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dimanche 8 février 2015

Service civique : encore un effort, Monsieur le Président ...

Comme attendu, François Hollande a annoncé la 
création d'un service civique universel, lors de sa
conférence de presse marquée par l'esprit du 11 janvier.


Ce n'est pas le tout d'annoncer la création d'un service civique universel ... encore faut-il savoir comment le mettre en place ! Après l'indispensable annonce, place doit être faite au débat Républicain.

Quand, comment, pour qui et, au fait, pour quoi, dans quel but et à quel prix ? Autant de questions qui se posent et aux quelles finalement un Président de la République n'est pas en mesure de répondre ... même si l'on peut penser qu'en reportant la réflexion à plus tard, il a eu la bonne attitude. 
Pour avoir une quelconque efficacité, le service civique ne doit pas être vécu comme un gadget mais comme un élément majeur d'un projet de société. 
Des tas de questions se posent déjà, comme sa relation avec un service militaire, aboli il y a 20 ans, dans un consensus général curieusement adossé à un sentiment nostalgique. Dejà, Luc Ferry et Henri Guaino disent que seul un service militaire peut être obligatoire. Tout le monde, dont l'auteur de ces lignes, ne comprend pas pourquoi.
Comme autre question nous avons le lien avec l'école. Le service civique sera-t-il capable de faire ce que l'école a été incapable de faire ? 
Et si le service civique est la prolongation de l'école, alors, à quel âge doit il avoir lieu ? Doit-il y être intégré ? 
Le service civique doit il être au contraire intégré dans la vie active, ou, tout du moins l'y préparer ? Doit-il être rémunéré, indemnisé ou totalement gratuit ? 
Qui, quelle structure doit l'organiser, le contrôler ? Autant les casernes étaient le lieu automatique de l'accueil des conscrits, autant l'accueil des appelés de la République est difficile à résoudre.
Déjà, en se posant toutes ces questions, pointent les écueils sur lesquels ce projet généreux ne devrait pas s'échouer. Le service civique est revenu sur le devant de la scène parce qu'une minorité a montré sa résistance au projet commun républicain. Il ne faudrait pas qu'il puisse être assimilé de quelque manière que ce soit à une punition collective. 
En fait, rien n'est plus beau, rien n'est plus grand, même si rien n'est plus difficile, que de définir le projet républicain. Tout simplement parce que là est le projet collectif, qui doit nous permettre de vivre ensemble. 
C'est à cette tâche que je vous invite à participer  avec Géraldine Guilpain, présidente des jeunes radicaux de gauche et auteur d'une tribune remarquée sur le site du Nouvel observateur et défendant le service civique obligatoire. 
Venez nombreux 

Le service civique obligatoire  
peut-il résoudre la fracture sociale ?  

café radical 
vendredi 13 février
18h30
au Jardin de Bigards
39 rue du Quai 
27400 Louviers












mardi 30 octobre 2012

La Bpi pour les nuls ...La leçon du professeur Causse


La Banque publique d'investissement, vous n'y comprenez rien ? vous n'êtes pas le seul, ci-dessous, un cours sur le sujet par la professeur Hervé Causse. Hervé Causse m'a promis d'animer un prochain café radical sur le thème du poids et de l'organisation de la finance dans l'économie moderne... Nous l'attendons avec impatience... tant pour ceux qui ont compris l'article que pour les autres. Dans les domaines compliqués, nous avons besoin de questions naïves... dans l'attente de la soirée, nous nous efforcerons de vous répondre.


La BPI, une structure juridique atypique pour un nouveau projet d'industrie bancaire   



 
Les expériences du passé sont parfois douloureuses
La Banque publique d'investissement est l'un des grands sujets du moment. Promesse de campagne du président de la République, elle colporte l'idée que le secteur public pourrait participer d'une nouvelle vitalité du secteur bancaire. Personne ne le formule ainsi car les expériences du passé sont parfois encore douloureuses (ô Crédit Lyonnais) et parce que, depuis vingt-cinq ans, tous les gouvernements ont travaillé à uniformiser la finance sur le modèle capitaliste, en écrasant notamment les différences du secteur coopératif et en supprimant la plupart des institutions financières spécialisées (IFS qui ont, selon le Code monétaire et financier, une vocation de financement d'intérêt public, CMF, art. L. 516-1).

Il n'est en tout cas pas facile de prendre le contrepied de la pensée unique qui règne depuis des décennies.

La BPI est ainsi une façon de faire un geste, magistral, en faveur du secteur public. La finance privée, le système bancaire, qui seul a accès à la liquidité de la BCE, montre des défaillances. Personne n'ose le dire mais on se demande si on ne risque pas à tout moment une crise du crédit (pour faire bien : un credit crunch). En vérité, le problème est tellement lourd qu'il faut sans doute carrément repenser l'architecture du système bancaire pour le sécuriser (bien au-delà de la séparation des banques d'investissement et de dépôt). On est loin de s'interroger sur la structure du monde bancaire dans les milieux autorisés. Pourtant il faudra y venir et, sans doute, donner des solutions avec une profonde réforme de la structure du système bancaire, ce qui n'est pas ici le sujet.

Dans cette conjoncture de grande difficulté, la BPI est un événement de gestion notable mais non une réforme de structure. Et il faut sans doute souvent préférer la gestion que les réformes... Des structures différentes vont naître et d'autres s'y fondre, mais il ne s'agit pas ici des structures fondamentales de la finance, mais seulement de trois "établissements". Toutefois, la BPI pourrait faire naître une expertise et une autorité. La question est donc de savoir si la BPI fera preuve de créativité ou si elle continuera, le cas échéant avec des gains de productivité, l'oeuvre des trois "entités réunies".

Le projet d'industrie bancaire se résume tout de suite à regrouper CDC Entreprise, la filiale de la Caisse des dépôts), Oseo et le FSI (Fonds stratégique d'investissement). De nombreux avis sont positifs, il y a des moments de la vie de l'entreprise qui ne sont pas financés, le regroupement peut aider à combler ces manques.

Cette réunion s'opère par la création-rénovation d'un établissement public, celui de l'ordonnance de 2005 relative à Oseo, tant à l'établissement public qu'à sa SA. La BPI est donc un concept à double détente, un établissement et une SA qui aura, elle, le statut de banque. Cela est assez technique, voire complexe, et ne facilitera pas la communication politique, mais il n'est pas certain qu'il y ait besoin de communiquer dans le détail.

L'objet social et légal de la BPI est affiché outre cette dualité juridique, comme une loi commune de l'établissement public et de la SA : " Elle (la BPI) favorise par son action l’innovation, le développement et l’internationalisation des entreprises, en contribuant à leur financement en prêts et en fonds propres". Les mots innovation, développement... ne sont pas restrictifs et la BPI, à travers son entité agréée, pourra finalement faire ce qu'elle veut. La formule financement par "prêts" est maladroite car à l'entendre la BPI ne pourrait pas faire du découvert en compte ou du crédit-bail... le prêt n'est qu'un type de crédit, et le crédit qu'un type de financement (même si ce n'est pas dans les livres). La formule "fonds propre" peut-elle même susciter des doutes - mais légers - puisque tout l'art du financement réside souvent dans les quasi-fonds propres (voyez la note précédente sur l'ouvrage LBO).

L’établissement public OSEO prend le nom "Etablissement public BPI-Groupe".

L'organe opérationnel en sera une filiale, c'est l'occasion d'une transformation légale : la « société anonyme OSEO » devient la : « société anonyme BPI-Groupe ».

