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mardi 6 octobre 2020

Laurent Joffrin à Pont de l'Arche : l'événement politique


 

La venue de Laurent Joffrin fait figure d'évènement politique de la rentrée

Pas seulement parce qu'en ces temps d'épidémie sanitaire, les débats nous manquent. 

Pas seulement parce que les leaders politiques sont frileux, se contentant aux mieux de déclarations générales, ou aux pires de déchirements internes aux formations. 

Mais surtout parce que Laurent Joffrin est une personnalité rare, grand journaliste, écrivain, patron de presse (il a dirigé et Libération et L'Obs à des moments où ces titres, comme l'ensemble de la presse française et en particulier la presse politique était en danger) qui vient de lancer un mouvement politique dont l'ambition est de renouveler le logiciel d'une gauche éparpillée, à un moment où, précisément la France, au minimum a besoin d'une gauche, à un moment où la confrontation sociale, les enjeux écologiques, imposent une nouvelle définition de l'action, imposent un nouvel engagement. 

Laurent Joffrin vient de lancer son mouvement, quittant ses fonctions de dirigeant de Libération et même de journaliste à la surprise générale. 

Un tel événement mérite toute notre attention. Les Radicaux de gauche du département sont particulièrement fiers d'inviter tous ceux qui s'intéressent à la reconstruction de la gauche à participer au débat qui sera la première sortie hors du cercle parisien de son mouvement politique  engageons-nous

Laurent Joffrin pourrait être l'aimant que beaucoup attendent à gauche, celui qui permettra de rassembler toute la limaille dispersée pour construire une gauche moderne répondant aux défis écologiques et sociaux de notre temps. 

Voilà, s'il en était la meilleure raison de participer à la réunion- débat organisée 

vendredi 9 octobre à 18h30, à Pont-de-l'Arche, 

salle des Art's chépontains, 16 rue Maurice Delamarre. 

Nota bene : lors de cette réunion, bien entendu, les mesures sanitaires seront strictement respectées : sièges espacés, masque obligatoire, et micro désinfectés après et avant chaque prise de parole. 



lundi 12 mars 2018

Quand on le disait que la gauche n'est pas morte !

Photo fondatrice du 9 décembre 2017, quand nous avons
refusé le suicide programmé par la présidence du parti radical
de gauche. Non, nous refusons de rejoindre une famille qui n'est
pas la notre. Etre radical, c'est être de gauche. On garde le G
Ce n'est qu'un signe, mais c'est un signe incontestable. 
La gauche de gouvernement est en voie de retrouver son siège en Haute Garonne, et nettement. 
Certes, la participation est faible .. mais pas tant que ça, finalement. 35 % de votants, on a vu nettement pire. Bien sûr aussi, la circonscription a été l'objet de toutes les attentions nationales. Mélenchon s'est déplacé en personne, et la présidente de la Région, la socialiste Carole Delga a tenu, elle aussi meeting. 
Les résultats sont d'autant plus significatifs. 
Le député sortant socialiste, maire d'Encausse-les-Thermes, est largement en tête de ce premier tour avec 38,74 % devant Michel Montsarrat (La République en Marche) avec 20,31 %. Ils seront tous deux au second tour.
Les autres candidats sont tous en baisse si on compare leurs scores à ceux de juin dernier. 
Philippe Gimenez perd un point pour La France Insoumise) avec 13,02%, Marie-Christine Parolin (Front national) en perd 4. 
La droite diminue son score de moitié. Les autres résultats sont anecdotiques. 
Bien sûr, l'élection ne sera jouée qu'à la suite du deuxième tour, mais sauf énorme surprise, elle devrait voir celui qui n'avait gagné que de quelques 91 voix l'emporter très largement. 
Le phénomène remarquable c'est que non seulement il est sélectionné pour le deuxième tour mais qu'il arrive largement en tête alors qu'il était largement devancé il y a quelques mois (33 % pour la République en marche contre 17,78 %). 
L'on voit ainsi que la place existe pour une gauche constructive, dont la volonté est d'offrir une alternative crédible au pouvoir centriste. La gauche mélenchoniste est marginalisée malgré ou grâce à ses efforts sans effets. 
Déjà, dans ce blog, nous avions noté et insisté sur le fait qu'à Orthez et à Auterives, dans le cadre d'élections municipales partielles, la gauche l'avait emporté. 
Non, Macron peut se dire que la gauche n'est pas morte. Elle ne va pas bien, c'est sûr. Elle est fragile, c'est sûr aussi, mais avec du soleil, beaucoup d'eau, de l'espérance et de la volonté, la gauche est appelée à renaître et à vaincre si elle est à même d'offrir un projet réaliste et novateur.

Les Radicaux de gauche y prendront toute leur part.

mercredi 7 mars 2018

Un spectre hante le monde ...

Et ce spectre, c'est le spectre du populisme[1].


Coluche est l'image sympathique du populisme à la
française. Tellement sympathique qu'après avoir compris
qu'il pouvait nuire au renouvellement de la vie politique
en empêchant la victoire de la gauche a décidé de ne pas
se présenter à la présidence de la République malgré des
sondages très favorables. Il a continué son action citoyenne
autrement en créant "les restaurants du cœur". Reste que
Coluche était dans la tradition française de dérision absolue
du monde politique et social à l'image de Hara-kiri. Beppe
Grillo, comique italien devenu homme politique dit s'en être
inspiré.
L'avantage avec les élections en Italie, c'est qu'on ne peut pas faire comme si le danger populiste n'existait pas. Le mouvement 5 étoiles, initié, propulsé par Beppe Grillo a hissé son leader Di Maio largement en tête des élections italiennes. Cette élection, qui effraie l'Europe, fait suite au brexit, à la coalition droite-extrême droite en Autriche, sans parler de ce qui se passe en Hongrie, et, bien loin de l'Europe, aux Etats Unis,  au Venezuela et aux Philippines... Bien entendu, la liste n'est pas exhaustive. 


Reste que, justement, et à propos de spectre, c'est pas le tout, mais comme me dira ma petite fille dans pas longtemps : c'est quoi le populisme ?.. et, question bonus, en quoi c'est dangereux ?

