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vendredi 6 décembre 2019

Réunion de campagne avec l'équipe de Diego Ortega

Il s'est vraiment passé quelque chose.


Près de 200 Lovériens se sont pressés salle Mendès France pour participer
autour de Diego Ortega à la réunion de Louviers ensemble demain, ce qui est
  un événement en soi. Mais ce qui s'est passé ce 5 décembre va bien au delà. 
Bien sûr, il y avait du monde, et c'est important. Il y avait même beaucoup de monde. Peut-être par superstition, l'équipe d'organisateurs ne s'était pas fixé de préalable niveau d'évaluation en fonction du nombre de participants à la réunion. Mais, bien sûr, on a compté, et ceux qui ont compté ont évalué le public à 200 personnes. C'était au delà des prévisions les plus optimistes, et le public était venu de tous les quartiers, il était de tous âges, de tous les niveaux socio-culturels, voire de toutes les nuances de l'échiquier politique, mais ils avaient tous en commun d'habiter Louviers, et de s'intéresser assez à son avenir pour s'enfermer un soir d'hiver  assister à la présentation  des propositions de Louviers ensemble demain, l'équipe de Diego ORTEGA. 
Mais, au delà du chiffrage, il s'est passé quelque chose de totalement imprévu, de complètement nouveau, et qui, à mon avis résume ce lien particulier, ce lien fort et imperceptible en même temps, qui relie Louviers à l'air du temps. Cela se sentait dans la composition de la salle, dans l'ambiance, dans les questions, bref, tout ce qui faisait dire aux vieux de la vieille que jamais ils n'avaient assisté à une telle réunion en période électorale. 
Par certains aspects, cela pouvait ressembler à une réunion de quartier, tant ceux qui étaient autour de Diego Ortega avaient à répondre à des questions précises, voire spécifiques touchant à des problèmes très particuliers ... comme s'il était maire. Mais les nombreuses questions qui émaillaient la soirée allaient bien au delà et avaient de quoi dérouter ceux qui s'étaient habitué à des réunions structurées, où, à la suite des prises de paroles des orateurs, on peut s'attendre, sauf exception à des questions convenues de la part du public, et d'ailleurs parfois préparées par les organisateurs-même. 
Au coeur de la réunion de tous les possibles, un débat
passionné et passionnant autour de Diego et son équipe
On en était loin jeudi dernier. Les soucis particuliers ont tous débouché sur des questions d'intérêt général, permettant à Diego Ortega, entouré du Dr Le Moal, d'Anne Lesaulnier, de Sébastien Tapie et d'Isabelle Lebrasseur, de préciser les logiques de campagnes, les errements de la municipalité actuelle et de déterminer les projets d'avenir. 
Je ne cite ici que deux exemples
Je citerai tout d'abord ce jeune homme révolté qui a évoqué le sort du city-stade du boulevard Jules Ferry. Rappelons que le maire, sensible à la réclamation d'un de ses amis, a décidé de transformer cet équipement en site de musculation en plein-air. C'était un projet ridicule, mal pensé, qui a fait qu'on a installé du matériel coûteux de musculation, uniquement pour empêcher les amateurs de joie collective et sportive, de se livrer à leur activité favorite. Bien entendu, aucun amateur de musculation ne l'utilise. Ce n'est pas fait pour ça ! Juste du gâchis, et qui a créé un curieux point de fixation en plein centre ville, puisque le site est depuis squatté par une population dont le seul loisir est de se livrer a de petits trafics tout en harcelant les passants et plus singulièrement les passantes et les plus fragiles.. Face à ce phénomène qui, on s'en doute ne satisfait pas non plus le voisin récalcitrant, le maire a juste essayé de rectifier le tir en prenant un arrêté "anti-picole" aussi insignifiant qu'inappliqué car inapplicable. 


Chacun, chacune, cherche son chat

Comme deuxième exemple, une Lovérienne de cœur a fait part d'une expérience joliment racontée. Ainsi la disparition de son chat, lui a permis d'évoquer ses rapports avec la mairie mais surtout la situation de la condition animale qui, on le sait fait partie croissante des préoccupations des Français. Diego Ortega a pu ainsi rappeler le rôle majeur du maire en  ce qui concerne les animaux errants. Ainsi, de sujet a priori anodins a-t-on pu évoquer les problèmes de fond qui touchent à la vie communale.
Bref, entre la santé publique et privée des Lovériens, l'attractivité de la ville, le projet révolutionnaire d'entretien des voiries et les finances municipales, c'est une somme de sujet qui a captivé un public ravi de se retrouver en si bonne compagnie autour d'un projet avant de se retrouver autour d'un buffet amical pour en parler encore. 
Pour reprendre le titre célèbre d'un roman : des gens se rencontrent et une douce musique s'élève ... voilà qui est du meilleur augure pour le trimestre qui vient, et au delà pour l'avenir de cette ville qui nous est si chère.


Priollaud dans son local de campagne
au même jour et à la même heure.
Hommage du vice à la vertu ?
Nos oreilles, en tous les cas,  nous disent
qu'il ne s'y est pas passé grand chose ...
Post-scriptum : nous avons appris moins d'une semaine avant la tenue de notre réunion que le maire de Louviers choisissait la même date et la même heure pour inaugurer son local de campagne et faire une petite fête. Cela ne saurait être dû au hasard étant donné qu'il prend grand soin de se tenir informé de toutes les réunions. Hommage du vice à la vertu ? Sans doute ... d'autant qu'il a passé beaucoup de son temps à pourfendre ses adversaires en les traitant de menteurs, ce qui, au passage, lui évite de répondre aux attaques qui ont pourtant toutes leurs justifications. Certains vont jusqu'à penser que la date a été choisie pour ferrer certains de ses "partisans" qui auraient été tenté par une valse hésitation autour de ses adversaires ... Va savoir, Charles ... En tous les cas, cela sent sacrément la panique pour quelqu'un qui affirmait il y a moins d'un mois qu'il serait élu au premier tour et n'envisageait pas de se déclarer avant janvier. Lol ...
  

vendredi 8 novembre 2019

Louviers mérite mieux ...