La "SA BPI Groupe" sera gouvernée par un conseil d'administration, son président étant déjà désigné alors que la fonction n'est pas adoptée dans la loi : c'est la politique. Au-delà, la question se posait de savoir si le président de la BPI devait être le directeur général de la CDC, ce qui a été tranché pour le cas d'espèce, mais non pour l'avenir. Ce président ne sera pas directeur général, on sait que la place a été disputée. La BPI devrait ainsi être dirigée par deux inspecteurs des finances. Outre l'Etat, la CDC et les trois administrateurs désignés pour leur compétence, dont sera issu le DG, les régions sont représentées par deux administrateurs.

On note que parmi ces 15 administrateurs il n'y a pas d'administrateurs indépendants.

La BPI est surtout marquée par un conseil d'orientation qui sera présidée par un président de conseil régional. Ce comité national d’orientation (CNO) de la société anonyme BPI-Groupe est chargé d’exprimer un avis sur les orientations stratégiques, la doctrine d’intervention et les modalités d’exercice par la société et ses filiales de ses missions d’intérêt général. Ses avis sont communiqués au conseil d’administration de la société anonyme BPI-Groupe. Voilà qui ressemble à un conseil de surveillance.    

Cette division est aussi intéressante ... que dangereuse. À être pessimiste, on pourrait dire qu'elle opposera l'ordre et le management (le CA) au volontarisme politique parfois teinté de lyrisme (le CNO), en somme un conflit entre le possible et le souhaitable.

Comment les administrateurs devront-ils prendre en compte les "avis" du CNO et des "orientateurs" ? Cette procédure n'existe pas en droit des sociétés, le conseil d'administration doit seul administrer, et ses administrateurs sont seuls responsables. Le projet de loi ne décharge pas les administrateurs de leur responsabilité à raison des avis du CNO. Les "administrateurs fonctionnaires" ne l'oublieront pas puisque certains d'entre-eux sont actuellement poursuivis dans une affaire qui a défrayé la chronique : les administrateurs devront-ils obéir au CNO ? Notamment pour favoriser l'octroi de crédits alors même que la demande risque d'être forte ? Ou devront-ils surtout regarder les ratios d'exploitation de l'établissement ?

Les deux bien entendu... répondraient quelques "proches du dossier".

Tout cela devra se faire en faisant se coordonner la culture CDC Entreprises (voyez en photo l'annuaire de ses participations), celle d'Oseo et celle du FSI. Voilà qui est un défi car, il relève des sciences pures que les rapprochements créent les frictions. Il faudra de larges vues et une grande autorité pour équilibrer et faire marcher cet ensemble pour, finalement, lui inventer un destin en partie nouveau par rapport aux activités déjà existantes. Cela, la loi n'en dit naturellement rien, mais les travaux préparatoires n'en disent pas non plus grand chose. Un important travail attend la direction et la banque du secteur privé va regarder avec attention la suite des opérations.

Créativité et inventivité seront les facteurs de la réussite à condition de sélectionner les idées réalistes augmentant le produit net bancaire sans augmenter les coûts d'exploitation. Enfin, la position politique que lui donne son contexte de création pourrait en faire un lieu de réflexion sur ce que doit être un pôle de financement public et, sur ce que doit être le système bancaire. Le sujet n'a même pas été posé, alors qu'il y en eu cent débats et cent textes sur la finance de marché.

lundi 3 janvier 2011

Anne-Marie Ashbrook, suppléante de Jacky Bidault

On ne saurait rêver meilleure manière de commencer l'année.


Jacky Bidault a présenté ce 3 janvier à la presse sa suppléante, Anne-Marie Ashbrook, une femme d'action présente depuis 35 ans sur Saint-Pierre du Vauvray, dont 19 ans en tant que conseillère municipale.


Anne-Marie Ashbrook n'oublie pas de mentionner son passé de sportive de haut niveau (elle a eu un titre de championne de France de parachutisme), avant d'expliquer pourquoi elle se lance dans la bataille électorale.


Elle ne connaît pas le monde politique, mais le saut dans le vide ne lui fait pas peur. Avec sa foi et ses convictions, elle sait atteindre une cible. Cadre infirmière de profession, ses convictions l'ont amené à travailler dans le secteur social et à animer plusieurs associations environnementales dont une qui regroupe les riverains de la Seine et est appelée à jouer un rôle clef dans les années à venir.




Anne-Marie Ashbrook a clairement indiqué les raisons de son engagement aux côtés de Jacky Bidault. Elle n'a de carte dans aucun parti, mais il s'agit d'un rôle politique au sens premier du terme. On n'est pas ici dans les accords d'appareils, mais on est le relais de désirs citoyens, qui veulent avancer dans le cadre d'un projet humaniste et pragmatique... des valeurs bien radicales !




L'équipe ancre son projet dans le cadre de la politique départementale menée par Jean Louis Destans. Mais il s'agit aussi de faire avancer tous les dossiers du canton sur les plans environnementaux, sociaux, routiers en relayant les projets des acteurs locaux, aux premiers rangs desquels les communes.

Pour le parti radical de gauche, le renouvellement de la gauche est là : dans les valeurs portées au quotidien par des citoyens actifs, qui font de la politique comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir. Il n'y a pas là inféodation à un parti ou à une idéologie à laquelle on s'accroche comme les désespérés du radeau de la Méduse.


Il y a plus sûrement de la confiance en soi qui apporte la confiance en l'autre, en l'humain et le plaisir d'agir pour améliorer la vie autour de soi. Pompier pour l'un, infirmière pour l'autre, ce sont deux personnes qui ont consacré leur vie professionnelle au service public.
A Anne-Marie Ashbrook, comme à Jacky Bidault, ainsi qu'à tous nos lecteurs, j'adresse tous mes voeux d'une année brillante, délicieuse et tonique, source des meilleures surprises...


Olivier Taconet


Président de la fédération de l'Eure
du Parti radical de gauche


vendredi 19 novembre 2010

pathétique ...

"C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g ..." titrait un film comique des années 70... et l'oisiveté est mère de tous les vices.
Ceci explique sans doute pourquoi les socialistes lovériens, qui se sont exclus eux-mêmes de la gestion municipale en 2008, offrent un spectacle de plus en plus grotesque...
La manifestation de lundi en est le dernier avatar (voir photo, tirée du blog de JC). Il s'agissait d'organiser une protestation au pretexte que le rapport sur la gestion de l'eau passait devant le conseil municipal de Louviers.
Venant de l'extrême-gauche, ces gamineries se comprennent aisément de la part de ceux qui continuent d'expliquer le monde à l'aune de la Révolution trahie de 1917 et qui refusent toute responsabilité politique depuis le massacre de Cronstadt...


Venant des socialistes, qui ont eu des responsabilités municipales, des responsabilités nationales (c'est vrai que ça commence à faire longtemps ...), cela reste surprenant et ne s'explique pas autrement que par la situation strictement lovérienne. Ici le PS local tente encore de faire passer la municipalité à laquelle ils ont participé sans broncher pendant 12 ans pour un suppôt de la droite...
Au lieu de reconnaître leur erreur, ils persistent et tentent encore de justifier l'élection de Guy Auzoux en 2008 ... le conseiller général de droite qu'ils ont fait élire en se maintenant au deuxième tour ... brisant à la hache la règle du désistement républicain ...
C'est comme ça que lundi dernier, les socialistes ont brandi avec quelques gauchistes l'étendard d'une gestion municipalisée de l'eau ... A force de nager dans de telles incohérences on risque de s'y noyer...

Rappelons quelques éléments, qui rendent l'attitude du PS local complètement incompréhensible.

