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dimanche 10 août 2014

Faut-il supprimer le 1er ministre ?...

ou, pour parler plus précisément : le poste de premier ministre

Atelier du samedi 18 octobre à 14h00



Rien à voir avec une question de personne... Mais c'est vrai que, si on a
du mal à comprendre le statut de 1er ministre sous la 5e République, c'est
peut-être que cet incohérence à laquelle on a fini par s'habituer devrait être
supprimée ... 
Alors que la IVème République a été marquée par l’instabilité parlementaire qui fut d’ailleurs à l’origine de son impopularité, les institutions de la Vème République consacrent le rôle central du Président de la République, chef de l’Etat, des armées mais bien souvent également chef de la majorité parlementaire. La fin de septennat et la concomitance des élections présidentielles et législatives ont encore renforcé ce phénomène. En effet l’élection présidentielle se déroulant un mois avant les élections législatives il est peu probable que les français se déjugent dans un laps de temps aussi court d’autant que la victoire à l’élection présidentielle garantit une dynamique propice à la victoire du camp du président élu aux élections législatives qui suivent.

Nous l’avons vu avec les différents Premiers ministres qui se sont succédé et hormis les cas  particuliers des cohabitations, la fonction de Premier ministre peut s’apparenter à un cadeau empoisonné. Serait-il un simple « collaborateur » du Président de la République comme avait été désigné François Fillon par Nicolas Sarkozy alors au pouvoir ? A-t-il les moyens d’être plus que cela ?
C'est un point sur lequel curieusement François Fillon était
d'accord avec le prg avant 2007 : supprimer le premier
ministre. Dans le cadre des relations sado-maso
  qu'il a connu avec Nicolas Sarkozy, celui-ci  n'a sans
doute pas manqué de lui rappeler. L'ex premier ministre a-
  t-il toujours le même point de vue maintenant qu'il affiche
son ambition de devenir Président de la République ?
  

Faut-il supprimer le Premier ministre ?

On peut d’abord se demander si le problème vient de la fonction de Premier ministre elle-même ou du rôle du Parlement. En effet la question de l’utilité du Premier ministre renvoie immédiatement à la place du Parlement qui serait pour certain devenu une simple « chambre d’enregistrement ». La question de la séparation des pouvoirs se pose ici et l’on voit bien actuellement toute la difficulté pour les parlementaires de la majorité d’exercer sinon un contre-pouvoir en tout cas leur indépendance vis-à-vis de l’exécutif.

Pour rappel, l’article 21 de la Constitution stipule que « Le Premier ministre dirige l'action du
Gouvernement. Il est responsable de la défense avec nationale. Il assure l'exécution des lois. »

Le rôle du Premier ministre est donc très important et clairement inscrit dans la Constitution de la Vème République. Le problème ne semble donc pas être les textes mais leur application. En effet la légitimité énorme qu’offre au Président de la République son élection au suffrage universel direct ne serait-elle pas une des causes de l’effacement du second personnage de l’Etat ? Plus encore, le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale, et donc de renvoyer le Premier ministre et son gouvernement, ne contribue-t-il pas à le placer dans une situation de précarité, empêchant l’affirmation de son autorité et la bonne conduite de ses missions ?


En somme, faut-il supprimer un Premier Ministre victime d’une position impossible, intrinsèque à l’organisation du pouvoir de la Vème République ou faut-il réhabiliter cette fonction fondamentale, garante du respect du pouvoir législatif ? Notre République changerait alors radicalement de nature. 

vendredi 1 août 2014

Démocratie directe, Démocratie participative, faut-il supprimer les élus ?

Le drapeau noir flotte sur la marmite !

Comme convenu, je vous livre quelques éléments de réflexion sur cette proposition qui semble provocatrice ... mais qui se traduit bien dans la réalité : la loi sur la réforme territoriale, prévoit de supprimer des élus. Est-ce une bonne chose ? 
Atelier du vendredi 17 octobre à 14h15 

Selon la formule, les radicaux sont des anarchistes qui aiment
l'ordre
. Les questions provocatrices ne leur font pas peur.
La démocratie cependant, ne reste-t-il pas selon la formule
de Churchill "le pire des systèmes à l'exception de tous les
autres"

L’aspiration des citoyens à pouvoir être associés à l’action publique est de plus en plus prégnante dans les démocraties modernes. Plus que la consultation des habitants, c’est une réelle culture participative qui s’est développée, au travers de laquelle les citoyens souhaitent être parties prenantes tout au long du processus de mise en oeuvre de la décision publique.
La question est aussi : comment gérer le rejet de l'autorité ? 

 Le développement de l’administration numérique et de nouveaux outils dématérialisés d’association du public a répondu à cette préoccupation autant qu’elle l’a développée.

 Si elle vise pour le pouvoir à mieux anticiper les besoins du public autant qu’à assurer l’acception sociale de leur action, cette dynamique s’inscrit également dans un contexte de défiance à
l’égard de la démocratie représentative.

Cette dernière est tout d’abord confrontée à une situation économique et sociale qui tend à rendre impuissants, aux yeux du public, les élus de la République. Un sentiment aggravé par la
complexification croissante de l’action publique tant par son perfectionnement, que la multiplicité d’acteurs intervenant dans le circuit décisionnel (Collectivités, Etat, Europe). Une complexité qui a d’ailleurs pu se traduire par une « dépolitisation » de l’action publique et une prévalence de l’administration et de ses techniciens. Enfin le développement des « affaires » a mis en péril la crédibilité et la probité de la parole publique et des élus.

 Dans le même temps, les dispositifs de démocratie participative n’ont pas toujours su répondre aux aspirations qui ont justifié leur création. Outre la frustration générée par l’application du principe
Forum républicain des 17, 18 et 19 octobre 
majoritaire et le sentiment de ne pas être suffisamment « écoutés », ils ont pu apparaître comme n’étant mobilisés que par un public restreint et peu renouvelé, en contradiction avec sa vocation
première.

 Si le droit français reconnaît la nécessité de l’information, de la concertation et de l’association des citoyens à l’action publique, selon quelles règles et quels principes ces dispositifs peuvent-ils
ménager la légitimité propres aux élus de la République ? L’individualisation du rapport à la chose publique, et la multiplication des dispositifs de démocratie participative, ne menacent-ils pas, à terme, l’acception sociale et populaire de l’existence des élus ?

mercredi 30 juillet 2014

Devoir de vacances

Il y a de cela plusieurs années dans la pleine lancée du tourisme culturel et à l'époque où l'on trouvait que tout était politique on avait trouvé le slogan suivant : JE NE VEUX PAS BRONZER IDIOT.
Les vacances doivent permettre de tout oublier quelques
temps ... Certes, mais réfléchir à l'avenir du monde fait aussi
partie des plaisirs de l'existence.
C'est ce qui m'est revenu à l'esprit lorsque j'ai reçu par voie postale un courrier de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche, me demandant de préparer
le FORUM RÉPUBLICAIN POUR UNE RÉPUBLIQUE MODERNE  qui se déroulera les 15, 16 et 17 octobre 2014 à Paris. 

Je l'aurais deviné ! J'avais voulu lancer le débat à la suite de l'élection présidentielle ... Mais il était trop tôt ... ou trop tard. Mais voilà que le débat revient au galop. 
Depuis la naissance même de la 5e République, les radicaux ne cessent de dire que ses principes sont inadaptés aux besoins d'une Nation moderne. 

