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mercredi 25 juillet 2018

La République du Ridicule

L’histoire se répète toujours deux fois, la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce [1].

La deuxième victoire de la coupe du monde, ne vaut pas la première. C'est
un fait, mais c'est vrai que Macron n'y est pour rien et que ça n'a rien à voir
avec l'affaire Benalla. Belle oeuvre de photographe qui a fait le tour du monde
en ce qu'elle révèle un président de la République à l'image de tous les
français, moi compris. Grandi par une épopée sportive à laquelle on n'a pas
contribué. Bon, visiblement, c'était pour Macron le début des ennuis.
En fait, ce que montre la formule de Marx, par ailleurs empruntée à Hegel, c’est qu’il ne peut y avoir de grande figure historique en dehors d’une grande période historique[2]. Dans cette mesure, il faut l’admettre, la figure revendiquée par François Hollande de Président normal, bien que moquée, revêt toute sa pertinence aujourd’hui.
Ainsi donc, notre Jupiter, que certains, en toute allégeance, ont comparé à De Gaulle se révèle comme un faiseur, dont la rutilance s’estompe au premier frottement. C'est pas de l'or, c'est de la pyrite, l'or des fous qui a causé le désespoir des chercheurs d'or.  Voilà que notre Macron s’embrouille comme n’importe quel môme pris les mains dans le pot de confiture. Humain, trop humain comme disait Nietzsche. En gros, l’affaire Benalla, ce n’est même pas une affaire d’Etat, même si, bien sûr il est révélateur de ses dysfonctionnements. C’est une grosse boulette, qui a démontré l’incapacité du pouvoir à répondre à des situations de crises, la faiblesse de l’appareil politique, celui se revendiquant du nouveau monde et la qualité malgré tous ses défauts, de l’appareil administratif, la bonne vieille fonction publique à la française.
Benalla en stage place de la Contrescarpe à Paris. Image
de l'imbécillité en arme, en casque et en gilet pare-balle.
La bêtise, en soi, ne protège pas des mauvais coups. Sans
doute ce qu'Alexandre Benalla a voulu montré aux CRS
On retiendra que, forcément, plus on montre de suffisance et d’ambition, moins on peut attendre de sympathie ou de compassion lorsque la carapace se rétracte.
On peut en vouloir à Benalla, qui, sans avoir le bagage ni la qualité de son jeune patron, a pensé comme lui que le culot mêlé à l’ambition pouvait vaincre sur tout. Son parcours s’achève brutalement, mais il en deviendra un cas d’école en laissant son nom dans la petite histoire. Il aura aussi laissé au peuple l’image de la lâcheté absolue au service de l’état. Quelle image de bassesse que d'attendre, pour frapper un homme et une femme à terre ... que d’attendre d’être entouré d’un escadron de CRS, coiffé d’un casque de protection sophistiqué, d’un brassard POLICE vous conférant une autorité que vous ne devriez pas avoir, faisant ainsi porter la responsabilité de ce que vous faites à d’autres que vous-même, lors même que vous êtes là pour les encadrer ou pour les observer … bref, les actes de Benalla à la Contrescarpe sont à l’image de ce que l’être humain peut faire de pire.
On peut en vouloir aussi à Macron, incapable de se comporter correctement face à une situation qu’en tant que plus haut représentant de l’Etat il  aurait dû, à tout le moins, juguler.
On peut alors comparer l’attitude de Macron à Sarkozy, en moins excité mais en tout aussi inconséquent[3].état
Etat
Bref, on est loin d’une affaire d’état. Ou alors avec un petit é, et un petit a. Les oppositions se déchaînent, c’est le jeu … mais elles doivent, elles aussi se départir du ridicule. Certes,  Macron et Benalla leur font un sacré cadeau. Mais justement, comparer les frasques de Benalla, notre imbécile malheureux, à la brutalité du Sac, structure issue des frasques de la décolonisation[4],   infiltré dans l’appareil d’État et capable d’en prendre le contrôle. Parler de Watergate à la française, tout ça parce que le Président de la République a révélé sa maladresse … tout ça n’est pas sérieux.
On conviendra que Macron et Benalla ne sont pas vraiment
détendus sur la photo ... 
Les enjeux sont bien sûr infiniment plus graves et dans le monde et dans les sociétés modernes. Le problème, bien entendu, c’est que ces enjeux ne se résolvent pas à coups de promesses de campagne ou de maladresses.
Qu’au moins  les incongruités de Benalla soient une leçon pour tous, en particulier pour l’État et son Président. Il faut espérer que faute que l’opposition ne l’ait habillé pour l’hiver, le cas Benalla n’ait déshabillé Macron pour le restant de son quinquennat.





[1] J’adore cette citation. D’abord parce qu’elle est absurde et doublement ironique, ensuite parce qu’elle ne tient pas la route grammaticalement. L’histoire, si elle se répète, que ce soit du point de vue de Marx ou Hegel, ne le fait qu’une fois, ce qui est bien suffisant… Disons, que la copie de la dimension tragique de l’histoire, apparaît forcément comme une farce. Ensuite, précisément à cause de son imprécision, elle situe le philosophe polémiste Karl Marx, bien au-delà de ce qu’on a voulu en faire, c’est à dire un prédicateur divin du bonheur assuré sur la terre. Karl Marx avait heureusement bien d’autres qualités au premier rang desquels d’ailleurs une fascination pour la France. 
[2] Napoléon III malgré toute la révérence que lui a porté Philippe Seguin, n’a pas fait trembler l’Europe, et heureusement.
[3] Sarkozy, par tempérament aura été le représentant le plus catastrophique en matière de management … interdisant toute contradiction dans son entourage. Ainsi s’explique sans doute l’incohérence de la réponse du cabinet du Président

mercredi 27 janvier 2016

Ah Christiane ! Nous nous sommes tant aimés ...

