jeudi 26 janvier 2012

Vérité/contre-vérité 1

Le coup du coût des voeux !



"Je l'aurai, un jour je l'aurai ... !" comme dit l'autre (référence à la publicité à succès ici ) ... L'opposition UMP pense cette fois avoir débusqué le filon et la preuve irréfutable de la légèreté de la gestion municipale en obtenant les factures de la cérémonie des voeux de ... 2008 !





De quoi s'agit-il exactement ?



Les dépenses s'élevent à 21.617 €, et se décomposent comme suit : agendas : 11.212 € /frais traiteur : 4.050 € /boissons : 2.301 €/affiches, flyers (j'aime mieux le mot prospectus, voir tract ... je ne saurais dire pourquoi), invitations et bâches : 4.054 €


La ville de Louviers en est donc réduite pour ses dépenses somptuaires à dépenser 21.617 € pour ses 18.500 habitants, soit 1,1685 arrondi à 1,17 € par lovérien. Reprenons cependant les chiffres et les propos de l'opposition, repris par Paris-Normandie.
Des trois arguments de l'opposition, aucun ne tient debout .




  1. On lui aurait menti sur les chiffres. La municipalité avait parlé de dépenses tournant autour de 8.000 € lors même que ces dépenses selon l'UMP s'élèvent à plus de 21.000 €. Tout dépend bien sur de ce qui est dans les chiffres. Si l'opposition parle d'orgie, elle se réfère aux repas, et pas à la distributions d'agendas qui ne font guère partie à notre connaissance des attributs nécessaires à l'organisation de parties fines. Si l'on s'en tient aux seules agapes, nous en restons non pas à 8.000€, mais bien en dessous !


  2. Si l'on intègre que les dépenses s'élèvent bien à 21.212 €, les dépenses seraient excessives pour une telle cérémonie puisqu'elles intègrent une publicité excessive pour l'événement. En fait on peut repérer l'envoi des voeux aux lovériens, que ceux-ci reçoivent sans s'être déplacé et surtout le fait qu'il est essentiel pour la municipalité de rendre public un tel événement. En effet, à quoi servent les voeux pour la municipalité de Louviers ? A rencontrer les lovériens dans un moment traditionnel tout en leur rappelant les projets municipaux et ce qui a été fait avec leurs impôts. Cet échange se fait à l'occasion d'un traditionnel échange de voeux duquel la population était précédemment écarté par la municipalité précédente qui réservait la manifestation aux forces vives, en écartant le peuple tout juste bon à voter. Il va de soi que si l'on invite la population à une telle manifestation, il faut le lui faire savoir. Pourquoi ? Parce que si le message n'est pas martelé, la population se sent écartée des manifestations officielles, c'est un phénomène connu. La publicité, qui en même temps s'accompagne d'un souhait de bonne année pour ceux qui ne pourront pas se déplacer est plus qu'utile, elle a un sens civique indispensable.


  3. L'ensemble de cette manifestation a un coût... Comme toute manifestation. On peut le comparer au coût d'un mariage dans le cadre privé, et dans le public au le coût d'un spectacle offert, qu'il s'agisse d'un feu d'artifice, de la venue d'un artiste. Encore dans ce cadre, bien souvent le spectacle est il payant bien que payé par les contributions publiques.


Dans ce cadre est-il raisonnable de faire assaut soit de pingrerie, soit d'incohérences en comparant la somme dépensée dans des communes moins habitées. Le fait que certains maires fassent un geste militant en offrant un pot aux proches lors des voeux n'a rien a voir avec le projet politique d'une ville-centre dont le budget s'élève à 40M€ ... Ce qui il est vrai ne donne aucun droit au gaspillage mais donne le devoir de rendre de comptes aux lovériens en leur présentant ce qui est fait de leur argent.



L'occasion en est donnée, joyeusement, une fois par an ... Lors des voeux, justement. Une belle occasion de réjouissance et de réconciliation avec la fête traditionnelle ...



