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jeudi 17 décembre 2015

Mémoire d’un conseiller régional

Lol comme on dit ... J’aurais été conseiller régional une petite heure. Le temps qu’Antenne 2 , en cette terrible soirée d’élections de dimanche dernier annonce que la liste de Mayer Rossignol allait l’emporter d’une courte tête face à la droite.
J’ai tout de suite dit à mes amis qu’il fallait sortir le champagne rapidement... avant que la télé n’annonce le contraire. Et, comme de fait ! (j’adore l’expression) plus le temps passait avec l’apport du décompte officiel de la préfecture, plus je me disais qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas dans l’estimation hasardeuse de France 2. Un peu avant 22 heures, le verdict tombait en plein débat : les vainqueurs devenaient vaincus et vice-versa. Et moi, le 9e de liste, je n’avais plus qu’à remercier ceux qui m’avaient déjà félicité en leur expliquant que, non, ce n’était pas pour cette fois.
Mais passons sur mes déboires personnels. Au-delà de ce que cela signifie et du profond changement que mon élection aurait eu sur mon propre sort, de mes capacités d’engagement et du soutien que cela m’aurait procuré je me dois de fixer quelques éléments d’analyses et des perspectives offertes par ce scrutin.
Le grand vainqueur des élections a été le Front National, même s’il en a aussi été le grand perdant.
Il en est vainqueur, parce que non seulement on n’a parlé que de lui, j’allais dire comme d’habitude, mais en plus il a augmenté partout ou presque son score en pourcentage et en nombre de voix, a réussi à se maintenir au deuxième tour et a réussi le rêve fasciste de troisième voie.
Il en est le grand perdant parce qu’il n’a pas réussi à engranger et à devenir une force capable de s’imposer à la tête d’une Région. En gros, si une grande partie du corps électoral a donné quitus aux thèses frontistes, une plus grande partie encore a fait savoir que si elle ne savait pas ce qu’elle voulait, elle savait ce qu’elle ne voulait pas.
Bref, pour moi, mais pour beaucoup d’autres qui disions, qui pensions que le Front National ne devait pas constituer l’alpha et l’omega de notre pensée politique, il faut reconnaître qu’il est temps de changer de discours. 
Le Front National n’est plus ce qu’il était. C'est-à-dire que sa permanence et son renfort sur le plan électoral changent durablement le paysage politique français. On serait tenté de dire, à l’instar de la formule de Mitterrand sur le chômage  : « contre le front national, on a tout essayé ». Ce n’est heureusement pas vrai. Ce qui est sûr, cependant c’est que les vieilles recettes n’ont pas produit leurs effets. Voilà pourquoi il me semble impératif d’analyser et le phénomène, et les méthodes pour l’endiguer sous peine de se trouver confronter à une passivité coupable dont les conséquences seraient terribles.
1)      L’analyse du phénomène.
Elle me semble indispensable, et en particulier il faut se détacher du prêt à penser qui permet de se dédouaner de ses propres responsabilités. Qu’est-ce que le front national en premier lieu ? Ce n’est pas un parti fasciste au sens où il n’a pas de projet de société, mais son histoire le relie à l’extrême droite et il a de nombreux fascistes dans ses rangs. Ces éléments lui donnent notamment une puissance militante, c'est-à-dire une capacité à mettre en œuvre une stratégie et des tactiques dont sont incapables les partis traditionnels. Pour ceux-ci, la seule perspective est d’exister de scrutin électoral en scrutin électoral, se structurant en fonction d’objectifs différenciés (municipales, départementales, régionales, présidentielles, législatives et sénatoriales). Une fois élus, les candidats se focalisent sur le travail local, sur la gestion, sur l’écoute citoyenne. Ils délaissent le discours strictement politique, pourtant indispensable. Quand ils ne sont pas élus, ils gèrent leur déception et  pensent à préparer les prochaines élections. Le travail militant qui a fait la force du parti communiste jusqu’en 1980 a progressivement disparu. Les engagements sur des thèmes ou situations locales restent marginales. 
Deux éléments nouveaux sont manifestes depuis le weekend dernier : La qualité des cadres, le renforcement de la puissance militante.
a.      La puissance militante
Pour l’anecdote, je rappelle ce qui s’est passé à Louviers durant le mois de novembre avec « l’affaire Mandela ». La municipalité de Franck MARTIN avait fait voter à l’unanimité d’accorder le nom de  Nelson Mandela à la place du parvis de la grande église de Louviers. Comme il fallait attendre deux mois avant la validation de la délibération, il avait été décidé de pratiquer l’inauguration à la suite des élections afin d’éviter toute récupération.
Mon ami Achard de Préville a été  voir le nouveau maire pour inaugurer dignement  la place... ce qui n’a posé aucun problème... Jusqu’à ce que l’annonce soit en faite le 11 novembre dernier lors de la cérémonie patriotique. C’est seulement à cette occasion que des voix se sont élevées contre ce projet. Des voix qui se sont répercutées auprès de la municipalité de centre droit qui, une fois réunie sous des prétextes incroyables a renoncé à l’inauguration ce qui nous a donné l’occasion d’un sursaut militant. Tout ça pour dire : oui, le Front National était et est présent aux cérémonies patriotiques. Il y est de manière active et militante et cela s’inscrit dans une démarche déterminée qui se manifeste dans de nombreux autres domaines. Le FN n’est pas qu’une machine électorale. Les militants sont là, actifs et leur efficacité est d’autant plus forte qu’ils peuvent s’appuyer sur terrain favorable et médiatiser.
b.     La qualité des cadres
Nous avons connu un Front National représenté par de pauvres gugusses, incapables d’aligner deux mots ou deux idées dans des communes de tailler réduite et même importante ... où se percevait la difficulté pour eux de constituer des listes. Cela s’expliquait par les circonstances, le manque de cadre et le refus de personnalités locales de se mouiller sauf exception. Il faut se faire à l’idée que ce temps là est derrière nous.  La prochaine échéance verra de vrais cadres se présenter dans des communes y compris de taille réduite, capables de mener une campagne locale et cohérente. 

