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lundi 27 juillet 2020

Bonne route Claude !

Tu m'en voudras d'intervenir si tard, alors que  tu es parti si tôt. 

Je n'ai pas été là pour te dire adieu de vive voix. Alors, je me suis juste mêlé au cortège de ceux qui ont assisté à la cérémonie qui t'a rendu hommage. 


Je te savais malade mais tu avais laissé une telle trace dans la vie de tellement de monde, que je voulais rester là-dessus. Sans doute aussi, nos parcours personnels, le tien, le mien, celui de nombre de nos amis, qui ont connu, au-delà de l’usure du temps un tel chamboulement de nos valeurs et de nos rayons d’action, ont fait que je n’ai pas voulu voir ta souffrance, au même titre que j’ai un mal fou à accepter que tu sois parti sans que j’ai pu te dire adieu de vive voix.

La cérémonie a été grandiose. Léo Ferré, maître de cérémonie, nous a saisi d'emblée par son interprétation majestueuse de la ballade des pendus de François Villon "Frères Humains". Plus j'y repense, et plus je me dis qu'en son ampleur, en son texte même, en la voix de Léo Ferré et de ce qu'il représentait, tout ce qui allait dans les témoignages de ton existence redonnait de cette grandeur au texte qui, lui même, donnait le sens de ton existence[i]

Je t'ai connu par les radicaux de gauche, auxquels nous avons adhéré parallèlement, moi à Louviers et toi à Evreux, sans trop savoir où nous nous engagions mais j'ai, avec le recul, l'impression, que pour toi, comme pour moi, l"engagement voulait dire quelque chose. Au delà de la légèreté parfois affichée, il y avait tout le poids de toute une existence. 

"Et si l'on parlait du bonheur " beaucoup ont fait allusion à ce slogan de campagne de 1997.  Pour mémoire, ce slogan était issu d'un choix de communication du parti auquel tu venais d'adhérer, mais tu es sans doute le seul candidat à l'avoir suivi. Mais cet affichage sérieux n'empêchait pas ce que tu ressentais au fond de toi, ce besoin d'en découdre et d'agir, de mettre en scène l'essence de tes aspirations et de ton existence.

Cette campagne était folle, l'une des plus folles auxquelles il m'ait été donné d'assister. Je me permets d'y revenir plus précisément qu'il n'a été fait, tout simplement parce que non seulement elle a déterminé ton existence dans les 20 ans qui ont suivi, mais aussi parce qu'elle en était le révélateur. 

Comme l'a rappelé Gérard Silighini sur son blog, Claude craignait de ne pas être pris au sérieux. Il y avait de quoi. Les radicaux avaient du mal à se faire reconnaître. Le fait de mener une campagne avec une bande de copains sur le thème du bonheur, le fait aussi que le canton d'Evreux Nord n'avait été attribué par le PS aux radicaux que parce qu'aucun de leur candidat n'en voulait, étant donné que tout observateur un peu cohérent le jugeait imperdable pour la droite représentée par Blois, élu et réélu dans le plus rural des cantons d'Evreux.

De fait, le soir du premier tour, lors même que tout un chacun commençait à réconforter l'ami Claude pour le combat déterminé et courageux qui le voyait mal récompensé de ses efforts ... l'annonce tombait qu'il était irrémédiablement battu et n'avait pas eu le score suffisant pour se présenter au deuxième tour. 

Mon Dieu, j'entends encore notre Claude dire "c'est pas grave". C'était dans le hall du conseil général. J'ai vu voir le journaliste qui commençait à l'interviewer, partir sans s'excuser à la recherche d'une personnalité plus intéressante ... et puis ! Et puis, le miracle est arrivé.

Si Claude n'avait pas eu le pourcentage suffisant, c'est tout bêtement qu'il manquait le décompte d'une petite commune. C'est une erreur d'autant plus rarissime, qu'elle provenait de la préfecture même. Alors, pour quelques voix, Claude, en quelques minutes est devenu celui qui pouvait en quelques jours devenir l'élu de plusieurs mandats. Un peu comme au monopoly : erreur de la banque en votre faveur, vous recevez un deuxième tour.

Incroyable retournement de situation, qui a fait que le candidat de la Droite, arrivé largement en tête, a éprouvé le besoin de se trahir lui même. Il a pensé bêtement que demander le retrait du candidat du Front National moyennant négociation pour l'avenir pourrait lui apporter quelque chose. Claude et ses amis sautèrent sur l'occasion et transformèrent avec intelligence une élection sans enjeu, en une élection très politique. Il y eut même un article du Monde, reprenant un passage à la télé ... et ainsi commença la carrière politique de Claude élu assez nettement, avant de devenir vice-président du Conseil Général, maire d'Aviron et vice-président de l'agglomération d'Evreux. 

Ça, c'est ce que je tenais à rappeler, parce que ce moment essentiel pour lui, a aussi été un moment essentiel pour moi. 

Mais je m'en voudrais de clore cet hommage sans parler de deux éléments qui m'ont profondément marqué lors de la cérémonie et qui sont des histoires d'amitié, qui sont toujours la marque des générations. 

Ainsi Francis Courel a-t-il rappelé ses années d'amitiés, de collège et de lycée, le théâtre et l'amour de la poésie, transcendée par la volonté de transformer le monde par des gamins qui ont eu 20 ans en mai 1968. 

Et puis, et puis surtout, il y a eu le témoignage déterminant de son collègue (ah ! on ne s'appuie jamais assez sur le rôle essentiel du métier dans le comportement d'un élu) qui comme lui est passé par le monde socio-éducatif. Il y a été question de l'aventure qu'a représentée la mise sur pied d'un équipement. Derrière ces mots, je comprenais ce qu'a représenté pour ces jeunes gens, tous utopistes, parce que, sans doute il faut être utopiste pour aller chercher des jeunes en perdition, et leur montrer la rigueur adulte qui seule permet d'ouvrir la voie pour les enfants perdus livrés à la violence. Oui, Claude Béhar était ça, ce mélange d'utopie et de rigueur, cet équilibre indispensable qu'il a su manier dans son métier comme dans sa vie d'élu sans jamais omettre la joie de vivre, la solidarité, la convivialité qui permet seule de résister aux épreuves du temps. Ainsi, quand le collègue de Claude (je m'en veux de n'avoir pas noté son nom) a expliqué que Claude avait été le voir pour l'informer de sa décision de faire de la politique, de se présenter aux élections ... son ami ne l'a pas encouragé, loin de là. C'est que, pour lui aussi, l'engagement voulait dire quelque chose, et qu'il était anarchiste ... 

Mais tout cela, c'était avant que le destin emporte Claude ! Quel destin magnifique, insoupçonné ... Merci Claude de m'en avoir fait profiter, comme tu as su en faire profiter ceux que tu as aimé, côtoyé, administré (eh oui ! Tu as été maire, ce n'est pas rien ... et les Avironnais t'en sont reconnaissants). Tu as été un amateur magnifique, un père extraordinaire, pour reprendre les mots de ton fils, un compagnon que j'ai été heureux de croiser sur ma route, un poète dont tout le monde attendait les vœux chaque année qui se faisait, et qui aimait ce qu'il faisait et qui faisait ce qu'il aimait. 