Détail qui tue : l'opposition s'est tue sur l'essentiel du vote d'un budget de 40 M€ approuvés lors du conseil municipal du lundi 23 janvier... et c'est sur ces 21.000 € dépensés il y a 5 ans, qu'elle est précisément intervenue ... détail qui a fait les choux gras de Paris Normandie qui en a fait sa une ! Cela confirme cette vieille loi qui veut que toute assemblée est prête sans barguigner à voter les engagements les plus lourds, préférant discuter de queues de cerises... En tout état de cause, la cérémonie des voeux coûte 8 000 euros en moyenne, soit 42 centimes par habitants. Et, queues de cerises pour queues de cerises, signalons une autre dépense de 8.000 €, monant de la subvention exceptionnelle obtenue par une association lovérienne pour la satisfaction d'une quarantaine d'invités... Il s'agissait de l'anniversaire du jumelage anglais. Cette somme n'a fait l'objet d'aucune publicité ni de contestation. Serait-ce parce que M. Veyrat est non seulement adhérent, mais membre du bureau du comité présidé par son père ?



Pour conclure, non seulement le café radical vous souhaite une excellente année à tous mais en plus espère vous rencontrer lors des voeux offerts et ouverts de la municipalité de Louviers. Un grand moment, avec un discours important et ... peut-être que la télé sera là !



Voeux de Franck Martin et de la municipalité de Louviers vendredi 27 janvier à partir de 18h30 au cinéma Le Forum, boulevard de Crosne.

lundi 23 janvier 2012

Ce n'est qu'un début ...

"C'est un discours qui pourrait plaire à Mélenchon, aux Verts, et aux électeurs de François Bayrou ..."
C'est là le meilleur jugement que j'ai pu entendre parmi l'ensemble des éloges décernées
à François Hollande. Il s'agit toutefosi d'un éloge involontaire, fourni par Roger Karoutchi, porte-parole de l'UMP ...
Sur que le discours n'était pas fait pour plaire aux membres de l'UMP. Nul ne s'en plaindra. C'était un vrai discours, enthousiasmant, structurant, qui présentait le candidat, qui présentait son projet devant une foule impressionnante ...
Tellement impressionnante cette foule que je n'ai pas pu entrer dans la salle. J'ai été mis dans une annexe (photo). Décompte rapide des présents dans cette salle annexe qui contenait ceux qui n'avaient pas été admis : (entre 5 et 7.500 personnes ... nombre de sièges pas tous remplis, mais presque) ... alors, effectivement, quand les organisateurs retiennent 25.000 partipants, je suis pleinement d'accord avec leur estimation.
Même dans l'annexe, l'ambiance était chaude. On sentait des militants ou de simples citoyens qui avaient envie d'une autre France, d'un autre projet, viable, ouvert, humaniste... un projet Français et de gauche. Le projet présenté par le meilleur candidat.


Un axe majeur au discours de mon candidat préféré : l'égalité comme projet.
Voilà, c'est l'axe de la transmission de nos devoirs d'humain envers les générations futures. La République rattrappe la France, pour reprendre l'expression de Françosi Hollande, elle rattrappe une France qui commençait à lui échapper depuis 5 ans ....
Voilà, j'ai obtenu ce dimanche ce que j'étais venu y chercher, des outils pour continuer de me battre pour une France de l'honneur et du projet.
C'était un premier grand meeting. Il y aura d'autres rendez-vous ...
Comme dirait l'autre, "ce n'est qu'un début..."
Et pour illustrer, une photo de presse de la vraie salle, celle à laquelle je n'ai pas eu accès ... Un rappel des plus grandes joies collectives ...

samedi 14 janvier 2012

AA(A) tchoum ! Quand le monde s’enrhume, la France tousse !

Je me pose plusieurs questions, mais je ne suis pas le seul, au sujet de la perte du AAA par la France auprès des agences de notations.

Parmi toutes les explications qui circulent, beaucoup me hérissent le poil.

Je me permets quelques approches toutes personnelles.

Est-ce que la perte du triple A est à mettre sur le dos de la politique de Nicolas Sarkozy ?