2)      Organiser la riposte
Une fois dit cela, il ne s’agit pas de rester les bras ballants. Il ne s’agit pas d’analyser les forces de l’adversaire et de se dire qu’on n’a plus qu’à attendre que notre République, que nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité soit ensevelies par la vague fasciste. Il faut à présent  contrer de manière organisée un adversaire lui aussi organisé. Tout le monde constate que la société française évolue dans le mauvais sens. On entend des propos frontistes dans un bistro ? On change de bistro. Chez le coiffeur, on change de coiffeur. Dans la rue ? On fait comme si on n’était pas sûr d’avoir bien entendu. 
Il faut inverser la pente fatale et donner un argumentaire de la vie quotidienne. Mais pas seulement. De nombreux maires de petites communes voient depuis des années augmenter le score du front national. Ils savent que ça vient de tel lotissement, d’untel qui est influent. Il faut écouter les maires. Nous avons à apprendre d’eux, en même temps qu’ils attendent de nous. Les élus locaux, comme tous les élus sont vilipendés. C’est la mode, on cherche des coupables. Les élus ne font rien. Ils sont payés à ne rien foutre.  Si le front national monte, c’est  la faute au gouvernement (bien sûr, c’est surtout pas la faute des électeurs !) ... Il faut en finir avec ces arguments mortifères. Pourtant, soyons clairs : si dans les trois mois le gouvernement mettait fin au chômage, cela n’endiguerait en rien la montée du Front National. Je n’ai pas de baguette magique. Je ne peux dire qu’une chose c’est que nous entrons dans une phase politique particulièrement difficile. Il faut s’y préparer. Il faut nous mobiliser et mobiliser des gens qui ne le sont pas et qui ne demandent qu’à l’être. Les politiques sont, avec l’étranger, le bouc émissaire de toutes les frustrations et la frustration entraîne la frustration. Le discours nationaliste le plus terrible est d’ailleurs celui-là : « c’est de la faute au politique s’il y a tant d’étranger. »
3)      Engagement politique et citoyen
Ce discours s’impose malicieusement dans notre vie quotidienne.  On se rend compte que ce qui au départ nous laissait sans voix, car idiot et caricatural, et devenu une vérité urbaine, un bon sens paradoxal, parce que nous n’avons pas pu y répondre.
La critique systématique du  pouvoir est une liberté fondamentale. Cet anarchisme bon enfant est même au cœur de l’esprit français, tel qu’il a notamment été visé par Daech, le 7 janvier puis le 13 novembre. Mais le Front National s’incruste dans cette attitude, y trouve des forces, fabrique un ennemi sans nom, qu’il appelle le système et lui permet d’attaquer toutes nos institutions en les amalgamant. Ainsi, la paresse politique, la dénonciation de l’autre, trouvent une place confortable dans les discussions dénonçant l’étranger, l’élu, le fonctionnaire, la télé, la presse et tout ce qui dépasse en évitant surtout de faire des nuances.
Pourtant, la vie est faite de nuances. Pourtant, ce discours malsain, qui tourne sur lui-même doit trouver une riposte. La République a beaucoup, a trop reculé jusqu’à présent. La tactique frontiste est de l’amener au bord du ravin où elle ne pourra reculer qu'en tombant dans le précipice. Nous ne devons pas nous mettre sous leur dépendance.
De fait, nous avons beaucoup à défendre de ce monde. Et bien souvent ceux qui critiquent ses insuffisances auraient beaucoup à perdre de sa disparition. Les libertés acquises, l’égalité entre la femme et l’homme qui a fait tant de progrès en un demi-siècle, le droit de la femme à disposer de son propre corps et qui indispose tant le front national, les droits sociaux, et le fait que le vivre-ensemble repose sur ces valeurs fondamentales.Pour tous ceux qui ont a supporter au quotidien le discours médisant et malsain, il est temps de rétablir la réalité d'un monde complexe face aux amalgames mortifères des populistes.

4)      Il faut agir vite
Bientôt les fêtes que je souhaite bonnes à tous. Ne brisons pas la trêve des confiseurs qui nous fera du bien à tous. Mais je m'engage dès janvier à prendre une initiative contre le mal de l'exclusion qui gangrène la société française. J'en reparlerai prochainement. Que tous ceux qui sont intéressés prennent contact avec moi.
caferadical@gmail.com




vendredi 11 décembre 2015

Dernier message avant l’échéance



Chers amis, ce soir, la campagne électorale prendra définitivement fin. Je m’y suis personnellement engagé et  j’ai l’honneur de figurer en bonne position sur la liste de mon ami Nicolas Mayer-Rossignol.  Je tiens à donner à mes amis et aux électeurs mon éclairage sur ce scrutin.

Je m’appuie pour ce faire sur le vieil adage Républicain « au premier tour on choisit, au deuxième, on élimine » et sur un principe « en politique, il ne faut pas seulement vouloir ce qu’on veut mais vouloir les conséquences de ce qu’on veut.

Chacun d’entre nous à quatre choix pour la Normandie : l’abstention, le vote pour le Front National, le vote pour la liste de droite d’Hervé Morin, le vote pour Nicolas Mayer Rossignol.

L’abstention

Vous pouvez vous abstenir. Pour certains, c’est une tentation. Il y a tout un discours idéologique autour de l’abstention. Comme quoi, ce geste, cette absence de geste, enverrait un message clair au monde politique, voire, pour reprendre un langage beaucoup plus insidieux «  au système ». Il n’en est rien. Cette bouderie dégage une terrible ambiguïté. Elle joue sur la confusion entre l’indifférence de l’électeur au monde qui l’entoure et le rejet du monde politique. Dans les deux cas, ce mauvais geste prend un nouveau sens à un mois à peine des attentats du 13 Novembre. Ne nous y trompons pas, les terroristes se sont attaqués à notre monde pour tout ce qu’il représente de positif : la joie de vivre, la liberté de sortir, la vie collective, notre corps social qui nous permet d’être ensemble et qui passe par la possibilité de rire, d’aller regarder les gens dans la rue, d’aller au football et tout cela n’existerait pas ou pas du tout de la même manière sans la liberté de penser et d’expression qui se traduit par l’élection à bulletins secrets. Notre liberté est liée à ce mode d’expression. Le moins que nous devons à ceux qui ont été horriblement massacrés est de nous rendre aux urnes, plus encore que de déposer des fleurs. Ne jouons pas avec notre liberté et notre culture.