[i] Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurcis
Car si pitié de nous pauvres avez
Dieu en aura plus tôt de vous merci

Vous nous voyez ci attachés cinq six
Quand de la chair que trop avons nourrie
Elle est pieça dévorée et pourrie
Et nous les os devenons cendre et poudre
De notre mal personne ne s'en rie
Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre

Si frères nous clamons pas n'en devez
Avoir dédain quoique fûmes occis
Par justice toutefois vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis
Excusez-nous puisque sommes transis
D'envers le fils de la Vierge Marie
Que sa grâce ne soit pour nous tarie
Nous préservant de l'infernale foudre
Nous sommes morts âme ne nous harie
Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre

La pluie nous a débués et noircis
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés
Et arraché la barbe et les sourcils
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis ça puis là comme le vent varie
A son plaisir sans cesser nous charrie
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre
Ne soyez donc de notre confrérie

Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre 




vendredi 17 novembre 2017

Panique au Comité Directeur

Il y avait beaucoup d'attente autour du comité directeur du parti radical de gauche. Convoqué pour le 15 novembre, d'une manière on ne peut plus statutaire, il était la première réunion des instances depuis le speed dating de Montpellier[1], où l'on avait fait se rencontrer les deux branches du radicalisme, frères ennemis depuis un demi-siècle, c'est à dire depuis la naissance de l'union de la gauche en 1972. 

Le chaos, le ko et le cahot.


Après le chaos des présidentielles, lorsque tout le monde était K.O., les radicaux ont proposé cet ultime cahot ; réunir les deux familles radicales, séparées depuis 50 ans.
Michel, réveille-toi ! Ils sont devenus flous.
Formidable ! Proposer enfin quelque chose de positif dans un monde politique décomposé. Après tout, les radicaux valoisiens n’étaient pas si méchants. Peu importe leur passé, le fait qu’ils aient soutenu les pires politiques de droite sans sourciller, qu’ils se soient rangé selon le sens du vent du côté des sarkozystes, des chiraquiens, voire des fillonnistes. Après tout, il fallait regarder l’avenir et suivre la mode du « et à droite, et à gauche ».  
C’était là une manière d’acter la victoire de Macron et de se frayer un chemin dans le marais centriste.

Le seul problème c’est que les radicaux de gauche sont de gauche. Ce qui est emmerdant avec les militants, c’est pas tellement qu’ils se trompent, après tout ça arrive à tout le monde, non, le problème c’est qu’ils croient à ce qu’ils disent et à ce qu’ils font. Et tout ceux qui ont pris leur carte au parti radical de gauche, l’ont prise par ce qu’ils étaient à gauche. Parce que, malgré les divergences légitimes qui pouvaient exister, les radicaux de gauche défendaient l’idée d’une gauche de gouvernement avec toutes les déclinaisons locales que cela suppose.
La pilule est effectivement difficile à faire passer et l’on comprend que la direction du prg ait préféré mener discrètement les négociations visant à la fusion des deux branches radicales plutôt que d’en parler aux militants.

Les militants sont à gauche et ... à gauche

Ainsi, alors que le prg ne proposait rien de moins que sa propre mort, a-t-il évité tout déballage et tout débat entre direction et militants.
Le comité directeur réunit les représentants de chaque fédération avec la direction et les élus. Ce 15 novembre était l’occasion unique de se faire entendre avant une fusion prévue début décembre.
La direction avait joué classiquement le coup en laissant les opposants à la fusion s’exprimer avant de passer à autre chose et notamment à un vote où ils seraient marginalisés. Mais les choses ne se sont pas passées exactement comme ça.
La faute tout d’abord aux valoisiens et aux déclarations publiques de leurs dirigeants assurant que dans la future formation la double appartenance serait possible. Cette double appartenance a un sens tout à fait particulier chez les radicaux de droite. Cela veut dire tout bêtement rester à l’Udi tout en adhérant au nouveau parti.
On sait que les valoisiens ne sont pas des enfants de chœur. Il n’empêche qu’affirmer la nécessaire affiliation politique à l’Udi à quelques semaines de la fusion est plus qu’une incorrection vis-à-vis des radicaux de gauche.
A Montpellier, en septembre, lors de discours touchants, les valoisiens disaient souhaiter la fusion pour s’émanciper de l’Udi.
Il y a deux raisons qui peuvent expliquer l’apparent retournement de veste des dirigeants valoisiens, et qui ne sont pas contradictoires. La première c’est que la pression politique entre centristes et valoisiens est si forte que ces derniers doivent rassurer leurs troupes et les intérêts particuliers de leurs représentants. La deuxième est que, devant la faiblesse de la direction du prg[2], les valoisiens peuvent avancer en parfait cynisme et mépris des opposants.
Et justement, à propos de faiblesse, il y a eu lors de ce fameux comité directeur, un épisode pour le moins inattendu avec l’affirmation d’une divergence de taille.
Ainsi, Guillaume Lacroix, premier vice-président, soumettait-il au vote une remise en cause de l’actuelle présidence du parti tout en se défendant de vouloir faire un coup d’état.
... Mort de rire !

Même pas drôle

 Enfin, tout le monde ne rigolait pas. À vrai dire Jean-Michel Baylet, qui avait installé la présidence actuelle pour lui succéder, voyait l’édifice s’ébranler, et Sylvia Pinel sentait le danger. À la tribune, les deux adversaires côte à côte se donnaient du vouvoiement et du Monsieur le vice-président et du Madame la Présidente … Pour dire, on était en toute fraternité radicale !
Il y eut donc un vote qui donna à une courte majorité le maintien de la présidence actuelle, une présidence divisée, affaiblie, qui affronte dans les pires conditions la fusion entre les radicaux.

Alors, alors, on en aurait presque oublié l’essentiel du débat. Les radicaux de gauche, le radicalisme va-t-il mourir ? Va-t-il mourir après une absorption de la gauche par la droite radicale qui après se trouvera elle-même absorbée par l’Udi ?

Du droit de mourir dans la dignité

On peut, on doit craindre le pire, même si la crainte n’évite pas le danger. Il y eut un autre vote lors du comité directeur, qui donna une large majorité à la proposition de fusion qui devra être officialisée …

La fusion signifiera non seulement la fin de l'idéal porté
par les radicaux de gauche, mais la fin du radicalisme
lui-même. Lorsque les valoisiens qui ont fait du radicalisme
un paillasson, défendent le principe de double-appartenance,
c'est à dire de rejoindre l'udi, ils pratiquent déjà la violence
conjugale. La direction du prg ne réclame même plus pour
elle-même le droit de mourir dans la dignité.   
Une large majorité, certes, mais pas une quasi-unanimité, comme Guillaume Lacroix s'est empressé de le dire après avoir loupé son coup. Surtout que rapidement quelqu'un a transformé la quasi-unanimité en unanimité tout court. Bon, soyons sérieux il y a eu 1/4 à plus d'1/3 des participants à voter contre la fusion, ce qui fait une forte minorité. Pourquoi une telle imprécision ? Tout bonnement parce la direction n'a pas voulu compter les opposants. Quel dommage !
On sait aussi, lorsqu’on est sur le terrain, que soit les adhérents rejettent la fusion, soit ils s’en vont … et l’on peut penser que le départ des militants fasse partie du calcul de la présidence actuelle du parti. Quelle misère pour un parti qui a fait du droit de mourir dans la dignité une de ses principales revendications.  
Il n'empêche, le congrès début décembre doit se prononcer pour ou contre la réunification. Or, comme l'ont démontré la présidentielle et tous ses préliminaires, en matière de démocratie, rien n'est joué. En votant contre la fusion, on peut encore sauver le radicalisme. C'est tout l'enjeu !