Réponse : bien sur que oui !

Et pour plein de raisons.

La première est évidente ! Nicolas Sarkozy a choisi d’endosser toute la politique française. Pas de place pour un gouvernement ou une approche commune avec qui que ce soit. Sarko fait tout. Il punit les violeurs, il console les familles et il décide tout seul de la stratégie économico-militaire. Ne lui faire endosser ni la cause ni les conséquences de la perte du triple A lui serait même une offense. Sur ce point, au moins, je respecterai sa volonté politique doit être respectée.

De ce point de vue vouloir faire partager à l'opposition cette responsabilité sous prétexte d'un refus de vote de la règle d'or qui n'a même pas été proposé, ou pire de la loi sur les 35 heures datant du siècle dernier ne tient pas debout !

Est-ce que la gauche et la droite sont co-responsables de la perte du triple A ?

Réponse : Et puis quoi encore ?

C’est marrant, c’est la thèse de François Bayrou, mais ça ne tient pas debout !

La France, gauche et droite confondue, a eu une politique liée à sa bonne santé économique. Celle-ci a permis aux équipes au pouvoir de s’adapter aux circonstances. Des erreurs ont été faites, mais pas tant. Mais on ne saurait en 2012 reprocher à ceux qui ont quitté le pouvoir il y a 12 ans pour expliquer la perte de crédit économique. On comprend le souhait de défendre son créneau électoral : la nécessité d’un gouvernement d’union nationale pour faire face à la crise … Je ne pense pas que ce soit le moment. Sans doute faut-il une réflexion générale commune menée avec les bonnes volontés. Mais pour l’instant, l’important est bien de définir des lignes politiques et des projets … Sinon, on est juste dans une politique de rédemption, soit le contraire de la politique … de celle qui freine la croissance, quand elle ne la contrarie pas !

Est-ce qu’il faut condamner les agences de notation ?

Réponse : c’est une tentation facile ! Elles ont des tas de défauts les agences de notation … notamment de faire ce qu’on leur demande, et c’est sûr qu’elles disent des choses désagréables.

Pour avoir entendu un député vert européen, puis un journal du matin, je me suis rendu compte que la baisse de notation validait surtout une absence de perspective de croissance. On peut toujours dire que les agences provoquent la ruine des peuples, mais plus précisément, elles livrent des analyses que les marchés suivent. Le tout est de savoir si l'on est capable d'en faire de plus pertinentes.

Mélenchon et d'autres peuvent toujours rejeter la réalité des agences de notation en les accusant de tous les maux ... elles ne sont pas responsables de l'état de l'économie ! En Urss, il n’y a pas eu besoin d’agence de notation pour provoquer l’effondrement d’un système !

Est-ce que ça va atteindre l’Europe ?

Réponse : un peu mon neveu !

C’est d’ailleurs l’Europe et l’Euro qui sont notés … Mais parlons de la France.

Tout le monde (et surtout les Français) veut une France forte. C’est pas seulement par chauvinisme, mais c’est aussi parce que ça permet d’agir. Passons sur la mauvaise blague. Nicolas Sarkozy n'a jamais pu prendre Angela Merkel de haut mais à présent, cela devient politiquement impossible. C'est dommage parce que ce n'est pas seulement la France, c'est l'Europe qui est en danger. Il faut à présent convaincre dans l’intérêt de l’Europe au lieu de défendre une politique franco-française. C’est précisément le contraire de ce qu’a fait Sarkozy pendant ces 5 dernières années. Nous allons donc devoir défendre l’Europe par nécessité. La France n’est plus en position de force ! L’Europe est plus que jamais son avenir.

Est-ce qu’on est vraiment foutu ?

Allons, allons, bien sûr que non ! Faut pas désespérer, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et la crainte n’évite pas le danger !

Malgré bien des tentations, l'Humanité a jusqu'à présent évité le suicide. L'avenir de l’euro, de l’Europe et du monde est en suspens. Des solutions existent. Elles sont coûteuses, à tout point de vue. Elles contraignent à un comportement solidaire de la part des Etats et des décideurs économiques. Elles ne sont pas obligatoires.

