Affichage des articles dont le libellé est constitiution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est constitiution. Afficher tous les articles

jeudi 4 juillet 2013

L'impéritie de l'UMP !

Inédit !

Sarkozy vient de se faire rejeter ses comptes de campagne ... !

Décidément, il nous aura tout fait  !
La France voit son ex dans une situation inédite, qui va passionner journalistes, politiques, constitutionnalistes ! Le voilà donc assuré de passer à la postérité, conformément à ses vœux.
Certes, les constitutionnalistes regretteront qu'il n'ait pas été élu ... pour la jurisprudence, on les comprend ! Mais pour tout le monde, c'est quand même mieux comme ça !

L'ex caricaturé pendant la campagne, est à
présent certain de laisser son empreinte.
.Ben oui, il a dépassé ses comptes de campagne l'ancien président ... alors quoi, quelles sanctions ?
Est-il inéligible ? Ce serait bien le moins, après tout ! Cette sanction terrible a été appliquée à d'autres qu'à lui !

Ce n'est bien sur pas le seul problème. Le moins qu'on puisse attendre, c'est que le candidat ne soit pas remboursé des frais énormes engendrés par la campagne.
Alors, le candidat ... doit-il payer sur ses fonds propres ?
En principe oui ... Mais enfin, il était soutenu par un parti, son parti ... puisque, même quand il était président, il n'a jamais caché les liens privilégiés qu'il entretenait sur son parti et sur lequel il souhaitait garder la main.
Or, voilà le parti ruiné ! Pas par la faute du rejet des comptes de campagne, d'ailleurs. C'était déjà le cas avant. Mais la dernière surprise du Conseil constitutionnel ne va pas arranger les choses.
Ah la la ! Quand on pense que Sarkozy est lui-même membre du conseil constitutionnel.
On se demande comment, par quel verbiage, notre ex et l'Ump vont pouvoir s'en sortir ...
quand on pense que le discours particulièrement idiot de la droite est de hurler à l'impéritie des socialistes ... Voilà un ancien président de la République, ancien ministre des finances, ancien ministre du budget, incapable de respecter les règles comptables de la République !
Mon Dieu, comme dirait le poète, dépêchons nous d'en rire avant d'être obligé d'en pleurer ...

mardi 2 octobre 2012

Pour une internationale laïque

Les démocrates tunisiens ont un urgent besoin de soutien. Le
procès scandaleux pour atteinte aux bonnes moeurs d'une femme
violée par des forces de police montrent l'urgence d'un soutien
laïque international. Un vrai combat radical.
J'avais soulevé le problème dans mon discours au congrès ( cliquer là). Le combat pour la laïcité doit changer son logiciel. autant le dire franchement  le combat pour, ou plutôt contre le concordat, pour justifié qu'il soit ne correspond pas aux préoccupations de la société. Est-ce à dire que la laïcité est un combat obsolète ? Hélas non ! Tout nous démontre atrocement le contraire ... et en premier lieu cette sombre affaire survenue en Tunisie qui a vu une victime de viol passer au tribunal pour atteinte au bonnes moeurs.
en fait, ce n'était pas l'objet de mon intervention au congrès qui disait juste le danger pour les radicaux d'apparaître comme les sourcilleux gardiens des principes, alors que les principes radicaux et l'attente sociale nous contraignent à être absolument modernes.
J'avais parlé de l'importance de réfléchir aux problèmes d'identité, malgré tout le risque que cela représente ... mais je considère que ce débat sur l'identité et sur l'individu sont fondamentaux et ce terrain en friche ne doit pas être laissé aux abominations de la droite et de l'extrême droite... (entre la distribution de saucisson aux pauvres et la réflexion de Coppé sur le racisme anti-blanc).

Une autre image de l'action menée par les démocrates tunisiens.
derrière les atteintes à la pudeur et à l'ordre moral se cache toujours
une volonté de pouvoir des réactionnaires.
Sur ce point, je dois dire j'ai été dépassé. C'est vrai que non seulement le problème de la laïcité est un problème de proximité. J'invite tous les radicaux et tous les laïques, à défendre nos principes de tolérance dans tous les quartiers et dans toutes les communautés, mais j'invite en plus le parti radical de gauche à mener une réflexion de fond sur ce sujet, qui fait partie de son marquage idéologique.
C'est un point. Mais déjà sensibilisé sur ce sujet, le discours de Thierry Jeantet m'a obligé à considérer le problème autrement en lui donnant une autre dimension.
La laïcité n'est plus un problème national. Le printemps arabe, le retour des religieux en Pologne, en Russie, lui donnent une autre dimension. Partout dans le monde, des démocrates, des laïques, des femmes attendent notre soutien.

Une des "amazones" de Khaddafi. Ces femmes
servaient de paravent féministe au tyran qui aimait
les faire défiler lors des défilés militaires. Il s'agissait
 en fait de jeunes femmes enlevées ça et là en fonction
des caprices du prince, qui constituait ainsi un harem
à sa mesure. Elles n'ont en fait jamais joué de rôle
militaire ou politique.
Le printemps arabe a complètement renversé les données du problème. La laïcité avant le printemps arabe, c'était le parti de la dictature, du parti Baas qui mitraille, qui bombarde, qui massacre sa population en Syrie, après l'avoir fait en Irak... Moubarak, le mauvais fils qui avait fait assassiner son prédécesseur El Sadate , défendait comme lui, comme Nasser une image de laïcité. Ben Ali a été membre de l'internationale socialiste. Tous ces gens là avaient à coeur de se présenter à l'occident comme le premier et le dernier rempart contre El Qaïda. Il est même jusqu'à Khaddafi qui, bien que se revendiquant de l'islam, s'est déclaré jusqu'à son agonie désespérée comme un combattant contre l'emprise des descendants d'Oussama Ben Laden. Il refusait de voir que le combat était perdu. un classique chez les dictateurs.  
Bref tout cela explique aussi que l'image du socialisme ou de la laïcité n'était pas du meilleur effet... Et pourtant !
Pourtant, les peuples se sont soulevés, sans aucune revendication religieuse au départ, avec pour demande essentielle la liberté. Un peu partout les femmes se sont jointes aux combats. Et les pays arabes se dirigent vers plus de liberté, même si les chemins qui y mènent risquent d'être particulièrement tortueux.
Car le combat continue. Les partis religieux ou faisant référence à l'islam ont gagné les élections. En Tunisie, le pouvoir veut faire entrer l'inégalité entre homme et femme dans la constitution. C'est sur ce point qu'un combat laïque est indispensable. C'est sur ce point que les femmes et les démocrates tunisiens nous attendent. C'est sur ce point que l'action internationale a tous son sens. 
Les pussy riots nous ramènent à une brusque réalité : la modernité
du combat laïque. La dictature soviétique pensait avoir purgé la
Russie du pouvoir des religieux en se débarrassant des religions.
Brusque retour de bâton, le pouvoir fort de Putin, création pourtant
du régime soviétique, instrumentalise l'église et la religion pour
régler ses comptes.  La laïcité ce n'est pas la fin des religions, c'est
donner à chacun le droit de croire et de ne pas croire. C'est la liberté
 d'expression de tous.
Mais ce n'est pas le seul ! La Tunisie, l'Egypte, la Libye, la Syrie l'ensemble des Etats méditerranéens  suscitent toute notre vigilance, tant le choc politique entre les anciens et les modernes impliquent un engagement politique et le soutien d'un réseau international. 
L'affaire des pussy riots, ces artistes qui pour avoir fait un concert dans une église se sont vues non seulement bouclées et condamnées à une peine terrible de deux ans de camps ... pour outrage à la religion ! On croit rêver ... dans un pays dont la constitution est pourtant encore marquée par 70 années d'athéisme obligatoire.
Une image adoucie du conflit Israëlo-palestinien. Un état juif, ou
un état musulman ne saurait constituer une solution viable ou
durable. Le comportement israélien a naturellement poussé les
palestiniens radicaux à un repli identitaire et à une poussée islamiste.
Pourtant, les palestiniens sont loin d'être tous musulmans. il y a
parmi eux des chrétiens de divers obédience et des laïques. Mais
ceux-ci, faute de soutien international ont perdu toute crédibilité
en interne.
Thierry Jeantet m'a confié aussi ses liens avec des démocrates polonais, revendiquant, bien que catholiques, une laïcité, seul frein face à une église qui est en train d'étendre son influence sur la société et sur l'état.
Mais au delà de ces aspects dictés par l'actualité, et le changement de paradigme politique dans les pays méditerranéens et  de l'ancien bloc de l'Est. 
La création d'une internationale laïque est aussi le moyen d'offrir des perspectives aux situations les plus inextricables ... comment imaginer autrement une solution durable dans le conflit Israëlo-palestinien instrumentalisé par les religieux. 
La laïcité, c'est le combat universel de la modernité. 
Une internationale, vite !








samedi 26 mai 2012

La 6e République, c'est maintenant ?

Le prg n'a pas attendu pour
lancer la réflexion sur la 6e République
Les radicaux de gauche, encore une fois auront été les premiers à soulever la question il y a plus de quinze ans. Les faits leur donnent raison : la 5e République est morte, il faut fonder la 6e République.
Cette idée a été plusieurs fois reprise, notamment par Arnaud Montebourg, voire par les Verts. Mais jusqu'à présent cette cinquième République, dont la constitution n'avait pour but essentiel que de permettre au général de Gaulle de régler le problème algérien, n'a cessé d'être bricolée pour tenter de correspondre à la société française. Mais la France de 2012 n'est pas la France de 1958. La France n'est heureusement plus une puissance coloniale. La division du monde en un bloc communiste opposé à un bloc américain fait partie de l'Histoire. L'avenir et le présent de notre Nation sont dans l'Europe. Enfin, les exigences de représentativité d'une société où l'individu, la vitesse, l'intelligence restent sans réponse sur le plan institutionnel. Elles méritent un débat national que la gauche doit pouvoir mettre à son actif grâce aux moyens qu'elle risque d'obtenir au mois de juin.
Nicolas Sarkozy, lui-même, avait failli reprendre l'idée des radicaux de gauche de supprimer le poste de premier ministre ....mais il s'est juste contenté de sadiser François Fillon, qui n'a dû sa survie qu'à sa capacité à colmater les brèches que s'efforçait de créer Nicolas Sarkozy ...De l'instauration du quinquennat, à la demande de Robert Badinter d'éviter la nomination systématique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, on n'a pas arrêté de bricoler. Pourtant, les réformes profondes qui sont indispensables pour moderniser la société française méritent la fondation d'une 6e République.
Le but de cet article n'est pas de proposer le texte ou la structure de la constitution à venir. Je n'ai pas cette prétention. Simplement, nous vivons un moment essentiel pour la Nation que sont ces législatives qui ont lieu dans la foulée des élections présidentielles. Ces élections révèlent l'insuffisance de notre système de représentation nationale. Il faut en profiter pour approfondir notre réflexion. J'y apporte quelques éléments.
Représentativité nationale :
Assemblée Nationale : il faut passer au scrutin de liste 
Certes l'Assemblée Nationale n'est plus tout à fait ce rassemblement de têtes chenues ou de crânes d'oeuf. Les lois sur la parité sont passées par là ... mais on sait à quel point, malgré les textes très contraignants, les partis, et notamment l'UMP, ont favorisé les candidatures masculines. Ce n'est pas le plus grave. Le vote par circonscription favorise toujours le candidat représentatif de la majorité... Cet élément décisif lorsqu'on doit choisir des candidats pousse par nature à présenter un candidat moyen, c'est à dire de la classe moyenne, d'âge moyen, petit blanc, écartant systématiquement tout ce qui risque de faire peur à une part importante de l'électorat.
C'est important, mais ce n'est pas le plus grave.J'ai dans un commentaire précédent dit à quel point je pensais que l'Assemblée Nationale devait assurer au minimum la présence et le débat entre les grands partis français. Un Parlement non seulement non représentatif de la sociologie française, mais en plus incapable de représenter les courants structurants de la vie politique française ne remplit décidément pas sa fonction. Le parlement n'a pas seulement pour mission de permettre au gouvernement de gouverner... elle a surtout pour mission de le contrôler au nom de la Nation Française ... Si cette critique se fait simplement au nom du parti majoritaire, il y a la un grave défaut. Il n'est pas normal que la nation soit représentée par les 570 vainqueurs de 570 scrutins locaux. Il n'est pas normal que Bayrou qui a obtenu les suffrages d'un électeur sur  10 soit absent de l'assemblée nationale, il n'est pas normal que Le Pen qui a fait 18 % soit absente de la représentation nationale... Surtout qu'au fond, pourquoi son ils absents ? Parce qu'ils n'ont pas fait alliance avec les grands partis ... c'est à dire que le scrutin qui, selon les gaullistes devait combattre le système des partis a complètement échoué... On le voit d'ailleurs dans la 5e circonscription de l'Eure ou les représentants de la gauche qui se croient plus malin que les partis vont favoriser le camp opposé.
Ma proposition : proposer un scrutin de liste par Région (quitte bien sur à ce que la Normandie soit réunifiée ... mais c'est aussi un problème qu'il faudra traiter par ailleurs). Le scrutin de liste national me semble difficilement à même d'exprimer la diversité régionale. Le scrutin départemental, proposé par Mitterrand ressemblait trop à une manœuvre de détresse électorale et n'assurait qu'une représentativité réduite.
Sénat : il faut moderniser la représentation des territoires
Le Sénat est censé assuré la représentation des territoires. Mais pourquoi les territoires seraient-ils représentés par les seuls grands électeurs, choisis parmi des élus et procédant dans une campagne électorale à l'abri des regards du peuple. C'est kitsch, ça fait très 3e République, mais c'est complètement coupé de la réalité. Les territoires ne sont pas représentés par les élus, mais par les habitants. Il n'y a pas de raison que tous les Français ne participent pas au scrutin. Dans les plus grandes démocraties occidentales, il n'y a pas de grands électeurs. En revanche, pour que les territoires soient représentés, il faut que le scrutin sénatorial se passe comme dans l'actuel scrutin législatif : par circonscription.
ma proposition : ouvrir l'élection du Sénat à tous les Français, mettre fin au système des grands électeurs. Proposer un scrutin par circonscription, comme a lieu actuellement le scrutin législatif. Le sénateur aurait plus de légitimité pour représenter la population qui l'aura élu au sein de l'assemblée.
Les autres propositions n'engagent personne d'autre que moi...
Mais la proposition de faire en même temps présidentielles 
et législatives a bien été proposé par Jean-Michel Baylet,
président du parti radical de gauche
Elections Nationales : il faut qu'elles aient lieu en même temps
C'est là la garantie de la fin de la cohabitation. Cette condition nous donne un président de la République qui est élu en même temps que les deux chambres, qui ont tous la même légitimité et, bien entendu le Président perd son pouvoir de dissolution. La campagne a lieu une bonne foi pour toute,  sans risque que pendant les six semaines qui suit un débat clivant, une campagne se prolonge sur le thème ; on cohabite ou pas ? Pour le Sénat, celui aurait bien sur plus de poids, parce que sa légitimité serait réelle. Il garderait le même pouvoir, c'est à dire un pouvoir essentiellement consultatif, mais son poids serait tout autre.