[1] Les journées d’été du radicalisme ont eu lieu en septembre à Montpellier. Il s’agissait de faire se rencontrer dans une ambiance policée et aimable les deux familles radicales. On a fait ça très vite et très rapidement pour éviter les débats inutiles et, hors des débats qui fâchent, chacun en a gardé un bon souvenir.
[2] Qui, du prg ou des valoisiens a proposé le rabibochage entre les deux formations ? Et si c’était le prg, en état de faillite financière, qui l’avait proposé, se rendant ainsi pieds et poings liés à leurs adversaires d’hier ? On comprend que dans cette situation, qui n’est qu’une hypothèse, on ne se place pas dans la meilleure des situations pour négocier. 

jeudi 21 septembre 2017

Montpellier suite : c'est grave docteur ?

Fin de la décentralisation  

Tant qu'on ne parle que de mesures partielles s'attaquant aux modes de
gestion des collectivités, on a du mal à réaliser que la France retombe
dans son vieux travers névrotique : la méfiance chronique de la liberté
locale en provenance de l'un des Etats les plus centralisés du monde
De tous les ateliers des journées de Montpellier, c'est celui consacré à la décentralisation qui a eu le plus de succès. 
En fait, entre les annonces concernant la fin des emplois aidés, la baisse des aides aux collectivités, la mort programmée de la taxe d'habitation, la répartition des compétences entre Régions et Département, la reprise en main de l'Etat, et ce dans une absence totale de précaution à l'approche de l'élection sénatoriale, laisse présager le pire : 

La recentralisation est en marche. 

Le débat était passionnant, chacun avait des choses à dire. J'ai écouté attentivement, avant de me rendre compte que j'avais laissé passer mon tour. Dommage pour moi et pour tout le monde. Il me semblait important de revenir sur un point essentiel : la décentralisation est la grande œuvre du gouvernement d'union de la gauche de François Mitterrand. Il s'agissait d'une réforme profonde qui a suscité pas mal de réticences et beaucoup de débat. En gros, la droite gaulliste y était clairement opposée. On entendait des choses comme le fait qu'on allait reconstituer des baronnies. Il est vrai que la Normandie, par exemple, a eu à subir le poids politique de Lecanuet député maire de Rouen, président du conseil général, président de la Région, sans parler des à-côtés. Mais justement, il faut considérer que la limitation du cumul des mandats a été une suite logique de la décentralisation, qui voulait éviter de donner trop de pouvoirs aux élus locaux.
Tout cela ne doit pas faire oublier l'intérêt historique de la décentralisation, même si cela n' intéresse les français que de manière secondaire. 
La décentralisation a fini par s'imposer. Elle s'est même tellement imposée qu'elle s'est inscrite dans la constitution, à la suite d'ailleurs de l'impulsion qui lui a été donnée par le gouvernement Raffarin. De fait, depuis 1981, malgré le choc qu'a pu représenter pour l'Etat français l'acceptation de sa propre de dé-centralisation, toutes les mesures se sont traduites par un renforcement des pouvoirs locaux. C'était bien la reconnaissance de l'intérêt et de l'efficacité de la décentralisation dans l'action publique. 
Citons comme principaux éléments outre le fait que l'Etat français dès 1982 reconnaissait l'existence des Régions, départements et communes comme collectivités autonomes, créait une fonction publique territoriale facilitant la mobilité et la formation des personnels des collectivités avant d'inscrire la décentralisation dans la constitution, de redessiner le pouvoir des communes grâce à l'intercommunalité ... Bref, la décentralisation s'inscrivait jusqu'à il y a peu comme un mouvement irréversible.
On ne sait pourquoi on est revenu en arrière. Bien sûr, Sarkozy a dénoncé en premier la gabegie des deniers publics et la mauvaise gestion des collectivités. 
Cela ressemblait alors à une mauvaise plaisanterie. De fait, l'Etat a renoncé progressivement à énormément de ses prérogatives pour les confier aux collectivités locales. Forcément, cela a eu pour conséquences d'alléger les charges de l'Etat et d'alourdir celles de collectivités. On doit aussi reconnaître que, par exemple la qualité des équipements notamment scolaires, des collectivités s'est grandement améliorée, notamment en ce qui concerne les lycées et les collèges. J'y vois la conséquence bénéfique d'une politique de proximité où les élus rendent des comptes aux usagers et aux électeurs. Fini les lycées-caserne, qui ont fait les plus beaux slogans de ma jeunesse contestataire mais qui n'existent plus aujourd'hui. 
La carte des nouvelles régions. Une double,
une triple absurdité si l'on excepte la réunification
de la Normandie. Au delà du massacre des identités
locales, il y a l'incapacité à donner un sens aux
nouvelles unités. Le seul argument était de vouloir
des régions plus fortes et moins coûteuses. Or, on
n'a pas donné plus de pouvoir aux Régions et les
logiques de recalibrage ont engendré des coûts
supplémentaires qui ont dépassé des économies
marginales. Triple zéro !
Alors, forcément, cela a un coût ! C'est ce coût qui semble insupportable à l'Etat aujourd'hui. J'y vois aussi l'occasion pour l'appareil d'Etat, certains parleront de l'Ogre de Bercy, de reprendre la main sur la gestion locale, la décentralisation n'ayant au fond jamais été digérée par l'Etat centralisé.  Peut-on croire que Macron, n'ayant jamais été élu local, et ayant été nourri par ledit appareil d'Etat ne fait qu'encourager le mouvement. Il n'empêche, la recentralisation a commencé bien avant.
Sous Sarkozy, je l'ai déjà dit, et sous Hollande, même à petite dose. 
Ainsi s'est on mis à parler de clarification des compétences. Une manière de dire que chaque collectivité devait rendre des comptes sur ses seules compétences. A dire vrai, cela m'a toujours semblé une absurdité. Un élu, parce qu'il est élu du peuple, doit rendre des comptes sur tout. On voit mal un élu répondre à un de ses administrés : vous avez un problème de route ? Attendez, c'est pas moi, allez voir à côté.
Je m'étais rendu compte lors des élections départementales, à quel point il était absurde pour un conseiller départemental de faire campagne sur le transport, par exemple, sachant que les collectivités qui s'en occupent sont différentes selon qu'il s'agit du mode de transports, s'il est scolaire, et encore, s'il concerne les lycées, les collèges, ou selon les types de ligne qu'il concerne. Sur ce point comme sur tous les autres, l'élus doit se débrouiller avec des responsabilités qui ne sont pas directement les siennes. On ne lui demande pas d'agir comme un fonctionnaire. L'élu a, par nature une compétence générale, et tel est le cas de sa collectivité. Là dessus, on peut aussi supprimer un échelon, le département par exemple, ou alors les communes qui seraient en fait les intercommunalités, mais il faut le dire clairement.  
Ce qui est sur, c'est que l'un des faits majeurs du recul de la décentralisation a été la création de ces nouvelles régions, sans cohérence aucune, à l'exception de la Normandie, grâce à l'excellent Bernard Cazeneuve.  Il s'agissait en fait, disait-on de faire des économies. Sauf que les économies à faire non seulement ne constituent jamais un projet politique et que d'autre part la solution était mal préparée donc coûteuse ... Sauf que cela n'était que l'annonce de ce qui se fait aujourd'hui. 
J'ai été le premier à applaudir à l'annonce de l'abolition, ou quasi de la taxe d'habitation. Même si je n'ai toujours pas compris pourquoi la supprimer pour 80 % des foyers et non 100 %. La taxe d'habitation est le plus injuste des tous les impôts. Tout le monde le sait. Encore faut-il que la suppression de cette impôts ne se traduise pas par une baisse de moyen ou d'autonomie des communes et collectivités locales. 
On sait, depuis au moins 100 ans qu'il y a trop de communes en France. C'est l'histoire des 36.000 communes. On a commencé l'intercommunalité, il faut poursuivre le mouvement, en transformant ces intercommunalités en communes nouvelles. 
Il y a des solutions. Mais celles-ci doivent avoir pour but de renforcer la démocratie de proximité et de developper l'autonomie des collectivités. Elles doivent être un projet politique avant d'être une nécessité comptable. 
J'y reviendrai. Nous y reviendrons. Tel sera le thème d'un prochain café radical sur le thème de la démocratie de proximité, qui est lourdement mise à mal.