Le monde, c’est vrai est au bord du précipice, comme souvent dans son histoire. Mais sans ce délicieux instinct de survie, celui-là même qui s'oppose aux comportements morbides, nous ne serions pas ce que nous sommes. Nous allons vivre de grands moments, évitons que ce soient de grandes catastrophes. La politique, l'engagement, prennent ici tout leur sens.

jeudi 5 janvier 2012

Sauvé par le gong ?

La presse locale m’ayant mis à la une des publications, me voilà obligé de me justifier ou, à tout le moins d’expliquer à mes proches, ce qui me vaut cet honneur ... que je suppose aussi être dû au vide temporaire qui saisit une actualité au lendemain des fêtes.

J’ai donc attaqué Jean Charles Houel en justice pour m’avoir accusé dans son blog de bénéficier d’une situation réellement extravagante en tant qu’ami du maire de Louviers.
Cela fait plus de 40 ans que je suis engagé politiquement. Je dois une très large part de ce que je suis à cet engagement, qui amène à la confrontation quotidienne de ses valeurs et de ses idées à la réalité des faits et des hommes. Je sais à quel point dans ce domaine, le combat est aussi rude que nécessaire. Il a cependant des règles qui doivent être respectées, précisément parce que sans ces règles, la démocratie n’est plus qu’un vain mot.
Cela fait aussi plus de 30 ans que je suis fonctionnaire, ayant démarré comme simple contractuel avant de réussir les concours d’adjoint administratif, de rédacteur et d’attaché puis de passer l’examen professionnel d’attaché principal et de devenir directeur territorial, mon grade actuel. Ces concours sont ouverts à tous.
Lorsque Jean Charles HOUEL affirme que je bénéficie d’une situation extravagante en tant qu’ami du maire de Louviers, il met en cause l’amitié que je porte à Franck Martin depuis plus de 40 ans[1], il met en cause notre probité[2], et il met en cause le principe même de la fonction publique[3].
En conséquence, je juge qu’il porte atteinte à mon honneur et aux principes du débat public.
Pour le reste, je le laisse libre d’insulter qui il veut, y compris moi-même, y compris son passé, de trahir ses anciens amis et de porter atteintes à ses valeurs et à son passé[4]. Libre à chacun d’y apporter son propre jugement.
Encore une fois, mon engagement m’a fait connaître des affrontements autrement plus rudes. En République, on a le droit, on a parfois le devoir, de ne pas être d’accord et de le faire savoir.
Mais le débat a ses règles, et la justice est parfois indispensable pour rappeler les limites de la polémique : la diffamation et l’injure publique.
Nul ne sait à l’heure où j’écris ces lignes si Jean-Charles HOUEL sera ou non sauvé par le gong. Une question de calendrier peut amener à annuler la procédure juridique complexe d’un procès en diffamation. Je le regrette.
Mais j’ai, d’ores et déjà, obtenu la satisfaction de voir l’individu se justifier de ses mauvais comportements. J’espère simplement que la justice me donnera l’occasion d’obtenir pleinement réparation.
[1] Je suis l’ami d’un homme : Franck Martin, je ne suis pas l’ami d’une fonction : maire de Louviers.
[2] Parce que Franck Martin, comme moi-même, n’avons jamais mis en œuvre de passe-droits, mais essayé de servir au mieux et en toute sincérité l’intérêt public.
[3] Parce que le principe de la fonction publique s’appuie constitutionnellement sur la déclaration des droits de l’homme, et sur les principes d’égalité de tous devant l’emploi public.
[4] Je le laisse même libre, comme il l’a fait, d’affirmer qu’il s’était trompé sur la personne alors que notre observateur honoraire de la vie locale me connaît depuis que je suis arrivé à Louviers... en 1969 !

