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mardi 24 janvier 2017

Pourquoi je vote Manuel Valls


Le premier tour des primaires de la gauche pose plus de questions qu’il n’en résout.
La faible participation est le premier signe du malaise qui étreint la gauche, élément renforcé par la difficulté des organisateurs à donner les résultats définitifs de cette participation. Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.
A Louviers, la faiblesse de participation, finalement équivalente à celle constatée sur
le plan national n’empêche pas de constater l’influence des radicaux de gauche, dont la candidate, Sylvia Pinel réussit un score bien supérieur à son niveau national.
Le deuxième élément est l’élimination au premier tour d’Arnaud Montebourg, et de son projet irréaliste de développement social d’une France coupée du monde.  
Le troisième élément à prendre en compte, malgré le score honorable de Sylvia Pinel  à Louviers, est la difficulté pour les petits candidats à sortir des logiques de deuxième tour. Le problème a bien souvent consisté à choisir le candidat participera aux présidentielles. Ainsi donc, l’influence radicale se trouve-t-elle sous-évaluée.
Reste que nous nous retrouvons au deuxième tour entre Benoît Hamon qui a su charmer une bonne part de l’électorat, en faisant oublier son inaction politique, voire son travail de sabotage du quinquennat de François Hollande, lors même qu’il l’avait porté au pouvoir.
Manuel Valls n’est pas sur cette ligne. Il a, malgré ses défauts, ses coups de menton inappropriés, ses formules mal formulées, le mérite de la cohérence. Il a pour intérêt majeur de ne pas ouvrir à la gauche la seule perspective de se retrouver dans l’opposition pendant un quart de siècle. 25 ans, c’est deux générations, et nous n’avons pas le droit d’offrir le destin de notre pays aux pires des conservateurs, voire à la réaction la plus dangereuse.

Dimanche, je voterai sans hésitation pour Manuel Valls. 

Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche

dimanche 10 août 2014

Faut-il supprimer le 1er ministre ?...

ou, pour parler plus précisément : le poste de premier ministre

Atelier du samedi 18 octobre à 14h00



Rien à voir avec une question de personne... Mais c'est vrai que, si on a
du mal à comprendre le statut de 1er ministre sous la 5e République, c'est
peut-être que cet incohérence à laquelle on a fini par s'habituer devrait être
supprimée ... 
Alors que la IVème République a été marquée par l’instabilité parlementaire qui fut d’ailleurs à l’origine de son impopularité, les institutions de la Vème République consacrent le rôle central du Président de la République, chef de l’Etat, des armées mais bien souvent également chef de la majorité parlementaire. La fin de septennat et la concomitance des élections présidentielles et législatives ont encore renforcé ce phénomène. En effet l’élection présidentielle se déroulant un mois avant les élections législatives il est peu probable que les français se déjugent dans un laps de temps aussi court d’autant que la victoire à l’élection présidentielle garantit une dynamique propice à la victoire du camp du président élu aux élections législatives qui suivent.

Nous l’avons vu avec les différents Premiers ministres qui se sont succédé et hormis les cas  particuliers des cohabitations, la fonction de Premier ministre peut s’apparenter à un cadeau empoisonné. Serait-il un simple « collaborateur » du Président de la République comme avait été désigné François Fillon par Nicolas Sarkozy alors au pouvoir ? A-t-il les moyens d’être plus que cela ?
C'est un point sur lequel curieusement François Fillon était
d'accord avec le prg avant 2007 : supprimer le premier
ministre. Dans le cadre des relations sado-maso
  qu'il a connu avec Nicolas Sarkozy, celui-ci  n'a sans
doute pas manqué de lui rappeler. L'ex premier ministre a-
  t-il toujours le même point de vue maintenant qu'il affiche
son ambition de devenir Président de la République ?
  

Faut-il supprimer le Premier ministre ?