Christiane Taubira à Evreux, lors de l'inauguration de la place
Aimé Césaire entre Michel Champredon et Franck Martin,
alors maires d'Evreux et de Louviers.
J'ai connu Christiane Taubira en 2002. Je m'étais précipité à Paris sitôt connue sa candidature. Je tenais à faire la campagne de la candidate du parti radical de gauche. 
 
Cette campagne a été bouleversante. Elle a été bouleversante dans son essence même, puisqu'elle a permis la confrontation de personnalités nouvelles, elle a été bouleversante par son résultat puisque pour la première fois dans l'histoire de la 5e République elle a amené l'extrême droite au deuxième tour. Enfin, c'est une période qui m'a marqué personnellement, puisque ma mère venait de subir une attaque et avait due être hospitalisée en avril 2002, juste au début de la campagne officielle.   
 
 
Je garderais à jamais le souvenir de la route qui me conduisait de l'hôpital de Grenoble où elle venait d'être hospitalisée, à la station de ski de La Plagne où je devais rejoindre ma nouvelle petite famille recomposée. La radio vomissait un flot insupportable de discours sécuritaires, portés  par l'ensemble des candidats. C'était la carte de la sécurité que Chirac avait sorti comme atout-maître et dans laquelle s'engouffraient les Le Pen, Chevènement, Jospin, Mégret dans un sinistre concours au prix du Père Tape-dur[1]
Seule dans ce concert d’appel à la remise en cause  des principes de la justice et de la protection des mineurs, Christiane Taubira appelait à la République du respect et à la citoyenneté.   
Seule dans ce concert d’appel à la remise en cause  des principes de la justice et de la protection des mineurs, Christiane Taubira appelait à la République du respect et à la citoyenneté. 
Quelques années après son passage à Louviers, Christiane
Taubira est devenue une figure emblématique de la gauche. Ici,
à l'assemblée Nationale, elle donne avec le sourire, la leçon aux
vieilles badernes ... Elle aussi capable de faire franchement la
gueule, mais ça, ce sera pour plus tard.
Elle était venue à Louviers[2], où une salle pleine l'avait accueillie, éberluée par ses qualités d'oratrice. Plus tard d’ailleurs, lorsque je l’avais ramenée chez elle en voiture, elle m’avait raconté, son goût pour les mots, la poésie, le plaisir qu’elle avait à apprendre des poésies par cœur, et à se les réciter ... ces mots qu’elle suçait avec gourmandise et sensualité, bref, tout ce qu’on a retrouvé magnifiquement lorsque la magnifique Christiane s’est opposée aux vieilles badernes réactionnaires au sujet du mariage pour tous.
Voilà, tout est dit. Peut-être mal dit, mais c’est dit. Cette campagne, je ne l’ai jamais regrettée. Elle m’a fait connaître une figure majeure de la politique, même si dans la suite immédiate de la campagne, personne n’aurait pu dire ça. Il faut voir ce que j’en,  ce que les radicaux ont entendu d’avoir soutenu Taubira. Les désaccords ont même sonné à l’intérieur du prg.
Plus tard, en dépit des désaccords avec elle sur l’Europe et sur ses accointances avec Montebourg, je n’ai jamais regretté cet engagement. Je continue toujours de penser que le pire dans ce type de situation est de ne pas s’engager.
 "Nous voulions changer la vie, mais la
 vie nous a changé",  phrase référente du film
d'Ettore Scola mort ce 19 janvier.
C'eravamo tanto amati, nous nous sommes
tant aimé en français.

 
Je pense qu’effectivement, elle a raison de démissionner. Question de respect des institutions. Comme l’avait dit avec délicatesse Chevènement : un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule. Or, Christiane avait déjà beaucoup parlé. Je considère pour ma part que je n’ai pas les éléments pour trancher sur le sujet de la déchéance de nationalité. Je persiste à penser qu’il s’agit d’un désaccord politique mineur, parce que, contrairement à la mousse faite autour de la sécurité en 2002, le risque est bien réel. Je persiste à penser que si l’on était d’accord avec le Président de la République au lendemain du 13 novembre, on ne peut pas le lâcher trois mois plus tard même si je comprends qu’il y ait débat.
N’empêche, je persiste : à la suite des catastrophiques Pascal Clément, Michel Mercier, Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, en dépit de certains autres qui ont fait le job, Christiane Taubira a été la meilleure ministre de la justice de la 5e République après Robert Badinter. Quoi qu’il advienne, j’aurais apprécié ses qualités humaines et ses capacités de travail et la nécessité d’une telle personnalité dans le monde politique. Et je reste content, d’avoir à mon faible niveau participé à son éclosion.
 
 




[1] La télévision relayait jusqu’à la nausée les images de Paul Voise, un retraité agressé à Orléans et qui démontrait que la France vivait en grand état d’insécurité. Les études menées par la suite, tant par la police que par la presse critique ont amené les plus grands doutes sur la réalité de l’agression


[2] Marrant d'ailleurs comme Louviers avait joué un rôle clef dans cette campagne puisque c'est là que Besancenot avait tenu à lancer la sienne, devant son vieux lycée avec Pierre Vandevoorde, son vieux prof d'allemand.  
 

