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lundi 5 février 2018

"En marche", marche beaucoup moins bien ....

...Forcément ! 


Dire qu’En Marche ne marche plus serait excessif … mais une chose est sûre : « elle marche beaucoup moins bien, forcément … » pour reprendre la formule de Bourvil dans le Corniaud (voir vidéo).
Ainsi arrive-t-il au parti d’Emmanuel Macron ce qui est arrivé à presque tous les partis au pouvoir depuis que les élections partielles existent … une défaite.
Sauf que le phénomène est sans doute plus inquiétant encore pour LA REPUBLIQUE EN MARCHE.

Les résultats bruts d’abord

Une abstention énorme
La participation est inférieure à 20 % dans les deux circonscriptions. Il ne s'agit pas d'une forte abstention, mais d'une abstention énorme. On avait remarqué que la participation n'était pas extraordinaire lors de la présidentielle, qu'elle était anormalement faible lors des législatives qui ont suivi, cette fois-ci, l'abstention dépasse 80 %. Du jamais vu ! Est-ce que la politique n'intéresse plus ? En tous les cas, elle ne mobilise plus. L'effort minimal qui consiste à sortir de chez soi quelques minutes un dimanche est encore trop lourd pour l'immense majorité des électeurs.

La droite mobilise moins mal et l'emporte dans les deux cas

La victoire de la droite était attendue dans la deuxième circonscription du territoire de Belfort. Elle y obtient près de  60 % des voix. 
Dans la 5e circonscription du Val d’Oise, les calculs qui donnaient une bonne chance à la candidate En Marche ont été démentis. Le candidat de droite comble son retard et dépasse nettement la candidate élue il y a quelques mois avant d'être invalidée.
Dans les deux cas, la gauche absente au deuxième tour a sans doute manqué au candidat de la République en marche. Aucune mobilisation contre le candidat "en marche", aucune mobilisation contre la droite dure.

On peut aussi penser que ce qui a fait le succès de "en marche" à la suite de la présidentielle fait aussi son insuccès. C'est la face B de la nouveauté des candidats. Le nouveau mouvement subit quelques mois plus tard l'absence de notoriété des petits nouveaux lorsque l'étiquette "La République en Marche" perd de sa valeur marchande. 
Car, déjà « La République en Marche » a beaucoup perdu.
Elle a écrasé la gauche, elle a déstabilisé la droite, mais rien n’est fait.
On savait que la politique gouvernementale ne provoquait pas l’enthousiasme. En fait, en voulant écraser le clivage droite gauche, en promouvant une politique de bon sens, on en arrive forcément à écraser les repères et à démobiliser les électeurs potentiels. Ainsi, après un premier tour, quel intérêt pour l’électeur normal de se déplacer lors même qu’il ne voit guère ce à quoi il pourrait servir. L’enthousiasme, même relatif, disons l’intérêt qu’avait provoqué la présidentielle et l’attrait du nouveau président est vite retombé. 
La politique intéresse pourtant. On voit la manière dont elle mobilise les médias, les réseaux sociaux et les discussions dans la rue. Mais, pour reprendre une formule de Nietzsche, les gens clignent de l’œil ... On reste critique, on approuve parfois, mais pourquoi se mobiliser au nom du bon sens et d'une machine qui marche ... ou qui marche moins bien mais sur laquelle une voix d'électeur a peu de poids puisque, de toute façon, l'Etat, le gouvernement fera ce qu'il y a à faire, dans le meilleur des cas.

Le piège suprême 

Là est d'ailleurs le piège suprême. A force de dire qu'il n'y a qu'une seule politique, ou de le laisser entendre, quel est l'intérêt du choix ? 
Face aux experts du pouvoir, chacun, au mieux, se sent un expert inutile. 
C'est un piège pour le pouvoir, bien sûr, puisqu'en obtenant la paix par la faiblesse des critiques, il perd contact avec le peuple qu'il est censé représenté.
C'est aussi un piège pour la politique dans son ensemble et toutes ses représentations de l'extrême droite à l'extrême gauche en partant par toutes ses chapelles.
Mais c'est un piège pour la population elle-même qui s'éloigne au maximum de sa représentation politique. Le processus n'est d'ailleurs pas fini, car cet éloignement se traduit aussi par une défiance généralisée et une méconnaissance croissante de ce qui détermine le choix politique, de la noblesse de l'action politique. Les projets gouvernementaux vont d'ailleurs dans ce sens en créant des communes élargies aux intercommunalités et en diminuant le nombre d'élus. 
Pourtant, tôt ou tard, l'action citoyenne redonnera son sens au politique. Bien sûr, le rôle premier du politique est à présent de reconstruire un projet moderne, à même de répondre aux nouveaux dangers de ce monde et aux nouvelles attentes des citoyens. Bien sûr aussi ce projet ne se fera pas sans eux. Les citoyens sont les premiers responsables de leur avenir. Ils le seront davantage encore s'ils s'engagent.
C'est bien pourquoi LES RADICAUX DE GAUCHE vous invite à participer aux premières rencontres militantes de leur nouvelles formation ce vendredi 9 février au théâtre Edgar à Paris. 




jeudi 1 février 2018

Canard (enchaîné) au centre et soupe à la grimace ...