mercredi 20 septembre 2017

Alors, c’était comment Montpellier ?



Comme le disait de Gaulle : pour aborder une situation compliquée, il faut avoir une idée simple. J’en avais une dont je ne voulais pas démordre, déclinée en deux tons : être radical c’est être de gauche, le radicalisme, c’est l’avenir de la gauche

Sylvia Pinel aux côtés de Laurent Hénart, présidents des
deux partis radicaux dans le public. Tiens, au fait, qui sera
le prochain président ou la prochaine présidente ? 
Pour résumer rapidement, Montpellier était le lieu des journées d’été du radicalisme, des écologistes et des progressistes, première étape de la réunification des radicaux. Lorsque, dans la voiture qui nous amenait de Paris on me demanda comment les radicaux de l’Eure voyaient la réunification, je répondis que, pour ma part, j’étais circonspect et que parmi les amis que j’avais consulté, pas un ne m’avait dit : « ouais, super, on va faire alliance avec les valoisiens ».

J’ai publié hier sur le blog le magnifique texte de Jean-Michel Baylet, qui a l’avantage de synthétiser avec bonheur la situation politique dans laquelle se trouve la France. Macron est aujourd’hui Président de la République, et sans qu’il vaille la peine d’en décliner les responsabilités, il est utile de rappeler que cette situation était complètement imprévisible il y a un an, et que les conséquences de l’élection présidentielle sur la structuration de la politique française sont irréversibles.
Disons-le, il y a eu trop peu de place pour les débats
et cela est d'autant plus dommageable que ceux-ci
ont été de grande qualité. En tous les cas les débats
ne sont pas clos, ni au sein des deux branches du
radicalisme, ni entre elles ni avec toutes les autres.
À droite, comme à gauche les partis structurants, ps et « L R » sont explosés après leurs résultats catastrophiques. Les alliés des deux courants ne vont pas mieux, du pcf qui avait choisi de s’allier avec Mélenchon qui choisit de les écraser, les écolos dispersés, et à droite, l’udi ne réussit pas à se maintenir, cependant qu’au sein même des LR, entre reconstructifs macroniens et tenants d’une droite dure, personne ne refuse semble devoir s’imposer durablement. La crise atteint jusqu’au Front National qui est secoué par la remise en question de sa ligne politique. Seuls pour l’instant la France Insoumise et La République en Marche semblent surnager dans cet océan de perplexité, grâce à leur intransigeance.
Dans ce cadre, le rapprochement des radicaux semble incongru. Incongru, mais intéressant. Tellement intéressant même, que plusieurs figures écologistes et progressistes ont participé aux journées d’été de Montpellier : Jean-Luc Benhamias, Emmanuel Cosse, Génération Ecologie, et jusqu’à l’ancien socialiste passé au Sarkozysme et recherchant une famille désespérément : Jean-Marie Bockel …lorsque les opportunistes se joignent à un mouvement politique, ceci est en principe gage d’avenir.
Le fait que les radicaux soient une force d’attraction n’est pas sans intérêt mais ce n’était pas le premier sujet d’inquiétude. Tout le monde se demandait en fait ce qui avait poussé les anciens alliés de droite à rappeler à eux les radicaux de gauche qu’ils avaient chassé de leur parti en 1972, ce que Jean-Michel Baylet n’a pas manqué de rappeler[1].
Tribune finale qui s'est achevée par une Marseillaise
qui m'a particulièrement ému. On peut reprocher
plein de choses à notre hymne national. Il n'empêche
qu'en devenant hymne national, le chant de guerre
de l'armée du Rhin promulguait pour la première fois
l'insurrection contre les inégalités et l'oppression
comme substance de notre Nation. Du coup, la
Révolution, devenait la République, devenait la
France et fondait le radicalisme.
Or, sans aller jusqu’à les voir battre leur coulpe, je dois admettre que les valoisiens m’ont surpris. Ils m’ont surpris parce que, dans les débats tant sur la décentralisation par exemple, dont le principe est durement mis à mal par le gouvernement Macron, que sur d’autres sujets, je me suis trouvé plus proche d’eux que des radicaux de gauche. J’entendais dans les couloirs parler des jeunes valoisiens critiquant la loi travail en disant que celle-ci mettait à mal le socle social français.
Plus tard, dans le débat de politique générale, j’ai bien entendu une valoisienne revendiquer son attachement au centre d’une manière assez maladroite, mais il faut le dire, le gouvernement Macron/Philippe a été bien souvent critiqué et à chaque fois  sur des valeurs de gauche, qu’il s’agisse des APL, de la décentralisation, de la politique sociale ou de la politique du logement. Bref, si les circonstances amènent les radicaux à créer un groupe à l’assemblée nationale, comme au Sénat, ceux-ci peuvent devenir une force d’opposition constructive, à même de se préparer à une prise du pouvoir. C’est là le but, encore long à atteindre, que ce soit dans les élections locales avant les élections nationales, même si le chemin est encore long.
Une dernière fois, un hommage à Jean-Michel Baylet qui a
fait le meilleur discours des journées d'été et son meilleur
discours, s'appuyant sur les bases de son analyse, publiée
hier sur le blog du café radical
Pour finir, et pour se faire une idée, vous pouvez regarder le reportage réalisé sur la cinq, dans l'émission "l'info en vrai" animé par Yves Calvi en cliquant .