Beaucoup mieux !


A Louviers, de plus en plus de citoyens attendent ce moment.
L'heure approche où ils vont pouvoir se défaire de leur municipalité au médiocre bilan et de leur mauvais maire.
Face aux justes récriminations de la population, l'équipe sortante devra justifier ses errements. Sans programme, ils se sont contentés de dénigrer le travail accompli par les municipalités de Franck Martin pendant près de 20 ans. Pour le reste, les actions menées se sont traduites généralement par des fiascos. Pas de quoi pavoiser pour celui qui rêvait d'utiliser Louviers comme tremplin de sa carrière politicienne. Il peut toujours se dire qu'on ne gagne pas une élection sur un bilan. C'est vrai, mais quand les six années passées au pouvoir se sont traduites par une suite de maladresses ou d'échecs, il est difficile de définir un projet crédible ou cohérent.  

Politique : un adversaire de la liberté et un médiocre manœuvrier

Photo à la une de La Dépêche du 7 novembre 2019
Le maire avait affirmé qu'il visait une élection au premier tour 
et attendrait janvier pour annoncer sa candidature. 
Il a donc cédé devant les inquiétudes de ses conseillers sans
doute plus proches du monde réel. Le maire se donne deux
 mois supplémentaires pour défendre un mauvais bilan. 
Pas sûr que ce soit suffisant !
 Priollaud affiche le pire du centrisme . Une sorte d'ectoplasme se soumettant à tous les vents, en espérant pouvoir obtenir sa survie politique. Arrivé dans les bagages d'Hervé Morin, il s'est affilié à l'Udi. Il a défendu la candidature de Bruno Lemaire aux primaires de la droite parce que celui-ci était le deuxième homme fort du département. Juste après la victoire de Macron, il a tenté d'obtenir l'investiture d'En Marche, avant de se présenter sous la bannière de la droite, et ramasser un mauvais score. Il a ensuite tenté d'obtenir une place aux européennes, fort de son bilan de 14e vice-président à la Région. Il a sans doute été le seul à s'étonner que cela ne marche pas et a tâché de faire bonne figure en faisant de nécessité vertu. mais là n'est sans doute pas le pire de ce bilan politicien.
Le pire, bien entendu, est le mépris affiché pour les Lovériens, la ville de Louviers et donc pour son métier de maire, et le rejet de ses propres valeurs. Qui oubliera que, sous la pression des plus réactionnaires de sa propre équipe, il a rejeté le principe d'inauguration d'une Place Mandela à Louviers, pourtant votée à l'unanimité par le conseil municipal précédent. Tout simplement répugnant.

Patrimoine : un mépris de la ville et de son histoire

La politique patrimoniale de Priollaud constitue sans doute la plus lourde faute de gestion de la municipalité dans le sens où elle aura des conséquences très lourde. Passons sur la vente de la Banque de France au privé. Ce bien immobilier énorme, important certes dans l'histoire de la ville, racheté quand même par la municipalité Proust qui refusait de voir ce bien lui échapper ne correspondait pas à un projet municipal cohérent. Reste à voir ce qu'en fera un privé. 
Le reste relève d'une suite d'affreuses incohérences aux conséquences coûteuses. 

Les cinémas

C'est un sujet sur lequel la ville de Louviers est en contentieux devant le tribunal administratif. Rappelons les faits de la manière la plus simple qui soit. 
Depuis 1983, la municipalité de Louviers s'est battu pour permettre à la ville de Louviers de posséder en son centre un complexe cinématographique. Franck Martin s'est battu pour que lors d'un agrandissement ce centre puisse accueillir une salle de théâtre qui est devenue la plus belle et la mieux adaptée du département. Il s'agissait d'un projet de promotion culturelle, reliant le spectacle vivant à la pratique cinématographique. Priollaud n'en a pas voulu et à la suite d'un contentieux avec le gestionnaire des salles, a bradé l'équipement à 30 % de la valeur estimée par les Domaines. C'est une pratique interdite, qui a été attaquée par des élus de l'opposition. C'est surtout une absence de garantie sur l'avenir du cinéma, un coût énorme pour la ville et une affaire immobilière plus qu'intéressante pour l'acheteur. Et l'intérêt public dans tout cela ? 

L'école Jules Ferry

La façade de l'école Jules Ferry, si typique de l'histoire de Louviers et de l'Histoire de France est l'un des sites les plus intéressants de la ville. La municipalité Martin avait souhaité profité de sa nécessaire réhabilitation pour l'intégrer dans un cadre urbain qui valorise le quartier à l'entrée du centre-ville, tout en le reliant au jardin public. Il s'agissait donc de relier l'intérêt de l'enfant, de la communauté éducative à un projet urbain. Priollaud a bradé tout cela. 
  1. Il a ramassé dans un projet ratatiné la future école Jules Ferry dont la sortie donnera directement place du Champ de Ville
  2. Il a rejeté le projet d'intégration des deux équipements lors même que partout en France on relie l'éducation de l'enfant avec un cadre écologique
  3. Il a rejeté le projet de valorisation de la cité en livrant à des promoteurs immobiliers l'un des biens les plus intéressants du patrimoine communal.

Les jardins de Bigards. Un espace sacrifié. 