1) Le lieu - La manifestation a lieu à Louviers, au conseil municipal alors que le conseil municipal n'est pas gestionnaire de l'eau. La compétence, depuis plus de 10 ans, est intercommunale et non communale. La communauté d'agglomération compte des élus socialistes qui jamais ne se sont opposés à cette gestion déléguée .... Jamais on a vu de manifestation sur ce thème à Val de Reuil ou à Poses (ville du président de la commission gestionnaire de l'eau, qui a pris la suite de Nicole Cormier ...)

2) La date - Franck Martin avait annoncé que la délégation de service qui relie la Case avec l'entreprise Véolia courrait jusqu'en 2024 ... en raison d'ailleurs du fait que le maire socialiste de Val de Reuil (à l'époque Bernard Amsalem) et le maire Rpr de Louviers (Odile Proust) avaient signé un contrat de 30 ans, juste avant l'application de la Loi Sapin qui interdisait de telles pratiques... L'association de Jean Charles Houel dit qu'on peut revoir la question dès 2014 en raison de l'interprétation qu'ils font de la jurisprudence Olivet... Bien, mais nous ne sommes pas encore en 2011 ... C'est du délire !

3) Les faits - Quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage. Du coup l'excellente gestion de l'eau à la communauté d'agglomération, la création de stations d'épuration de sites de protection des captages, la limitation des fuites ... tout ceci dû à la compétence d'un personnel que jamais une petite commune n'aurait pu recruter, a permis de mener une politique dont la qualité est reconnue partout (m'enfin, nul n'est prophète en son pays ... !).
Les pancartes parlent d'un prix de l'eau qui serait excessif ... en faisant des comparaisons qui n'ont pas lieu d'être (le prix de l'eau est forcément moins élevé dans un habitat groupé par exemple, ou dans des sites où l'accès à l'eau est difficile). Rien ne dit qu'une reprise en régie de la distribution de l'eau serait moins élevé ... d'autant qu'il faudrait alors créer une régie dont le coût serait intégralement repris dans le prix de l'eau (Loi Lalonde) ...

Il serait temps que nos socialistes locaux quittent les vieilles lunes et prennent prise sur la réalité... La gauche, Louviers, la Case, ses habitants méritent mieux. Nous avons besoin de toutes les forces pour le bien de la collectivité...

mardi 24 novembre 2009

A Louviers, les socialistes ont touché le fond !

Terrible soirée pour les socialistes lovériens que l'on ne sentait déjà pas bien brillants ces derniers temps !


Ce blog a déjà rendu compte de la mauvaise foi de l'association regroupant gauchistes et socialistes levant l'étendard d'un retour à une gestion de l'eau en régie ... municipale (!)


Revenons encore une fois, même si ça lasse, sur l'inanité du discours.


1) La gestion de l'eau n'est plus municipale, elle est intercommunale et c'est tant mieux


2) C'est tant mieux, parce qu'une gestion rationalisée de l'eau dépasse les limites communales... et surtout sur un ensemble de petites et moyennes communes. Les exigences vis à vis de l'environnement et de la qualité de l'eau impliquent une gestion beaucoup plus stricte que celle qui était exigée il y a quelques dizaines d'années. La gestion rationalisée de l'eau, de sa distribution comme du traitement des eaux usées impose une compétence professionnelle que des petites collectivités auraient du mal à assumer financièrement. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles la loi socialiste avait fortement incité à ce que la gestion de l'eau soit gérée au niveau des agglomérations. C'est ce qu'a fait la Case, dès sa naissance, et c'est ce qui lui a permis d'obtenir des résultats tout à fait exceptionnels, même s'ils ne se voient pas ... tels que la création de 3 stations d'épuration permettant d'assurer la salubrité des zones industrielles pourvoyeuses d'emploi sans conséquences néfastes pour la population, la création de zones de protection autour des nappes phréatiques dans une logique de développement durable en accord avec des agriculteurs bio .... et un réduction des fuites d'eau à l'un des meilleurs niveaux nationaux.


Tout ça, c'est vrai, ne justifie pas la délégation de service public et l'on pourrait envisager une gestion en régie au niveau intercommunal. Pourquoi pas ?


Pourquoi pas, mais pas avant 2024 !


Et pourquoi pas avant 2024 ? Parce que le service public de distribution de l'eau a été concédé pour 30 ans par les deux principales villes de l'agglomération Louviers, alors gérée par la RPR, (devenu l'UMP) Odile Proust, et Val de Reuil alors gérée par Bernard Amsalem (devenu président de la fédération française d'athlétisme ...) mais surtout socialiste, ce qu'est restée la mairie de Val de Reuil, fait partie des villes de France qui ont le plus délégué leur gestion au privé. Même les espaces verts y sont concédés...


Et ce sont eux qui donnent la leçon !


A cause du choix fait par les socialistes en 1994, profitant des toutes dernières heures qui offraient aux collectivités locales la possibilité de s'embarquer dans des contrats de 30 ans ... la Communauté d'agglomération n'est pas en mesure de se poser la question d'une gestion en régie avant 2024 sous peine de faire payer aux 60.000 habitants du territoire le surcoût d'un choix idéologique.


C'est un choix que personne ne ferait ! Même pas le plus idiot des socialistes lovériens, même pas la plus idéologique des trotskystes ! Parce que ce choix aurait pour conséquence de payer pour ne rien faire le groupe capitaliste à qui les socialistes ont concédé la gestion locale et de le faire payer aux habitants !


Pas besoin d'aller se demander pourquoi plus de 90 % des collectivités ont choisi une gestion privée, le problème en se pose pas avant 14 ans...


Et le pire est que ce choix fait par les socialistes et le RPR à l'époque l'a été pour les plus mauvaises raisons... Pascal Labbé a rappelé que le groupe concessionnaire avait participé à hauteur de 50.000 F à la campagne électorale de François Loncle, et que ce même groupe a financé des équipements municipaux dont la bibliothèque, qui n'avaient aucun rapport avec l'eau.


Enfin, cerise sur le gâteau, Franck Martin a rappelé que lors de la campagne électorale de 1989, le cag, qui était sur une liste commune avec le parti socialiste avait refusé que la campagne soit financée par un chèque de la cge que le parti socialiste avait accepté... C'est vrai, à l'époque, tout cela était légal... Légal comme la main de Thierry Henry dans la surface de réparation... Mais ces actes disqualifient la politique comme d'autres disqualifient le football... ! Et l'interdiction de ces pratiques juste après 94, est à l'image de ce que sera l'arbitrage vidéo d'ici très peu de temps.




Voilà !


Voilà ce qui a été dit, après que pendant plus d'une heure Franck Martin ait démontré chiffres en mains ce qu'était aujourd'hui la gestion de l'eau sur un territoire dynamique de 60.000 habitants avant de retracer la honteuse histoire de l'action socialiste locale a laquelle d'ailleurs s'étaient opposés les militants du comité d'action de gauche, le cag soutenu par Jean Charles Houel et Nathalie Bellevin !


Conclusion de la conseillère Nathalie Bellevin après la démonstration : "voilà ce que les gens vont retenir alors qu'on avait posé le problème... " On croit rêver !


Mais non, les socialistes et les gauchistes ont eu le culot de poser un problème qui ne se pose pas et de leur fait ! Et ils achèvent leur interminable travail de disqualification !


Ne croyez vous pas qu'à Louviers, comme ailleurs, on n'aurait pas besoin de socialistes capables d'un travail intellectuel honnête et qui soient utiles à autres chose qu'à servir de courroie de transmission usée d'un député socialiste qui a dépassé l'âge de la retraite et d'un ambitieux parisien qui n'est toujours pas capable de prendre la mesure du territoire ?






jeudi 29 octobre 2009

Le canard renvoyé dans son coin-coin

La mauvaise foi démagogique s’habille toujours d’un discours simpliste, qui ne laisse pas de place à l’alternative. En assénant des vérités qui n’appartiennent qu’à lui, le néo-président Houel évite de répondre aux questions gênantes du café radical.

Quand on lui dit que les socialistes ont, à Val de Reuil, signé un contrat de 30 ans avec la Cge, il répond par une série d’affirmations gratuites. Nous en livrons d’autres au débat

Peut-on confondre délégation de service public et privatisation d’un service public ?




La réponse est non ! sauf si l’on est de mauvaise foi ...
Peut on faire croire que la plupart des collectivités ont mis fin avant le terme du contrat aux délégations de services publics accordées à des entreprises privées ? La réponse est non.
Est-ce que cela a correspondu à une politique de droite ou de gauche ? La réponse est non ! Est-ce que cela doit se faire après une étude coût/avantage des contrats en visant l’intérêt des usagers et de la qualité générale des services, comme cela a été fait à la Case ? La réponse est oui
Est-ce que cela doit se faire au nom d’une démarche idéologique, la réponse est non !

— Est-il exact que la gestion en régie des services concédés aurait pour conséquence d’augmenter considérablement le coût des services aux habitants du territoire ? La réponse est oui.
— Est-il exact que le dépotage de déchets liquides pollués par des hydrocarbures est impossible dans le cadre d’une gestion en régie des services ? La réponse est non.
— Est-il exact, enfin, que près de quarante personnes se soient réunies, animées par un antimartinisme primaire, la réponse est Non. Là dessus, nous sommes pour une fois d'accord avec le président socialiste de l'association faux-nez.
Tout le monde sait qu’il y en avait beaucoup moins !

mercredi 28 octobre 2009

ça casse pas trois pattes à un canard ...

Une récompense à qui aura compris la réponse de Jean-Charles Houel au café radical !

Pour ceux qui veulent suivre, je donne même le lien que vous pouvez joindre en cliquant là.

Ceux qui souhaitent suivre l'argumentation croisée se référeront à mon blog en cliquant
ici.

Pour ma part, je n'ai compris qu'une chose : Jean Charles Houel a souhaité répondre, mais il ne contredit absolument pas ce qui a été écrit sur ce blog.

De trop nombreuses lignes trouver deux éléments nouveaux dans le débat que nous commentons ci-après (je passe sur les attaques ad personae qui glissent comme sur les plumes d'un canard ...).

Jean-Charles Houel accuse le café radical de dire des contrevérités...mais il lui donne raison.

En disant que ce n'est pas Bernard Amsalem qui a contracté avec la Cge, mais l'ancien maire du Vaudreuil, alors président de l'Etablissement public qui devait donner naissance à la Ville Nouvelle, il confirme bien qu'il y avait délégation de service public. Comme le café radical continue de l'affirmer, il y a bien eu nouvelle signature d'un contrat de 30 ans par le maire de Val de Reuil en 1992, et il ne s'agissait pas de M Chèdeville ... Signalons aussi que Val de Reuil est un exemple national en matière de service public délégué (pour que le lecteur comprenne bien, le service public délégué est ce que l'association de Jean Charles Houel appelle "service public privatisé")... A Val de Reuil, même les espaces verts sont privatisés. C'est pas courant !

Autre argutie incompréhensible : l'attaque contre les verts. Les Verts répondront aux attaques... Mais on voit bien que ce qui chagrine Jean Charles, c'est précisément que les Verts ne les suivent pas sur le terrain glissant de la rancoeur stérile...

De mémoire, il n'y a pas eu que Pascal Labbé à remettre en cause la gestion privée de l'eau par la communauté d'agglomération. Tout le monde l'a remis en cause... et Franck Martin en premier, et toute l'équipe aussi. D'une manière très pragmatique, il a été fait appel à un bureau d'études indépendant, Service Public 2000, recommandé par des écologistes. Résultat des courses : l'intérêt des lovériens et des autres habitants de la l'agglomération, recommandait de ne pas remettre en cause les concessions de service public que la Case devait reprendre.

Passons !..

Il y a quelque chose de pathétique à voir un socialiste donner des leçons d'écologie, de verdure à un militant vert dévoué à sa cause et indépendant depuis tant d'années.

Pour notre part, nous attendons toujours des réponses de fond aux arguments que nous avons avancé dans notre dernier blog....

Pour l'instant, dans ce que nous lisons dans la presse ou sur le blog de Jean-Charles Houel, pas de quoi casser trois pattes à un canard.


lundi 26 octobre 2009

Les petits de la carpe et du lapin ...

Qu’est ce que ça donne l’alliance de la carpe et du lapin ? Un lapin à écaille ? Un poisson poilu ? Pas du tout : à Louviers, la carpe du socialisme aveuglé, mariée au lapin révolutionnaire aux yeux rougis de nostalgie donne naissance à des canards transgéniques… auxquels le café radical va tâcher de tordre le cou… Non à l'intox, oui à l'info !






Les socialistes lovériens s'entêtent à vouloir pourfendre la gestion de Franck Martin, qu’elle soit municipale ou intercommunale. Une gestion qu'ils ont soutenu et à laquelle ils ont participé pendant 12 (douze) ans. Ils n’ont toujours pas digéré que Franck Martin ose se présenter contre François Loncle il y a trois ans… C’est incroyable, mais c’est comme ça. Il y en a qui ont la digestion difficile.
Avoir offert un canton à la droite aurait pu les calmer... mais non ! A Louviers, on a la rancune tenace ! On se cogne la tête contre les murs jusqu'à ce qu'ils saignent !
Les socialistes locaux font appel aux vieilles troupes du trotskysme local en quête de respectabilité. Cet exemple unique en France c’est l’alliance de la carpe et du lapin. Des réformistes non remis de leurs déboires électoraux, alliés aux révolutionnaires nostalgiques, refusant toute logique de gestion. Une alliance conclue dans la rivière de la rancœur, celle où, au fil de l'eau s’écoulent des canards incapables de remonter le courant de l’Histoire.

On entre en tous les cas dans la mauvaise foi caractérisée quand on assiste par le biais d'une association écologiste-écran, à la remise en cause de la gestion de l’eau par la Communauté d’agglomération.

Les socialistes s’arriment au discours purement idéologique des gauchistes qui veut que l’introduction de gestionnaires privés dans la gestion publique soit le mal absolu. Qu’importe si pour arriver à la démonstration on torde le cou à la réalité….

Prenons l’exemple du blog du président de l’association, Jean Charles Houel dont l’acharnement électoral a permis l’élection de Guy Auzoux qui siège dans l’opposition de droite à Jean Louis Destans au conseil général de l’Eure. Passons. Prenons un extrait de sa démonstration, qui a le mérite de contenir trois contre-vérités en deux lignes. Il part d’un fait qu’il déforme aussitôt.

« Le dépotage en mai dernier à La Haye Malherbe par des sous-traitant de Véolia de déchets liquides contenant des hydrocarbures »

Relevons trois canards en une seule phrase.

1er canard : ce n’est pas un sous-traitant de Véolia qui a commis la faute, mais un employé qui a commis une faute et contre lequel s’acharne nos bien-pensants défenseurs du service public. Quelle est la faute ? Se débarrasser sur place du produit récupéré lors du nettoyage qu’il venait d’effectuer, en dépit des ordres de son employeur, lui-même sous-traitant de Véolia. Il a été sanctionné pour cela. Et l’entreprise, bien sur responsable, a fait l’objet d’une observation, puisqu’il s’agit d’un prestataire de service.