Bon, pas facile tout ça. Dans populisme, il y a peuple. Or, depuis la naissance de la démocratie moderne, c'est bien le peuple qui est au cœur de tout, et qui motive la démocratie (d'ailleurs, démocratie, ça veut dicre : pouvoir du peuple). Alors, pourquoi la démocratie aurait-elle peur du peuple ? 
Chavez et Maduro ... y a pas qu'en Europe
Bonne question. Il n'y a pas de démocratie sans peuple. Les partis, qui sont nés avec la démocratie, font tous la cour au peuple. Normal, c'est le peuple qui élit ses représentants et que ceux-ci s'affichent avec des étiquettes qui aident les électeurs à se repérer.  
Sauf que ça ne marche pas toujours. Les partis, on sait ce que c'est, pas le peuple. C'est ce qui fait d'ailleurs que chacun peut parler en son nom. 
Sans doute se trouve ici l'essence du populisme lors même que le populisme a pu prendre de nombreuses formes au long de sa brève histoire ... une histoire cependant pas moins longue que celle de la démocratie moderne.

La Russie et les premiers populistes 

En fait, le populisme apparaît comme l'enfant ingrat de la démocratie ... même si le mot apparaît pour la première fois en Russie sous la dictature tsariste. Il s'agit d'un mouvement d'intellectuels, rejetant le conservatisme et persuadés que le peuple et en particulier la paysannerie très majoritaire doit être écouté et se constituer comme avenir de la Nation. L'idée généreuse se cassera les dents. Les paysans rejettent les intellectuels qui sont eux mêmes persécutés par le pouvoir tsariste. Il mourra mais ce premier mouvement aura joué son rôle dans le sens d'une opposition au pouvoir et se traduira par un développement du socialisme, de sa construction et de ses diverses formes d'organisation qui joueront un rôle majeur dans la révolution qui se déroulera en 1917. 

La France et le boulangisme

C'est en France que l'on trouve la première expression du populisme tel qu'on l'entend aujourd'hui. Passionnante l'histoire du boulangisme... Il faudrait que j'y retourne. Ce qu'on peut dire pour résumer, c'est que ledit général profite de son prestige et de sa notoriété pour emmener derrière lui un ensemble  agglomérant des représentants de l'extrême gauche à l'extrême droite. On est là dans l'essence du populisme où, dans la critique du système et de ses représentants, amalgame toutes les frustrations politiques et sociales dans un ensemble puissant. Ça se passe quelques années après Napoléon III, quelques années après la Commune. Le monde politique est incapable d'offrir une perspective à la Nation française. Ses représentants sont disqualifiés. Bref, on est à la recherche d'un héros, d'une grande gueule, et on est en train de définir le populisme. 
Caricature du général Boulanger avec
un discours qui se sera repris par
tous les populismes sous des formes
diverses : du balai !
Malgré tout, le Boulangisme s'éteint sans catastrophe, essentiellement parce que le Général Boulanger, malgré tous ses défauts reste Républicain et refuse de marcher sur l'Élysée à la suite d'un triomphe électoral. Les atouts du général ? Pour faire vite, il défendait un idéal républicain qui lui valut de nombreuses sympathies à gauche et y compris chez des personnalités telles que Clemenceau ... et d'autre part il était un général reconnu et estimé qui, dans le besoin de revanche à la suite de l'humiliation subie en 1870 lui assura le soutien de toutes les factions de droite, des royalistes au napoléoniens. L'histoire est bien sûr beaucoup plus compliquée et je suis preneur de toutes les corrections ou annotations. Ce qu'on doit retenir c'est que le général Boulanger n'a pas voulu du pouvoir malgré l'enthousiasme populaire qu'il avait lui-même suscité. Il mourut en exil, se suicida à la suite d'un dépit amoureux mais pas du tout à la suite de ses déboires politiques. Enfin, le général Boulanger, laissa à la France l'un de ses plus grands tubes populaires  que je vous donne le loisir d'entendre (ici exécuté par l'immortel Bourvil) :  
L'exemple du Boulangisme est éclairant sur le populisme à plus d'un titre. Il casse l'organisation politique qu'il critique. Il s'appuie sur une forte personnalité. Enfin, bien entendu sa puissance charismatique repose sur toutes les ambiguïtés, celles même qu'il reproche aux politiques traditionnels. On peut penser qu'il préfigure tous les populismes d'aujourd'hui, qu'on retrouve dans le poujadisme cette même logique nationaliste opposé au monde politique et qui se traduit par l'impuissance politique. On peut aussi penser qu'il peut avoir un prolongement dans le gaullisme en ce qu'il concerne une personnalité militaire voulant aller au delà des clivages politiques, dans le macronisme même mais Macron n'a jamais critiqué le système, il a juste bouleversé le jeu politique, et  dans le "coluchisme" (en ce Coluche a lui aussi renoncé au pouvoir). 
Et effectivement, ce qu'il y a de plus acceptable dans le Boulangisme c'est qu'il a échoué. Il n'était pas prêt au pouvoir, certes, mais le problème est quand les gens qui ne sont pas prêts au pouvoir, y parviennent et y prennent goût.

Différences entre fascisme, nazisme et populismes

Le fascisme est-il un populisme ? Il n'en est pas synonyme a priori, d'autant qu'entre Boulanger et Mussolini, le premier fasciste la filiation n'est pas évidente. Boulanger n'a pas laissé de trace politique écrite et Mussolini dispose lui, d'une profonde culture politique. Il a été socialiste internationaliste, anticolonialiste et antimilitariste jusqu'en 1914 avant d'effectuer un virage à 180° qui fera de ce dirigeant socialiste italien le créateur du parti fasciste et lui permettra de prendre le pouvoir pour longtemps cachant ses faiblesses politiques par une attitude expansionniste porteuse d'échec. Ainsi la grande Italie se mettra sous la coupe de l'Allemagne de Hitler après avoir semé horreur et désolation dans le monde entier. J'abrège parce que sinon, ça nous mènerait trop loin. 
Le peuple est au cœur des politiques nazies
et fascistes. Mais il y a une différence nette
avec les populismes, en ce qu'il y a une
mystique salvatrice du peuple chez Hitler
comme chez Mussolini, un peu aussi chez
Chavez. Dans le mouvement populiste des
pays développés, le peuple est juste un
enfant mal compris, méprisé, et qui a
besoin de soins et d'attentions.
Je ne pense pas qu'il faille considérer le fascisme puis le nazisme comme un populisme. Certes, on est dans l'exaltation du peuple...mais on lui donne une mission. Le peuple est idéalisé dans les régimes fascistes et nazis. Dans les démarches populistes, ce n'est pas ça. On est dans une démarche maternante. Le peuple n'est pas écouté, on ne fait pas assez attention à lui, il est méprisé. Sous les régimes de Mussolini comme de Hitler, il sait déjà qu'il devra se mettre au pas, qu'on en lui demandera pas son avis puisque son avis sera forcément celui du chef.
Il y a une chose cependant évidente dans le populisme, c'est que chaque mouvement populiste, à chaque période, dans chaque circonstance a sa personnalité et que cette personnalité est forcément liée à celui qui l'incarne. Il reste que le populisme est plus une manière d'être locale qui n'a ni idéologie ni élan. Peut-il alors être dangereux ?