Le jardin de Bigards a une histoire très ancienne, mais on va s'arrêter à 1965, date à laquelle le Docteur Martin, maire achète de ce bien qui va devenir la vitrine emblématique de la politique d'animation municipale de la ville. Le projet de culture pour tous, d'animation socio-culturelle, d'expression libre pour tous les âges tout ce qui a fait la notoriété de Louviers est né ici. Mais ce n'est pas tout. Le jardin de Bigards a fait l'objet d'un aménagement en tant que jardin public d'ores et déjà sacrifié puisque la municipalité a décidé de le vendre. Que deviendra ce bien ? Un Hôtel, un projet immobilier ? Nul ne le sait. Mais on peut déjà programmer la mort d'un jardin que la municipalité a laissé à l'abandon alors qu'il s'agissait d'un site aménagé par des paysagistes reconnus au niveau national.  

Sécurité : des maladresses et de graves erreurs
City stade ! Une faute emblématique de la municipalité. 
Pour faire plaisir à un ami de l'équipe, on a voulu transformer le 
city stade où les gamins du quartier, les pompiers et autres 
sportifs pouvaient s'ébattre dans des joutes sportives et 
amicales. On y a mis des équipements coûteux et inutiles
pour empêcher ces pratiques saines. Depuis le lieux est 
occupé par des oisifs (au mieux), des harceleurs, voire des
trafiquants qui créent un abcès de fixation sur tout le 
quartier et contre lequel la municipalité est passive. 
Le bilan Priollaud en matière de sécurité est lourd, très lourd. Aucun quartier n'a connu d'amélioration en matière de sécurité, cependant que Maupassant a connu une multiplication des incendies de voitures et de haies plongeant ses habitants dans une insécurité notoire. Priollaud avait cru bon de gonfler ses muscles pendant la campagne électorale d'il y a six ans. Il a détruit l'équipe de médiation qui avait un rôle majeur en matière de prévention et d'action sociale. Il a rendu impuissante l'équipe de police municipale, notamment dans le cadre d'une mauvaise gestion des ressources humaines.
Enfin, Priollaud, en voulant empêcher l'activité sportive autour du city-stade du centre-ville a créé un point de fixation de trafic et de harcèlement en se montrant incapable d'y mettre fin.
Voilà un résumé trop rapide des fautes et de l'incapacité à assurer la tranquillité publique.
Bien sûr, il serait idiot, comme la droite le fait régulièrement de rendre responsable une équipe municipale de la montée de la délinquance. Le problème est complexe, au même titre que les solutions. Mais ce qui est sûr, c'est que tant qu'on ne s'est pas donné les moyens de lutter contre la délinquance, on ne peut pas se plaindre de l'absence de résultat.

L'animation de la cité

  • Le centre-ville et le commerce
    Priollaud est l'adepte de ce genre de faute politique. En répondant aux récriminations de quelques administrés, il oublie l'intérêt collectif. Ainsi a-t-il mis fin au seul espace piétonnier de la commune, en place depuis près de 40 ans. Pour le moins paradoxal au moment où la demande va à la multiplication de zones ouvertes à d'autres modes de circulation. Tant qu'à modifier le centre-ville, il aurait fallu créer un espace agréable et permettre aux chalands de s'ouvrir à un espace agréable, radicalement différent de ce qu'on peut trouver en grande surface. Ainsi pouvait-on, par exemple, végétaliser une bonne partie du centre. Mais non, on vend le jardin de Bigards au privé, sans garantie, mettant à mal le projet de mise en valeur de la rivière. Priollaud peut après s'étonner de la fermeture d'échoppes sur la rue du général de Gaulle, artère commerçante principale du centre-ville. La couverture de la place de la Halle est à l'image de tout ce que Priollaud a fait en la matière depuis le début de son mandat. Une gabegie.
  • Louviers-plage étouffé 
    Louviers-plage a été un beau moment dans l'histoire de Louviers. Tout en ouvrant aux familles privées de vacances la possibilité de se divertir, il faisait de Louviers une ville attractive tout en s'appuyant sur une réelle mixité sociale, puisque les habitants de tout quartier, de tout milieu s'y retrouvait. Qui plus est, pendant cette période Louviers se transformait en profondeur. Trop cher pour Priollaud ... dommage, parce que cela rapportait à la ville !
  • Le refus d'un équipement sportif largement financéDans le cadre du réaménagement d'ensemble du quartier Maison Rouge, un équipement majeur était prévu : une salle dédiée au futsal, et qui pouvait servir pour d'autres compétitions. Encore aujourd'hui, personne en comprend ce choix, même si certains supputent des raisons inavouables. Pourtant, lors de la fermeture de la salle Maxime Marchand, on s'est rendu compte à quel point un tel équipement serait indispensable, d'autant qu'il est de notoriété publique que la salle doit être refaite ... D'autant que le remplacement de cette salle de futsal était largement financée et d'autant encore qu'elle a été remplacée par une salle des associations dont aucune association ne veut, tant elle a été mal conçue et construite sans consultation.    

Priollaud, un piètre gestionnaire

Priollaud restera le créateur de la taxe la plus dégoûtante qui soit : la taxe sur les cadavres, qui oblige toute personne à verser 50€ à la commune pour le décès d'un proche, quelque soit le niveau de revenu, ajoutant ainsi de la difficulté à la peine. Mais ce n'est pas ce qui fait de lui un piètre gestionnaire ... même s'il se vante d'avoir fait baisser la taxe d'habitation d'un demi euro par mois ... alors que la suppression de cette taxe est programmée par le gouvernement. Non, ce qui fait de Priollaud un piètre gestionnaire, c'est son absence de projet. On ne peut bien gérer une ville ou un équipement si l'on n'a pas de vision. Les Lovériens savent qu'il n'a aucun intérêt pour leur ville qui ne constitue pour lui qu'un tremplin sur lequel il a d'ailleurs du mal à s'installer. Alors que les taux d'intérêt sont au plus bas, alors que la ville dispose d'atouts considérables, Priollaud brade les biens communaux, réduit la qualité de vie, en vendant les cinémas tout en permettant à l'acheteur une formidable opération immobilière, en sacrifiant les espaces verts, en faisant perdre à la ville son identité. 


