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mercredi 3 mai 2017

Présidentielles, résultats sur la Case, enseignements et appel aux commentaires

La place de l'agglo dans le département dont elle
représente un peu plus de 10 % de la population
Un peu d'indulgence, cher lecteur, pour cette première analyse des résultats sur le territoire de l'agglomération. J'ai eu une semaine chargée, ce qui fait que je ne livre que tardivement le résultat d'une analyse succincte. Il n'empêche, je vous livre ci-dessous les résultats exhaustifs du premier tour sur le territoire de l'agglomération. C'est une donnée qui reste toujours utile, car après tout, on peut en penser ce qu'on c'est dans le suffrage que se livre le corps social. 
La Communauté d’agglomération est un territoire passionnant. Deux villes (j’ai bien dit ville et pas village, comme le fantasme le parisianiste Priollaud), deux bourgs de plus de 4.000 habitants, et des tas de communes à sociologies différentes en font un modèle parlant pour le décryptage d’un scrutin. A ce titre, avec le nombre de candidats d’un des élections les plus imprévisibles qui soient, je me permets de livrer une analyse succincte à chaud.

Participation
La participation est plus faible que nationalement sur l’agglomération Seine-Eure.
C'est à deux communes du plateau du Neubourg , Terre de Bord (commune constituée de la fusion de Tostes et de Montaure) et surtout Surtauville que reviennent la palme du civisme avec 86 et 90 % % de votants cependant que les deux grandes villes du territoire, Louviers et surtout Val de Reuil, ont respectivement mobilisé 69 et 63 % de leurs inscrits pour ce premier tour. C’est faible sur Louviers, plus faible encore sur Val de Reuil … quoi que, si l’on compare aux participations habituelles, Louviers s’est moins mobilisée que d’habitude à l’inverse de Val de  Reuil.

Reste à savoir si la mobilisation a joué un rôle sur le score des candidats sur le territoire, tenant compte du fait que, bien souvent, plus on habite un centre urbain, et moins l’on vote...  Ce n’est qu’un constat, même si cela ne relève pas de l’automatisme. D’autant que la participation au Vaudreuil infirme ce principe.

Le score des candidats
Le territoire n’a pas voté comme le pays. L’ordre d’arrivée est même nettement modifié.
Marine Le Pen arrive en tête avec 26,8 % des voix, sans aucun relai municipal. Elle devance Mélenchon, 21,9 %, Macron est 3e avec 20,42 %, Fillon, 4e avec 15,31 % cependant que Hamon devance Dupont-Aignan avec respectivement 6 ,28 et 5,35 %. Les autres candidats sont marginalisés, même si, parmi les candidats de la marge, on remarque pour l’anecdote que c’est Asselineau qui fait le meilleur score.
Il n’en reste pas moins que, comme partout ailleurs, les candidats issus des primaires, représentatifs des partis jusqu’ici structurants sont cruellement balayés.
La droite avec Fillon fait un peu plus de 15 % des voix, et fait l’un de ses pires scores à Louviers, alors que le maire et futur candidat aux législatives en avait fait la campagne. C’est grâce aux petites communes que la droite arrive à se maintenir hors de l’eau.
Hamon, candidat issu des primaires de la gauche fait son meilleur score à Val de Reuil, mais, surprise, dans ce fief de la gauche, c’est Mélenchon qui casse la baraque. Derrière Alizay (41 %), il y réalise son meilleur score avec plus de 30 % des voix.
Marine Le Pen, arrive en tête des suffrages du premier tour avec plus d’1/4 des votants (26,4 %). On peut se consoler en disant que c’est moins qu’à l’échelle du département, mais le score est impressionnant. Pour la première fois, l’extrême droite est en tête à Louviers.  Le Pen réalise son meilleur score dans des communes à sociologie opposée : Connelles et Le Manoir, où la frontiste dépasse 40 %. Exception faite de La Haye Le Comte et de Portejoie, elle fait partout plus de 20 % des voix. Un carnage pour la démocratie, qui réclame un traitement en profondeur. Nous en parlerons plus tard. Pour l’instant, on serre les fesses en attendant le deuxième tout.
Mélenchon, la gauche n’est pas morte
Mélenchon casse la baraque, sur le territoire comme dans le reste du pays. Le fait qu’il fasse son meilleur score à Val de Reuil n’est pas le fait du hasard. Qu’est ce qui a le plus séduit son électorat ? Son attachement à la Russie et à des grands et petits dictateurs ? Sans doute pas … La transformation du candidat de la posture du râleur au gentil séducteur à l’écoute de tous ? Sans doute. Il n’empêche il a su séduire et marquer un électorat à gauche, ce qui ne facilite pas l’avenir d’une gauche réaliste. Sur quelle base va-t-il être en mesure de le structurer, sur quelle base la gauche insoumise va-t-elle pouvoir se structurer lors même que deux candidats mélenchonistes vont se présenter aux législatives, le maire communiste d’Alizay et l’inénarrable Frau, qui ose se présenter pour le Front de Gauche après avoir été socialiste, communiste, radical, modem, et du Rassemblement pour la France, ancêtre du Debout la France de Dupont Aignan  ?

L’avenir nous le dira … et dans pas longtemps.
En attendant, chers lecteurs de la Case comme d’ailleurs, dimanche prochain, il y a bien une priorité : voter Macron contre l’extrême droite et la perspective d’une France raciste mettant en danger nos libertés et les valeurs de notre République.
Vive la République,
Vive la France !



C'est vrai, le tableau est un peu petit et il manque de couleurs, mais il a le mérite d'exister. Vous pouvez après tout
en faire un copié-collé et l'agrandir à votre guise. N'oubliez pas de critiquer ma vision des choses  et de me faire part de vos commentaires. Merci

dimanche 4 décembre 2016

café radical vendredi : Peut-on bloquer Marine Le Pen ?

Terrifiante perspective. L'état de la gauche à quelques mois des Présidentielles ne laisse espérer qu'un terrible choix entre la droite extrême représentée par Fillon et l'extrême-droite de Marine Le Pen. 
Les sondages donnent Fillon gagnant alors que la campagne n'est pas encore lancée... mais on est bien loin de toute certitude. Le populisme gagne des points un peu partout dans un monde incertain. Le programme de Fillon est à l'opposé des valeurs de gauche sur le plan social comme sociétal. Déjà des voix de gauche s'élèvent pour dire qu'elles ne se porteront jamais sur Fillon. 
L'Europe aura les yeux fixés sur la France au soir du premier tour. La défaite de l'extrême droite en Autriche laisse entrevoir un répit à la montée du populisme, La question de Le Pen est, hélas, devenue la question de l'avenir de la France, de l'avenir de la politique, de la droite, du centre et même de la gauche.  
Le café radical relève le défi et pose la question lancinante de la politique : 

Peut-on bloquer Marine Le Pen ? 

Paul Dhaille,
délégué national du
parti radical du gauche
Pour en parler Paul Dhaille et Franck Martin.
Paul Dhaille, ancien député maire de Lillebonne est délégué général du parti radical de gauche
Franck Martin
et
Franck Martin, ancien maire de Louviers, figure politique régional
animeront le débat ouvert à tous.




café radical 

Vendredi 9 décembre à 18h30
Au Big Arts
39 rue du Quai
27400 Louviers





vendredi 25 novembre 2016

Prochain café radical : peut on bloquer Marine Le Pen ?

L'avantage des primaires de la droite, c'est qu'on n'aura guère parlé de Marine Le Pen pendant quelques semaines. Mais ni la crainte, ni l'absence de crainte n'évite le danger. 

Fillon sera très probablement le candidat de la droite dimanche soir. Il aura non seulement à affronter la gauche, ou les gauches, mais il aura aussi à affronter l'extrême droite, mauvaise surprise de presque toutes les élections depuis 2002. La victoire de Trump aux Etats Unis a d'ailleurs remis en selle le cauchemar de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. 
Comme l'a presque dit Beaumarchais "il faut se dépêcher de parler de tout de peur d'être obligé d'en pleurer". 
Le café radical, pour sa reprise après de trop longs mois d'absence, a décidé de porter le débat. 

 Peut-on bloquer Marine Le Pen ?  

Paul Dhaille, délégué général du parti radical de gauche sera l'invité du café et présentera les données et les perspectives du moment à l'aube d'une année qui se révèle d'ores et déjà très politique.
Venez nombreux, avec vos certitudes, vos interrogations, et votre écoute. Le café radical est ouvert à tous.
café radical au Big Arts
vendredi 9 décembre, 
de 18h30 à 20 h
39 rue du quai
27400 Louviers





mercredi 2 juillet 2014

Faisons un cauchemar ...

