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dimanche 8 décembre 2019

Priollaud Explication de texte

Un maire sous influence 


Le petit monde Lovérien en est tout retourné. "C'est une blague ! Il n'a quand même pas dit ça pour lancer sa campagne ?"
Un texte qui vaut son pesant de moutarde !
Le texte, quoi qu'il arrive, restera comme un monument
 de la campagne. La capture d'écran a été réalisée par
Philippe Brun qui l'a publié sur twitter.
  A noter  que l'audacieux maire sortant évite de donner 
un chiffre de participants. La déception est sans doute  
 la cause première de l'amertume  du candidat .  
Hélas, hélas, il a dit ça. Nous en donnons la preuve ci-joint, avec ce qu'on appelle une "copie d'écran", réalisée par Philippe Brun, et reproduite sur Twitter. Et plutôt que d'en rire, ou de s'en offusquer, le café radical a choisi de se lancer dans l'exercice périlleux de l'explication de texte des trois phrases du maire sortant et qui a choisi d'afficher sa prétention à rempiler. C'est qu'après tout, quand on a la prétention d'être un homme politique, quand on lance une campagne électorale, et qu'on choisit de s'afficher par un texte très court, chaque mot compte. Nous allons donc compter avec lui. 

Un sortant qui n'en peut plus 
Les premiers mots de Priollaud sont effectivement sidérants  "à ceux qui n'en peuvent plus". 
Que justifie cet appel à la compassion ?
On se demande d'ailleurs à qui il s'adresse ...  peut-être à ses acolytes qui sous la pression des candidats le pressent d'entrer en campagne. Rappelons que le maire avait dit à ses proches qu'il ne se déclarerait qu'en janvier tant il était sûr de passer au premier tour. Bon, tout le monde peut changer d'avis même si le fait de se soumettre à la pression de ses adversaires, de ses soutiens et des événements montre à quel point il est sous influence. 

ni rire, ni pleurer, mais comprendre
Reconnaissons à Spinoza
auteur du célèbre adage l'origine
de notre démarche
Ainsi donc, notre homme, qui rêvait d'une réélection sans campagne est obligé de partir au charbon. Il se déclare à la presse, il ouvre un local de campagne, il affiche sa détermination. Mais il la contredit aussitôt  en lançant cet appel à ceux qui n'en peuvent plus ...dont il espère qu'ils soient ses premiers soutiens.  Curieux !
Curieux aussi, parce ce que, s'il n'en peut plus, il peut très bien laisser la place. On peut facilement imaginer qu'entre une Anne Terlez à la foi intacte et un Charles Savy aux dents longues, nombreux sont ceux qui seraient prêts à assurer la relève de celui qui n'en peut plus. Alors, avons nous affaire à un sortant qui n'en peut plus ou à un sortant qui ne s'en sort pas ? 
Allons plus loin et passons à la suite du texte

des moralisateurs

François BAYROU préside
le Modem de Priollaud et de
Terlez. Signataire avec eux
de la charte anticor, il refuse
de démissionner alors qu'il
est mis en examen.. Ils se
méfient des moralisateurs et
on comprend pourquoi.
Voilà que Priollaud s'attaque aux moralisateurs, dans la même phrase. Après tout, personne n'a jamais forcé (enfin, on l'espère pour eux) les élus de la municipalité de signer la charte ANTICOR, qui s'affiche fièrement dans la salle du conseil municipal. Il est vrai que François BAYROU. chef du parti de Priollaud Terlez l'a signé aussi et s'accroche cependant à son siège après avoir été mis en examen... Alors, pourquoi avoir peur, pourquoi n'en plus pouvoir des moralisateurs. Pour reprendre l'expression sectaire d'Anne Terlez : "nous n'avons pas de leçons à recevoir !" ... Bien, bien, pour ma part j'estime qu'on a toujours des leçons à recevoir, et en particulier lorsqu'on est élu. Pire, j'estime que quand on est élu, on doit avoir de la morale et être
capable d'en parler.

 des manipulateurs

Qui Priollaud vise-t-il en parlant de manipulateurs et quel est 
Le best seller sur la
manipulation qui évoque
une technique adoptée par
le maire sortant.

l'intérêt d'en parler. A priori, ceux qui sont visés sont ceux de son équipe qui sont tentés de parler aux candidats d'opposition et en particulier Diego Ortega. Le maire de Louviers a peur que ceux qui se sont mis à sympathiser avec l'adversaire, voire, juste parler avec lui ne soient intéressés ou séduits. Priollaud y voir un danger. Cela se comprend, même s'il s'agit d'un sacré aveu de faiblesse. Sans doute cela explique-t-il pourquoi Priollaud a choisi d'inaugurer sa permanence au moment même ou Diego Ortega tenait sa grande réunion publique. Le but, contraindre ceux qui seraient tentés de voire  ailleurs de s'afficher à ses cotés ... et justement, Priollaud sait de quoi il parle, parce que cette technique figure précisément dans le best seller "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes" que je conseille à tous mes lecteurs... ne serait ce que pour savoir comment l'on est manipulé. 


des menteurs 

C'est quelque chose que nous connaissons tous depuis la
Freud a démontré, avant Priollaud,  la
toute puissance de l'inconscient .
Même dans l'oeuvre la plus travaillée,
on ne fait que laisser la parole à soi-même.
maternelle.  Plutôt que de répondre aux accusations et dénonciations il est plus facile de traiter les accusateurs de menteurs. Une façon de s'en tirer à bon compte. Je remarque juste que jamais on n'a répondu aux attaques très précises que j'ai faites contre l'actuelle municipalité, en démontrant d'ailleurs leurs mensonges, qu'il s'agisse de l'inauguration de la Place Mandela, de la taxe sur l'inhumation, de l'extinction de la lumière, de la fermeture du city-stade. De même , lorsque je dis qu'il n'habite pas Louviers, je n'ignore pas qu'il a une maison sur les hauteurs ... je sais même grâce à ses voisins qu'il est le plus écologiste des Lovériens, puisqu'il est partisan du zéro déchet ! Il ne sort jamais ses poubelles qui se ne sont jamais remplies !
Houlà ... se dit notre maire, c'est qu'on est en campagne électorale, et tout cela va revenir en boomerang. Appliquons le principe de précaution et traitons nos adversaires de menteurs .. cela nous évitera de répondre ! Voilà ce qui s'appelle "assumer une politique". Lol

et des calculateurs 

Niccolò di Bernardo dei Machiavelli, plus
connu sous le nom de Machiavel, penseur
humaniste de la Renaissance. On n'a pas
fait mieux depuis pour saisir les tenants de
l'action politique. Il est vrai que quand on
veut être calculateur, il vaut mieux apprendre
à compter d'abord. 
Oui, contrairement aux affirmations précédentes où l'on peut reprocher à Priollaud de reprocher à ses adversaires ses propres errements, il est évident que le maire de Louviers est sans doute ce qu'on fait de pire en la matière.
Venu parachuté pour se présenter aux législatives à Louviers, le voilà promu maire de Louviers par surprise. 
De là, élu de justesse dans la majorité Régionale, se retrouve promu 14e vice-président de la Région. 
Après avoir reçu le soutien du RPR, devenu les Républicains, il se replie sur l'Udi après avoir loupé le train d'En Marche. De dépit, au deuxième tour, de dépit, il en oublie d'appeler à voter contre le Front National. Il réalise cependant que l'Udi n'aura aucune chance de lui obtenir quoi que ce soit aux Européennes et il rejoint le Modem d'Anne Terlez et de François Bayrou .... sauf que les places sont chères et qu'il lui est impossible d'avoir une place éligible. Grand Seigneur, il laisse donc la place à Anne Terlez ... Bref, de quoi en vouloir aux calculateurs jusqu'à la fin de ses jours ...






mercredi 10 janvier 2018

RÉGION NORMANDE : LA GUERRE DES CENTRES

Lecornu annonce qu'il va se présenter contre Morin aux prochaines élections régionales.
Comme dirait l'autre : ça pique !
Morin enlaçant Lecornu. Embrassade  ou ashi guruma...
 amours ostentatoires ou démonstration de judo à l'annonce
de la prise de pouvoir de Morin à la Région
Sébastien Lecornu à peine sorti de la couvée de Le Maire, est devenu maire de Vernon avant de démissionner ... pour devenir président du conseil départemental de l'Eure ! ... avant d'en démissionner pour devenir Secrétaire d'État  ... et à peine est-il en poste qu'il annonce qu'il se présente contre son ancien pote Hervé Morin. 
Bien sûr, on peut voir cela sous l'angle d'une personnalité insatiable. Un Sébastien Lecornu façon Richard III, dont le but est de dévorer ses adversaires. Je ne connais pas assez Lecornu pour juger du personnage. Ce qui est sûr en revanche c'est que l'acte de candidature n'a rien d'anodin.
Il n'a rien d'anodin parce qu'il tombe à froid. On se demande ce qu'un ministre plein d'ambition peut avoir comme intérêt à se lancer dans la conquête de l'appareil régional alors qu'il n'y a jamais porté d'intérêt particulier. 
A priori, tout semblait facile et évident il y a un encore un an, lorsque la droite s'assurait des conquêtes des communes, des départements et des régions. Le Maire et Morin s'étaient partagé les tâches. À l'un les ambitions ministérielles, à l'autre la Région ! "Et tu laisses Lecornu mettre mon département de l'Eure en coupe réglée ..."  Mais ça c'était a priori, c'était avant la déroute de Le Maire aux primaires de la droite et surtout avant la victoire de Macron aux présidentielles.
On ne sait quelle a été la teneur du marchandage entre Le Maire et Macron, mais on peut tout supposer et en particulier que la nomination d'un Le Maire au poste majeur de  Ministre de l'économie ne s'est pas faite sans contre-partie. Quel intérêt sinon de racheter Bruno Le Maire qui avait perdu toute crédibilité quelques mois plus tôt.
Sans doute y avait-il aussi un intérêt à mettre la main sur la Normandie, même si l'on n'en perçoit pas tellement les enjeux. Disons qu'avoir nommé le maire du Havre comme premier ministre n'est pas anodin non plus. 
Sans doute aussi, la mise en coupe réglée de la Normandie comme du Centre politique font-ils partie du projet Macron. Pour lui, s'il a rabattu la droite et la gauche, ce n'est pas pour s'embêter avec les familles du centre traditionnel (Modem mis à part puisque sans Bayrou, Macron n'aurait pas gagné les présidentielles). Mais il sait que les familles traditionnelles du centre n'y sont pour rien, qu'ils soient Nouveau ou ancien centre, Morin, Lagarde, Udi et bien sûr les radicaux, même renommés social-libéraux, mêmes réunifiés, même enrichis de radicaux de gauche à la ramasse... Tout ça Macron n'en veut pas et Morin n'est que sa première victime ! 
Derrière, on peut parier que toutes les familles centristes devront se plier, ou s’effondrer comme des dominos. Comme dit si bien le député communiste Sébastien Jumel : la République en Marche, c'est Marche au pas ! 
Alors voilà ! La décision de Sébastien Lecornu d'affronter Morin ne saurait s’interpréter autrement. Elle n'a aucun sens en soi. On ne déclare pas sa candidature à quelques années de l'échéance en matière d'élection régionale. Il s'agit bien sûr de mâter son Morin ... et après tout, la fonction du centre (Bayrou mis à part) a toujours été d’obéir à la droite française. 
Macron change la donne. Maintenant, c'est toute la classe politique française qui est censée lui obéir. En même temps à gauche et en même temps au centre. Voilà de quoi retirer tout attrait à la vie politique, et en particulier si l'on se situe au centre. 
Mais ce n'est pas tout. En montrant clairement
S'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre,
mais si l'on ne regarde même pas dans la même direction... 
 qu'En Marche vise l'écrasement de toutes les familles du centre la candidature annoncée de Sébastien Lecornu achève bien des petits calculs de ceux qui se sont placés dans l'écurie Morin, elle-même fragilisée. 

Incidente Priollaud 

Ainsi en est-il de Priollaud, par exemple, le petit maire de Louviers qui se rêvait député européen ... Il semble bien que ce soit foutu d'avance et les petits calculs de ceux qui au sein de son équipe veulent s'en débarrasser risquent d'être cruellement déçus. L'écurie Morin est en train de perdre sa valeur marchande ... 

Incidente Les Radicaux de Gauche

Mais ce qu'il y a d'extraordinaire dans toute cette histoire, c'est qu'elle justifie pleinement le maintien dans la course des radicaux de gauche. Oui, la France a besoin d'une gauche (à mon avis, elle a sans doute besoin d'une droite et Wauquiez n'est pas la bonne voie, mais je ne m'en mêle pas) ... et la gauche a besoin du radicalisme. 
Voilà justement de quoi justifier la naissance des "Radicaux de gauche" et le titre du débat majeur qui aura lieu lors du Banquet Républicain qui se déroulera à Evreux mercredi 24 janvier. 
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samedi 26 mai 2012

La 6e République, c'est maintenant ?

Le prg n'a pas attendu pour
lancer la réflexion sur la 6e République
Les radicaux de gauche, encore une fois auront été les premiers à soulever la question il y a plus de quinze ans. Les faits leur donnent raison : la 5e République est morte, il faut fonder la 6e République.
Cette idée a été plusieurs fois reprise, notamment par Arnaud Montebourg, voire par les Verts. Mais jusqu'à présent cette cinquième République, dont la constitution n'avait pour but essentiel que de permettre au général de Gaulle de régler le problème algérien, n'a cessé d'être bricolée pour tenter de correspondre à la société française. Mais la France de 2012 n'est pas la France de 1958. La France n'est heureusement plus une puissance coloniale. La division du monde en un bloc communiste opposé à un bloc américain fait partie de l'Histoire. L'avenir et le présent de notre Nation sont dans l'Europe. Enfin, les exigences de représentativité d'une société où l'individu, la vitesse, l'intelligence restent sans réponse sur le plan institutionnel. Elles méritent un débat national que la gauche doit pouvoir mettre à son actif grâce aux moyens qu'elle risque d'obtenir au mois de juin.
Nicolas Sarkozy, lui-même, avait failli reprendre l'idée des radicaux de gauche de supprimer le poste de premier ministre ....mais il s'est juste contenté de sadiser François Fillon, qui n'a dû sa survie qu'à sa capacité à colmater les brèches que s'efforçait de créer Nicolas Sarkozy ...De l'instauration du quinquennat, à la demande de Robert Badinter d'éviter la nomination systématique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, on n'a pas arrêté de bricoler. Pourtant, les réformes profondes qui sont indispensables pour moderniser la société française méritent la fondation d'une 6e République.
Le but de cet article n'est pas de proposer le texte ou la structure de la constitution à venir. Je n'ai pas cette prétention. Simplement, nous vivons un moment essentiel pour la Nation que sont ces législatives qui ont lieu dans la foulée des élections présidentielles. Ces élections révèlent l'insuffisance de notre système de représentation nationale. Il faut en profiter pour approfondir notre réflexion. J'y apporte quelques éléments.
Représentativité nationale :
Assemblée Nationale : il faut passer au scrutin de liste 
Certes l'Assemblée Nationale n'est plus tout à fait ce rassemblement de têtes chenues ou de crânes d'oeuf. Les lois sur la parité sont passées par là ... mais on sait à quel point, malgré les textes très contraignants, les partis, et notamment l'UMP, ont favorisé les candidatures masculines. Ce n'est pas le plus grave. Le vote par circonscription favorise toujours le candidat représentatif de la majorité... Cet élément décisif lorsqu'on doit choisir des candidats pousse par nature à présenter un candidat moyen, c'est à dire de la classe moyenne, d'âge moyen, petit blanc, écartant systématiquement tout ce qui risque de faire peur à une part importante de l'électorat.
C'est important, mais ce n'est pas le plus grave.J'ai dans un commentaire précédent dit à quel point je pensais que l'Assemblée Nationale devait assurer au minimum la présence et le débat entre les grands partis français. Un Parlement non seulement non représentatif de la sociologie française, mais en plus incapable de représenter les courants structurants de la vie politique française ne remplit décidément pas sa fonction. Le parlement n'a pas seulement pour mission de permettre au gouvernement de gouverner... elle a surtout pour mission de le contrôler au nom de la Nation Française ... Si cette critique se fait simplement au nom du parti majoritaire, il y a la un grave défaut. Il n'est pas normal que la nation soit représentée par les 570 vainqueurs de 570 scrutins locaux. Il n'est pas normal que Bayrou qui a obtenu les suffrages d'un électeur sur  10 soit absent de l'assemblée nationale, il n'est pas normal que Le Pen qui a fait 18 % soit absente de la représentation nationale... Surtout qu'au fond, pourquoi son ils absents ? Parce qu'ils n'ont pas fait alliance avec les grands partis ... c'est à dire que le scrutin qui, selon les gaullistes devait combattre le système des partis a complètement échoué... On le voit d'ailleurs dans la 5e circonscription de l'Eure ou les représentants de la gauche qui se croient plus malin que les partis vont favoriser le camp opposé.
Ma proposition : proposer un scrutin de liste par Région (quitte bien sur à ce que la Normandie soit réunifiée ... mais c'est aussi un problème qu'il faudra traiter par ailleurs). Le scrutin de liste national me semble difficilement à même d'exprimer la diversité régionale. Le scrutin départemental, proposé par Mitterrand ressemblait trop à une manœuvre de détresse électorale et n'assurait qu'une représentativité réduite.
Sénat : il faut moderniser la représentation des territoires
Le Sénat est censé assuré la représentation des territoires. Mais pourquoi les territoires seraient-ils représentés par les seuls grands électeurs, choisis parmi des élus et procédant dans une campagne électorale à l'abri des regards du peuple. C'est kitsch, ça fait très 3e République, mais c'est complètement coupé de la réalité. Les territoires ne sont pas représentés par les élus, mais par les habitants. Il n'y a pas de raison que tous les Français ne participent pas au scrutin. Dans les plus grandes démocraties occidentales, il n'y a pas de grands électeurs. En revanche, pour que les territoires soient représentés, il faut que le scrutin sénatorial se passe comme dans l'actuel scrutin législatif : par circonscription.
ma proposition : ouvrir l'élection du Sénat à tous les Français, mettre fin au système des grands électeurs. Proposer un scrutin par circonscription, comme a lieu actuellement le scrutin législatif. Le sénateur aurait plus de légitimité pour représenter la population qui l'aura élu au sein de l'assemblée.
Les autres propositions n'engagent personne d'autre que moi...
Mais la proposition de faire en même temps présidentielles 
et législatives a bien été proposé par Jean-Michel Baylet,
président du parti radical de gauche
Elections Nationales : il faut qu'elles aient lieu en même temps
C'est là la garantie de la fin de la cohabitation. Cette condition nous donne un président de la République qui est élu en même temps que les deux chambres, qui ont tous la même légitimité et, bien entendu le Président perd son pouvoir de dissolution. La campagne a lieu une bonne foi pour toute,  sans risque que pendant les six semaines qui suit un débat clivant, une campagne se prolonge sur le thème ; on cohabite ou pas ? Pour le Sénat, celui aurait bien sur plus de poids, parce que sa légitimité serait réelle. Il garderait le même pouvoir, c'est à dire un pouvoir essentiellement consultatif, mais son poids serait tout autre.


vendredi 4 mai 2012

Pêché d'orgueil

Quand on attend que les compliments vous viennent de l'extérieur, cela prend souvent énormément de temps.

Voilà pourquoi, conformément à sa pratique depuis près de quatre ans, le café radical prend les devants et s'adresse ses félicitations sur deux points.

Le premier, les lecteurs assidus le connaissent. Le café radical, dès son premier débat, a posé la question de la fin du sarkozysme : "Sarkozy est il fini ?". Question si hardie à l'époque qu'on n'y a pas répondu franchement oui, tellement ça ressemblait à une provocation...

Et pourtant ! Dès les premiers mois, le sarkozysme portait en lui le germe de sa défaite. Une hyper-personnalisation du pouvoir, dont le cap était fixé en fonction des intuitions du Président, réduisant gouvernement, partis, parlementaires à son bon-vouloir.

Cette logique, affirmée dès l'origine de la prise de pouvoir a été accentuée sans faille avec le temps, selon le principe qui veut qu'un être humain en crise a naturellement tendance à s'appuyer sur ses propres défauts, même et surtout si ce sont eux qui ont provoqué cette crise.

Voilà pourquoi la lueur sarkozyste, quand bien même elle a pu attirer quelques papillons à ses débuts, s'est transformée en repoussoir au fil du temps. Plus elle a affirmée la personnalité de son mentor, plus elle a provoqué son isolement... Celui-ci atteignant, à quelques heures du moment fatal, son point culminant.

Car, et c'est là que la deuxième formule du café radical prend son sens, il faut que la victoire soit large !

Pas seulement pour se faire plaisir... pas seulement pour donner des marges de manoeuvre importantes au nouveau pouvoir qui en aura bien besoin, mais aussi pour en finir rapidement avec le sarkozysme et ses dégâts.

Car le sarkozysme, qui n'a déjà pas beaucoup de sens, n'en a absolument aucun en l'absence de son créateur. Ce n'est pas une idéologie, juste une pratique incohérente qui s'est fourvoyée chaque jour davantage. La personnalisation du pouvoir se traduit par un isolement tragique qui s'échoue sur les écueils ultra-réactionnaires de l'exclusion et la glorification des frontières. Pathétique !

Le geste de François Bayrou, annonçant son rejet du futur ex-président, sera l'ultime dérive du sarkozysme. N'en déplaise aux militants UMP éberlués par ce choix prévisible, c'est bien Sarkozy qui a imposé ce choix à François Bayrou[1] par une stratégie populiste délirante, qu'on ne peut expliquer que par un retour nostalgique aux accents fougueux de sa jeunesse militante et droitière ...

Elle déjà le signe que la victoire est large.

Pas étonnant que François Holande, qui sera élu président de la République dans trois jours, explique à son tour qu'une victoire étriquée n'aura pas le même sens qu'une victoire large.

Pour la République, pour la France, pour l'Europe ...

Il est important que la droite puisse marginaliser sa frange la plus réactionnaire, précisément parce qu'en période de crise, les réflexes identitaires sont le vrai danger.

Il est important bien sur que le nouveau président ait les moyens d'agir en France, en Europe et dans le monde.

il est important que la victoire soit large





[1] Il fait suite aux propos de François Fillon lui-même (cf Canard enchaîné de cette semaine.) qui, comme nous, reconnaissait qu'il était important que la défaite de cette droite soit large... Ainsi cela permettrait sa recomposition plus rapide et moins douloureuse, marginalisant les éléments les plus réactionnaires. Nous sommes d’accord