vendredi 19 novembre 2010

pathétique ...

"C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g ..." titrait un film comique des années 70... et l'oisiveté est mère de tous les vices.
Ceci explique sans doute pourquoi les socialistes lovériens, qui se sont exclus eux-mêmes de la gestion municipale en 2008, offrent un spectacle de plus en plus grotesque...
La manifestation de lundi en est le dernier avatar (voir photo, tirée du blog de JC). Il s'agissait d'organiser une protestation au pretexte que le rapport sur la gestion de l'eau passait devant le conseil municipal de Louviers.
Venant de l'extrême-gauche, ces gamineries se comprennent aisément de la part de ceux qui continuent d'expliquer le monde à l'aune de la Révolution trahie de 1917 et qui refusent toute responsabilité politique depuis le massacre de Cronstadt...


Venant des socialistes, qui ont eu des responsabilités municipales, des responsabilités nationales (c'est vrai que ça commence à faire longtemps ...), cela reste surprenant et ne s'explique pas autrement que par la situation strictement lovérienne. Ici le PS local tente encore de faire passer la municipalité à laquelle ils ont participé sans broncher pendant 12 ans pour un suppôt de la droite...
Au lieu de reconnaître leur erreur, ils persistent et tentent encore de justifier l'élection de Guy Auzoux en 2008 ... le conseiller général de droite qu'ils ont fait élire en se maintenant au deuxième tour ... brisant à la hache la règle du désistement républicain ...
C'est comme ça que lundi dernier, les socialistes ont brandi avec quelques gauchistes l'étendard d'une gestion municipalisée de l'eau ... A force de nager dans de telles incohérences on risque de s'y noyer...

Rappelons quelques éléments, qui rendent l'attitude du PS local complètement incompréhensible.

1) Le lieu - La manifestation a lieu à Louviers, au conseil municipal alors que le conseil municipal n'est pas gestionnaire de l'eau. La compétence, depuis plus de 10 ans, est intercommunale et non communale. La communauté d'agglomération compte des élus socialistes qui jamais ne se sont opposés à cette gestion déléguée .... Jamais on a vu de manifestation sur ce thème à Val de Reuil ou à Poses (ville du président de la commission gestionnaire de l'eau, qui a pris la suite de Nicole Cormier ...)

2) La date - Franck Martin avait annoncé que la délégation de service qui relie la Case avec l'entreprise Véolia courrait jusqu'en 2024 ... en raison d'ailleurs du fait que le maire socialiste de Val de Reuil (à l'époque Bernard Amsalem) et le maire Rpr de Louviers (Odile Proust) avaient signé un contrat de 30 ans, juste avant l'application de la Loi Sapin qui interdisait de telles pratiques... L'association de Jean Charles Houel dit qu'on peut revoir la question dès 2014 en raison de l'interprétation qu'ils font de la jurisprudence Olivet... Bien, mais nous ne sommes pas encore en 2011 ... C'est du délire !

3) Les faits - Quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage. Du coup l'excellente gestion de l'eau à la communauté d'agglomération, la création de stations d'épuration de sites de protection des captages, la limitation des fuites ... tout ceci dû à la compétence d'un personnel que jamais une petite commune n'aurait pu recruter, a permis de mener une politique dont la qualité est reconnue partout (m'enfin, nul n'est prophète en son pays ... !).
Les pancartes parlent d'un prix de l'eau qui serait excessif ... en faisant des comparaisons qui n'ont pas lieu d'être (le prix de l'eau est forcément moins élevé dans un habitat groupé par exemple, ou dans des sites où l'accès à l'eau est difficile). Rien ne dit qu'une reprise en régie de la distribution de l'eau serait moins élevé ... d'autant qu'il faudrait alors créer une régie dont le coût serait intégralement repris dans le prix de l'eau (Loi Lalonde) ...

Il serait temps que nos socialistes locaux quittent les vieilles lunes et prennent prise sur la réalité... La gauche, Louviers, la Case, ses habitants méritent mieux. Nous avons besoin de toutes les forces pour le bien de la collectivité...

dimanche 14 novembre 2010

Une histoire de famille ...


Je refuse de dire que le remaniement est un non-événement. Il est bien à mon avis la fin du sarkozysme, prélude peut-être à la fin de Sarkozy que le café radical avait pronostiqué il y a un peu plus d'un an.