Ainsi, beaucoup s'interrogeaient sur l'attitude des anciens dirigeants du prg pendant la première convention du nouveau parti né de la fusion des deux anciennes branches du radicalisme. 
Sur la tribune, ils étaient deux. Deux sur trois, ce qui semblait curieux dans le cadre du traitement paritaire qu'imposait la fusion des deux ex-partis. Pour Sylvia Pinel, ancienne présidente du prg, pas de problème, mais que faisait Guillaume Lacroix à ses côtés quelques mois après ce fameux comité directeur, le dernier du prg où il avait failli la dégommer à la tête de notre défunt parti. 
Le problème avec les gens qui font la tête, c'est qu'on ne sait pas pourquoi 
ils font la tête ... C'est même pour ça qu'ils font la tête. Il suffit d'ailleurs
qu'ils expliquent pourquoi ils font la tête pour qu'ils ne fassent plus la tête. 
Au moins pendant ce temps-là ont-ils attiré l'attention... mais c'est tout. 
Ils révèlent juste que leur expression est inutile.

On a d'autant moins compris la présence de Guillaume à la tribune qu'il n'a pas desserré les dents de la soirée. C'est Laurent Hénart, ex-président des radicaux valoisiens qui a tenu une réunion bien fade et n'a traité que des questions organisationnelles.
Est-ce la raison pour laquelle Jean-Michel Baylet, figure historique, est parti avant la fin, empêchant tout adoubement de la triste rencontre.
Hélas, il faut se soumettre à la dure réalité et la convention n'a été qu'une première allégeance au macronisme. C'est ce qui justifie qu'au fond on n'a parlé de rien.
C'est ce que révèle l'article impitoyable paru dans le canard enchaîné d'hier, qui ne fait que confirmer ce qu'annoncé précédemment. La politique a ses règles et Macron n'est pas un enfant de cœur. Il sait que la multiplication des centres signifierait sa fin politique. Le pouvoir de Macron sera hégémonique ou ne sera pas.
Ainsi, ceux qui avaient quitté l'ex-prg,  en espérant obtenir un poids politique grâce à l'union de tous les radicaux de France, se heurtent à la brutale réalité. Au centre, sous Macron, il ne doit y avoir qu'une seule tête. C'est une question de survie ! Seul le Modem de François Bayrou dispose encore d'un statut particulier (qu'il doit au fait qu'il a négocié sa place avant le premier tour des présidentielles). On parle beaucoup de la dissolution de la gauche, et on n'a pas tort... mais la dissolution des centres, de ce qui constituait le centre n'est pas non plus terminée.
Ah qu'il semble loin le temps, où les radicaux de droite semblait implorer le secours des radicaux de gauche pour se distinguer de l'Udi ... Qu'il semble loin le temps où le prg justifiait son rapprochement avec les valoisiens pour peser sur la vie politique. Sans parler de cette accusation ridicule de renoncement envers ceux qui se refusaient de rejoindre le centre. 
À présent, ça ne rigole plus. Tout le monde au pas, et tout le monde "en marche" ! 
Reste que rien n'est perdu ! Il reste toujours l'espoir. 
Si vous voulez continuez à réfléchir, à créer, à débattre, participer la construction d'un avenir à gauche, une solution : 

rejoignez les radicaux de gauche ... 


Les premières rencontres militantes auront lieu le 9 février à partir de 9h30
Théâtre Edgar, 58 boulevard Edgar Quinet à ¨Paris (métro Edgar Quinet)



mercredi 10 janvier 2018

RÉGION NORMANDE : LA GUERRE DES CENTRES

Lecornu annonce qu'il va se présenter contre Morin aux prochaines élections régionales.
Comme dirait l'autre : ça pique !
Morin enlaçant Lecornu. Embrassade  ou ashi guruma...
 amours ostentatoires ou démonstration de judo à l'annonce
de la prise de pouvoir de Morin à la Région
Sébastien Lecornu à peine sorti de la couvée de Le Maire, est devenu maire de Vernon avant de démissionner ... pour devenir président du conseil départemental de l'Eure ! ... avant d'en démissionner pour devenir Secrétaire d'État  ... et à peine est-il en poste qu'il annonce qu'il se présente contre son ancien pote Hervé Morin. 
Bien sûr, on peut voir cela sous l'angle d'une personnalité insatiable. Un Sébastien Lecornu façon Richard III, dont le but est de dévorer ses adversaires. Je ne connais pas assez Lecornu pour juger du personnage. Ce qui est sûr en revanche c'est que l'acte de candidature n'a rien d'anodin.
Il n'a rien d'anodin parce qu'il tombe à froid. On se demande ce qu'un ministre plein d'ambition peut avoir comme intérêt à se lancer dans la conquête de l'appareil régional alors qu'il n'y a jamais porté d'intérêt particulier. 
A priori, tout semblait facile et évident il y a un encore un an, lorsque la droite s'assurait des conquêtes des communes, des départements et des régions. Le Maire et Morin s'étaient partagé les tâches. À l'un les ambitions ministérielles, à l'autre la Région ! "Et tu laisses Lecornu mettre mon département de l'Eure en coupe réglée ..."  Mais ça c'était a priori, c'était avant la déroute de Le Maire aux primaires de la droite et surtout avant la victoire de Macron aux présidentielles.
On ne sait quelle a été la teneur du marchandage entre Le Maire et Macron, mais on peut tout supposer et en particulier que la nomination d'un Le Maire au poste majeur de  Ministre de l'économie ne s'est pas faite sans contre-partie. Quel intérêt sinon de racheter Bruno Le Maire qui avait perdu toute crédibilité quelques mois plus tôt.
Sans doute y avait-il aussi un intérêt à mettre la main sur la Normandie, même si l'on n'en perçoit pas tellement les enjeux. Disons qu'avoir nommé le maire du Havre comme premier ministre n'est pas anodin non plus. 
Sans doute aussi, la mise en coupe réglée de la Normandie comme du Centre politique font-ils partie du projet Macron. Pour lui, s'il a rabattu la droite et la gauche, ce n'est pas pour s'embêter avec les familles du centre traditionnel (Modem mis à part puisque sans Bayrou, Macron n'aurait pas gagné les présidentielles). Mais il sait que les familles traditionnelles du centre n'y sont pour rien, qu'ils soient Nouveau ou ancien centre, Morin, Lagarde, Udi et bien sûr les radicaux, même renommés social-libéraux, mêmes réunifiés, même enrichis de radicaux de gauche à la ramasse... Tout ça Macron n'en veut pas et Morin n'est que sa première victime ! 
Derrière, on peut parier que toutes les familles centristes devront se plier, ou s’effondrer comme des dominos. Comme dit si bien le député communiste Sébastien Jumel : la République en Marche, c'est Marche au pas ! 
Alors voilà ! La décision de Sébastien Lecornu d'affronter Morin ne saurait s’interpréter autrement. Elle n'a aucun sens en soi. On ne déclare pas sa candidature à quelques années de l'échéance en matière d'élection régionale. Il s'agit bien sûr de mâter son Morin ... et après tout, la fonction du centre (Bayrou mis à part) a toujours été d’obéir à la droite française. 
Macron change la donne. Maintenant, c'est toute la classe politique française qui est censée lui obéir. En même temps à gauche et en même temps au centre. Voilà de quoi retirer tout attrait à la vie politique, et en particulier si l'on se situe au centre. 
Mais ce n'est pas tout. En montrant clairement
S'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre,
mais si l'on ne regarde même pas dans la même direction... 
 qu'En Marche vise l'écrasement de toutes les familles du centre la candidature annoncée de Sébastien Lecornu achève bien des petits calculs de ceux qui se sont placés dans l'écurie Morin, elle-même fragilisée. 

Incidente Priollaud 

Ainsi en est-il de Priollaud, par exemple, le petit maire de Louviers qui se rêvait député européen ... Il semble bien que ce soit foutu d'avance et les petits calculs de ceux qui au sein de son équipe veulent s'en débarrasser risquent d'être cruellement déçus. L'écurie Morin est en train de perdre sa valeur marchande ... 

Incidente Les Radicaux de Gauche

Mais ce qu'il y a d'extraordinaire dans toute cette histoire, c'est qu'elle justifie pleinement le maintien dans la course des radicaux de gauche. Oui, la France a besoin d'une gauche (à mon avis, elle a sans doute besoin d'une droite et Wauquiez n'est pas la bonne voie, mais je ne m'en mêle pas) ... et la gauche a besoin du radicalisme. 
Voilà justement de quoi justifier la naissance des "Radicaux de gauche" et le titre du débat majeur qui aura lieu lors du Banquet Républicain qui se déroulera à Evreux mercredi 24 janvier. 
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lundi 11 décembre 2017

Le parti radical de gauche est mort

VIVENT LES RADICAUX DE GAUCHE
Les radicaux de gauche sont bien vivants autour de la nouvelle bannière, Virginie Rozière, entourée de Stéphane Saint-André et d'Olivier Taconet et d'une trentaine de radicaux décidés à construire leur avenir
Disons-le tout de suite, le mariage est passé complètement inaperçu. C'est que, au même moment, à quelques mètres de là, la foule s'amassait pour rendre hommage au chanteur français le plus populaire du siècle. Tout effort pour promouvoir quoi que ce soit d'autre était peine perdue, sans parler de faire passer un message politique. Cela ne veut pas dire cependant que ce qui s'est passé ce samedi 9 décembre 2017, date anniversaire de la loi de la laïcité, soit sans conséquence sur la vie politique française. 

Le parti radical de gauche a donc voté dans l'indifférence générale son propre suicide avec 85 % des votants. Ce score en a impressionné plus d'un. Les opposants à la fusion sentaient pourtant que le scrutin pouvait déjouer les pronostics mais ... un appareil reste un appareil. Comme disait justement Paul Dhaille : c'est plié. Ils ont réservé la salle et le traiteur. Ce n'est pas pour s'emm... avec un vote. 

De fait, le bruit a couru de manière insistante que l’utilisation des pouvoirs des fédérations non représentées était laissées à la discrétion de la Présidente. Une procédure beaucoup plus facile à faire passer lors d'un vote électronique… Comme beaucoup de radicaux de gauche avaient renoncé à se déplacer et pour refuser de cautionner la démarche et pour éviter d’assister à leur mort programmée, le résultat fut d’une brutalité sans appel.
Dommage pour la démocratie et le débat.
Ni vote des militants (le congrès, comme on a pu le voir, est une instance déléguée, et ne représente qu'une faible partie des adhérents), ni débat n'ont précédé cette fusion qui ne ressemble à rien. Rappelons qu'à l'intérieur des fédérations départementales consultées, une grande majorité s'opposait au rapprochement avec les valoisiens. 
Il n'empêche. Une fois passées larmes et désillusions, les opposants actifs se sont retrouvés dans un restaurant voisin "La Terrasse" que nous avions réservé à proximité du congrès. Ici le débat et la détermination ont été lancés. L'espace réservé à l'origine s'est révélé insuffisant pour accueillir toutes les bonnes volontés. De nombreux Jeunes Radicaux de Gauche nous ont rejoint avec leur énergie ce qui nous a permis de refaire le monde assez rapidement et au passage de jeter les bases de l'action. 
Plan d'attaque, plan d'action, plaisir à être ensemble, voilà le mélange idéal pour bâtir l'avenir et construire le radicalisme de demain, base d'une gauche à même de répondre aux défis du siècle.


À très vite ! 

mercredi 20 septembre 2017

Alors, c’était comment Montpellier ?



Comme le disait de Gaulle : pour aborder une situation compliquée, il faut avoir une idée simple. J’en avais une dont je ne voulais pas démordre, déclinée en deux tons : être radical c’est être de gauche, le radicalisme, c’est l’avenir de la gauche

Sylvia Pinel aux côtés de Laurent Hénart, présidents des
deux partis radicaux dans le public. Tiens, au fait, qui sera
le prochain président ou la prochaine présidente ? 
Pour résumer rapidement, Montpellier était le lieu des journées d’été du radicalisme, des écologistes et des progressistes, première étape de la réunification des radicaux. Lorsque, dans la voiture qui nous amenait de Paris on me demanda comment les radicaux de l’Eure voyaient la réunification, je répondis que, pour ma part, j’étais circonspect et que parmi les amis que j’avais consulté, pas un ne m’avait dit : « ouais, super, on va faire alliance avec les valoisiens ».

J’ai publié hier sur le blog le magnifique texte de Jean-Michel Baylet, qui a l’avantage de synthétiser avec bonheur la situation politique dans laquelle se trouve la France. Macron est aujourd’hui Président de la République, et sans qu’il vaille la peine d’en décliner les responsabilités, il est utile de rappeler que cette situation était complètement imprévisible il y a un an, et que les conséquences de l’élection présidentielle sur la structuration de la politique française sont irréversibles.
Disons-le, il y a eu trop peu de place pour les débats
et cela est d'autant plus dommageable que ceux-ci
ont été de grande qualité. En tous les cas les débats
ne sont pas clos, ni au sein des deux branches du
radicalisme, ni entre elles ni avec toutes les autres.
À droite, comme à gauche les partis structurants, ps et « L R » sont explosés après leurs résultats catastrophiques. Les alliés des deux courants ne vont pas mieux, du pcf qui avait choisi de s’allier avec Mélenchon qui choisit de les écraser, les écolos dispersés, et à droite, l’udi ne réussit pas à se maintenir, cependant qu’au sein même des LR, entre reconstructifs macroniens et tenants d’une droite dure, personne ne refuse semble devoir s’imposer durablement. La crise atteint jusqu’au Front National qui est secoué par la remise en question de sa ligne politique. Seuls pour l’instant la France Insoumise et La République en Marche semblent surnager dans cet océan de perplexité, grâce à leur intransigeance.
Dans ce cadre, le rapprochement des radicaux semble incongru. Incongru, mais intéressant. Tellement intéressant même, que plusieurs figures écologistes et progressistes ont participé aux journées d’été de Montpellier : Jean-Luc Benhamias, Emmanuel Cosse, Génération Ecologie, et jusqu’à l’ancien socialiste passé au Sarkozysme et recherchant une famille désespérément : Jean-Marie Bockel …lorsque les opportunistes se joignent à un mouvement politique, ceci est en principe gage d’avenir.
Le fait que les radicaux soient une force d’attraction n’est pas sans intérêt mais ce n’était pas le premier sujet d’inquiétude. Tout le monde se demandait en fait ce qui avait poussé les anciens alliés de droite à rappeler à eux les radicaux de gauche qu’ils avaient chassé de leur parti en 1972, ce que Jean-Michel Baylet n’a pas manqué de rappeler[1].
Tribune finale qui s'est achevée par une Marseillaise
qui m'a particulièrement ému. On peut reprocher
plein de choses à notre hymne national. Il n'empêche
qu'en devenant hymne national, le chant de guerre
de l'armée du Rhin promulguait pour la première fois
l'insurrection contre les inégalités et l'oppression
comme substance de notre Nation. Du coup, la
Révolution, devenait la République, devenait la
France et fondait le radicalisme.
Or, sans aller jusqu’à les voir battre leur coulpe, je dois admettre que les valoisiens m’ont surpris. Ils m’ont surpris parce que, dans les débats tant sur la décentralisation par exemple, dont le principe est durement mis à mal par le gouvernement Macron, que sur d’autres sujets, je me suis trouvé plus proche d’eux que des radicaux de gauche. J’entendais dans les couloirs parler des jeunes valoisiens critiquant la loi travail en disant que celle-ci mettait à mal le socle social français.
Plus tard, dans le débat de politique générale, j’ai bien entendu une valoisienne revendiquer son attachement au centre d’une manière assez maladroite, mais il faut le dire, le gouvernement Macron/Philippe a été bien souvent critiqué et à chaque fois  sur des valeurs de gauche, qu’il s’agisse des APL, de la décentralisation, de la politique sociale ou de la politique du logement. Bref, si les circonstances amènent les radicaux à créer un groupe à l’assemblée nationale, comme au Sénat, ceux-ci peuvent devenir une force d’opposition constructive, à même de se préparer à une prise du pouvoir. C’est là le but, encore long à atteindre, que ce soit dans les élections locales avant les élections nationales, même si le chemin est encore long.
Une dernière fois, un hommage à Jean-Michel Baylet qui a
fait le meilleur discours des journées d'été et son meilleur
discours, s'appuyant sur les bases de son analyse, publiée
hier sur le blog du café radical
Pour finir, et pour se faire une idée, vous pouvez regarder le reportage réalisé sur la cinq, dans l'émission "l'info en vrai" animé par Yves Calvi en cliquant .