Le vote Front National.

Vous pouvez voter Front National. C’est une lourde erreur, mais vous pouvez le faire. C’est une lourde erreur, parce que le message envoyé par ce vote est un message de rejet. Vous savez que toute personne ayant un nom à consonance étrangère, à la peau sombre, ou ayant un comportement un peu original prendrait, à juste raison souvent,  comme une attaque personnelle. Vous savez que par ce vote, vous allez alourdir les tensions qui règnent au sein de la société française alors que la politique doit tout d’abord servir à vivre ensemble. En votant Front National, vous défendez le principe d’une société qui vit sous pression et dont vous risquez d’être la première ou la deuxième victime. Vous avez besoin de liberté, vous avez besoin d’une société ouverte ou l’on assure les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité ... c’est tout le contraire de ceux qui utilisent le vieux slogan pétainiste « travail, famille et patrie » pour asservir les individus. En offrant un peu de pouvoir au front national, vous risquez de ne plus pouvoir vous débarrasser d’une démarche autoritaire, broyeuse d’individus. Vous risquez de mettre la Normandie au ban de la France, la France au ban de l’Europe, l’Europe au ban du monde. Que votre insatisfaction du présent ne se traduise pas la condamnation de l’avenir et des générations futures. En méprisant les autres, vous vous mépriserez vous-mêmes. Pour tous, vous rendrez le quotidien invivable.

Le vote pour la droite d’Hervé Morin

Vous pouvez voter à droite. Certains de mes amis de droite m’ont dit qu’ils ne voteraient jamais pour Hervé Morin, parce qu’il est trop parisien, velléitaire, méprisant et gaffeur, mais vous pouvez le faire. Vous pouvez voter pour celui qui a laissé médusés ses propres soutiens lors d’une réunion à proximité d’Épaignes, commune dont il est maire : bon, ben c’est pas tout ça, mais faut que je rentre chez moi, à Paris. Hervé Morin n’a pas de programme, il a défendu la Normandie réunifiée mais au moment de sa création, il a refusé de voté pour elle, par pur réflexe idéologique. Hervé Morin est le moins crédible des postulants français de droite à la présidence d’une Région. Grâce, ou à cause de lui, la Région Normande, dont il a contribué à soutenir la création, n’a pas pu connaître de débat à la hauteur. Il a été le plus mauvais ministre de la défense depuis 1945, il n’a jamais démontré la cohérence de son projet pour la Normandie, et il annonce qu’il sera un gestionnaire à la hauteur. Il n’y vraiment aucune raison de lui faire confiance sur ce point. Il ne faut pas voter Hervé Morin, parce que ce serait contribué à ce que la région Normande prenne un mauvais départ. Avec un candidat qui n'annonce pas franchement la couleur, vous ne savez pas où vous allez être mené. Danger !

 

Une gauche unifiée pour une Normandie réunifiée

Nicolas Mayer Rossignol est le seul rassembleur du second tour. Il a fait revenir à lui les écologistes et le front de gauche, en ce qu’il est sûr qu’ils auront à cœur de porter le débat positivement pour l’avenir de notre grande Région dans une démarche de développement, d’attention et de résolutions des difficultés sociales, et de respect absolu de l’environnement. Je suis fier d’appartenir à une équipe qui prendra à bras le corps le combat pour une Région Normande ouverte sur le monde, s’appuyant sur les valeurs républicaines et humanistes dont notre région a besoin, pour qui la culture, l’enseignement sont une priorité. Une Normandie active au service des Normands. Je vous demande de voter pour la liste de Nicolas Mayer Rossignol.
 
Olivier TACONET
Colistier de Nicolas Mayer-Rossignol

 

mardi 8 décembre 2015

Dimanche, nous ferons gagner la gauche au service de tous les Normands

La fédération de l’Eure du parti radical de gauche communique :

Dimanche prochain, grâce aux électeurs, la Normandie sera à gauche. Le parti radical de gauche s’en réjouit pour la nouvelle région, son territoire et ses habitants qui bénéficieront des atouts dont dispose la grande Normandie pour laquelle les radicaux se mobilisent depuis des décennies.

Les résultats du premier tour laissent cependant un goût amer. Le très haut niveau d’abstention et le score élevé du Front National en particulier dans le département de l’Eure appellent à un sursaut civique. Les valeurs qui sont à la base de la cohésion sociale, de notre capacité et notre joie de vivre ensemble sont gravement mises en question, par les attaques djihadistes, par la montée du parti de l’exclusion et de l’intolérance et par la démission abstentionniste.

Le parti radical de gauche appelle au sursaut républicain pour ce deuxième tour, appelle tous les normands à défendre les valeurs républicaines et à voter pour la liste d’union de la gauche menée par Nicolas Mayer-Rossignol.

mardi 1 décembre 2015

Mandela, appel à mobilisation

Un communiqué du collectif pour l'inauguration de la Place Mandela à Louviers



Nelson Mandela, source : Témoignage chrétien

"Le courage n'est pas l'absence de peur mais la capacité de la vaincre"
Nelson Mandela,
prix Nobel de la Paix 



Le refus de la municipalité Priollaud d’inaugurer la Place Nelson Mandela à Louviers place les défenseurs des droits de l’homme, les amoureux de la liberté et de la démocratie, les Républicains et les admirateurs du Prix Nobel de la paix dans un état de sidération absolue.
 
Ainsi, celui qui a suscité l’admiration et la reconnaissance des plus grands de ce monde n’aura pas la reconnaissance d’un petit maire soumis à la mauvaise influence de son conseil municipal marqué par les vents mauvais qui traversent notre pays.