Entre bricolages et rafistolages, la Constitution n'a cessé d'évoluer dans le bon et le mauvais sens depuis plus d'un demi-siècle mais le temps qui passe ne fait que confirmer un besoin profond de remise en cause de ce système créé pour répondre à la crise particulière issue de la guerre d'Algérie alors que notre société a évolué en profondeur. 
En témoigne la façon dont les réformes profondes arrivent à contre-temps dans notre pays et le parallèle entre la réforme territoriale de Hollande et la réforme de la taxe professionnelle de Sarkozy s'imposent naturellement. Ce sont des réformes bâclées, annonciatrices de défaites électorales, mais qui surtout empêchent un débat en profondeur dans une société en défiance perpétuelle et croissante vis à vis des institutions et dont le seul débat de fond a lieu pendant les élections présidentielles. 
Ce n'est donc pas un hasard si le débat lancé par les radicaux de gauche a lieu en ce moment, en réponse au lancement d'une réforme décidée au plus haut niveau de l'Etat, pour de mauvais prétextes, en limitant à un débat parlementaire verrouillé une loi qui engage toute la société française.
Je vous invite donc à réfléchir avec les radicaux sur les 6 thèmes qui marqueront le grand forum républicain, soit en vous inscrivant, soit en donnant votre avis sur chacun des thèmes, soit en participant aux débats qui seront organisés dans chaque fédération. La fédération de l'Eure du prg proposer très prochainement un calendrier. 
En attendant je vous livre les thèmes : en attendant que je décline chacun chacun des thèmes avec des éléments de débat. 
A bientôt  sur le blog et ailleurs ...

Démocratie directe, Démocratie participative, faut-il supprimer les élus ? 
Atelier du vendredi 17 octobre à 14h15

Décentralisation/ Egalité des Territoires : la Réforme territoriale 
Atelier du vendredi 17 octobre à 15h45

Vote obligatoire, Service Civil obligatoire, l’engagement citoyen doit-il s’imposer ?
Atelier du samedi 18 octobre à 9h45

Séparation des pouvoirs : Faut-il élire les juges ? 
Atelier samedi 18 octobre à 11h15

Faut-il supprimer le 1er ministre ? 
Atelier du samedi 18 octobre à 14h00

Les partis politiques sont-ils encore utiles ? 
Atelier du samedi 18 octobre à 18h15

L’Etat a-t-il encore un sens en Europe ? 
Atelier dimanche 19 octobre à 9h00











samedi 5 juillet 2014

Une belle soirée au café radical ...

De la lutte contre le Front National

à la modernisation des institutions

Pascal-Eric Lalmy, votre serviteur et Sélim-Alexandre Arrad, président
des jeunes radicaux de gauche qui nous a  fait l'honneur de sa présence.
Un débat passionnant qui a remis en perspective la résistible montée du
 front national. Il n'empêche, ce phénomène oblige à repenser la politique.
Ça avait pourtant pas trop bien commencé. Juste avant, la France avait été éliminée par l'Allemagne dans les 1/4 de finales et puis, voilà, il n'y avait pas trop de monde mais les participants sont venus au fur et à mesure combler la salle.
Il n'empêche, l'enjeu du débat était celui-là : peut-on arrêter le Front National ? Même si, Pascal-Eric Lalmy, a d'emblée tenu à poser la question de manière plus positive : "peut-on battre le Front National ?" Mais au delà, le débat a permis de sortir des lieux communs et de tracer de vraies perspectives politiques. 
Pascal-Eric Lalmy a rappelé à quel point les valeurs du Front National sont à l'exact opposé de celles des radicaux, viscéralement attachés aux principes humanistes de fraternité, de liberté et d'égalité. 
L'extrême droite, dont sont issus ses dirigeants historiques, est l'adn du Front National. Elle a défendu les régimes réactionnaires les plus autoritaires au cours de l'histoire, en Italie, en Allemagne, en Espagne et ailleurs, Pascal-Eric Lalmy rappelant qu'avant la deuxième guerre mondiale, la France faisait figure avec l'Angleterre d'une des rares références démocratiques en Europe ... d'où la terrible inquiétude qui a saisi l'Angleterre lors de l'invasion allemande de la France. 
Nous n'en sommes pas là, nous n'en sommes plus là. Même si  l'Histoire nous est indispensable dans la connaissance des phénomènes politiques, les références historiques ne seront jamais l'outil permettant d'affronter l'adversaire.
Car l'adversaire a changé de nature, aussi parce que le contexte historique n'est plus le même. Certes, le Front National ne voit pas trop l'utilité de la démocratie, et encore moins de l'Europe qu'elle souhaite détruire de l'intérieur. 
Il n'empêche, les outrances antisémites de son Papa-gâteux sont plus qu'une entrave dans l'image nouvelle que Marine Le Pen souhaite donner à son mouvement. Non seulement elles l'ont empêcher de créer un groupe d'extrême droite au sein du parlement européen, mais elles contredisent sa stratégie de conquête du pouvoir. Contrairement à la politique du coup de force qui constituait l'identité puis le rêve politique naturel de l'extrême droite européenne. 
C'est ce qui explique la sortie de Marine Le Pen sur les propos de antisémites  : "c'est une faute politique". Pour ébouriffante qu'ait pu paraître la sortie de Marine Le Pen à tous les humanistes ... Marine Le Pen avait besoin d'envoyer un message en interne. La faute politique n'était pas liée au moment où elle a été commise. La faute politique portait sur le fond. L'antisémitisme ne doit pas être la ligne.  
L'extrême droite a changé parce que la société a changé ... et sans doute est-elle un symptôme majeur de cette société en mutation. 
L'enfer c'est les autres, de Jean Paul Sartre, dans Huis Clos 
 Il a commenté ainsi cette citation : les autres sont au fond ce
qu'il y a de plus important en nous-mêmes".
Pas étonnant que les outils dont se sont servis les partis traditionnels s'avèrent inopérants. A quoi sert de dénoncer l'extrême droite comme soutien des partis fascistes et nazis, alors que le fascisme et le nazisme ont disparu de la scène politique. On peut certes dénoncer le front national comme raciste, c'est pas faux. Le Front National axe son développement sur la connivence, sur l'air de "on fait tout pour les autres", avec l'idée que chacun donnera aux "autres"  la connotation qu'il voudra. Les autres, pour beaucoup, ce sera les étrangers ... et pour beaucoup ce sera "les arabes" et toutes les affirmations identitaires de l'autre ... seront autant de raison de s'en protéger. L'enfer, c'est les autres, comme disait l'autre. 
Mais le Front National n'a même pas besoin de s'affirmer ouvertement raciste, ni même ouvertement sécuritaire. Il suffira que n'importe quel parti pose de problème de l'immigration, de la sécurité, pour que le Front National engrange ce qu'il n'a pas besoin de semer. C'est le coucou de la République. 
Là où le Front National est moderne, c'est qu'il se développe non seulement sur le terrain de la connivence, mais aussi sur celui de la frustration. 
Claude Blanluet est venu rappeler la façon dont le Front National a pris la place du parti communiste, comme point de repère identitaire des frustrés de la République. Le Parti communiste s'est effondré parce qu'il était incapable d'ouvrir une perspective politique dans un monde en pleine mutation. Mais ce qui reste dans cette mutation, c'est l'inquiétude. Une inquiétude qui n'a  pas de nom, une inquiétude qui s'auto-nutrit. 
Cette inquiétude c'est aussi un besoin insatiable d'attention, et dans un monde où l'individualisme s'est considérablement développé, l'inquiétude c'est, pour le citoyen, que l'attention se porte sur quelqu'un d'autre que sur lui-même. On comprend, dans ce contexte, que les discours de diabolisation, les imprécations culpabilisantes soient sans effet sur l'électorat. 
Au fond, le vote pour le Front National, est un peu comparable aux émeutes qui ont secoué, essentiellement dans les cités des villes moyennes, la France en 2005 et à Evreux en particulier. Il y avait cet aspect paradoxal qu'elles étaient une demande de plus d'égalité et de plus de République. Or, pour réclamer plus de service public, les émeutiers s'en prenaient aux infrastructures de transport en commun, aux bus, aux pompiers, bref à tous les efforts menés par les autorités publiques en direction du quartier.
Il en va de même pour ce vote du Front National qui ne fait que renforcer une défiance croissante contre les institutions dans le sens le plus large. Ce ne sont pas seulement les politiques et les représentants de l'Etat qui en prennent pour leur grades. Les élus le savent, les policiers, les juges, mais cela va jusqu'aux enseignants et il suffit de rappeler qu'à présent, les résultats de permis de conduire sont envoyés par la poste.
Bien sur, la défiance vis à vis des institutions vient de haut. L'ex-président de la République, membre du Conseil constitutionnel en donne un exemple criant. 