 
 




mardi 3 juin 2014

Encore un effort, Monsieur le Président...

L'indispensable réforme

Les radicaux de gauche avaient senti le coup venir ... A quelques semaines de
l'annonce de François Hollande, ils ont pris part à la manifestation du 10 mai
réunissant les partisans de la réunification sur le Pont de Normandie. Les
Normands sont dès à présent les grands bénéficiaires de la réforme.
Quand les choses doivent se faire, elles se font. Ceux qui se battent depuis des années pour la réunification de la Normandie, au premier rang desquels les radicaux, remportent une victoire inattendue à l'occasion de la grande réforme territoriale.  
La diminution du nombre des Régions n'a certes de sens que si elle leur permet d'avoir une vraie identité et un vrai pouvoir. La Normandie réunifiée a l'avantage de répondre à la première condition. Banco ! Elle est la seule région a s'assoir dans un cadre historique et culturel cohérent. Bien que petite, eu égard aux autres entités nouvellement créées, elle aura un poids cohérent vis à vis des autres régions d'Europe, en englobant 3 grands pôles urbains structurant la vie de 3 millions d'habitants. 

Le vrai pouvoir des Régions

En ce qui concerne le vrai pouvoir, c'est juré, le gouvernement y travaille.

La nouvelle France et ses 14 Régions. Seule la Normandie réunifiée bénéficie
de la réforme. Ailleurs rien ne correspond à une revendication régionale. A
priori, les barons socialistes locaux ont été davantage écoutés que les logiques
économiques, culturelles ou géographiques.

 
Pour l'instant, c'est assez logique en quelque sorte, on a d'abord parlé du dessin des nouvelles régions et du nouveau paysage administratif français :
ce n'est pas rien l'identité ! ... Même s'il convient de ne pas retourner dans les travers de l'administration à la Française  dont le seul but vise à renforcer le pouvoir central en découpant des Régions sans queue ni tête.
Mais l'annonce faite par le Président de la République, et reprise par Valls et Vallini, ne se limite pas à cela. Faire de plus grandes régions n'auraient pas de sens, si elles devaient se limiter à ce qu'elles sont. Ils reste à sortir la France de sa vision centralisée, de passer à une administration souple, moderne, fédéraliste. Ainsi les Régions pourraient elles s'occuper d'enseignement, non seulement en gérant les établissements scolaires du collège à l'université, en passant par l'apprentissage et la formation professionnelle mais plus spécialement en accueillant une gestion décentralisée de l'éducation. On a pu mesurer à quel point une réforme telle que l'aménagement des temps scolaires, pourtant vitale, a pu être victime de la lourdeur de l'éducation nationale.  Les réformes à venir pourront s'appuyer sur des régions renforcées qui pourront enfin avoir prise sur le système éducatif.
La réforme vise en effet aussi à réduire le poids d'un Etat ankylosé, coupé de la réalité locale. L'effort de proximité est là. André Vallini insiste sur la fusion des fonctions publiques de l'Etat et des Collectivités Locales. Il peut sembler paradoxal de parler de proximité  lorsqu'on fabrique de grandes régions, qu'on prévoit la suppression des département et qu'on vise la disparition des intercommunalités de moins de 20.000 habitants. 
De fait, le but est de recréer de nouvelles proximités. A quoi correspond le pouvoir d'un maire d'une commune de moins de 500 habitants, bien souvent coupé d'un réel bassin de vie ? Jusqu'à présent, la France a toujours reculé devant le problème de l'éparpillement des pouvoirs locaux. Le renfort du pouvoir intercommunal vise à résoudre le problème. On est certes encore dans du bricolage, mais à un niveau supérieur visant à la création de territoires cohérents en fonction de la vision fédéraliste qui tente de s'imposer depuis 30 ans dont les échelons intercommunaux, régionaux et européens se substituent aux classiques communes, département, Etat.
On aurait tort de mépriser le débat qui s'ouvre. Nous sommes là dans les premiers pas d'une réforme majeure qui, sous des dehors techniques, vise à la transformation de l'organisation politique de la France.
A suivre ...

Pour donner une idée du débat, cliquer ici pour connaître le point de vue des radicaux de gauche sur la réforme. Un débat qui s'annonce houleux ;)

jeudi 29 août 2013

La Syrie c'est la France ...

c'est l'Espagne et c'est le monde entier.


Guernica, le tableau le plus politique et le plus célèbre de Pablo Picasso, appelait à une mobilisation internationale pour les combattants de la liberté dans l'Espagne en lutte contre un régime qui aura utilisé tous les moyens pour soumettre son peuple. Face à cela l'occident est resté muet et l'a payé au prix fort. L'histoire de la guerre moderne montre à quel point le choix de ne pas intervenir peut avoir un coût bien plus élevé que celui de partir en guerre.
La Syrie d'aujourd'hui me fait penser à l'Espagne d'hier. Au bord de la Méditerranée, près de la France, au sud, des hommes se déchirent et l'on n'a pas beaucoup à faire pour entendre leurs cris. L'occident, maintenant comme en 37 n'a rien opposé que son silence. Or, être silencieux, c'est être complice. Sur ce sujet on en me verra pas joindre ma voix à celle du Front National, de Mélenchon et autres paranoïdes parfois payés directement par les dictateurs et ayatollahs de tout poil ! Elle recouvre le terrible repli sur soi, la pose de boule quiès face à un monde qui hurle, le tout justifié par un verbiage insupportable.

Gazage de la population, nous sommes responsables !


Aussi, avant même de défendre ou pas une option militaire qui a cependant toute chance de se produire, je voudrais m'opposer à tout un ensemble d'argumentations qui me font bondir. Elles me font bondir parce que précisément, je pense qu'on a trop tardé pour intervenir, et que le fait même qu'on ait attendu un gazage de la population pour intervenir montre à quel point nous sommes en faute, et responsables de ce gazage. Nous savions en laissant faire un dictateur capable de bombarder sa propre population, qu'il serait bientôt capable de la gazer.

Est ce que nous avons vraiment les preuves ?

Je vais être clair ! Les preuves, nous ne les avons pas, et nous les avons. Les preuves nous ne les aurons vraiment que dans très longtemps. Tous les massacres de l'histoire ont laissé des preuves assourdissantes que personne n'a voulu voir ... tout simplement parce que la guerre ne laisse pas de place aux scrupules. Le massacre de Katyn où les russes ont procédé à l'assassinat de 22.500 cadres polonais dans le but de soumettre une population, Guernica, terrible préliminaire à la deuxième guerre mondiale, n'ont été définitivement prouvés et reconnus qu'au bout d'un demi-siècle. Je ne parle pas des camps de la mort de la deuxième guerre mondiale ! Mais dans ces trois cas, comme dans celui de la Syrie d'ailleurs, l'occident savait. Depuis que François Hollande est au pouvoir, les éléments sont sans cesse donnés par l'Etat Français sur la réalité du régime de Bachar el Assad.
Oui, tout cela ne donne pas les preuves. C'est vrai ! Là dessus, encore une fois, c'est une question de confiance. Alors, préfère-t-on avoir confiance en la dictature franquiste ou aux Républicains espagnols ? Préfère-t-on avoir confiance en Bachar el Assad soutenu par l'Iran ou au peuple Syrien ?
Préfère-t-on avoir confiance en la Russie de Poutine, en la Chine des descendants de Mao ?
A tous ceux qui doutent des exactions des régimes dictatoriaux, nous avons un argument simple : laissez venir en paix les fonctionnaires internationaux.
Nous n'avons  pas les preuves, mais nous savons. De même que l'occident savait pour les camps de concentration nazis, de même que l'occident savait pour Guernica, de même que l'occident savait qu'il n'y avait pas d'armes de destructions massives en Irak, nous savons, l'occident sait. Ce serait bien la peine de réussir le maillage téléphonique et informatique de toute la population mondiale si on ne savait pas quand un dictateur en guerre contre sa population a décidé d'en gazer une partie.

2) Peut-on parler de guerre impérialiste ?
Bien sur que non ! Que les territoires soient des enjeux stratégiques pour les grandes et petites puissances est une évidence ! Mais l'impérialisme, ce n'est pas ça ! Le véritable enjeu pour l'occident est défensif et si l'enjeu avait été impérialiste, la guerre aurait eu lieu depuis longtemps. Les puissances occidentales ont tout fait jusqu'à présent pour ne pas intervenir !

Le printemps arabe a transformé les données stratégiques mondiales. Nous avons la certitude que nous ne pouvons déléguer notre police à des dictateurs sans scrupules, type Khadhafi, Ben Ali ou Bachar el Assad. La Tunisie et les bourdes d'Alliot-Marie nous l'ont définitivement enseigné. Le mouvement arabe vers la liberté est irréversible, de la même manière que, bien au delà de la défaite militaire, la marche de l'Espagne vers la démocratie était irréversible. Il est simplement terrible d'attendre le passage de 3 générations pour s'en apercevoir. Le rôle des puissances occidentales est précisément d'aider et de soutenir la transition démocratique.
Si quelque chose peut-être reproché à l'occident, c'est précisément de ne pas être intervenu avant.

3) La guerre aura-t-elle des conséquences ?

Hélas oui ! Mais le refus d'entrée en guerre aura aussi des conséquences. C'est d'ailleurs pour ça que Hollande parle de punition et pas de guerre. Il veut éviter un maximum de conséquences. mais ce qui se passe en Syrie touche bien sur à l'équilibre du monde. La Russie pousse ses pions et veut voir jusqu'où elle ne peut pas aller. N'oublions ni la Tchétchénie, ni la Géorgie. N'oubliions pas non plus les provocations constantes de Poutine. L'Histoire nous apprend à quel point les provocations d'une grande puissance doivent être prises au sérieux ... sans parler de leur traduction directe sur les populations. Jamais les dictateurs n'ont de reconnaissance face aux démocraties qui reculent.
Or, sur la Syrie, nous n'avons fait que reculer, sans aucun égard pour les démocrates Syriens pris en étau entre la dictature El Assad, les puissances salafistes, El Qaida et les mafias.
Si, après avoir dit qu'il fixait la limite de sa non-intervention à l'utilisation d'armes chimiques, l'occident recule encore, les conséquences seront terribles, à moyen ou à long terme, et ce, quelque soit l'état de l'opinion publique face à la guerre. Souvenons nous, en juillet 40, la France comptait 90 %  de pétainistes.

mardi 21 mai 2013

L'Italie réagit à la proposition française

"L'Europe fédérale, c'est maintenant ou jamais "

interview d'Emma Bonino, ministre radicale des affaires étrangères en Italie.  A méditer pour tous els amoureux de l'Europe, pour tous ceux qui souhaitent entendre une voix ouvertement fédéraliste aux prochaines élections européennes.


L'article est passionnant parce qu'il tombe à pic. Il permet de fixer le but et l'audace que représenterait un gouvernement fédéraliste européen, seule voie pour sortir de l'impasse. Pour ceux qui veulent le lire en version originale (eh oui, c'est une traduction maison, j'ai fait du mieux que j'ai pu et je me suis peut-être emballé !) cliquez ici. Pour les autres, en avant pour la lecture et accrochez votre ceinture.


Paru le 19 mai 2013 Interview par Paolo Valentino
 

 

Par Paolo Valentino

 

ROME – « Je prends très au sérieux l’ouverture de François Hollande. Quelles que soient les raisons qui l’ont inspirées, pour la première fois Paris signale sa disponibilité à une reconsidération de l’Europe qui me fait très plaisir, puisque jusqu’à il y a peu de temps, il était même tabou de parler de modifications des  traités.  Il est évident que les choses hypothéquées par le président français présupposent pour le moins une révision des pactes existantes. Mais s’il on admet le besoin d’une reconsidération en profondeur des institutions et des politiques, alors s’ouvre l’espace pour discuter de notre volonté d’une Europe des gouvernements, comme je crains que Hollande l’ait encore en tête, ou d’une Europe fédérale.

Même en tant que ministre des affaires étrangères, Emma Bonino ne dissimule pas son code génétique : radicale, spinellienne et fédéraliste », reprenant cette position qu’elle a maintenu obstinément lorsqu’elle était minoritaire, suivie par un groupe minuscule de visionnaires de l’Europe : « c’est ma position historique – dit-elle dans son premier interview accordée depuis son investiture – mais c’est aussi celle de l’Italie, reprise par le président Enrico Letta qui a parlé des états unis d’Europe lors du vote de confiance. » 

 

Giuliano Amato vous dit affectueusement que vous êtes « toujours trop en avance sur le temps ». La relance de l’Europe fédérale a été le thème conducteur de son préambule au guide de la diplomatie. Au parlement et ensuite à l’Université de l’Europe, vous avez parlé de la nécessité d’une nouvelle partition indiquant le fédéralisme comme un des thèmes centraux de la prochaine présidence italienne de l’Union Européenne dans la seconde moitié de 2014. Cela ne risque-t-il pas d’être une fuite en avant ?

« Non si l’on reconnait que l’Europe est dans une situation insoutenable. Prenons l’exemple de l’Union bancaire, décidée il y a plus d’un an. Nous n’y sommes pas encore parce que la gouvernance ne fonctionne pas et donc les politiques ne peuvent pas y agir. Le temps n’est pas un élément marginal : ce qui va bien aujourd’hui peut ne pas fonctionner dans 5 ans quand le monde aura pris une autre direction. Les thèses selon lesquelles l’austérité et les coupes budgétaires auraient à elles seules apporté la croissance à traité constant sont démenties de toute part. Avoir les comptes équilibrés  est important et nous l’avons fait en Italie, grâce notamment au gouvernement Monti. Mais les coûts économiques sont élevés (pour tous y compris prochainement pour l’Allemagne) et à ceux-ci s’ajoutent les coûts politiques puisque nous assistons à la montée des populismes et euroscepticismes qui atteignent une dimension préoccupante, se transformant par la suite en nationalisme et racisme, dont notre propre Histoire nous met en garde.

 

Mais pourquoi l’option intergouvernementale ne fonctionnerait-elle pas ?

«Parce qu’à force d’avancer sur la route de l’Europe, les patries elles-mêmes se détruisent. On ne réussit même pas à contrôler une crise relativement petite comme celle de Chypre. Je suis fédéraliste par conviction et je ne connais d’autre système institutionnel au monde en mesure de faire vivre ensemble démocratie, état de droit, et respect des différences  pour 500 millions de  personnes de lingues et d’histoires différentes. Et ce n’est pas une chose exotique, nous avons cela en Allemagne où cela fonctionne. Il n’est pas possible de céder des compétences ultérieurs sans une responsabilisation démocratique, sans que le Président soit élu, sans que le Parlement européen, voire le parlement européen émanent des parlements nationaux, puisse voter la confiance. Il n’existe pas de capacité de budget et de fiscalité européenne sans un volet de contrôle, qui, entre autres, ne se limite pas seulement à l’aspect économique ».

 

Que voulez-vous dire ?

«Qu’il existe même dans l’Europe actuelle un écart sur les droits civils. Par exemple, sur le thème des prisons et de la justice en Italie ou de la démocratie constitutionnelle en Hongrie. Des instruments de corrections sérieux n’existent pas. Nous avons des critères économiques forts pour entrer dans l’Union européenne, des mécanismes efficaces de suivi: procédures d'infraction, des amendes et ainsi de suite. Alors que du côté démocratique, il y a de forts critères d'entrée, mais une fois à l'intérieur d'un pays peut changer la Constitution en éliminant le partage des pouvoirs sans que rien se passe comme c'est le cas à Budapest. Ou vous pouvez être comme l'Italie, où il semble que le droit à la défense n'existe plus, car se délitant dans un processus qui dure depuis des années. »

 

Où a dérapé le projet d’intégration ?

«Il s’est fossilisé sur la monnaie unique. Nous nous sommes arrêté aidé du fait que l’Euro quoiqu’on en ait dit, a été un succès retentissant, jusqu’en ce système imparfait, au point qu’on a oublié d’aller de l’avant sur les autres aspects jusqu’à ce que nous soyons enfoncés dans la crise. La monnaie avait une gouvernance de beau temps, avec la tempête, cela ne marche plus.

