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mercredi 28 octobre 2020

Un coup de gueule de Denis Laheye

Samuel PATY, l'enseignant magnifique
 à présent figure de la France et de la République



C'est un prof qui rend hommage à un prof. 

Denis Laheye, prof courageux, n'a pas supporté la faiblesse de la réaction suite à l'horrible assassinat de Samuel Paty, enseignant égorgé parce qu'il avait fait son métier ... un métier fondateur de notre République. Denis Laheye, militant engagé, ancien adjoint aux écoles, adjoint à la culture de la Ville de Louviers,  n'a pas supporté que la commune dont il a été le représentant ne sache rendre un hommage à la hauteur du défi lancé par le terrorisme islamiste à nos institutions Républicaines. 

Voici son témoignage : 

Minimal pour ne pas écrire minable "l'hommage " de la ville de Louviers à Samuel Paty assassiné par un terroriste islamiste fanatisé.
Dans toute la France, dans toutes les villes de l'Eure des rassemblements ont réuni des citoyens venus pour dire leur condamnation de cet acte horrible et leur défense des valeurs de la république.
Dans toute l'Eure ? Non car à Louviers le maire a diffusé la marseillaise sans aucun rassemblement alors que de nombreux lovériens attendaient une initiative citoyenne.
Le Maire n'aime pas les rassemblements. On se rappelle qu'après les attentats des terrasses et du Bataclan en novembre 2015 il a refusé d'appeler à un rassemblement républicain dans la cour de la mairie et tenté d'empêcher cette réunion citoyenne en faisant pression sur ses organisateurs. Comble du cynisme il avait envoyé deux adjoints pour observer qui était venu.
 Déjà une attitude minable.

Minable la réponse du Maire à l'action de l'opposition pour préserver l'avenir du manoir de Bigard dans le patrimoine communal. Si son principal argument consiste à écrire que certains signataires de la lettre et de la pétition adressée à M. Stéphane Bern ne sont pas lovériens donc n'ont pas le droit d'avoir une opinion, quelle pauvreté dans le choix de ses arguments !



Mais cet argument m'amène à poser une question :

Ses colistiers (adjoints et conseiller municipaux) qui n'habitent pas Louviers on- ils le droit d'avoir des opinions dans sa municipalité.
Cette municipalité n'a pour politique en matière de propriétés publiques qu'un seul mot d'ordre A VENDRE.
La banque de France ,VENDUE alors que la ville continue de l'occuper et paie un loyer, bel exemple de gâchis financier.
La Halle Wonder VENDUE alors que sa proximité avec la médiathèque pouvait permettre l'installation d'un équipement culturel.
 L'école Jules Ferry A VENDRE alors que ce bâtiment gravé 1882 sur son fronton est un symbole des lois Jules Ferry, Ce Bâtiment pouvait devenir une maison de 'éducation et de la formation .
Le Manoir de Bigard A VENDRE alors que l'aménagement du jardin préfigurait une réhabilitation et pourquoi pas un futur comme maison des associations ou centre de pratiques culturelles.
La vérité c'est que cette municipalité n'a aucune vision du futur de Louviers.
Une politique de gauche maintiendrait les équipements utiles dans le patrimoine communal pour préserver l'avenir et servir d'outils dans la maîtrise de l'avenir de Louviers.
La politique de droite de cette municipalité c'est vendre (puisqu'ils n'ont pas de projets à moyen ou long terme) avec une tendance à vendre les "meubles" pour améliorer les recettes du budget de la ville .
Cette municipalité soi-disant "centriste " mène une politique de droite aggravée par une vision comptable étriquée de son action en matière d'équipements publics.

Denis Laheye

mercredi 4 octobre 2017

Ma vérité sur la Catalogne


Je n’ai aucune sympathie pour les nationalismes, encore moins pour les nationalistes. Ça ne m’empêche pas d’avoir le plus grand respect pour les Nations, mais c’est une autre question. Fondamentalement, j’ai l’impression que plus un pays est grand, plus il est riche de ses diversités, plus il permet l’épanouissement des personnalités qui le peuplent.
Ironie de l'Histoire  ! Il y a 40 ans, le catalan
Miro s'intégrait dans la tragédie espagnole
en combattant le franquisme. A ce moment,
les amants de la République étaient tous
Espagnols. 
Souvent les plus grandes Nations se sont construites sur l’écrasement, sur l’écrasement d’autres Nations ou d’autres peuples et ça ne me réjouit pas plus que ça. Restent, bien entendu l’histoire des Nations humiliées, de celles qui n’ont pas eu l’occasion de s’épanouir et qui en perçoivent un fort sentiment d’humiliation collective. C’est ce qu’on peut ressentir en France, avec la Corse, et plus fortement encore en Espagne, avec le Pays Basque et la Catalogne.