Ramenons les choses à leur place cependant. Est-ce que, en toute bonne foi, un service municipal ou intercommunal garantirait qu’un agent public serait d’avance exempt de ce type de faute (éviter de se rendre à l’endroit adéquat pour vidanger, histoire de rentrer plus tôt à la maison) ? Bien sur que non ! Les agents du service public ne sont pas plus à l’abri de fautes que les employés du secteur privé. Errare humanum est. Là-dessus, que les éternels défenseurs des travailleurs s’acharnent à donner un maximum de publicité à une faute professionnelle, voilà qui peut surprendre… mais, bon !...

2e canard : le service rendu par le sous-traitant de Véolia.
Il s’agit en fait du travail qui nécessite l’utilisation d’une hydrocureuse. Un matériel de ce type est trop cher et trop peu utilisé pour être à la charge d’une communauté d’agglomération de la taille de notre territoire. Cela veut dire que, même en régie, ce travail aurait été effectué par une entreprise extérieure, spécialisée en prestation de service. Et donc que le même type de faute aurait pu être monté en épingle dans la plus grande mauvaise foi.
A noter par ailleurs, que si l’on prend l’exemple de la communauté d’agglomération de Rouen, citée parfois pour avoir repris la gestion en régie de la distribution des eaux, les appels à des prestataires de services privés, et notamment Véolia, sont nombreux, sans doute en compensation des annuités prévues dans le contrat initial, qui sont à rembourser. ..mais ceci est une autre histoire.

3e canard : les déchets liquides contenant des hydrocarbures…

Que sont ces fameux déchets liquides ? Une entreprise malfaisante ? Un pollueur secret et malintentionné ? Hélas non ! Ce qui est rejeté, c’est tout simplement ce que nous rejetons chaque jour, lorsque nous roulons en voiture sur la chaussée et qui se déverse dans les avaloirs lorsqu’il pleut. C’est un phénomène condamnable, qui touche à notre vie de citoyen, et à cette pollution que nous engendrons chaque jour dans nos comportements. Mais la phrase laisse croire à une pollution extérieure exceptionnelle. De l’intox pure et simple ! C’est le cas de le dire…
Fin de la phrase aux trois canards.

Mais sans aller farfouiller le travail épuisant de décryptage des erreurs volontaires ou non énoncées au cours du blog, nous tenons à rappeler quelques vérités que Jean Charles HOUEL se refuse à dire :

Le passage d’une délégation de service public à une gestion en régie, se traduirait automatiquement par une augmentation du prix de l’eau…

En effet, loin de tout a priori idéologique, l’intérêt du choix de la régie est d’abord fonction des circonstances. Les plus importants contrats sur le territoire ont été conclus pour 30 ans en 1993. Si la Case, qui n’est pas signataire des contrats, y met fin, elle devra verser de très lourdes indemnités qui auront automatiquement des répercussion sur le coût de l’eau. En effet, depuis la loi Lalonde, les régies des eaux doivent présenter des comptes équilibrés, en dehors de tout apport du budget principal des collectivités. On peut penser que cette loi qui répondait aux principes de préservation des ressources en eau, mobiliserait les vraies associations de défense de l’environnement si elle n’était pas respectée.
On en arrive au quatrième canard au cou tordu : dire que le système de régie est toujours moins cher est une contre-vérité.
Enfin, le café radical tient à rappeler les faits suivants sur l’historique des contrats de délégation de service public à la Communauté d’agglomération Seine-Eure. Il y a à peu près autant de contrats que de communes, que la communauté d’agglomération a pour mission d’unifier et de lisser en toute transparence et en toute cohérence juridique.
C’est un travail lourd qui donne d’ailleurs tout son intérêt à la création d’une intercommunalité qui évite à chaque commune de négocier dans son coin les relations avec les prestataires de services extérieurs… car comme on l’a démontré plus haut, les exigences de service public et les demandes des usagers empêchent les communes de taille moyenne de répondre à cette demande.
Mais, deux contrats plombent les autres prestations, ceux des communes les plus importantes, qui ont opté pour une délégation de service public à la Cge (Compagnie générale des eaux) : Louviers et Val de Reuil, soit une mairie de droite (alors RPR), et une mairie socialiste, de la même couleur que François Loncle, Jean-Charles Houel et Marc-Antoine Jamet qui, il est vrai, se garde d’enfourcher ce mauvais cheval de bataille. Et qui plus est, en en prenant pour 30 ans, soit jusqu’en 2022, le service ayant été concédé, comme par hasard, juste avant l’adoption de la Loi Sapin([1]).
Cette situation a été imposée à Franck Martin et lorsqu’il a pris la tête de la Mairie de Louviers et lorsqu’il est devenu président de la communauté d’agglomération quelques années plus tard.

A quel jeu jouent maintenant les soi-disant défenseurs de l’environnement et de l’intérêt des usagers, lorsque, quelques années plus tôt ils ont délibérément fait le choix d’une délégation de service public, à des conditions qui ont anticipé le vote d’une Loi empêchant des pratiques abusives ?





[1]- La loi Sapin, qui tient son nom du ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Bérégovoy, a été promulguée en janvier 1993, avait pour but de lutter contre la corruption : les plafonds de dépense sont diminués, les moyens d'enquête sur les malversations renforcés, la transparence des comptes des partis accentuée. La loi Sapin a notamment transformé les règles économiques du marché publicitaire, régissant de façon très stricte les relations entre annonceurs, agences et médias.

mardi 29 septembre 2009

Jour sombre pour l'école publique


La Loi Carle est passée ce lundi 28 septembre. Pour expliquer un peu ce que c'est, je me reporte à l'explication donnée par Jean-Marcel Bouguereau sur son blog.

Imaginez que sous prétexte que les transports collectifs dans votre commune soient défaillants vous bénéficiez par la loi du remboursement par votre municipalité de vos frais quotidiens de taxis, vous trouveriez ça scandaleux ! Ou de vous faire financer une clinique privée voisine parce que les soins dispensés par l'hôpital public paraissent insuffisants ! Ce n'est guère différent de la loi qui discutée hier à l'Assemblée qui n'est que la resucée, version light, d'une loi obligeant l'ensemble des municipalités, à financer, sans accord préalable, la scolarité des élèves fréquentant une école privée hors de leur commune de résidence.

Le café radical reproduit in extenso l'intervention de la députée radicale Sylvia Pinel à l'Assemblée Nationale.

