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mercredi 27 janvier 2016

Ah Christiane ! Nous nous sommes tant aimés ...

Christiane Taubira à Evreux, lors de l'inauguration de la place
Aimé Césaire entre Michel Champredon et Franck Martin,
alors maires d'Evreux et de Louviers.
J'ai connu Christiane Taubira en 2002. Je m'étais précipité à Paris sitôt connue sa candidature. Je tenais à faire la campagne de la candidate du parti radical de gauche. 
 
Cette campagne a été bouleversante. Elle a été bouleversante dans son essence même, puisqu'elle a permis la confrontation de personnalités nouvelles, elle a été bouleversante par son résultat puisque pour la première fois dans l'histoire de la 5e République elle a amené l'extrême droite au deuxième tour. Enfin, c'est une période qui m'a marqué personnellement, puisque ma mère venait de subir une attaque et avait due être hospitalisée en avril 2002, juste au début de la campagne officielle.   
 
 
Je garderais à jamais le souvenir de la route qui me conduisait de l'hôpital de Grenoble où elle venait d'être hospitalisée, à la station de ski de La Plagne où je devais rejoindre ma nouvelle petite famille recomposée. La radio vomissait un flot insupportable de discours sécuritaires, portés  par l'ensemble des candidats. C'était la carte de la sécurité que Chirac avait sorti comme atout-maître et dans laquelle s'engouffraient les Le Pen, Chevènement, Jospin, Mégret dans un sinistre concours au prix du Père Tape-dur[1]. 
Seule dans ce concert d’appel à la remise en cause  des principes de la justice et de la protection des mineurs, Christiane Taubira appelait à la République du respect et à la citoyenneté.   
Seule dans ce concert d’appel à la remise en cause  des principes de la justice et de la protection des mineurs, Christiane Taubira appelait à la République du respect et à la citoyenneté. 
Quelques années après son passage à Louviers, Christiane
Taubira est devenue une figure emblématique de la gauche. Ici,
à l'assemblée Nationale, elle donne avec le sourire, la leçon aux
vieilles badernes ... Elle aussi capable de faire franchement la
gueule, mais ça, ce sera pour plus tard.
Elle était venue à Louviers[2], où une salle pleine l'avait accueillie, éberluée par ses qualités d'oratrice. Plus tard d’ailleurs, lorsque je l’avais ramenée chez elle en voiture, elle m’avait raconté, son goût pour les mots, la poésie, le plaisir qu’elle avait à apprendre des poésies par cœur, et à se les réciter ... ces mots qu’elle suçait avec gourmandise et sensualité, bref, tout ce qu’on a retrouvé magnifiquement lorsque la magnifique Christiane s’est opposée aux vieilles badernes réactionnaires au sujet du mariage pour tous.
Voilà, tout est dit. Peut-être mal dit, mais c’est dit. Cette campagne, je ne l’ai jamais regrettée. Elle m’a fait connaître une figure majeure de la politique, même si dans la suite immédiate de la campagne, personne n’aurait pu dire ça. Il faut voir ce que j’en,  ce que les radicaux ont entendu d’avoir soutenu Taubira. Les désaccords ont même sonné à l’intérieur du prg.
Plus tard, en dépit des désaccords avec elle sur l’Europe et sur ses accointances avec Montebourg, je n’ai jamais regretté cet engagement. Je continue toujours de penser que le pire dans ce type de situation est de ne pas s’engager.
 "Nous voulions changer la vie, mais la
 vie nous a changé",  phrase référente du film
d'Ettore Scola mort ce 19 janvier.
C'eravamo tanto amati, nous nous sommes
tant aimé en français.

 
Je pense qu’effectivement, elle a raison de démissionner. Question de respect des institutions. Comme l’avait dit avec délicatesse Chevènement : un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule. Or, Christiane avait déjà beaucoup parlé. Je considère pour ma part que je n’ai pas les éléments pour trancher sur le sujet de la déchéance de nationalité. Je persiste à penser qu’il s’agit d’un désaccord politique mineur, parce que, contrairement à la mousse faite autour de la sécurité en 2002, le risque est bien réel. Je persiste à penser que si l’on était d’accord avec le Président de la République au lendemain du 13 novembre, on ne peut pas le lâcher trois mois plus tard même si je comprends qu’il y ait débat.
N’empêche, je persiste : à la suite des catastrophiques Pascal Clément, Michel Mercier, Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, en dépit de certains autres qui ont fait le job, Christiane Taubira a été la meilleure ministre de la justice de la 5e République après Robert Badinter. Quoi qu’il advienne, j’aurais apprécié ses qualités humaines et ses capacités de travail et la nécessité d’une telle personnalité dans le monde politique. Et je reste content, d’avoir à mon faible niveau participé à son éclosion.
 
 




[1] La télévision relayait jusqu’à la nausée les images de Paul Voise, un retraité agressé à Orléans et qui démontrait que la France vivait en grand état d’insécurité. Les études menées par la suite, tant par la police que par la presse critique ont amené les plus grands doutes sur la réalité de l’agression


[2] Marrant d'ailleurs comme Louviers avait joué un rôle clef dans cette campagne puisque c'est là que Besancenot avait tenu à lancer la sienne, devant son vieux lycée avec Pierre Vandevoorde, son vieux prof d'allemand.  
 

 
 




jeudi 16 janvier 2014

Anne Terlez et les mariages homos.


La tête de liste du modem en gloire en l'église
Notre-Dame. D'où la question : si Mme Terlez
devient maire, comme elle en a l'intention,
célébrera-t-elle les mariages homosexuels
comme elle en aura l'obligation ?
 
Dans un article précédent (dans les griffes de bisounours) j'avais déjà montré que, malgré tout les discours, c'est bien l'intolérance qui constituait le ferment de la liste modem à Louviers.
Eux qui vantaient une alternative à la politique municipale défendaient en fait la plus classique des méthodes de gouvernance : tout devait se passer entre maire et adjoints, sans que quiconque d'autre ait son mot à dire. Vive la démocratie !
Je ne faisais pas allusion à l'engagement d'Anne Terlez derrière Frigide Barjot l'égérie homophobe voulant interdire le mariage pour tous, en affirmant que la "loi naturelle" était supérieure à la loi de la République.
Comme si l'on voulait démontrer que l'intégrisme chrétien n'avait rien à envier  au fondamentalisme musulman.
Ces manifestations d'intolérances s'ajoutent à celles de Jacky Bidault en personne qui s'était opposé à ce que trois familles tsiganes puissent avoir accès à un logement adapté à leur situation.

Incohérence et intolérance, les deux mamelles du modem à Louviers

Voilà la réalité que cachent les jolis sourires de ceux qui n'ont jusqu'à ce jour rien eu à démontrer.
Un très bel article de José Alcala que l'on pourrait intituler pour le meilleur et pour le rire, s'amuse des palinodies du modem tant sur le plan départemental que national. Un coup on se présente avec l'Ump, un coup on se présente avec le Ps et un coup on se présente tout seul...
A la question  : que reste-t-il de votre stratégie de troisième voie, renvoyant dos à dos les blocs droite-gauche ? la réponse arrive froidement : "c'était il y a six ans et nous nous sommes trompés".
Pas gênés !..
Ainsi ceux qui  critiquaient les soi-disant errements de l'action politique pensent qu'ils peuvent tout se permettre ... tout ça parce qu'ils se sont placés en dehors du jeu.
On quitte là l'art de la politique pour entrer dans les pratiques les plus hypocrites, celles où l'on se plait à prendre les électeurs pour des imbéciles et l'on ne rend de compte qu'à soi-même.

mercredi 22 mai 2013

L'assistance sexuelle et la politique

les petites bulles apparaissent en surface ...

Un sondage effectué en 2006 révélait que 61% des français pensaient que les handicapés n'avaient pas de sexualité...



Jean-François Chossy, est à l'origine de la loi de 2005 pour
l'égalité des droits et des chances, la participation et la
 citoyenneté des personnes handicapées. Chrétien-démocrate,
comme Christine Boutin, il a été le premier à poser la question
des assistants sexuels à l'assemblée nationale en janvier 2001.
  

J'en reviens toujours à ce sondage, parce qu'il me semble tellement parlant sur une société restant dans le déni absolu.
 
En novembre 2010, Jean-François Chossy, député UMP, connu des seuls spécialistes pour être à l'origine de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des handicapés confiait à ELLE.fr avoir conscience que le sujet restait tabou, et qu’il faudrait « trouver les mots » pour en parler. De nombreuses associations, dont l'APF (l'Association des Paralysés de France) et le CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées), planchent également sur la question

Roselyne Bachelot, toujours brute de décoffrage, a rejeté sans
ambiguïté la question de l'assistanat sexuel alors qu'elle était
ministre de la santé ... en invoquant les droits de la femme.
janvier 2011 :  Roselyne Bachelot, alors Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale répond brutalement à la question du parlementaire : "J'y suis rigoureusement, formellement, totalement opposée. Vous pensez que la ministre en charge du droit des femmes va soutenir un truc pareil ?"

Octobre 2012 : le Comité national d'éthique, répond à Roselyne Bachelot, qui l'avait saisi en 2011. Il  rend un avis défavorable à la prise en charge par la société de l'organisation d'une assistance sexuelle aux handicapés. Celui-ci ne sera rendu public qu'en mars 2013, provoquant la colère des associations, de membres éminents de la société civile et de quelques politiques. Cette prise de position a lieu quelques mois après l'annonce de Najat Vallaud Belkacem, Ministre des droits des femmes, de se donner les moyens de mettre fin à la prostitution.

Jérôme Guedj, président du conseil général de l'Essonne, issu
de l'aile gauche du parti socialiste. Avant de faire marche arrière,
il a clairement posé la question de l'assistance sexuelle. Cette
attitude est importante, venant de la part d'un président de
conseil général, chef de file de l'action sociale et de l'aide aux
handicapés.
 
Le 25 mars 2013, le conseil général de l'Essonne, présidé par Jérôme Guedj, vote le lancement d'une «réflexion sur la formation des professionnels», idée controversée au sein même de la majorité départementale. Ce vote, dans le cadre du schéma départemental en faveur des personnes handicapées, porte sur le lancement d'une «réflexion sur la formation des professionnels (...) aux enjeux de l'éveil et de l'accompagnement dans la sexualité des personnes lourdement handicapées». L'amendement voté précise que ces notions doivent «être définies et posées dans un cadre éthiquement et juridiquement acceptable, ce qui exclut d'emblée toute forme de prostitution et de marchandisation du corps».

 

Le 28 mars 2013, publication de la tribune "Je veux faire l'amour" de Patricia Assouline dans Libération. Elle est interviewée le lendemain par France Inter.
Le 31 mai, à 18h30 Patricia Assouline anime le café radical à Louviers (brasserie Le jardin de Bigards, 39 rue du Quai) ...
Que penser de tout cela ? de toutes ces vérités contradictoires, ces petites bulles qui remontent à la surface, sans permettre toutefois de faire bouillir la marmite de la réflexion.
Je me souviens d'un débat que j'ai eu lors de la campagne présidentielle, il ne s'agissait pas de cela, non, mais du fait que le prg avait mis en avant les questions de société lors du débat. Et l'on m'avait dit alors, mais est-ce le rôle du politique de s'emparer de ces débats ... et alors, bien sur que oui ! bien sur que la politique doit s'emparer de ces débats société, ces débats qui touchent à l'intime mais qui révèlent au delà de nos comportements sociaux, nos cultures et les rapports de force. et bien sur, tout cela révèle nos hésitations, nos remises en question. Et sur ce sujet, la question de l'assistance sexuelle est plus qu'emblématique.
Moi-même, sans l'intervention de Patricia Assouline sur France inter et sur Libération, aurais-je sans doute fuit ce problème. Et pourtant, rien n'est plus passionnant que cette agitation, que ce trouble.
Ainsi donc, le premier combat est mené par un démocrate chrétien, du parti même de la furia homophobe Christine Boutin, celle qui brandit la bible contre le pacs et voue le gouvernement aux gémonies pour avoir promulgué le mariage homosexuel. Certes ce démocrate chrétien n'est plus député, il ne s'est jamais mis en avant dans ces combats d'arrière-garde, il ne fait pas partie de l'organigramme du parti, mais quand même. Il a défendu une loi majeure de la présidence Chirac. Et c'est étrange de le voir défendre le principe d'une existence sociétale de l'assistance sociale face à Roselyne Bachelot, qui passe plutôt pour une moderne.
et la gauche dans tout cela ? Eh bien, elle n'intervient que plus tard, très tard même, en tant que telle. Le parti radical de gauche, toujours en pointe sur les sujets de société, cherche sa voie. Ça peut se comprendre, d'ailleurs. J'y reviendrais. Il y a bien quelques personnalités, tel Jean-Luc Romero, pour soutenir l'idée. Mais pas de prise en charge politique en tant que telle. C'est normal. il faut de la réflexion. Et là dessus, rendons hommage à Jérôme Guedj, président du conseil général de l'Essonne, proche de l'aile gauche du Ps, qui a fait débattre sur ce sujet le département qu'il préside.
Parce que bien sur, l'assistance sexuelle ne nous contraint pas seulement à repenser notre rapport au handicap, à la sexualité, mais aussi à la prostitution. La prostitution est bien sur de l'assistance sexuelle, rémunérée par définition. et c'est d'ailleurs ce qui complique tout.
Quand Roselyne Bachelot pense avoir claqué définitivement le baigneur à un député démocrate chrétien, en sous-entendant qu'il souhaite le retour de la prostitution à la papa, ce qu'une large partie de la France profonde, celle des clochers, n'a pas digéré... Elle met en avant son rôle de ministre de la condition féminine !
Sauf que la condition féminine a bien changé à l'heure des sex-toys en vente libre, des sites de rencontre et du mariage homosexuel. ce n'est plus l'homme qui a en main la sexualité. Même si c'est encore majoritairement le cas, la tendance est nette. L'émancipation féminine est une réalité.
C'est une femme, Patricia Assouline, qui hurle de ne pas être entendue, alors que, c'est vrai, les films et ouvrages qui traitent du sujet (comme Toutes les femmes s'appellent Marie, de Régine Desforges) parlent d'une réponse féminine à une détresse masculine ... mais on peut remarquer que dans les pays qui pratiquent l'assistance sexuelle, les femmes sont tout autant sollicitées que les hommes dans cette tâche. Bien sur, au delà du rapport au handicap, à la sexualité, on voit mal comment l'approche française du sujet ne nous contraindrait pas à repenser notre rapport à la prostitution ... même si c'est un autre débat.
Probable aussi que dans ce débat, comme dans tous ceux qui ont bouleversé notre rapport à la sexualité, la pilule, l'avortement, la majorité à 18 ans, l'union libre, le pacs, et, in fine l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, on va nous faire le portrait d'une société bouleversée, décadente, infernale en un mot ... mais il faut s'y faire, nous sommes dans un monde qui bouge, qui reconnait les individus et les identités, un monde qui sait aussi être attentionné et où l'on peut arriver à poser les sujets calmement quitte à provoquer des réactions aussi épidermiques que disproportionnées.
Oui, sans doute, il y aura des questions sur la prostitution au prochain café radical. De toute façon, aucune question ne sera éludée. ce n'est pas le genre de la maison.

 
Doit-on répondre à la détresse sexuelle des handicapés ?
La question des assistants sexuels
Débat animé par Patricia Assouline

vendredi 31 mai, 18h30
café radical au "Jardin de Bigards"
39 rue du Quai, 27400 Louviers  









 




lundi 28 janvier 2013

Le mariage pour tous, c’est la République

Communiqué du président du prg 27
Ceux qui avaient bravé le mauvais temps au départ de Louviers
ont eu la récompense de participer à un moment historique sous
de belles éclaircies...
 
Le mariage pour tous, c’est la République

C’est la liberté, parce que c’est la reconnaissance du choix de chacun de vivre selon ses désirs, à partir du moment où cela n’entrave pas la liberté des autres.

C’est l’égalité, parce que c’est la volonté que nous puissions avoir tous les mêmes droits, parce que nous avons les mêmes devoirs. La question des minorités sexuelles rejoint celle des autres minorités à qui nous devons la république du respect.

C’est la fraternité, parce qu’avant d’être une minorité, tous les êtres humains sont nos frères, leurs problèmes sont aussi les nôtres, leurs  joies sont aussi les nôtres, quelles que soient leur orientations sexuelles, leurs origines,  leurs nationalités ou leur couleur de peau.

Le mariage pour tous, c’est la République moderne.


C’est vrai que la répression des minorités sexuelles a été un fait incontesté durant des millénaires. L’ouverture du mariage aux  homosexuels est la suite logique de la révolution des mœurs. Non seulement la société est capable d’en parler, mais en plus, cela ne lui pose plus de problèmes.


La partie la plus "radicale" du cortège, en marche pour une
République Moderne ...
Le grand nombre de manifestants  contre le  mariage homosexuels n’a pas empêché le nombre de ses partisans de croître, ce que confirment les sondages. 

Elle a paradoxalement convaincu les tenants d’ une république moderne de descendre dans la rue pour défendre ce formidable progrès. Les radicaux sont naturellement au cœur de cette bataille. N’oublions pas que c’est Jean-Michel Baylet qui a défendu le principe du mariage homosexuel lors des primaires de la gauche, avant que le vainqueur François Hollande ne reprenne sa proposition.

A Louviers, à Evreux, comme partout en France, les radicaux se sont joyeusement mêlés à ce mouvement irréversible pour une société fraternelle, respectueuse et ouverte.
Olivier Taconet

Président de la fédération de l’Eure du parti radical de gauche



jeudi 17 janvier 2013

Eddie Ait au café radical

Le mariage pour tous ne va pas changer la société

L'exposé clair d'Eddie Ait à partir du code civil et de son
histoire. Il a été rappelé que c'est Jean-Michel Baylet qui a le
 premier mis à son programme l'ouverture du mariage aux
couples homosexuels lors des primaires. Le projet a par la
suite été repris par François Hollande.
Le café était clair. L'exposé d'Eddie Ait limpide, rappelant la démarche très évidente du législateur sur le sujet du mariage pour tous, mettant en oeuvre une démarche systématique en phase avec l'évolution de la société, bien loin des craintes orchestrées, exprimées par les opposants.

Comme le rappelait Claude Blanluet, le mariage est un acquis de la révolution, je veux dire : le mariage pour tous. Les registres d'avant la révolution permettent d'estimer que deux tiers des couples vivaient dans le pêché (pour reprendre une expression aussi désuète que chère à l'église) parce que le mariage nécessitait un minimum de moyens financiers.
De fait, le mariage est devenue en quelque sorte une conquête populaire d'où sans doute l'attachement à la cérémonie et l'accès à la sacralisation, et à la capacité chrétienne d'absorber et de s'approprier les rites. Juste retour des choses, cependant, la société civile à son tour, s'est appropriée baptême comme mariage pour en faire de grands sujets de rassemblements collectifs. On va même très souvent se marier à l'église sans pour autant se soumettre aux règles de la chrétienté.

L'ouverture du mariage à tous les couples offre une reconnaissance à tous ceux qui veulent faire comme tous le monde, même si leurs attirance sexuelles ne correspond pas à ceux de la majorité de la population. Je dirais même qu'il redonne une importance au mariage, institution tombée en désuétude depuis la deuxième guerre mondiale. Louise de Vilmorin, qui fut la compagne de Malraux, ne disait-elle pas "le mariage, cette institution qui n'intéresse plus que quelques prêtres ..."

Le mariage pour tous est une évidence

Tout cela pour dire que, même s'il a encore sa place dans l'imaginaire de chacun d'entre nous, le mariage n'est plus ce qu'il était.
Le mariage n'est plus ce qu'il était J'en veux pour preuve le fait que pas un opposant ne s'est déplacé pour participer au café radical sur ce thème. Bien sur, la manifestation de dimanche dernier, avec son étalage de mauvaise foi, a renforcé le sentiment que renoncer au projet ouvrirait la porte à une terrible régression sociale. 
Finalement ce qui se passe pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels est  à l'image de  ce qui s'est passé pour l'ensemble des évolutions sociétales en France depuis plus d'un siècle. Lorsqu'elles sont initiées par la droite, cela se passe plutôt bien. Même si une partie de la droite rechigne, les choses s'arrangent facilement, sans manifestation de rues, et si les hurlements ridicules existent, ils restent marginalisés.
Le débat a permis de mettre les choses au clair. Il se 
poursuivra dans les manifs du 19 (à Rouen), et du 27 janvier.
Ainsi en a-t-il été de l'ouverture du droit de vote aux femmes, du droit à la contraception et à l'avortement, du droit de vote à 18 ans, de la libéralisation du divorce ...
C'est comme si la droite se donnait le droit de reprendre à son compte l'évolution de la société, même si une large frange de son camp l'a combattue.
Il en est tout autrement quand la gauche est au pouvoir. Ainsi en a-t-il été de la loi de séparation de l'église et de l'Etat, du Pacs et maintenant du mariage homosexuel.

Un responsable de l'Ifop m'avait expliqué à l'époque que la droite s'opposait au Pacs, non par conviction, mais uniquement pour hurler avec les loups, dans le but de ne pas se couper des premiers opposants afin de récupérer les voix par la suite.
Le code civil n'est pas gravé dans le marbre. C'est un code qui évolue et qui n'a cessé d'évoluer au fil du temps, ainsi en est il par exemple de la notion de chef de famille qui asseyait la prédomination masculine et du divorce.
Bref, un excellent café et la discussion s'est achevée par un appel aux manifestations en faveur du mariage pour tous qui se tiennent à Rouen le 19 janvier (c'est à dire samedi prochain, départ Boulevard Clemenceau à 14h) et à Paris le 27 janvier. On en reparlera.
Venez nombreux !

mardi 15 janvier 2013

Mariage pour tous ... un Survillais témoigne

Michel Lebel, de Surville nous livre son
témoignage

 La lettre à Eddie 

L'avantage des grands débats collectifs est souvent la révélation des situations individuelles. Les grandes idées ne peuvent pas faire abstractions des situations individuelles. Le mariage pour tous va-t-il changer la société ? Tel est le thème du prochain café radical, mais le témoignage que l'on me demande de publier est la démonstration que la société change et que c'est ce qui permet précisément de parvenir à un changement de Loi.
Un petit dessin dit on vaut mieux qu'un grand discours. Je vous propose ce petit morceau de vie d'un Survillais d'origine, qui fait invariablement penser au film "les invisibles" dont la sortie récente a obtenu tout l'intérêt de la critique et que je recommande à tous.
Au menu de ce film, une suite de témoignage, loin des manifestations, loin des démonstrations, loin des victimisations et des tapages de la ville qui montre comment des personnes marginalisées ont su construire leur bonheur, dans la différence tout en préservant l'indifférence. C'est là tout l'enjeu du débat sur le mariage homosexuel. Ci dessous, le témoignage de Michel Lebel, reproduction d'un échange entre lui et Eddie Ait qui interviendra demain au café radical (mercredi 16 janvier 18h30, 39 rue du Quai à Louviers).
Les invisibles, la révélation des
destins et des désirs individuels.
Bonjour Eddie,  
Nous n'avons pas l'honneur de nous connaître... mais je viens de voir, sur la page Facebok de Olivier Taconet, que vous animeriez le débat sur le mariage pour tous au café radical de Louviers. Né à Surville, a 5 kilomètres de Louviers, je vis maintenant à Levallois-Perret et je ne pourrais pas participer à votre débat !!! mais si cela peut vous servir je vous mets en copie de mon témoignage que j'ai publié il y a quelques mois dans la revue Yagg :
"La réussite de mon coming-out . Merci à mon père,
Très jeune j'ai ressenti une attirance pour les garçons et la pension aidant cela n'a fait qu'accentuer ce désir. C'est au Lycée que j'ai eu mes premières aventures et une liaison suivie pendant 3 ans. Cependant j'avais peur d'en parler ouvertement car je suis l'aîné d'une fratrie de 13 enfants... C'est ainsi que j'avais pris la décision de me marier, mais à quelques semaines du mariage je "repris ma parole" et assailli de questions je m'ouvrais de mon homosexualité à ma mère et à ma marraine qui ne pouvaient accepter une telle situation (nous étions en 1968)sans me rejeter pour autant. Je décidais donc de rester dans la clandestinité avec des rencontres éphémères souvent sans lendemain !!!
Et cela jusqu'à ce que je rencontre un homme marié, il y a un peu plus de 30 ans, avec qui nous vécumes une passion intense qu'il finit par avouer à son épouse. Cette dernière, pour sauver son couple, accepta le partage jusqu'au jour où elle lui demanda de quitter le domicile conjugal et d'aller vivre chez moi. Je ne pouvais pas faire autre chose que de l'accueillir même si je sentais une immense fracture qui se dessinait(il était père de deux jeunes enfants).
Et là je m'interrogeais de savoir comment jallais aborder la situation avec ma nombreuse famille dont j'étais très proche.
Comprenant que nous souhaitions faire un bout de chemin ensemble je m'en ouvris à mon père(en 1983)qui eut cette réponse magnifique après plus de deux heures de discussion : "je préfère te savoir heureux avec un homme plutôt que tu rendes une femme malheureuse". Il souhaita rencontrer mon compagnon puis il nous invita à la première réunion qui suivit la révèlation et présenta ma situation assez sobrement en disant qu'il avait 13 enfants et qu'il n'y aurait pas de différence entre les uns et les autres et qu'il ne voulait aucun commentaire.
Ajourd'hui je lui dois un grand merci car nous avons construit notre vie en étant acceptés de tous par nos deux familles.
Il est le beau-frère, l'oncle, le cousin, l'ami... et je suis le beau-père, le papy, le cousin et l'ami de son ex-épouse et de son conjoint...
Et pour conclure cette acceptation par mon père a fait que nous avons pu vivre au grand jour aux yeux de tous(collègues de travail, voisins,...)sans la moindre remarque."
Ce désir d'enfant je l'avais avant de rencontrer mon compagnon, carence qui fut comblée par la présence de ces deux enfants puis des 3 petits-enfants.
Je pense qu'on n'a pas le droit de nous empêcher de vivre sereinement et de rendre heureux des enfants ce qui n'est pas toujours dans des couples hétérosexuels à problème...

dimanche 13 janvier 2013

Mariage pour tous ... Le café sera chaud !

Eddie Ait animera le prochain café radical
On ne peut pas revenir en arrière. La droite, l'église, réunies comme au bon vieux temps ont choisi de faire du débat public un rapport de force. 

Comme si l'affirmation par la foule de son attachement au traditions, valait l'évolution de la société toute entière qui va se se traduire par le vote d'une loi au parlement. 

Alors, puisque nous y sommes, confrontons les valeurs et les principes.

Nous sommes tous nés d'une mère et d'un père, tel était le mot d'ordre du jour... 

Bon, mais cette vérité que personne ne conteste vaut-elle de se réunir à un million de personnes ? 


Le procès de Gallilée. Il n'y a pas que la terre qui continue de
tourner. Ceux qui vivent dessus aussi, n'en déplaise à toutes
les églises.
N'en déplaise aux vieilles peaux, parfois ripolinées djeunes, la société évolue plus vite que son ombre. On peut toujours hurler contre le monde, on peut vouloir que tout s'arrête, mais la terre tourne ! 
On peur prôner le couple traditionnel, mais le nombre d'enfants conçus hors mariage continue de croître, le nombre de familles monoparentales de même ... 
Alors est ce que le mariage homosexuel va transformer la société ou est-ce que c'est la société qui, parce qu'elle se transforme, pousse à l'adoption du mariage homosexuel ? 

C'est tout l'enjeu du débat qui vous est proposé au café radical mercredi prochain 16 janvier 2013 à 18h30, animé par Eddie Aït, maire de Carrières sous Poissy, secrétaire national du parti radical de gauche.

jeudi 10 janvier 2013

Riester (UMP) : le mariage gay "ne détruira ni la famille ni la société"

Franck Riester votera pour le mariage pour tous. Il est le seul
député Ump à l'annoncer. Il est invité à participer au café
mais il y a peu de chance qu'il le fasse.

Franck Riester s'invite au débat

On peut être de droite et défendre le mariage homo. 
Tel est le cas de Franck Riester, député UMP un peu isolé, qui a annoncé qu'il voterait en faveur du projet de Loi initié par le parti radical de gauche.
Nous reproduisons ci-dessous le tchat publié par "Le Monde" auquel il était invité.
Excellent hors d'oeuvre avant le café radical du mercredi 16 janvier 2013, 
Le mariage pour tous peut il changer la société. 

Bonne lecture !


L'intégralité du débat avec Franck Riester, seul député UMP qui s'est prononcé pour le projet de loi du gouvernement ouvrant le droit au "mariage pour tous", mercredi 9 janvier 2013


Dans un chat sur Le Monde.fr, Franck Riester, seul député UMP qui s'est prononcé en faveur du projet de loi du gouvernement ouvrant le droit au mariage pour tous, dit ne pas cautionner l'appel de son parti à manifester dimanche 13 janvier.  "La place des responsables politiques n'est pas de manifester dans la rue", estime-t-il. Sur le fond, le député de Seine-et-Marne affirme que le texte du gouvernement "ne détruira ni la famille ni la société, parce que c'est au contraire 'plus de famille' qu'il propose".

Eric : Cautionnez-vous l'appel à manifester de votre parti contre le mariage gay ?
Franck Riester : C'est un sujet politique sensible qui nécessite un débat apaisé. Je pense que la place des responsables politiques n'est pas de manifester dans la rue, car nous avons la responsabilité de veiller à apaiser les tensions.
La manifestation est un mode d'expression démocratique bien légitime, surtout en France. Je suis convaincu que les parlementaires doivent débattre au sein du Parlement, ce qui évitera de donner l'impression d'une instrumentalisation politique.
Raf : Quel message adressez-vous aux élus UMP qui vont aller manifester ?  Leur dites-vous de faire attention de ne pas cautionner d'éventuels dérapages homophobes, notamment de Civitas ?
Oui, bien sûr, mais Jean François Copé ou Christian Jacob ont déjà dit qu'ils seraient très vigilants de ce point de vue.
Bob : Craignez-vous que l'UMP donne une image caricaturale d'elle-même en s'opposant aussi fortement au projet du gouvernement ?
Encore une fois, c'est un sujet de société très sensible qui touche aux convictions personnelles de chacun. Ce n'est pas le débat entre ringards et modernes. Je respecte celles et ceux qui ont un avis différent du mien. Même si un grand nombre de responsables politiques de l'UMP sont opposés au texte, certains dont je fais partie y sont favorables, mais aussi un nombre non négligeable de militants, sympathisants ou électeurs de ma famille politique.
Jessie : D'autres députés UMP vont-ils voter pour le projet, sans forcément afficher leur choix comme vous ?
Pour l'instant, aucun autre collègue ne s'est exprimé sur un vote en faveur du texte, mais j'espère qu'après le débat à l'Assemblée, certains voteront pour.
Visiteur : Pensez-vous que vous serez le seul député qui votera le texte ? Comment d'ici là comptez-vous faire pour convaincre vos autres collègues ?
En argumentant sur l'intérêt du texte : il ouvre tout d'abord un droit aux couples de même sexe - celui de se marier - sans en enlever aucun aux autres - aux couples de sexe différent. D'autre part, il protège davantage les enfants qui grandissent déjà - et ils sont nombreux aujourd'hui - dans les familles homoparentales, enfants qui n'ont pas les mêmes droits que les autres.
J'ajoute que ce texte ne détruira ni la famille ni la société, parce que c'est au contraire "plus de famille" qu'il propose. En effet, le fait que davantage de personnes revendiquent les valeurs portées par l'institution du mariage devrait réjouir ceux, comme moi, qui sont attachés aux valeurs de la famille. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle David Cameron,  en Grande-Bretagne, et la droite anglaise s'apprêtent à voter un texte identique à celui proposé par le gouvernement.
Cédric : Avez-vous reçu des pressions au sein de votre parti pour ne pas déroger à la ligne de l'UMP ? Pensez-vous être le seul favorable au mariage gay au sein de votre parti, ou être plutôt le seul qui ose le dire, qui ose défendre ses idées véritables ?
Non, pas du tout. Nous aurons liberté de vote au sein du groupe UMP à l'Assemblée nationale, même si ce dernier a annoncé qu'il s'opposait au texte.
Visiteur : Êtes-vous favorable à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui ?
Ce sont deux sujets un peu différents de la question qui est posée par le projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption car il y a une dimension éthique indéniable autour de la PMA et GPA.
Je suis favorable à l'ouverture de la PMA aux couples de même sexe puisqu'elle l'est déjà pour les couples de sexe différent et parce qu'il faut regarder la réalité telle qu'elle est. Un grand nombre de couples de lesbiennes y ont déjà recours en Espagne ou en Belgique, par exemple. Il me paraît donc important de veiller à ce que, à la fois, en terme de santé publique et d'égalité financière, nous puissions ouvrir et encadrer son accès en France.
Pour la GPA, qui n'est pas aujourd'hui autorisée pour les couples de sexe différent en France, la question de son ouverture aux couples de même sexe ne m'apparaît pas d'actualité.
Catherine : A votre avis, faut-il dissocier mariage civil et procréation dans la future loi ? La procréation serait discutée dans le cadre de lois éthiques.
Il semble que c'est ce que va faire le gouvernement. Je regrette, cependant, que celui-ci n'ait pas, dès le départ, au moment de la présentation du texte "mariage", présenté d'une façon claire et cohérente sa politique en matière de procréation, ce qui aurait évité de donner le sentiment de l'évitement ou de la gêne. Je pense, cela dit, que c'est une bonne chose de traiter ces questions-là, comme je l'ai dit un peu plus tôt, dans le cadre de lois éthiques.

Arnaud Leroux: Que pensez-vous de la proposition d'"alliance civile" sortie du chapeau de certains parlementaires UMP ? C'est la solution de la dernière chance pour éviter de passer pour des réactionnaires bornés comme du temps du Pacs ?

Même si je soutiens le projet de loi "Mariage et adoption", je me réjouis que nombreux de mes collègues de l'UMP, tentent de faire des propositions alternatives au projet de loi. Les collègues sont de plus en plus conscients de la nécessité de faire évoluer notre législation pour plus d'égalité entre citoyens et plus de protection pour les enfants grandissant dans les familles homoparentales. Cette proposition d'alliance civile résulte de la volonté de nombreux d'entre eux de ne pas rester dans une opposition frontale avec laquelle ils sont mal à l'aise.

Visiteur : Ne vous sentez-vous pas trop isolé à l'UMP ? En d'autres termes, ne vaut-il pas mieux pour vous rejoindre les formations centristes tels l'UDI ou le Modem, qui, eux, sont plus favorables à ce sujet-là ?
Non, je me sens très bien à l'UMP. Cette question, comme tous les sujets de société, transcende les clivages politiques habituels, même si l'UMP est très majoritairement contre ce texte. De nombreux militants, sympathisants et électeurs de droite y sont favorables.

Tom : En s'opposant aussi fortement au mariage gay et en appelant les sympathisants UMP à manifester, Copé n'a-t-il pas avant tout voulu se différencier de Fillon dans la campagne interne pour la tête de l'UMP ? Autrement dit, Copé appelle-t-il à défiler par vraie conviction ou plus par intérêt politique ?
Jean-François Copé a dit, à plusieurs reprises, qu'il était opposé au texte, comme d'ailleurs François Fillon. Si l'un va défiler, l'autre a dit qu'il souhaitait revenir sur la loi une fois de retour aux responsabilités. Je ne les différencierai pas dans le degré d'opposition au texte...
Philippe : Ne pensez-vous pas que la position officielle de l'UMP est plus opportuniste qu'autre chose ? Nicolas Sarkozy et Nadine Morano par exemple avaient exprimé des positions plus ouvertes dans le passé...
Je ne crois pas que cela soit opportuniste. Je regrette, malgré tout, que certains qui, dans le passé, s'étaient montrés plus ouverts sur le sujet, soient revenus en arrière.

Bil : Regrettez-vous que Sarkozy n'ait pas mis en place sa promesse d'union civile lors du précédent quinquennat ?
Oui, je le regrette. C'est une occasion manquée.

Visiteur : Ne pensez vous pas qu'un reférendum s'impose ?
Juridiquement, il faudrait d'abord s'assurer de pouvoir organiser un référendum sur ce type de sujet. Ensuite, c'est une question très complexe qui ne supporterait pas une réponse binaire oui-non.

Visiteur : Pensez-vous que le gouvernement permet de mener un débat apaisé ? Ne cherche-t-il pas à passer "en force" sur un sujet de société qui "ne coûte rien" dans un contexte ou les marges de manœuvres économiques sont faibles...
Je regrette, comme je l'ai dit précédemment, l'impréparation du gouvernement sur ce texte [la PMA] et les hésitations du président de la République [liberté de conscience des maires], ce qui donne le sentiment d'un manque d'adhésion à celui-ci.
D'autre part, certaines déclarations de ministres ne contribuent pas à un débat apaisé. Vincent Peillon, par exemple, aurait mieux fait d'être plus "rond" vis-à-vis de l'enseignement catholique.

Visiteur : Ne pensez-vous pas que le débat devait avoir lieu pendant la campagne présidentielle ?
La question a été clairement abordée lors de la campagne présidentielle. Le débat est aujourd'hui au coeur de la société française. Donc, je crois vraiment qu'on ne peut pas dire qu'il n'y ait pas un large débat autour de ce texte. D'une manière générale, je pense malgré tout qu'il nous faut réfléchir à un nouveau mode d'élaboration des lois afin de mieux associer les Français aux décisions.



café radical mercredi 16 janvier 2013
à la Brasserie "Le jardin de Bigards"
34 rue du Quai à Louviers
Le mariage pour tous va-t-il changer la société ? 
débat animé par Eddie Aït
maire de Carrières sous Poissy
secrétaire national du prg

mardi 8 janvier 2013

Mariage pour tous. Faut-il débattre ?

Premier lieu de débat : le café radical

Bien sûr !

Bien sûr qu'il faut débattre du mariage pour tous, comme il faut débattre de tout.
Ce serait mal venu de la part d'un lieu de débat que de s'opposer à l'organisation de débats où que ce soit, et surtout dans les lieux d'enseignement, tant le savoir précisément est le fruit de la confrontation.
Bien sûr, quand c'est l'autorité ecclésiastique, opposée à un projet de loi, qui est relayée par le réseau de l'enseignement catholique pour mettre en place ce débat, on peut se douter qu'il y a des arrières pensées. On peut aussi malgré le poids des autorités que les adolescents d'aujourd'hui comme hier peuvent s'opposer aux idées toutes faites, ce qui devrait être le but de tout débat. si l'on débat c'est bien pour faire bouger les choses, pas pour les conserver.
Et pour en finir là dessus, c'est en gros ce qu'a dit Peillon. Pas question d'interdire les débats, mais éviter les dérapages homophobes ou les appels aux manifestations promues par la droite et l'église, comme au bon vieux temps.


La droite chrétienne a lancé le débat et a parfois été surpris des réponses. Ici le fameux baiser de Marseille.
Une provocation à la tolérance et à l'amour.
Alors voilà :
Enseignement public ou privé.
Jeune ou vieux.
Homo ou hétérosexuel.
Ceux qui croient au ciel comme ceux qui n'y croient pas.

Eddie Aït animera le débat
Tous sont invités à débattre lors du prochain café radical qui sera animé par Eddie Aït, maire de Carrières sous Poissy, membre du bureau national du parti radical de gauche sur le thème :
Le mariage pour tous va-t-il changer la société ?
mercredi 16 janvier 2013
à 18h30
au jardins de Bigards
39, rue du Quai à Louviers
Venez nombreux !

 
Ps : Merci encore aux organisateurs de la manifestation du 13 janvier qui fait publicité à notre débat.



 


mercredi 26 décembre 2012

le mariage pour tous peut-il changer la société ?

Avant le café radical, le point de vue d'une psychanalyste dans le Monde :

Psys, Taisons-nous !


Ne nous y trompons pas ! Malgré l'évidence que représente pour beaucoup le mariage pour tous, c'est une nouvelle vision du monde, de l'humain et de sa relation à la sexualité et à sa reproduction qui s'offre à nous. Le sujet mérite débat, et c'est d'ailleurs pourquoi le café radical organise son prochain débat sur le thème du mariage pour tous avec Eddie Aït, maire de Carrières sous Poissy et membre du bureau du parti radical de gauche. Ce sera le mercredi 16 janvier. 
Ci dessous, un article de Sylvie Faure-Pragier paru dans le Monde de ce jour. La psychanalyste tord le cou à tout ce qui a pu se dire et s'écrire au nom de la psychanalyse sur l'influence de l'homoparentalité sur la santé mentale des enfants et leur construction psychique.  

Sylvie Faure-Pragier

Depuis que se profile le vote de la loi sur le mariage pour tous, une efflorescence d'articles psychanalytiques envahit les médias. Au coeur du débat : l'homoparentalité. Ces articles font-ils état d'une expérience clinique des problèmes rencontrés par les enfants des couples homosexuels ?

Aucunement. Les données publiées dans les pays où cette possibilité existe depuis suffisamment de temps pour que ces enfants soient devenus adultes sont superbement ignorées. Les informations et les études pourtant précieuses des auteurs américains, australiens, israéliens, belges et autres sont disqualifiées.

BIEN DES A PRIORI
Le mariage pour tous, la procréation
médicale assistée est un problème
En France, ces articles s'appuient essentiellement sur les théories issues de l'analyse de sujets dont les parents sont hétérosexuels. Avoir deux parents de sexes différents serait indispensable à la reconnaissance des sexes.
L'identification d'un garçon à un homme serait empêchée s'il n'avait pas de père. Du coup, certains psychanalystes en ont déduit bien des a priori sur l'homoparentalité. Selon eux, la conception hors différence des sexes abolirait le fantasme d'engendrement en réalisant le rêve d'auto-reproduction qui serait au coeur de la psychose...
Pour ces psychanalystes, le symbolique est tributaire de la réalité. Le passé représenterait alors "le bien et le vrai". L'homoparentalité serait une transgression.
Ces critiques me ramènent vingt ans en arrière, lors des premières fécondations in vitro dans les couples hétérosexuels. Il y eut alors un vaste regroupement de psychanalystes pour critiquer ces procréations médicalement assistées (PMA).
Selon eux, elles allaient aboutir à créer des enfants dont l'inconscient serait altéré. Ils prédisaient, comme aujourd'hui avec l'homoparentalité, que des catastrophes allaient s'abattre sur ces enfants "artificiels".
Ils pensaient que, privés à l'origine de l'abri de l'utérus maternel, ces enfants ne pourraient accéder à la scène primitive puisque celle-ci n'était pas à l'origine de leur conception dans la réalité !Ces enfants "artificiels" seraient alors menacés dedevenir psychotiques.
La réalité de l'évolution normale de ces enfants fit bientôt taire les terrifiants oracles de ceux qui se sont déconsidérés par l'excès de confiance en leurs constructions théoriques.
LES MÊMES FANTASMES
Or voici que ce débat reprend vingt ans plus tard, sous-tendu par les mêmes fantasmes :
1. La menace du chaos exprime la crainte de l'ébranlement d'un ordre du monde. Alors, ce serait l'analité toute-puissante que libérerait la transgression. Le fantasme impliqué serait celui d'une régression à la toute-puissance infantile puisque le garant de la loi symbolique, le père, aurait été éliminé.
2. L'angoisse rejoint le fantasme de l'apprenti sorcier. La puissance de la science se projette sur son objet. Dépassé, le médecin deviendrait l'esclave d'une créature qui échapperait à son contrôle tel le Golem ou Frankenstein. Nous fabriquerions des êtres déshumanisés : ils viendraient se venger en détruisant l'humanité.
3. Mère idéalisée : le progrès abîmerait la Nature. L'attaque de celle-ci entamerait l'intégrité de ses fruits. Les enfants de l'homoparentalité seraient pathologiques.
Ces prévisions catastrophistes dénient toute vie psychique autonome ! Que savons-nous sur les effets de la parenté homosexuelle ? Je ne peux que résumer les connaissances actuelles en disant que les résultats de procréations homosexuelles pratiquées à l'étranger sont rassurants.
On doit dire que, si ces enfants ainsi conçus, nombreux aux Etats-Unis, devenaient psychotiques, cette situation n'aurait pas manqué d'alerter, là-bas, les experts hostiles à ces pratiques.
La méthode freudienne se fonde sur l'écoute. Jusqu'à aujourd'hui, le coït procréateur, nommé aussi scène originaire, a été un des fantasmes organisateurs de la psyché. Cependant, n'est-il pas lui-même une représentation privilégiée d'un complexe enchevêtrement de désirs parentaux ? D'autres représentations ne pourraient-elles avoir la même fonction ?
La symbolisation me paraît être une capacité de notre psychisme et non une conséquence de l'organisation familiale réelle.
Pourquoi les efforts considérables faits par des parents pour faire naître leur enfant ne pourraient-ils pas induire un effet structurant ? Ce serait l'ébauche d'un nouveau fantasme originaire qu'être ainsi un "enfant du désir d'enfant", adopté ou procréé médicalement.
 ÉTHIQUE DU BIEN
L'identité se réfère aux désirs parentaux et non à l'usage qui est fait des cellules germinales. C'est l'expérience psychanalytique qui nous dira un jour comment se seront agencés les fantasmes des enfants de nos patients après la victoire sur le destin anatomique que la médecine a offerte à leurs parents.
Si je me sens apte à étudier cette situation, sans doute est-ce lié à ma connaissance des choix éthiques des autres nations européennes. Si la France prône une éthique du bien, c'est une éthique de la liberté qui s'applique dans de nombreux pays.
Là, chacun dispose librement de son corps tandis que chez nous l'indisponibilité du corps est décidée par la loi.
La liberté est un modèle qui laisse les parents responsables de leurs choix procréatifs. Le psychanalyste n'a pas à imposer un point de vue devant le désir de la société de s'adapter à la situation existante.
Il n'a pas à s'opposer à la volonté de donner aux enfants des homosexuels la reconnaissance de leur filiation, même si celle-ci est contradictoire avec la biologie. Sans une expérience clinique réelle, les psychanalystes ne peuvent se substituer ni à l'opinion publique ni au législateur. D'ici là, "taisons-nous !"
...
Ou ne nous taisons pas !
Le prochain café radical "le mariage pour tous peut-il changer la société ?" est même ouvert aux psychanalystes, comme il est ouvert à tous. 
Ça se passe au "Jardin de Bigards" 39 rue du Quai, à Louviers, mercredi 16 janvier à 18h30