[1] Contrairement à ce que j’ai toujours cru, ce sont bien tout une partie des radicaux qui avait été viré du parti par Jean-Jacques Servan Schreiber, alors allié à Giscard, parce que ceux-ci avaient osé participé à des réflexions autour du Parti Socialiste et de François Mitterrand. L’initiative ne venait pas des radicaux de gauche.

vendredi 7 avril 2017

Revenu universel, le café radical invite au débat

Curieuse campagne électorale ... qu'en retiendrons-nous ? Qu'en restera-t-il au delà du fait que les Français auront un nouveau Président dans moins d'un mois ? 
Rien n'aura marché comme prévu, à droite comme à gauche. Les champions se sont éclipsés, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, et notre cadre politique apparaît comme un champ de ruine. Nos craintes même semblent dissipées, même s'il faut encore attendre quelques jours pour savoir ce qu'il en adviendra exactement. 
Nous avons tant été gavés de surprises, de bonnes et de mauvaises que tout reste possible.
Angélique Chassy, économiste engagée,
animera le café radical sur le revenu universel
Reste qu'au delà de la remise en cause inédite du corps politique français, des figures de référence, des principes institutionnels, de tous ce que nos commentateurs ont pu imaginer, il restera que, pour la première fois dans une grande nation, on aura mis au cœur du programme d'un grand candidat LE REVENU UNIVERSEL.
Il s'agit bien d'une idée neuve en Europe, puisque pour la première fois proposée à l'échelon national. Rien à voir avec les initiatives prises ici ou . A coup sûr, le fait de la proposer dans un programme présidentiel lui donne une nouvelle dimension.
Quel sera l'avenir de l'idée de Revenu universel ? Quel est son passé ? D'où cela vient-il ? Le revenu universel est-il une réponse à la raréfaction de l'emploi ? Est-il une réponse à la robotisation et à l'augmentation exponentielle des forces productives ? 
Pour y répondre, le café radical organise un débat, à quelques jours du second tour : "le revenu universel a-t-il un avenir ?"
Quoi que l'on pense de la candidature de Benoît HAMON,
au moins aura-t-il eu le mérite de l'innovation politique.
La question du revenu universel mérite un large débat. 
Pour y répondre, Angélique Chassy, docteur en économie, première adjointe au maire de Pont de l'Arche, et militante aux cotés de Benoît Hamon, sera chargée d'animer le café radical qui se tiendra vendredi 14 avril, au Big Arts, à 18h30. 
Venez nombreux chercher la réponse à toutes vos questions. Entrée libre. Une seule condition à la participation au débat : payer sa consommation par égard pour le café hôte du débat.
Café radical 
Le revenu universel a-t-il un avenir ? 
vendredi 14 avril à 18h30 
au Big Arts
39 rue du Quai à Louviers


jeudi 2 février 2017

Qu'est ce que c'est que ce bordel ?

Jusqu'alors, en politique, quand ça allait mal d'un côté, on se réjouissait de l'autre côté . Ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui, c'est que le bateau craque de partout. À droite, à gauche, et au milieu ... et toutes les solutions qui ont jusqu'ici imaginées pour résoudre les difficultés, tombent à l'eau.  
Essayons de résumer la situation même si, précisément, ce tourbillon où tout un chacun essaie de surnager, a du mal à laisser émerger la clarté. 
Commençons par la droite, puisque c'est aujourd'hui la partie la plus exposée de la vie politique française et puis, il faut bien essayer de saisir le problème par un bout. 

Le bordel à droite

La famille Fillon en visite, du temps où François tentait de se
soulager de ses lourdes charges de 1er ministre.
Et justement, du côté de la droite, justement, jusqu'à mercredi dernier, jour de parution du Canard Enchaîné, les choses semblaient claires, tellement face à une droite organisée et anticipatrice les déchirements de la gauche faisaient peine à voir. 
Rappelons-nous la victoire surprise mais incontestée de Fillon. C'était déjà fort, mais les commentaires se limitaient à l'élimination de Sarkozy et de Juppé ! Des faits banalement historiques... 
Or voilà que l'homme choisi  par plus de 4 millions d'électeurs, celui qui avait colmaté les plaies infectées et profondes de la succession de Sarkozy, celui qui s'était imposé de manière incontestable face à ses adversaires et ridiculisait les survivances de la gauche, voilà que cet homme est au cœur de la tourmente. On  est obligé de penser à l'affaire Strauss-Kahn. Le même statut de favori, une victoire inéluctable et puis pof ! En quinze jours, tout est liquidé. Il y a bien sûr quelques différences. Dominique Strauss Kahn n'avait pas été adoubé par une primaire, et puis, il y avait du sexe, ce qui ajoute à la sidération... N'empêche, que Fillon ait fait campagne sur la probité et sur l'appel au sacrifice pour le peuple français piégeait le candidat une fois révélé ses pratiques familiales, dont Rachida Dati, l'ancienne garde des Sceaux, avait dénoncé les dérives.
Je ne veux prendre la défense de personne, je n'ai pas étudié le dossier, mais je pense profondément que Fillon est sincère. Cela n'en est sans doute que plus grave. Je repense à une phrase entendue lors d'un débat : jamais un privilégié ne pense qu'il est privilégié. Tout privilège est vécu par son bénéficiaire comme légitime. Ainsi, le fait que Fillon ait fait bénéficier sa femme et ses enfants de tout ce que la Représentation nationale pouvait lui offrir, a-t-il été vécu comme naturel. 
Or, plus le malheureux Fillon justifiait son comportement aux yeux de la justice, et plus il s'enfonçait aux yeux de l'opinion publique et plus il semble incapable de devenir président de la République, non seulement pour ce qu'il a fait, mais en plus parce qu'il est incapable de se défendre. 