Il faut changer de République

Mais ne nous y trompons pas, et le Front National ne s'y trompe pas, la volonté des Français n'est pas de détruire ni les institutions, ni la République. On n'en est pas là. La volonté des Français est que les institutions s'occupent plus d'eux. 
Avons-nous les moyens de répondre à leur demande ? C'était un peu le point de vue de Sélim-Alexandre Arrad, président des jeunes radicaux de gauche. Il faut expliquer, s'expliquer ... un point de vue qu'Olivier Taconet, remettait sérieusement en question ... lassé qu'il était par l'effort mené depuis 18 ans par la municipalité de Louviers. La pédagogie ne saurait être l'alpha et l'omega de la lutte contre le Front National même s'il n'est jamais inutile d'avoir un argumentaire.
La demande sociale est insatiable. Peut-on améliorer les services publics, lorsque tout pousse à leur rationalisation, à une meilleure gestion, à des mesures drastiques qui ont amené à la vaste réforme territoriale que rejette les radicaux ... Pourquoi la rejettent-ils ? Ce sera l'occasion d'un prochain débat. Au sein du prg et au sein d'un café radical. Parce que voilà, nous y sommes : la structure institutionnelle n'est pas en mesure de répondre aux besoins de la population. 
En fait, on en revient à l'affirmation de Christiane Taubira : les institutions sont d'abord là pour protéger les plus démunis. Et il est vrai que si l'on doit modifier les institutions, c'est non seulement pour leur permettre de se maintenir mais pour leur permettre de mieux assumer leur mission. Jusqu'à présent, la question des institutions est traitée sur la défensive. Comme si on était juste contraint de faire avec des institutions dont l'utilité est incontestable mais qui coûtent trop cher. On est là dans l'erreur majeure du gouvernement sur la réforme territoriale. "Les territoires coûtent trop cher, donc on réforme". Outre le que le fait que l'argument est contestable, on est dans le contraire de la politique. Les institutions doivent être réformées, c'est un fait. On ne vit plus dans le monde où elles ont été créées, dans la République du 19e siècle, où dans l'après guerre. Les territoires, l'organisation de l'Etat, l'éducation nationale, et la justice même doivent être réformées. Mais pas dans le but de faire des économies. C'est nul ! C'est le contraire de la politique, c'est même le contraire de la gestion.
Il faut changer de République ... mais ceci sera l'objet d'un autre débat. Le prochain café radical aura lieu après les vacances. 





vendredi 13 juin 2014

Il faut changer de République !

La République est le désir éternel d'agir. Sa vocation est d'être
toujours en mouvement, elle est absolument moderne.

Vive la 6ème République !

Voilà qu'on se remet à parler de la 6e République au comité directeur du parti radical de gauche !
Certes, rien de nouveau chez les radicaux pour qui le thème de la 6ème République est récurrent depuis que j'y suis, c'est à dire 18 ans.
Simplement, comme je l'avais un peu suggéré dans mon article précédent, le principal enseignement de ce projet de reconstitution des territoires le montre : notre Constitution est à bout de souffle.
Les arguments pour les radicaux sont simples, récurrents : notre Constitution a été créée par et pour le Général de Gaulle, dans la foulée de la guerre d'Algérie, à laquelle elle devait contribuer à mettre fin, dans le cadre de la décolonisation. Elle a parfaitement rempli sa mission, mais le monde a bien changé en un demi-siècle. La France a tellement réussi la décolonisation, qu'elle est dans l'Europe, qui n'existait pas. Elle a décentralisé son État et ses institutions se sont accommodées d'une suite de bricolages institutionnels. Tout en gardant une série d'articles et d'intitulés inutiles, la Constitution a révisé le principe du septennat, qu'elle a transformé en quinquennat. Elle a inscrit la décentralisation dans ses principes. elle a réussi à l'adapter, donc. Mais nous sommes toujours dans un système bâtard où les lien entre président, gouvernement et assemblée nationale doivent être précisés.
L'un des premiers points sur lequel les radicaux insistaient était la suppression du poste de premier ministre. Les radicaux avaient d'ailleurs été rejoints sur ce point par le jeune et bouillonnant socialiste Arnaud Montebourg, les Verts et même un jeune Séguino-gaulliste : François Fillon. Mais si, mais si, rappelez-vous... C'était avant qu'il ne devienne sarkolâtre et que son idole ne le nomme au poste de premier ministre, ce qui a fait qu'il n'en a plus parlé. Mais il est bien possible que cela lui revienne, tellement il en a bavé !
Bref, ceci est anecdotique mais illustre à l'échelle d'un individu les difficultés engendrées par notre régime semi-présidentiel. Sans s'encombrer dans les débats constitutionnalistes, ce que proposait les radicaux était simple et s'orientait vers un régime réellement présidentiel, actant que la décision historique de l'élection du président au suffrage universel empêchait tout retour en arrière.  Il fallait empêchait toute dissolution de la chambre et supprimer le poste de premier ministre. L'idée était aussi que l'élection du président devait avoir lieu en même temps que l'élection de la chambre. C'est presque ce qu'avait retenu Jospin à l'époque, en faisant en sorte que l'élection du parlement ait lieu dans la foulée de l'élection présidentielle, sauf que le presque change pas mal de chose et qu'on le voit l'impuissance politique est manifeste, le président étant très vite sous la pression de sa réélection et dans l'incapacité de donner du temps au temps (pour reprendre l'expression favorite du Président Mitterrand).
Bref, toutes ces questions sont un peu passées sous le tapis depuis la dernière présidentielle. J'avais moi-même annoncé un café radical sur le sujet et j'y avais renoncé. Après tout, pourquoi une nouvelle république puisqu'on peut bricoler l'ancienne qui n'a pas, à ce jour provoqué de catastrophe ?
J'avais bien vu qu'au parti radical même, cette idée de 6e

Evidemment, l'appel à changer de République peut engendrer
tous les poujadismes, à droite comme à gauche. Le poujadisme
répond toutefois à l'impuissance de l'Etat ou tout du moins aux
difficultés de gouvernance. Après tout, Poujade a précédé de
quelques mois l'arrivée de De Gaulle au pouvoir et il n'y aura
pas de remise en cause de l'organisation constitutionnelle sans
que l'ensemble de la société ne se pose la question.

République était, pour le moins, en stand-by. C'en était au point que, quelques temps après que j'ai renoncé à l'organisation de ce débat, c'est Mélenchon lui-même, qui sur le ton démagogique qui lui est cher, appelait le peuple à défiler sous le mot d'ordre de 6e République sans y donner d'autre contenu que de mettre le grand Mélenchon à sa tête. Burlesque.
Bref, et bizarrement, c'est le débat lancé sur la réorganisation territoriale de la France qui nous amène à poser la question.
Pas seulement à cause de la loi, ou plutôt du projet de loi lui-même qui en soi remet en cause des éléments fondamentaux de la constitution, tout en voulant rester dans le cadre législatif. Mais aussi à cause de l'impuissance fondamentale d'un gouvernement aux ordres d'un président coincé dans une posture infiniment compliquée de candidat dès la mi-mandat.
L'une des questions qui se posent à la lecture de cette loi nouvelle sur les Régions et les Départements est en effet : mais pourquoi Hollande nous refait-il du Sarkozy ?
Pas tellement politiquement d'ailleurs ... quoi que ! C'est quand même marrant, parce que des bourdes de Sarkozy, on retiendra surtout celles concernant les collectivités locales, à savoir l'annonce abrupte de la fin de la taxe professionnelle, sur laquelle je ne reviendrais pas, et la volonté de mettre fin aux départements avec la réforme du Conseiller territorial qui devait mettre fin aux conseillers généraux ou départementaux.



Le parti radical de gauche toujours en avance d'une idée,
posera la question de la 6ème République lors de sa
convention nationale d'Octobre. Un moment politique majeur.
La réforme annoncée par Hollande, ou plutôt par Valls et Vallini, s'annonce encore plus incohérente et a fait l'objet d'un débat lors du dernier comité directeur du prg. Elle n'est pas seulement incohérente par l'aspect énigmatique du nouveau découpage des régions, qu'il faut bien souligner même si la Normandie fait exception. Le seul aspect cohérent de la réforme n'est qu'esquissé, dans la mesure ou l'annonce de la dévitalisation des départements, du renforcement des intercommunalités et, on peut l'envisager, de la dévitalisation (puisque le terme odontologique devient à la mode) des petites communes (mais ça, c'est moi qui le dis, parce que si jamais Vallini parlait de ça, il foutrait le feu à la toute puissante Assemblée des maires de France). Et là, on se dit deux choses :

  1. Il s'agit d'une réforme importante, majeure, qui touche à la constitution ... mais pourquoi diable est-elle annoncée par le seul aspect d'un nouveau découpage des régions qui, pour spectaculaire qu'il soit reste énigmatique (exception faite toutefois, de la réunification Normande) ? Pourquoi ne parle-t-on pas dans un débat très ouvert de la Réforme qui touche directement de la relation entre le citoyen et sa représentation ? Pourquoi n'en parle-t-on que sous l'angle des économies à faire, alors qu'on sait que les fusions de Régions n'entraîneront pas d'économies, mais que c'est le reste, ce qu'on n'est pas en mesure de mettre encore en route qui doit en réaliser. Et encore, je viens lors du comité directeur du prg d'apprendre le plus beau ... C'est que seul les collectivités locales, c'est à dire les conseils généraux seront remis en cause. L'État, l'État dispendieux et coûteux, gardera la même organisation par préfecture et sous-préfecture. C'est complètement idiot. J'y reviendrais, parce que nous arrivons là à une sorte de point de non-retour de l'absence de pensée politique. M'enfin, qu'on se dise bien qu'accuser les assemblées politiques d'être dépensières n'a pas de sens. Elles dépensent parce qu'elles agissent, et bien souvent, agissent à la place de l'État. C'était 
    Pour Jean-Michel Baylet, les conservateurs incapables
    de saisir l'évolution de la société ne sont pas les radicaux.
    La réforme remet en cause l'esprit de la décentralisation
    elle signe le retour de l'Etat impuissant et la dévitalisation
    des territoires. Elle pose la question constitutionnelle.
     
    d'ailleurs l'antienne imbécile qui a été martelé aux élus locaux avant et après les municipales, comme quoi la réponse première à la montée du populisme était l'action locale... ce qui est faux d'ailleurs, mais qui se trouve en complète contradiction avec le fait qu'on veut priver le citoyen des relais offerts par la démocratie de proximité... cependant que l'État se permet de conserver son fonctionnement lourd et coûteux. On revient donc sur la plus belle réussite de la gauche au pouvoir : la décentralisation, non pour la moderniser, mais pour l'éteindre, tout simplement, la dévitaliser pour reprendre le thème à la mode.
  2. S'il s'agit d'une réforme majeure, pourquoi lancer un tel sujet en pleine crise, plus de deux ans après avoir été élu, sans même savoir où ça va nous mener ? Pourquoi faire du Sarkozy ? eh bien, sans doute parce qu'on ne peut pas faire autrement. Le président de la République, maître du pouvoir, n'est pas maître du temps. La prise de pouvoir ne se conçoit pas comme une remise en cause des institutions, mais quand elles se remettent en cause toutes seules, on se rend compte qu'il est trop tard et l'on fait n'importe quoi, comme il a été démontré ci-dessus et comme la suite des évènements va malheureusement valider notre approche. Dans la peur d'être accusé de n'avoir rien fait, on fait dans la panique et l'absence de maîtrise. Le résultat ne peut être que catastrophique.
Mais avant, le débat sera
posé à Louviers, lors d'un
café radical, à prévoir en
septembre.
Bref, et c'est là que je vais conclure provisoirement : on a l'impression que c'est ce qui reste de la constitution qui pousse les gouvernements à faire erreur sur erreur. Et si changer de gouvernement ne sert à rien, il faut alors revoir la constitution.
Ce sera là le thème majeur de la convention radicale qui se tiendra du 17 au 19 octobre à Paris. D'ici là, un café radical sera animé sur ce sujet dont je me réjouis qu'il redevienne d'actualité.
Nous n'avons pas fini d'en parler.
  


 

mardi 10 juin 2014

TERRITOIRES : FAUT IL UN REFERENDUM ?

A priori, ça ressemble à n'importe quoi... et a posteriori, ça laisse perplexe. On a beau savoir que les territoires n'existent pas de toute éternité, que la France et son mille-feuille administratif sont appelés à être réformés, on n'y retrouve pas ses petits, d'autant que le territoire, compte pour beaucoup dans la construction de notre identité collective et individuelle.