Un lamentable bilan 
Je l'ai dit plus haut, on ne gagne pas une élection sur un bilan ... mais on peut perdre une élection sur un bilan. Beaucoup de Lovériens nous rappellent, alors que nous sommes en campagne, tout ce qu'ils ont perdu depuis 2014. Ce sont des éléments qu'il aura beaucoup de mal à faire oublier, tant auprès des commerçants, des membres des associations, du personnel municipal, et des Lovériens dans leur ensemble. Difficile dans ce contexte d'inspirer confiance en promettant monts et merveilles ... alors qu'on n'a fait que brider leur ville.   



mardi 5 juin 2018

Sacrés vieillards






Françoise Dolto, sacrée grand mère 
et grand mère sacrée. Spécialiste de
la petite enfance, on la retrouve
étonnamment dans l'approche de
la question du vieillissement

.

De Bouddha à Dolto 


J'ai entamé ce café radical par une histoire qui m'est revenue. L'histoire se passe il y a longtemps. Un roi et une reine rêvent d'avoir un enfant et l'enfant finit par venir. Comme il est tellement désiré, comme il est prince, c'est peu dire qu'il devient "enfant-roi". Les parents sont très riches, mais il dépensent encore plus que ce qu'ils ont pour le bonheur de l'enfant à qui toute souffrance est interdite. À la moindre pleurnicherie, au moindre début de cri, sans jamais aller jusqu'à la crise, quand ni le père ni  la mère ne sont là, une armée de nounous et de divers domestiques se précipitent pour le distraire.
Et puis, et puis ... et puis le temps passe et le petit devient grand. À 16 ans, le petit demande à sortir.

Crise au château. Que faire ? Soit on maintient le petit dans le château à l'écart des difficultés, mais dans ce cas, on fera le malheur de l'adolescent puisqu'il insiste vraiment pour sortir. Soit on l'autorise à quitter l'enceinte du palais royal mais on sait qu'alors, il rencontrera le malheur.
Ainsi l'adolescent fut-il autorisé à sortir. 
Alors, dès franchi le premier pont levis, le prince fut confronté à la dure réalité du monde. La misère omniprésente, mendiants, vieillards et mourants. Et l'adolescent eut cette phrase "comment peut-on être heureux si l'on sait que l'on doit mourir?". 
Ainsi commença la quête philosophique du jeune homme dont à présent tout le monde a entendu parler. 
Il s'appelait Siddharta Gautama mais est mieux connu sous son surnom de Bouddha, qui veut dire "l'éveillé"
le jeune Siddharta Gautama, dit Bouddha, l'éveillé

Qu'on se rassure, je n'ai pas tourné casaque et mon but n'est pas de faire l'éloge de la spiritualité. Le café radical, bien que restant ouvert à toute forme de pensée reste dans une démarche rationnelle même si elle est fondamentalement ouverte au débat. À ce propos, je me dois de dire que ce récit de l'enfance de Bouddha n'est qu'un des multiples récits de la jeunesse du grand sage dont la spiritualité est présente dans la majeure partie de l'Asie. 

Je me suis demandé pourquoi cette histoire m'a accompagné dans la préparation d'un café radical consacré au vieillissement et à ses conséquences sociales, économiques, politiques, sanitaires et physiques. 
Parallèlement, j'étais amusé que, pendant que je préparais à un débat sur les vieillards, la télévision rendait hommage à Françoise Dolto spécialiste des bébés, à l'occasion des 30 ans de sa mort. 
Que relie pourtant le bébé au vieillard ? Pas évident si ce n'est de voir en eux des êtres de dépendance et de caca. 
Annie de Vivie, invitée du café radical, a tout remis en place dans les deux heures qu'ont duré le débat. 
Le dialogue avec les anciens en souffrance recoupe étonnamment ce qu'on peut retrouver dans le dialogue salutaire que Dolto a su nouer avec des enfants. C'est, fondamentalement, une histoire de vérité.  La vérité de ce qui est dit comme la vérité du dialogue. 
Il y a de la fascination à regarder ou écouter la façon dont Dolto parlait aux petits, comme il y a de la fascination à écouter la façon dont Annie de Vivie parle de ses dialogues en maison de retraite. Effectivement, les faibles, qu'il s'agisse d'enfants ou de vieillards sont marqués par un mensonge institutionnel, ce qu'on appelle un tabou et qui touche la mort, le sexe et l'argent. La mort, le sexe, l'argent, tout ce qui nourrit la culpabilité et l'autonomie des adultes civilisés et dont ils s'interdisent de parler aux êtres fragiles ... et dont Dolto pour les enfants, Annie de Vivie, mais pas seulement elle, démontre que non seulement on peut mais qu'on doit leur parler. 
Annie de Vivie et Annie Valin ont
magnifiquement animé un débat passionné
et passionnant. 
Il y a des points communs dans la manière de parler. En fin de compte elle est sans doute universelle. Elle requiert un dialogue qui respecte les individus, l'échange de regard, le toucher rassurant et la sincérité. Ainsi les angoisses des vieillards, si oppressante dans les maisons de retraites, le sont d'autant plus qu'on n'ose aborder le sujet y compris lorsque les vieux lancent des appels désespérés.  
Annie de Vivie raconte qu'elle vit avec la vieillesse depuis son enfance, sa mère ayant eu, elle aussi, à s'occuper des personnes âgées. Elle a acquis au fil des ans et des pratiques un lien très fort et particulier avec les vieux, tous les vieux, parmi lesquels les mourants. Elle dit à ce sujet que les mourants eux-mêmes choisissent en quelque sorte le moment de leur mort, celui dicté par un corps à bout. Cela m'a immanquablement fait penser à ce que le docteur Martin expliquait sur la naissance de l'enfant, qu'il ne fallait pas provoquer, mais juste accompagner. La naissance, la mort, la vie même et tout ce qui, du début à sa fin, relève du sacré. Toute chose vient à son heure.
Certes, on n'était pas exactement dans le sujet de la réunion qui visait à parler du vieillissement sous tous ses aspects sociaux, économiques et politiques. Sauf que, un peu à l'image du docteur Martin, l'homme qui a marqué la politique à Louviers, l'expérience professionnelle peut être une voie vers un débouchement politique. Ainsi, Annie de Vivie sait de quoi elle parle, tant elle a abordé le sujet sous tous les angles et un site de grande qualité, couvrant la question du vieillissement sous tous ses aspects. 