Un collectif pour l’inauguration de la Place Mandela à Louviers vient de se créer. Admiratifs devant l’une des personnalités les plus marquantes du 20e siècle, tombeur de l’apartheid, le plus abominable des régimes de discriminations, et instaurateur d’un régime démocratique en Afrique du Sud, nous invitons tous les citoyens de Louviers et d’ailleurs, à se joindre à la cérémonie d’hommage qui aura lieu samedi prochain, 5 décembre à 15 heures devant l’église Notre Dame à Louviers. 
 

jeudi 25 septembre 2014

Les partis politiques sont ils encore utiles ? premier café radical au Havre

Organisé par le cercle du Havre, Mickael Baron a animé le premier café
radical à la Caza de Wael. Un débat bon niveau qui en appelle d'autres.
J'ai eu l'honneur de parrainer le premier café radical organisé au Havre. Le thème " les partis politiques sont ils encore utiles ?" sera repris le samedi 18 octobre, lors du forum républicain organisé par le parti radical de gauche.
Je vous livre le texte de mon intervention qui a servi d'ouverture au débat.  
 
Les partis politiques sont-ils encore utiles ?
Il s’agit là d’une question provocatrice. Les partis politiques, quand bien même ils ont de plus en plus tendance à constituer l’exutoire de nos difficultés, font partie de notre vie politique et sociale. Ils sont inscrits dans notre constitution. J’en rappelle l’article 4 :
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er (La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.) dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.
La question posée de leur utilité, voire de leur existence, n’est donc pas anodin. En un an, deux ouvrages sont parus au sein de la gauche française. Celui de Robert Hue « les partis politiques vont mourir, mais ils ne le savent pas », ainsi que celui de Daniel Cohn-Bendit : pour supprimer les partis politiques ?!
Ils relaient le malaise dont sont victimes les partis politiques, répercussion d’un malaise qui touche la vie politique dans son ensemble. A mon avis on ne peut répondre à la question de l’utilité des partis qu’en reprenant leur histoire.
Elle n’est pas si ancienne. Elle est en tous les cas beaucoup moins ancienne que l’histoire de la politique. Elle correspond précisément à l’organisation d’un système politique républicain et démocratique.
Entre la révolution française de 1789 et la création parti radical en 1901, le premier parti politique en France, il se passe quand même plus de cent ans. Pendant ces cent années, il se passe beaucoup de choses. Citons en vrac la révolution, la terreur, les guerres, les guerres napoléoniennes, la restauration, la naissance de la 3e république, le second empire, bref, une période très agitée sur le plan des idées et de l’action politique à laquelle j’ajouterais un sujet qui me parait fondamental : la naissance de l’idéologie communiste.
De ce point de vue, l’une des premières apparitions du mot parti arrive en 1844 avec le manifeste du parti communiste écrit par Karl Marx. C’est un événement qui va bouleverser la politique même si la conception et du mot communiste et du mot parti vont considérablement évoluer.
Le mot parti  n’a rien à voir avec ce qu’il est devenu actuellement, et en particulier avec la vision la plus achevée qui correspond à celle que le parti communiste a précisément porté au cours des décennies. Le parti est alors une vision, une idée qui portée par le monde en marche. Il n’est pas question d’un parti avec des cellules, des dirigeants, des militants ou d’écurie visant à promouvoir des champions électoraux. Il s’agit juste pour les auteurs du manifestes comprendre et de s’intégrer dans un processus révolutionnaire jugé inéluctable.
Le vrai parti communiste, je veux dire celui qui va marquer la vie politique française pendant 70 ans, n’existera réellement qu’à la suite de la première guerre mondiale en s’inscrivant en rupture avec le parti socialiste au congrès de Tours en 1920, et en adhérant à la 3e internationale créée par les nouveaux détenteurs du pouvoir en Russie.
Pourquoi s’attarder sur l’histoire du parti communiste, aujourd’hui devenu marginal dans la vie politique française, et pourquoi ne pas accorder plus d’importance par exemple au parti radical de gauche ou aux autres structures politiques françaises ?
Pour deux raisons essentielles.
·      La première est que c’est sans doute ce mouvement qui a été le plus loin dans la notion même de parti. Il a même été tellement loin qu’il est mort de ses excès.
·      La seconde est que sans doute, de par cet excès même, de par l’importance qu’il a donné à la politique et à l’espoir que l’on pouvait mettre en elle, il a sans doute une large part dans la désillusion qui marque la vie politique française.
Il ne s’agit pour moi de distinguer les bons et mauvais aspects liés au poids du parti communiste dans notre société. Le modèle n’en est plus un. Il a correspondu à une époque dont il a en même temps modelé et imprégné les motivations. Ce qui est sûr toutefois c’est qu’il a largement contribué à une passion française pour la politique, cette passion qui n’a guère eu d’équivalent qu’en Italie, qui a été le pays d’Europe occidentale ou le parti communiste a été le plus fort.
Je ne pense pas que ce soit un hasard. En donnant à la lutte des classes la clef de l’évolution de la société, il a fait fausse route, mais il a créé dans les quartiers, dans les communes, dans les lieux de travail, un clivage et une adhésion solidaire qui n’a pas d’équivalent. Il a aussi, et j’en ai connu de multiples exemples, ouvert au monde et donné à de nombreux militants une ouverture au monde une soif de savoir, un désir d’apprendre et un dévouement sans équivalent. 
Parallèlement, par son comportement, par son invasion dans le monde politique, par son omniprésence dans la société française, il a créé et un mouvement de critique qu’il n’a pas su assimiler et surtout un rejet profond qui s’est traduit par une déchéance électorale qui n’est en fait que la conséquence d’une inadéquation entre la doctrine communiste et le monde réel.
Alors, voilà ! Les gens sont déçus. Ils sont déçus par la politique et ils sont déçus par les partis politiques. En fait, de mon point de vue, ils sont forcément déçus par eux-mêmes. Quand on s’est illusionné, on a naturellement tendance à rechercher un responsable.
Le corps électoral, la société, a admis qu’on ne pouvait pas changer le monde d’un coup, quelle que soit l’importance de la colère que l’on porte en soi. Ça n’empêche pas d’être en colère quand il faut, mais les scores du parti communiste et de Mélenchon sont la marque de cette désillusion.
En politique aussi, le noir et blanc n’intéresse plus. Le monde est coloré, la zapette nous ouvre un choix démultiplié d’images, reflet de la complexité du monde et l’individu a du mal à s’y faire entendre. Mais peut-on pour autant se passer des partis politiques ?
Je ne le crois pas. J’adhère aux radicaux de gauche depuis près de vingt ans et je milite depuis plus longtemps encore. La politique, l’action publique m’a apporté une qualité de relations, une réflexion, des échanges, une générosité et des vues sur le monde que je ne trouverais nulle part ailleurs. Bon c’est un point de vue personnel, voire égoïste, mais je ne vois rien dans ce qui se passe autour de moi et jusque dans l’éreintement permanent des partis et de l’action politique qui pourraient me faire changer d’avis. Je me réfère à la fameuse phrase de Churchill : « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres ». C’est la démocratie moderne qui a créé les partis tels qu’on les connaît actuellement. Si l’on veut se passer des partis politiques, il faut se préparer à être gouvernés par des ordinateurs ou par des militaires. Les ordinateurs génèrent les plus graves erreurs de gestion s’ils ne bénéficient pas de la critique des hommes. C’est le cas Kerviel et la panique économique de 2008. Les dictatures militaires génèrent non seulement des abominations en terme rapports humains, mais en plus, elles renforcent précisément les pires défauts des systèmes politiques, telle la corruption par exemple.
Les partis sont des affaires humaines, ils font voisiner ambition et générosité, vision collective et ambitions personnelles, soif de pouvoir et besoin d’empathie, trahison et confiance. Cette dimension n’a rien d’original. On la retrouve dans toute œuvre collective et humaine, dans les associations, les entreprises et même les familles. Mais les partis sont indispensables. Grâce à eux la vie démocratique existe, les problèmes sont mis à jour, et on se confronte à la réalité de l’action publique, bien loin du rêve.
On peut se dire qu’à cause de cela la vie politique est de plus en plus complexe. C’est pas faux. Il était toujours plus simple de s’illusionner. Mais qui peut s’occuper de nous, qui peut s’occuper du sort de la planète, de nos enfants et de nos petits-enfants ? À chaque fois que nous faisons cela, nous faisons de la politique. Et n’est-il pas mieux de le faire à l’intérieur des partis ? De confronter nos désirs et nos contradictions à celles des autres ? Un parti politique n’est rien d’autre au fond. Gramsci, une grande figure politique italienne à qui son engagement a valu des années de prison sous le fascisme, parlait du parti comme d’un intellectuel collectif. Encore faut-il le construire ce collectif. Je finirais en vous racontant une anecdote. A un collègue de travail qui critiquait les syndicats, j’avais demandé s’il était lui-même syndiqué. Il m’avait répondu que non. Je lui ai alors dit qu’il ne pouvait se permettre de critiquer les syndicats. S’ils ont tous ces défauts, c’est précisément à cause de leur faiblesse, du fait qu’ils aient de moins en moins d’adhérents et qu’ils sont de moins en moins représentatifs. Il en est de même pour les partis politiques. Si les partis politiques sont éloignés du peuple, c’est qu’ils n’ont pas assez d’adhérents. Plus ils seront faibles, plus ils seront éloignés de la réalité et plus ils seront critiquables en s’ouvrant à toutes les dérives, type Guérini ou Bygmalion... Qu’on ne compte pas sur moi pour les affaiblir encore en stigmatisant les dérives individuelles, et me mettre à côté d’une presse en difficulté, prête à scier la branche sur laquelle elle est assise en se lançant dans le bashing de la politique et des institutions.
La politique a besoin de critique, elle a besoin de pensées mais la politique ne doit jamais se défausser de l’esprit de responsabilité. C’est ce que nous devons à nos contemporains et aux générations futures.
 