On peut d’abord se demander si le problème vient de la fonction de Premier ministre elle-même ou du rôle du Parlement. En effet la question de l’utilité du Premier ministre renvoie immédiatement à la place du Parlement qui serait pour certain devenu une simple « chambre d’enregistrement ». La question de la séparation des pouvoirs se pose ici et l’on voit bien actuellement toute la difficulté pour les parlementaires de la majorité d’exercer sinon un contre-pouvoir en tout cas leur indépendance vis-à-vis de l’exécutif.

Pour rappel, l’article 21 de la Constitution stipule que « Le Premier ministre dirige l'action du
Gouvernement. Il est responsable de la défense avec nationale. Il assure l'exécution des lois. »

Le rôle du Premier ministre est donc très important et clairement inscrit dans la Constitution de la Vème République. Le problème ne semble donc pas être les textes mais leur application. En effet la légitimité énorme qu’offre au Président de la République son élection au suffrage universel direct ne serait-elle pas une des causes de l’effacement du second personnage de l’Etat ? Plus encore, le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale, et donc de renvoyer le Premier ministre et son gouvernement, ne contribue-t-il pas à le placer dans une situation de précarité, empêchant l’affirmation de son autorité et la bonne conduite de ses missions ?


En somme, faut-il supprimer un Premier Ministre victime d’une position impossible, intrinsèque à l’organisation du pouvoir de la Vème République ou faut-il réhabiliter cette fonction fondamentale, garante du respect du pouvoir législatif ? Notre République changerait alors radicalement de nature. 

vendredi 13 juin 2014

Il faut changer de République !

La République est le désir éternel d'agir. Sa vocation est d'être
toujours en mouvement, elle est absolument moderne.

Vive la 6ème République !

Voilà qu'on se remet à parler de la 6e République au comité directeur du parti radical de gauche !
Certes, rien de nouveau chez les radicaux pour qui le thème de la 6ème République est récurrent depuis que j'y suis, c'est à dire 18 ans.
Simplement, comme je l'avais un peu suggéré dans mon article précédent, le principal enseignement de ce projet de reconstitution des territoires le montre : notre Constitution est à bout de souffle.
Les arguments pour les radicaux sont simples, récurrents : notre Constitution a été créée par et pour le Général de Gaulle, dans la foulée de la guerre d'Algérie, à laquelle elle devait contribuer à mettre fin, dans le cadre de la décolonisation. Elle a parfaitement rempli sa mission, mais le monde a bien changé en un demi-siècle. La France a tellement réussi la décolonisation, qu'elle est dans l'Europe, qui n'existait pas. Elle a décentralisé son État et ses institutions se sont accommodées d'une suite de bricolages institutionnels. Tout en gardant une série d'articles et d'intitulés inutiles, la Constitution a révisé le principe du septennat, qu'elle a transformé en quinquennat. Elle a inscrit la décentralisation dans ses principes. elle a réussi à l'adapter, donc. Mais nous sommes toujours dans un système bâtard où les lien entre président, gouvernement et assemblée nationale doivent être précisés.
L'un des premiers points sur lequel les radicaux insistaient était la suppression du poste de premier ministre. Les radicaux avaient d'ailleurs été rejoints sur ce point par le jeune et bouillonnant socialiste Arnaud Montebourg, les Verts et même un jeune Séguino-gaulliste : François Fillon. Mais si, mais si, rappelez-vous... C'était avant qu'il ne devienne sarkolâtre et que son idole ne le nomme au poste de premier ministre, ce qui a fait qu'il n'en a plus parlé. Mais il est bien possible que cela lui revienne, tellement il en a bavé !
Bref, ceci est anecdotique mais illustre à l'échelle d'un individu les difficultés engendrées par notre régime semi-présidentiel. Sans s'encombrer dans les débats constitutionnalistes, ce que proposait les radicaux était simple et s'orientait vers un régime réellement présidentiel, actant que la décision historique de l'élection du président au suffrage universel empêchait tout retour en arrière.  Il fallait empêchait toute dissolution de la chambre et supprimer le poste de premier ministre. L'idée était aussi que l'élection du président devait avoir lieu en même temps que l'élection de la chambre. C'est presque ce qu'avait retenu Jospin à l'époque, en faisant en sorte que l'élection du parlement ait lieu dans la foulée de l'élection présidentielle, sauf que le presque change pas mal de chose et qu'on le voit l'impuissance politique est manifeste, le président étant très vite sous la pression de sa réélection et dans l'incapacité de donner du temps au temps (pour reprendre l'expression favorite du Président Mitterrand).
Bref, toutes ces questions sont un peu passées sous le tapis depuis la dernière présidentielle. J'avais moi-même annoncé un café radical sur le sujet et j'y avais renoncé. Après tout, pourquoi une nouvelle république puisqu'on peut bricoler l'ancienne qui n'a pas, à ce jour provoqué de catastrophe ?
J'avais bien vu qu'au parti radical même, cette idée de 6e