La carte des diocèses de l'église
catholique de France s'est parfaitement
adaptée aux départements créés par la 
Révolution française.
C'est même drôle au fond de s'imaginer que les départements ont un peu plus de deux siècles, créés ex abrupto par la Révolution Française, se sont imposés et ont été adoptés partout.
Les départements ont pris une nouvelle vigueur en 1982, avec les lois de décentralisation, qui leur ont permis de trouver une certaine autonomie. Rappelons-le, il s'agissait alors d'instituer une relation nouvelle entre le citoyen et ses territoires. 30 après, on en est encore là, et, disons-le, ça n'a pas si mal marché. Tout le monde, à droite comme à gauche, s'est accommodé des textes, à partir du moment où l'action locale y avait un sens et où le pouvoir y était réel.
Ainsi les villes, les départements, les régions sont-ils passés de droite à gauche, puis de gauche à droite, balayant des conservatismes, favorisant les créativités, développant l'écoute des forces vives des territoires.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi changer tout cela, puisque ça convient à tout le monde et que ça ne marche pas si mal.
Pourquoi le Président Hollande, après Nicolas Sarkozy, insistent ils si lourdement à vouloir transformer les Régions, supprimer les départements, et s'y prennent-ils si maladroitement ?

Passé le choc, il convient de réécouter l'intervention d'André Vallini et d'Hervé Le Bras, respectivement ministre et géographe, sur France Inter le 3 juin 2014... Nous avons un début de piste, mais ce n'est pas vraiment satisfaisant.
André Vallini est convaincu dans une première partie, mais a du mal, dans la seconde à répondre aux questions simples d'Hervé Le Bras et de Patrick Cohen... et donne finalement le seul exemple territorial qui vaille : la création de la Normandie réunifiée. Nous n'allons pas nous en plaindre, nous en avons déjà parlé ... et d'ailleurs, la seule crainte que nous puissions avoir, c'est que cette réforme, si mal ficelée, connaisse le même sort que la réforme Sarkozy ... et qu'il en faille recommencer à redécouper les territoires une prochaine fois.
Parce qu'enfin, ça reste étrange. Même si l'insistance de gouvernements de couleur politique opposée à réformer nos territoires est manifeste, on est abasourdi par l'incohérence des projets.
Au fond, le seul argument récurent d'André Vallini, homme éminemment respectable (mais si peu convaincant parce qu'au fond, on sent qu'il n'est pas convaincu), c'est de dire que les Régions coutent trop cher.

Carte des Régions revisitées par le gouvernement Valls, et
présentées par Libération. On a du mal à percevoir la pertinence
économique, sociale ou historique du redécoupage.
 
Pour tout dire, c'est un argument lamentable. On croirait entendre du Sarkozy ! Ce n'est pas qu'il faille renoncer à mieux gérer les régions, bien sur ... mais on ne fonde pas un projet de réorganisation administrative, juste pour faire des économies ... ou alors, alors oui ... mais on dit franchement les choses.
Le cas du redécoupage du territoire, de cette série d'occasions loupées démontre  que notre constitution est peu adaptée à la réforme. On avait voulu un quinquennat pour faire en sorte que le Président ne soit pas un être hybride, flottant au dessus du parlement, le dissolvant à sa guise, et seul maître du temps politique. On se rend compte qu'en fait, on est dans une situation d'affaiblissement du pouvoir. Sarkozy, comme Hollande ne peuvent se faire élire sur une révision générale de l'organisation du territoire. Ils peuvent peut-être perdre une élection là-dessus, mais pas la gagner ! C'est sans doute la raison pour laquelle, chez Hollande, comme chez Sarkozy, la question n'est venue qu'au bout de deux ans de pouvoir, c'est à dire, sous la pression électorale qui arrive très vite dans un quinquennat. Ainsi, la réforme la plus ambitieuse devient-elle la plus bancale et la plus mal bricolée.
On le voit déjà, le bricolage  institutionnel nous mène droit à la catastrophe. Réécoutez ce que Vallini dit sur la Bretagne : on a choisi de ne pas toucher aux Régions existantes... Pourquoi ? Pour avoir des éléments de langage, visiblement. Ce choix ne se justifie pas. Si les régions ne sont pas pertinentes, il fallait les redessiner finement et surtout ne pas brider les choix.
Un autre aspect de la carte. Mais il ne faut pas s'y tromper,
si la réorganisation des régions doit impliquer des changements
majeurs, il s'agit d'un aspect mineur d'une réforme de bien plus
grande envergure. Les départements et les communes seront
remises à terme en question. Sans doute Est-ce une réforme
nécessaire, mais elle concerne tous le français, bien au-delà
d'un attachement identitaire aux divers territoires.
On dit : la démocratie coûte cher. On doit remettre en cause l'équilibre des territoires et leur gestion. On doit remettre en cause la proximité du citoyen et de l'élu. Alors, oui, mais là on remet en cause une question du rapport entre le citoyen et sa représentation locale et nationale, on remet en cause la décentralisation. Alors, on n'est plus dans un simple arrangement technique. On est dans une nécessité politique. Alors, moi qui m'y oppose généralement, là je dis : oui, il faut un débat national. Il faut un référendum.



 
 



dimanche 5 mai 2013

Mélenchon, une journée à oublier ...

Les faits ont la tête encore plus dure que Mélenchon. 
 La manifestation de ce dimanche 5 mai n'avait pas  d'autre but que de permettre à Mélenchon d'éviter de se faire oublier.
Avec 180.000 manifestants, les chiffres sont déjà dérisoires (inférieurs à la manif du 27 janvier défendant le  droit au mariage pour tous) pour un mouvement dont le but était censé non seulement de modifier la politique gouvernementale, mais au delà de poser les bases d'une nouvelle République ... voire de l'arracher sous l'insurrection populaire. Ridicule et dangereux ... en cas de crise, la démocratie, les institutions, c'est quand même ce qui protégé le mieux le peuple et la liberté. 
Que restera-t-il de cette journée ? 
L'appréciation ironique d'Olivier Besancenot, prenant ses distances avec le leader du Front de Gauche, disant qu'il n'en attendait rien, qu'il refusait même l'expression coup de balai, et signalant bien que Mélenchon était au cœur le système qu'il dénonçait ?
Le discours laborieux d'Eva Joly, défendant courageusement l'action gouvernementale devant des manifestants ébaubis qui se demandaient ce qu'elle foutait là ?
En tous cas pas le discours incohérent et insipide de Mélenchon, qui entre son exigence de nouvelle République, sa nostalgie de Chavez, son discours populiste du coup de balai, et sa revendication d'un poste de premier ministre ne sait plus quoi dire pour se rendre intéressant ou ne pas se faire oublier. Pathétique !

Le match des populismes

En fait, le pire dans l'histoire d'une journée à oublier, ce sera encore ce qui restera d'un sondage terrible publié par le journal du dimanche. Il s'agit d'une enquête d'opinion comparative Mélenchon/Le Pen.
Alors, des deux, qui est le plus sectaire ? 
C'est Mélenchon ! (63% contre 60 %) 
Qui comprend les problèmes du peuple ? 
C'est Marine Le Pen (47 % contre 44 %)
Qui a des solutions pour sortir le pays de la crise ? 
C'est Marine Le Pen (37 % contre 27 %)
Et même qui veut vraiment changer les choses ? 
C'est toujours Marine Le Pen  (65 % contre 56 %)..