La vieillesse n'est pas une maladie 

Il n'empêche que le rapprochement entre l'enfance et la vieillesse ne s'arrête pas là. Ces deux moments de la vie ont été essentiellement vécu comme des désagréments, de ceux que le puissant 20e siècle a commencé à traiter à coups de médicaments. Les désagréments, ça se soigne. Or, la vieillesse n'est pas une maladie. Bizarre d'ailleurs comme cette formule en rappelle une autre sur la médicalisation de la grossesse (la grossesse n'est pas une maladie). Lors même que, comme le rappelle Annie de Vivie, "aucun âge de la vie n'est meilleur qu'un autre".  
Certes, on peut se demander à quoi ça sert un vieux ? Dans une société qui développe l'évaluation comme principe, la question ne manque pas de se poser et débouche inéluctablement sur la raison d'être de l'observatoire de l'âgisme qui relève de la lutte contre les discriminations. 
Annie de Vivie, avec la force de l'écoute et de
la conviction a su convaincre l'auditoire que
la vieillesse, la vie, et l'importance que l'on
accorde à l'âge nous concerne tous. Elle a
tenu des propos décoiffants qui poussent
à la réflexion comme à l'action.  
En fait, entre les mouroirs, terme sordide donné aux maisons de retraite lorsque dans l'après guerre on a commencé à regarder en face le problème des anciens et les Ehpad (établissements d'hébergement de personnes âgées dépendantes)  d'aujourd'hui, malgré tous leurs défauts, sont déjà la marque d'une évolution majeure de notre société vieillissante. 
On parle beaucoup des vieux. De plus en plus. La grève actuellement menée dans les Ehpad est révélatrice d'un malaise. Annie de Vivie, qui a évoqué le sujet vendredi soir à Louviers, a depuis évoqué dans l'éditorial qu'elle a signé sur son site (cliquer ). Elle prend le problème à rebrousse-poil des revendications du personnel comme de la réponse administrative. Selon elle, on ne peut aborder la question du vieillissement aujourd'hui avec les logiques d'hier. L'Etat a répondu aux demandes en instaurant le principe d'obliger à la présence d'une infirmière de nuit par établissement.
Pourquoi une infirmière de nuit, qui du reste, n'était pas demandée dans les revendications ? Est-ce parce qu'on n'arrive plus à recruter des aides-soignants ? 
Pour Annie de Vivie c'est toute la question de la vieillesse qui est à repenser. On ne guérit pas de la vieillesse. Il ne faut pas la penser en terme d'actes. On doit accompagner les vieux, être bienveillant avec eux. Ne pas les forcer à la toilette s'ils n'en veulent pas. Il faut jusqu'à la fin les aider à être une personne (comme le bébé de Dolto). Il faut les aider à vieillir debout selon la belle formule d'Annie de Vivie. 
Telle est notre mission essentielle en tant qu'humain : assister les anciens et la mission se décline tant sur le plan social, sociétal et individuel dans le cadre de la solidarité entre générations.
Ainsi, on peut considérer que le rôle de la société est déterminant dans cette mission, que ce soit au niveau de l'Etat que de la commune. 
Ainsi Diego Ortega, candidat déclaré à la mairie de Louviers a eu à s'exprimer à ce sujet. Annie de Vivie n'a pas manqué d'intervenir à peine avait-il pris la parole ... 
- "Alors, qu'allez-vous faire ? Pas de conseil des sages, j'espère ! Je repense à ce que me disait une cliente. Non, pas de conseil des sages, ce n'est pas parce que j'ai 85 ans que je suis sage. Je n'ai jamais été sage, je ne vais pas commencer maintenant ..." 
Diego Ortega s'est contenté de répondre qu'il prenait note de toutes les données énoncées lors du débat. Il s'en servirait lors d'un programme municipal qui reste à établir.
On ne peut faire qu'un triste bilan au sujet de l'action de municipalité actuelle de Priollaud, qui se contente de réduire tout ce dont bénéficiaient les anciens, sans qu'aucun projet n'apparaisse. Suppression des aides aux transports pour les non-imposables, suppression d'un événement festif et, effectivement, mis à part la création d'un conseil des sages, aucun projet visant au développement des liens inter-générationnels, ou à lutter contre l'isolement n'est présent. 
Je ne puis m'empêcher de repenser au travail pionnier mené par Ernest Martin qui, par le service famille s'était attaché à parler à tous les âges, dans un même service. Ledit service s'occupait aussi bien de la naissance, de l'adolescence et de ses troubles, des couples et des difficultés liés à la venue de l'enfant, et des personnes âgées, accompagnées ou impliquées. Ainsi, c'est sous cette municipalité novatrice qu'avait été créée une résidence destinée au personnes âgées et où les jeunes pouvaient loger à proximité (la résidence du Parc)
Anne-Josy Guérard, ex- et future conseillère 
municipale, psychologue travaillant auprès 
des personnes âgées, a fait part de ses
 expériences et doutes sur la difficulté de 
travailler en ehpad et les possibilités offertes 
pour améliorer les choses. 
Le but de cet article n'est pas de retracer toutes les pistes, toutes les données transmises par Annie de Vivie qui a pu ainsi parler de la dynamisation des réseaux, de la maison de l'amitié à Albi (50.000 habitants), du l'importance de la socialisation (nous sommes tous des êtres sociaux, sinon on crève),  de vieillir debout dans une société intelligente, de la nécessité de parler de la mort à tous les âges, de la nécessité de parler argent avec les anciens et ses parents en particulier, de la santé (compenser les problèmes d'audition diminuerait d'un tiers les accidents, donc économie) et de la sexualité des anciens  (si l'on est vivant, c'est qu'on a des envies)
Enfin, et là, nous revenons à la signification individuelle de la vieillesse et de la mort. Annie de Vivie rejette le principe défendu par le droit de mourir dans la dignité. Elle pense que la mort doit être le choix du corps qui décide du moment. Bien entendu, cela est vrai lorsque tout se passe bien, et, comme elle le dit : personne ne demande à mourir dans l'indignité. Beau débat à la vérité, les radicaux de gauche pour leur part étant très impliqués pour la défense du droit à mourir dans la dignité. 
à suivre ... 

mardi 10 avril 2018

À Louviers, des impôts en hausse, des tarifs en hausse et une taxe supplémentaire !

Analyse du budget par Diego Ortega, 

porte-parole des Radicaux de gauche



Lundi soir, M. Priollaud a proposé au conseil municipal de Louviers de fixer les taux de fiscalité directe locale pour l’exercice 2018, autrement dit de fixer les taux d’imposition des taxes d’habitation et foncière pour le contribuable lovérien.
Le conseil a voté à la majorité pour l’exercice 2018 une baisse des taux de 0,5 %.
Mes amis de l’opposition et moi-même ne saurions nous opposer à une baisse des impôts pour le contribuable lovérien.
Mais, M. Priollaud a proposé une baisse des taux, pas une baisse des impôts !
Ainsi, si nous analysons bien le document soumis au conseil :
En appliquant en 2018 le même taux qu’en 2017, nous aurions une variation positive du produit fiscal de 573 060 €, soit une augmentation de 1,44 % pour les lovériens grâce à la revalorisation des bases fiscales.

Appliquer une baisse des taux de 0,5 % alors que les bases subissent une hausse, ce n’est pas une baisse d’impôts.
Avec ce taux, les lovériens vont payer 95 889 € en plus sur l’exercice 2018 par rapport à 2017.
Cette démarche donne la possibilité au Maire et à son équipe de faire un plan de communication à bon compte.
En annonçant, à grand renfort de communication, une baisse des taux d’imposition, qui ira vérifier que cette baisse de taux ridicule va se concrétiser en fait par une hausse des impôts ?
Autrement dit, le lovérien qui se contente d’écouter les discours d’autosatisfaction de la municipalité (aux vœux notamment) et qui ne vérifie pas les bases qui lui sont affectées par les services fiscaux, pense légitimement que M. Priollaud et Mme Terlez vont baisser les impôts à Louviers, alors qu’il s’agit d’une augmentation de près de 100 000 € !
Pour justifier cette décision, ils exposent un contexte de baisse des ressources par une baisse des dotations de l’Etat…
 C’est faux ! Le gouvernement s’est engagé à un gel desdites dotations …
Le projet de loi de finances 2018 présente même une légère hausse globale. Ainsi, par exemple, la dotation de soutien à l’investissement des communes et de leurs groupements, passe en 2017 de 570 millions à 685 millions d’€ !
Par ailleurs, l’Etat qui, il est vrai, s’inscrit dans une stratégie globale d’économies, se concentre sur ses fonctions dites régaliennes et limite au maximum l’augmentation des dotations aux collectivités territoriales. En revanche, il ouvre, nombre d’appels à projet.
Ce que l’Etat ne versera plus sous forme de dotations, il le fera notamment pour les communes et regroupement (exemple l’Agglo) qui répondront à ces appels à projet. C’est exactement le cas concernant, à titre d’exemple l’opération « Cœur de Ville » piloté par le ministère de la cohésion des territoires.



En conclusion sur ce vote :
M. Priollaud et Mme Terlez annoncent une baisse des taux qui se traduit par une augmentation des impôts le tout dans un contexte soi-disant de baisse de vos ressources liées à la baisse des dotations, ce qui est faux et qui surtout ne prend pas en compte les financements possibles liés aux appels à projet.  
Par ailleurs, il faut mettre cette augmentation des impôts en perspective avec la politique tarifaire de la municipalité. Pour être juste et transparent, il faudrait ajouter à l’évolution des impôts, une présentation globale de l’évolution des tarifs appliqués en 2014 et ceux aujourd’hui !
A noter, que l’évolution de ces tarifs ne s’accompagne pas d’une modification correspondante des tranches du quotient familial ! En d’autres termes, certaines familles vont subir une augmentation des tarifs et potentiellement d’un changement de tranche. C’est la double peine ! 
Par ailleurs, à propos de tarifs et de taxes, la municipalité a soigneusement évité de rappeler la création de la taxe d’inhumation présentée et soutenue par Mme Terlez lors du conseil municipal de décembre dernier.
Avec l’ensemble de ces décisions du duo Priollaud-Terlez, un lovérien va non seulement payer plus d’impôts, mais vont lui être appliqué des tarifs revus à la hausse et taxes supplémentaires en particulier s’il perd un proche ! 
Mais … la communication officielle de la municipalité ne fera état « que » de la baisse des taux …

Diego ORTEGA

Porte-parole des radicaux de gauche 

mercredi 31 janvier 2018

Retour aux fondamentaux ...

Les Radicaux de gauche ont fait carton plein.

Nous étions une soixantaine réunis à l'occasion d'un banquet républicain autour de Virginie Rozière pour parler de l'avenir de la gauche et du radicalisme. 

Tout semble se liguer contre la gauche de gouvernement.
C'est cependant une erreur de penser qu'elle est sans
perspective, même si le vaste est le chantier qui la rendra
compétitive. 
Pourquoi un banquet républicain ? Ben, comme je l'ai rappelé, pour rendre un hommage aux fondamentaux. Il faut le rappeler, à l'origine, les banquets étaient un moyen pour les défenseurs de la République de rassembler alors que les rassemblements politiques étaient interdits, sous l'Empire ou la Restauration. 
Ne pas se laisser abattre, jamais. Les républicains ont vécu
dans l'Histoire des temps autrement plus durs. Jean Levain
au premier plan.
Plus prosaïquement, et surtout dans la période présente, les banquets républicains, auxquels les cafés radicaux rendent hommage, répondent au besoin de se retrouver quand les temps sont durs.
Et ils le sont ! 
Les deux élections législatives partielles ayant eu lieu juste après le banquet l'ont d'ailleurs confirmé : moins de 3 % pour le parti socialiste à Belfort, dans une l'ancienne circonscription de Raymond Forni, à peine plus de 5 % dans la première circonscription du Val d'Oise. Voilà pour l'état de la gauche de gouvernement dans l'opinion.
Virginie Rozière, déterminée à faire vivre la gauche radicale
Pour autant, personne parmi les participants au Banquet ne pensait que la gauche était morte, et encore moins la gauche de gouvernement. 
Si l'on se réfère aux maigres résultats électoraux cela parait paradoxal. Reste que la foi n'est nullement éteinte ! Du côté des adhérents, de ceux qui ont voué leur vie aux valeurs de la gauche, la déroute non seulement n'est pas définitive, mais leur espérance prend aussi appui sur ce qu'ils ressentent et ce qu'ils vivent. 
Paul Dhaille, une parole qui porte
En accueillant Virginie Rozière, j'ai mis en exergue la phrase magnifique de Mendès France sur la République appelée à "se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir".
Le banquet n'est  qu'une étape dans un processus beaucoup plus vaste, une pierre dans un immense chantier, mais où rien ne se fera hors de la joie d'agir et de la volonté créatrice. 
Diego Ortega a rappelé l'importance
du projet dans les combats locaux
Nous devons naviguer entre ces deux écueils qui consisteraient d'une part à nous enfermer dans nos certitudes qui ont eu toutes leurs parts dans nos échecs et d'autre part à renoncer à nous mêmes. Radicaux, nous devons nous ouvrir à ceux qui, à gauche, rejettent la fatalité d'un monde qui se déciderait en dehors de la volonté et du contrôle populaire. 
Cette soumission à la technostructure est dénoncée par Jean Levain, ancien maire de Chaville, qui souhaite s'impliquer dans une démarche de réflexion et de rénovation de la gauche.
"L'espérance du lendemain, ce sont nos fêtes "...
Virginie Rozière donne une perspective historique et universelle dans ce qui se produit en France. Ainsi, le rêve de Macron consisterait à se défaire de la richesse de la politique française en suivant un processus qui touche toute l'Europe. Celui-ci a commencé naturellement auprès des Etats qui, sous l'influence de la social-démocratie, se sont plié à une logique de compromis qui a finalement pris le dessus sur la nécessaire confrontation des valeurs et de logiques sociales. 
Ce qui se produit en France avec Macron est en tout point comparable à ce que Renzi est en train de réaliser en Italie en faisant alliance avec Berlusconi, laissant les extrêmistes de la ligue du Nord s'allier avec l'indéfinissable mouvement populiste "5 étoiles".
Partout, l'insatisfaction généralisée laisse la place à une représentation politique déstructurée. Il n'est qu'à voir ce qui se produit en Espagne, où les indépendantismes occupent le vide laissé par des projets politiques en déshérence. 
Paul Dhaille compare la situation actuelle avec ce que nous avons connu avec le gaullisme au sens où la volonté du Général de dépasser les partis s'est traduite par un pouvoir renforcé de la technostructure. Celle-ci ayant d'ailleurs enfanté d'un Pompidou dont la carrière peut être comparée à celle de Macron. 
Timour Veyri, comme Diego Ortega ont insisté sur le fait que la gauche d'en bas, celle qui agit et réagit, celle qui sait que la politique locale est aussi la répercussion pratique des valeurs portées à droite comme à gauche, reste à jamais réceptive aux actions de la gauche dans les communes et les collectivités.
Virginie Rozière ouvre le chantier de la reconstruction de la
gauche. Le neuf février marquera une nouvelle étape en
réunissant les radicaux ancrés à gauche et s'ouvrant aux
acteurs de la gauche de gouvernement.
Les faits le confirment. Le dernier dimanche de janvier, pendant que se déroulaient des législatives qui lui était très défavorables,  la gauche reprenait la commune d'Auterives en Haute Garonne, quelques semaines après avoir repris la municipalité d'Orthez. Certes, ce ne sont que des exemples limités et locaux, portant sur quelques milliers d'électeurs, mais on doit y voir le signe
que la gauche n'est pas morte. Le vaste chantier de sa reconstruction est ouverte. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, les rencontres enrichissantes, l'ouverture d'esprit y sont nécessaires.
Prochaine étape : vendredi neuf février au Théâtre Edgar à Paris. 
Nous y reviendrons. Nous vous y attendons. 