L'exemple du poujadisme

Mis à part de s'opposer à une fiscalité trop
lourde et injuste, le seul credo politique
de Poujade est de s'attaquer aux juifs et
aux parlementaires. Pierre Mendès France
sera sa cible favorite.
Le poujadisme est un exemple très intéressant. On garde de Poujade le fait qu'il se soit opposé au nom du petit commerce à la fiscalité et par voie de conséquence à ceux qui la décidaient, les parlementaires et ceux qui la nécessité : les services publics. Il a renoncé lui aussi au pouvoir malgré son succès impressionnant aux élections législatives qui allaient faire entrer Jean-Marie Le Pen dans la vie politique française. Poujade s'attaquait à Mendès France parce qu'il était parlementaire et juif. Il avait toutes les audaces, mais il n'eut pas les moyens de traduire politiquement sa réussite électorale. Ce qui est intéressant dans la démarche de Poujade est aussi le lien sous-jacent entre racisme et populisme... ce qui n'a pas empêché Poujade par la suite de se fondre dans la vie politique traditionnelle. On remarque pour l'anecdote qu'il a toujours appelé à voter pour le vainqueur de l'élection présidentielle à venir, de Pompidou à Chirac, en passant par Giscard d'Estaing et Mitterrand. 
The economist situait Marine Le Pen entre
le hongrois Victor Orban et Donald Trump.
Des trois, elle est la seule à ne pas être
parvenue au pouvoir ... Victor Orban,
comme Trump rejettent la réalité et plongent
leur pays dans une rhétorique d'exclusion
et d'opposition aux institutions mondiales à
l'extérieur et ouvertement raciste à l'intérieur.
L'histoire donne des exemples terribles des
conséquences que pouvait engendrer cette  
attitude  et c'est précisément pour  les éviter
que ces institutions ont été créées.
C'est que, finalement, ce qui définit le populisme c'est l'incohérence. Or l'incohérence en situation de responsabilité, c'est à dire en confrontation avec le réel peut donner lieu à n'importe quoi, et plus précisément soit à l'acceptation de la réalité soit à son rejet et le déni de réalité peut mener aux pires catastrophes, et notamment aux dictatures et aux guerres qui, comme le disait Clausewitz ne sont jamais que la continuation de la politique par d'autres moyens. 

En acceptant la réalité, en se conformant aux règles 
On dirait que le canard enchaîné lui-même
tombe dans le piège populiste en mettant
tous les démagogues dans le même sac.
Mais la démogagogie, défaut constitutif
de la démocratie, n'est pas la populisme.
du pouvoir démocratique, les populistes cessent d'être populistes et se comportent  précisément comme les pires des politiciens faisant le contraire de ce qu'ils avaient dénoncé hier. C'est cependant ce qui peut arriver de mieux. Le pire reste bien sûr le déni de réalité, la mise au pas de toute opposition y faisant référence ou risquant d'y faire référence. 
Reste maintenant, une fois dressé ce tableau, à l'actualité. 

et l'Italie 

Le comique tribun Beppe Grillo a laissé sa place... pour le
meilleur ou pour le pire. On est passé du "Vaffanculo" mets
toi le dans le cul à une logique plus sécuritaire ... Rien de
rassurant
Les élections Italiennes ont placé en tête le mouvement 5 étoiles, le parti créé par Beppe Grillo. Cas exceptionnel, le créateur d'un parti populiste a laissé la main à l'un de ses jeunes lieutenant, Luigi Di Maio. Il a, a priori, l'attrait du neuf, qui fait souvent la fortune des populismes. Sauf qu'on n'est jamais complètement neuf, en politique comme ailleurs. Issu d'un milieu politique pro-fasciste, il a fait sa carrière professionnelle dans la sécurité. Ça ne veut rien dire mais c'est une indication, lors même que l'on trouvait dans l'environnement protestataire de Grillo de nombreuses personnalités venant de l'extrême gauche ou de l'écologie ... ou des deux. On est là d'ailleurs dans le plus grand flou. De la dénonciation de l'Europe, des partis, des compromis comme image suprême de la nomenklatura, les 5 étoiles ont changé de discours. Ils sont arrivés en tête, largement en tête, mais il sont très loin de la majorité absolue. Leur expérience du pouvoir local est mauvaise, voire catastrophique, comme à Rome dont la maire, Virginia Raggi à peine élue s'est trouvée non seulement incapable de résoudre le problème de ramassage des ordures, sur lequel elle avait fait campagne, mais a eu de graves problèmes une fois révélés les liens de son proche entourage avec Mafia Capitale, scandale financier lié précisément au ramassage des ordures ménagères.
Bref, comme dirait l'autre, rien n'est simple et tout se complique. Le rapport de force issu des élections ne veut plus rien dire. Derrière les 32 % obtenu par les 5 étoiles, le parti démocrate, force de gauche est réduit à moins de 20 %. Il devance la Lega, parti d'extrême droite d'une courte tête lors même que Forza Italia, le parti de Berlusconi, plonge sous les 15 %. 
Petite aparté sur la Lega, que je qualifie comme tout le monde de parti d'extrême droite, avec comme seule ligne politique le refus de l'étranger .. au point qu'il a refusé de condamner ouvertement l'un de ses membres qui a tiré au hasard sur un groupe de gens qui avaient une couleur de peau qu'il jugeait trop sombre. Mais il faut dire aussi que cette Lega, qui a cessé de s'appeler Lega Nord et de se revendiquer sécessionniste. Cette démarche qu'on dit inspirée par Marine Le Pen en personne, lui a en tous les cas permis d'obtenir des voix sur toute l'Italie. Signalons aussi qu'il est répertorié dans le centre droit (!!) puisque non seulement il a revendiqué une alliance avec la droite de Berlusconi, non seulement il l'a déjà pratiqué, mais en plus ledit Berlusconi en déroute a proposé de s'allier avec lui, même minoritaire. Bref, un peu comme si Wauquiez passait un accord avec Marine Le Pen ... comparaison très délicate, Wauquiez étant bien évidemment un parangon de droiture en comparaison avec l'imbattable Berlusconi.
Nous n'en sommes pas là ... d'ailleurs nous n'en sommes nulle part. Et même serions nous plus avancés si cette alliance avait lieu ... même si cette annonce laisse supposer qu'elle agira en faveur d'une alliance entre le mouvement 5 étoiles et le parti du centre gauche entré en crise profonde ... un peu comme le parti social démocrate allemand à l'heure du choix entre l'alliance avec Merkel et un splendide isolement laissant le pays en danger. 
Sauf que là, Renzi, le bâtisseur de la stratégie mise à mal par le parti 5 étoiles refuse de s'allier avec ce dernier... Alors, alors, nous verrons bien ... les paris sont ouverts mais il faut rappeler que, quoi qu'il en coûte politiquement, le vrai adversaire du populisme, c'est l'esprit de responsabilité. 