C'est là un sondage dont aucun démocrate ne peut se réjouir ... mais on sait qui gagnera si la démocratie est en danger. Il en rajoute sur l'isolement de Mélenchon et l'impasse politique du parti de gauche à son service.
On peut cependant parier que rien de tout cela ne peut conduire notre fou furieux à changer de voie.  Plutôt se cogner au mur du fond de l'impasse que de faire demi-tour ! 
Jean-Luc Mélanchon peut se faire plaisir en citant Victor Hugo  "Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue.", certes, mais rien n'est plus faible que de ressasser des idées dépassées d'un monde disparu ... même si on les hurle ! 
Mélenchon est plus proche des catholiques intégristes refusant l'évolution de la société que du peuple qu'il dit défendre.

samedi 27 avril 2013

Une belle soirée à Val de Reuil

Premier café radical à Val de Reuil  !

quatre bloggeurs à la tribune pour un très bon café radical.

Tant pis pour les censeurs, et tant mieux pour la démocratie : le premier café radical a été une réussite  !

Une grosse trentaine de participants et la presse locale s'était même déplacée ! Un sacré honneur quand on sait que depuis cinq années de pratique, jamais la presse n'a jugé utile de se déplacer pour suivre l'événement. Le café radical remercie au passage Marc-Antoine Jamet pour sa censure loupée, qui s'est traduite par une belle publicité !


José Alcala de l'autre côté du miroir. On a l'habitude de
l'entendre commenter les orateurs. Il a fait part de sa riche
expérience de journalistes et de journalismes. Journal, télé,
radio et blog. Il a  naturellement fait part des pratiques et des
rapports entre le pouvoir et la presse... et des coups de
fils de François Fillon alors président du Conseil général
de la Sarthe.
Au delà de ce trait ironique, un grand merci tout d'abord aux participants, Denis Szalkowski et surtout José Alcala, pour une fois à contre-emploi. Remerciements aussi à Loris Guémart, auteur du Petit Journal politique de Vernon. Remerciements bien sur à La Petite Souris,  représentée par Patrice Davidsen , au même titre que Catherine Cascajarès, présente dans la salle,  et à Franck Martin excusé, qui tous trois ont eu à subir les attaques en diffamation de Marc-Antoine Jamet qui se retrouve avoir perdu sur toute la ligne.
Denis Szalkowski  a rappelé l’intérêt du café radical, seul espace politique de ce type en Haute Normandie, ouvert à tous et fermé à tout sectarisme. Voilà de quoi déranger la vision étroite de la politique du maire de Val de Reuil, guettant le danger partout, et suivi en cela par le maire de Vernon, dénoncé par Loris Guémart et dans une moindre mesure par José Alcala.

Denis voit dans internet une force libératoire qui n’a pas fini de faire son œuvre. Cet espace d’immédiateté et de liberté, nommé troisième révolution industrielle, après celle du rail dans la première moitié du 19e siècle, puis de l’électricité de la fin du 19e à la moitié du 20e siècle, vient le temps de la communication internet.
Peut-on parler de 5e pouvoir, après le 4e pouvoir des médias. Les blogs tuent ils la presse papier ? Les blogs sont ils maîtres de l’opinion ?
Pas vraiment ! L’opinion reste insaisissable, et ni les sondages politiques ou médiatiques ne maîtrisent cette « opinion » qui garde une part de magie. On ne peut pas parler des blogs sans évoquer le printemps arabe, les opposants aux dictatures et aux pouvoirs forts, que ce soit en Russie, en Chine, ni la manière dont médiapart s’est imposé dans l’affaire Cahuzac  … et pour autant, le renversement de l’opinion par la presse, c’est à dire par le courage politique de quelques personnalités n’est pas nouvelle. Qu’on se souvienne de l’affaire Dreyfus, de Zola et de Clemenceau !
Remerciements au 19cent73 et à Cédric Guet (ici de dos) qui
ne s'est pas laissé intimider et à permis au café radical
  de se dérouler dans les meilleures conditions malgré M-A
 Jamet. Au 19cent 73, c'est Cédric qui maîtrise les pressions
Tout cela n’est pas nouveau, mais ce qui est nouveau, c’est que ça aille vite, très vite ! Entre le temps de l’affaire Dreyfus et de l’affaire Cahuzac, quelle différence ! On s’offusque que Cahuzac n’ait démissionné qu’au bout de trois mois !
Une salle attentive 
Le temps, la contradiction immédiate, la multiplicité des acteurs  … Car chacun joue son rôle en matière de communication. Qu’un journaliste traîne dans un syndicat de magistrat et filme le « mur des cons » … voilà un scandale imminent ! Qu’un homme politique fasse une déclaration ex abrupto, le voilà aussitôt mis en face de ses contradictions, mettant en avant les incohérences de ses propos avec les chiffres quand se n’est pas avec ses propres écrits quelques mois ou quelques semaines auparavant. Sans compter les discussions destinées à un petit groupe et qui se retrouvent diffusées devant le monde entier.
Ainsi internet change la vie et donc forcément la presse et la politique qui en sont le reflet.
José Alcala a exposé le rôle d’internet dans l’action locale. L’importance des blogs vis-à-vis de l’opinion reste subtile. La presse papier, il est vrai, perd de son influence. A Louviers, les foyers sans « Dépêche » étaient une exception. A présent, le lecteur ne vient guère y chercher l’information rassurante liée à l’état civil et à l’animation de la cité. Celle-ci est notamment livrée par les sites internet municipaux  (dont notamment actu@louviers, cité par José).
Vue élargie de la tribune sur fond d'affiches radicales.
De droite à gauche Louis-Marie Martin, l'animateur de la petite
souris Patrice Davidsen, victime d'une attaque en diffamation
par Marc-Antoine Jamet, Loris Guémart de Vernon, Denis
Szalkowski qui a raconté ses déboires avec Jamet, José Alcala
et votre serviteur, si content de pouvoir enfin tenir son premier
café radical à Val de Reuil .... Une pression contre les pressions.
Mais le discours de José, outre le fait qu’il démontrait que l’effort des potentats locaux, voulant interdire ou limiter l’expression d’internet n’avait pas de sens, que ce soit à Vernon ou à Val de Reuil … Comment penser pouvoir limiter l’influence d’internet alors que les Poutine, Al Asad ou autres dictateurs chinois se cassent les dents. Parce que la force d’internet réside aussi dans ce rapport entre le local et l’universel. Le fait que l’Etat Français n’arrive pas à agir sur la réglementation de twitter est un rappel que l’universalité d’internet a permis la diffusion des messages de liberté éléments déclencheurs ou accélérateurs du printemps arabe.
Doit-on pour autant parler de 6e République, rendue nécessaire par l’arrivée de ces nouveaux moyens de diffusion et de communication ?
Cet autre sujet que l’on sent venir, poussé par les feux de l’actualité, se doit d’être débattu. Ce sera l’objet d’un  prochain café radical.
Dans l’attente, merci à tous les présents et tant pis pour les absents qui ont loupé une belle soirée.














lundi 22 avril 2013

La thèse de Denis Szalkowski ...

Denis Szalokowski lors d'un précédent café radical

Avec internet, on est déjà dans la 6ème République !