jeudi 22 décembre 2011

4e épisode : la nouvelle dimension

Résumé des épisodes précédents : la communauté d'agglomération Seine-Eure s'est installée durablement dans le paysage politique du Département, mais sa création n'a relevé d'aucune évidence tant s'était imposée une culture de l'émiettement des pouvoirs condamnant à l'impuissance les collectivités locales. Après dix ans d'exercice de la Case, après un combat de 16 ans au service d'une intercommunalité et d'un territoire deux conclusions s'imposent :
1) le territoire pour n'être pas évident, ne correspond pas à une création artificielle. Il a une réalité géographique et historique, qui lui a permis de s'imposer en peu de temps dans le paysage géopolitique.
2) Sans la volonté politique de Franck Martin, sans son acharnement, jamais la création du territoire n'aurait été possible.

Reste qu'au bout de dix ans, si la réalité du territoire s'impose, il lui reste à se définir un avenir... sur ce point, les dernières années de 2011 ont commencé de tracer des perspectives. A nous de savoir lire les signes qui dessinent notre devenir.

En même temps que l'on fêtait les 10 ans de la communauté d'agglomération, une série d'évènements sont venus renforcer le territoire.
Ne voir dans le rapprochement entre Seine-Eure et Seine Bord, la mise hors-champ du maire de Val de Reuil dans la course à l'investiture pour les législatives et son comportement subséquent, la signature du Scot à une majorité renforcée, le possible choix comme site de la future gare de la future ligne d'un lieu situé entre Tostes et Montaure impliquant de revisiter l'organisation ferroviaire du territoire, le tout couronné par la venue de Laurent Fabius, président de la plus grande communauté d'agglomération de Normandie et personnalité nationale ... tous ces éléments surgissant dans un laps de temps réduit ne peuvent être vécus comme des éléments disparates prenant naissance dans notre paysage.

Elles sont le signe conjoint de la nouvelle puissance politique du territoire, lui reconnaissant le privilège de sa situation aussi bien que de ses responsabilités nouvelles.
Seine-Bord avait été créée au départ pour éviter que Seine-Eure soit assez puissante pour structurer le territoire tout en permettant à certaine commune de bénéficier de la manne M'Real. Les réalités économiques ont brutalement mis un terme à la situation.
La crise rappelle que les besoins sont énormes pour lutter contre la désindustrialisation et surtout pour avoir une force d'investissement à même de répondre aux aménagements nécessaires qu'impose le désastre économique de la vallée de l'Andelle, et que pourrait imposer la fermeture d'M-Real.
On a parlé de la plateforme tri-modale qui doit s'installer quelque part entre Igoville et Pîtres, en collaboration avec le port de Rouen et Oissel. Le projet est aussi lourd qu'indispensable, tant il est vrai que la route est pour l'instant le seul échappatoire du trafic engendré par la création de Port 2000 au Havre. Toutes ou presque les marchandises qui y débarquent sont acheminées par voie routière, ou plus précisément autoroutière pour se diffuser sur le territoire national ou sur le sud de l'Europe. Il s'agit de répondre à la saturation du réseau précisément en permettant le développement du transport routier et fluvial. La nécessité est autant écologique qu'économique. Les travaux qui doivent se dérouler sur le territoire actuel de Seine-Bord, concernent bien au delà de cette collectivité, bien au delà de Seine Eure et même du département, un très vaste secteur qui se trouve au sud du Havre et va jusqu'à la Région Centre. Dans ce cadre, le rapprochement entre Seine-Bord et Seine-Eure prend tout son poids et bien au delà en montrant la nécessaire coopération pour parvenir aux moyens d'un développement industriel, notamment en se reliant au grand Rouen, tant il est vrai que ce point ne saurait être traité indépendamment d'un projet régional au sens large.
Nous retombons ici dans la logique définie par l'Etat et qu'il a appelé le Grand Paris. On se rend compte que la logique de carrefour, qui englobe la plate-forme trimodale, se retrouve aussi bien dans le cadre routier avec la création du contournement est de Rouen qui va amener à un franchissement de la Seine à la hauteur du Manoir, ce qui pourrait faciliter le désenclavement de la vallée de l'Andelle et stopper sa désindustrialisation ... Ce n'est pas tout, puisqu'on se rend compte à la lumière des débats qui ont lieu autour de la ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit être créée afin de permettre une liaison entre les grands pôles Normands (Le Havre, Rouen, Caen) et Paris ... et que dans ce cadre la création d'une gare serait envisagée à proximité de Louviers.
Rien de tout cela n'est fait. Il s'agit juste d'un immense chantier dont notre territoire est au coeur. Mais cet avenir se décide aujourd'hui, et il y a seulement un mois ces éléments étaient absents du débat. Qui sait d'ailleurs ce qu'il en sera dans trois mois.
Mais ces éléments soulignent que notre territoire a d'énormes possibilités, à lui de savoir tirer profit de ses atouts avec force, confiance et intelligence. C'est sur cette base que s'est créée l'alliance avec l'agglomération de Rouen/Elbeuf dans le cadre d'un pôle métropolitain.