La proposition de loi qui est portée, ce jour, aux débats de notre Assemblée, est à la fois technique et profondément symbolique. Permettez-moi de m’attarder sur ces deux aspects. En 2004, le Sénateur Charasse avait déposé un amendement au Sénat, dont l’intention initiale était d’ « éviter que les maires de certaines communesrurales encouragent les enfants d’âge scolaire à fréquenter les écoles privées des communes avoisinantes », pour lesquelles ils ne payaient pas de contribution. L’application – dirais-je abusive – de cette disposition aboutit, à l’inverse, à rendre obligatoire une ancienne « possibilité » de contribution au financement des écoles privées, hors du territoire de la commune, précédemment fixée par voie conventionnelle.
Le texte, aujourd’hui soumis à notre examen, vise à mettre fin à un flou juridique né de cette interprétation de l’article 89 de la loi du 23 août2004 nous disent les promoteurs du texte qui vont même jusqu’à proclamer qu’avec lui, sera mis un terme à une inégalité de traitement entre les établissements publics et privées sous contrat d’association.
C’est malheureusement faux !
Ce texte porte en lui deux écueils majeurs : la proposition de loi, si elle réduit le déséquilibre né de l’art 89 de la loi du 13 aout 2004 est loin de le combler. Le second écueil vient précisément du fait qu’il sanctuarise ces inégalités. Par ailleurs, je me permets d’évoquer à cette tribune d’autres « déséquilibres » entre le public et le privé sous contrat.
Les établissements publics et privés sous contrat d’association remplissent des missions de service public, c’est un fait. Je note néanmoins que les premiers sont les seuls à le proposer gratuitement, et ce depuis les lois Ferry. Je note également que parmi les deux, seuls les établissements privés pratiquent la sélection des élèves. Entre une école gratuite et une payante, entre une école de toutes les filles et fils de la république et une école de certains, devrait-il y avoir un traitement identique de la part des pouvoirs publics ? Je ne le pense pas. Devrait-on faire courir à notre école publique une course à handicap ? Je pense que c’est celle-là, au contraire que l’on doit privilégier. Ces éléments pourraient, à eux seuls, justifier que l’obligation de financement par les communes de résidence ne s’applique que pour les établissements publics. Les modalités de ce texte sont techniques, et même rendues plus complexes encore si l’on ajoute la dimension des EPCI, des RPI, le mécanisme de calcul des contributions…
Ses implications sont, elles, éminemment symboliques. Imaginez, cher collègues, un village rural français. Ce dernier vient de voir son école fermée, par manque d’élèves, par désengagement de l’Etat aussi. Voila qu’il serait obligé, sur ses deniers, de financer l’école, privée de surcroît, du village voisin. C’est la triple peine ! Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté d’enseignement, j’y suis comme vous profondément attachée, mais il s’agit de nous interroger sur les orientations que l’on veut donner au service public français de l’éducation. « Il ne faut pas rallumer la guerre scolaire » nous disent les initiateurs du texte. Je souscris. Dans ce but, évitons donc les réformes qui soufflent sur ces braises. Une solution simple et – pour le coup – vraiment équilibrée serait de supprimer purement et simplement l’article 89, afin de revenir à la situation antérieure à la loi d’août 2004 et de ne pas remettre en cause le principe de libre administration des collectivités locales. Les débats parlementaires m’ont également permis de noter l’absence d’un terme, devenu tabou : dans les textes, dans les rapports, dans les argumentaires, il n’est jamais fait mention de la laïcité. Si la « laïcité positive » consiste à occulter la laïcité, il faudrait songer à changer cette épithète. L’article 1 de notre constitution ne pose-t-il pas que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » ?
Ce texte constitue pour les Radicaux de Gauche la dernière attaque contre le principe de laïcité. Après la reconnaissance, en catimini, de l’équivalence des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur catholique et – je n’y reviens pas – sur le dramatique discours de Latran.
Dramatique, tant il est une insulte à la laïcité. Pour nous, l’instituteur remplace avantageusement le curé, dans la transmission du savoir et dans l’éducation citoyenne de nos enfants.Or l’on constate que petit à petit, loi après loi, le gouvernement déconstruit, saccage notre bel édifice républicain, au mépris de nos valeurs, au mépris de l’histoire et des luttes qui ont permis son établissement. Sous des vernis technicien, cette proposition de loi nous montre – s’il le fallait - qu’aujourd’hui encore, la République reste à construire. C’est précisément au nom de cette conception de la République, laïque et sociale, solidaire et humaniste, que nous demandons l’abrogation pure et simple de l’article 89 de la loi d’août 2004 et le retrait des autres articles de cette proposition de loi.
C’est pour toutes ces raisons que les députés radicaux de gauche et apparentés voteront contre cette proposition de loi.

dimanche 20 septembre 2009

Réforme des Collectivités: Baylet s'en prend à Fillon

François Fillon a demandé vendredi 18 septembre aux collectivités locales d'accroître leur effort pour réduire la dépense publique, déplorant que ces dernières recrutent 36.000 fonctionnaires par an alors que l'État n'embauche plus.
"L'État n'a pas vocation à recréer des postes. Et quels que soient ceux qui dirigeront notre pays à l'avenir, le secteur public devra continuer à réduire son poids global dans l'économie nationale", a déclaré le Premier ministre dans un discours au conseil général de la Haute-Loire, au Puy en Velay.
Les propos du Premier ministre "sur le haut niveau d'endettement des collectivités locales en France sont scandaleux et mensongers" s'est insurgé aujourd'hui le président du Parti des radicaux de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet.
François Fillon a demandé hier aux collectivités locales d'accroître leur effort pour réduire la dépense publique, déplorant que ces collectivités (mairies, départements et régions) recrutent 36.000 fonctionnaires par an alors que l'État n'embauche plus."Faut-il rappeler au Premier Ministre que le déficit de l'État a dépassé les 100 milliards d'euro au mois de juillet", a réagi Jean Michel Baylet dans un communiqué."Faut-il encore rappeler au Premier Ministre que les collectivités locales réalisent près de 70% de l'investissement public en France", ajoute-t-il."Les provocations et les contre-vérités n'apporteront rien au débat sur la réforme des collectivités territoriales", ajoute Jean Michel Baylet, par ailleurs sénateur, en référence à ce prochain projet de loi qui inquiète les élus locaux."Les menaces du Premier Ministre sont révélatrices de l'objectif véritable de cette réforme, qui est de porter gravement atteinte à l'autonomie des collectivités territoriales et à la décentralisation", selon lui...

C'est tout l'enjeu du débat énoncé par ce communiqué de l'AFP... et c'est le sujet du café radical de vendredi prochain


Quelle réforme pour les collectivités locales ?


Vendredi 25 septembre, café radical au café Le jardin de Bigards, 39 rue du Quai, à Louviers, animé par Patrice Yung, vice président de l'agglomération Seine-Eure, membre du bureau de l'Assemblée des Communautés de France.

jeudi 20 août 2009

Les socialistes bradent Louviers et le territoire !

Qui a dit : "Si Seine-Eure adhérait à la Communauté de urbaine de Rouen, le problème serait résolu" ?

La réponse est sur la photo, et ce n'est pas Guy Auzou !
Simple constat : encore une fois, à Louviers, les socialistes délaissent le terrain de l'action politique locale qui fait pourtant leur félicité nationale.

Est-ce là le fruit d'une culture du parachutage qui a longtemps placé le socialisme local sous influence ? On a connu Alain Bureau et François Loncle défendant la défiguration de l'ancienne place du Becquet pour y faire passer la voie rapide, conformément aux voeux de l'État... avant que l'Etat lui-même admette la nécessité d'enterrer la route Evreux-Louviers.
On a connu François Loncle soutenir le déménagement du commissariat de Louviers à Val de Reuil contre toute évidence de service public (mais hélas, sur ce coup-là François Loncle a gagné et tant pis pour les lovériens)... Même chose pour Jean-Charles Houel, candidat socialiste aux cantonales défendant envers et contre tous la traversée de la vallée de l'Iton par le rail, uniquement pour faire plaisir au Président de la Région dont il recherchait l'adoubement...