Voilà, nous sommes en 2017
Voilà, à la suite d'un premier tour qui a vu la candidatures à gauche, la candidature à droite d'un Sarkozy déconsidéré, de son ex-premier ministre François Fillon, et d'un candidat centriste ... Marine Le Pen aborde le deuxième tour de la présidentielle avec 40 % des voix !
Voilà, vous attendez désespérément qu'un réveil sonne, qu'on vous dise que vous avez mangé trop lourdement, que vous allez revenir à vous et que c'était qu'un mauvais rêve ...
Vraiment ?
Tout cela est impossible ?
A voir, hélas ...
Sans doute ne dépend il que de nous que cela soit impossible. d'éviter de nous réveiller avant qu'il ne soit trop tard ... et n'est il pas déjà trop tard ...
Ce sont les questions qui seront posées lors du café radical, après demain...
Ca se passera à 20h30 (et non 18h30 ... horaire changé en raison de la présence de la France lors des 1/4 de finales de la coupe du monde de football).
Vous pourrez manger, ou juste boire un verre, mais en tous les cas, débattre sur un sujet majeur qui continuera de marquer la vie politique des prochaines années.

PEUT ON ARRETER LE FRONT NATIONAL?

 
Le résultat des élections européennes imposent de reconsidérer l'attitude du monde politique vis à vis du Front National. La gauche déchirée ou déconsidérée, la droite en voie d'implosion, et la sale bête qui monte, qui monte ... Tout cela fait que nous ne devons pas limiter notre attitude à la seule dénonciation de ce que représente le Front National. La montée nationaliste est-elle le reflet d'un monde qui bouge en quête d'identité et de repères ?  La République est-elle en danger ou seulement dans une mauvaise passe ? Voilà les questions auxquelles les républicains doivent répondre, et qui seront soumises au débat vendredi soir avec Pascal-Eric Lalmy.

lundi 9 juin 2014

Faute politique toi-même !

Pour ceux qui en auraient douté Marine Le Pen est bien facho.

Aucune rupture entre Marine et Jean-Marie Le Pen, juste une divergence de
point de vue. Si Marine Le Pen ne rit plus aux sales blagues racistes de son
Papa gâteux, c'est que ça nuit à sa carrière politique.  
Et c'est sans doute la grande victoire de Jean-Marie Le Pen a fini par remporter sur sa fille rebelle ... celle qui voulait se faire passer pour une démocrate, chantre d'une politique nouvelle, propre sur elle, et n'ayant rien avoir avec les affres du passé de l'extrême droite française.   
Image du camp de Dachau récemment libéré. Les corps
suppliciés, en plaisanter est une faute politique pour
Marine Le Pen.  C'est tout ? 
Voilà son père qui se tord de rire en ressortant une vieille blague de congrès d'anciens collabos en mitonnant un jeu de mot entre tournée et fournée ... allusion insupportable aux fours crématoires et à la justification de la politique de Vichy et des nazis visant à l'extermination du peuple juif.
Bon, on savait que le père Le Pen était un vieux facho antisémite, revendiqué et fier de l'être, ne reculant que devant la justice qui l'a condamné plusieurs fois. Condamné par la justice, mais pas par sa fille, ni par le parti qu'elle dirige. Les blagues de vieux fachos, ne sont qu'une faute politique. Ce n'est pas une abomination, pas même une faute morale. Politique qu'elle est la faute ! Et c'est cette même personne qui a pris les voix d'un tiers des électeurs ? Ça fait froid dans le dos, non ?

Voilà pourquoi, je vous invite dès à présent à en parler lors du prochain café radical dont le sujet sera :

Peut-on arrêter le Front National ?


Le débat sera animé par notre ami Pascal Eric Lalmy, historien et membre du bureau national du Parti radical de gauche.
vendredi 4 juillet
à 18 h 30
Brasserie "Le Jardin de Bigards"
39 rue du Quai
à Louviers

lundi 2 juin 2014

Que faire contre le Front National ?

Une fois passée les premières émotions :
ni rire, ni pleurer, mais comprendre avant
de combattre.

Dans une élection, tout le monde parle à voix basse, même ceux qui se taisent. Mais, comme il y a beaucoup de monde, ça fait beaucoup de bruit... en fait, dans le résultat des élections, c'est toujours un pays qui parle.

