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lundi 13 février 2017

Hommage à Michèle RIVE par Michel CHAMPREDON

Michèle Rive était présidente de Biocoop
Michèle RIVE nous a quitté. Militante active et irremplaçable de la vie associative départementale, elle était la présidente de BIOCOOP.

L'incinération de Michèle Rive aura lieu au 

crématorium du cimetière des IFS à la Madeleine 

d'Evreux vendredi prochain le 17 février à 10h30.

Michel CHAMPREDON, maire d'Evreux de 2008 à 2014,l'avait nommé adjointe chargée de l'action sociale. Il lui rend hommage en retraçant avec émotion un parcours de combat et d'amitié.


Hommage à Michèle Rive, une femme sincère et engagée
par Michel Champredon, maire d’Evreux 2008 – 2014


Michèle Rive nous a quitté discrètement, comme elle était, comme elle vivait. Femme engagée, passionnée, désintéressée, ni prétentieuse, ni accro du pouvoir elle marquait sa présence par ses réflexions et ses idées souvent audacieuses, parfois même iconoclastes, alimentées par son engagement dans le mouvement écologiste et ouverte aux pensées alternatives.
Michèle Rive fut un compagnon de route d’une loyauté et d’une fidélité exemplaires pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas si fréquent en politique. Sur les choix nationaux, nous étions plutôt différents : quand elle était avec Michel Rocard, j’étais avec François Mitterrand ; quand elle choisissait Lionel Jospin, je choisissais Laurent Fabius, quand elle votait oui au Traité constitutionnel européen, je votais non, quand elle soutenait François Hollande je soutenais Martine Aubry. Puis, membre du Parti socialiste elle a évolué vers les Verts et moi vers les Radicaux de Gauche.
Mais sur le plan local, nous faisions la même analyse de l’évolution notre ville d’Evreux et de son agglomération. Nous avions la même ambition pour leur développement économique et culturel, la même envie de renforcer les associations avec un service public local qui remplisse pleinement son rôle, la même soif de développer la démocratie locale.
Michèle Rive fut vice-présidente du Centre communal d’action sociale pendant six ans (2008 à 2014). Je lui avais laissé beaucoup de latitude et elle s’y est pleinement engagée avec compétence, connaissant parfaitement ses dossiers. Je savais qu’avec une élue de son tempérament, le maire que j’étais pouvait dormir tranquille. Je suis sûr que les agents du CCAS conservent d’elle un fort souvenir, comme les usagers qui ont eu affaire à elle.
Car au-delà de son engagement politique, Michèle Rive était aussi une femme d’entreprise. Outre son activité de formatrice qu’elle avait géré elle-même, elle avait obtenu la confiance du conseil d‘administration de Biocoop pour diriger et redresser cette coopérative en difficulté.
Femme de caractère elle ne mâchait pas ses mots et savait se battre pour défendre ses positions, quels que soient les risques. Elle ne manquait pas de courage, ce qui en faisait un adversaire parfois difficile. Comme souvent les femmes en politique (c’est le constat que j’ai fait) elle était non seulement très investie mais aussi droite dans ses positions, refusant les compromissions. Elle était du style à « perdre les élections plutôt que de perdre son âme ».
Michèle Rive était de ceux de mes proches, à la personnalité affirmée, qui pensent par eux-mêmes et qui, par leur analyse différente me permettent de ne rien oublier d’un aspect d’un dossier et de penser les choses en sortant du carcan du système.

Elle n’aimait pas la flagornerie et elle n’aimerait pas qu’on dise qu’elle n’aurait eu que des qualités, ce qui est parfois l’écueil des éloges funèbres. J’arrête donc en conservant de Michèle Rive Malgré les beaux moments passés ensemble, nos débats, nos années d’engagement pendant lesquelles l’amitié avec Michèle Rive a toujours été intacte.

jeudi 10 novembre 2016

Défendons la maison des syndicats à Evreux ... et ailleurs

Pourquoi nous devons défendre 

la Maison des syndicats à Evreux

la manifestation  a réuni plus de mille
 protestataires le 9 novembre.On y a annoncé
le report de l'expulsion à après les législatives.
Victoire ou sujet d'inquiétude ?  
La situation à Evreux  est inquiétante. Nous reproduisons, en fin d'article la lettre que Lefrand et Lecornu, maire d’Evreux et président du conseil départemental ont envoyé aux organisations syndicales de l’Eure.
C'est une lettre insultante où est clairement indiquée la volonté de mettre fin à ce qui participe depuis près d’un siècle aux bonnes relations entre les représentants des salariés et les collectivités publiques. On peut y sentir la volonté de justifier une politique dure dont le but serait de procéder à l'expulsion sans relogement des syndicats à Evreux. Depuis, parce que les nouvelles vont très vite, les collectivités locales d'Evreux et du Département de l'Eure, courroies de transmission du candidat aux primaires de la droite Bruno Le Maire, ont repoussé la date d'expulsion de quelques mois ... Il n'y a pas là de quoi rassurer à mon avis. 
J'y vois les effets contradictoires de la politique de communication cynique de Bruno Le Maire. On fait des déclarations guerrières, pour faire parler de soi, après on recule. On se fait oublier quelques temps, mais on a fait germer une réflexion qui sera bénéfique par la suite. En cas de victoire de la droite, il voudra tout faire pour ne pas se faire oublier.  Dans six mois, le rebond de l'affaire de la maison des syndicats lui permettre de ne pas se faire oublier. Les syndicats ont tout intérêt à obtenir des garanties sérieuses avant. Quelques rappel de ce qu'est la maison des syndicats à Evreux, de son utilité et de son histoire.