La 6ème République est à la mode ! Réinventée par Mélenchon, la 6éme République a été prônée par les radicaux de gauche puis par Montebourg, pointant les incohérences d'une constitution adaptée aux besoins d'un pouvoir fort en quête de soutien constitutionnel pour assurer la décolonisation. 
Le problème c'est qu'un pouvoir fort, ça se maintient toujours ... et que toutes les tentatives de modernisation se sont traduites par des bricolages successifs ... qui ne font que mettre en valeur l'inadaptation de notre Constitution à la réalité politique de notre époque.
Et c'est vrai qu'entre une France grande puissance assurant la décolonisation et une France s'appuyant sur l'Europe pour agir, une France adaptée à la mondialisation et à la multiplication des pôles d'influences, il y a déjà de quoi réfléchir sur une nouvelle constitution ... mais ce sera l'objet d'un futur débat. 
Mais pour Denis Szalkowski, internet, les blogs, les réseaux sociaux obligent à penser la politique autrement. Leur caractère universel, leur efficacité locale, leur implication dans toutes les ramifications de la communication politique et administrative pourrait structurer la constitution à venir et le rapport de la politique au citoyen.


café radical vendredi 25 avril à VAL DE REUIL, à 18h30

brasserie 19cent73, rue Courtine 

Les blogs peuvent-ils encore 

changer la politique ? 

animé par Denis Szalkowski, animateur de voie militante ... 

avec le café radical, entrez dans le débat du futur

à suivre ...

dimanche 7 avril 2013

La France au bord de la crise ...

Jérôme Cahuzac. Son mauvais comportement n'a rien révélé
de nouveau en ce qui concerne les rapports entre le pouvoir,
et ceux qui devraient être ses serviteurs. Démocratie, liberté
de la presse, indépendance de la justice sont les meilleurs
remparts contre les excès. Cela s'appelle la République.
Ce n'est pas elle qui est en crise.



 de nerfs !

Je voulais parler de l'affaire Cahuzac. Moins horrifié  par les délits de notre ancien ministre du budget que par toute une série de commentaires, allant des larmes de Gérard Filoche, aux propos convenus de la droite parlementaire en passant par les appels pathético-démagogiques de Mélenchon, rabatteur de voix pour le Front National.
En fait, j'ai l'impression que c'est "Le mystère français", l'ouvrage d'Hervé Le Bras et d'Emmanuel Todd qui donne les meilleures clefs pour comprendre ce qui se passe dans notre société.


C'est vrai qu'on entend des choses incroyables. "J'ai mal à ma République" ai-je entendu au cours d'un débat interne ! A quoi je réponds que ma République à moi va très bien. Ma République a permis que les méfaits de Cahuzac soient connus, soient dénoncés, et que Cahuzac soit soumis à l'opprobre et contraint à la démission. Les alternatives à la Républiques ne sont pas nombreuses. Elles sont dans un monde dominé par les militaires ou les robots. Le monde dominé par les militaires, la dictature, est le contraire d'une protection contre la corruption. C'est juste un monde qui refuse toute opposition. Or, que serait devenue l'affaire Cahuzac dans ce monde là ? Rien du tout. On n'en aurait même pas entendu parler.
Pour ce qui est du monde dirigé par des robots, il ne s'agit pour l'instant que d'un fantasme. Le pouvoir est une production spécifiquement humaine, présent dans toutes les sphères de la vie sociale. Le pouvoir d'un individu n'a de frein que dans la soif de pouvoir de ses concurrents mais surtout dans le refus de soumission des citoyens. De ce point de vue, la réaction de la société française est plutôt bon signe.
Reste un fantasme plus grave encore qui serait celui d'une société absolument vertueuse. Une société qui sélectionnerait ses dirigeants en fonction uniquement de leur savoir et de leur vertu. Utopie me direz-vous ? Que nenni ? Cette société existe... C'est le Vatican ! Bref, on sait aussi qu'elle n'est pour personne un exemple de moralité ni de bonne gestion ... Passons !
La République c'est la séparation des pouvoirs et l'existence de contre-pouvoirs. En cela l'affaire Cahuzac ne correspond ni à une mise en danger de la République, ni à une crise. Elle démontre toute l'efficacité du système, la liberté de la presse, sa capacité de dénonciation, d'indignation, le niveau d'exigence de la population et la vitalité des contre-pouvoirs.
En cela, même si elle touche le plus haut niveau de l'Etat, l'affaire Cahuzac est infiniment moins grave que l'affaire Guerini, qui révèle une organisation certes localisée, mais révélatrice d'un système gangrené, mettant sous sa coupe presse, contre-pouvoirs, et instituant pour plusieurs générations une dérive mafieuse du pouvoir. Là non plus, nous n'en avons pas encore vu le bout, mais les conséquences risquent d'être beaucoup plus lourdes pour la République.
Il y a un mystère français. Pour le percer,
il faut chercher les clefs à l'intérieur du livre. 
Vous me direz : cela nous emmène loin du mystère français, le livre d'Hervé Le Bras et d'Emmanuel Todd.
Pas tant, je trouve, car il y est question de ce besoin très français d'exister par la catastrophe. L'une des démonstrations du livre tient en ce que dans un ensemble de contradictions, la France, ces trente dernière années, a continué à exister, à s'éduquer lors même que l'on s'acharne à dire que les trente glorieuses ont laissé la place aux trente piteuses ... Les banques s'empiffrent mais la Sécurité sociale tient le coup. 
Le niveau d'éducation n'a cessé de s'élever, la France est toujours en demande d'égalité, de liberté et de République, indépendamment d'une tendance lourde à une droitisation de la société. Hervé Le Bras et Emmanuel Todd démontrent, dans cet ouvrage qu'il faut lire, pourquoi Mélenchon, porte-parole d'un monde perdu, ne peut faire qu'alimenter le moulin du Front National, porteur d'un discours plus moderne, reliant individualisme et frustration.
Reste un point sur lequel je souhaite conclure : la 6e République.
Mélenchon voit la crise, comme Luther voyait
le diable ... Elle lui donne les raisons de sa
propre existence. Las, Luther a réussi à
révolutionner la réligion, quand Mélenchon
ne se bat que pour un monde disparu.
La 6e République est une revendication du parti radical de gauche qui a, c'est vrai, été reprise par Arnaud Montebourg en son temps et que Mélenchon tente de récupérer, tout en finesse, comme à son habitude ...
L'originalité de la revendication radicale, c'était de proposer de construire une Constitution cohérente, en dehors de toute crise. La 5e République a été construite sur mesure pour permettre au Général de Gaulle de mettre fin à la guerre d'Algérie. On est loin du projet d'une République moderne, s'appuyant sur l'Europe pour mettre en oeuvre un développement économique respectueux de l'environnement. Or, la proposition radicale s'appuie sur une proposition de consensus. Elle serait la première constitution qui serait bâtie sur la Raison, et non à la suite d'une crise.
C'est effectivement tout le contraire du projet de Mélenchon, qui reprend le thème de la 6e République en criant à la crise, en l'invoquant à l'image de Luther qui voyait le Diable au fond des latrines ...
Mélenchon oublie simplement que c'est lui qui serait laminé en premier par la crise, laissant le Front National et l'extrême droite tirer les marrons du feu.




mardi 26 mars 2013

Cumul des mandats, des universitaires contre la démagogie

Patrick Weil est le plus connu des quatre universitaires qui
ont signé une tribune refusant la fin du cumul des mandats.
Dans le cadre constitutionnel de la 5e République, la mesure
aurait un effet contraire à celui recherché : le renforcement du
pouvoir des partis,  et la perte de pouvoir des électeurs.