Les élections européennes sont un moment particulier dans cette prise de parole, même si elles engrangent beaucoup d'abstention. Mais après tout, ce n'était pas tellement le cas cette fois-ci (il y a même eu un léger mieux par rapport à la dernière fois) ! 
Elles sont un scrutin à part. C'est la seule fois où l'électeur n'a qu'un seul tour. Tout le monde part en même temps. Tout le monde arrive en même temps. Certes le choix de découper la France en grande circonscriptions[i] fausse un peu la donne, mais on peut estimer avoir une bonne idée de ce qui se passe dans la tête du peuple de France.
C'est bien pourquoi, tout déni est impossible après une élection. Il existe bien, à chaque fois un message. Même si chaque électeur ne porte que sa propre voix, c'est l'ensemble des voix qui crée un chant harmonieux, un brouhaha désagréable ou un tumulte insupportable.
Et les Européennes, ça a été ça ! Le tumulte. Le tumulte des résultats, suivi du tumulte des analyses. Un vent de culpabilisation réciproque. si les gens ont voté front national, c'est de la faute des autres, soit qu'ils aient trop parlé du front national, soit qu'ils l'aient ignoré, soit qu'ils l'aient diabolisé, soit qu'ils l'aient normalisé.
Et de fait, le Front national a été ainsi traite, tour à tour pendant trente ans. Je me souviens de l'effroi que j'avais éprouvé en voyant le parti de Le Pen obtenir 10 % aux élections européennes ... en 1984, alors que Le Pen lui-même n'avait pu se présenter à la présidentielle de 1981 et réalisé 0,75 % des voix en 1974. 
 
Hervé Le Bras, démographe. Son l'analyse géo-politique est
impatiemment attendue des spécialistes après chaque élection
Comme beaucoup, j'attends toujours avec impatience l'analyse qu'Hervé Le Bras publie régulièrement dans Libération (vous pouvez cliquer sur le lien, mais manque de pot, c'est réservé aux abonnés... dommage !) après chaque scrutin électoral. Il y a là toujours quelque chose de rassurant après l'émotion des premiers moments, quand on cherche à savoir ce que disent les urnes ... après en avoir enregistré les résultats. La raison, après l'émotion.
L'invention de la France, co-écrit par
Emmanuel Todd et Hervé Le Bras
reste un ouvrage de référence pour
comprendre l'évolution régionale de
l'opinion française.


Le problème est qu'Hervé Le Bras n'est pas vraiment rassurant. Quand il parle d'une France coupée en deux, ça n'a pas le même sens que d'habitude. Certes, le Fn n'a pas progressé partout de la même manière[1]. Hervé Le Bras signale à juste titre que c'est dans les régions en mauvaise santé économique que le FN a réalisé ses meilleurs résultats, confortant le tournant politique de Marine Le Pen qui prône, au rebours de son père, le retour de l'Etat et la dénonciation du libéralisme économique. Son électorat est d'abord éloigné des grandes agglomérations, s'inquiète de l'absence des institutions qu'il accuse de le délaisser.

De fait, le vote massif pour le Front National traduit un rejet massif des élites. Plus les élites sont éloignées, plus elles sont rejetées, mais les élites, comme le rejet, commencent très bas. Ainsi (mais ce n'est pas ce que dit Hervé Le Bras) le rejet touche bien sur les Enarques, traditionnel sujet de rejet, les politiques, mais va jusqu’au plus bas niveau des institutions, tel l'enseignement par exemple.

Cela fait justement penser que la traduction française de la crise, laisse s'acheminer chez l'individu, le sentiment que les autres auraient tout cependant qu'il n'a rien. La perte de confiance, écrit Hervé Le Bras, qu'une population accorde à son élite est lourde de menace pour l'avenir.
Alors, voilà. Moi qui, sur ce sujet comme sur tant d'autres, moi qui, comme beaucoup d'autres, me suis beaucoup trompé sur ce sujet en refusant de faire du front national l'alpha et l'omega de l'action politique, je peux vous annoncer la prochaine tenue d'un café radical sur le sujet.
Ca s'appellera sans doute : est-il possible de stopper le Front National. La date, le lieu et le nom de l'intervenant vous seront bientôt précisés.

 





[1] Signalons au passage que le score canon réalisé dans la circonscription dénommée Nord-Ouest, et qui va de la Belgique à la Basse Normandie est notamment dû à la présence de Marine Le Pen en personne comme tête de liste face à des concurrents parfaitement inconnus ... effet pervers de la limitation du cumul des mandats et du découpage de la France en circonscriptions illisibles... sur ce point, la volonté conjointe des grands partis structurants (enfin, qui l’étaient à l’époque) de marginaliser toute voix discordante s’est avérée un échec patent.

 











Hervé Le Bras