Evidemment, l'appel à changer de République peut engendrer
tous les poujadismes, à droite comme à gauche. Le poujadisme
répond toutefois à l'impuissance de l'Etat ou tout du moins aux
difficultés de gouvernance. Après tout, Poujade a précédé de
quelques mois l'arrivée de De Gaulle au pouvoir et il n'y aura
pas de remise en cause de l'organisation constitutionnelle sans
que l'ensemble de la société ne se pose la question.

République était, pour le moins, en stand-by. C'en était au point que, quelques temps après que j'ai renoncé à l'organisation de ce débat, c'est Mélenchon lui-même, qui sur le ton démagogique qui lui est cher, appelait le peuple à défiler sous le mot d'ordre de 6e République sans y donner d'autre contenu que de mettre le grand Mélenchon à sa tête. Burlesque.
Bref, et bizarrement, c'est le débat lancé sur la réorganisation territoriale de la France qui nous amène à poser la question.
Pas seulement à cause de la loi, ou plutôt du projet de loi lui-même qui en soi remet en cause des éléments fondamentaux de la constitution, tout en voulant rester dans le cadre législatif. Mais aussi à cause de l'impuissance fondamentale d'un gouvernement aux ordres d'un président coincé dans une posture infiniment compliquée de candidat dès la mi-mandat.
L'une des questions qui se posent à la lecture de cette loi nouvelle sur les Régions et les Départements est en effet : mais pourquoi Hollande nous refait-il du Sarkozy ?
Pas tellement politiquement d'ailleurs ... quoi que ! C'est quand même marrant, parce que des bourdes de Sarkozy, on retiendra surtout celles concernant les collectivités locales, à savoir l'annonce abrupte de la fin de la taxe professionnelle, sur laquelle je ne reviendrais pas, et la volonté de mettre fin aux départements avec la réforme du Conseiller territorial qui devait mettre fin aux conseillers généraux ou départementaux.



Le parti radical de gauche toujours en avance d'une idée,
posera la question de la 6ème République lors de sa
convention nationale d'Octobre. Un moment politique majeur.
La réforme annoncée par Hollande, ou plutôt par Valls et Vallini, s'annonce encore plus incohérente et a fait l'objet d'un débat lors du dernier comité directeur du prg. Elle n'est pas seulement incohérente par l'aspect énigmatique du nouveau découpage des régions, qu'il faut bien souligner même si la Normandie fait exception. Le seul aspect cohérent de la réforme n'est qu'esquissé, dans la mesure ou l'annonce de la dévitalisation des départements, du renforcement des intercommunalités et, on peut l'envisager, de la dévitalisation (puisque le terme odontologique devient à la mode) des petites communes (mais ça, c'est moi qui le dis, parce que si jamais Vallini parlait de ça, il foutrait le feu à la toute puissante Assemblée des maires de France). Et là, on se dit deux choses :