[1] Contrairement à ce que j’ai toujours cru, ce sont bien tout une partie des radicaux qui avait été viré du parti par Jean-Jacques Servan Schreiber, alors allié à Giscard, parce que ceux-ci avaient osé participé à des réflexions autour du Parti Socialiste et de François Mitterrand. L’initiative ne venait pas des radicaux de gauche.

lundi 3 juillet 2017

Indispensables radicaux





Les radicaux, comme les socialistes, comme tous les partis politiques français ont traversé une déflagration sans précédent dans la vie politique française. Dans notre république, dans nos partis qui la fondent, plus rien ne sera comme avant. 
Bientôt, le comité directeur du parti radical de gauche aura à débattre de son présent, de son passé, de son avenir. 
Le café radical, qui a toujours prôné le débat comme essence même de l'identité radicale et républicaine, reproduit ici un texte qui lancera les débats. Il y est question bien entendu du rapprochement avec les radicaux valoisiens qui demandent à nous rejoindre, mais la question est bien entendu bien plus vaste. Il ne s'agit pas de reproduire à petite échelle les centre-gauche et centre-droit, ce que Macron a fait bien mieux que nous. Il s'agit bien plutôt de promouvoir ce dont la république aura toujours besoin et dont les radicaux sont porteurs : la créativité allié au réalisme politique, l'attachement farouche à la laïcité comme seul mode de résister aux conformismes conservateurs pour promouvoir la capacité de faire vivre ensemble tous les hommes, la promotion des valeurs républicaines indépassables de liberté, d'égalité et de fraternité, sur lesquels tous les nouveaux droits doivent s'asseoir, sur lesquels doivent se greffer les nécessités écologiques d'adaptation du monde à un environnement fini. Le radicalisme a un passé remarquable. Il a un avenir qui ne l'est pas moins. Ci-dessous le texte co-signé par des dirigeants radicaux. Le débat est lancé. 

Appel pour une formation progressiste au service de la République, du pacte social et de l’Europe fédérale.


De l’utilité politique du radicalisme au 21ème siècle


Ce texte posé comme une base de discussion, porte l'ambition de proposer une voie d'action nouvelle pour notre parti afin qu’il s’inscrive pleinement et rapidement  dans un  contexte politique singulier qui présente plus d'opportunités que d'obstacles au succès de ses  idées et au déploiement de son organisation.
Nous sommes les enfants de Georges Clemenceau, de Cécile Brunschvicg, de Léon Gambetta, d’Edouard Herriot, de Jean Zay ou de Michel Crépeau. Nous sommes les radicaux. Depuis 1972 nous sommes les radicaux de gauche.
La République, c'est les radicaux
D’illustres références en victoires politiques majeures, notre fierté s’appelle laïcité, impôt progressif, droit des femmes à disposer de leur corps et de leur maternité, droit de mourir dans la dignité, écologie responsable, progrès économique au service du progrès social.
Notre histoire est notre ferment, notre socle. Elle nous lie, nous oblige et  nous rassemble.
Pour autant, aussi forte et engageante soit-elle, cette histoire ne peut aliéner l’esprit créateur et audacieux des radicaux. La force de nos pères ne fût pas de s’ériger en  gardien d’un temple mais de le bâtir. Le radicalisme est avant tout un état d’esprit, une flamme républicaine et progressiste allumée dans les tourments d’un monde en mutation où les repères changent et parfois s’estompent voire disparaissent.
Nous sommes un parti politique, pas un musée, pas une faculté d’histoire ou de théologie. Ni combat des modernes face aux anciens, ni débat de puristes ne doivent se substituer à notre devoir d’agir dans une démocratie plus que jamais en quête d’un projet collectif garant  d’améliorations concrètes et porteur d’un espoir de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de progrès partagés.  
Tirer les leçons du passé est notre devoir pour projeter le radicalisme dans le 21ème siècle.
La séquence présidentielle et législative que nous venons de vivre,
Belle citation, qui situe bien que notre culture politique n'est
pas celle de Macron
aussi courte fut-elle, marque un bouleversement profond et probablement pérenne de la pratique politique et institutionnelle de notre pays. Notre parti n’en sort pas indemne.
Nous ne méconnaissons rien des débats et affrontements de ligne et de stratégie qui ont traversé le PRG comme l’ensemble de la classe politique française. Chacun défendra sa part de vérité. Notre famille s’est trouvée écartelée entre proximité idéologique avec le projet porté par Emmanuel MACRON, cohérence politique au regard de son engagement sous le mandat HOLLANDE, préférence pour une logique de coalition respectueuse des identités, refus d’une dissolution dans un ensemble nouveau. 
Les Hommes sont libres, pas les organisations collectives. Chez les radicaux plus qu’ailleurs cela fait sens. Chacun, individuellement, aura donc pu, sans crainte, défendre ses convictions, défendre ce qu’il croyait être l’intérêt du radicalisme. Cette séquence aura, nous le savons, été difficile pour tous et ne peut satisfaire personne. Toutes les blessures ne sont pas refermées et les incompréhensions encore nombreuses. 
   
Pourtant nous avons survécu et conservé, même affaiblies, une autonomie et une indépendance. Ce n’était pas écrit. Pour y parvenir, de nombreux radicaux, faisant fi de leurs désaccords passés, sont partis ensemble au combat législatif sous nos couleurs pour que le radicalisme soit encore en question aujourd’hui. Par l’implication majeure des jeunes radicaux de gauche, une nouvelle génération s’est imposée, nous offrant ainsi une sérénité pour l’avenir. 
Photo reprise par l'extrême droite ... eh oui ! Nos ennemis
dessinent notre visage.
Grâce à tous ceux qui ont eu le courage de privilégier la survie de notre parti, nous avons en effet réussi à dépasser l'obligation légale de présenter plus de 50 candidats réalisant plus de 1% des voix au premier tour des législatives et respectant la parité. Cette condition était le préalable absolu à toute autre considération si nous voulions que notre organisation ne disparaisse pas purement et simplement du paysage politique. Dans le contexte impossible de cette élection, cette détermination radicale était vitale et doit être chaleureusement et respectueusement saluée. Elle nous oblige.
Nous devons ensemble écrire une nouvelle page du radicalisme plutôt que son oraison. Il y a urgence.
L’immobilisme de la pensée et de l’action comme la paralysie des débats internes nous condamnent à la disparition.
Comme chacun, nous déplorons amèrement aujourd’hui l’absence d’un groupe radical indépendant à  l’Assemblée nationale. Ensemble nous en avions pourtant les moyens. Le nouveau monde politique n’a, de ce point de vue, rien à envier à l’ancien. Nous voulons croire que cette situation n’est que temporaire et que, demain, chacun saura trouver  la force et l’envie de se retrouver et les mots pour le faire. Notre parti pourra à nouveau être fier de voir sa singularité portée en tant que telle au sein la représentation nationale. Notre parti doit se renforcer de son unité. Nous sommes persuadés que les radicaux ont encore un long chemin commun à parcourir et qu'ils doivent être au cœur d'un groupe singulier à l'Assemblée nationale.
La situation politique nouvelle nous interdit de nous perdre en psychodrames internes au risque de valider nous-même notre inutilité politique.
Le radicalisme a survécu. Il doit désormais se réinventer loin de toutes les hégémonies et au regard des nouveaux clivages politiques. 
Nous ne renions rien de notre passé au sein de la gauche depuis François MITTERRAND. Nous ne renions rien des accords de majorité passés avec le Parti socialiste d’hier. Nous ne sommes pas parlementaires ou ministres. Nous avons comme chacun porté les accords et stratégies au nom de l’intérêt collectif, de la perpétuation de notre idéologie. Nous avons toujours été fiers du travail accompli par chacun de nos représentants.
Chacun aura néanmoins mesuré les travers, les erreurs parfois, de ces alliances et la situation de domination toujours, que nous avons collectivement acceptée.
Il nous faut aujourd’hui admettre que l’agitation et la défense des victoires d’hier ne sera jamais une réponse en soi aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Il nous faut agir, reconstruire.