Le bordel à gauche

Il pourrait s'agir pour la gauche d'une divine surprise. De fait, alors que la primaire de la gauche n'a mobilisé que moitié moins que la droite, alors que les candidats se révélaient beaucoup plus divisés (droit de retrait demandé par les députés, déni de légitimité au frondeur qui avait nui au bilan du mandat de son propre camp, mise en empêchement du Président de la République, candidat légitime de la gauche...) le candidat Hamon grimpe dans les sondages, et arrive à la 4e place dans les sondages, enfonçant Mélenchon. On me dira que les sondages ne sont que des sondages, que la 4e place n'est pas la deuxième et encore moins la première, il n'empêche : le candidat Hamon est sorti de la marginalité d'avant les primaires. 
Photo de famille des gauches "irréconciliables". On y  retrouve Hamon, 
Valls et Mélenchon , garde rapprochée de  Michel Rocard, élu à la tête du PS 
en 1993 après des années d'effort. Il allait y rester 7 mois et 25 jours avant de 
se faire éjecter par ce qu'il restait des mitterrandiens. On pensait que le passage
 éclair n'avait pas laissé de trace. La photo démontre le contraire !
 Une autre, interactive, diffusée par le Huffington post, que vous retrouverez
en cliquant ici permet de mieux comprendre. A retenir toutefois l'attitude
de jeunes loups pour qui le Rocardisme mène à tout à condition d'en sortir.
Aucun n'a suivi Michel Rocard sur l'Europe et ont tous fait valoir leurs
visions personnelles avant celles de l'Europe. Le début du désastre annoncé.


La gauche est-elle sorti de sa phase de décomposition ? Pas vraiment à mon avis. Je disais à un ami qui parlait des chances de Hamon que si l'ex-frondeur en chef devenait président de la République, il aurait à subir dans son propre camp la revanche de ceux qu'il a empêché de réussir leur bilan, mais aussi les assauts de Mélenchon ainsi que de Montebourg, et des Hamoniens qui l'accuseront de trahir avant qu'il ait eu le temps de lever le petit doigt. Parce qu'au fond Valls n'avait pas tord de parler de gauches irréconciliables... Elles le sont au moins provisoirement, tant qu'elles n'ont pas été au bout de la réflexion, et à mon avis le chemin est long. 

Le bordel au centre

Reste la situation du centre et de l'incontournable Macron... Incontournable pour l'instant ! Le voilà deuxième dans les sondages, doublant Fillon sans coup férir, se retournant à peine sur son passage. Il engrange tout ce qui lui vient de la droite décomposée, et d'une gauche encore malade. 
Deux écueils lui font face dans un chemin encore long à mener. Le premier est la recomposition des blocs. La droite subit un coup terrible, c'est sûr ... mais je parie qu'elle ne va pas être si longue à se remettre. Comme le disait déjà Fabius il y a plus de trente ans, je ne sais pas s'il y a une droite d'en haut, mais il  y a une droite d'en bas. Les camps ont trop d'intérêt à leur propre survie pour ne pas se reconstruire et ont la capacité de faire oublier leur calamiteux début d'année. Le second écueil vient du centre lui-même. Bayrou s'est fait piquer, si ce n'est toutes ses idées, au moins son positionnement. La situation politique lui offre une chance inespérée. Qui plus est, à la différence de Macron, il a un parti. Petit, certes, mais un parti qui représente quelque chose dans l'opinion française et il a l'expérience des joutes présidentielles. Macron a magnifiquement réussi le plus facile, mais le plus dur reste à faire.
Reste le reste. 
Quel rôle va jouer l'extrême droite, qui, pour l'instant, attend gentiment que les modèles politiques se décomposent. Marine Le Pen sait déjà qu'elle sera moins atteinte par ses condamnations par l'assemblée européenne que Fillon par ses affaires. La gauche et la droite ont démontré par l'absurde l'inanité des primaires, ce qui semblait pourtant une excellente idée. La victoire de Trump lui a démontré que tout lui était possible. Pour l'instant, certes, elle est battu par n'importe qui au deuxième tour ... mais pour l'instant seulement, les choses vont tellement vite que rien n'est à exclure ! 
L'extrême droite pour l'instant est la seule à ne pas avoir de débat interne.
Rien ne vaut, ou plutôt, rien ne semble valoir. De tout ce qui est emporté dans le tourbillon, dont nul ne sait quand il s'achèvera, qu'est ce qui reviendra à la surface ? Il y aura bien, normalement, un président de la République d'ici quelques mois. Il aura, probablement une majorité. Il n'empêche, le mal est profond, le besoin de recomposition au sein des forces politiques est réel, et va bien au delà du besoin de moralisation. La politique, c'est la définition d'un idéal collectif. 