mardi 12 août 2014

Les partis politiques sont-ils encore utiles ?

Forum républicain, suite des débats :
Intervenants : Rama YADE, Robert HUE, Corinne LEPAGE, Jean-Luc BENHAMIAS et Yves PIETRASANTA
Atelier du samedi 18 octobre à 18h15

(nota bene : et l'on remarquera que tous les intervenants ont eu à un moment ou à un autre des problèmes avec leurs partis politiques d'origine)  

Eléments de débats : 
Corinne Lepage, toujours
présente dans le débat, n'a
jamais ressenti le besoin
d'adhérer à une grande
formation 
Les récentes « affaires » financières et judiciaires auxquelles ont été confrontés les partis politiques ont accentué un mouvement de défiance ancien et croissant à l’égard des partis politiques.

Outre de concourir à la formation d’une opinion publique en structurant le débat public, puis de sélectionner et de professionnaliser des candidats aux élections, les partis ont pu devenir par le passé de véritable espaces de socialisation à part entière, pouvant structurer le corps social.

Mais l’évolution des pratiques politiques a considérablement affecté tant le rôle que l’image des partis politiques auprès des citoyens.

La libéralisation de l’accès à l’information, l’individualisation du rapport à la chose publique, la personnalisation de l’exercice du pouvoir ont réduit le poids des partis dans l’action publique. Le
développement des « primaires » leur ôtant même la fonction de sélection des candidats aux élections.
On peut dire ce qu'on veut de l'évolution de Robert Hue, mais
son parcours même est celui d'un homme pour qui le parti a
représenté tout, c'est à dire la seule voie d'émancipation de
l'humanité. Le petit parti qu'il a créé depuis a du mal à lui
donner le moyen d'exister. Normal ! Sa démarche s'apparente
davantage à un parcours individuel.


Au-delà de leur confrontation à des institutions qui progressivement réduisent leur influence, les partis politiques souffrent d’une vraie crise de représentativité. L’ensemble des partis français connait une baisse structurelle du nombre de leurs adhérents, que seule une campagne et une dynamique autour d’une personnalité politique est susceptible de momentanément interrompre.

La délicieuse Rama Yade, après
avoir été Sarkozyste s'est faite
accueillir par Borloo lorsque celui-ci
a fondé l'Udi... puis a tenté de prendre
la tête du parti radical valoisien. Preuve
que même si les partis politiques ne lui
ont pas donné ce qu'elle attendait, elle
continue à avoir besoin d'eux.
Le défi auquel sont confrontés les partis politiques est de aussi de résister au « militantisme à la carte » offert par des mouvements sociaux « monothématiques ». Un défi complexe compte tenu de
l’atomisation du débat politique, et de l’atténuation des grands clivages partisans. Peut-on encore avoir des débats de fond dans un parti politique ?

