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vendredi 7 avril 2017

Revenu universel, le café radical invite au débat

Curieuse campagne électorale ... qu'en retiendrons-nous ? Qu'en restera-t-il au delà du fait que les Français auront un nouveau Président dans moins d'un mois ? 
Rien n'aura marché comme prévu, à droite comme à gauche. Les champions se sont éclipsés, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, et notre cadre politique apparaît comme un champ de ruine. Nos craintes même semblent dissipées, même s'il faut encore attendre quelques jours pour savoir ce qu'il en adviendra exactement. 
Nous avons tant été gavés de surprises, de bonnes et de mauvaises que tout reste possible.
Angélique Chassy, économiste engagée,
animera le café radical sur le revenu universel
Reste qu'au delà de la remise en cause inédite du corps politique français, des figures de référence, des principes institutionnels, de tous ce que nos commentateurs ont pu imaginer, il restera que, pour la première fois dans une grande nation, on aura mis au cœur du programme d'un grand candidat LE REVENU UNIVERSEL.
Il s'agit bien d'une idée neuve en Europe, puisque pour la première fois proposée à l'échelon national. Rien à voir avec les initiatives prises ici ou là. A coup sûr, le fait de la proposer dans un programme présidentiel lui donne une nouvelle dimension.
Quel sera l'avenir de l'idée de Revenu universel ? Quel est son passé ? D'où cela vient-il ? Le revenu universel est-il une réponse à la raréfaction de l'emploi ? Est-il une réponse à la robotisation et à l'augmentation exponentielle des forces productives ? 
Pour y répondre, le café radical organise un débat, à quelques jours du second tour : "le revenu universel a-t-il un avenir ?"
Quoi que l'on pense de la candidature de Benoît HAMON,
au moins aura-t-il eu le mérite de l'innovation politique.
La question du revenu universel mérite un large débat. 
Pour y répondre, Angélique Chassy, docteur en économie, première adjointe au maire de Pont de l'Arche, et militante aux cotés de Benoît Hamon, sera chargée d'animer le café radical qui se tiendra vendredi 14 avril, au Big Arts, à 18h30. 
Venez nombreux chercher la réponse à toutes vos questions. Entrée libre. Une seule condition à la participation au débat : payer sa consommation par égard pour le café hôte du débat.
Café radical 
Le revenu universel a-t-il un avenir ? 
vendredi 14 avril à 18h30 
au Big Arts
39 rue du Quai à Louviers


vendredi 10 mars 2017

Changement de programme ?

Que reste-t-il des primaires ? Les deux vainqueurs délaissent
la part la plus emblématique de leurs programmes respectifs.
Ce n'est pas le cas du café radical qui maintient
sa programmation.
Après François Fillon, Benoît Hamon n'est jamais que le deuxième candidat qui change de programme en cours de route, et ce, à quelques semaines de l'échéance : François Fillon délaisse l'idée de privatisation de la sécurité sociale, et c'est tant mieux. Benoît Hamon abandonne le projet de mise en place d'un revenu universel, et c'est tant pis.
Pourquoi c'est tant pis ? 
Ben, tout simplement, parce que c'était la seule partie vraiment innovante de son programme politique. À mon avis, c'est d'ailleurs le point qui lui a permis de gagner la primaire.
Il ne s'agissait pas pour moi d'être d'accord ou pas d'accord avec le principe de revenu universel, mais au moins, Benoît Hamon posait-il un vrai problème et une question intéressante quant au rapport entre l'homme et le travail et à l'organisation de toute notre vie. 
Benoit Hamon caricaturé au lendemain du premier tour de
la primaire. On a beaucoup plus parlé jusqu'à présent des
incroyables histoires autour des candidatures, mais le
changement de programme des candidats en cours de route
est un phénomène au moins aussi important.
Entre parenthèse, c'était bien la peine de se moquer de l'absence de programme de Macron, pour en changer sur un point aussi fondamental quelques jours plus tard.
Pour ma part, j'ai toujours considéré que le principe de revenu universel méritait le détour, qu'il devait être analysé, réfléchi, mûri et qu'en deux mots, il ne pouvait pas, en l'état actuel, faire partie d'un programme électoral pour 2017. 
C'est pour cette raison que j'avais décidé d'organiser un café radical sur ce sujet et que dès que j'ai vu qu'Angélique Chassy, économiste socialiste, avait travaillé sur le sujet, je l'ai immédiatement invité à animer une rencontre sur le sujet.
Qu'on se rassure ! Les candidats changent de programme, pas le café radical !
Plus que jamais, l'actualité donne du sens au sujet proposé. Le café radical prend le pari qu'il n'a pas fini d'alimenter le débat politique. 
En attendant, réservez votre soirée du 14 avril : 

LE REVENU UNIVERSEL A-T-IL UN AVENIR ? 