 

Mais on a perdu le principe de solidarité, la raison pour laquelle nous sommes ensemble

«En réalité, non n’avons jamais eu à le pratiquer sérieusement, parce que nous n’avons jamais été véritablement mis à l’épreuve : les fonds de cohésion sociale et les autres postes budgétaires. Ceci est la première grande crise et l’incapacité d’y donner des réponses fait passer le refus de la solidarité des gouvernants aux citoyens. Popper nous a enseigné qu’en cas de crise, chacun s’adresse à l’autorité la plus proche pour trouver une solution. Pendant trois ans, nous avons pris des mesures à peine suffisante pour ne pas exploser : trop peu et trop tard. La vérité est que seul un grand projet de relance à tous les niveaux peut intéresser quelqu’un. Je ne crois pas qu’il soit possible de refaire l’Europe des petits pas. La bizarrerie fantastique est que l’Europe continue a exercer un pouvoir magnétique attractif pour tous les  peuples non européens. »

 

 

Quel est aujourd’hui l’argument fort du besoin d’Europe ?

«Aucun de nous n’a seulement les ressources et l’économie d’échelle pour se garantir un futur pour ses propres générations. La vision opposée est autocratique et nationaliste, la tentation de se fermer à tout qui devient par la suite raciste et fomente les guerres. Ensemble, nous serons plus forts sur le plan économique et démocratique. »

 

Schäuble, le ministre des finances allemand, dit qu’il faut modifier les traités ne serait-ce  que pour l’union bancaire. Êtes-vous d’accord ?

 «Selon moi, cela n’en vaut pas la peine. Il n’est pas vrai que les petites réformes soient mieux digérées par un certain type de pays. De toute façon beaucoup d’entre eux sont obligés à les soumettre à référendum. Et on ne rendra pas les gens amoureux de l’Europe en leur faisant le coup de l’union bancaire. Déjà qu’il est difficile de tomber amoureux d’une monnaie. Mais il y a des choses qui touchent beaucoup plus l’imagination populaire. Je ne me lasse pas de demander ce que nous en faisons de ces 27 armées nationales ? Cela coûte 250 milliards d’euros. Nous avons deux millions de personnes sous les armes, nues, c'est-à-dire pas équipées. C’est si vrai que chaque opération de maintien de la paix devient un drame : équipements, normes différentes, système d’armes différents, en Lybie, après dix jours, nous étions sans munitions. Ou bien les infrastructures, la recherche … »

 

 

Et votre idée de la Fédération légère ?

 «Oui, avec un budget d’à peine 5% du pib européen : mettre en commun4 ou 5 secteurs rien à voir avec un Super Etat. Le reste, nous le laissons à la subsidiarité. Nous n’avons pas vocation à devenir absolument homogènes. A la différence de mon amie Ulrike Guérot, selon laquelle l’Europe ne se fait pas parce qu’on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le vin ou la bière à prendre pendant les repas, je pense que notre richesse soit proprement la bière et le vin dans chacun de nos pays. Ensemble, nous ne devons faire que les choses qui importent : les affaires étrangères, la défense, la sureté, la fiscalité, le trésor, la recherche, les infrastructures et j’y mets aussi l’immigration. Les chiffres les plus prudents indiquent que l’Europe aura besoin de 50 millions d’immigrants d’ici 2050.

 

De quelle manière le gouvernement italien devra-t-il se mouvoir pour faire en sorte que l’ouverture française ne tombe pas à l’eau ?

 

 «Le sujet est de comprendre quelle est la disponibilité. Est-ce une boutade à usage interne ou plutôt comme l’a dit quelqu’un, je pense qu’il s’agit d’une graine lancée et qui une fois au sol assumera sa vie propre. A nous d'en prendre soin, de l’arroser, un peu d’engrais. S’il y a un accord maximal, même avec des résistances bien compréhensibles, ceci devra devenir l’agenda de voyage du président du Conseil, du ministère des affaires étrangères, et de celui du Trésor. Nous devrons nous activer dans toutes les conférences. Ainsi nous préparerons un nouveau type d’élections européennes, avec les grandes familles politiques qui désigneront leur candidat à la présidence de la commission, des commissaires et du président du conseil, avoir un débat différent, en mesure d’impliquer et d’enthousiasmer les gens. »

 

 

Et l’Allemagne sera en mesure de sortir de la prudence imposée par les élections ?
 «Je comprends que la campagne électorale aient sa propre dynamique et impose ses règles. Mais ceci mis à  part, Berlin a toujours dit qu’il y aura jamais mutualisation de la dette s’il n’y a pas transfert de souveraineté. Prenons l’Allemagne au mot. Nous verrons bien si c’est du bluff. 


 

dimanche 20 janvier 2013

Pourquoi nous sommes au Mali

Le Mali est à un carrefour, comme tous les pays. Il comprend de vastes
étendues désertiques et ses ressources naturelles sont assez faibles.
sont assez faibles

La décision du Président de la République a sonné comme une surprise. Après tous les atermoiements des grandes puissances et des organismes internationaux, l'intervention de la France au Mali a été actée, comme on dit.

Ce vaste territoire (2 fois la France métropolitaine) situé au milieu du continent africain a été une colonie Française jusqu'en 1960. Ce serait pourtant une absurdité au regard de l'histoire comme de la politique que de considérer que l'intervention militaire relève d'un retour en arrière qui permettrait à la France de remettre la main sur un prestige ou un territoire perdu.
La guerre au Mali est en
continuité de notre Histoire,
mais cette histoire n'est
plus la même.  