Voilà qu'à présent les socialistes rejettent le déplacement du siège de la communauté d'agglomération à Louviers.
On le sait, au bout de dix ans, la communauté d'agglomération a atteint sa vitesse de croisière. Au delà de ses compétences obligatoires, elel remplit des missions indispensables aux communes et aux habitants et ses locaux sont devenus trop petits. : les locaux actuels sont trop petits.
Les préfabriqués qui entourent les locaux initiaux ne peuvent répondre aux besoins des services. Il y avait donc le choix soit de construire de nouveaux locaux sur site, soit de déménager. C'est ce qui sera probablement fait en raison de l'opportunité offerte par la création d'un programme immobilier réservé aux bureaux dans le centre-ville de Louviers.
Ce choix est d'abord budgétaire. L'extension des locaux sur le site entraînerait un surcoût de 3 M€. L'installation du siège de l'agglomération à Louviers n'aura pas pour conséquence de se substituer à la Maison de l'emploi. Les divers partenaires, et notamment le Pôle emploi, sont toujours à la demande de locaux adaptés.Les deux institution siègeront à proximité.
Que Louviers tire bénéfice de l'accueil du siège de l'agglomération est une évidence. Ainsi se trouvera renforcée sa fonction de centralité. C'est d'ailleurs celle-ci qui a permis la constitution de l'agglomération [1].

Bref, toute démarche rationnelle pousse à reconnaître le bienfondé de l’installation de la Communauté d’agglomération dans la ville-centre, ce qui est d'ailleurs le cas dans plus de 90 % des communautés de France.

Aussi les socialistes abordent-ils le problème autrement en remettant carrément en cause la vitalité de la communauté d’agglomération, anticipant sur la future agglomération de Rouen.

La ficelle est un peu grosse. Pour rentrer dans le giron fabiusien, on est visiblement prêt à tout. Adieu la crainte évoquée par le député François Loncle de voir arriver la chute des départements[1] !

Adieu le projet défendu par les socialistes d’avant 1981, qui prônaient 50.000 habitants comme nombre idéal pour aboutir à la démocratie locale, et chiffre de base des futures communes (ça datait de l'époque où le PS avait des idées et réfléchissait sur l'organisation des territoires. Ces travaux ont débouché notamment sur les lois de décentralisation. L'échelle de 50.000 habitant avait été reconnue comme étant le cadre idéal de participation démocratique)

Adieu le travail effectué depuis 10 ans autour des 29 communes de la Case !

Adieu ces longs débats, discussions, travaux, recherches, adieu le fabuleux essor économique du territoire, axé sur le développement durable...

D’ores et déjà les caciques socialistes locaux balayent le travail collectif, prêts à dissoudre la démocratie de proximité dans la machine bureaucratique alourdie de l’agglomération rouennaise, à la suite de l’agglomération d’Elbeuf.

C’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire.

Bien sur lorsqu’on habite à 30 km de Rouen, ce, il n’est pas question d’ignorer l'une des plus grosses agglomérations de France.

La Case n’a jamais fonctionné en camp retranché et s’est toujours ouverte aux partenariats. Le territoire, qui a prouvé sa vitalité est en attente du projet de loi sur la réorganisation territoriale qui aura lieu en septembre et qui aura des conséquences lourdes sur l’organisation de la démocratie locale sur le territoire de la Nation[2].

Bref, c'est la démarche qu'a mené Franck Martin en intégrant Seine-Eure dans l'agence d'urbanisme de Rouen, présidée par Pierre Bourguignon, député-maire de Sotteville-Lès-Rouen, permettant de définir ensemble un projet commun.
Les responsables locaux, ceux qui s'engagent au service des 60.000 habitants du territoire, ont démontré la vitalité de Seine Eure. Grace à eux, un réseau de transports efficace, un développement économique efficace, créateur d'emplois, le développement de services des eaux, du paysage, du ramassage des ordures ménagères dans un projet écologique efficace et performant, et la mise en réseaux des bonnes volontés des élus de 29 communes ont permis d'avancer.
Pour quel objectif, par quelle manoeuvre voudrait-on mettre fin à cette action exemplaire, novatrice, efficace et sans précédent ?

[1] Rappelons qu'une communauté d'agglomération doit faire au moins 50.0000 habitant et intégrer une commune d'au moins 15.000 habitants, Louviers étant seul à remplir ces conditions

[1] L’entrée des 60.000 habitants de Seine-Eure dans le Grand Rouen serait un autre coup porté au département de l’Eure que la suppressiojn du 27 sur la plaque d’immatriculation !

[2] Pour en savoir plus, lire le très bon artile du socialiste Malvy, président de la Région Midi-Pyrennées.en cliquant là.


lundi 17 août 2009

Quelques vérités sur le système de santé aux Etats Unis


Le Monde a publié récemment un article qui donne la mesure du combat actuellement mené par Barack Obama pour instaurer un système de protection sociale aux Etats Unis.

Le système français de Sécurité Sociale est suffisamment remis en question, et ce n'est pas fini, pour profiter de la défense inattendue qu'il connaît Outre-Manche, lors même que Barack Obama est accusé par les franges les plus réactionnaires du monde politique Etats-Uniens de vouloir instituer un socialisme rampant.

Les Britanniques outrés par les critiques américaines sur leur service de santé
LE MONDE 15.08.09 14h49
Londres, Correspondant


Gordon Brown et son épouse ont utilisé le site de microblogs Twitter pour chanter ses louanges. Le chef de l'opposition conservatrice, David Cameron, a promis de le protéger en cas de victoire aux élections à venir. Le Foreign Office a ordonné à l'ambassade britannique à Washington de répondre du tac au tac à ses détracteurs. La légende de la science moderne, Stephen Hawkins, atteint de sclérose amyotrophique latérale, maladie rare et implacable, a déclaré : "Je ne serai pas vivant sans lui."
Lui, c'est le National Health Service (NHS), le service national de santé britannique, entièrement public et gratuit, aujourd'hui au coeur de la campagne des opposants à la réforme du président Obama. Les contre-vérités assénées à propos du NHS ont révolté les sujets de la Reine, très attachés à ce système public, régulé, égalitaire, dans lequel l'Etat assume la délivrance des soins.
A écouter ses contempteurs américains, les patients au-delà de 59 ans n'ont plus droit à un pontage cardiaque tandis que les femmes de moins de 25 ans ne peuvent bénéficier d'un examen en vue de détecter un éventuel cancer du col de l'utérus. Toujours selon les mêmes, quatre patients sur dix n'ont pas accès à un cancérologue. Que dire de ces patients exaspérés par les listes d'attente qui vont se faire opérer à l'étranger ou qui s'endettent pour se faire remplacer une hanche dans le privé ? Avec des engagements budgétaires sous-jacents, le NHS est un service formalisé, planifié et centralisé... comme dans un Etat socialiste.


Philosophie holistique

De la désinformation pure et simple, répond le King's Trust, un bureau conseil spécialisé dans la santé, pour qui les statistiques utilisées par les anti-Obama datent des années 1980. Grâce aux investissements du gouvernement travailliste entre 1997 et 2005, le Royaume-Uni n'est plus, comme sous les conservateurs (1979-1997), une gigantesque salle d'attente. L'objectif pour une opération est une attente moyenne de dix-huit semaines contre dix-huit mois il y a dix ans. Un généraliste est vu au plus tard dans les quarante-huit heures contre trois à sept jours sous Thatcher-Major.
De nos jours, le Royaume-Uni consacre 8,4 % de son PIB à la santé contre 18 % aux Etats-Unis. Pourtant, la durée de vie moyenne d'un Britannique est supérieure à celle d'un Américain. La philosophie du NHS est "holistique", le patient étant totalement suivi dans la chaîne des soins. De plus, le patient étant aussi le contribuable dont les impôts financent le NHS, les généralistes sont encouragés, au nom de la planification des dépenses, à limiter les prescriptions pour éviter la surconsommation médicale en vigueur outre-Atlantique.
Dans la polémique transatlantique qui fait rage, le Times a peut-être apporté une note de sagesse : "Qui des Etats-Unis ou du Royaume-Uni a le meilleur système de santé ? La réponse est probablement : la France."