  1. Il s'agit d'une réforme importante, majeure, qui touche à la constitution ... mais pourquoi diable est-elle annoncée par le seul aspect d'un nouveau découpage des régions qui, pour spectaculaire qu'il soit reste énigmatique (exception faite toutefois, de la réunification Normande) ? Pourquoi ne parle-t-on pas dans un débat très ouvert de la Réforme qui touche directement de la relation entre le citoyen et sa représentation ? Pourquoi n'en parle-t-on que sous l'angle des économies à faire, alors qu'on sait que les fusions de Régions n'entraîneront pas d'économies, mais que c'est le reste, ce qu'on n'est pas en mesure de mettre encore en route qui doit en réaliser. Et encore, je viens lors du comité directeur du prg d'apprendre le plus beau ... C'est que seul les collectivités locales, c'est à dire les conseils généraux seront remis en cause. L'État, l'État dispendieux et coûteux, gardera la même organisation par préfecture et sous-préfecture. C'est complètement idiot. J'y reviendrais, parce que nous arrivons là à une sorte de point de non-retour de l'absence de pensée politique. M'enfin, qu'on se dise bien qu'accuser les assemblées politiques d'être dépensières n'a pas de sens. Elles dépensent parce qu'elles agissent, et bien souvent, agissent à la place de l'État. C'était 
    Pour Jean-Michel Baylet, les conservateurs incapables
    de saisir l'évolution de la société ne sont pas les radicaux.
    La réforme remet en cause l'esprit de la décentralisation
    elle signe le retour de l'Etat impuissant et la dévitalisation
    des territoires. Elle pose la question constitutionnelle.
     
    d'ailleurs l'antienne imbécile qui a été martelé aux élus locaux avant et après les municipales, comme quoi la réponse première à la montée du populisme était l'action locale... ce qui est faux d'ailleurs, mais qui se trouve en complète contradiction avec le fait qu'on veut priver le citoyen des relais offerts par la démocratie de proximité... cependant que l'État se permet de conserver son fonctionnement lourd et coûteux. On revient donc sur la plus belle réussite de la gauche au pouvoir : la décentralisation, non pour la moderniser, mais pour l'éteindre, tout simplement, la dévitaliser pour reprendre le thème à la mode.
  2. S'il s'agit d'une réforme majeure, pourquoi lancer un tel sujet en pleine crise, plus de deux ans après avoir été élu, sans même savoir où ça va nous mener ? Pourquoi faire du Sarkozy ? eh bien, sans doute parce qu'on ne peut pas faire autrement. Le président de la République, maître du pouvoir, n'est pas maître du temps. La prise de pouvoir ne se conçoit pas comme une remise en cause des institutions, mais quand elles se remettent en cause toutes seules, on se rend compte qu'il est trop tard et l'on fait n'importe quoi, comme il a été démontré ci-dessus et comme la suite des évènements va malheureusement valider notre approche. Dans la peur d'être accusé de n'avoir rien fait, on fait dans la panique et l'absence de maîtrise. Le résultat ne peut être que catastrophique.
Mais avant, le débat sera
posé à Louviers, lors d'un
café radical, à prévoir en
septembre.
Bref, et c'est là que je vais conclure provisoirement : on a l'impression que c'est ce qui reste de la constitution qui pousse les gouvernements à faire erreur sur erreur. Et si changer de gouvernement ne sert à rien, il faut alors revoir la constitution.
Ce sera là le thème majeur de la convention radicale qui se tiendra du 17 au 19 octobre à Paris. D'ici là, un café radical sera animé sur ce sujet dont je me réjouis qu'il redevienne d'actualité.
Nous n'avons pas fini d'en parler.
  


 

vendredi 21 septembre 2012

le droit de vote pour tous, c'est maintenant !



Bien sur, il faut accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales !


Assemblée départementale du prg à Louviers . Julie Hollard,
secrétaire nationale du prg chargée de l'immigration,
Olivier Taconet  président du prg 27 et Franck Martin maire de Louviers.
 La gauche a le devoir de mettre en oeuvre la vieille revendication
. 
Rien ne justifierait de renoncer à cette vieille revendication de gauche, ni les appels à la peur lancés par une partie de la droite où le combat pour le leadership favorise toutes les incohérences, ni les prises de position du ministre de l'Intérieur.


Pour mémoire rappelons que la gauche a dit qu'il lui était impossible d'accorder ce droit du fait qu'elle n'était pas majoritaire au Sénat ... ce n'est aujourd'hui plus le cas !


Devant 50 personnes, lors d'un café radical sur le sujet avec
Romuald Dzomo et Franck Martin, Said Bouziri vice-président du
Mrap avait rappelé l'importance du vote des étrangers aux élections
locales. Said Bouziri, réfugié politique tunisien, marié à une Française,
est décédé peu après, sans avoir pu vivre la "Révolution de jasmin"
.le café radical lui avait rendu hommage
En ce qui concerne les incohérences de la droite, pas besoin d'aller bien loin. C'est Sarkozy lui-même qui défendait le droit de vote des étrangers non-européens à la condition qu'ils soient présents en France depuis plus de 5 ans et naturellement en situation régulière.... soit précisément la proposition de la gauche depuis une quarantaine d'années.
Bon, c'est vrai, c'est avant le discours de Grenoble, prononcé non par un candidat en quête d'ouverture mais par un président en perte d'influence. De là date la politique de la grande peur pour les petits français... Or, depuis la nuit des temps, pour faire peur à une population, on n'a rien trouvé de mieux que les minorités et les étrangers !... Déjà Néron, avec les chrétiens... enfin, passons !
On espérait au moins, après sa défaite aux présidentielles, sortir de cette vision honteuse pour notre pays. 


Manuel Valls à Louviers en 2012, soutenant la candidature de
François Hollande. Il est depuis devenu ministre de l'Intérieur et
recule devant le projet d'accorder le droit de vote des étrangers aux
élections locales. Reculer sur ce point serait une catastrophe pour la
gauche. 
A droite, il n'y a guère qu'Alain Madelin à intervenir clairement sur le sujet en rappelant que la moindre des choses pour un contribuable, étranger ou pas, est de pourvoir s'exprimer sur la manière dont sont gérées leur commune, leur département ou leur région. 
Il faut malheureusement rappeler, qu'il s'agit pour les étrangers d'avoir le droit de vote et d'être élu dans un conseil municipal sans avoir de pouvoir exécutif ou de police c'est à dire sans pouvoir être adjoint au  maire ou vice-président. Je dis malheureusement, parce que sur ce sujet la droite semble prête à véhiculer tous les mensonges et toutes les démagogies. .
Le candidat François Hollande a fixé le calendrier d'une telle proposition : Loi en 2013, pour un vote en 2014.


Un extrémisme en appelle un autre... mais les intérêts des islamistes
rejoignent ceux de la droite la plus bête et de l'extrême droite. En
isolant les étrangers du reste de la société française, ils favorisent les
affrontements en espérant pour en être les bénéficiaires.
Ce calendrier s'explique pour deux raisons. La première, c'est qu'il faut faire vite, la seconde est que la gauche n'est pas sure de conserver le Sénat.
Maintenant, il y a le contexte. Le premier où l'on voit un ministre de l'intérieur sous pression, disant que ce vote n'est pas une priorité pour les français, la seconde dans une période un peu tendue autour de l'islamisme, la tendance au repli sur soi se fait ressentir dans la société française.
 
Seulement ces deux raisons sont de mauvaises raisons. Il n'est nul besoin que la loi soit une attente de la société française pour qu'elle soit juste et utile. Tel fut le cas de la loi sur la peine de mort, annoncée courageusement par Mitterrand et défendue par Badinter. Aucune demande profonde de la société française... mais c'était un besoin de justice et une promesse électorale.
Pour la seconde raison, c'est bien pire encore. Imaginons que l'on renonce au droit de vote des étrangers à cause de la minorité islamiste dont le but est de refuser l'intégration des ressortissants étrangers et musulmans. Ce serait tout simplement donner raison aux intégristes !
En fait, il n'y a aucune raison de remettre à plus tard le droit de vote des étrangers aux élections locales.
Le droit de vote pour tous, c'est maintenant qu'il faut l'instaurer !
 