Antonio Gramsci
La cause profonde du tourbillon est là-dedans. La terrible formulation de Gramsci est dans toutes les têtes : "il vecchio mondo sta morendo. Quello nuovo tarda a comparire. E' in questo chiaroscuro, nascono i mostri." (Le vieux monde se meurt.  Le nouveau tarde à apparaître. Et dans ce clair obscur naissent les monstres) et en matière de monstres, Antonio Gramsci, qui vécut la naissance du fascisme et le déferlement d'horreur qu'il a provoqué sur l'Europe, savait de quoi il parlait. Ces propos ont été écrits en prison.







samedi 26 mai 2012

La 6e République, c'est maintenant ?

Le prg n'a pas attendu pour
lancer la réflexion sur la 6e République
Les radicaux de gauche, encore une fois auront été les premiers à soulever la question il y a plus de quinze ans. Les faits leur donnent raison : la 5e République est morte, il faut fonder la 6e République.
Cette idée a été plusieurs fois reprise, notamment par Arnaud Montebourg, voire par les Verts. Mais jusqu'à présent cette cinquième République, dont la constitution n'avait pour but essentiel que de permettre au général de Gaulle de régler le problème algérien, n'a cessé d'être bricolée pour tenter de correspondre à la société française. Mais la France de 2012 n'est pas la France de 1958. La France n'est heureusement plus une puissance coloniale. La division du monde en un bloc communiste opposé à un bloc américain fait partie de l'Histoire. L'avenir et le présent de notre Nation sont dans l'Europe. Enfin, les exigences de représentativité d'une société où l'individu, la vitesse, l'intelligence restent sans réponse sur le plan institutionnel. Elles méritent un débat national que la gauche doit pouvoir mettre à son actif grâce aux moyens qu'elle risque d'obtenir au mois de juin.
Nicolas Sarkozy, lui-même, avait failli reprendre l'idée des radicaux de gauche de supprimer le poste de premier ministre ....mais il s'est juste contenté de sadiser François Fillon, qui n'a dû sa survie qu'à sa capacité à colmater les brèches que s'efforçait de créer Nicolas Sarkozy ...De l'instauration du quinquennat, à la demande de Robert Badinter d'éviter la nomination systématique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, on n'a pas arrêté de bricoler. Pourtant, les réformes profondes qui sont indispensables pour moderniser la société française méritent la fondation d'une 6e République.
Le but de cet article n'est pas de proposer le texte ou la structure de la constitution à venir. Je n'ai pas cette prétention. Simplement, nous vivons un moment essentiel pour la Nation que sont ces législatives qui ont lieu dans la foulée des élections présidentielles. Ces élections révèlent l'insuffisance de notre système de représentation nationale. Il faut en profiter pour approfondir notre réflexion. J'y apporte quelques éléments.
Représentativité nationale :
Assemblée Nationale : il faut passer au scrutin de liste 
Certes l'Assemblée Nationale n'est plus tout à fait ce rassemblement de têtes chenues ou de crânes d'oeuf. Les lois sur la parité sont passées par là ... mais on sait à quel point, malgré les textes très contraignants, les partis, et notamment l'UMP, ont favorisé les candidatures masculines. Ce n'est pas le plus grave. Le vote par circonscription favorise toujours le candidat représentatif de la majorité... Cet élément décisif lorsqu'on doit choisir des candidats pousse par nature à présenter un candidat moyen, c'est à dire de la classe moyenne, d'âge moyen, petit blanc, écartant systématiquement tout ce qui risque de faire peur à une part importante de l'électorat.
C'est important, mais ce n'est pas le plus grave.J'ai dans un commentaire précédent dit à quel point je pensais que l'Assemblée Nationale devait assurer au minimum la présence et le débat entre les grands partis français. Un Parlement non seulement non représentatif de la sociologie française, mais en plus incapable de représenter les courants structurants de la vie politique française ne remplit décidément pas sa fonction. Le parlement n'a pas seulement pour mission de permettre au gouvernement de gouverner... elle a surtout pour mission de le contrôler au nom de la Nation Française ... Si cette critique se fait simplement au nom du parti majoritaire, il y a la un grave défaut. Il n'est pas normal que la nation soit représentée par les 570 vainqueurs de 570 scrutins locaux. Il n'est pas normal que Bayrou qui a obtenu les suffrages d'un électeur sur  10 soit absent de l'assemblée nationale, il n'est pas normal que Le Pen qui a fait 18 % soit absente de la représentation nationale... Surtout qu'au fond, pourquoi son ils absents ? Parce qu'ils n'ont pas fait alliance avec les grands partis ... c'est à dire que le scrutin qui, selon les gaullistes devait combattre le système des partis a complètement échoué... On le voit d'ailleurs dans la 5e circonscription de l'Eure ou les représentants de la gauche qui se croient plus malin que les partis vont favoriser le camp opposé.
Ma proposition : proposer un scrutin de liste par Région (quitte bien sur à ce que la Normandie soit réunifiée ... mais c'est aussi un problème qu'il faudra traiter par ailleurs). Le scrutin de liste national me semble difficilement à même d'exprimer la diversité régionale. Le scrutin départemental, proposé par Mitterrand ressemblait trop à une manœuvre de détresse électorale et n'assurait qu'une représentativité réduite.
Sénat : il faut moderniser la représentation des territoires
Le Sénat est censé assuré la représentation des territoires. Mais pourquoi les territoires seraient-ils représentés par les seuls grands électeurs, choisis parmi des élus et procédant dans une campagne électorale à l'abri des regards du peuple. C'est kitsch, ça fait très 3e République, mais c'est complètement coupé de la réalité. Les territoires ne sont pas représentés par les élus, mais par les habitants. Il n'y a pas de raison que tous les Français ne participent pas au scrutin. Dans les plus grandes démocraties occidentales, il n'y a pas de grands électeurs. En revanche, pour que les territoires soient représentés, il faut que le scrutin sénatorial se passe comme dans l'actuel scrutin législatif : par circonscription.
ma proposition : ouvrir l'élection du Sénat à tous les Français, mettre fin au système des grands électeurs. Proposer un scrutin par circonscription, comme a lieu actuellement le scrutin législatif. Le sénateur aurait plus de légitimité pour représenter la population qui l'aura élu au sein de l'assemblée.
Les autres propositions n'engagent personne d'autre que moi...
Mais la proposition de faire en même temps présidentielles 
et législatives a bien été proposé par Jean-Michel Baylet,
président du parti radical de gauche
Elections Nationales : il faut qu'elles aient lieu en même temps
C'est là la garantie de la fin de la cohabitation. Cette condition nous donne un président de la République qui est élu en même temps que les deux chambres, qui ont tous la même légitimité et, bien entendu le Président perd son pouvoir de dissolution. La campagne a lieu une bonne foi pour toute,  sans risque que pendant les six semaines qui suit un débat clivant, une campagne se prolonge sur le thème ; on cohabite ou pas ? Pour le Sénat, celui aurait bien sur plus de poids, parce que sa légitimité serait réelle. Il garderait le même pouvoir, c'est à dire un pouvoir essentiellement consultatif, mais son poids serait tout autre.