mercredi 21 décembre 2011

3e épisode : le travail de Franck Martin

Résumé de l'épisode précédent :
Il y avait bien un territoire ! A l'analyse tout le démontre, et ce jusqu'à l'existence de Val de Reuil, qui malgré l'échec qu'il représente en tant que Ville nouvelle, souligne la volonté de fédérer un territoire émietté en imposant la structure externe d'une ville nouvelle ... La Case fédère aujourd'hui 70.000 habitants autour d'un projet commun, la Ville nouvelle visait 100.000 habitants, c'est bien la preuve que le territoire ne demandait qu'à se fédérer. Il n'empêche, si l'agglomération Seine-Eure a pu réussir sa mission, c'est aussi grâce à la volonté d'un homme.
Rien ne lui aura été facilité dans ce travail.




Il est bon de rappeler ce que l'émiettement signifie pratiquement, et comment il a été vaincu. Tout se joue à l'initiative de Franck Martin dans cette période de 1995 à 2002, et son parcours s'effectue en parallèle à la nouvelle dimension de l'intercommunalité prise au niveau national. L'émiettement a tout son sens dans le territoire, mais il n'est qu'à l'image il de notre France des 36.000 communes et donc d'autant de pouvoirs locaux, aussi jaloux de leurs prérogatives que soumis aux autorités centrales parce qu'incapables d'agir sur des grands projets.

Comme il a été dit dans le 1er épisode, Franck Martin a très rapidement pris contact avec les communes de Val de Reuil et d'Incarville. Mais ce n'est pas tout. Fort de ses relations et de son statut de conseiller général, il expose aux 12 maires de son canton l'intérêt de construire une intercommunalité de projet.

Cela ne marche pas avec tout le monde ! Acquigny, affectivement attaché à Odile Proust, l'ancien maire de Louviers, est inflexible. Hondouville vit dans la peur de perdre la taxe professionnelle de la grosse entreprise située sur sa commune ... et la même grosse entreprise fait tout pour ne pas voir sa taxe professionnelle s'aligner sur celle de Val de Reuil. Pour les autres maires, c'est banco. Tout simplement parce que Franck Martin arrive à les convaincre aussi en les informant que leur métier d'élu va évoluer. Il leur propose de participer à une réflexion élargie à l'ensemble d'un territoire sur lequel ils vont pouvoir influer. Car qu'est ce que le métier de maire d'une petite commune, à part un dévouement sans faille à ses habitants et une mise à l'épreuve permanente ? Peu de chose en somme, les projets structurants sont traités par des syndicats, qu'il s'agisse de distribution de l'eau, de voirie, quant aux équipements, écoles, implantations économiques, centres de loisirs, etc ... Les choix faits, s'ils concernent les habitants de la commune, sont décidés en dehors d'elle.

Tout se travail est long est difficile. Franck Martin est aidé par son adjoint Patrice Yung, qui deviendra vice-président de la Case et d'une équipe administrative militante composée de Claude Blanluet, Jean Laversanne et Philippe Le Gal, les secrétaires généraux de Louviers, Val de Reuil et Incarville, les trois communes fondatrices ... Ils deviendront tout à tour directeurs généraux des services de la Case.