La ville d’Evreux  héberge depuis 1928 les organisations syndicales. Tel est le cas dans la quasi-totalité des villes préfectures de France. Cela fait partie de l’Histoire et de la manière dont les pouvoirs publics ont voulu faciliter les relations entre les représentants des salariés et la société. C’était dès lors, la reconnaissance de l’utilité publique des syndicats. 
Cette action n’a été remise en cause à Evreux que pendant l’occupation, c’est à dire que le principe d’hébergement des syndicats n’a jamais été remise en cause sous la République, quelle que soit la couleur politique des municipalités d’Evreux et ce pendant 88 ans.
Rappelons les faits. Pour réaliser une opération immobilière, la ville d’Evreux souhaite se débarrasser des locaux vétustes où sont logés les syndicats, rue de Pannette. Les syndicats, comme toute personne hébergée, demandent à être relogés dans des conditions correctes et durables. Quoi de plus normal pour les organisations syndicales, qui occupent les lieux depuis longtemps, et où ils rendent un service reconnu.
Les négociations se sont déroulées normalement avec l’ancien maire d’Evreux, Michel Champredon et avec l’appui du Département présidé alors par Jean Louis DESTANS. Les premières tensions sont apparues avec la victoire de la droite aux élections municipales et cantonales. À  partir des difficultés créées par les affidés de Bruno LEMAIRE,  les syndicats ont  demandé au préfet de l’Eure d’accepter un rôle de médiateur, qu’il a accepté.
Nous rejetons les arguments de la municipalité et du département qui font passer les syndicats pour des privilégiés et des capricieux. Pour dire cela il ne faut jamais avoir mis les pieds dans les locaux de la rue Pannette, qui n’ont pas connu d’aménagement depuis cinquante ans. 
Une aide historique et nécessaire.
N’en déplaise à Bruno Lemaire, qui veut se trouver un créneau au sein des primaires de la droite, elle est nécessaire. Cette aide  est comparable à l’aide publique fournie aux partis politiques et contre laquelle Bruno Lemaire et les candidats de droite se gardent bien de protester, lors même qu’ils utilisent tous les procédés pour en avoir encore plus. Elle est nécessaire parce que les syndicats de salariés sont indispensables à de saines relations entre salariat et patronat et que l’ensemble des relations au sein d’une société moderne et démocratique en dépend. Les salariés ont besoin d’être défendus, ils ont besoin de choisir qui va les défendre. Ils ont besoin de syndicats forts et responsables. Et la première utilité d’une maison des syndicats est de leur donner les moyens de  l’accueil et du dialogue entre les salariés et leurs représentants.
Soyons clairs aussi sur la demande des syndicats. Ils n’exigent rien d’autre, en tant qu’expulsés, que de retrouver des locaux adaptés, correspondant au travail qu’ils effectuent déjà auprès des salariés, des adhérents et des militants du département. Des salles et des bureaux simples qui permettent de faire leur travail de manière autonome, des salles de réunion qui peuvent être partagées, bref, l’équivalent d’une simple maison des associations comme il en existe dans de nombreuses villes, et quasiment toutes les villes de la taille d’Evreux. Les locaux isolés sur le plan thermique et acoustique permettraient aussi des économies d’énergie. Les syndicats ne sont après tout rien d’autres que des associations spécifiques.

Voilà pour recadrer les choses. Les pouvoirs publics, comme n’importe quel propriétaire, ont pour obligation de reloger leurs locataires lorsqu’ils veulent reprendre leurs biens pour utiliser les locaux à d’autres fins. Les syndicats n’en demandons pas plus.

Nous constatons que, au-delà des propos insultants, sous des argumentations dangereuses et fallacieuses, la ville d’Evreux comme le Département ne font pour l’instant pas face à leur responsabilité. Nous leur demandons, solennellement de modifier leur attitude, au nom du million de salariés du département.

Le parti radical de gauche, au nom des valeurs qu’il défend, se range sans réserve du côté des organisations syndicales en lutte pour la défense de leur droit, constitutive des droits du million de salariés du département de l’Eure.




vendredi 14 octobre 2016

fiches S transmises aux maires ? Michel CHAMPREDON dit NON

Guy LEFRAND, le nouveau maire d'Evreux, qui s'est placé sous la coupe de Bruno Le Maire a défrayé la chronique récemment en exigeant que les fiches S lui soient transmises. J'ai dit dans le précédent post, ce que cette sortie médiatique m'inspirait : une poussée de Bruno Le Maire en personne pour faire un effet de test sur un sujet qui mérite pourtant le plus grand sérieux.
C'est sur ce sujet sensible que s'exprime Michel Champredon, le prédécesseur radical de l'actuel maire d'Evreux. 

Michel Champredon fait naturellement autorité, puisqu'il a eu la responsabilité de la gestion municipale pendant 6 ans. Le café radical reproduit son propos argumenté en réponse aux propositions de son successeur. 
Premier rappel avant de lire l'article : 
Qu'est ce qu'une fiche S
La lettre S est l'abréviation de « sûreté de l'État ». Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI)1.

La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne.

Kinshasa, le 14 octobre 2016

NON à la communication des « Fichés S » aux élus locauxPar Michel Champredon, ancien Maire d’Evreux

Maire d’Evreux (54 000 habitants) et Président de l’Agglomération du Grand Evreux (37 communes et 85 000 habitants) de 2008 à 2014, j’ai écouté avec attention la demande de certains maires de Droite comme de Gauche, d’obtenir des services de police la liste des habitants de leur commune « Fichés S ».

Une certaine légitimité, une fausse-bonne idée

Spontanément, j’ai compris la demande et j’y trouvais même une certaine légitimité s’agissant pour un maire, responsable de l’ordre public dans sa commune, de mieux connaître sa population et d’anticiper d’éventuels enjeux de sécurité.
Le Ministre de l’Intérieur a refusé au motif que, cette information rendue publique, empêcherait les forces de l’ordre de surveiller efficacement les personnes « Fichée S ». L’objection est fondée.
Pour ma part, je souhaite apporter un autre éclairage sur les conséquences de cette revendication que je qualifie de
fausse-bonne idée. Ce serait un mauvais coup porté à la cohésion sociale et reviendrait en boomerang contre les maires. Par ailleurs, elle changerait leur rôle en matière de sécurité. C’est finalement un piège dans lequel l’élu serait pris, sans pouvoir apporter de véritables réponses aux attentes ainsi générées. Par ailleurs, ce serait une grave remise en cause l’Etat de droit. Pourquoi ?
Pour le démontrer, imaginons que satisfaction soit donnée. Que se passerait-il ?

La cohésion sociale fracturée

Scénario : Le préfet adresse au maire la liste des « fichés S » de sa commune. La lettre est ouverte au cabinet du maire
(voire au service courrier). Elle est lue pour transmission à la personne en charge de ce domaine. Elle va au secrétariat
du maire, et au conseiller en charge de ce domaine, chez le directeur général des services, à la police municipale. Le
maire demandera à son directeur général des services de vérifier auprès de la direction des ressources humaines si la
commune embauche des personnes fichées. On vérifiera également au service vie associative si la ville subventionne une association embauchant une de ces personnes ou l’ayant au titre de ses responsables bénévoles.
A chaque étape, la personne lit le courrier et en parle à deux ou trois collègues proches. L’information étant importante et même sensationnelle… on en parle, on la partage et on la commente. Et on peut dérouler la pelote… en un ou deux jours, la lettre du Préfet aura été lue par une dizaine de personnes qui, chacune, en aura parlé à une dizaine d’autres… (et même photocopiée voire scannée).
L’information file comme une traînée de poudre et deviendra rapidement publique. Il faudra peu de jours pour qu’elle soit dans la presse et sur internet.
Une fois l’information diffusée, que se passe-t-il ? Les personnes et leur famille deviennent des coupables soumis à la vindicte.
Les gens qui figurent sur cette liste deviennent alors coupables d’intégrisme et par un raccourci, suspectées d’être des
terroristes en puissance. Les familles sont mises à l’index par le voisinage.
Dans l’habitat : dans l’escalier des locataires pétitionneront auprès de l’organisme de logement pour faire expulser la famille considérée. Sur quel fondement juridique demandera le bailleur ? Face à l’impossibilité pour l’organisme de
lancer la procédure, les locataires demanderont l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?