Il faut se méfier des unanimités...

Tout le monde est contre le cumul des mandats, c'est très tendance !
La fin du cumul des mandats est devenu une telle évidence, qu'on ne voit guère que la preuve d'un monde politique accroché à ses privilèges, dans le fait qu'on n'y soit pas encore parvenu.
Jusqu'à présent, à dire la vérité, il n'y avait que les radicaux de gauche et quelques sénateurs pour refuser l'idée que le cumul des mandats soit la clef de l'évolution vers une démocratie moderne. Ça sentait le roussi, même si les arguments étaient bons, on ne voyait là que la posture de quelques notables locaux accrochés à leur privilèges. Un argument de plus pour les opposants au cumul des mandats.
Depuis lundi, une nouvelle donne existe. Quatre universitaires de renom Pierre Avril, Olivier Beaud, Laurent Bouvet et Parick Weil (photo) ont écrit au chef de l'Etat pour mettre en perspective les conséquences réelles de la fin du cumul des mandats et son danger pour la démocratie représentative.
Cette prise de position a contre-courant est salutaire. D'abord elle lance le débat au moment où l'on faisait croire qu'il n'y en avait pas., et surtout elle replace les conséquences de la mesure dans le cadre de la constitution et de sa représentions démocratique. Pour la lecture intégrale de la lettre, qui est assez courte, facile à comprendre et explicite, tapez . Pour ma part, je me permettrais de compléter cette argumentation par les réflexions suivantes.

Qu'est ce qui justifie, au fond, la fin du cumul des mandats ?


  1. Le fait qu'on s'attaque au système politique.
    C'est très bien, très à la mode, on a vu avec la montée du Front National lors d'une élection partielle, qui a failli faire perdre le représentant de l'Ump, ex-cumulard, sorti de nombreux déboires avec la justice mais ... qui n'était plus cumulard ... on en peut pas avoir tous les défauts. Bref ! Jean François Mancel a bien été victime d'un rejet du monde politique, un rejet bien compréhensible dans une situation de crise, mais on sait à quel point les comportements électoraux et politiques en situation de crise correspondent davantage à des appels au secours qu'à un programme politique. Nous y reviendrons.
  2. Le rejet d'un comportement de casteC'est vrai que les élus locaux sont fiers d'être élus. C'est vrai que la victoire électorale donne une satisfaction légitime à l'élu. C'est vrai que le principe de l'élection a tendance à favoriser la reproduction d'un corps d'élus représentatifs de la moyenne nationale, et en cela moyen, la caricature en ayant émergé de l'après guerre jusqu'aux années 90 avec une prééminence à l'assemblée nationale de petits blancs ventripotents de sexe masculin. 
    Le parlementaire ventripotent, déjà caricaturé par
    Daumier, n'est certes plus à l'image de la société
    française.

    Cet aspect-là, il est vrai à tendance à être plus appuyé encore chez l'élu local, lorsque celui-ci ne vend à l'extérieur que les intérêts de son terroir, ce qui a pour double avantage d'aider à sa réélection, et d'éviter un affrontement direct avec des adversaires qui auraient au fond le même intérêt : se faire réélire au prix d'un minimum de risque. On est bien plus proche alors des petits arrangements entre amis que de la prise de risque indispensable à la défense de ses valeurs et de la défense de la population.
Mais que signifiera à très brève échéance la fin du cumul des mandats ?
  1. Une multiplication du nombre des élus
    Or, mis à part pour les élus eux-mêmes, il n'est pas certain que ce soit une bonne chose. La confrontation est certes nécessaire en démocratie, pas de démocratie sans débat ! Mais la qualité d'un débat ne se juge pas au nombre de ses participants ... surtout si nombre de ceux qui y participent n'ont rien à dire. L'important est la manière dont le débat est organisé. Si l'on doit son mandat à l'homme fort de qui l'on aura ciré les chaussures, a-t-on mieux acquis le droit de parler au nom du peuple ? Ce serait dommage ! La politique est un rapport de force. C'est un poncif, mais ce n'est pas un gros mot. L'élu local est porteur d'un rapport de force, un rapport de force entre groupes sociaux, toujours porteur d'une histoire. Un rapport de force maîtrisé par l'élu et qui lui donne son poids politique, confronté en permanence au jugement de sa population. Il ne doit pas ce mandat à son parti, et cela lui donne même le droit de s'opposer à la ligne de son parti. il est en cela infiniment plus respectable et respecté qu'un élu placé sur une liste par la grâce de son parti ou, pour reprendre l'expression d'un dirigeant politique Eurois "parce qu'il aura le mieux réussi à placer un couteau dans le dos de son copain politique" (allusion aux combats internes aux partis lors des scrutins de listes.
  2. Un renforcement du rôle des partis La nature et le pouvoir ont horreur du vide. La place que n'occupera pas le pouvoir local sera occupée par d'autres et très vite. Les électeurs voteront de moins en moins pour une personnalité et de plus en plus pour une étiquette, c'est à dire pour des gens sans pouvoir qui devront chercher leur légitimité auprès d'une structure nationale qui sera de moins en moins en mesure d'écouter ce qui remontera de la population, étant par ailleurs représentés par des courtisans. Ainsi, l'électeur qui aura demandé la fin du cumul des mandats par ce qu'il se sera senti éloigné de son représentant sera-t-il représenté par un élu auprès de qui il n'aura aucun poids.
Il faut changer la constitution
Le parti radical de gauche se bat depuis une dizaine d'années pour la 6e République et la modernisation de notre constitution ! Les universitaires qui écrivent au président de la République montre à quel point nous sommes sur une situation bancale, avec une constitution donnant tout pouvoir au Président de la République et un parlement à sa botte, élu dans la foulée de l'élection présidentielle, le tout étant épaulé par un premier ministre dont le rôle ne cesse de décroître. Une absence d'élus locaux ne ferait qu'accroître cette dérive.
Au parlement, les élus locaux sont indispensables. Ils sont le mieux à même de résister aux logiques des partis. Leur présence est indispensable pour assurer un équilibre des pouvoirs.
Le cumul des mandats est loin d'être la panacée en terme de modernisation démocratique. Il faut aussi rappeler que les mandats sont déjà limités. Il fut un temps où le pouvoir de Lecanuet lui avait permis d'être à la tête du conseil régional, du conseil général de Seine-Maritime, de la ville de Rouen et de disposer de mandats parlementaires. Cette dérive serait aujourd'hui impossible. Mais est-il normal d'écarter un tenant de pouvoir locaux des débats nationaux ? Le poids des partis est tout aussi nécessaire que le poids de la représentation locale. En cédant à la tentation facile qui consiste à faire croire que tous les maux de la société viennent d'un abus de pouvoir des élus locaux, on fait fausse route.
La démocratie impose l'exigence vis à vis des élus, ceux-ci doivent être critiqués autant qu'ils peuvent être admirés, parce que leur fonction est ingrate et belle ... mais ils nous sont indispensables. Ni les militaires, ni les robots ne constituent une alternative satisfaisante. 
La république a besoin d'élus, de personnalités variées et représentatives.