Oui, mais dire que le pouvoir de conviction de Franck Martin s'est imposé naturellement serait mentir. J'ai parlé un peu plus haut de l'usine d'Hondouville ... mais au delà, il y a eu des freins nombreux ... Politiques d'abord ... La droite a peur de deux choses : un président de gauche influent, et une perte d'influence sur les maires locaux. Elle tente de fédérer les communes pouvant empêcher l'intégration. On tente de créer des intercommunalités de barrages, dont le seul but est d'entraver un travail cohérent sur le territoire. Franck Martin est soutenu par le préfet qui tente de faire appliquer la Loi Chevènement relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale du 12 juillet 1999 ... une loi qui parachève le travail mené depuis 1997 par le gouvernement Jospin. Mais les blocages ne viennent pas que de la droite.

François Loncle, le député, pourtant ancien ministre de la Ville, pourtant membre de la majorité gouvernementale, participe au combat rétrograde contre l'intercommunalité. Il souteint la commune des Damps dans son opposition à l'adhésion à la communauté d'agglomération. Au risque de tout foutre en l'air. Paulette Lecureux maire de Pont de l'Arche se trouve isolée, lors même qu'elle a fait le choix de rejoindre la communauté d'agglomération qui se construit. Elle en perdra les élections quelques mois plus tard !

Mais la communauté d'agglomération finit par s'imposer et prend naissance en 2001.

Dans les années qui suivent, le territoire s'impose. Les nouveaux rentrés, même si leur présence a été imposée par le préfet, y prennent toute leur place. A Pont de l'Arche, les nouveaux élus ont fait campagne cointre l'intégration à la communauté d'agglomération mais ils tournent casaque une fois élue ... et participent à l'exécutif, sous le regard médusé de Paulette Lecureux .. mais l'événement marque la victoire de la Communauté d'agglomération.

D'autres faits majeurs sont à signaler. La communauté va passer en quelques années de 24 à 29 membres, en intégrant notamment les communes d'Andé et d'Amfreville sous les Monts. Bientôt, elle intégrera de par la loi la commune réfractaire de Portejoie (une anecdote savoureuse, mais qui prendrait trop de place à être détaillée).

Le travail de la communauté impose le territoire. Elle continue essentiellement à travailler sur ses missions principales liées à l'aménagement du territoire (Scot, Transport ...), au développement économique (commercialisation des zones de Val de Reuil malgré les entraves de son maire, création d'Ecoparc 2 et 3 sur Heudebouville), à l'environnement (traitement des déchets, des eaux usées, et distribution de l'eau)...

Il n'empêche, si le territoire s'impose à présent comme un élement incontestable du paysage administratif et politique, les derniers événements de l'année 2011 soulignent que celui-ci est appelé à prendre une nouvelle dimension.