L'arrivée au gouvernement de Patrick Ollier aux côtés de sa compagne Michèle Alliot Marie est l'élément le plus symptomatique du changement de gouvernement intervenu ce dimanche 14 novembre. La disparition des représentants des minorités visibles, de la gauche et les éléments les plus emblématiques du centre en sont un autre.
Autre élément encore : la colère des membres du gouvernement qui s'en vont. Coups d'éclats de Fadela Amara, d'Hervé Morin et surtout de Jean-Louis Borloo devant le repli sur soi d'un gouvernement petit blanc RPR (pour reprendre les termes d'Hervé Morin) où le premier ministre reprend toute sa place ... face à un président de la République qui cherche son souffle... et qui en est réduit à espérer que cette équipe de combat le suivra pour les prochaines présidentielles...
C'est pas génial ...

mercredi 10 novembre 2010

Réforme territoriale ... c'est bouclé ?

Le gouvernement et le Président de la République ont mis tous leur poids dans la bataille un passage en force.
Par une voix de majorité, le Sénat a finalement voté, après des semaines de discussions serrées, la proposition de la commission mixte paritaire sur la réforme territoriale.
A présent le passage devant l'assemblée Nationale pour une adoption définitive est une formalité.
Il y a classiquement un petit jeu qui consiste dans un vote aussi serré à déterminer quelle a été la voix décisive. Sans nul doute, on peut l'attribuer à Gérard Larcher, président du Sénat. D'habitude, nous devrions dire de coutume, le président du Sénat ne vote pas. Histoire de souligner que le Sénat n'a pas une vocation décisive et doit favoriser le consensus, surtout si la décision est importante. Mais là, cédant à la pression gouvernementale, Gérard Larcher s'est fait violence en votant pour... et le gouvernement peut lui en être reconnaissant ... Comment cet effort sera-t-il rémunéré, c'est une autre histoire. Décidément, après le Président de l'Assemblée Nationale bafouant le Réglement intérieur qu'il est censé faire appliquer, et un Président du Sénat qui méprise la Coutume, c'est plus que le gouvernement qui est en danger.
Reste cependant un mais ... un gros MAIS, même.
Cela s'appelle le Conseil constitutionnel, l'instance des sages qui est censée maintenir la cohérence de notre République.

Le chamboule-tout de l'administration territoriale de la France lui donnera l'occasion de démontrer à quel point il s'oppose aux principes constitutionnels.
Pas besoin d'être un expert constitutionnaliste pour se rendre compte que de nombreux points du projet de loi, si ce n'est son ossature elle-même, mettent en cause notre Constitution.

Le texte peut être validé dans sa totalité, mais ce serait surprenant. Il peut alors être en partie retoqué, et sur des points majeurs ...

Jusqu'où ira le conseil constitutionnel ? Les paris sont ouverts. Le conseil constitutionnel qui vient de valider rapidement la Loi sur les retraites, passerait pour une chambre d'enregistrement à déclarer la réforme parlementaire conforme à la Constitution. Sont mises en cause l'autonomie des Collectivités locales, la représentation intercommunale, la réalité du Département, les principes de la fiscalité... Tout ce qui a fait hurler les opposants au projet mal ficelé du gouvernement.




Voilà donc une affaire à suivre de près.




L'hisoire nous dit que le Conseil constitutionnel se plait à prendre des décisions imprévisibles... C'est donc un fort risque que prend le café radical à prévoir une invalidation du texte voté hier par le Sénat ... Les paris sont ouverts...