En avant !
 

 



dimanche 15 avril 2012

Pas fraîche ma campagne ?

La campagne est ennuyeuse ...Ah bon, vous trouvez  ? Mais vous attendez quoi d'une campagne, au fait ? Vous attendez quoi d'une campagne, en fait ? Pour tout dire, mon caractère de coureur de fond m'interdit de m'ennuyer dans une  campagne. La démocratie est toujours une  fête, et je suis toujours heureux lorsqu'on vote ! Par dérision, je disais à une  époque, que si j'étais président de la république, j'instaurerais  une  élection tous les dimanches. Façon  poule au pot d'Henri IV !  Quel beau rituel que celui de la République en action, celui  qui agite et qui rythme nos cités certains dimanches. Bien sur, il y a le foot tous les dimanches, et tous les  matchs ne se valent pas, les spectateurs le savent. Mais la démocratie est aussi une fête parce qu'elle dresse le  portrait  croisés  de nos volontés, de nos attentes, de nos  illusions et de nos déceptions. Lors du passage de Manuel Valls à Louviers, c'est à peu près la seule question que j'ai eu l'occasion de lui poser : Alors, ennuyeuse cette campagne ? Qu'est ce que tu en penses ? 
La réponse a été assez cinglante ! En football, pour reprendre la métaphore, le but des entraîneurs n'est pas que le match soit beau, il est que leur équipe gagne ! Le directeur de campagne de François Hollande s'était peut être senti visé, mais il m'a rappelé que depuis qu'il faisait de la politique, il avait toujours entendu la même chose ... et de me rappeler la campagne de 1981.
Le rapprochement est  intéressant. C'est vrai que vu de loin, 1981 était le remake de 1974, avec les mêmes protagonistes, et pour ceux qui attendaient le renversement de la société ... l'annonce que c'était déjà foutu. 
On peut dire ce qu'on veut, mais le vrai protagoniste de toute campagne électorale, c'est l'Histoire, et pas  les directeurs de communication ou les amuseurs de tel ou tel camp. 1981 portait en lui la fin des illusions d'une union de la gauche porteur d'un socialisme avenir de l'humanité ! Il était effectivement le rejet d'une politique giscardienne incapable de répondre  à la réponse diffuse d'un peuple toujours en attente, même s'il ne savait pas ce qu'il attendait.  Mais il fallait montrer que la société était capable de bouger et de remettre en cause le socle de l'organisation politique issue de la guerre d'Algérie. La gauche était seule capable  de réaliser cette attente, même si celle-ci était mal exprimée.
En quelque sorte, 1988, en a été la confirmation. L'aspect innovant de la campagne était qu'il s'agissait de la première réalisée dans le cadre d'une cohabitation. Président de droite, premier ministre de gauche issu de la cohabitation. Mais en fait, il n'y avait pas vraiment de nouveauté là non plus et le seul fait marquant a été le coup de Jarnac  d''Ouvéa, réalisé par le Dr Pons et Charles Pasqua ! Un film retrace l'événement, L'ordre et la morale, réalisé par Mathieu Kassovitz, il faudrait que j'aille le voir.
L'affiche du film paru en 2011
Après, il y  eu la campagne de 95, avec la  trahison Balladurienne, et le retour inespéré du candidat Chirac, c'est vrai que c'était marrant, et très typique des querelles de légitimité de la droite, qui s'est ridiculisée en permettant à la gauche de reprendre du poil  de la bête, mais je ne sais  pas si tout cela a été profitable à la démocratie. 
2002 a été le cauchemar des démocrates. Pas seulement par le résultat. Je me souviens d'un moment difficile de ma propre existence, à la mi-avril, ou sur une route longue que j'avais à faire en voiture, je me suis tapé les discours des 12 candidats à la présidence  de  la République.  Je me suis demandé dans quel pays je vivais. Une surenchère terrible, à la suite d'un fait divers monté de toute pièce par tf1, les candidats s'étaient lancé dans une course sécuritaire entre Chirac, Le Pen, Mégret, Chevènement et Bayrou que j'ai entendu à la suite. Pas de doute tout cela amenait tout droit au résultat du 21 avril... Inattendue cette campagne, c'est sur et par sa forme et ses résultats, mais pas fraîche, ça non !
Alors, bien sur, il y a eu 2007 !
Deux candidats de rupture ! Rupture avec les appareils, car Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy avaient tous deux réussi à s'imposer face aux vieilles barbes, rupture dans leurs vies personnelles puisqu'ils auront été les premiers cocus révélés à se présenter au destin suprême, ce qui était la marque incontestable de leur modernité, au delà de la génération dont ils étaient porteur (la mienne, ndlr, ils sont nés la même année que moi) qui étaient celle amenée à la politique par mai 68. Des trouvailles, de la bravitude au travailler plus pour gagner plus, et le lâchage en règle de Ségolène par l'appareil qui ne lui avait toujours pas pardonné. On peut rajouter la montée  de François Bayrou comme marqueur supplémentaire de la présence d'une nouvelle génération.
Et voilà, nous y sommes. 2012 sera probablement à 2007 ce que 1981 a été pour 1974. Une revanche, la fin des illusions ... Forcément, la fin des illusions, c'est moins amusant que l'enthousiasme onirique ... Ça laisse de la  place à Mélenchon, un peu ! Mais le fait essentiel est surtout que la campagne a été longue, et qu'à force on s'y répète. Oui, ils ont tous le même âge, le mien, sauf qu'ils ont pris cinq ans de plus ... et je serais le dernier à pouvoir leur reprocher !
Pour ce qui est du discours usant, je ne parle pas tant de Hollande, après tout en campagne que depuis les primaires, mais je parle évidemment du candidat Sarkozy qui, malgré tous ses efforts pour se contredire, reste quand même l'épuisant bateleur de foire, au discours de plus en plus inaudible et dont le talent s'use inéluctable, n'ayant jamais cessé d'être en campagne depuis son élection ...  La victoire de Hollande sera d'abord la défaite du sarkozysme ! En soi, c'est un sujet de satisfaction largement suffisant !