En France, on a du mal à comprendre le problème de la Catalogne espagnole. Sans doute parce qu’à l’inverse des indépendantistes basques, les nationalistes Catalans ne se sont pas livrés à la violence, ou très peu, même sous Franco. En fait, la résistance Catalane s’est exprimée beaucoup plus comme dernier rempart républicain contre les rebelles Franquistes. La Catalogne a été, de fait, la République face à la dictature militaire. Elle charriait les images de l’armée de l’Ebre, de la Résistance de Barcelone face au pouvoir central déjà occupé par Franco et qui allait laisser la place à 40 ans d’une dictature féroce. C'était le contraire du pays Basque où les indépendantistes ont eu droit à beaucoup de faveurs parce qu'ils ont tenté sous la dictature de s'opposer à la dictature du Général Franco.
Pour un Français normal, soumis à un pouvoir centralisé, l’identité Catalane, plus qu’exotique, apparaissait comme inexistante. Surtout avant ! Il faut dire que la France souffrait encore de ce qu’elle avait subi à l’occasion de la deuxième guerre mondiale. Le génie gaullien avait réussi à ressouder une Nation réduite en miettes. Cela a largement contribué à la marginalisation des mouvements régionalistes. Ce n’est qu’à la suite de mai 68 que ces mouvements ont réussi à reprendre prise à partir d’une jeunesse à la recherche de causes à défendre.
Il est naturel de vouloir être indépendant. C'est une loi
de l'humanité. Il n'empêche qu'au delà de la sympathie
suscitée par les indépendantistes, les conséquences
d'une indépendance politique peuvent se révéler
catastrophiques. La brutalité du pouvoir central fait
oublier une démarche profondément égoïste qui
s'imagine bénéficier d'un gain économique en se
séparant du pouvoir central. C'est à l'échelle d'un pays,
le même calcul que celui des tenants du Brexit.
Les mathématiques élémentaires révèlent qu'en cas
d'erreur de calcul, il faut s'apprêter à payer l'addition,
et c'est toute la population qui la paiera, catalane
comme espagnole. 
Aujourd’hui même, enfin disons, jusqu’à il y a quelques mois, la Catalogne, semblait à beaucoup de français comme une curiosité folklorique. Le catalan présent non seulement à l’entrée des villes mais au cœur de leur centre et de leurs commerces, les références baroques de Salvador Dali, de Gaudi et de Joan (et non Juan) Miro le Barça, club le plus puissant d’Europe, l’omniprésence même de drapeaux catalans aux fenêtres Barcelonaises, tout cela ne prêtait pas trop au sérieux jusqu’à l’attentat de Barcelone, dont on pensait qu’il allait provoquer une réaction unanime face au terrorisme islamiste alors que non seulement elle n’a pas mis fin sous le boisseau les querelles identitaires entre les indépendantistes et le pouvoir central, mais elle les a exacerbé.
C’était la première manifestation extérieure sérieuse du problème catalan. Cela semble très loin maintenant. Cependant, tout y était. Une police catalane et une police espagnole. Un État central et une Région catalane. Et tout le monde tenant à marquer sa différence alors que 13 morts et  plus de cent blessés venaient de joncher la rambla de Barcelone, happés par le véhicule conduit par un terroriste islamiste.