jeudi 14 octobre 2010

Le Scot assoit le territoire de l'agglomération Seine-Eure

L'Histoire nous enseigne que c'est parfois à très peu de chose près, qu'elle prend les virages définitifs. L'exemple le plus fameux est celui du choix de la République voté à une seule voix de majorité au 19e siècle. .
Le référendum sur Maastricht a gagné d'un souffle... et hier soir, c'est à 19 voix pour, 17 voix contre et un vote blanc que le territoire de la Case s'est définitivement assis avec le vote du Scot, Schéma de cohérence territoriale. Notre territoire de 70.000 habitants bloc cohérent situé entre la communauté d'agglomération de Rouen/Elbeuf, et celle d'Evreux... s'est donné les moyens d'exister ... Alors que tous les moyens, les arguments les plus fallacieux, les mauvaises fois, la montée en épingle de problèmes qui n'avaient rien à voir avec le Scot, tels que le projet de train dans la vallée de l'Iton, tout à été fait pour mettre en péril un projet construit patiemment depuis plus de 5 ans.... il y avait là un rappel tragique du plombier polonais et de l'échec du référendum de 2005 dont l'Europe ne se remet toujours pas !
On a eu là comme un rappel de notre culture franchouillarde, illustrée par le syndrome du village d'Asterix, fier de son individualité revêche qui limite l'action publique au décompte des casques romains ou des sangliers alors qu'en face le monde est en train de s'organiser...
C'est ce même comportement qui a fait dire à Jacques Attali que les Normands étant trop "c.." pour se mettre d'accord entre eux, l'État avait pour devoir de penser à leur place...
Là est sans doute la vraie victoire du vote du mercredi 13 octobre. Les représentants des communes ont fait prévaloir la force du projet collectif face aux exigences individuelles et aux craintes des représentants communaux qui sentaient un peu de pouvoir leur échapper. L'action publique, la réalité du pouvoir, le bon sens l'a emporté. Bravo !

PS : comme je le disais dans mon dernier message : l'urbanisme, clef de l'action locale... sans vote du Scot, c'est toute l'action locale qui en prenait pour son grade sur le territoire, s'en remettant à l'Etat. Ceux qui se sont battus contre le Scot l'ont fait au mépris du projet collectif.

lundi 4 octobre 2010

L'urbanisme ... clef de l'action locale

Fascinante soirée que celle passée en compagnie de Jacques Caron, invité du café radical qui a animé la soirée avec Ghislaine Baudet adjointe à l'urbanisme à Louviers.
Tous deux ont parlé de leur expérience et de leur action, Jacques Caron mettant en relief sa vie dans le quartier de la Madeleine, ses espoirs, ses déceptions et même, un peu plus tard, en aparté, les difficultés rencontrées sur Evreux où on ne lui laisse pas tant que ça la parole, y compris au sein de son propre parti. Jacques Caron m'a même écrit que le parti radical de gauche était un parti utile .. ce dont je ne doute pas, mais ça fait toujours plaisir à entendre...
Quelles conclusions tirer de cette belle soirée ? Eh bien tout d'abord celle que j'ai tiré moi-même, et qui est celle de tous les cafés radicaux : la politique, c'est beau, la politique c'est utile.
Je reprends la formule de Franck Martin : il faut des élus qui se battent !
Parce qu'au fond, tout le problème est là. Il est extrêmement facile de louper une politique urbaine. Par exemple en laissant faire ou en refusant de travailler sur un réel projet.
C'était un peu ce qu'exprimait Jacques Caron en montrant les tableaux de financement de l'Anru. Des tableaux à multiples entrées, devant lesquels, le premier réflexe c'est de partir ...
Seulement voilà, derrière ces tableaux, cet argent public, il y a la vie des gens. Il y a ce qui peut améliorer le quotidien, apporter des équipements et une qualité de vie indispensables pour sortir de la marginalisation. Cela va du logement, au transport, et à ce qui peut sortir de l'isolement.
Jacques Caron l'a très bien dit en répondant à une remarque sur le coût des politiques urbaines : la somme injectée par rapport au nombre d'habitants concernés est relativement faible.
Les exemples de La Madeleine et de Val de Reuil ont été cités à des degrés divers. Didier Rouchet, Président de l'association Laïque Evreux-Netreville, a montré quant à lui l'importance d'une association structurée représentant les locataires et les habitants et servant d'interlocuteur face à une municipalité.
Parce que les élus ont besoin d'avoir en face d'eux des représentants des habitants.
Parce que la tentation est toujours forte de penser à la place des populations. De profiter d'un afflux de subventions pour mettre en avant des projets municipaux ou intercommunaux qui n'ont pas à voir directement avec le quartier et qui continue de le marginaliser.
Ainsi, l'exemple de la localisation du Siège de la communauté d'agglomération à La Madeleine n'a en rien servi le quartier et la destruction d'immeubles ne correspond pas à un besoin...
Accord sur le sujet entre Franck Martin et Jacques Caron. Jacques Caron dit qu'il a approuvé les destructions des barres de Saint-Hildevert, et même si la dimension du quartier de Saint-Hildevert n'a rien à voir avec Maison Rouge et a fortiori avec Nétreville ou la Madeleine, il s'agit d'opérations réussies et nécessaires pour la population ...
Désaccord entre Jacques Caron et Franck Martin sur le financement des projets par les locataires eux-mêmes par le biais du 1 % logement qui devrait leur revenir en priorité... Mais c'était plus un problème de présentation...
Sur le fond, le principe est le même : faire en sorte que l'argent bénéficie d'abord aux populations qui en ont le plus besoin.
Jacques Caron a cité, bien entendu le loupé magistral du Long Buisson ... qui était censé permettre par une politique de défiscalisation, l'arrivée d'entreprises à proximité de la Madeleine. On en arrive à voir tous les cabinets médicaux et agents immobiliers à l'affût des quelques sous proposés et offrent un parking gratuit à leur patients ou clients tout en dégarnissant le centre-ville et en n'offrant pas un seul emploi à la Madeleine voisine.
Le projet de Val de Reuil s'annonce, quant à lui, comme un projet qui tourne le dos à une population en demande pour satisfaire une révolution urbaine qui a pour but de tourner dans l'autre sens le bâton de la première révolution urbaine celle qui a eu lieu il y a 30 ans.
D'ailleurs, un café radical sur l'histoire et l'impact de Val de Reuil semble s'imposer...
Tout simplement parce qu'avec l'urbanisme, on est au coeur de la politique et de la politique locale en particulier. Que ce soit dans ses réussites, dans ses échecs, dans ses attentes ... dans son projet. C'est ce qui transparaît dans les critiques du Scot, et le manque de hauteur des élus... qui ont là le réflexe inverse de repli sur soi...
Mais il n'y a pas de politique locale sans projet, sans volonté d'agir ni sans respect de la population.
C'est le sens que nous voulons donner à nos cafés radicaux. Il faut nous donner les armes pour comprendre, sortir des préjugés... aider à la définition des projets dans une indispensable démarche humaniste.
Rendez-vous au prochain café.
Merci à tous.



mardi 28 septembre 2010

Derrière la rigueur ...

(traduction : "intéressant, la distance entre riche et pauvre n'est pas aussi importante que ce qu'on pensait)

Deux informations se télescopent dans l'actualité... La première est le résultat d'une étude faisant apparaître que le taux de personnes vivant au dessous du seuil de pauvreté (75 % du smic) est resté stable à 13 % par mois. La deuxième est l'annonce par le gouvernement d'une hausse du prélèvement auprès des organismes HLM, dans le cadre de la lutte contre les niches fiscales.

La répercussion de cette hausse a toute chance de se traduire par une hausse des loyers des logements sociaux. Le prg d'Ille et Villaine dénonce dans un communiqué la volonté gouvernementale (pour en savoir plus, cliquer ici ). Nous voilà, par ricochet au coeur du problème qui sera soulevé lors du prochain café radical. Selon la Fondation Abbé Pierre, le coût de la vie a augmenté de 20% en dix ans, les loyers HLM ont été relevés de 29%, et les prix de l'immobilier, de 107%, obligeant certains ménages à consacrer plus de 50% de leurs revenus à leur logement.

C'est la situation dénoncée par Jacques Caron qui démontre la dérive d'un mode de gestion financiarisé des grands organismes de logements sociaux et celle-ci se trouve tout naturellement appelée à être amplifiée par le type de mesures envisagées par le gouvernement... qui s'apprête à faire payer par les plus pauvres des choix catastrophiques qui mènent au non renouvellement des logements sociaux et à leur ghettoïsation, lors même qu'on refuse toujours de s'attaquer au bouclier fiscal...

On aurait pu espérer voir dans la politique annoncée de mettre fin aux niches fiscales une remise en cause des avantages particuliers. On en est loin .... La mission redistributrice de l'impôt, ou même la simple recherche de moyens de mettre en oeuvre les politiques d'intérêt général est ignorée. Face aux difficultés des quartiers, la seule réponse de Nicolas Sarkozy a été policière. Or, outre le fait qu'elle est inadaptée, elle est loin de résoudre les problèmes des populations des quartiers. On est dans le mépris le plus absolu.