dimanche 16 avril 2017

Revenu universel, une idée d'avenir

On peut se demander si le revenu universel a un avenir, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a un passé.
Angélique Chassy a rappelé toute la démarche qui a
Une assemblée passionnée autour
d'Angélique Chassy
amené à ce que le principe du revenu universel soit pour la première fois posé lors d'une élection présidentielle. Elle
 a utilisé tout le temps nécessaire et toutes ses qualités pédagogiques pour nous en exposer les bases sous les angles historiques, financiers, économiques, philosophiques et politiques. 
Thomas More reste connu pour avoir créé
le principe d'Utopie, titre d'une de ses
oeuvres. Humaniste, il n'en a pas moins été
canonisé. Il partageait avec Machiavel d'être
acteur et conseiller politique. Ses rapports
complexes avec le roi lui permirent d'être
décapité à la hache bien que condamné à
être éviscéré. Comme quoi le piston ne date
pas d'hier.


En effet, pour Angélique le revenu universel ne date pas d'hier. Elle en fait remonter le projet à Thomas More, le créateur de l'Utopie, humaniste, homme politique et homme de foi de la Renaissance, mais plus simplement elle rappelle que les indiens d'Amérique avaient posé le principe de répartition des terres en fonction des besoins de chacun en terme de survie. 
Plus près de nous, la création par Michel Rocard du RMI, devenu le RSA, de même que le principe de l'impôt négatif en Grande Bretagne ont relié au droit de l'homme la nécessité de doter chaque individu des moyens de subsistance. 
C'est pas le revenu universel, mais ça s'en rapproche. C'est pas le revenu universel, puisque dans le RMI, on l'a assez dit, il y a le I de l'insertion, et que le RSA, revenu de solidarité active s'appuie sur un système de droit et de devoir soit sur l'idée d'une contre partie en échange du revenu. 
L'impôt négatif ne s'éloigne pas tant que ça du principe du RSA. Il existe en Grande Bretagne depuis longtemps. Il permettait aux travailleurs gagnant en dessous d'un certain seuil d'avoir un complément payé par l'impôt, et à ceux en recherche d'emploi d'avoir le versement d'une aide correspondant au montant de leur loyer et de quelques livres permettant de tenir le choc.
Le système de l'impôt négatif a été notamment été défendu par Lionel Stoléru, qui a louvoyé dans les eaux du centre et a même été un temps radical de gauche. 
Bref, à la lumière de cet historique, Angélique a bien fait percevoir que le principe de revenu universel n'est pas si farfelu que la présentation qui a pu en être faite. Le système a déjà été expérimenté, même s'il ne l'a jamais été à l'échelle d'un État si petit soit-il. Parmi les expériences intéressantes, figure celle menée dans une vingtaine de communes du Madhya Pradesh en Inde. On constate que le principe de revenu universel ne concerne pas seulement les pays développés. Dans cet État du tiers monde, assurer les foyers les plus démunis d'un revenu de subsistance a permis d'améliorer la fréquentation scolaire, l'état de l'habitat... Eh oui, la certitude d'un revenu de subsistance permet un autre rapport à l'avenir. 
Reste, une fois développé l'intérêt du revenu universel, la conception de son application pratique. La Suisse en a rejeté le principe, et l'on peut constater que, que ce soit en Finlande, dans certains des États-Unis, le revenu universel n'a jamais été appliqué à l'échelle d'une Nation. Ceci démontre l'audace de la proposition de Benoît Hamon, on ne peut pas lui retirer ça ! On ne peut pas lui retirer non plus de se voir soutenu non seulement par Thomas Piketty, mais aussi par Daniel Cohen, économistes de renom. Reste que la mise en oeuvre pratique du revenu universel nécessite une réforme de fond de l'organisation de l'aide sociale ainsi que de la fiscalité. 
Voilà ce que j'aurai retenu de l'excellent exposé d'Angélique Chassy et que j'essaie de retransmettre sans avoir pris aucune note. Sans doute ai-je trahi sa pensée, mais je l'ai fait le moins possible. 
Reste le débat, raison fondamentale pour laquelle j'ai voulu que le café radical s'ouvre au revenu universel. Comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à une amie facebook qui me demandait comment s'était passé le plaidoyer pour le revenu universel, quand je fais un plaidoyer, je fais une tribune, quand je fais un débat, je fais un débat. Je maintiens à la suite du débat précisément, que le revenu universel reviendra dans le débat politique,  quelque soit le score de Benoît Hamon. Il en est de même par exemple en Suisse, où les organisateurs du référendum lourdement perdu, étaient malgré tout contents du score (23,1%) parce qu'il pensait qu'il serait pire. Le fait de poser le débat est un premier pas.
Le débat s'est concentré sur les conséquences d'une
Diego Ortega regrette que le sujet, auquel
il était très hostile à l'origine n'ait pas été
suffisamment discuté pendant la campagne.
telle mesure, la façon dont les rapports entre salariat et activité en pourraient être repensés. Diego Ortega, lui, a regretté que la seule idée vraiment nouvelle  n'ait pu être discutée davantage pendant la campagne. La faute au candidat lui-même, qui ne l'avait peut-être pas assez finalisée ? La faute aux primaires qui n'a pas permis au vainqueur-surprise la finalisation d'un projet complexe ?  
Il n'empêche, le revenu universel continuera d'être promu et discuté. Ainsi, une application doit-elle être menée à l'échelon du département de la Gironde.
À suivre ... 









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