Nous sommes des progressistes.   
Notre sens des responsabilités, de l’engagement et de la cohérence idéologique nous poussent aujourd’hui à accompagner le projet présidentiel, à lui apporter notre plus-value radicale. Refuser l’opposition de principe, participer à la conduite de la France au nom de nos valeurs est et a toujours été notre honneur.
Pour autant, reproduire avec La République en Marche les mêmes méthodes qu’avec le Parti Socialiste, serait commettre une erreur. Une association à la majorité présidentielle suppose d’asseoir et de justifier pour le PRG un statut de partenaire respecté et en situation d’apporter une plus-value singulière utile à la réussite de la France.  
A ce titre, nous considérons que la principale leçon à retenir de cette époque politique, est l’exigence d’indépendance que nous nous devons pour porter nous-même notre projet devant les Français à l’avenir.
C’est l’enjeu de notre utilité politique qui nous est posé aujourd’hui.
Porter la création d’un nouveau mouvement indépendant fondé sur la cohérence et nos valeurs est notre avenir.
Nous ne pensons pas que gauche et droite se valent pas plus que nous ne croyons à la disparition définitive des clivages. Nous constatons néanmoins sans regret qu’ils ont bougé, se sont étiolés parfois, se sont recomposés surtout face aux enjeux de la mondialisation, de la construction européenne et des nouveaux comportements humains. Nous l’avions souhaité.
L’enjeu n’est plus de s’inscrire dans une référence historique pour inventer l’avenir mais bien de créer une offre politique nouvelle fidèle à notre histoire, pour être utile  à notre pays.
De cet espace nouveau, nous permettrons une réorganisation politique capable d’offrir à la France une démocratie pluraliste et vivante qui n’enferme pas le débat entre un grand parti central et les extrêmes. Nous avons suffisamment lutté contre le bipartisme caricatural de la Vème République pour ne pas imaginer que l’ensemble du champ républicain soit accaparé par une seule formation politique.
L’enjeu aujourd’hui c’est la cohérence du projet que nous devons bâtir et de celles et ceux qui devront le conduire. Cette cohérence ce n’est pas celle d’un socialisme enfermé dans ses utopies et la contestation aujourd’hui. Le projet de  Benoit HAMON était respectable, il n’est pas pour autant le nôtre. S’ils ont des rêves, la tête dans les étoiles, les radicaux ont aussi les pieds sur terre. Nous ne pouvons enfermer le radicalisme dans un rôle de porte-voix d’un socialisme qui cherche encore et toujours à définir ce que sera la sienne.
Notre projet doit être rassembleur. Il doit s’adresser aux responsables politiques qui assument un rôle de gestion du pays, un sens de la réforme et partagent sincèrement un socle de valeurs audible et crédible pour les Français.
C’est le sens de l’accord que nous avons passé avec Génération écologie puis récemment l’avec l’Union des Démocrates et Ecologistes avec lesquels nous souhaitons réciproquement pouvoir approfondir les possibilités d’un rassemblement.
C’est aussi le sens  qui doit être donné à  la démarche de réunification avec les radicaux valoisiens. Ce projet n’est pas technique, pas plus qu’il n’est une fin en soi. Il ne s’agit pas là de confire le radicalisme dans un entre soi poussiéreux mais bien de jeter les bases d’une plateforme progressiste cohérente. Il devra se fonder sur des bases claires intégrant l’indépendance effective des radicaux valoisiens de toute autre formation politique. Sa traduction dans les collectivités territoriales ne pourra intervenir immédiatement afin de prendre le temps d’une véritable construction politique. Les discussions d’ores et déjà bien avancées au Sénat permettront sans nul doute d’être un premier jalon tangible de cette réunification.
C'est enfin ce que nous devrons offrir à tous les progressistes, aux "divers gauche" sans appartenance partisane, aux milliers d'élus locaux - ruraux notamment - qui cherchent une maison reconnaissante de leur engagement et de leur mérite. C’est ce que nous devons proposer aux (ex)socialistes qui demandent à exprimer leurs convictions dans un ensemble cohérent.
Si ce projet devra être débattu, faire l’objet de travaux de fond, d’échanges idéologiques avant d’être validé par l’ensemble des adhérents, il devra surtout être attaché à rassembler largement sur une base claire.
Rassembler sur un engagement républicain et laïque exigeant offrant à chaque citoyen une liberté absolue de conscience avérée et respectée plutôt qu’un modèle anglo-saxon multicultuel  propice à un apartheid culturel et social bien éloigné de notre tradition du vivre-ensemble.
Rassembler sur un attachement à la décentralisation, à la défense de l’égalité des territoires, à la ruralité qui ne peut se satisfaire de voir les collectivités territoriales revenues sous la coupe du ministre de l’Intérieur au détriment d’une politique de cohésion territoriale dont nous savons mieux que personne qu’elle sera menée avec force.
Rassembler sur le renforcement du pacte social, sur une liberté économique au service de la création de richesse, de la redistribution, d’une solidarité érigée comme corolaire des réussites individuelles.
Rassembler sur une écologie responsable, une redéfinition des circuits économiques et la création de nouveaux métiers au service d’une société de progrès.
Rassembler sur le renforcement des libertés individuelles gages d’une adhésion de chacun au destin collectif de la nation.
Rassembler sur une Europe fédérale, 1ère puissance mondiale, capable de protéger, de répondre aux enjeux climatiques, économiques ou sociaux, au devoir humanitaire que ne peut résumer à elle seule  une politique migratoire, au devoir de développement des pays en souffrance, à l’impératif de paix.
Ce socle cohérent, les radicaux le portent en eux. Leur réunification pourrait le renforcer et le mettre en lumière. Ce serait surtout la promesse que l’on peut rassembler les femmes et les hommes sur une idéologie humaniste, progressiste, solidaire, libérale et protectrice en laissant le soin aux historiens de déterminer demain si elle fut de la gauche ou de la droite en vigueur en 2017.
Ce nouveau mouvement devra enfin se choisir un nom en phase avec son temps. Si le radicalisme est notre fierté, sa modernisation est notre devoir.
****
Ce projet, nous l’avons mûri en maintenant le dialogue avec toutes les forces de progrès. Il  ne sera viable que s’il est enrichi, s’il permet de nous réunir à nouveau, s’il est porté demain par une grande majorité d’entre nous. Ce projet ne nous appartient pas et n’en faisons pas revendication. Il est le fruit des échanges que nous entretenons depuis des mois avec toutes les sensibilités du parti.
Ce projet est un appel résolu à l'action car le PRG peut et doit, sous la seule réserve qu'il se mette en mouvement, prendre une place importante dans la reconstruction d'un progressisme éclairé et responsable. Il pourrait trouver à se décliner lors des élections sénatoriales à venir.
Il ne s’agit pas là de faire une  synthèse, un aggiornamento ou une motion de la direction ou d’un camp. Il s’agit seulement d’une expression de notre attachement déterminé au devenir du radicalisme. Nous savons que cette volonté est partagée par tous.  Elle ne trouvera pas à se réaliser dans l’immobilisme ou l’aigreur mais dans l’élan que nous pourrons créer collectivement. Ce choix nous appartient.


