut faire l’Europe à lui tout seul ? C’est à pleurer.

Effectivement, Cohn-Bendit, voulant éviter de faire parler ses nerfs, a dit qu’il allait laisser tomber son parti, ce cher parti qu’il a créé … pour l’instant ! En fait, sur le fond, il n’a plus rien à voir avec eux, parce qu’Europe-Ecologie Les Verts retombe dans les travers des Verts, précisément … ils ont cessé d’être un projet politique pour redevenir un lobby écologique, défenseur des nimby,  et ballottés par les poussées contradictoires des petits mondes des attentes individuelles.
 



 
Or, Cohn-Bendit a raison, nous partageons ce même amour de la modernité en marche *, cette modernité insensible aux leçons et aux dogmatismes, qui va plus vite que la pensée politique, qui ridiculise tous les calculs politiciens… cette modernité radicale, portée par l’homme en quête de son émancipation.

Bien avant d’être Vert, Cohn-Bendit est radical !

Je l’appelle, ainsi que tous les écologistes déconfits par la dernière décision du conseil fédéral d’Europe-Ecologie-Les-Verts, à rejoindre d’urgence les radicaux de gauche !

* La citation complète de Tobie Nathan (photo) est la suivante : nous partageons ce même amour de la modernité en marche, celle qui reconnaît aux pauvres la puissance de la pensée -Ethno roman

samedi 26 mai 2012

La 6e République, c'est maintenant ?

Le prg n'a pas attendu pour
lancer la réflexion sur la 6e République
Les radicaux de gauche, encore une fois auront été les premiers à soulever la question il y a plus de quinze ans. Les faits leur donnent raison : la 5e République est morte, il faut fonder la 6e République.
Cette idée a été plusieurs fois reprise, notamment par Arnaud Montebourg, voire par les Verts. Mais jusqu'à présent cette cinquième République, dont la constitution n'avait pour but essentiel que de permettre au général de Gaulle de régler le problème algérien, n'a cessé d'être bricolée pour tenter de correspondre à la société française. Mais la France de 2012 n'est pas la France de 1958. La France n'est heureusement plus une puissance coloniale. La division du monde en un bloc communiste opposé à un bloc américain fait partie de l'Histoire. L'avenir et le présent de notre Nation sont dans l'Europe. Enfin, les exigences de représentativité d'une société où l'individu, la vitesse, l'intelligence restent sans réponse sur le plan institutionnel. Elles méritent un débat national que la gauche doit pouvoir mettre à son actif grâce aux moyens qu'elle risque d'obtenir au mois de juin.
Nicolas Sarkozy, lui-même, avait failli reprendre l'idée des radicaux de gauche de supprimer le poste de premier ministre ....mais il s'est juste contenté de sadiser François Fillon, qui n'a dû sa survie qu'à sa capacité à colmater les brèches que s'efforçait de créer Nicolas Sarkozy ...De l'instauration du quinquennat, à la demande de Robert Badinter d'éviter la nomination systématique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, on n'a pas arrêté de bricoler. Pourtant, les réformes profondes qui sont indispensables pour moderniser la société française méritent la fondation d'une 6e République.
Le but de cet article n'est pas de proposer le texte ou la structure de la constitution à venir. Je n'ai pas cette prétention. Simplement, nous vivons un moment essentiel pour la Nation que sont ces législatives qui ont lieu dans la foulée des élections présidentielles. Ces élections révèlent l'insuffisance de notre système de représentation nationale. Il faut en profiter pour approfondir notre réflexion. J'y apporte quelques éléments.
Représentativité nationale :
Assemblée Nationale : il faut passer au scrutin de liste 
Certes l'Assemblée Nationale n'est plus tout à fait ce rassemblement de têtes chenues ou de crânes d'oeuf. Les lois sur la parité sont passées par là ... mais on sait à quel point, malgré les textes très contraignants, les partis, et notamment l'UMP, ont favorisé les candidatures masculines. Ce n'est pas le plus grave. Le vote par circonscription favorise toujours le candidat représentatif de la majorité... Cet élément décisif lorsqu'on doit choisir des candidats pousse par nature à présenter un candidat moyen, c'est à dire de la classe moyenne, d'âge moyen, petit blanc, écartant systématiquement tout ce qui risque de faire peur à une part importante de l'électorat.
C'est important, mais ce n'est pas le plus grave.J'ai dans un commentaire précédent dit à quel point je pensais que l'Assemblée Nationale devait assurer au minimum la présence et le débat entre les grands partis français. Un Parlement non seulement non représentatif de la sociologie française, mais en plus incapable de représenter les courants structurants de la vie politique française ne remplit décidément pas sa fonction. Le parlement n'a pas seulement pour mission de permettre au gouvernement de gouverner... elle a surtout pour mission de le contrôler au nom de la Nation Française ... Si cette critique se fait simplement au nom du parti majoritaire, il y a la un grave défaut. Il n'est pas normal que la nation soit représentée par les 570 vainqueurs de 570 scrutins locaux. Il n'est pas normal que Bayrou qui a obtenu les suffrages d'un électeur sur  10 soit absent de l'assemblée nationale, il n'est pas normal que Le Pen qui a fait 18 % soit absente de la représentation nationale... Surtout qu'au fond, pourquoi son ils absents ? Parce qu'ils n'ont pas fait alliance avec les grands partis ... c'est à dire que le scrutin qui, selon les gaullistes devait combattre le système des partis a complètement échoué... On le voit d'ailleurs dans la 5e circonscription de l'Eure ou les représentants de la gauche qui se croient plus malin que les partis vont favoriser le camp opposé.
Ma proposition : proposer un scrutin de liste par Région (quitte bien sur à ce que la Normandie soit réunifiée ... mais c'est aussi un problème qu'il faudra traiter par ailleurs). Le scrutin de liste national me semble difficilement à même d'exprimer la diversité régionale. Le scrutin départemental, proposé par Mitterrand ressemblait trop à une manœuvre de détresse électorale et n'assurait qu'une représentativité réduite.
Sénat : il faut moderniser la représentation des territoires
Le Sénat est censé assuré la représentation des territoires. Mais pourquoi les territoires seraient-ils représentés par les seuls grands électeurs, choisis parmi des élus et procédant dans une campagne électorale à l'abri des regards du peuple. C'est kitsch, ça fait très 3e République, mais c'est complètement coupé de la réalité. Les territoires ne sont pas représentés par les élus, mais par les habitants. Il n'y a pas de raison que tous les Français ne participent pas au scrutin. Dans les plus grandes démocraties occidentales, il n'y a pas de grands électeurs. En revanche, pour que les territoires soient représentés, il faut que le scrutin sénatorial se passe comme dans l'actuel scrutin législatif : par circonscription.
ma proposition : ouvrir l'élection du Sénat à tous les Français, mettre fin au système des grands électeurs. Proposer un scrutin par circonscription, comme a lieu actuellement le scrutin législatif. Le sénateur aurait plus de légitimité pour représenter la population qui l'aura élu au sein de l'assemblée.
Les autres propositions n'engagent personne d'autre que moi...
Mais la proposition de faire en même temps présidentielles 
et législatives a bien été proposé par Jean-Michel Baylet,
président du parti radical de gauche
Elections Nationales : il faut qu'elles aient lieu en même temps
C'est là la garantie de la fin de la cohabitation. Cette condition nous donne un président de la République qui est élu en même temps que les deux chambres, qui ont tous la même légitimité et, bien entendu le Président perd son pouvoir de dissolution. La campagne a lieu une bonne foi pour toute,  sans risque que pendant les six semaines qui suit un débat clivant, une campagne se prolonge sur le thème ; on cohabite ou pas ? Pour le Sénat, celui aurait bien sur plus de poids, parce que sa légitimité serait réelle. Il garderait le même pouvoir, c'est à dire un pouvoir essentiellement consultatif, mais son poids serait tout autre.