... pour ma part ces troubles ne m’incitent ni au rire, ni, non plus, aux larmes ; ils m’engagent plutôt à philosopher et à mieux observer ce qu’est la nature
Baruch Spinoza
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Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ... a-t-on fait dire au maître Spinoza (en fait, voir la citation en exergue qui fait suite au sentiment d'inquiétude dont lui faisait part ) |
Louviers a élu à sa tête François Xavier Priollaud, obtenant 2.830 voix, soit 45,83 % des voix, devançant la liste de Franck Martin, maire sortant, obtenant 42,87 % des voix et 183 voix de moins, la liste du Front National, obtenant pour sa part 697 voix, soit 11,28 %.
Louviers a donc voté contre l'équipe de Franck Martin, expérience à laquelle j'ai participé avec passion.
Si toute défaite est une leçon, voire une série de leçons ... je ne pense pas, à l'heure qu'il est, être à même de les tirer. Je suis peut-être le plus mal placé.
J'ai expliqué ces derniers mois que je ne pensais pas pouvoir perdre. Je continuais en expliquant que, si jamais nous devions perdre, tout ce que je connais, tout ce que je pensais avoir cumulé en terme de savoir et d'expérience politique serait remis en question. On comprendra ma prudence dans l'analyse moins d'une journée après la défaite.
Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ... tu parles !
Pas question d'oublier ces 19 ans de bonheur où nous avons transformé Louviers, ce plaisir de l'action collective et d'étreinte charnelle avec une ville.
Nous avons fait de Louviers la capitale culturelle de l'Eure, nous en avons fait le centre d'un territoire de 38 communes que nous avons créé : la communauté d'agglomération. Nous avons doté la ville de la plus belle piscine du département. Nous avons donné à de nombreux acteurs de la ville la fierté d'être lovériens ! Nous avons connu, derrière Franck Martin, le bonheur de suivre un maire génial, créatif, imprévisible qui aura battu le record de longévité à la tête de cette ville, belle et rebelle.
Voilà pour le rire !
Mais on s'en veut, on s'en veut d'avoir perdu ! On s'en veut. C'est qu'il y a dans les larmes des amis, dans les lèvres blanches de ceux qui ont voté pour nous et dont on ne soupçonnait qu'à peine qu'ils nous soutenaient, dans ces étreintes, il y a la preuve qu'on ne s'est pas battu pour rien, qu'on s'est battu pour eux. Il y a bien là de quoi supporter toutes les trahisons du monde.
Une génération qui a éprouvé que la politique reste, quoi qu'on en dise, la plus noble des expériences. Nous avons été déçu parce que nous avons cru. Demain, nous vaincrons, parce que nous espérons.
Merci Louviers ! Bravo Franck Martin !
Le combat continue.
Vive la politique.