Guillaume LACROIX, Bernard CASTAGNEDE, Patrick MOLINOZ, Mélanie FORTIER, Eddie AÏT, Jean-Bernard BROS, Frédérique PLAISANT, Paul DHAILLE, Frédéric NAUD... 
Pour ma part, je suis prêt à signer ...

jeudi 10 novembre 2016

Défendons la maison des syndicats à Evreux ... et ailleurs

Pourquoi nous devons défendre 

la Maison des syndicats à Evreux

la manifestation  a réuni plus de mille
 protestataires le 9 novembre.On y a annoncé
le report de l'expulsion à après les législatives.
Victoire ou sujet d'inquiétude ?  
La situation à Evreux  est inquiétante. Nous reproduisons, en fin d'article la lettre que Lefrand et Lecornu, maire d’Evreux et président du conseil départemental ont envoyé aux organisations syndicales de l’Eure.
C'est une lettre insultante où est clairement indiquée la volonté de mettre fin à ce qui participe depuis près d’un siècle aux bonnes relations entre les représentants des salariés et les collectivités publiques. On peut y sentir la volonté de justifier une politique dure dont le but serait de procéder à l'expulsion sans relogement des syndicats à Evreux. Depuis, parce que les nouvelles vont très vite, les collectivités locales d'Evreux et du Département de l'Eure, courroies de transmission du candidat aux primaires de la droite Bruno Le Maire, ont repoussé la date d'expulsion de quelques mois ... Il n'y a pas là de quoi rassurer à mon avis. 
J'y vois les effets contradictoires de la politique de communication cynique de Bruno Le Maire. On fait des déclarations guerrières, pour faire parler de soi, après on recule. On se fait oublier quelques temps, mais on a fait germer une réflexion qui sera bénéfique par la suite. En cas de victoire de la droite, il voudra tout faire pour ne pas se faire oublier.  Dans six mois, le rebond de l'affaire de la maison des syndicats lui permettre de ne pas se faire oublier. Les syndicats ont tout intérêt à obtenir des garanties sérieuses avant. Quelques rappel de ce qu'est la maison des syndicats à Evreux, de son utilité et de son histoire.

La ville d’Evreux  héberge depuis 1928 les organisations syndicales. Tel est le cas dans la quasi-totalité des villes préfectures de France. Cela fait partie de l’Histoire et de la manière dont les pouvoirs publics ont voulu faciliter les relations entre les représentants des salariés et la société. C’était dès lors, la reconnaissance de l’utilité publique des syndicats. 
Cette action n’a été remise en cause à Evreux que pendant l’occupation, c’est à dire que le principe d’hébergement des syndicats n’a jamais été remise en cause sous la République, quelle que soit la couleur politique des municipalités d’Evreux et ce pendant 88 ans.
Rappelons les faits. Pour réaliser une opération immobilière, la ville d’Evreux souhaite se débarrasser des locaux vétustes où sont logés les syndicats, rue de Pannette. Les syndicats, comme toute personne hébergée, demandent à être relogés dans des conditions correctes et durables. Quoi de plus normal pour les organisations syndicales, qui occupent les lieux depuis longtemps, et où ils rendent un service reconnu.
Les négociations se sont déroulées normalement avec l’ancien maire d’Evreux, Michel Champredon et avec l’appui du Département présidé alors par Jean Louis DESTANS. Les premières tensions sont apparues avec la victoire de la droite aux élections municipales et cantonales. À  partir des difficultés créées par les affidés de Bruno LEMAIRE,  les syndicats ont  demandé au préfet de l’Eure d’accepter un rôle de médiateur, qu’il a accepté.
Nous rejetons les arguments de la municipalité et du département qui font passer les syndicats pour des privilégiés et des capricieux. Pour dire cela il ne faut jamais avoir mis les pieds dans les locaux de la rue Pannette, qui n’ont pas connu d’aménagement depuis cinquante ans. 
Une aide historique et nécessaire.
N’en déplaise à Bruno Lemaire, qui veut se trouver un créneau au sein des primaires de la droite, elle est nécessaire. Cette aide  est comparable à l’aide publique fournie aux partis politiques et contre laquelle Bruno Lemaire et les candidats de droite se gardent bien de protester, lors même qu’ils utilisent tous les procédés pour en avoir encore plus. Elle est nécessaire parce que les syndicats de salariés sont indispensables à de saines relations entre salariat et patronat et que l’ensemble des relations au sein d’une société moderne et démocratique en dépend. Les salariés ont besoin d’être défendus, ils ont besoin de choisir qui va les défendre. Ils ont besoin de syndicats forts et responsables. Et la première utilité d’une maison des syndicats est de leur donner les moyens de  l’accueil et du dialogue entre les salariés et leurs représentants.
Soyons clairs aussi sur la demande des syndicats. Ils n’exigent rien d’autre, en tant qu’expulsés, que de retrouver des locaux adaptés, correspondant au travail qu’ils effectuent déjà auprès des salariés, des adhérents et des militants du département. Des salles et des bureaux simples qui permettent de faire leur travail de manière autonome, des salles de réunion qui peuvent être partagées, bref, l’équivalent d’une simple maison des associations comme il en existe dans de nombreuses villes, et quasiment toutes les villes de la taille d’Evreux. Les locaux isolés sur le plan thermique et acoustique permettraient aussi des économies d’énergie. Les syndicats ne sont après tout rien d’autres que des associations spécifiques.

Voilà pour recadrer les choses. Les pouvoirs publics, comme n’importe quel propriétaire, ont pour obligation de reloger leurs locataires lorsqu’ils veulent reprendre leurs biens pour utiliser les locaux à d’autres fins. Les syndicats n’en demandons pas plus.

Nous constatons que, au-delà des propos insultants, sous des argumentations dangereuses et fallacieuses, la ville d’Evreux comme le Département ne font pour l’instant pas face à leur responsabilité. Nous leur demandons, solennellement de modifier leur attitude, au nom du million de salariés du département.

Le parti radical de gauche, au nom des valeurs qu’il défend, se range sans réserve du côté des organisations syndicales en lutte pour la défense de leur droit, constitutive des droits du million de salariés du département de l’Eure.




lundi 29 août 2016

Après la Loi Travail, repenser le dialogue social

4e contribution de Michel Champredon pour le congrès prg de La Rochelle


L'opposition à la loi El Khomri s'est radicalisée et la CGT a tenté de bloquer le pays pour faire plier le Président de la République et le Gouvernement. Dépôts d'essence ciblés par les grévistes, barrages routiers, blocage de la diffusion des quotidiens nationaux : la France a montré un visage peu glorieux, ce grand pays qui parle au monde ne sait pas trouver les mots lorsqu'il s'agit de ses propres réformes. La France aura perdu l'occasion du dialogue, la Gauche aura démontré qu'elle ne sait pas se rassembler, la Droite aura prouvé qu'elle fait passer ses enjeux internes avant les intérêts du pays.