Jean-Luc Bénhamias ex-Verts, ex-Modem, a décidé de
créer son propre parti : le front écologiste et démocrate,
démontrant ainsi à quel point la vie politique est difficile
a l'intérieur des organisations nationales... Le fait est que ce
sont les seules qui permettent d'avoir une audience minimale.
A moins que la crise des partis ne soit en réalité le fruit d’un renoncement à leurs principes premiers : offrir une lecture politique de la société, et de son devenir, suffisamment cohérente pour rassembler autour d’elle des personnes qui en partagent les valeurs structurantes, plutôt que de recherche la maximisation de son potentiel électoral.

Jean-Yves Pietrasanta, créateur de Génération-Ecologie 
Dès lors les partis politiques sont-ils aujourd’hui encore nécessaires et utiles ?

Les partis politiques n’ont-ils pas vocation aujourd’hui à devenir des rassemblements d’élus ?

Le non-cumul des mandats, l’introduction de plus de proportionnelle donnent-ils, au contraire, plus de perspectives aux partis politiques ?







vendredi 28 mars 2014

Toute la gauche et tous ceux qui aiment Louviers

Tous ceux qui aiment Louviers, toute la gauche, réunis dans
la salle Pierre Mendès France, pleine à craquer
"Au premier tour, on choisit, au deuxième on élimine", voilà ce proverbe républicain qui prend toute sa force à quelques heures du deuxième tour de l'élection municipale à Louviers.
C'était le sens de la réunion publique à Louviers qui a pu montrer qu'au delà de ses multiples nuances, la gauche pouvait se rassembler, et réunir au delà d'elle, comme l'ont rappelé les orateurs de la tribune.
Franck Martin a rappelé l'incroyable tour de passe-passe que constituait la fusion des deux listes de droite, qui ont pour seul point commun de n'avoir pu, en quelques mois de campagne, sortir une seule ligne de programme cohérent. Incroyable. Ils ne savent pas qui ils sont, ayant choisi de se présenter sans étiquette.
Sans étiquette ! Alors que l'une des tête de liste arborait fièrement le soutien de l'Ump au premier tour. L'espace d'un week-end, voilà l'étiquette disparue. Un grand mystère ! 
La liste de gauche, elle, a toute sa cohérence. Elle ne s'est pas construite entre deux tours, elle n'est pas la réunion de clans, mais de lovériens au service de leur ville et de leurs valeurs.

La gauche rassemblée

Toute la gauche était là. 
Jean-Luc Lecomte, secrétaire
départemental du PCF
Jean Luc Lecomte, secrétaire départemental du Parti communiste français, a rappelé ses divergences avec l'action gouvernementale, mais il a aussi rappelé le choix républicain qui veut que face à la droite unie, la gauche doit être rassemblée afin d'éviter les catastrophes annoncées à Vernon et aux Andelys. Certains communistes ont fait alliance avec le Npa, et même si la tête de liste s'entête à ne pas faire la différence entre la gauche et la droite, cela ne saurait être le cas des électeurs, ni des partis responsables.



Laetitia Sanchez, secrétaire régionale
d'Europe Ecologie Les Verts

Les écologistes, par le biais de Laetitia Sanchez,  ont rappelé le travail immense réalisé, notamment par le biais de la communauté d'agglomération en ce qui concerne l'environnement, la qualité de l'eau, le développement des transports en commun.  Franck Martin, au sommet des préoccupations écologistes, a toujours été accompagné de conseillers écologistes depuis 18 ans.




Marc-Antoine Jamet, secrétaire fédéral
du parti socialiste

Marc-Antoine Jamet n'a pas caché les divergences ou prises de bec qu'il a pu avoir avec Franck Martin, en tant que maire de Val de Reuil. Mais il a par là même rendu hommage à celui qui savait défendre ses dossiers et ne cédait devant personne pour une cause qu'il pensait juste pour sa ville ou pour ses valeurs. L'attelage anti-Martin est grotesque. En se présentant sans étiquette, ils veulent solder la ville !

Ceux qui aiment Louviers

Mais il n’y avait pas que la gauche à entourer Franck Martin. Il y avait aussi de nombreux maires de l’agglomération venus en tant que tels Hervé Letellier, Yves Lanic, Richard Jacquet, Guillemette Nos, Jean Pierre Auger, et des représentants de communes environnantes qui étaient là pour rappeler que sans le travail de Franck Martin, il n’y aurait pas eu de communauté d’agglomération, et que cet apport, ce travail en commun avait profité à toutes les communes de la Case et aux lovériens en particulier.
Jean Louis Destans, député,
président du département 
C’est ce que finalement ont conclu Jean Louis Destans, président du département de l’Eure et Nicolas Mayer Rossignol, président de la Région Haute Normandie.
L’un comme l’autre ont parlé de poids du territoire de l’agglomération créé par Franck Martin dans les grandes structures départementales et régionales. Bien sur, Jean Louis Destans a évoqué sa première venue à Louviers, lors même qu’il venait d’être élu à Pont Audemer. Son œil extérieur lui permettait de souligner à quel point la ville s’était transformée et embellie. 
Nicolas Mayer Rossignol, président
de la Région Haute-Normandie
Nicolas Mayer Rossignol soulignait, lui, à quel point le travail réalisé dans le cadre du 276, qui permettait la réalisation de projets à l’échelon départemental et régional prenait un relief tout particulier autour de Louviers et du travail exemplaire de sa communauté d’agglomération.

Le mot de François Loncle

Comme l'a dit François Loncle, le député qui suit l'évolution de la
François Loncle est à présent le
meilleur soutien de Franck Martin,
quelqu'aient été les divergences entre
les deux hommes. 

ville depuis 40 ans : "L'équipe de Franck Martin est belle, je suis fier d'être le dernier"... Il sait tout ce que Franck a apporté à la ville qu'ils aiment, quelles qu'aient été les divergences entre eux. Il y a l'indéniable.
François Loncle, a cité Pierre Mendès France pour rappeler que le fameux sans étiquette était l'autre nom pour la droite, et parfois la droite la plus dure.