vendredi 4 mai 2012

Pêché d'orgueil

Quand on attend que les compliments vous viennent de l'extérieur, cela prend souvent énormément de temps.

Voilà pourquoi, conformément à sa pratique depuis près de quatre ans, le café radical prend les devants et s'adresse ses félicitations sur deux points.

Le premier, les lecteurs assidus le connaissent. Le café radical, dès son premier débat, a posé la question de la fin du sarkozysme : "Sarkozy est il fini ?". Question si hardie à l'époque qu'on n'y a pas répondu franchement oui, tellement ça ressemblait à une provocation...

Et pourtant ! Dès les premiers mois, le sarkozysme portait en lui le germe de sa défaite. Une hyper-personnalisation du pouvoir, dont le cap était fixé en fonction des intuitions du Président, réduisant gouvernement, partis, parlementaires à son bon-vouloir.

Cette logique, affirmée dès l'origine de la prise de pouvoir a été accentuée sans faille avec le temps, selon le principe qui veut qu'un être humain en crise a naturellement tendance à s'appuyer sur ses propres défauts, même et surtout si ce sont eux qui ont provoqué cette crise.

Voilà pourquoi la lueur sarkozyste, quand bien même elle a pu attirer quelques papillons à ses débuts, s'est transformée en repoussoir au fil du temps. Plus elle a affirmée la personnalité de son mentor, plus elle a provoqué son isolement... Celui-ci atteignant, à quelques heures du moment fatal, son point culminant.

Car, et c'est là que la deuxième formule du café radical prend son sens, il faut que la victoire soit large !

Pas seulement pour se faire plaisir... pas seulement pour donner des marges de manoeuvre importantes au nouveau pouvoir qui en aura bien besoin, mais aussi pour en finir rapidement avec le sarkozysme et ses dégâts.

Car le sarkozysme, qui n'a déjà pas beaucoup de sens, n'en a absolument aucun en l'absence de son créateur. Ce n'est pas une idéologie, juste une pratique incohérente qui s'est fourvoyée chaque jour davantage. La personnalisation du pouvoir se traduit par un isolement tragique qui s'échoue sur les écueils ultra-réactionnaires de l'exclusion et la glorification des frontières. Pathétique !

Le geste de François Bayrou, annonçant son rejet du futur ex-président, sera l'ultime dérive du sarkozysme. N'en déplaise aux militants UMP éberlués par ce choix prévisible, c'est bien Sarkozy qui a imposé ce choix à François Bayrou[1] par une stratégie populiste délirante, qu'on ne peut expliquer que par un retour nostalgique aux accents fougueux de sa jeunesse militante et droitière ...

Elle déjà le signe que la victoire est large.

Pas étonnant que François Holande, qui sera élu président de la République dans trois jours, explique à son tour qu'une victoire étriquée n'aura pas le même sens qu'une victoire large.

Pour la République, pour la France, pour l'Europe ...

Il est important que la droite puisse marginaliser sa frange la plus réactionnaire, précisément parce qu'en période de crise, les réflexes identitaires sont le vrai danger.

Il est important bien sur que le nouveau président ait les moyens d'agir en France, en Europe et dans le monde.

il est important que la victoire soit large





[1] Il fait suite aux propos de François Fillon lui-même (cf Canard enchaîné de cette semaine.) qui, comme nous, reconnaissait qu'il était important que la défaite de cette droite soit large... Ainsi cela permettrait sa recomposition plus rapide et moins douloureuse, marginalisant les éléments les plus réactionnaires. Nous sommes d’accord