Les conséquences de ce qu'on veut

A l’école : les enfants seront regardés différemment. Des parents demanderont que les élèves soient mis dans une autre classe que celle de leur enfant et pourquoi pas renvoyés de l’école… Sur quel fondement juridique demandera le directeur d’école ? Face à l’impossibilité d’agir, les parents solliciteront l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?
Dans l’entreprise : des collègues de travail demanderont à changer d’équipe ou de bureau, à ce que la personne suspectée d’intégrisme soit renvoyée…sur quel fondement juridique demandera le dirigeant ? Face à l’impossibilité d’agir, les salariés solliciteront l’intervention du maire … Que pourra-t-il répondre ?
Dans la vie sociale : on observera l’association, le bar, la mosquée que fréquente la personne concernée. Une forme de mise en quarantaine non-dite se créera vis-à-vis de ces lieux qui, jusqu’alors, vivaient normalement. Ceux qui avaient l’habitude de discuter avec la personne fichée S, se sentiront coupables de la fréquenter et certains s’en éloigneront, renforçant « sa mise en quarantaine ».
Par ailleurs, imaginez la polémique politique dans la vie locale, lancée par certains partis politiques ou associations. Cela constituera une forte pression supplémentaire sur le maire.
On le voit, cette transmission des fichés S, qui peut paraître une demande légitime, fissurerait davantage le corps social, créant une méfiance et montant les gens les uns contre les autres. Ce serait un véritable boomerang contre les élus locaux, bien en peine pour agir concrètement.
Le plus grave : une atteinte à la sécurité
Mais finalement, le plus grave serait que cette mesure irait à l’encontre de son objectif initial de renforcement de la sécurité. La divulgation de ce fichier conduirait nécessairement les individus radicalisés, préparant des actes terroristes, à modifier leur comportement : se sachant surveillés, ils prendraient les mesures nécessaires pour masquer leurs agissements, rendant encore plus difficile la mission des services de renseignement.

Le rôle des élus sur les questions de sécurité changerait radicalement

Le maire verrait son rôle évoluer car on lui demanderait d’intervenir comme un directeur de la police, en appliquant le principe de précaution. Il lui faudra être actif et trouver des solutions rapidement. Mais quelles solutions dans le cadre de l’Etat de droit ? Il se retournera vers le directeur départemental de la sécurité publique. Ses interventions seront vaines car comment condamner des personnes qui ne sont pas passées à l’acte ?

Une remise en cause de l’Etat de droit

Enfin et ce n‘est pas le moindre des enjeux, voudrait-on renoncer à l’habeas corpus qui proclame la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement ? Voudrait-on retourner aux périodes où régnait l’arbitraire et notamment à celle des « Lettres de cachet », par lesquelles on enfermait à la Bastille ceux qui ne plaisaient pas, sur présentation d’un simple billet signé du roi ? Ce serait le renoncement à l’Etat de droit et donc un changement de régime. Qui est prêt à cela…à part peut-être les plus conservateurs qui n’ont jamais accepté la République ?

lundi 29 août 2016

Après la Loi Travail, repenser le dialogue social

4e contribution de Michel Champredon pour le congrès prg de La Rochelle


L'opposition à la loi El Khomri s'est radicalisée et la CGT a tenté de bloquer le pays pour faire plier le Président de la République et le Gouvernement. Dépôts d'essence ciblés par les grévistes, barrages routiers, blocage de la diffusion des quotidiens nationaux : la France a montré un visage peu glorieux, ce grand pays qui parle au monde ne sait pas trouver les mots lorsqu'il s'agit de ses propres réformes. La France aura perdu l'occasion du dialogue, la Gauche aura démontré qu'elle ne sait pas se rassembler, la Droite aura prouvé qu'elle fait passer ses enjeux internes avant les intérêts du pays.

Au-delà de telle ou telle mesure ou réforme, l’action publique a besoin de trois choses pour raccrocher les citoyens à la politique :

-      d’abord, une mise en perspective et l’inscription de l’action conduite dans le cadre d’un projet de société. Les Français, comme les Européens, sont majeurs et conscients des difficultés de notre époque. Ils seraient davantage prêts à accepter les sacrifices s’ils comprenaient l’orientation des politiques conduites ; sans compréhension aucune adhésion n’est possible. Il faut donner du sens et faire de la pédagogie. Vers quoi veut-on conduire notre société ? Quel « vivre-ensemble » voulons-nous bâtir ? Quelle sera la place de l’individu dans la société qui se construit sous nos yeux ? Tenir un discours de mobilisation nationale, teinté de fierté républicaine, laïque et européenne. Mais le vrai défi pour nos responsables politiques consiste à tracer le chemin, proposer une ambition et une espérance nouvelles sans tomber dans la démagogie,

-    ensuite, une promesse de redistribution ; promesse qu’il faut tenir. La pauvreté et les inégalités se développent en France et en Europe. Demander des efforts est légitime mais il faut donner des signes de redistribution et de retour en direction des citoyens lorsque la situation sera rétablie (discours trop peu développé),

-    enfin, rééquilibrer le discours et l’action. Toute réforme doit être équilibrée. Demander aux salariés d’accepter les remises en cause doit s’accompagner d’exigences réciproques et de garanties de la part des détenteurs du pouvoir économique (par exemple, qu’en est-il du million d’emplois promis par le MEDEF contre les exonérations de charges sociales et le Pacte de stabilité ?).

Je pense qu’avec du sens et de la mise en perspective, une promesse de redistribution et un rééquilibrage de l’effort demandés aux catégories de la population, on doit affronter plus solidement la période actuelle qui est extraordinairement difficile.

Avec ce projet de loi, finalement aujourd’hui et en d’autres termes c’est : tous perdants. Au lieu du « gagnant-gagnant » souvent recherché c’est le « perdant-perdant » : La France, la Gauche, La Droite…seule l’Extrême-droite capitalise, non sur ses propres propositions (qui sont encore plus libérales que celles de la Droite), mais sur le mécontentement. Lancer une telle réforme à un an de la fin du mandat présidentiel, c’était risqué ! Par ailleurs, la loi Travail, au-delà du texte lui-même, a servi de déclencheur à toutes sortes de mécontentements et de frustrations. La boîte fut ouverte et tous ceux qui avaient quelque chose à revendiquer ont profité de la période pour le faire. On l’a vu avec le déclenchement de mouvements sociaux dans des secteurs qui n’étaient pas touchés par cette loi.

La loi « travail » de la ministre Myriam El Khomri a fait l'objet de débats intenses et a divisé aussi bien la Gauche que les syndicats. Les médias ont présenté d'un côté une Gauche conservatrice qui serait responsable de l'immobilisme français et de l'autre des ultra-libéraux soumis à la doxa du MEDEF. La vérité est moins caricaturale. Mais, au milieu de tout cela, subsiste un point qui m'interpelle : comment décentraliser (dans l’entreprise) les négociations sur le temps de travail avec des syndicats aussi peu représentatifs qu'aujourd'hui ? Comment vouloir plus de flexibilité sans renforcer le dialogue social français ? N'aurait-il pas fallu introduire dans la loi l'idée d'une syndicalisation obligatoire ?