Il y a donc une histoire entre le Mali et la France, de même il y a une histoire entre la France et tous les pays du monde, non seulement à cause de son histoire, mais le fait même d'être une grande puissance militaire et économique donne à la France une responsabilité. Ainsi ceux qui reprochent à la France de ne pas intervenir pourraient reprocher à la France, soit son impuissance, soit de défendre des intérêts financiers, économiques et stratégiques en n'intervenant pas.


Bien sur, le fait d'intervenir est une prise de risque. Mais pour reprendre la formule de Churchill éviter la guerre au prix du déshonneur ne protège pas toujours de la guerre. Pour l'instant, ce ne sont pour nous que les tragiques prises d'otages, pour les Maliens la soumission des populations des villes à la Charria façon fou furieux islamistes. Les récits de brutalité organisée, de mise en place d'une "justice" religieuse, de viols, de mains coupées sont ahurissants... et durent depuis des mois, sans que seule une condamnation timide vienne s'y opposer.
Je veux rappeler que la population Malienne a imposé dans la douleur et le courage un régime démocratique qui a duré depuis 1992. C'est l'un des rares cas historiques où la démocratie se soit imposée durablement dans un pays anciennement colonisé.

Aussi les propos critiquant l'attitude française au nom d'un néo-colonialisme sont proprement absurdes. 

Est-on plus coupable en intervenant militairement qu'en laissant une population en détresse ?
On ne peut pas se lancer dans la guerre sans se pénétrer de la formule de Clausewitz "la guerre, c'est la continuation de la politique par d'autres moyens.

Première image d'une guerre sans image.
Le premier Ministre rend hommage à Damien Boiteux,
premier soldat mort en mission au Mali.
 
Cela veut dire que la guerre ne saurait être une fin en soi. Derrière les logiques militaires, il y a toujours des hommes, porteurs d'enjeux et d'aspirations humaines, sociales et économiques. Il y a toujours des hommes capables de tous les héroïsmes et de toutes les horreurs.

La guerre au Mali est une prise de risque qui doit permettre une modification du rapport de force permettant un retour du politique. L'intervention de la France n'aurait pas de sens si elle ne permettait pas une redéfinition du non seulement du projet politique malien, mais aussi une modernisation et une pacification des relations entre les différentes ethnies et entre les cultures et modes de vie. 
Raison de plus pour gagner cette guerre, tout en sachant qu'elle n'est qu'un palliatif. Nous savons que la guerre est une chose horrible et grave. Elle ne saurait être un sujet de satisfaction.

Pour l'instant, il n'y a pas d'Etat Malien, il n'y en a plus, ou si peu. La situation fait penser à celle de la Somalie, l'écueil à éviter par excellence. Rien ne dit qu'on saura l'éviter. La France, de toute évidence a raison de mener la guerre contre la régression et contre la dictature islamique. Mais elle aura tort si dans l'avenir nous devons dire qu'elle a perdu cette guerre. Elle aura tort si cette guerre n'aide pas à construire la cohérence d'une politique étrangère européenne. elel aura tort si elle ne permet pas au Mali et au final à l'Afrique de construire son indépendance et son avenir.





 



dimanche 6 janvier 2013

Merci Monsieur le Président ...

vous revenez quand vous voulez  !