  


[1] Périphrase naturellement inspirée de la première phrase du Manifeste de parti communiste de Karl Marx, dont j'offre aux gourmands  les premières lignes  pour apprécier à sa juste valeur, remplacer l'Europe par le Monde étant donné que l'Europe en 1948 représentait la pointe avancée du développement mondial :
Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot , les radicaux de France et les policiers d'Allemagne.
Quelle est l'opposition qui n'a pas été accusée de communisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l'épithète infamante de communiste ?
Il en résulte un double enseignement.
Déjà le communisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d'Europe.




 






















mercredi 7 février 2018

Ma réponse à Louis-Marie MARTIN


Louis-Marie MARTIN, lui aussi ex-prg et avec qui j’ai partagé quelques beaux moments, quelques bisbilles et des divergences marquées m’a interpellé ainsi sur facebook  « C'était il y a quelques jours sur le mur de Diégo je crois, je posais la question qu'est ce que vous entendez par "Gauche" quelles valeurs y mettez-vous ? Ce serait sympa de répondre ».

Du coup, un peu énervé, façon Saint-Ex au Petit Prince, je lui ai répondu ça, tant l'exercice me semblait impossible: « Comminatoire[1] Louis-Marie ! Tu veux faire la police façon bolcho... et toi qu’entends-tu comme valeur de gauche ? Qui souhaites-tu exclure de ton champ ? »

Je pensais ainsi avoir répondu non pas à la question de Louis-Marie, mais au problème qu’il posait. J’ai réfléchi, et je me suis dit que non. D’où ma décision de me lancer dans l’aventure et de tenter de répondre à la question de façon succincte, compréhensible, et réaliste. Bref, ce type de défi qu’on se lance sans savoir si l’on a quelque chance de pouvoir relever. Après tout, ce sera au lecteur de juger. Tant pis pour Louis-Marie, tant pis pour moi.

1)       à ta question :" qu'est ce que vous entendez par "Gauche" quelles valeurs y mettez-vous ? Ce serait sympa de répondre."...  je ne répondrai pas.
Tout d’abord parce que je ne peux répondre qu’en mon nom propre, pas au nom du parti des Radicaux de gauche dont je m’honore de faire partie, et encore moins au nom de Diégo qui te répondra s’il le souhaite. Ainsi je ne réponds pas à la question « quelles valeurs y mettez-vous ? », « mais quelles valeurs y mets-tu ? »
La pensée radicale du philosophe
Alain "personne ne peut penser à
ta place"
2)       Comme tu le soulignes toi-même par ailleurs, « il y a des gens qui placent Macron à Gauche, donc de Macron au NPA le champ est un peu large ». Je m’enorgueillis d’avoir visité à peu près toutes les familles de la gauche, des radicaux de gauche à l’ultra gauche[2] en passant par l'anarchisme, le trotskysme sans parler de sympathies diverses, voire, je le concède, de flirts essaimés au fil des ans. Je tire et j’ai toujours tiré une conclusion de tout cela : je n’ai, je n’aurai jamais aucun rôle de police politique ou de police des mœurs : pour être à gauche, il suffit de se sentir à gauche. Je reprends la formule d'Alain, le maître radical "personne ne peut penser à ta place". Je n’ai pas vocation à exclure telle ou telle personne de ce qu’on appelle la gauche. Je sais qu’il y a des gens à gauche avec qui je ne m’allierais jamais comme  je sais aussi qu’il y a des gens à droite avec qui je peux m’allier, mais c’est une autre histoire.
3)       J’ai organisé à Evreux un banquet républicain sur le thème « le radicalisme est-il l’avenir de la gauche ? ». Tu aurais dû venir, et tu aurais pu en débattre avec nous, on était soixante. Conformément à notre démarche, le débat était ouvert à tous et cette question est naturellement venue sur la table. Voilà la manière dont j’y réponds sans vouloir engager qui que ce soit d’autres :
a.        La notion de droite et de gauche est essentiellement républicaine. C’est la République qui a fondé ces notions de droite et de gauche, en plaçant d’un côté de la nouvelle assemblée ceux qui voulaient défendre le du droit de véto et  de l’autre côté (à gauche) ceux qui refusaient le pouvoir absolu du roi.
Ainsi se sont retrouvés autour d’une question historique clivante
·         à droite ceux qui voulaient défendre une société de privilèges

·         à gauche ceux qui défendaient les principes de liberté, d’égalité et de fraternité au cœur d’une société du mouvement (même s'ils ne formulaient pas comme ça).

Depuis deux siècles et demi, ces notions se sont universalisées et ont démontré leur pertinence au travers des époques et des lieux. Elles ont encore leur sens, et c’est pourquoi, lorsque la présidente, l’état major et le parti radical de gauche auquel j’adhérais depuis vingt ans ont dit qu’ils étaient au centre, je ne les ai pas suivis. Je ne suis pas le seul, et ceux qui ont refusé cette logique ont créé un nouveau parti : Les Radicaux de gauche.
Maintenant, tu demandes, enfin, tu ne demandes pas, tu sous-entends : allez-vous rejoindre Macron ? Je suis désolé de ne pouvoir te répondre qu’en mon nom propre même si pour moi la question ne se pose pas comme ça.
D’abord, avant de savoir si l’on doit rejoindre tel ou telle, il faut définir notre projet. Nous nous y attelons, mais, très tranquillement, comme je dis "la première chose à faire est de nous retrouver entre bonnes volontés, voir ce sur quoi nous sommes d’accord, voir ce sur quoi nous ne sommes pas d’accord et voir si nous pouvons travailler ensemble. Les exemples de création d’un nouveau parti sont assez rares dans l’histoire pour que nous puissions prendre toute précaution au-delà de notre détermination
Ensuite, et je te livre là mon analyse, il serait parfaitement idiot de rejoindre le macronisme. Macron a bousculé le cocotier de la vie politique française et continue de le secouer. Il n’a aucun besoin d’une branche supplémentaire. Si c’est pour être Macronien ou macroniste, autant rejoindre « En Marche ». Je ne sais si cette démarche sera majoritaire parmi mes amis, mais je le suppose. Tout simplement parce que je n’ai rencontré personne jusqu’à présent qui désire soutenir la démarche du Président de la République même si certains d’entre nous, dont moi, ne souhaitons pas entrer dans une démarche de critique systématique, mais dans une attitude d’opposition attentive.
6)       Macron rêve de naviguer entre deux pôles situés à l’extrême gauche et à l’extrême droite qui lui garantiraient la survie et le confort politique. Pour moi, c’est une utopie. La solution aux problèmes du monde ne se résout pas à une question technique, où il faudrait laisser les experts décider en dehors des réalités et aspirations sociales ou sociétales. La France, le monde ont besoin de politique, ils ont besoin de cet antagonisme nécessaire  créé par ces visions opposées de la gauche et de la droite, entre ceux qui veulent une société d’égaux et ceux qui voient en l’autre un danger… Entre ceux qui disent que c’étaient mieux avant et ceux qui travaillent à construire un avenir meilleur pour tous. Entre ceux qui se soucient du déclassement et ceux qui se disent que tant qu’on peut s’en sortir personnellement, il n’y a pas à s’en faire.
La figure de Pierre Mendès France. Le radical s'est toujours
placé à gauche. ça n'empêche pas que certains le plaçaient
à la droite de Guy Mollet, pourtant l'exemple même de la
posture politique des grandes déclarations sans effet.
7)       Sur l’attitude qui devrait être la notre, oui, nous estimons qu’un immense chantier s’ouvre pour ce que nous appelons « la gauche de gouvernement » (en attendant mieux, parce que le terme n’est pas très joli). Il est vrai que, loin de la gauche de la posture, la gauche de gouvernement doit encore créer son projet et sortir des antagonismes qui l’ont amené à un jeu de massacre mortifère.

8)       Ce jeu de massacre provient essentiellement de ceux qui rêvent d’une gauche pure. La gauche pure, excuse-moi, je ne sais pas ce que c’est. Je connais les valeurs que je porte, je sais pour quoi je m’engage et d’ailleurs pourquoi je me suis engagé depuis un demi-siècle. Je te dirais même qu’au-delà de moi-même classer quelqu’un de « à gauche » ou « plus à gauche » ou « moins à gauche » ne me concerne pas. Le radical Mendès France se démarque de la gauche Molettiste française à référence marxiste en s’engageant dans la décolonialisation. Savoir s’il était plus à gauche ou à droite n’a aucun sens. Il était porteur de l’histoire et du progrès alors qu’en face, dans la posture marxoïde se réfugiaient tous les conservatismes. Les camps staliniens, la Chine maoïste condamnant sa population à la famine était ils de gauche ou de droite ? Cela m’indiffère totalement. Ce qui compte pour moi c’est que les horreurs qu’ils généraient justifiait tous les combats politiques pour la liberté et l’émancipation des femmes et des hommes.
Selfie au banquet républicain à l'image de ce que doit être
la gauche : joyeuse, lucide, déterminée.
9)       Pour finir, je ferais cette citation indépassable qui justifie mon combat politique et dont je suis heureux qu’elle figure sur l’invitation de la journée du 9 février qui réunira tous ceux qui s’inscrivent dans notre démarche :


La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir.



C'est le 9 février à Paris, Théâtre Edgar (Métro Edgar Quinet)
 de 9h30 à 13 h.







Tu m’excuseras, cher Louis-Marie, et d’avoir été un peu long à te répondre et de n’avoir répondu que partiellement à ta question. L’avenir de la gauche est un débat, est un combat aussi, et tous ceux qui veulent y participer peuvent se joindre à nous.









[1] Comminatoire : qui constitue une mise en demeure, un avertissement ou une menace  ( dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey)
[2] l’ultra gauche est une vraie famille politique qui, de la naissance du surréalisme au situationnisme a nourri l’intelligentsia française pendant un demi-siècle et auprès de laquelle le pâle « Nouveau Parti Anticapitaliste » fait figure d’une vieille photo  polaroid au sens où elle ne peut ni être reproduite, ni être analysée et ne représente guère d’intérêt.  

lundi 5 février 2018

"En marche", marche beaucoup moins bien ....

...Forcément ! 


Dire qu’En Marche ne marche plus serait excessif … mais une chose est sûre : « elle marche beaucoup moins bien, forcément … » pour reprendre la formule de Bourvil dans le Corniaud (voir vidéo).
Ainsi arrive-t-il au parti d’Emmanuel Macron ce qui est arrivé à presque tous les partis au pouvoir depuis que les élections partielles existent … une défaite.
Sauf que le phénomène est sans doute plus inquiétant encore pour LA REPUBLIQUE EN MARCHE.

Les résultats bruts d’abord

Une abstention énorme
La participation est inférieure à 20 % dans les deux circonscriptions. Il ne s'agit pas d'une forte abstention, mais d'une abstention énorme. On avait remarqué que la participation n'était pas extraordinaire lors de la présidentielle, qu'elle était anormalement faible lors des législatives qui ont suivi, cette fois-ci, l'abstention dépasse 80 %. Du jamais vu ! Est-ce que la politique n'intéresse plus ? En tous les cas, elle ne mobilise plus. L'effort minimal qui consiste à sortir de chez soi quelques minutes un dimanche est encore trop lourd pour l'immense majorité des électeurs.

La droite mobilise moins mal et l'emporte dans les deux cas

La victoire de la droite était attendue dans la deuxième circonscription du territoire de Belfort. Elle y obtient près de  60 % des voix. 
Dans la 5e circonscription du Val d’Oise, les calculs qui donnaient une bonne chance à la candidate En Marche ont été démentis. Le candidat de droite comble son retard et dépasse nettement la candidate élue il y a quelques mois avant d'être invalidée.
Dans les deux cas, la gauche absente au deuxième tour a sans doute manqué au candidat de la République en marche. Aucune mobilisation contre le candidat "en marche", aucune mobilisation contre la droite dure.

On peut aussi penser que ce qui a fait le succès de "en marche" à la suite de la présidentielle fait aussi son insuccès. C'est la face B de la nouveauté des candidats. Le nouveau mouvement subit quelques mois plus tard l'absence de notoriété des petits nouveaux lorsque l'étiquette "La République en Marche" perd de sa valeur marchande. 
Car, déjà « La République en Marche » a beaucoup perdu.
Elle a écrasé la gauche, elle a déstabilisé la droite, mais rien n’est fait.
On savait que la politique gouvernementale ne provoquait pas l’enthousiasme. En fait, en voulant écraser le clivage droite gauche, en promouvant une politique de bon sens, on en arrive forcément à écraser les repères et à démobiliser les électeurs potentiels. Ainsi, après un premier tour, quel intérêt pour l’électeur normal de se déplacer lors même qu’il ne voit guère ce à quoi il pourrait servir. L’enthousiasme, même relatif, disons l’intérêt qu’avait provoqué la présidentielle et l’attrait du nouveau président est vite retombé. 
La politique intéresse pourtant. On voit la manière dont elle mobilise les médias, les réseaux sociaux et les discussions dans la rue. Mais, pour reprendre une formule de Nietzsche, les gens clignent de l’œil ... On reste critique, on approuve parfois, mais pourquoi se mobiliser au nom du bon sens et d'une machine qui marche ... ou qui marche moins bien mais sur laquelle une voix d'électeur a peu de poids puisque, de toute façon, l'Etat, le gouvernement fera ce qu'il y a à faire, dans le meilleur des cas.

Le piège suprême 

Là est d'ailleurs le piège suprême. A force de dire qu'il n'y a qu'une seule politique, ou de le laisser entendre, quel est l'intérêt du choix ? 
Face aux experts du pouvoir, chacun, au mieux, se sent un expert inutile. 
C'est un piège pour le pouvoir, bien sûr, puisqu'en obtenant la paix par la faiblesse des critiques, il perd contact avec le peuple qu'il est censé représenté.
C'est aussi un piège pour la politique dans son ensemble et toutes ses représentations de l'extrême droite à l'extrême gauche en partant par toutes ses chapelles.
Mais c'est un piège pour la population elle-même qui s'éloigne au maximum de sa représentation politique. Le processus n'est d'ailleurs pas fini, car cet éloignement se traduit aussi par une défiance généralisée et une méconnaissance croissante de ce qui détermine le choix politique, de la noblesse de l'action politique. Les projets gouvernementaux vont d'ailleurs dans ce sens en créant des communes élargies aux intercommunalités et en diminuant le nombre d'élus. 
Pourtant, tôt ou tard, l'action citoyenne redonnera son sens au politique. Bien sûr, le rôle premier du politique est à présent de reconstruire un projet moderne, à même de répondre aux nouveaux dangers de ce monde et aux nouvelles attentes des citoyens. Bien sûr aussi ce projet ne se fera pas sans eux. Les citoyens sont les premiers responsables de leur avenir. Ils le seront davantage encore s'ils s'engagent.
C'est bien pourquoi LES RADICAUX DE GAUCHE vous invite à participer aux premières rencontres militantes de leur nouvelles formation ce vendredi 9 février au théâtre Edgar à Paris. 




lundi 8 janvier 2018

Participez au débat !

Une page s'est tournée en 2017, écrivons ensemble la suite !



2017 aura marqué notre Histoire par la déflagration de notre édifice politique. 

2018 ouvre un énorme chantier. Au delà de la reconstruction d'une gauche dévastée, nous devons rendre confiance à ceux qui refusent la fatalité d'un destin guidé par des impératifs gestionnaires d'un monde algorithmé, érigeant le cynisme en mode de gouvernement. 
2018 sera ce que nous en ferons, avec notre volonté, nos désirs, nos réflexions, nos doutes et nos certitudes. 
La gauche existe, elle a une mission, celle de dire non à l'injustice et de mettre l'humanité au cœur du projet politique. Elle a aussi une autre mission : s'appuyer sur la raison pour faire en sorte que l'humain soit le premier bénéficiaire des évolutions du monde. Pour cela, elle doit se reconstruire en s'adaptant aux enjeux des générations nouvelles.
Les inquiétudes, les projets, les injustices mêmes ne se manifestent pas de la même manière qu'il y a trente ans, et dans trente ans, ils auront encore évolué. 
Dans cette période charnière, les radicaux de gauche lancent le débat.  Ils s'ouvrent à toutes les tendances émiettées de la gauche de gouvernement, à toutes les bonnes volontés et à toutes les intelligences. Après la déflagration, la reconstruction. 

Le radicalisme est-il l'avenir de la gauche ? 
débat animé par Virginie Rozière, députée européenne
Les radicaux de gauche ouvrent le débat en organisant un Banquet Républicain ouvert à tous.
C'est le moment de s'écouter, d'élaborer notre projet dans le rejet des postures et des petits calculs et à la confrontation dans le respect.
LE RADICALISME EST-IL L'AVENIR DE LA GAUCHE ?
Banquet Républicain 
mercredi 24 janvier 2018 à 19 h 30 
au London Pub (1er étage), 
8 rue Borville-Dupuis. 
Participation 20 €, 
5 € pour les adhérents
Réservez votre soirée, 
réservez vos places !

pour s'inscrire : 
caferadical@gmail.com
06.79.31.98.85



mardi 12 décembre 2017

Il n'y a pas qu'à Orthez ...

Les radicaux ne sont pas morts,
La gauche non plus !


L'équipe vainqueur ce dimanche des élections municipales à Orthez.
Devant eux, comme pour Les Radicaux de Gauche, une tâche
difficile mais exaltante. Bonne chance et bon courage !
Voilà des résultats qui remettent les choses en place. Dimanche, à Orthez, petite ville de 10.000 habitants, a élu une liste de gauche à la suite d'une élection partielle.
L'ancien maire, Yves Darrigand, soutenu par la droite et le modem a laissé sa place à Emmanuel Hanon, tête de liste socialiste, qui frôle la majorité absolue au deuxième tour, laissant quelques miettes à la liste "En Marche" qui fait un peu plus de 10 % des voix.
Bien sûr, tirer à partir d'un phénomène local une extrapolation sur le plan national est toujours particulièrement hasardeux. Il n'empêche, quelques conclusions peuvent être tirées.
La première, c'est que la gauche n'a pas disparu. Lorsqu'elle sait s'unir, bâtir un projet, quand elle est concrète et ouverte, elle peut s'imposer. La gauche n'est pas un gros mot. Le nouveau maire n'a pas mis son étiquette dans sa poche. Il a su parler et proposer aux électeurs sans cacher qui il était. Au contraire.
La deuxième, c'est qu'une élection locale, pour locale qu'elle soit n'est pas une élection nationale et que le reflet de l'élection présidentielle n'a pas rejailli sur la situation Orthézienne. La liste du nouveau parti du Président de la République fait 10 % des voix dans une ville où le centrisme était très présent par le biais du Modem. 
La troisième c'est qu'il est toujours bon de rappeler qu'une municipalité se gagne sur un projet et une action collective, pas sur une étiquette. Le message est clair pour tous ceux qui se sont embarqués joyeusement derrière Emmanuel Macron en pensant que  ceci leur permettrait de remporter sans coup férir nombre de municipalités.
De tels phénomènes ont de quoi réconforter ceux qui, comme moi, issu du parti radical de gauche se sont opposés à un brutal renversement d'alliance et de stratégie en fusionnant avec les radicaux valoisiens, tirant un trait sur leur passé. 
Oui, il y a un avenir à gauche, même si la gauche est à reconstruire. 
Non, la fusion des deux courants du radicalisme  n'offre en soi aucune perspective politique est n'est pas en tous les cas le moyen de conquêtes lors des prochaines échéances.
Oui, il y a un présent à gauche, en dehors du macronisme et cela justifie en soi l'émergence d'un pôle radical, clairement situé à gauche et qui participe au renouvellement de cette famille politique. 
Les Radicaux de Gauche ont devant eux une tâche difficile, mais exaltante. 



lundi 11 décembre 2017

Le parti radical de gauche est mort

VIVENT LES RADICAUX DE GAUCHE
Les radicaux de gauche sont bien vivants autour de la nouvelle bannière, Virginie Rozière, entourée de Stéphane Saint-André et d'Olivier Taconet et d'une trentaine de radicaux décidés à construire leur avenir
Disons-le tout de suite, le mariage est passé complètement inaperçu. C'est que, au même moment, à quelques mètres de là, la foule s'amassait pour rendre hommage au chanteur français le plus populaire du siècle. Tout effort pour promouvoir quoi que ce soit d'autre était peine perdue, sans parler de faire passer un message politique. Cela ne veut pas dire cependant que ce qui s'est passé ce samedi 9 décembre 2017, date anniversaire de la loi de la laïcité, soit sans conséquence sur la vie politique française. 

Le parti radical de gauche a donc voté dans l'indifférence générale son propre suicide avec 85 % des votants. Ce score en a impressionné plus d'un. Les opposants à la fusion sentaient pourtant que le scrutin pouvait déjouer les pronostics mais ... un appareil reste un appareil. Comme disait justement Paul Dhaille : c'est plié. Ils ont réservé la salle et le traiteur. Ce n'est pas pour s'emm... avec un vote. 

De fait, le bruit a couru de manière insistante que l’utilisation des pouvoirs des fédérations non représentées était laissées à la discrétion de la Présidente. Une procédure beaucoup plus facile à faire passer lors d'un vote électronique… Comme beaucoup de radicaux de gauche avaient renoncé à se déplacer et pour refuser de cautionner la démarche et pour éviter d’assister à leur mort programmée, le résultat fut d’une brutalité sans appel.
Dommage pour la démocratie et le débat.
Ni vote des militants (le congrès, comme on a pu le voir, est une instance déléguée, et ne représente qu'une faible partie des adhérents), ni débat n'ont précédé cette fusion qui ne ressemble à rien. Rappelons qu'à l'intérieur des fédérations départementales consultées, une grande majorité s'opposait au rapprochement avec les valoisiens. 
Il n'empêche. Une fois passées larmes et désillusions, les opposants actifs se sont retrouvés dans un restaurant voisin "La Terrasse" que nous avions réservé à proximité du congrès. Ici le débat et la détermination ont été lancés. L'espace réservé à l'origine s'est révélé insuffisant pour accueillir toutes les bonnes volontés. De nombreux Jeunes Radicaux de Gauche nous ont rejoint avec leur énergie ce qui nous a permis de refaire le monde assez rapidement et au passage de jeter les bases de l'action. 
Plan d'attaque, plan d'action, plaisir à être ensemble, voilà le mélange idéal pour bâtir l'avenir et construire le radicalisme de demain, base d'une gauche à même de répondre aux défis du siècle.


À très vite ! 

lundi 4 décembre 2017

ma lettre à Sylvia Pinel

Madame la Présidente, chère Sylvia




Tu viens de m'écrire, ainsi qu'à presque tous les adhérents du parti radical de gauche, une lettre (à laquelle tout un chacun peut avoir accès en cliquant là ) qui m'a laissé un temps sans voix avant de me dire que, finalement, elle méritait réponse.

C'est entendu, la politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, et nous-mêmes ne nous sentons pas très bien. Il n’empêche, rien dans ton courrier ne répond aux attentes économiques, politiques et sociales alors même que si la politique doit avoir un sens, et derrière elle les partis, c’est bien pour donner un sens à l’action, en dégager les enjeux et faire des propositions alternatives.  
Or, non seulement la fusion que tu proposes n’offre pas d’alternative, mais, pire encore, elle ne donne pas non plus les moyens d’en construire une.

Un autre radicalisme est possible
Tu décides de rayer d’un trait de plume l’histoire du parti radical de gauche, en proclamant que l’Histoire impose le rapprochement des deux familles radicales. Macron aurait, par miracle, fait disparaître les notions de droite et de gauche, réalisant ainsi le vieux rêve de la famille centriste. Tu en prends acte dans la vidéo que tu publies sur le site du prg en déclarant que le projet de la famille radicale réunifiée est de redevenir … «ce parti du centre »
Tu m’excuseras de ne partager ni ce point de vue ni ce projet. Je n’y vois aucune affirmation d’indépendance, mais au contraire la démonstration que notre parti est non seulement sous influence mais se refuse à la réflexion, laissant ce rôle à la future structure.

Le devoir de mémoire
Or nous avons une histoire, et personne ne peut, à notre place en faire le bilan. Nous le devons à nous-mêmes, nous le devons aux adhérents, aux sympathisants et aux électeurs, à tous ceux qui nous ont suivis pendant toutes ces années. Avec nos adresses et maladresses mais avec notre cœur, nous avons contribué à l’histoire de la gauche et à l’évolution de la société française. Il est une citation qu’on accorde tantôt à Churchill, tantôt à Confucius disant qu’un peuple qui renonce à sa propre histoire, se condamne à la revivre. Dans notre cas, refuser notre histoire, la considérer comme une parenthèse nous condamne tout simplement à mort. Ce n'est rien moins qu’un reniement de ce que les radicaux de gauche ont construit pendant des années, avec les figures contestables et incontestables de Bernard Tapie, Michel Crépeau, Christiane Taubira, Bernard Kouchner et Jean-Michel Baylet notamment. Les radicaux ont ancré à gauche le besoin de renouvellement social, la mise en avant de la laïcité quand elle semblait une évidence assise, la réflexion sur l’économie solidaire, l’attention à l’évolution des mœurs face à l’ordre moral oppressif.
Tout cela, résumé trop rapidement, raconte à quel point nous avons eu notre rôle dans la vie politique, en dépit de notre faible poids électoral, précisément à cause de notre indépendance et de la détermination de nos dirigeants, de nos élus et de nos militants.

La politique n’est pas un ventre mou
Tu verses dans la palinodie en nous proposant d’échanger notre action au service d’une gauche moderne contre la perspective de nous installer dans le centre, ventre mou de la politique, auquel nous apporterions la bonne parole radicale.
Tu m’excuseras de ne pas répondre à cet acte de foi.
Quel avenir pour une fusion lors même que nous renonçons à la gauche qui faisait notre identité. Depuis 20 ans que je suis au parti radical de gauche, j’ai pu constater que 80 % des adhérents ont adhéré parce qu’ils étaient de gauche.
Tu nous proposes de nous unir à ceux qui nous ont combattus, qui ont notamment soutenu Nicolas Sarkozy et qui, localement, ont combattu nos équipes ou nos alliés.
Penses-tu vraiment que la victoire d’Emmanuel Macron ait effacé l’histoire de ces dernières années ? Penses-tu qu’Emmanuel Macron ait effacé les notions de droite et de gauche ? Penses-tu que, comme l’ensemble des partis sous influence, l’avenir de la politique ne puisse se situer que dans le ventre mou du centre, où déjà, face au parti du Président, nous n’aurons pour perspective que de nous noyer ou de nous entre-déchirer avec l’Udi, l’Udf, le Modem, les centristes, sans parler d’autres officines créées par des politiciens cherchant à sauver leur boutique.
Pour ma part, je ne serai pas de ce renoncement radical.

L’espoir est ailleurs.
La politique est malade, la gauche est malade, le radicalisme est malade, cela ne signifie pas qu’ils doivent mourir.
La politique est malade et Macron en est le symptôme, même si son élection improbable a permis d’écarter du pouvoir les populistes de la France Insoumise et du Front National.
La gauche est malade, parce qu’elle s’est montrée incapable et de tirer son propre bilan et de tracer des perspectives cohérentes.
Le radicalisme est malade parce que sa santé fragile a été ébranlée par l’émergence du macronisme et la déroute de ses alliés.
Mais ni la politique, ni la gauche, ni le radicalisme ne sont morts. Ils revivront parce qu’ils sont indispensables à la respiration de la démocratie.
Le radicalisme, fragile encore, doit être au centre de la recomposition de la gauche de gouvernement. Une gauche créative, attentive, apte à répondre aux nouveaux défis du monde, qu’il s’agisse de l’éducation d’abord, dont la modernisation est durement attaquée par le nouveau gouvernement, liés qu’il s’agisse de la citoyenneté moderne et des enjeux liés à la protection des lanceurs d’alerte, à la protection de l’individu dans la société numérisée, qu’il s'agisse de la relation de l’humain au travail à l’heure de la robotisation, qu’il s’agisse encore de la formation tout au long de la vie, bref, qu’il s’agisse du projet de l’épanouissement de l’humain et de son rapport à la nature reconsidéré par le réchauffement climatique. Le radicalisme encore, créateur de la laïcité, doit promouvoir ce concept dans un projet universel. Cette vision universaliste propre à la gauche est aussi la seule voie qui puisse permettre une solution à la crise des réfugiés.

De tout cela, je n’ai pas vu trace dans ta lettre. Je suis persuadé que sur ces points fondamentaux, nous aurons les plus grandes difficultés à trouver des points d’accord avec cette branche du radicalisme qui a soutenu la saisine du conseil constitutionnel pour faire abolir la loi sur le mariage pour tous, dont les radicaux de gauche sont les parents.


C’est la raison pour laquelle, Madame la Présidente, chère Sylvia, je voterai contre la disparition des radicaux de gauche dans le projet de fusion avec les radicaux valoisiens.

Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche