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mercredi 10 janvier 2018

RÉGION NORMANDE : LA GUERRE DES CENTRES

Lecornu annonce qu'il va se présenter contre Morin aux prochaines élections régionales.
Comme dirait l'autre : ça pique !
Morin enlaçant Lecornu. Embrassade  ou ashi guruma...
 amours ostentatoires ou démonstration de judo à l'annonce
de la prise de pouvoir de Morin à la Région
Sébastien Lecornu à peine sorti de la couvée de Le Maire, est devenu maire de Vernon avant de démissionner ... pour devenir président du conseil départemental de l'Eure ! ... avant d'en démissionner pour devenir Secrétaire d'État  ... et à peine est-il en poste qu'il annonce qu'il se présente contre son ancien pote Hervé Morin. 
Bien sûr, on peut voir cela sous l'angle d'une personnalité insatiable. Un Sébastien Lecornu façon Richard III, dont le but est de dévorer ses adversaires. Je ne connais pas assez Lecornu pour juger du personnage. Ce qui est sûr en revanche c'est que l'acte de candidature n'a rien d'anodin.
Il n'a rien d'anodin parce qu'il tombe à froid. On se demande ce qu'un ministre plein d'ambition peut avoir comme intérêt à se lancer dans la conquête de l'appareil régional alors qu'il n'y a jamais porté d'intérêt particulier. 
A priori, tout semblait facile et évident il y a un encore un an, lorsque la droite s'assurait des conquêtes des communes, des départements et des régions. Le Maire et Morin s'étaient partagé les tâches. À l'un les ambitions ministérielles, à l'autre la Région ! "Et tu laisses Lecornu mettre mon département de l'Eure en coupe réglée ..."  Mais ça c'était a priori, c'était avant la déroute de Le Maire aux primaires de la droite et surtout avant la victoire de Macron aux présidentielles.
On ne sait quelle a été la teneur du marchandage entre Le Maire et Macron, mais on peut tout supposer et en particulier que la nomination d'un Le Maire au poste majeur de  Ministre de l'économie ne s'est pas faite sans contre-partie. Quel intérêt sinon de racheter Bruno Le Maire qui avait perdu toute crédibilité quelques mois plus tôt.
Sans doute y avait-il aussi un intérêt à mettre la main sur la Normandie, même si l'on n'en perçoit pas tellement les enjeux. Disons qu'avoir nommé le maire du Havre comme premier ministre n'est pas anodin non plus. 
Sans doute aussi, la mise en coupe réglée de la Normandie comme du Centre politique font-ils partie du projet Macron. Pour lui, s'il a rabattu la droite et la gauche, ce n'est pas pour s'embêter avec les familles du centre traditionnel (Modem mis à part puisque sans Bayrou, Macron n'aurait pas gagné les présidentielles). Mais il sait que les familles traditionnelles du centre n'y sont pour rien, qu'ils soient Nouveau ou ancien centre, Morin, Lagarde, Udi et bien sûr les radicaux, même renommés social-libéraux, mêmes réunifiés, même enrichis de radicaux de gauche à la ramasse... Tout ça Macron n'en veut pas et Morin n'est que sa première victime ! 
Derrière, on peut parier que toutes les familles centristes devront se plier, ou s’effondrer comme des dominos. Comme dit si bien le député communiste Sébastien Jumel : la République en Marche, c'est Marche au pas ! 
Alors voilà ! La décision de Sébastien Lecornu d'affronter Morin ne saurait s’interpréter autrement. Elle n'a aucun sens en soi. On ne déclare pas sa candidature à quelques années de l'échéance en matière d'élection régionale. Il s'agit bien sûr de mâter son Morin ... et après tout, la fonction du centre (Bayrou mis à part) a toujours été d’obéir à la droite française. 
Macron change la donne. Maintenant, c'est toute la classe politique française qui est censée lui obéir. En même temps à gauche et en même temps au centre. Voilà de quoi retirer tout attrait à la vie politique, et en particulier si l'on se situe au centre. 
Mais ce n'est pas tout. En montrant clairement
S'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre,
mais si l'on ne regarde même pas dans la même direction... 
 qu'En Marche vise l'écrasement de toutes les familles du centre la candidature annoncée de Sébastien Lecornu achève bien des petits calculs de ceux qui se sont placés dans l'écurie Morin, elle-même fragilisée. 

Incidente Priollaud 

Ainsi en est-il de Priollaud, par exemple, le petit maire de Louviers qui se rêvait député européen ... Il semble bien que ce soit foutu d'avance et les petits calculs de ceux qui au sein de son équipe veulent s'en débarrasser risquent d'être cruellement déçus. L'écurie Morin est en train de perdre sa valeur marchande ... 

Incidente Les Radicaux de Gauche

Mais ce qu'il y a d'extraordinaire dans toute cette histoire, c'est qu'elle justifie pleinement le maintien dans la course des radicaux de gauche. Oui, la France a besoin d'une gauche (à mon avis, elle a sans doute besoin d'une droite et Wauquiez n'est pas la bonne voie, mais je ne m'en mêle pas) ... et la gauche a besoin du radicalisme. 
Voilà justement de quoi justifier la naissance des "Radicaux de gauche" et le titre du débat majeur qui aura lieu lors du Banquet Républicain qui se déroulera à Evreux mercredi 24 janvier. 
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mercredi 27 septembre 2017

Jamet s'en va. Tout ça pour ça !

Marc-Antoine JAMET n'a plus rien à attendre du PS. 
Ce n'est pas le seul. 
C'est le contraire d'une surprise : Marc-Antoine quitte des fonctions qui n'avaient plus aucun sens pour lui : il ne sera plus premier secrétaire de la fédération de l'Eure ni membre du conseil national du parti socialiste. Il s'agit d'une conséquence attendue de la déroute des socialistes aux présidentielles.
C'est aussi la preuve que la défaite des socialistes va bien au delà d'une claque électorale, dont, après tout de nombreux partis se sont remis. Nous sommes déjà dans une nouvelle réalité.
Je ne me permettrai pas de juger l'action de Marc-Antoine Jamet en tant que premier secrétaire fédéral. Elle n'aura été ni pire ni meilleure que celle de ses prédécesseurs, ni plus incohérente. Bien sûr, et c'est sans doute à la mesure de l'individu, aura-t-elle été plus arrogante, l'arrogance, bien-sûr, se transformant en ridicule à chaque défaite. C'est que le comportement hégémonique, consubstantiel à la façon d'être socialiste n'a guère de sens lorsque son porte parole ne recueille que 5 % des voix, et que ce même score est conforté lors des élections législatives. Pour le reste, Marc-Antoine Jamet a raison, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire, on ne saurait lui attribuer la déroute  des socialistes dans le département, celle-ci est à la mesure de la débâcle nationale de la gauche.
Marc-Antoine reste maire de Val de Reuil, vice-président de la communauté d'agglomération et conseiller régional. Il restera de ces dix années passées à la tête de la fédération que sa décoration aura été complètement refaite.
Plus sérieusement, le départ de Jamet est le symptôme de l'éclatement de la gauche gouvernementale, qu'elle se réclame de la social-démocratie, du social-libéralisme, voire, je le dis : du radicalisme.
Il y a pourtant un avenir à gauche, même si le présent est difficile. Un grand parti reste à construire, sans doute. Un parti capable de fédérer l'ensemble des courants qui sont la gauche, de leur donner une cohérence, un projet, une dimension nationale et internationale, tenant compte des évolutions et des dangers qui font courir l'humanité et la menacent, tenant compte aussi des appels à l'engagement  comme autant d'initiatives locales.






dimanche 17 mars 2013

in memoriam Jean Lobry

Rosa Mystica, le vitrail qui a illuminé les
adieux à Jean Lobry .. en l'absence de photo
de l'intéressé ...
Jean Lobry a choisi L'Hosmes.
Petit village, lieu de résidence secondaire, L'Hosmes est devenu primordial pour cet administrateur civil, haut fonctionnaire de l'Etat qui allait connaître ici une autre dimension de l'engagement... un peu comme un haut ingénieur agricole prenant soin de son jardin.
Jean Lobry était une figure du parti radical de gauche. Il a été quelques temps président de la fédération de l'Eure, mais ce qui l'a principalement intéressé dans notre département, ça a été la création d'un territoire, d'un pays, celui administratif du pays de l'Avre, de l'Iton et de l'Eure, et celui du lieu de vie, essentiellement.
Jean Lobry avait été voir Franck Martin lorsque celui-ci était alors simple candidat divers gauche contre Odile Proust en 1994. Le courant passait bien entre les deux individus. Franck Martin n'était pas encore maire de Louviers ni Jean Lobry maire de L'Hosmes. Certes,  a priori, rien de commun entre les deux hommes, entre celui dont le destin est lié à celui de sa propre ville, et celui qui a transformé un lieu de résidence secondaire en jardin d'expérimentation politique.
Isabelle Guéneau, actuelle maire de L'Hosmes, a souligné à quel point les graines semées ont sur germer et prendre leur autonomie.
Jean Lobry a su mettre en valeur le terroir, puis le territoire pour que celui-ci puisse tirer de ses atouts, au rang des quels un patrimoine intéressant, la proximité de la région parisienne et la proximité de l'axe qui mène de la capitale au grand Ouest pour mettre en valeur un tourisme de proximité. Le projet était visionnaire. Il a servi non seulement à asseoir l'identité du pays de l'Âvre et de l'Iton, qu'il a fallu imposer à la capitale régionale, mais surtout, ce même type d'action a servi de base au développement touristique du département de l'Eure.
Quelques mots sur une cérémonie sobre, paradoxale, puisqu'il s'est agi d'une cérémonie laïque, dans une église, dite par un prêtre. Rencontrant Anne Mansouret au seuil de l'église, elle m'avait remarquer que de toutes les années qu'elle avait vécues, c'était la première fois qu'elle était confrontée au report d'une cérémonie d'inhumation pour cause de mauvais temps. Cela en rajoutait, c'est vrai, à l'aspect baroque de cette église de caractère, qui vaut le détour. Un mot aussi pour remercier Anne Mansouret d'avoir parlé des radicaux de gauche dans une allocution improvisée.
Peu de participants à la cérémonie que Jean Lobry souhaitait voir se dérouler dans l'intimité de son village d'adoption. Aux cotés de sa fille, victime d'un accident à 20 ans, et dont le père ne s'était jamais remis.