Au-delà de telle ou telle mesure ou réforme, l’action publique a besoin de trois choses pour raccrocher les citoyens à la politique :

-      d’abord, une mise en perspective et l’inscription de l’action conduite dans le cadre d’un projet de société. Les Français, comme les Européens, sont majeurs et conscients des difficultés de notre époque. Ils seraient davantage prêts à accepter les sacrifices s’ils comprenaient l’orientation des politiques conduites ; sans compréhension aucune adhésion n’est possible. Il faut donner du sens et faire de la pédagogie. Vers quoi veut-on conduire notre société ? Quel « vivre-ensemble » voulons-nous bâtir ? Quelle sera la place de l’individu dans la société qui se construit sous nos yeux ? Tenir un discours de mobilisation nationale, teinté de fierté républicaine, laïque et européenne. Mais le vrai défi pour nos responsables politiques consiste à tracer le chemin, proposer une ambition et une espérance nouvelles sans tomber dans la démagogie,

-    ensuite, une promesse de redistribution ; promesse qu’il faut tenir. La pauvreté et les inégalités se développent en France et en Europe. Demander des efforts est légitime mais il faut donner des signes de redistribution et de retour en direction des citoyens lorsque la situation sera rétablie (discours trop peu développé),

-    enfin, rééquilibrer le discours et l’action. Toute réforme doit être équilibrée. Demander aux salariés d’accepter les remises en cause doit s’accompagner d’exigences réciproques et de garanties de la part des détenteurs du pouvoir économique (par exemple, qu’en est-il du million d’emplois promis par le MEDEF contre les exonérations de charges sociales et le Pacte de stabilité ?).

Je pense qu’avec du sens et de la mise en perspective, une promesse de redistribution et un rééquilibrage de l’effort demandés aux catégories de la population, on doit affronter plus solidement la période actuelle qui est extraordinairement difficile.

Avec ce projet de loi, finalement aujourd’hui et en d’autres termes c’est : tous perdants. Au lieu du « gagnant-gagnant » souvent recherché c’est le « perdant-perdant » : La France, la Gauche, La Droite…seule l’Extrême-droite capitalise, non sur ses propres propositions (qui sont encore plus libérales que celles de la Droite), mais sur le mécontentement. Lancer une telle réforme à un an de la fin du mandat présidentiel, c’était risqué ! Par ailleurs, la loi Travail, au-delà du texte lui-même, a servi de déclencheur à toutes sortes de mécontentements et de frustrations. La boîte fut ouverte et tous ceux qui avaient quelque chose à revendiquer ont profité de la période pour le faire. On l’a vu avec le déclenchement de mouvements sociaux dans des secteurs qui n’étaient pas touchés par cette loi.

La loi « travail » de la ministre Myriam El Khomri a fait l'objet de débats intenses et a divisé aussi bien la Gauche que les syndicats. Les médias ont présenté d'un côté une Gauche conservatrice qui serait responsable de l'immobilisme français et de l'autre des ultra-libéraux soumis à la doxa du MEDEF. La vérité est moins caricaturale. Mais, au milieu de tout cela, subsiste un point qui m'interpelle : comment décentraliser (dans l’entreprise) les négociations sur le temps de travail avec des syndicats aussi peu représentatifs qu'aujourd'hui ? Comment vouloir plus de flexibilité sans renforcer le dialogue social français ? N'aurait-il pas fallu introduire dans la loi l'idée d'une syndicalisation obligatoire ?



En France on mythifie les négociations sociales comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne ; comme si nous étions dans une tradition de « cogestion ». Eh non ! Le syndicalisme français n’est pas, historiquement, un syndicalisme de cogestion ; c’est un syndicalisme de revendication. On n’échappe pas à son histoire. C’est le résultat de la « Charte d’Amiens » signée en 1920, qui sépare l’action politique de l’action syndicale. Nous parlons souvent d’une vision « social-démocrate » des Socialistes français…en fait, c’est un abus de langage. On veut exprimer l’idée d’une action politique modérée qui intègre l’économie de marché et même une partie du libéralisme économique. La social-démocratie suppose un partenariat clair, fort et équilibré entre le politique et les syndicats ; où ces derniers sont étroitement associés à la gestion de l’entreprise (pas seulement pour les activités sociales, de loisirs ou pour les plans de licenciements). Ils ont de vraies responsabilités. En France, tel n’est pas le cas. Chez nous, les syndicats sont faibles (7,7 % en 2013, le plus faible de l’OCDE après la Turquie) voire très faible selon les branches ou les entreprises. Par ailleurs, pour dialoguer, il faut d’abord faire la grève (voire brûler des pneus devant la préfecture ou arrêter l’autoroute). Ainsi, on fait la démonstration de sa représentativité et on force la discussion. Sinon on ne discute pas ou trop peu.

Donc…

Donc…inscrire la négociation dans l’entreprise comme une méthode systématique d’avancée des réformes…c’est compliqué car la réalité (surtout dans les PME qui représentent 80 % des emplois en France) c’est faire le triste constat que les syndicats ne sont pas représentatifs et sont faibles pour négocier.

Comment aurait-on pu s’en sortir ?
Partons du principe que les uns et les autres sont convaincus et honnêtes dans leur démarche, ceux qui pensent qu’en libéralisant le droit du travail on va stimuler les embauches en faisant sauter le verrou psychologique chez les employeurs et ceux qui pensent qu’on donnera la main libre au patronat dans la plupart des entreprises où les syndicats n’existent pas. La difficulté est d’estimer l’effet « création d’emplois » d’une telle loi (même si des spécialistes s’y sont exercés).

Alors, j’avais formulé deux propositions :

1) appliquer l’accord d‘entreprise pour les entreprises au-dessus de 300 ou 500 salariés (où les syndicats existent) et conserver l’accord de branche pour les plus petites où les salariés sont face au patron sans force syndicale,
2) voter la loi à l’essai pour trois ans, avec une évaluation à mi-parcours et une à la fin. Ainsi on aurait pu modifier ses modalités selon la façon dont les acteurs économiques s’en seraient appropriés les termes.

Ces propositions pragmatiques auraient pu être un terrain d’entente pour les deux parties de la Gauche.

Faut-il obliger chaque salarié à adhérer à un syndicat?
Pour cela, il faudrait changer notre culture de gouvernance en France en redéfinissant le rôle des syndicats et en permettant un vrai partage du pouvoir dans l’entreprise. Cela suppose d’associer les syndicats à la définition de la stratégie de développement et de conquête de nouveaux marchés de l’entreprise, à sa politique de rémunérations des personnels, des dirigeants voire des actionnaires etc… Mais pour associer les syndicats, il faut que de leur côté, les syndicalistes soient dans une culture du compromis et de la « responsabilité partagée ». Si on participe au pouvoir cela implique qu’on soutienne les décisions prises et qu’on les assume devant les salariés, même lorsqu’ils sont mécontents.

C’est une autre société à inventer. Ce pourrait être une belle ambition à présenter lors de l’élection présidentielle de 2017, dans le cadre d’un nouveau projet de société ; car impossible à faire en court de mandat, par une simple loi.

Proposition :

Notre Parti Radical de Gauche ne pourrait-il pas développer cet axe pour la prochaine élection présidentielle ?