dimanche 18 décembre 2011

quelque chose est en train de changer - le feuilleton de la fin d'année

1er épisode - Non à l'émiettement
Ce sont les paroles les moins tapageuses qui apportent la tempête... faisait dire Nietzsche à Zarathoustra.Entre les écarts de conduite du maire de Val de Reuil, et de le choix par tf1 de Louviers comme capitale de la politique française, on en aurait oublié que l'annonce de la création du pôle métropolitain entre les agglomérations de Rouen et de Louviers vient couronner une démarche qui modifie profondément le paysage politique de notre territoire.Il n’était que de voir jeudi dernier lors du conseil communautaire, Laurent Fabius président de la Créa, Thierry Delamarre président de Seine-Bord pour mesurer le chemin parcouru.
Franck Martin, voit ainsi l'aboutissement d’un projet inlassablement mené depuis son élection comme maire de Louviers en 1995.
Avec sa toute nouvelle équipe, le constat s’imposait que le travail à mener par la municipalité devrait porter au delà de la sphère communale.
A Louviers comme dans ses environs, la reconnaissance du pouvoir local se traduisait par un repli sur soi, un émiettement des pouvoirs et une méfiance généralisée.
On peut attribuer cela à divers facteurs dont le rôle joué par l’irruption de la ville nouvelle du Vaudreuil, vécue par les municipalités comme une agression d’État. Sans doute aussi, l’histoire formidable de Louviers, et les expériences Martin (Ernest) et Fromentin ont elles renforcé les missions et la légitimité du pouvoir communal à s’opposer aux volontés du pouvoir central.
Toujours est-il qu’en 1995, après une douzaine d’années du pouvoir déliquescent d’une droite sans projet, la structure communale s’apparentait à une coquille vide. Aucune coopération n'était possible entre ces communes qui manquaient autant de confiance en elles-mêmes que de confiance en les autres. L’émiettement de la coopération intercommunale se traduisait par la présidence automatique du maire de Louviers à 17 syndicats intercommunaux qui traitaient aussi bien de la distribution de l’eau, que de la gestion de la zone économique Ecoparc … à chaque nouvelle action publique, son syndicat !
Mais le problème était loin d’être propre à Louviers. Franck Martin avait pu constater au sein du Conseil général, ce même émiettement des pouvoirs se traduisant par une logique de soumission inacceptable pour un nouvel élu motivé par le désir d'agir. Le Conseil général est alors à droite, présidé par le Dr Collard dont la mission est d'empêcher que l'un des deux poids lourds de la droite (Jean-Louis Debré et Ladislas Poniatowski, les héritiers ...) prenne le pas sur l'autre. Franck Martin, nouvel élu de gauche, se cassait très régulièrement la tête contre les murs lorsqu’il évoquait à gauche la nécessité de construire une alternative, rappelant que la gauche avait présidé le conseil général en 1981. Tout se passait comme si chaque élu ne voyait dans le conseil général que le moyen d’apporter des aides pondérées aux projets communaux en échange de la reconnaissance nécessaire à la réélection.
Ce tableau sombre mesure le chemin parcouru ! Aujourd'hui, c'est un territoire cohérent et construit qui confronte son projet à celui de l’agglomération de Rouen. Il y a 15 ans, il n'y avait rien.
l'intercommunalité se construit sur des questions très concrètes. J’ai évoqué ci-dessus l’émiettement des syndicats intercommunaux, ce qui se traduisait notamment par un temps perdu considérable pour les maires … mais ce n’était là que leur moindre défaut.
Il n’est de meilleur exemple pour l’illustrer que de celui de cette entreprise qui explique à Franck Martin qu’elle envisage de quitter Louviers parce qu’elle marche trop bien et qu’elle ne peut s’étendre au sein de la commune. L'entreprise envisage de s'installer à Val de Reuil, à Valence (Espagne) ou à Milan ! Bien entendu, la moins catastrophique des solutions serait l’implantation dans la ville voisine, mais quelle conséquence pour Louviers qui verrait alors disparaître ses revenus avec la taxe professionnelle ! Tout ça pour une entreprise qui marche trop bien !
Bien entendu, la solution à ce problème était lié à la taxe professionnelle unique ! Ce système met fin à une concurrence idiote entre communes pour attirer les entreprises en unifiant les taux mais au delà, il fallait faire en sorte que les bénéfices de la taxe professionnelle soient répartis sur tout le bassin d'emploi. Ainsi Louviers et son tissu industriel ancien pouvait trouver son complément auprès de Val de Reuil, une commune disposant de zones industrielles qu'elle avait du mal à commercialiser.
Le tout se passait dans le contexte favorable de l’élection d’une municipalité de gauche, vue d’un bon œil par Bernard Amsalem, maire de Val de Reuil. En fait, très rapidement les discussions ont pu commencer entre les deux communes auxquelles s’est jointe celle d’Incarville. Ainsi commençait le début de la grande aventure du développement local dans ce qui allait devenir l'agglomération de Louviers.

à suivre ...
bientôt le 2e épisode : la (re)naissance d'un territoire