Un vrai bonheur que de recevoir le plus haut représentant de l'Etat à Louviers. Je vous livre ci-dessous quelques photos transmises par Ghislaine Baudet. Il y en aura d'autres que j'afficherai au fur et à mesure.
François Hollande aux cotés de Franck Martin échange avec
les élus présents dans la salle Pierre Mendès-France
Nous avons déjà commenté et analysé le fait politique, voici quelques images transmises à chaud, à compléter par l'interview du président dans la cour de la mairie de Louviers aux cotés de Franck Martin, que l'on peut consulter en cliquant  .
Je n'ai jamais vécu de toute ma carrière de visite présidentielle. Juste quelques visites ministérielles, qui ont été des moments importants... mais il faut le dire, n'ont rien à voir avec celle d'un président de la République. 
Jamais effectivement Louviers n'avait reçu de Président de la République depuis la visite dans notre ville du Général de Gaulle, accueilli précisément par Pierre Mendès France
Ernest et Franck Martin entourent François Hollande à
l'écoute de Daniel Marinier ancien directeur des services
 techniques de la commune de Louviers
Encore faut-il préciser, même si cette rencontre était encore plus exceptionnelle, et encore plus historique, que l'Etat était en train de se reconstruire et que le Président de la République n'avait pas le statut qu'il a actuellement, précisément assis par le Général de Gaulle mais dans d'autres circonstances.
En fait, outre la rareté de l’évènement, il y a aussi tout ce que peut représenter une telle visite sur le plan de la logistique. 
J'ai regardé Diego  Ortega, le directeur de cabinet du maire gérer cette situation avec brio, assurant et le bon déroulement de la rencontre, et la satisfaction des participants, ménageant au passage susceptibilités et exigences, le tout dans le concert des compétences entre services de l'Etat, services municipaux, attentes de la presse et de la population. Le tout dans la terrible urgence d'un évènement qui devait se dérouler dans la semaine... car la confirmation de la visite présidentielle a été très tardive. 
Un président qui prend plaisir à l'écoute
du peuple
Pour donner une idée du poids de l’évènement, au delà de la présence de cars de CRS stationnant dans la ville, des policiers s'affairant un peu partout cependant que les services de sécurité de l'Elysée coordonnaient leur action épaulés par les services préfectoraux, ce qui n'était pas sans provoquer quelques perturbations dans la cité ... je voudrais citer le nombre de journalistes qui suit un tel évènement. Effectivement, quand un ministre se déplace, nous avons la presse locale et régionale, mais cela n'intéresse pas grand monde.
La Présidence de la République, c'est forcément autre chose  C'est l'alpha et l’oméga de la politique française. C'est bien ce que les lovériens, et bien au delà, tous ceux qui ont voulu assister à l’évènement ont ressenti.
Michel Natier, directeur du Musée de Louviers,
voit son travail couronné par la visite du
Président de la République à l'occasion de
l’exposition Pierre Mendès France.
Au total, je n'ai entendu que des satisfactions. Entre ceux qui ont pu se mêler aux élus à l'intérieur de la cour de la mairie, et ceux un peu frustrés qui sont restés à l'extérieur mais ont connu des moments d'échange avec François Hollande. Sans doute, puisqu'il faut parler aussi de ce qui n'a pas été, faut-il évoquer les nombreux usagers du marché de Louviers qui ont attendu vainement le président, lors même que celui-ci était retenu à Val de Reuil, par un échange avec les salariés de Pétroplus... 
Mis à part ce léger décalage, prévisible mais pas souhaitable, tout le monde a été heureux. Même la trentaine de vieilles badernes conservatrices du Npa ont pu faire leur concert de revendication sur la place du Parvis, parfois couverts par les cloches de l'église. Ils ont pu même se vanter d'avoir fait reculer l'état français comme si le président avait besoin d'eux pour être en retard... mdr !
Non, au delà du bain de foule, de l'hommage rendu à Louviers et à Mendès France, reste à jamais à Louviers ce souvenir d'une journée particulière, où chacun mesurait qu'au delà de la dimension politique exceptionnelle que véhicule un chef d'Etat en France, François Hollande dégageait une chaleur humaine, une simplicité exceptionnelle.
Transmise par Françoise Martin, cette photo où l'on aperçoit
François Hollande en face des radicaux ébroïciens Michel
Champredon (maire d'Evreux) , Françoise Martin
et Didi Boketsu
.
On sent que c'est au contact du peuple que François Hollande tire l'énergie indispensable à l'action politique au plus haut niveau. Est-ce cela qui permet de se maintenir sainement dans une situation où tout un chacun perdrait pied, dans cette fameuse constitution qui donne tant de pouvoir au Président de la République, est-ce cela qui fut offert au public lovérien : le spectacle d'un homme d'exception endossant les habits d'un président normal ? 
Merci encore Monsieur le Président, et recevez tous les encouragements des radicaux, des lovériens, et au delà pour votre personnalité et pour votre action. 



PS : pour dire les choses, et les dire clairement, une personne n'a pas été citée dans l'article ou à peine, et c'est bien dommage. Je me permets donc de réparer. Cette visite présidentielle est certes liée à l’évènement que représente la magnifique exposition réalisée par le musée de Louviers à l'occasion du 30e anniversaire de la mort de Mendès France... mais cette visite n'aurait pas eu lieu sans la demande du député François Loncle qui a ainsi rendu hommage parallèlement à la figure du grand homme d'Etat, à l'action menée par la municipalité de Louviers et de son maire Franck Martin. Qu'il en soit chaleureusement remercié.






mercredi 2 janvier 2013

Une année 13 active ...

13 attaché à la personnalité de Pierre Mendès France,
Franck Martin  commence son année sur les chapeaux
de roue.
C'est une année qui commence très fort : depuis le 1er janvier à 0 heure, la nouvelle communauté d'agglomération Seine-Eure existe.
Elle est le résultat de la fusion des communautés Seine-Eure et Seine-Bord, seul exemple de ce type dans toute la Normandie. Elle est surtout la concrétisation du combat mené par Franck Martin et ses amis pour créer un territoire cohérent et attractif au sud de Rouen, dépassant les logiques de clocher et les égoïsmes partisans.
Lundi l'élection du nouveau président aura lieu. Chacun s'attend à ce que Franck Martin, le principal artisan de cette réussite soit logiquement réélu.
Entre temps, samedi, le maire de Louviers aura reçu le président de la République, venant rendre hommage à Pierre Mendès France à l'occasion de l'exposition éponyme qui se tient au musée de Louviers. Il s'agit d'un hommage exceptionnelle, la dernière visite présidentielle Louviers avait été organisée par ... Mendès France lui-même qui avait fait venir dans sa ville le chef de l'État en 1945.
Au delà de la ville elle-même, de son maire, et du grand homme d'État que fut Pierre Mendès France, il faut y voir la reconnaissance de la doctrine mendésienne, incarnée par les radicaux. Il s'agit juste de s'appuyer sur les principes humanistes pour promouvoir une vision du monde moderne et Républicaine, débarrassée des fatras idéologiques mortifères ressassés par la faction la plus conservatrice de la gauche.
Voilà une année qui commence sur les chapeaux de roue. Après, il s'agira de tenir le rythme !
Je souhaite à tous les radicaux, à tous les lovériens, à tous les Eurois
Une année 13 en forme,
Une année 13 active,
Une année 13 heureuse,
Une année 13 humaniste,


Olivier Taconet
président de la fédération de l'Eure
du parti radical de gauche