En France on mythifie les négociations sociales comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne ; comme si nous étions dans une tradition de « cogestion ». Eh non ! Le syndicalisme français n’est pas, historiquement, un syndicalisme de cogestion ; c’est un syndicalisme de revendication. On n’échappe pas à son histoire. C’est le résultat de la « Charte d’Amiens » signée en 1920, qui sépare l’action politique de l’action syndicale. Nous parlons souvent d’une vision « social-démocrate » des Socialistes français…en fait, c’est un abus de langage. On veut exprimer l’idée d’une action politique modérée qui intègre l’économie de marché et même une partie du libéralisme économique. La social-démocratie suppose un partenariat clair, fort et équilibré entre le politique et les syndicats ; où ces derniers sont étroitement associés à la gestion de l’entreprise (pas seulement pour les activités sociales, de loisirs ou pour les plans de licenciements). Ils ont de vraies responsabilités. En France, tel n’est pas le cas. Chez nous, les syndicats sont faibles (7,7 % en 2013, le plus faible de l’OCDE après la Turquie) voire très faible selon les branches ou les entreprises. Par ailleurs, pour dialoguer, il faut d’abord faire la grève (voire brûler des pneus devant la préfecture ou arrêter l’autoroute). Ainsi, on fait la démonstration de sa représentativité et on force la discussion. Sinon on ne discute pas ou trop peu.

Donc…

Donc…inscrire la négociation dans l’entreprise comme une méthode systématique d’avancée des réformes…c’est compliqué car la réalité (surtout dans les PME qui représentent 80 % des emplois en France) c’est faire le triste constat que les syndicats ne sont pas représentatifs et sont faibles pour négocier.

Comment aurait-on pu s’en sortir ?
Partons du principe que les uns et les autres sont convaincus et honnêtes dans leur démarche, ceux qui pensent qu’en libéralisant le droit du travail on va stimuler les embauches en faisant sauter le verrou psychologique chez les employeurs et ceux qui pensent qu’on donnera la main libre au patronat dans la plupart des entreprises où les syndicats n’existent pas. La difficulté est d’estimer l’effet « création d’emplois » d’une telle loi (même si des spécialistes s’y sont exercés).

Alors, j’avais formulé deux propositions :

1) appliquer l’accord d‘entreprise pour les entreprises au-dessus de 300 ou 500 salariés (où les syndicats existent) et conserver l’accord de branche pour les plus petites où les salariés sont face au patron sans force syndicale,
2) voter la loi à l’essai pour trois ans, avec une évaluation à mi-parcours et une à la fin. Ainsi on aurait pu modifier ses modalités selon la façon dont les acteurs économiques s’en seraient appropriés les termes.

Ces propositions pragmatiques auraient pu être un terrain d’entente pour les deux parties de la Gauche.

Faut-il obliger chaque salarié à adhérer à un syndicat?
Pour cela, il faudrait changer notre culture de gouvernance en France en redéfinissant le rôle des syndicats et en permettant un vrai partage du pouvoir dans l’entreprise. Cela suppose d’associer les syndicats à la définition de la stratégie de développement et de conquête de nouveaux marchés de l’entreprise, à sa politique de rémunérations des personnels, des dirigeants voire des actionnaires etc… Mais pour associer les syndicats, il faut que de leur côté, les syndicalistes soient dans une culture du compromis et de la « responsabilité partagée ». Si on participe au pouvoir cela implique qu’on soutienne les décisions prises et qu’on les assume devant les salariés, même lorsqu’ils sont mécontents.

C’est une autre société à inventer. Ce pourrait être une belle ambition à présenter lors de l’élection présidentielle de 2017, dans le cadre d’un nouveau projet de société ; car impossible à faire en court de mandat, par une simple loi.

Proposition :

Notre Parti Radical de Gauche ne pourrait-il pas développer cet axe pour la prochaine élection présidentielle ?

samedi 27 août 2016

le BREXIT, saisir l’opportunité de repenser l’Europe

Congrès du Parti Radical de Gauche - 2 et 3 septembre 2016 – La Rochelle
3 ème contribution au débat de Michel Champredon


Union européenne 

 le BREXIT, saisir l’opportunité de repenser l’Europe



Le 23 juin 2016, Les Britanniques nous ont proposé un saut vers l’inconnu ! Ce fut une date historique pour l’Europe, avec cette décision de quitter l’Union européenne. Ce choix qui parait déstabiliser l’UE dans un premier temps peut entraîner la construction d’une nouvelle Europe. Je m’explique.

Sur le principe, on ne peut que se réjouir de demander à un Peuple s’il veut poursuivre dans l’Union européenne. En démocratie, il n’y a rien de plus beau que la sanction électorale du Peuple.
Sur la réalité des choses, David Cameron a gagné les élections législatives sur une campagne démagogique avec notamment cet engagement. Après sa victoire, il a fait mine de négocier avec l’UE des aménagements pour bâtir son discours autour du maintien dans l’Europe…personne n’y a cru. En clair, il a été pris à son propre jeu.
Sauf qu’à ce jeu, sur le plan politique, il a fait sauter un verrou psychologique selon lequel on pensait qu’il était impossible de sortir de l’Union. Cela va certainement entraîner d’autres pays d’Europe vers ce type de référendum…N’est-ce pas au sein des Républicains, dans le cadre de la primaire, qu’un candidat a proposé de faire voter les Français sur l‘adhésion à l’UE ?
L’Europe déjà fragile par certains aspects (crise économique et sociale, crise migratoire, crise de légitimité et montée des partis d’extrême-droite) va s’occasionner des votes nationaux qui risquent de la déstabiliser. Chaque référendum, entraînera des négociations avec les instantes européennes…avec à la clef une Europe davantage à la carte avec des politiques sectorielles qui associeront des Etats différents selon les sujets. Par ailleurs, la situation de crise oblige les politiques à réinvestir le champ de l’Union, j’espère, reprendre une place plus grande face à la structure technocratique ;
Ainsi, ce sera peut-être les plus grands effets du Brexit :
-         stopper la construction d’une Europe fédérale et créer une Europe à géométrie variable (comme c’est le cas pour l’Espace Schengen et la zone Euro, notamment) ; en attendant l’écriture d’un vrai projet politique et social européen. Ce peut être une phase transitoire d’une Europe qui ne soit pas qu’un vaste marché,
et
-         redonner la main aux Politiques dans l’orientation de l’Union européenne.
En effet, quels sont les Trois reproches majeurs à formuler vis-à-vis de l’UE ?
1) D’être toujours plus bureaucratique et de ne pas permettre aux Peuples de s’y reconnaitre,
2) de s’occuper de choses qui n’ont rien à voir avec les enjeux strictement européens (il est loin le temps où on parlait de la « subsidiarité » selon laquelle on laisse au niveau le plus pertinent le soin de traiter le sujet),
3) surtout de construire une Europe fédéral sans qu’il y ait eu de décision politique des Citoyens. L’Europe se construit sous nos yeux chaque jour, 80 % des lois qui passent au Parlement national sont la transcription de directives européennes. Cette Europe fédérale, si elle constitue un beau projet d’avenir, ne peut se concevoir qu’avec un vrai débat dans nos pays qui permette de déterminer le type d’Europe que nous voulons pour nos enfants.
Tant que ce débat n’a pas eu lieu, alors l’Europe à la carte est sans doute le meilleur moyen de sauvegarder l’Union en laissant à chaque Etat le soin d‘avancer à son rythme sur son degré d’intégration.

Proposition : pour préparer 2017, notre Parti ne devrait-il pas repenser son projet d‘Europe fédéral en y mettant des conditions à remplir et des étapes précises ?


jeudi 25 août 2016

Face au terrorisme, tenir bon et redéfinir un Récit national

2e contribution au débat de Michel Champredon


Le 14 Juillet, l'histoire a semblé se répéter, dans l'effroi et la stupeur. Un assassin a mis à mort plus de 80 femmes, hommes et enfants, venus assister au feu d'artifice à Nice. Quelques jours plus tard ce fut le lâche attentat en l’église de Saint-Etienne du Rouvray en Seine-Maritime.
Le Président de la République a rappelé l'importance de l'unité nationale et a prolongé l'état d'urgence de six mois. De son côté la Droite a déclenché des polémiques politiciennes, donnant un spectacle lamentable au monde et sans attendre la moindre période de deuil. Au-delà de ces attentats sanglants, c'est une tentative de déstabilisation de nos sociétés occidentales qui se joue. Quelle réponse donner ? Quelle proposition politique ?  A quel niveau ?
Ces attentats sont terribles car on prend conscience, une fois de plus, que chacun aurait pu être au mauvais endroit au mauvais moment. On imagine la souffrance des familles touchées. A cette occasion, nos autorités, Président, Premier ministre, Ministre de l’Intérieur, furent à la hauteur des évènements. Elles ont pris les mesures qu’il fallait. Pour autant, on ne va pas à chaque attentat dire « on renforce les dispositifs »…Jusqu’où va-t-on renforcer les choses ? Ne sont-elles pas déjà à leur maximum ?

Alors, que faire ? La question est facile à poser mais il est plus compliqué d’y répondre. Chacun y va de sa proposition, voire de sa posture plus ou moins intéressée. Pour ma part je pense que la réponse est triple et simultanée :

1 - Développer un Récit national et fonder un nouveau Pacte républicain
A des problèmes de société, religieux et culturels, la réponse ne peut pas seulement être technique et sécuritaire quant à l’épaisseur des mailles du filet qu’il faudrait chaque fois resserrer davantage. Il faut parler aux Français de leur pays, de ses valeurs, de son histoire. Il faut, comme disent les philosophes, écrire un « Récit national » républicain et démocratique, laïc et universel. La société de consommation et la mondialisation galopante nous ont fait perdre le sens des choses, le sens commun, le sens de notre société humaine. Il faut « armer idéologiquement » (tant pis si c’est un gros mot pour certains) les Citoyens français et donner un sens à la Nation. Le rôle de l’Ecole, de la Culture et des Médias est dans ce cadre essentiel.

Mais le rôle de la parole publique l’est tout autant, le discours de nos dirigeants, ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui sont dans l’Opposition. La force d’un Récit national est d’autant plus éducative et percutante qu’elle est portée par tous les responsables politiques républicains. Force est de constater que, tout en laissant un espace maximum à la démocratie, nous manquons d’unité nationale. Ce n’est pas limiter la liberté d’expression que d’éviter les postures politiciennes sur les sujets essentiels.

Ce Récit national doit permettre de fonder un nouveau Pacte républicain qui intègre un Pacte d’intégration. Il faut donner un sens vivant à l’idée de République et développer la culture de l’engagement.

En a-t-on le temps ? C’est une réponse éducative qui prend du temps.
Nice, Promenade des Anglais juste après l'attentat
Oui car ces problèmes du terrorisme, on en a sans doute pour une génération. Ce n’est pas un problème passager qui va se régler de lui-même. Il faut donc parler droits et devoirs des citoyens, état de droit, culture, laïcité, éducation aux religions. Il faut assumer notre mode de vie, notre ouverture sur le monde, notre histoire, notre Laïcité, les afficher, les défendre et répondre à chaque fois que ces valeurs sont remises en cause.

2 - Développer les réflexes individuels de sécurité collective
Dans le même temps chacun doit comprendre qu’il a un rôle à jouer dans la sécurité collective. Il faut que les citoyens signalent les faits ou propos qui peuvent être compris comme l’annonce d’un passage à l’acte. Sans tomber dans une société de délation généralisée, chacun peut être témoin d’une scène et regretter après l’attentat de ne pas avoir prévenu pour permettre aux services de police et de justice de prendre les décisions qui s‘imposent.



3 - Agir partout contre l’Islamisme radical
Dans le même temps, il convient de multiplier les actions pour neutraliser, enfermer, expulser (selon la nature des faits) tous ceux qui agissent ou tiennent des propos dans un rôle public contre la Démocratie, les Droit de l’Homme, les femmes, les homosexuels pour ne citer que les thèmes ou personnes les plus souvent attaqués. Il faut neutraliser les lieux d’enseignement du radicalisme dans certains locaux collectifs, publics ou privés.

Il faut agir simultanément sur toutes les dimensions. Concernant les mesures de sécurité en Europe et dans nos villes : renforcement de la coopération entre Etats, surveillance des foyers de radicalisation, expulsions des personnes indésirables et n’ayant aucune légitimé à rester… Concernant les Djihadistes : action pour « déradicaliser » les jeunes concernés, dispositifs d’alerte pour prévenir les jeunes qui se radicalisent et soutenir les familles…

Par ailleurs, les attentats récemment perpétrés à Bruxelles ont fait naître un débat en France sur les phénomènes de radicalisation au sein de quartiers sensibles. A Droite comme à Gauche, certains soulignent que le cas Molenbeek n'est pas un problème strictement belge et qu'il existerait des zones similaires sur notre territoire.

Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, dit qu’il y a cent quartiers en France (sur 1 500 dits « prioritaires »), ayant potentiellement les mêmes caractéristiques que Molenbeek. Il le dit car ses services (les préfets) ont tenu la statistique. La polémique porte sur le « politiquement correct » : faut-il le dire au risque de faire peur à la population ? A quoi sert l’information une fois délivrée…à part alimenter l’Extrême-droite ?

Sur le fond, à la différence de la Belgique semble-t-il, nous avons en France une action des Pouvoirs publics dans les quartiers populaires (la politique de la ville, depuis 1981). Même si tout n’est pas réglé, ces quartiers n’ont globalement jamais été abandonnés à eux-mêmes. Il serait intéressant de faire l’addition du nombre de milliards investis depuis 40 ans… Je vois immédiatement ce qu’on peut me renvoyer… «tout cet argent pour être le pays d’Europe qui alimente le plus les départs vers le Djihad ! » Certes ! Mais je réponds…qu’est-ce que cela aurait été si nous n’avions pas eu cette action ?

Et la vie associative et l‘éducation ?
Oui il faut toujours miser sur l’éducatif, mais on ne parle pas du même public. Ceux qui sont aujourd’hui intégristes voire terroristes ne sont pas « rattrapables » par l’éducation et la vie associative de terrain. Ils ont franchi le stade d’une extrême gravité. Il faut des dispositifs et des professionnels particuliers pour les traiter. Je me demande d’ailleurs, si ceux qui sont « récupérables », sont majoritaires ou minoritaires ?

Néanmoins, pour éviter des dérives plus nombreuses, il ne faut pas laisser de côté le terreau social, et recréer des « têtes de réseaux associatives » pour structurer l’action sociale dans les quartiers, développer les « adultes-relais » pour servir de référent à des jeunes en perdition et alerter les services à temps…

C’est par la conjugaison de réponses diversifiées, tant dans le domaine de la guerre internationale, de la surveillance des réseaux sociaux, de la prévention dans nos quartiers, de l’éducation, de la répression des groupes organisés mais aussi par la valorisation et un nouveau sens donné à notre idéal de vie…que nous parviendrons à surmonter ce défi qui est posé à nos sociétés occidentales.





mercredi 24 août 2016

Faire de la politique autrement, est-ce un mythe ?

Contribution de Michel Champredon congrès prg de La Rochelle en septembre 2016

Le café radical publie quatre contributions au débat de l'ancien Maire d'Evreux. Aujourd'hui, 1ère contribution : 



Faire de la politique autrement, est-ce un mythe ?


Deux phénomènes récents nous interpellent sur l'avenir et la transformation du champ politique. D'un côté, le mouvement "Nuit debout", qui a rassemblé un large éventail des déçus de Gauche. Sans doute à la veille d'une récupération politique, le mouvement a tiré sa force et sa sympathie de sa désorganisation.

De l'autre côté, "En marche"! le nom du mouvement politique lancé par Emmanuel Macron. Mouvement citoyen ou parti politique ?

Deux mouvements très différents mais qui ont en commun de vouloir faire de la politique autrement, de dépasser les partis classiques pour inventer une nouvelle manière de parler aux citoyens. Quel regard peut-on porter sur ces deux initiatives ? Peut-on y voir une réponse à la crise démocratique que nous vivons ?

Comme pour beaucoup d’actions, seul le temps nous dira si c’est un vrai changement dans la société ou un feu de paille médiatique. Par ailleurs, on est toujours enclin à critiquer ceux qui agissent. Pourtant, ils prennent des risques en s’exposant et donc on ne peut que saluer leur engagement, quelle que soit la forme (si elle est pacifique et légale). On devrait les saluer surtout en comparaison de ceux qui ne font rien, qui restent spectateurs et qui ont un avis définitif et péremptoire sur tout…« y’a qu’à…il faut qu’on ».

Ceci dit, vu d’aujourd’hui et avec mon regard à distance (par mon expérience comme par mon éloignement géographique), je ferai les remarques suivantes :

« Nuit Debout » :

Il y a un côté spontané et désintéressé qui donne une certaine sympathie de prime abord. Pourtant, les discours sont très critiques et on y trouve beaucoup de citoyens issus des mouvements alternatifs/altermondialistes autour du slogan bien connu « un autre monde est possible » (ce que je crois d’ailleurs…enfin j’espère).

Les participants trouvent là un lieu et un moment de rassemblement de tous ceux qui expriment une opposition ou une déception face à La Politique et à la politique du gouvernement en particulier. C’est assez facile de rassembler sur un discours CONTRE car chacun est contre quelque chose ou mécontent d’autre chose. Mais s’il fallait construire des propositions, un programme…ces gens ne pourraient pas trouver d’accord et le mouvement n’y survivrait pas.

J’entendais une participante (très à Gauche) qui disait sur un média : « je suis là, car il faut que le gouvernement entende le Peuple ». Certes… mais force est de constater que le Peuple vote à Droite et à l’Extrême-droite (dans une proportion des 2/3 !). Le Peuple aujourd’hui, hélas, il ne vote pas pour PLUS de Gauche. D’ailleurs, à la différence de certains pays (Grèce, Espagne, Portugal), la gauche de la Gauche ne profite pas du décrochage électoral des Socialistes.

Enfin…une fois ces quelques éléments posés, si ce mouvement voulait peser dans le débat et dans les décisions pour le pays, il aurait fallu qu’il trouve un débouché politique…d’où certains groupes ou leaders qui essayaient de l’attirer et de le récupérer.



« En Marche » :

D’abord Emmanuel Macron s’est réclamé de la Gauche qui, globalement, n’a pas l’air séduite par son initiative. Plus prolixes sont quelques ténors de Droite (P. Gattaz du MEDEF, JP. Raffarin, F. Bayrou, A. Juppé ???) y ont trouvé intérêt.

Pour l’instant, je pars du principe de la sincérité de sa démarche et qu’il ne s’agit pas d’une vile manœuvre pré présidentielle ce qui irait à l’inverse de l’affirmation sur « la politique autrement ».

Je reste donc en attente…des propositions innovantes qui peuvent répondre aux grands sujets contemporains. En effet, au-delà de telle ou telle mesure concrète (faut-il 8 ou 10 dimanches travaillés dans l’année ?), il convient de répondre sur le fond aux grandes questions de notre époque (de sa part comme des autres). Je cite quelques problématiques en métropole : Comment refaire adhérer les citoyens à une nouvelle Espérance européenne et dépasser le rejet actuel de l’Union ? Comment contrarier la communautarisation de certains de nos quartiers et villes ? Que faire pour redonner le lustre suffisant à l’Ecole publique et ainsi tarir le nombre de parents qui s’en détournent pour choisir l’enseignement privé ? Quelle place donner à la jeunesse dans notre pays ? Comment lutter contre les inégalités qui s’accroissent malgré tous les dispositifs existants ? Quel rapport entre politiques et citoyens pour recréer la confiance indispensable en démocratie ? les sujets ne manquent pas…

Finalement, puisque Emmanuel Macron s’affiche de Gauche la question est : pour lui, qu’est-ce qu’être de Gauche aujourd’hui dans une société qui a déjà atteint un certain niveau de confort pour une grande partie de la population mais où les frustrations se développent et où les inégalités se creusent ; une société européanisée, mondialisée, hyper médiatisée, où les pouvoirs sont diffus et où les marges de manœuvre des dirigeants sont étroites ?

Pour l’instant on l’a surtout entendu prononcer des petites phrases provocatrices au détour d’un événement, d’une manifestation, d’une conférence de presse (sur le statut des fonctionnaires, sur les patrons dont «la vie est plus difficile que celle des ouvriers» ou sur les 35 h etc…). Cela ne nous dit pas précisément ce qu’il faut entreprendre. Une fois qu’on a dit que la société était bloquée…so what ! Sur une telle affirmation, on peut recueillir une majorité. Sur les solutions…c’est plus difficile car chacun y va de la défense de ses intérêts.

Pour conclure provisoirement sur ce sujet, et d’une façon générale, on a vu ces dernières années différentes personnalités développer un discours sur le besoin de faire de « la politique autrement » : Michèle Barzac et Michel Noir (feu le RPR), François Bayrou (Modem), les Verts… Ségolène Royal en 2007, certains courants au sein du Parti socialiste…qu’en est-il resté ? Hélas…peu de chose sinon rien.

La réalité c’est qu’on a besoin de partis même si on les appelle « mouvement ». Il faut bien une structure pour réfléchir aux projets, aux programmes, sélectionner les futurs candidats et mener les campagnes électorales. Si le discours anti-partis est classique, il est vain. La politique ne peut pas se faire toute seule sur la base d’individualités.
Enfin…un des aspects positifs de ces deux initiatives (comme la pratique fréquente des pétitions sur internet) c’est de provoquer le débat politique et la prise de conscience sur les enjeux de notre société et certainement de susciter de nouveaux engagements.
Le quinquennat de François Hollande et la démocratie ?
On le sait, la réduction du mandat présidentiel à cinq ans et l’inversion du calendrier électoral a transformé  les parlementaires en « obligés présidentiels ». Sur cette question du fonctionnement de la démocratie, voici deux citations particulièrement autorisées :
Pierre Mendès-France disait « la démocratie, c’est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité : c’est un type de mœurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l’adversaire ; c’est un code moral ».




Quant à François Hollande, en 2006 dans son ouvrage « Devoir de vérité » : « le véritable changement doit être de l‘ordre de la pratique du pouvoir, des modes de décision, des formes de l’action publique –et le renouvellement doit aller jusqu’au bout (….) Aussi s’agit-il aujourd’hui non seulement de changer de pouvoir mais de changer le pouvoir. Son exercice, ses rythmes, son usage ».
Ainsi, on constatera que ce quinquennat n’aura pas permis de progresser sur cette dimension.  Notre président, de fait, a plutôt opté pour un pouvoir personnel, sans doute contraint par des critiques sur son supposé « manque de personnalité ». Du coup, il a eu une pratique de décision personnelle voulant affirmer le rôle prééminent du Chef de l’Etat, comme si la fonction elle-même ne suffisait plus pour s’en convaincre.
Or notre époque qui constate un divorce entre citoyens et élites politiques nécessite une refondation démocratique, non seulement pour renouer la confiance entre les uns et les autres mais également pour développer une réponse face à ceux qui veulent tuer nos démocratiques modernes.
Proposition :
Ainsi, dans le cadre de la préparation de la présidentielle de 2017, le PRG ne pourrait-il pas lancer une vraie réflexion sur les nouvelles formes de démocratie, le nouveau rapport aux citoyens… être un laboratoire et ainsi offrir une nouvelle attirance politique ?



lundi 24 février 2014

Un bel article dans Normandie Dimanche

Les radicaux en gloire, ce n'est pas assez fréquent !
raison de plus pour s'en réjouir.
Samedi dernier, les radicaux de la région Haute-Normandie ont eu les honneurs de Normandie Dimanche, avec la Seine-Maritime pour la partie théorique, et l'Eure ... et même Louviers pour la partie pratique.
Un beau reportage, réalisé par un journaliste sympa, qui donne en tous les cas une belle idée de l'identité radicale et de son dynamisme.
C'est l'avant garde républicaine !
Si vous voulez nous rejoindre, n'hésitez pas.
Envoyez un mail à caferadical@gmail.com, et on vous donnera tous les détails.
A bientôt !

mercredi 6 février 2013

Christiane Taubira, plus grand ministre de la Justice depuis Badinter ?

Le choix de Christiane
J'aime Christiane Taubira depuis le premier jour. C'était en 2002, elle était parfaitement inconnue du monde politique et sa candidature avait fini par s'imposer à la suite d'une série de hasard et d'hésitations. J'avais décidé de déployer toute mon énergie à défendre la candidature de la première femme de couleur à la présidence de la République.
La candidature radicale avait fini par s'imposer à la suite d'une erreur stratégique de Lionel Jospin. Celui-ci, souhaitant garder un réservoir de voix important pour le deuxième tour, avait laissé s'imposer une candidature verte (Noël Mamère), une candidature communiste (Robert Hue) et la candidature de Chevènement. Il ne restait pas d'autre choix pour les radicaux que de présenter leur propre candidat.
Ce fut une candidate. Elle était députée, elle était connue des parlementaires, mais à part ça, personne ne la connaissait.Elle avait été députée européenne, élue sur une liste radicale, mais n'avait pas sa carte. Le choix Christiane avait fini par s'imposer à la suite de nombreuses hésitations. Je me souviens encore de l'article de Thierry Jeantet paru dans "Le Monde" à quelques jours du dépôt officiel des 500 signatures : il faut sauver le soldat Taubira et mon ami Gery Brasseur, me rappelait la semaine dernière le dépôt de ces 500 signatures au Conseil Constitutionnel, sous les crachats et les insultes des militants mégrétistes venant déposer les signatures de leur candidat, et accueillant la première candidature d'une femme de couleur à la présidence de la République Française. A ce demander dans quel pays nous vivions !
Et d'ailleurs, après une si sale campagne, où justement Christiane avait su défendre la voix de la liberté face à tant de candidats ayant peur de leur ombre et de celle de l'intolérrance, la France a  connu le plus grand cataclysme électoral de l'histoire de la 5e république, avec un duel entre Chirac et Le Pen, la gauche étant éliminée au 2e tour... (Que n'y eût il les primaires à l'époque !). C'était le 21 avril 2002.
Or, une grande partie de la gauche a eu tendance depuis lors à faire porter le chapeau de cette catastrophe aux radicaux en général et à Christiane en particulier.
Photo souvenir lors de l'inauguration de la rue Aimé Césaire
Christiane Taubira avec Franck Martin et Michel Champredon,
les maires radicaux de Louviers et d'Evreux
Comme cette histoire peut sembler lointaine. Comme elle m'est proche encore. Je me souviens de sa venue à Louviers, dans la salle du Moulin qui venait d'être restaurée, de l’enthousiasme créé par sa candidature et des quelques fois où j'ai eu l'occasion de la revoir lors des congrès radicaux et lorsqu'elle a inauguré la rue Aimé Césaire à Evreux.
Lorsque Jean-Marc Ayrault l'a nommée ministre de la Justice, il s'est sans doute agi de la plus grosse prise de risque dans la composition du gouvernement et bien peu, même ceux à qui cette nomination faisaient plaisir, ne s'attendaient à ce choix. Christiane Taubira est radicale dans l'esprit, mais sa totale indépendance a fait que même au parti radical de gauche,  parti recordman de la largesse d'esprit, on n'a pas pu la garder. Elle a donc été nommée ministre sans pression, sans le filet d'un parti pour la défendre, juste dit-on par la confiance de Jean-Marc Ayrault qui a pris ce risque.
Le débat sur le mariage pour tous a permis de rappeler la
classe phénoménale de Christiane Taubira. Sans doute un
effet inattendu de l'argumentation lamentable de la droite.

Certes, après les terribles choix de la droite en matière de garde des sceaux dont on aurait dit qu'on les choisissait tout exprès pour qu'ils s'effacent devant toute chose et en particulier devant les choix sécuritaires ... (exception faite de Rachida Dati envers qui tout le monde a pu tout reprocher mais pas de passer inaperçue). Entre Pascal Clément, Michel Mercier, et même Michèle Alliot-Marie, autant de ministres insipides ... ou ne prenant pas leur mission au sérieux.
Or depuis sa nomination, Christiane Taubira travaille, défend les libertés, pèse son poids face à personnalité très forte et populaire qu'est Manuel Valls, et défend avec intelligence tous ses dossiers.
Le domaine de la justice est l'un de ceux qui a le plus progressé depuis le changement de gouvernement, même si Christiane Taubira, du fait qu'elle n'était soutenue par aucun parti ni aucun courant semblait la plus menacée du gouvernement.
Et puis, nous avons eu le débat parlementaire sur l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe, un projet de loi contre laquelle la droite avait décidé de faire un tir de barrage, déposant plus de 5.000 amendements et contraignant les parlementaires à un débat interminable de plusieurs jours et de plusieurs nuits.
Or, sans doute grâce à la bêtise de la droite, grâce à son acharnement à défendre une cause perdue d'avance, grâce à sa mauvaise foi, grâce à sa technique d'harcèlement, grâce à la vulgarité de l'opposition, Christiane Taubira a pu faire éclore ses extraordinaires qualités humaines, son intelligence, sa culture, son humour, son talent, sa grâce. Christiane Taubira s'est envolée.
Amoureuse des mots et de la poésie, le ministre de la justice s'est appuyé sur les muses pour démontrer la petitesse des argumentations et donner à la République et à la défense de la Justice la grandeur de sa mission.  Descendante d'esclaves, fille d'une femme de ménage, ministre de la justice et enfant de la République.Elle fait découvrir des auteurs à la France entière. Elle est celle qui porte, celle qui diffuse en la coloriant, la République universelle du savoir et de la liberté.

En cadeau, après cet article louangeur, l'un des moments les plus beaux de ses interventions : le fou rire plein de grâce et d'humanité de la Ministre au parlement ... de la couleur dans la vie politique.




jeudi 13 décembre 2012

Mac Arthur Glenn, le jugement

Michel Chmpredon entouré de Franck Martin et de Didier Bazin
lors d'une conférence de presse avant le passage en commission
nationale. Il ne s'agissait de rien d'autre que de faire valoir le droit.
"Le réel, c'est quand on se cogne" disait  Lacan.
Le jugement de la Commission nationale d'aménagement commercial claque sèchement les élucubrations des défenseurs du projet Mc Arthur Glenn. Elle n'est pourtant que la conséquence logique du premier jugement qui déjà s'appuyait sur la Loi L 752-1 du code du commerce.
Cette loi a un sens dans l'aménagement du territoire. Elle consiste à limiter l'implantation sauvage et mortifère de surfaces commerciales au coeur de nos campagnes, dénaturant le paysage, encourageant les déplacements automobiles avec pour seul risque économique pour les entrepreneurs que de laisser une friche urbanisée au coeur de nos paysages ruraux.
Bref, la Loi conçue au moment même de la négociation de ce qu'on a appelé le Grenelle de l'environnement s'intègre dans une démarche moderne, prenant en compte le respect de notre environnement et l'évolution des pratiques commerciales et notamment l'achat par internet qui fragilise encore davantage le commerce de centre-ville qu'il convient de protéger.
C'est sur cette loi que s'appuie le jugement de la Commission Nationale d'aménagement commercial.
Le comportement des tentants du projet n'a pas de sens. Ce n'est pas un projet obsolète qu'il faut défendre, mais bien plutôt un commerce Vernonnais en cohérence avec une démarche cohérente, environnementale et privilégiant l'identité du centre-ville vernonnais. Personne, ni à Evreux, ni à Louviers ne s'opposera à cette démarche.  
Toutes les conférences de presse, toutes les manifestations, toutes les pétitions n'auront aucun poids tant elles soulignent l'incohérence du projet.
Les défenseurs du projet qui vont jusqu'à demander une modification législative ne doivent pas se faire d'illusion. Si jamais évolution il y avait, tout porte à  croire qu'une nouvelle loi sur l'urbanisme commercial ne pourrait finalement que conforter, voire renforcer la loi de 2008. La protection du commerce de proximité, le respect de l'environnement et des constructions incohérentes sont inéluctables.
Ci-dessous, les considérants du jugement de la Commission nationale d'aménagement commercial :


Considérant

Que la localisation de l’ensemble commercial en bordure d’un axe autoroutier, sur des parcelles vierges de toute construction à environ 2,5 kilomètres du centre du village de Douains (commune de 460 habitants) à environ 7 kilomètres de Pacy sur Eure et de Vernon à environ 10 km de Giverny et à 25 km d’Evreux contribuera à développer un nouveau pôle commercial excentré, éloigné des centres de vie et d’activité existants dans le département de l’Eure ; que ce projet aura des conséquences négatives sur le développement des commerces de centre-ville des communes situées au sein de la zone de chalandise ; qu’il ne participera pas ainsi à un développement harmonieux du territoire et à l’animation de la vie locale.

Considérant

que le projet sera situé en bordure de l'A13, à hauteur de l'échangeur 16 et de la RD 181 ; que, compte tenu de l'importance de la zone de chalandise définie par le demandeur, zone s'étendant sur 7 départements et 1.127 communes, et de la spécificité des commerces envisagés, la clientèle se déplacera essentiellement en voiture ; qu'ainsi la création de ce nouvel ensemble commercial générera, malgré les travaux prévus par le porteur de projet, une augmentation significative des flux de circulation sur ces deux axes ; que la desserte de l'échangeur est susceptible d'entraîner une saturation du trafic routier en période de pointe ;


Considérant
que le site d'implantation du projet n'est pas actuellement desservi par des transports en commun réguliers ; qu'ainsi, malgré les efforts en terme d'accessibilité et notamment de la mise en place de navettes depuis la gare SNCF de Vernon, la desserte de l'ensemble commercial envisagé par les modes de déplacements doux ne pourra pas offrir une alternative crédible à l'usage de la voiture par la clientèle

Considérant
que les efforts du demandeur en termes d'insertion paysagère ne seront pas de nature à atténuer l'impact du projet sur son environnement ; que l'empreinte environnementale de cette réalisation sera importante en termes de consommation du foncier et de déplacements motorisés ;

Considérant
que ce projet ne présente pas, par ailleurs, d'avantages suffisants au regard des autres critères posés par l'article L 752-6 du code de commerce ;

Considérant

qu'ainsi ce projet n'est pas compatible avec les dispositions de l'article L 752-6 du code de commerce.

DÉCIDE
...
Le projet de la SNC "MGE NORMANDIE" est refusé
 
 
Et la reproduction l'article L752-6 du code de commerce
Lorsqu'elle statue sur l'autorisation d'exploitation commerciale visée à l'article L. 752-1, la commission départementale d'aménagement commercial se prononce sur les effets du projet en matière d'aménagement du territoire, de développement durable et de protection des consommateurs. Les critères d'évaluation sont :
1° En matière d'aménagement du territoire :
a) L'effet sur l'animation de la vie urbaine, rurale et de montagne ;
b) L'effet du projet sur les flux de transport ;
c) Les effets découlant des procédures prévues aux articles L. 303-1 du code de la construction et de l'habitation et L. 123-11 du code de l'urbanisme ;
2° En matière de développement durable :

a) La qualité environnementale du projet ;

b) Son insertion dans les réseaux de transports collectifs.