La presse en a peu parlé, relayant forcément  l’émotion suscitée par cette nouvelle manifestation terroriste, mais c’était incroyable !  Du jamais vu, annonciateur de la sécession, ou au moins du projet de sécession. 
Je pensais d’ailleurs que le comportement des dirigeants catalans se retournerait contre eux. Ainsi, le référendum proposé par la Catalogne aurait dû se traduire normalement par un reflux des thèses indépendantistes. 
Sauf que ni le débat, ni le référendum n'ont pu avoir lieu dans des conditions normales et ce en raison des erreurs du pouvoir central. Le pouvoir central, il est vrai, en permettant que se tienne un référendum aurait pris le risque d'une défaite. En voulant l'interdire brutalement et maladroitement, il a organisé sa propre déroute. 
L'indépendance ne correspond pas en soi un projet
politique. 
Restent les conséquences qui risquent d'être terribles. L'Europe, si elle a repris du poil de la bête, reste très faible, et les revendications indépendantistes la fragilisent. Certes, la Slovaquie a pris son indépendance sans remettre en cause son attachement à l'Europe. Certes, les Ecossais ont envisagé de remettre le Brexit sur le gril en se séparant de la Grande Bretagne pour être davantage européenne. Mais quel avenir nous prépare la Catalogne lorsque les argumentaires politiques s'approchent de ceux du Brexit et de l'extrême droite du Nord de l'Italie ? 
Tout individu a besoin d'indépendance, mais les indépendantismes ne sont pas tous sympathiques. Dans une Europe forte, fédérale, donnant poids aux pouvoirs locaux, les indépendantismes seraient sans risque car le vrai poids politique viendrait de l'Europe. Nous ne sommes pas dans cette situation aujourd'hui. 
Raison de plus pour s'écouter, pour négocier, tant il est vrai que si l'Europe, existe, si elle a pu se maintenir, c'est grâce à sa culture de la négociation. 
Le pire n'est jamais sûr. 

Ci-dessous, un résumé de la journée du référendum que le pouvoir central a échoué à faire échouer.







 

vendredi 14 octobre 2016

fiches S transmises aux maires ? Michel CHAMPREDON dit NON

Guy LEFRAND, le nouveau maire d'Evreux, qui s'est placé sous la coupe de Bruno Le Maire a défrayé la chronique récemment en exigeant que les fiches S lui soient transmises. J'ai dit dans le précédent post, ce que cette sortie médiatique m'inspirait : une poussée de Bruno Le Maire en personne pour faire un effet de test sur un sujet qui mérite pourtant le plus grand sérieux.
C'est sur ce sujet sensible que s'exprime Michel Champredon, le prédécesseur radical de l'actuel maire d'Evreux. 

Michel Champredon fait naturellement autorité, puisqu'il a eu la responsabilité de la gestion municipale pendant 6 ans. Le café radical reproduit son propos argumenté en réponse aux propositions de son successeur. 
Premier rappel avant de lire l'article : 
Qu'est ce qu'une fiche S
La lettre S est l'abréviation de « sûreté de l'État ». Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI)1.

La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne.

Kinshasa, le 14 octobre 2016

NON à la communication des « Fichés S » aux élus locauxPar Michel Champredon, ancien Maire d’Evreux

Maire d’Evreux (54 000 habitants) et Président de l’Agglomération du Grand Evreux (37 communes et 85 000 habitants) de 2008 à 2014, j’ai écouté avec attention la demande de certains maires de Droite comme de Gauche, d’obtenir des services de police la liste des habitants de leur commune « Fichés S ».

Une certaine légitimité, une fausse-bonne idée

Spontanément, j’ai compris la demande et j’y trouvais même une certaine légitimité s’agissant pour un maire, responsable de l’ordre public dans sa commune, de mieux connaître sa population et d’anticiper d’éventuels enjeux de sécurité.
Le Ministre de l’Intérieur a refusé au motif que, cette information rendue publique, empêcherait les forces de l’ordre de surveiller efficacement les personnes « Fichée S ». L’objection est fondée.
Pour ma part, je souhaite apporter un autre éclairage sur les conséquences de cette revendication que je qualifie de
fausse-bonne idée. Ce serait un mauvais coup porté à la cohésion sociale et reviendrait en boomerang contre les maires. Par ailleurs, elle changerait leur rôle en matière de sécurité. C’est finalement un piège dans lequel l’élu serait pris, sans pouvoir apporter de véritables réponses aux attentes ainsi générées. Par ailleurs, ce serait une grave remise en cause l’Etat de droit. Pourquoi ?
Pour le démontrer, imaginons que satisfaction soit donnée. Que se passerait-il ?

La cohésion sociale fracturée

Scénario : Le préfet adresse au maire la liste des « fichés S » de sa commune. La lettre est ouverte au cabinet du maire
(voire au service courrier). Elle est lue pour transmission à la personne en charge de ce domaine. Elle va au secrétariat
du maire, et au conseiller en charge de ce domaine, chez le directeur général des services, à la police municipale. Le
maire demandera à son directeur général des services de vérifier auprès de la direction des ressources humaines si la
commune embauche des personnes fichées. On vérifiera également au service vie associative si la ville subventionne une association embauchant une de ces personnes ou l’ayant au titre de ses responsables bénévoles.
A chaque étape, la personne lit le courrier et en parle à deux ou trois collègues proches. L’information étant importante et même sensationnelle… on en parle, on la partage et on la commente. Et on peut dérouler la pelote… en un ou deux jours, la lettre du Préfet aura été lue par une dizaine de personnes qui, chacune, en aura parlé à une dizaine d’autres… (et même photocopiée voire scannée).
L’information file comme une traînée de poudre et deviendra rapidement publique. Il faudra peu de jours pour qu’elle soit dans la presse et sur internet.
Une fois l’information diffusée, que se passe-t-il ? Les personnes et leur famille deviennent des coupables soumis à la vindicte.
Les gens qui figurent sur cette liste deviennent alors coupables d’intégrisme et par un raccourci, suspectées d’être des
terroristes en puissance. Les familles sont mises à l’index par le voisinage.
Dans l’habitat : dans l’escalier des locataires pétitionneront auprès de l’organisme de logement pour faire expulser la famille considérée. Sur quel fondement juridique demandera le bailleur ? Face à l’impossibilité pour l’organisme de
lancer la procédure, les locataires demanderont l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?

Les conséquences de ce qu'on veut

A l’école : les enfants seront regardés différemment. Des parents demanderont que les élèves soient mis dans une autre classe que celle de leur enfant et pourquoi pas renvoyés de l’école… Sur quel fondement juridique demandera le directeur d’école ? Face à l’impossibilité d’agir, les parents solliciteront l’intervention du maire… Que pourra-t-il répondre ?
Dans l’entreprise : des collègues de travail demanderont à changer d’équipe ou de bureau, à ce que la personne suspectée d’intégrisme soit renvoyée…sur quel fondement juridique demandera le dirigeant ? Face à l’impossibilité d’agir, les salariés solliciteront l’intervention du maire … Que pourra-t-il répondre ?
Dans la vie sociale : on observera l’association, le bar, la mosquée que fréquente la personne concernée. Une forme de mise en quarantaine non-dite se créera vis-à-vis de ces lieux qui, jusqu’alors, vivaient normalement. Ceux qui avaient l’habitude de discuter avec la personne fichée S, se sentiront coupables de la fréquenter et certains s’en éloigneront, renforçant « sa mise en quarantaine ».
Par ailleurs, imaginez la polémique politique dans la vie locale, lancée par certains partis politiques ou associations. Cela constituera une forte pression supplémentaire sur le maire.
On le voit, cette transmission des fichés S, qui peut paraître une demande légitime, fissurerait davantage le corps social, créant une méfiance et montant les gens les uns contre les autres. Ce serait un véritable boomerang contre les élus locaux, bien en peine pour agir concrètement.
Le plus grave : une atteinte à la sécurité
Mais finalement, le plus grave serait que cette mesure irait à l’encontre de son objectif initial de renforcement de la sécurité. La divulgation de ce fichier conduirait nécessairement les individus radicalisés, préparant des actes terroristes, à modifier leur comportement : se sachant surveillés, ils prendraient les mesures nécessaires pour masquer leurs agissements, rendant encore plus difficile la mission des services de renseignement.

Le rôle des élus sur les questions de sécurité changerait radicalement

Le maire verrait son rôle évoluer car on lui demanderait d’intervenir comme un directeur de la police, en appliquant le principe de précaution. Il lui faudra être actif et trouver des solutions rapidement. Mais quelles solutions dans le cadre de l’Etat de droit ? Il se retournera vers le directeur départemental de la sécurité publique. Ses interventions seront vaines car comment condamner des personnes qui ne sont pas passées à l’acte ?

Une remise en cause de l’Etat de droit

Enfin et ce n‘est pas le moindre des enjeux, voudrait-on renoncer à l’habeas corpus qui proclame la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement ? Voudrait-on retourner aux périodes où régnait l’arbitraire et notamment à celle des « Lettres de cachet », par lesquelles on enfermait à la Bastille ceux qui ne plaisaient pas, sur présentation d’un simple billet signé du roi ? Ce serait le renoncement à l’Etat de droit et donc un changement de régime. Qui est prêt à cela…à part peut-être les plus conservateurs qui n’ont jamais accepté la République ?

jeudi 25 août 2016

Face au terrorisme, tenir bon et redéfinir un Récit national

2e contribution au débat de Michel Champredon


Le 14 Juillet, l'histoire a semblé se répéter, dans l'effroi et la stupeur. Un assassin a mis à mort plus de 80 femmes, hommes et enfants, venus assister au feu d'artifice à Nice. Quelques jours plus tard ce fut le lâche attentat en l’église de Saint-Etienne du Rouvray en Seine-Maritime.
Le Président de la République a rappelé l'importance de l'unité nationale et a prolongé l'état d'urgence de six mois. De son côté la Droite a déclenché des polémiques politiciennes, donnant un spectacle lamentable au monde et sans attendre la moindre période de deuil. Au-delà de ces attentats sanglants, c'est une tentative de déstabilisation de nos sociétés occidentales qui se joue. Quelle réponse donner ? Quelle proposition politique ?  A quel niveau ?
Ces attentats sont terribles car on prend conscience, une fois de plus, que chacun aurait pu être au mauvais endroit au mauvais moment. On imagine la souffrance des familles touchées. A cette occasion, nos autorités, Président, Premier ministre, Ministre de l’Intérieur, furent à la hauteur des évènements. Elles ont pris les mesures qu’il fallait. Pour autant, on ne va pas à chaque attentat dire « on renforce les dispositifs »…Jusqu’où va-t-on renforcer les choses ? Ne sont-elles pas déjà à leur maximum ?

Alors, que faire ? La question est facile à poser mais il est plus compliqué d’y répondre. Chacun y va de sa proposition, voire de sa posture plus ou moins intéressée. Pour ma part je pense que la réponse est triple et simultanée :

1 - Développer un Récit national et fonder un nouveau Pacte républicain
A des problèmes de société, religieux et culturels, la réponse ne peut pas seulement être technique et sécuritaire quant à l’épaisseur des mailles du filet qu’il faudrait chaque fois resserrer davantage. Il faut parler aux Français de leur pays, de ses valeurs, de son histoire. Il faut, comme disent les philosophes, écrire un « Récit national » républicain et démocratique, laïc et universel. La société de consommation et la mondialisation galopante nous ont fait perdre le sens des choses, le sens commun, le sens de notre société humaine. Il faut « armer idéologiquement » (tant pis si c’est un gros mot pour certains) les Citoyens français et donner un sens à la Nation. Le rôle de l’Ecole, de la Culture et des Médias est dans ce cadre essentiel.

Mais le rôle de la parole publique l’est tout autant, le discours de nos dirigeants, ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui sont dans l’Opposition. La force d’un Récit national est d’autant plus éducative et percutante qu’elle est portée par tous les responsables politiques républicains. Force est de constater que, tout en laissant un espace maximum à la démocratie, nous manquons d’unité nationale. Ce n’est pas limiter la liberté d’expression que d’éviter les postures politiciennes sur les sujets essentiels.

Ce Récit national doit permettre de fonder un nouveau Pacte républicain qui intègre un Pacte d’intégration. Il faut donner un sens vivant à l’idée de République et développer la culture de l’engagement.

En a-t-on le temps ? C’est une réponse éducative qui prend du temps.
Nice, Promenade des Anglais juste après l'attentat
Oui car ces problèmes du terrorisme, on en a sans doute pour une génération. Ce n’est pas un problème passager qui va se régler de lui-même. Il faut donc parler droits et devoirs des citoyens, état de droit, culture, laïcité, éducation aux religions. Il faut assumer notre mode de vie, notre ouverture sur le monde, notre histoire, notre Laïcité, les afficher, les défendre et répondre à chaque fois que ces valeurs sont remises en cause.

2 - Développer les réflexes individuels de sécurité collective
Dans le même temps chacun doit comprendre qu’il a un rôle à jouer dans la sécurité collective. Il faut que les citoyens signalent les faits ou propos qui peuvent être compris comme l’annonce d’un passage à l’acte. Sans tomber dans une société de délation généralisée, chacun peut être témoin d’une scène et regretter après l’attentat de ne pas avoir prévenu pour permettre aux services de police et de justice de prendre les décisions qui s‘imposent.



3 - Agir partout contre l’Islamisme radical
Dans le même temps, il convient de multiplier les actions pour neutraliser, enfermer, expulser (selon la nature des faits) tous ceux qui agissent ou tiennent des propos dans un rôle public contre la Démocratie, les Droit de l’Homme, les femmes, les homosexuels pour ne citer que les thèmes ou personnes les plus souvent attaqués. Il faut neutraliser les lieux d’enseignement du radicalisme dans certains locaux collectifs, publics ou privés.

Il faut agir simultanément sur toutes les dimensions. Concernant les mesures de sécurité en Europe et dans nos villes : renforcement de la coopération entre Etats, surveillance des foyers de radicalisation, expulsions des personnes indésirables et n’ayant aucune légitimé à rester… Concernant les Djihadistes : action pour « déradicaliser » les jeunes concernés, dispositifs d’alerte pour prévenir les jeunes qui se radicalisent et soutenir les familles…

Par ailleurs, les attentats récemment perpétrés à Bruxelles ont fait naître un débat en France sur les phénomènes de radicalisation au sein de quartiers sensibles. A Droite comme à Gauche, certains soulignent que le cas Molenbeek n'est pas un problème strictement belge et qu'il existerait des zones similaires sur notre territoire.

Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, dit qu’il y a cent quartiers en France (sur 1 500 dits « prioritaires »), ayant potentiellement les mêmes caractéristiques que Molenbeek. Il le dit car ses services (les préfets) ont tenu la statistique. La polémique porte sur le « politiquement correct » : faut-il le dire au risque de faire peur à la population ? A quoi sert l’information une fois délivrée…à part alimenter l’Extrême-droite ?

Sur le fond, à la différence de la Belgique semble-t-il, nous avons en France une action des Pouvoirs publics dans les quartiers populaires (la politique de la ville, depuis 1981). Même si tout n’est pas réglé, ces quartiers n’ont globalement jamais été abandonnés à eux-mêmes. Il serait intéressant de faire l’addition du nombre de milliards investis depuis 40 ans… Je vois immédiatement ce qu’on peut me renvoyer… «tout cet argent pour être le pays d’Europe qui alimente le plus les départs vers le Djihad ! » Certes ! Mais je réponds…qu’est-ce que cela aurait été si nous n’avions pas eu cette action ?

Et la vie associative et l‘éducation ?
Oui il faut toujours miser sur l’éducatif, mais on ne parle pas du même public. Ceux qui sont aujourd’hui intégristes voire terroristes ne sont pas « rattrapables » par l’éducation et la vie associative de terrain. Ils ont franchi le stade d’une extrême gravité. Il faut des dispositifs et des professionnels particuliers pour les traiter. Je me demande d’ailleurs, si ceux qui sont « récupérables », sont majoritaires ou minoritaires ?

Néanmoins, pour éviter des dérives plus nombreuses, il ne faut pas laisser de côté le terreau social, et recréer des « têtes de réseaux associatives » pour structurer l’action sociale dans les quartiers, développer les « adultes-relais » pour servir de référent à des jeunes en perdition et alerter les services à temps…

C’est par la conjugaison de réponses diversifiées, tant dans le domaine de la guerre internationale, de la surveillance des réseaux sociaux, de la prévention dans nos quartiers, de l’éducation, de la répression des groupes organisés mais aussi par la valorisation et un nouveau sens donné à notre idéal de vie…que nous parviendrons à surmonter ce défi qui est posé à nos sociétés occidentales.





lundi 4 janvier 2016

Une bonne année 2016, pleine de vie contre les forces de la destruction



En 2015, les apologistes de la terreur ne nous ont pas laissé le temps de faire des vœux. Il y a un an tout juste, Charlie Hebdo était attaqué, et avec lui le génie français qui de Rabelais à Coluche a allié dérision, critique politique et sociale. Plus tard, le terrorisme s’est attaqué à la France elle-même, à son mode de vie, Paris, ses cafés, ses terrasses et jusqu'au football.

2015 aura été aussi l’année de l’intolérance avec l’importance croissante du vote en faveur de l’extrême droite qui s’est traduite par les inquiétants événements qui se sont produits à Ajaccio.

Mais c’est précisément parce que la situation est celle-là, inconfortable, difficile, oppressante qu’il est plus que jamais temps de faire des vœux pour nos proches et nos éloignés, pour l’Eure, la Normandie, la France et le monde.

« Notre ennemi dessine notre visage » dit le poète. Ainsi les valeurs que nous défendons au-delà du triptyque  républicain sont aussi celles de l’émancipation, de la culture, de la joie et de l’humanisme.

Le parti radical de gauche émet le vœu que 2016 soit l’année des amoureux de la vie face aux fétichistes du chaos, Les radicaux mettront toute leur énergie dans la défense politique de notre système républicain fruit de notre belle histoire et qui porte au plus haut les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité et portant avec elles respect et tolérance.