Les jeunes électeurs ont du mal à saisir depuis
que nous avons arraché notre ville des mains
d'une droite extrême qui avait laissé
cette ville exsangue ... Franck Martin
La conclusion pour Franck Martin n'en était que plus aisée. Il ne faut pas laisser dans les mains d'incompétents, qui n'aiment ni ne connaissent leur ville, qui ne connaissent pas le B.A. BA du fonctionnement d'une collectivité, et qui en partent à l'assaut avec les principes les plus mauvais qui soient, qui rêvent d'en faire un petit Neuilly ou un Issy les Moulineaux, des villes de riches où ni les pauvres ni les classes moyennes n'ont leur place ... Bref un utopie réactionnaire, à l'opposé du Louviers qu'on aime, qui offre une place pour chacun dans une ville vivante.

Une très belle soirée, chaleureuse, qui a donné tout le dynamisme nécessaire à ceux qui se battent pour faire gagner Louviers et la gauche avec Franck Martin.
A dimanche !














mercredi 26 mars 2014

Réunion publique pour ceux qui aiment Louviers

Réunion publique jeudi 27 mars, salle Mendès France
à la mairie de Louviers. Tous ceux qui aiment Louviers
y sont invités. Venez nombreux !

jeudi 27 mars à 20h30

à la  mairie 

Ci -dessous, le communiqué envoyé à la Dépêche mardi soir, en espérant qu'il soit publié ....

Communiqué :
Les tractations d’entre deux tours ont toujours quelque chose d’odieux. Elles mettent à jour la triste réalité des ambitions individuelles qui s’affirment au détriment des projets ou des rattachements politiques qui se sont construits tout au long de la campagne. Mais la situation à Louviers est plus encore scandaleuse qu’à l’accoutumée.
La liste Ump a fait un score très bas, mais, arrivée en tête de la droite, elle va avaler une liste dite alternative qui a réalisé un parcours inattendu. Tant pis pour ceux qui y ont cru, à présent, il n’y a pas d’autre alternative que de se ranger derrière l’homme choisi par le parti de Sarkozy. Le fait qu’il refuse d’une semaine sur l’autre d’assumer cette étiquette n’y change rien. Il y a bien tractations de la pire espèce entre ceux qui ont refusé de mettre un projet sur pied et ceux qui ont renoncé au leur parce qu’il n’avait aucun lien avec la réalité locale.

Il n’y a plus à présent qu’une lutte sordide entre intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général et de Louviers.

Les électeurs de gauche, les lovériens amoureux de leur ville, vont vite se rendre compte qu’il n’y a rien à attendre de ce coté là. Dimanche, c’est l’avenir de Louviers dont il est question, on ne peut pas le confier à n’importe qui, sauf à faire prendre un risque énorme aux générations futures.

Dimanche prochain il faut confirmer le bon score de la liste de Franck Martin, arrivé nettement en tête.
Le deuxième tour doit confirmer le bon score réalisé par la liste de Franck Martin, arrivée nettement en tête. Elle recevra l’apport des voix de l’ensemble de la gauche ainsi que celles des amoureux de leur ville et ont constaté son évolution harmonieuse, loin des calculs politiciens dont les tractations indignes sont une lamentable illustration.


Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure 
du parti radical de gauche

lundi 9 décembre 2013

Mariage pour tous à Louviers entre descendants de Trotsky et Staline. Les dessous du contrat

La mariée s'est faite désirer si longtemps,
que les prétendants sont à présent décatis.

Depuis leur naissance, il y a près d’un siècle, les trotskystes n’ont qu’un seul rêve : tenir les rênes du grand parti de la classe ouvrière et tenir ainsi leur vengeance sur les descendants de Staline qui s’en étaient accaparés.
Et voilà qu'à Louviers le miracle se produit !

Bien sur, si les trotskystes arrivent au même niveau que leurs concurrents, ce n’est pas dû à la progression de leur influence, mais à la chute de celle du parti communiste français. Les deux frères ennemis ont finalement convenu de faire alliance dans notre bonne ville de Louviers.

Voilà de quoi faire retourner une dernière fois dans leur tombe toutes les figures du communisme français ... Toutefois, les communistes lovériens se sont fait porteurs d'une revendication des radicaux de gauche : le droit de mourir dans la dignité.
Ainsi le mariage n'aura pas lieu sans contrat.
Pas question d'aller se coller à quelques uns à la liste déjà prête du Npa, ce serait pêcher.  
En fait, chaque partie ou parti, devra apporter 11 membres... D'accord, 11 + 11, ça fait pas 33 (le nombre nécessaire pour déposer une liste aux municipales), mais c'est d'ores et déjà une gageure.
Bien sur, il ne s'agit pas de trouver à Louviers 11 membres encartés du parti communiste, mais même 11 noms qui accepteront de se voir affubler d'une telle étiquette ne sera déjà pas simple !
On comprend mieux pourquoi la composition de la liste s'annonce être confortée de 11 personnalités sans étiquettes ...






jeudi 28 mars 2013

Le français râle

Râleurs !

Râleurs nous sommes, nous les français, et râleurs nous restons. Fiers et râleurs, l'actualité de la semaine est venue nous le confirmer sous deux angles différents.


 
 
La furia de Michel Ange. Illustration de la colère,
l'un des 7 péchés capitaux.
 
Le premier celui de la recherche puisque sont venues se télescoper une étude tendant à démontrer que le fait de râler maintient en bonne santé et une autre plaçant la France sur une échelle de valeurs concernant ce travers si humain.
Le second sous la forme de résultats : ceux de l'élection législative partielle de l'Oise qui a vu la victoire à l'arraché du candidat de l'Ump face au Front National lors même que l'on pensait que le deuxième tour ne serait qu'une formalité pour la droite, une fois le candidat de gauche éliminé.
Jeanne Calment à 22 ans, 100 ans avant
sa mort. Sa biographie laisse apparaître
qu'au delà d'un bon caractère elle a eu une
vie qu'on peut qualifier d'agréable.
A mon sens, un atout pour la longévité.
 
Je n'ai nulle intention de me confronter à l'Académie, ni de me mêler aux débats consistant à déclarer bon ou mauvais pour la santé le fait de râler ou pas. Peut-être en est-il comme du vin rouge, dont on dit qu'un verre par jour contribuerait à prolonger l'existence ?
Râler à petite dose n'est peut-être si mauvais, même si le fait de passer sa vie à se consumer dans les frustrations et la colère ne vaut rien de bon. Il y a les râleurs gourmets et il y a les râleurs addicts, ceux qui ne peuvent se passer de cette passion qui les ronge dans l'envie et dans la haine.
La bonne humeur pourtant, est le signe évident de la bonne santé... mentale en tous les cas.  Même si l'on peut s'amuser à mettre en parallèle notre taux de râleurs le plus élevé au monde avec le record de longévité toutes catégories confondues que détient la France avec Jeanne Calment.
Reste qu'il faut quand même se confronter aux résultats de l'étude, ou des études. Celles-ci font apparaître deux choses sur les français. Ainsi, nous ne nous contentons pas d'être les plus râleurs selon les mêmes  critères appliqués à tous les pays : mouvements de protestations, nombre de personnes participant à ces mouvements, manifestations quantifiables de mauvaise humeur, indices de satisfactions etc ... mais nous sommes aussi les plus timides.
Pour mémoire, la chanson de Philippe Katherine, gentiment
illustrée, à entendre en cliquant 

râleurs mais timides

En effet, nous sommes parmi les pays les plus soumis vis à vis de l'autorité (bien entendu dans les pays démocratique) . Ainsi, la France fait partie des pays où les entreprises et administrations reçoivent le moins de lettres de réclamation.
Là, ça devient effectivement passionnant et éclaire notre comportement d'un jour nouveau.
 

Le message de Beauvais

Bien entendu, la parution de cette étude quelques jours après les résultats de la partielle de de Beauvais nous pousse à l'appliquer au comportement politique français.
Les caractéristiques du scrutin sont a priori assez claires. Il s'agit d'une législative partielle, sans conséquence pour la vie locale, qui permet d'envoyer un message à la France entière. Voilà toutes les conditions réunies pour un vote très politique.
La colère est une conséquence de nos peurs.  
Mélenchon en use à des fins politiciennes. Il souhaite se
débarrasser des communistes en les isolant du reste de
la gauche  Tactique risquée : elle l'éloigne de la population.
Ainsi, au premier tour, la candidate du parti de gouvernement a été balayée. Ceci est d'autant plus cruel que c'est cette candidate qui avait fait un recours pour amener à l'annulation du scrutin ... mais cela était prévisible. La vie est dure, les titres sensationnalistes sont ravageurs pour le travail de l'équipe gouvernementale qui est réel, mais pas reconnu. On hurle contre les augmentations d'impôts avant même qu'elles aient lieu. On accuse l'Europe d'étrangler Chypre alors que c'est l'économie casino de cette île qui a poussé le gouvernement aux abois à demander de l'aide auprès de l'Europe et du Fmi et que ceux-ci exigent un minimum de contrôle, la crise mondiale s'étend, la France dans ce contexte réussit à réduire son déficit budgétaire mais celui-ci reste élevé alors que le chômage monte. Il serait inattendu dans ce cas d'obtenir un soutien électoral dans le contexte d'une élection partielle.

Mais pourquoi ce contexte ne profite-t-il pas à Mélenchon, notre protestataire patenté, notre râleur en chef ? 
Tout simplement à cause de son poistionnement et à cause de son message. Mélenchon s'acharne a donner des perspectives politiques qui n'ont pas de sens. Il fait soit référence à un socialisme condamné par l'Histoire, soit à un socialisme exotique référence à Chavez au mieux ou à Cuba au pire, qui ne peuvent servir de modèle qu'à de jeunes exaltés ou à de vieux nostalgiques, mais pas à la société française. Mais au delà, le calcul politicien de Mélenchon est aussi de faire en sorte de se débarasser du poids des communistes au sain de son Front de Gauche. les communistes ne sont plus une force idéologique, mais ils sont une force politique, composée d'élus locaux qui ont la confiance de leur populaition. C'est un vrai danger pour Mélenchon, parce qu'ainsi ils sont un contre poids important au sein de son organisation. En durcissant le ton vis à vis du parti socialiste, Mélenchon veut rendre difficile, voire impossible les allaince dans les prochaines municiaples. Mais Mélenchon se fiche de perdre les municipalités qu'il n'a pas ! Ce qui compte c'est d'être le grand chef du parti de gauche et éviter toute contestation structurée.
De tout ceci, l'électeur n'a cure... et le montre !
La France qui râle, est la France déclassée et plus précisément la France qui a peur du déclassement. 

Comme elle est mignonne la Marine ! Pas besoin
de crier ou de provoquer comme son Papa. elle
laisse cette fonction à Mélenchon et ses gros mots.
Sa sérénité lui permet d'en toucher les dividendes. 
C'est une France qui n'a pas besoin de modèle, ou plus précisément qui prend son modèle dans le passé, un modèle que le monde moderne n'est plus, c'est vrai, en mesure de lui fournir.
La France qui râle n'a pas besoin de râleurs pour les représenter. C'est ce qu'a bien compris Marine Le Pen, qui, à l'inverse de son papa, tient un discours policé, laisse les excités s'exciter et trace sa bonne-femme de chemin. Mélenchon râle et Marine engrange les points.
Dernière image pathétique, le camion de campagne de Jean-François Mancel, qui a d'ailleurs, il y a un temps été exclus du RPR par Philippe Seguin pour avoir voulu faire alliance avec le Front National.
Dites le que vous n'êtes pas content ! Eh bien les électeurs l'ont dit et ils l'ont dit à Jean François Mancel qui n'a sauvé son fauteuil que d'un cheveu ! Quand les candidats n'ont rien d'autres à proposer que de râler, c'est la gentille Marine aux dents longues qui tire les marrons du feu ...