Marc Roche

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46 millions d'exclus
Couverture Au moins 16 % de la population n'est pas couverte par une assurance-maladie, soit 46 millions d'Américains.
Financement public Le programme fédéral Medicare prend en charge les personnes âgées de plus de 65 ans. Quant au programme Medicaid, il soutient certaines familles pauvres avec enfants. Seules ces deux catégories de la population bénéficient du système public financé par l'impôt.
Financement privé 58 % des Américains bénéficient d'une assurance privée souscrite par l'employeur. Les prestations varient d'une assurance à l'autre.
Principal problème Les dépenses de santé représentent 18 % du produit intérieur brut (PIB). C'est le taux le plus élevé au monde. D'après une étude du conseil économique de la Maison Blanche, il atteindra 34 % du PIB en 2040. La hausse des dépenses de santé est l'un des principaux facteurs contribuant au déficit budgétaire.


Article paru dans l'édition du 16.08.09

dimanche 28 juin 2009

La politique, c'est aussi ça !

Loin de nous l'idée de tenir le discours totalitaire de l'après 68 sur le thème du "tout est politique"
Non, tout n'est pas politique ! Disons-le, il nous reste des espaces à nous, des espaces de plaisirs, des espaces loin des contraintes collectives...
Mais le collectif n'est pas toujours une contrainte.
Et l'action publique, la politique peut apporter du bonheur.
A l'occasion de l'inauguration d'un arrêt de bus transformé en oeuvre d'art, une fête de quartier a été organisée à Maison rouge à Louviers.
Quelques jeunes qui s'éclatent, qui tiennent le micro, qui apprennent la scène, le rythme et l'efficacité des mots.
La reconnaissance de la bombe de peinture comme moyen d'expression artistique, certes, mais surtout le bonheur de se retrouver en mélangeant les acteurs de deux quartiers.



Des gens se rencontrent et une douce musique s'élève... Et s'est ainsi que Racines du coeur, association voisine s'est mêlée à la fête. De la musique, de la danse, de la joie. C'était l'été.
Ci dessous, Bruno Canivet, vice-président de la Communauté d'agglomération, adjoint au transport qui a accepté que l'arrêt de bus "Maison rouge" soit mis au goût du jour... accompagné d'Hafidha Ouadah, cheville ouvrière du projet


mercredi 20 mai 2009

la vision de l'Europe sur l'éducation ... en attendant le café !

Prochain café radical vendredi 29 mai à 18h30 au jardin de Bigards, brasserie située au 39 de la rue du Quai à Louviers


Forcément, en raison de l'actualité, le café radical ne pouvait pas faire abstraction de la dimension européenne du débat sur l'éducation.


Ci joint, une publicité qui illustre une dimension sur l'approche européenne de l'éducation ... !


Mais l'Europe, l'Education c'est aussi un projet et une ambition !

Ci-dessous l'éditorial du café pédagogique, signé par Olivier Masson, chargé de mission Education de la Ligue de l’enseignement






Ambitions éducatives : de nouvelles orientations de l’Union ?


Depuis cinquante ans le système scolaire français s’est développé en se fixant des objectifs chiffrés, qui ont fini par avoir des effets à long terme, que l’on évoque l’allongement de la scolarité obligatoire (en 1959, il est décidé qu’elle passe progressivement de 14 à 16 ans) ou le fameux slogan « 80% au niveau du baccalauréat ».

En cette période d’élections, prenons conscience que les objectifs chiffrés sont désormais fixés en grande partie par l’Union Européenne. Certes, il s’agit d’indicateurs incitatifs - les benchmarks – et le Conseil des Ministres de l’Education du 12 mai vient de prendre des décisions dans ce domaine qui sont loin d’être anodines.

Les cinq critères de référence adoptés dans le cadre du programme de travail "Éducation et formation 2010" doivent être modifiés pour le programme de travail « 2020 ».
Un indicateur « Diplômés du supérieur en maths, sciences et technologie », déjà dépassé en 2007, disparaît. Bonne nouvelle, confortée par le maintien d’un indicateur qui reconnaît une spécificité française : d'ici 2020, au moins 95 % des enfants ayant entre quatre ans et l'âge de la scolarité obligatoire devraient participer à l'enseignement préscolaire. La France a déjà atteint cet objectif, espérons qu’elle y sera toujours en 2020. Quant à savoir si les jardins d’éveil font partie de cette catégorie…

La participation des adultes à l'éducation et à la formation tout au long de la vie doit passer de 12,5% à 15%, sans que les redoutables problèmes de mesures soient résolus. Le principe d’un indicateur pour les adultes faiblement qualifiés n’est pas retenu. L’indicateur de maîtrise insuffisante des compétences de base pour les jeunes à l’âge de 15 ans passe d’un objectif de 15,5% à 15% d’une classe d’âge, mais aux indicateurs PISA sur la lecture s’ajoutent les mathématiques et les sciences, sans que les mesures soient agrégées.

La mesure du « early school leaving » porte sur la mesure du décrochage entre 18 et 24 ans (18 ans, fin de scolarité obligatoire dans de nombreux pays). L’objectif chiffré est toujours fixé à 10%. Le résultat était de 14,8% en 2007.

L’indicateur sur l’enseignement supérieur connaît les mutations les plus considérables : d'ici 2020, la proportion des personnes âgées de 30 à 34 ans diplômées de l'enseignement supérieur devrait être d'au moins 40 %. On est loin des 50% de diplômés au niveau de la licence ! Sont introduites dans ce calcul des références qui portent aussi bien sur les références universitaires que sur les diplômes professionnels de niveau supérieur (équivalent BTS, DUT, licence professionnelle) parce que les passerelles n’existent pas dans tous les pays entre les deux systèmes. De même, on doit ainsi pouvoir prendre en compte la formation continue diplômante qui peut s’exercer entre 25 et 35 ans et la réalité du Life-long learning qui se déploie dans toutes les sociétés européennes. On peut alors s’interroger sur les finalités en France de la réforme en cours du lycée. Quels sont les modèles, les parcours de formation auxquels préparer les lycéens ?

Le Conseil des Ministres demande aussi à la commission de travailler sur trois domaines pour lesquels il n’existe pas encore d’indicateurs communs. Tout d’abord la mobilité des apprenants qui se réduit à la mobilité internationale. Pourtant, de nombreux jeunes, de nombreuses familles se trouvent enfermées dans des territoires limités, qu’ils soient urbains ou ruraux, qu’il existe ou non une offre de transports en commun… En second lieu, l’apprentissage des langues dès le plus jeune âge, domaine largement exploré par les politiques communautaires. Enfin, il convient de réfléchir à l’employabilité, domaine pour lequel les outils sont peu nombreux : « (…) la Commission est invitée à présenter au Conseil d'ici la fin de 2010 une proposition relative à un éventuel critère de référence européen dans ce domaine. » Cette proposition soulève de nombreuses questions sur les finalités des systèmes d’éducation et de formation notamment à une période où les branches professionnelles n’ont aucune visibilité sur l’emploi à moyen ou à long terme.

Toutes les questions relatives au Life-long learning se discutent au Parlement européen dans la commission Emploi et Affaires Sociales et non dans la commission de la Culture et de l’Education. Peut-être faut-il interpeller les candidats aux élections européennes sur ce point ?

Olivier Masson, chargé de mission Education de la Ligue de l’enseignement