jeudi 29 mars 2012

Plus de 300 à Louviers pour François Hollande

Dans moins d'un mois, nous y sommes ! On se souviendra que c'est à Louviers que tout a commencé dans l'Eure.
De nombreux élus sont venus  à Louviers soutenir la candidature de François Hollande
Manuel Valls, aura été la vedette d'une belle soirée de soutien à la candidature de François Hollande, invité dans la ville radicale de Franck Martin.

Le discours de Franck Martin
Au menu : de beaux discours, une assemblée mobilisée derrière un fort désir de changement, et appuyant la candidature de François Hollande et de ses propositions... puisque François Hollande reste le seul à faire des propositions, qui servent de référence à tous ses adversaires ... y compris l'actuel Président.
Pour ma part, j'aime à rappeler à quel point de programme de François Hollande est profondément radical, et qu'il doit entraîner avec lui tous les radicaux.


Un public mobilisé
Franck Martin, dans son discours, a rappelé à quel point Nicolas Sarkozy avait tout au long de sa présence au pouvoir détruit la société française, appuyé sur ses clivages et fait un tort considérable à notre République.
Un discours ferme et cohérent de Manuel Valls, tout dans le style de la campagne démarrée depuis si longtemps et qui doit s'achever dans un peu moins d'un mois.
Un mois nous reste pour mobiliser amis, voisins au service du changement !
les radicaux y prendront toute leur part. 


Pour finir un remerciement particulier à l'orchestre Shade of Blue qui a assuré en musique l'accueil du public dans les caves du Moulin.

Une douce musique s'élève ...
...et des êtres se rencontrent
















Pour une autre approche de la soirée, le commentaire de José Alcala ...  http://www.cameradiagonale.com/blog/2012/03/manuel-valls.html