Débat animé par Angélique Chassy, docteur en économie,
première adjointe au maire de Pont de l'Arche







café radical 

lieu de rencontre et de débats 
ouvert à tous

vendredi 14 avril 2014 à 18h30
au Big Arts, 

39 rue du quai à Louviers




 
  





dimanche 5 février 2017

Economie sociale et solidaire, il faut passer à la vitesse supérieure

Thierry Jeantet,  Président du Forum International 
des Dirigeants de l’Économie 
Sociale et Solidaire.
 Il y voit une alternative aux dérives du capitalisme.
Thierry JEANTET, défenseur acharné de l'économie sociale et solidaire, publie une tribune dans Libération. Le sujet est curieusement absent de la campagne présidentielle pour l'instant. 
Le café radical publie la tribune pour enrichir le débat, tout en rappelant que Benoît HAMON, avant de cisailler le gouvernement auquel il appartenait fut ministre de l'économie sociale et solidaire. Peut-être cela permettra-t-il de relancer le débat.

Les débats pré-élection présidentielle restent, pour la plupart, confinés dans un espace néolibéral (capitalisme social et autres), voire libéral-laissez-faire (chasse à l’Etat…). Cette obstination est pour le moins étonnante lorsqu’on sait à quel point la crise financière de 2008 a marqué l’échec de ces politiques et qu’on en saisit, aujourd’hui encore, toutes les conséquences sociales et économiques tant en Europe qu’ailleurs. L’étonnement devient stupéfaction lorsqu’on constate que malgré de justes références aux transformations en cours (à l’instar de l’économie numérique) ou souhaitables (transition écologique), elles sont, en réalité, énoncées de façons incantatoires. Bien qu’évoquées, ces références ne sont guère l’occasion de fixer un nouveau «cap social» malgré des débats fort importants autour de questions telles que celles que sont l’instauration d’un revenu minimum décent, d’un revenu universel ou encore du rôle des mutuelles complémentaires.
Pourtant, anticiper ce qui pourrait être demain un modèle «pluriel» de croissance apparaît comme une nécessité incontournable face aux mutations (pour ne pas dire aux chocs) qui se forment de plus en plus intensément et face à ces attentes citoyennes toujours plus fortes. Plus que jamais, il nous faut unir les recherches liées aux progrès civiques, sociaux, écologiques et bien sûr économique. L’économie sociale et solidaire (ESS) est un élément moteur de cette nouvelle croissance attendue, de ce modèle «pluriel». Ses principes correspondent exactement à cet objectif. Economie progressiste, l’ESS fait en effet appel à une gouvernance démocratique des entreprises, à une juste répartition des excédents, à une propriété à la fois privée et collective et tout autant à la solidarité qu’au respect des environnements. Dans un monde qui compte près 7,5 milliards de personnes, faut-il rappeler que plus d’un milliard est concerné par l’économie sociale et solidaire.

Une économie créatrice d’emplois

Le président de la République, avec les gouvernements successifs, a respecté les engagements pris vis-à-vis de l’ESS pendant la campagne présidentielle de 2012, avec par exemple la création d’un ministère (puis secrétariat d’Etat) dédié à l’ESS, une loi sur l’ESS, 500 millions d’euros destinés à l’ESS dans la Banque publique d’investissement, la création de «la France s’engage» ou encore l’introduction de l’ESS dans le dialogue social. A quoi il faut ajouter le Groupe Pilote International de l’ESS présidé par la France. Mais le temps est venu de passer à la vitesse supérieure en France : il faut désormais que l’ESS puisse pleinement jouer son rôle, c’est-à-dire ouvrir la voie à ce que devrait être une croissance équitable et efficace ! Certes, les candidates et candidats à la présidentielle commencent à en parler, mais trop peu.
Voilà plus de trente ans que l’ESS est créatrice d’emplois. Toutes les études internationales le montrent : le monde de l’ESS a mieux traversé les crises économiques et financières que celui des entreprises dites traditionnelles, ou encore de celui de la banque et de l’assurance. L’ESS porte en elle des solutions concrètes en réponse aux défis que nous connaissons. Et il ne manque pas d’exemples pour confirmer cette assertion.
Nous savons aujourd’hui que «l’accès universel à un niveau de vie décent» peut être assumé par des partenariats Etat/villes ou territoires/ESS. Si ces partenariats existent en quantité dans des secteurs clefs comme l’enseignement, l’intégration sociale (associations sociales), la santé (CUM/Mutuelles santé), l’habitat (coopératives d’habitants), il faut encore renforcer leurs moyens, favoriser la démultiplication de toutes sortes d’initiatives et de parvenir, enfin, à un véritable Pacte entre l’ensemble des acteurs concernés.

Ancrage local

Trop d’initiatives se trouvent, en effet, prisonnières de leur isolement et finissent par échouer. Il faut encourager l’émergence d’une formule à la fois solide et souple, capable de combiner initiative personnelle et solidarité professionnelle, à l’instar de ce que font déjà la Coopérative d’activités et d’emploi ou encore Coopaname à Paris, ou le Groupe Archer à Romans. Une autre voie étant celle des coopératives d’entrepreneurs indépendants (artisans, commerce, agriculteurs), déjà très développée en France. Il est éclairant de constater que les dérives du système Uber conduisent des chauffeurs à (re)découvrir les coopératives !
Il existe un ancrage local en France grâce à une dynamique innovation technologique et gestion participative. C’est ce que réussissent nombre de coopératives, comme le montre l’exemple en Normandie d’Acome Scop (Sociétés coopératives et participatives). Voilà des années qu’elle affiche de bonnes performances dans le secteur de la fibre optique. Idem de la SNA, coopérative qui fabrique les éléments constitutifs de la «route solaire». Voilà d’ailleurs un bel exemple d’une coopérative qui apporte chaque jour la preuve de sa compatibilité avec un développement à l’international.
Enfin, le développement territorial bénéficie lui aussi de cette forte dynamique de l’ESS. Un peu partout à travers l’Hexagone on peut voir ces fameux Pôles territoriaux de coopération économique qui regroupent des entreprises de l’ESS, des PME (petites et moyennes entreprises), des TPE (très petites entreprises) et des collectivités locales qui ont mutualisé des services tout en élaborant des projets communs. C’est ce que font Coopaxis, Clu’ster Jura, Ardaine ou encore Sicoval.
Plutôt que de vouloir la noyer dans des concepts flous ou la traiter à part, l’économie sociale et solidaire doit devenir un partenaire central d’une politique économique, solidaire et écologique qui est (et sera encore plus demain) innovante. Aux responsables politiques de prendre cette question de l’économie sociale à bras-le-corps. Et de le faire avec force.
Thierry Jeantet est l’auteur de l’Economie Sociale, la solidarité au défi de l’efficacité (Documentation Française, 2016)

mardi 24 janvier 2017

Pourquoi je vote Manuel Valls


Le premier tour des primaires de la gauche pose plus de questions qu’il n’en résout.
La faible participation est le premier signe du malaise qui étreint la gauche, élément renforcé par la difficulté des organisateurs à donner les résultats définitifs de cette participation. Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.
A Louviers, la faiblesse de participation, finalement équivalente à celle constatée sur
le plan national n’empêche pas de constater l’influence des radicaux de gauche, dont la candidate, Sylvia Pinel réussit un score bien supérieur à son niveau national.
Le deuxième élément est l’élimination au premier tour d’Arnaud Montebourg, et de son projet irréaliste de développement social d’une France coupée du monde.  
Le troisième élément à prendre en compte, malgré le score honorable de Sylvia Pinel  à Louviers, est la difficulté pour les petits candidats à sortir des logiques de deuxième tour. Le problème a bien souvent consisté à choisir le candidat participera aux présidentielles. Ainsi donc, l’influence radicale se trouve-t-elle sous-évaluée.
Reste que nous nous retrouvons au deuxième tour entre Benoît Hamon qui a su charmer une bonne part de l’électorat, en faisant oublier son inaction politique, voire son travail de sabotage du quinquennat de François Hollande, lors même qu’il l’avait porté au pouvoir.
Manuel Valls n’est pas sur cette ligne. Il a, malgré ses défauts, ses coups de menton inappropriés, ses formules mal formulées, le mérite de la cohérence. Il a pour intérêt majeur de ne pas ouvrir à la gauche la seule perspective de se retrouver dans l’opposition pendant un quart de siècle. 25 ans, c’est deux générations, et nous n’avons pas le droit d’offrir le destin de notre pays aux pires des conservateurs, voire à la réaction la plus dangereuse.

Dimanche, je voterai sans hésitation pour Manuel Valls. 

Olivier Taconet
Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche