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dimanche 11 novembre 2012

Crise et fracture territoriale

Davezies un matin sur France inter.... ça réveille !a

L'approche de Laurent Davezies 
appliqué à la Case

C'est pourtant vrai. Bien qu'elle soit au cœur de l'actualité depuis plus de 4 ans, la crise économique a rarement été traitée sous l'angle de ses conséquences sur les territoires. 
Laurent Davezies a créé la sensation il y a une quinzaine de jours sur France Inter, où il était appelé à commenter son bouquin : la crise qui vient, la nouvelle fracture territoriale
Laurent Davezies est un chercheur expérimenté en économie, professeur au Cnam. Il travaille sur les chiffres fournis par l'Insee et s'appuie sur des données de bases qui permettent d'évaluer d'où l'on vient, où l'on risque d'aller et de se débarrasser des idées aussi fausses que nombreuses qui accompagnent la situation économique que nous vivons.

Des chiffres et des lettres, sur 120 pages,
mais un message assez clair : les territoires
doivent s'adapter.
Au delà de la vision que nous pouvons avoir de la crise et de ses impacts locaux, il convient aussi, égoïstement  de déterminer l'impact que celle-ci peut avoir sur notre territoire et ses conséquences sur l'action géopolitique. Ainsi, nous déterminerons si la politique de développement économique était adaptée à la situation et comment celle-ci peut être infléchie en fonction des perspectives.
1ère réalité, la France, jusqu'ici, a assez bien résisté à la crise. Bien sur c'est un message insupportable pour ses victimes mais deux raisons essentielles ont empêché que ses ravages ne s'étendent. 
La première est que la crise a été moins forte en France qu'ailleurs, la France n'étant pas entrée en récession. depuis 2008, bien qu'ayant un taux de croissance insuffisant pour enrayer le chômage, et notamment le chômage industriel. 
La seconde est que l'organisation de la société française a empêché que la crise ne renforce les différences entre les territoires. 
Le problème est que cette situation ne peut pas durer dans le cadre d'une crise durable. Ainsi, la crise de la dette, élément finalement assez nouveau dans l'économie mondiale, mettra forcément à mal le modèle français qui permet à l'ensemble du territoire national de bénéficier de l'activité économique de la région parisienne et des grandes métropoles ... mais surtout de la région parisienne qui fait qu'un francilien va y travailler toute sa vie, voire ses impôts répartis nationalement sur l'ensemble des régions, et va passer sa retraite en Corrèze.
On le sait, enfin, presque tout le monde le sait, même si certains, à l'extrême gauche notamment font semblant de na pas le savoir, le problème, quand on est endetté c'est que l'endettement ne sert plus à lancer de nouvelles activités, créatrices de richesses qui permettront un équilibre financier subséquent. Cela n'est plus possible avec une croissance à 1 %. 
Les conséquences en sont nombreuses et les conséquences sur les territoires sont nombreuses. Pour Davezies, il y a des territoires sacrifiés sur le plan industriel, mais ces sacrifices sont compensés par le service public dans les territoires. Certes, les territoires sacrifiés connaissent des conséquences qui agissent sur la structure même des foyers, se traduisant notamment par la chute de l'emploi industriel masculin. Il remarque que la conséquence politique se traduit par une montée du Front National dans ces territoires. 
En fait, pour Davezies, la compensation des emplois perdus, ne peut se faire en dehors de territoires intégrés, capables de produire répondant aux nouvelles exigences industrielles. 
Pour l'instant, certains territoires s'en sont tirés grâce à l'emploi public, proportionnellement plus développé dans les territoires en perte de vitesse qui sont toutefois à même de s'en tirer s'il bénéficient d'un attrait en raison de leur paysage ... tel n'est pas le cas de toutes les régions françaises, même si un peu partout s'est développé une valorisation du tourisme de proximité et du patrimoine. Ainsi, l'emploi public va avoir tendance à se raréfier et un vrai choix politique devra se faire entre la poursuite d'une solidarité entre les territoires basée sur le principe d'égalité, et la nécessité de valoriser la réussite de certains territoires. 
Bien, me direz-vous ... et concrètement ? 
Concrètement, je vous propose d'appliquer sur notre territoire Seine-Eure en voie d'élargissement les préceptes de Laurent Davezies
La politique de notre territoire a constitué à mettre en valeur nos atouts, tant sur le plan de son attrait patrimonial et touristique que sur le plan des relations avec les territoires voisins et notamment la Métropole et de s'inscrire dans le projet du Grand Paris. Effectivement, le dynamisme du territoire, ne peut s'exercer sans lien avec la métropole voisine, d'où l'intérêt de la création récente du pôle métropolitain, et du développement des liaisons avec le pôle universitaire. Il convient donc de tout faire pour densifier les échanges, d'où l'importance des infrastructures qui nous relient au grand Paris ou à la métropole tels que le contournement-est de Rouen ou la plate-forme tri-modale. 
Inauguration de l'école de musique à Louviers. La valorisation du
patrimoine, parce qu'elle donne du bonheur aux habitants, a aussi une
fonction économique en renforçant l'identité d'un territoire directement
concerné par l'axe Seine et le grand Paris et la proximité de Rouen. 
A ce titre, il est important de souligner que les revendications d'un emploi sans défendre ni ces infrastructures ni les diversifications de l'emploi sont parfaitement incohérentes, voire parfaitement réactionnaires, s'appuyant sur une vision dépassée du développement économique. Le travail des autorités publiques consiste effectivement à veiller, comme le rappelle sans arrêt Franck Martin, le président de l'agglomération, à ce que les infrastructures soient des outils pour un lien renforcé avec la métropole rouennaise et le grand Paris afin de profiter des atouts métropolitains tout en étant capable d'offrir un cadre de vie que les grands métropoles ne sont pas capables d'offrir. 
On ne m'en voudra pas d'avoir synthétisé à l'excès un ouvrage chiffré et référencé, et surtout de l'avoir appliqué à la situation très particulière de notre territoire. Ce qui saute aux yeux, à la réflexion, est tout l'intérêt, en dehors du travail sur les infrastructures, de valoriser notre patrimoine, ce que la restauration du cloître des Pénitents, avec en son sein l'école de musique a magnifiquement illustré. 
Fort d'une identité historique puissante, situé sur les grands axes de développement, jouxtant une grande métropole et situé sur l'axe du Grand Paris, notre territoire bénéficie des meilleurs atouts. Cela peut se mesurer aisément à la lecture de ce qui différencie un secteur en difficulté d'un secteur d'avenir. S'inscrire en dehors de cette situation géopolitique serait suicidaire. 

mardi 28 février 2012

2e épisode : la (re)naissance d'un territoire

Résumé de l'épisode précédent : l'émiettement des pouvoirs est allé au bout de sa logique pernicieuse. En 1995, le changement de majorité à Louviers esquisse les prémices d'une intercommunalité de projets avec le rapprochement de Louviers, Val de Reuil et Incarville.

Restait cependant à construire le projet et à configurer l'intercommunalité. Qui ensemble, pour faire quoi ? En gros, c'est ce que l'Administration, dans son génie, a dénommé l'intérêt communautaire.
Or l'intérêt communautaire était difficile à définir pour deux raisons : la première était qu'on vivait autour de Louviers dans une culture de l'isolement communal (mieux vaut un petit chez soi qu'un grand chez les autres), et la deuxième provenait de ce qu'on était dans un territoire peu évident.
Si l'on comparait l'agglomération de Rouen ou d'Elbeuf (qui n'avaient pas encore fusionné) on avait une ville centre entourée d'une banlieue conséquente ... Rien de ce type autour de Louviers. Bien que cette commune soit un pôle important, réunissant collèges et lycées, équipements structurant, jamais ni Pont de l'Arche, ni Val de Reuil, ni aucune autre commune n'aurait pu être considérée comme une banlieue...
Et pourtant !
Pourtant, la notion de bassin de vie est une évidence, tant les déplacements domicile, travail, loisirs, vie scolaire se situent dans un même cadre et nécessitent une réflexion sur l'organisation du territoire.
Plusieurs éléments en soulignent la réalité, et je ne prendrais que quelques exemples qui sont autant de clins d'oeil de l'histoire.
En 1992, le Pacte urbain, structure intercommunale est créée à l'initiative de l'éphémère ministre de la Ville François Loncle (le député de la circonscription remplace Bernard Tapie qui vient de créer le ministère avant d'être remercié du gouvernement). Il s'agit sans doute de faire verser quelques subsides dans la circonscription qui l'a élu député. N'empêche, cette structure méprisée par Odile Proust et Bernard Leroy, dans un territoire largement dominé par la droite, se voit présidée par Paulette Lecureux, maire socialiste de Pont de l'Arche. Ce sera la première expérience intercommunale sur un territoire qui amène les communes allant de Louviers au Vaudreuil et à Pont de l'Arche à travailler ensemble. Déjà on relie les deux cantons de Louviers, de Pont de l'Arche et de Val de Reuil.
Autre clin d'oeil, cette carte des 4 cantons sera la même que celle réorganisant les paroisses pour les besoins pratiques d'une église en perte de vitesse. Les paroisses, ancêtres des communes, montraient le chemin d'une intercommunalité.
Ce n'est pas tout, car d'un point de vue historique, depuis le moyen âge, Pont de l'Arche et Louviers se sont succédé en tant que juridiction ... mais sans doute le point d'orgue de leur complémentarité politique est-il donné lorsque Pierre Mendès France, alors maire de Louviers choisit de se faire élire sur le canton de Pont de l'Arche.
M'enfin toute cette série d'anecdote ne doit pas faire oublier que la création même de Val de Reuil était la reconnaissance d'un besoin de structuration de ce territoire mal défini.
Au départ Etablissement public du Vaudreuil, cette création de l'Etat devait imposer une métropole (retenez bien ce nom !) d'équilibre à 20 km au sud de Rouen. A y réfléchir, tous ces éléments démontrent que quelque chose était à construire autour de ce qui est devenu, après bien des difficultés l'agglomération Seine-Eure.
La réussite du projet,le fait qu'il se soit imposé après deux contrats d'agglomération et le dixième anniversaire de la structure, le quinzième du début des démarches intercommunales montre la réalité d'un territoire qui n'aurait jamais pu s'imposer si facilement dans le cas contraire ... même si, bien sûr, sans le travail et la volonté de Franck Martin, ce territoire serait probablement passé à coté de sa propre histoire.
à suivre ...
Prochain épisode : le travail de Franck Martin

jeudi 11 août 2011

London's burning ? mais pas seulement ... l'anarchy vue par des britaniques...





Un peu d'humour dans une actualité qui en manque cruellement !


Ci-dessus, une image très traditionnellement british de la violence qui a envahi l'Outre Manche, quelques 5 années après les cités en France.

lundi 4 octobre 2010

L'urbanisme ... clef de l'action locale

Fascinante soirée que celle passée en compagnie de Jacques Caron, invité du café radical qui a animé la soirée avec Ghislaine Baudet adjointe à l'urbanisme à Louviers.
Tous deux ont parlé de leur expérience et de leur action, Jacques Caron mettant en relief sa vie dans le quartier de la Madeleine, ses espoirs, ses déceptions et même, un peu plus tard, en aparté, les difficultés rencontrées sur Evreux où on ne lui laisse pas tant que ça la parole, y compris au sein de son propre parti. Jacques Caron m'a même écrit que le parti radical de gauche était un parti utile .. ce dont je ne doute pas, mais ça fait toujours plaisir à entendre...
Quelles conclusions tirer de cette belle soirée ? Eh bien tout d'abord celle que j'ai tiré moi-même, et qui est celle de tous les cafés radicaux : la politique, c'est beau, la politique c'est utile.
Je reprends la formule de Franck Martin : il faut des élus qui se battent !
Parce qu'au fond, tout le problème est là. Il est extrêmement facile de louper une politique urbaine. Par exemple en laissant faire ou en refusant de travailler sur un réel projet.
C'était un peu ce qu'exprimait Jacques Caron en montrant les tableaux de financement de l'Anru. Des tableaux à multiples entrées, devant lesquels, le premier réflexe c'est de partir ...
Seulement voilà, derrière ces tableaux, cet argent public, il y a la vie des gens. Il y a ce qui peut améliorer le quotidien, apporter des équipements et une qualité de vie indispensables pour sortir de la marginalisation. Cela va du logement, au transport, et à ce qui peut sortir de l'isolement.
Jacques Caron l'a très bien dit en répondant à une remarque sur le coût des politiques urbaines : la somme injectée par rapport au nombre d'habitants concernés est relativement faible.
Les exemples de La Madeleine et de Val de Reuil ont été cités à des degrés divers. Didier Rouchet, Président de l'association Laïque Evreux-Netreville, a montré quant à lui l'importance d'une association structurée représentant les locataires et les habitants et servant d'interlocuteur face à une municipalité.
Parce que les élus ont besoin d'avoir en face d'eux des représentants des habitants.
Parce que la tentation est toujours forte de penser à la place des populations. De profiter d'un afflux de subventions pour mettre en avant des projets municipaux ou intercommunaux qui n'ont pas à voir directement avec le quartier et qui continue de le marginaliser.
Ainsi, l'exemple de la localisation du Siège de la communauté d'agglomération à La Madeleine n'a en rien servi le quartier et la destruction d'immeubles ne correspond pas à un besoin...
Accord sur le sujet entre Franck Martin et Jacques Caron. Jacques Caron dit qu'il a approuvé les destructions des barres de Saint-Hildevert, et même si la dimension du quartier de Saint-Hildevert n'a rien à voir avec Maison Rouge et a fortiori avec Nétreville ou la Madeleine, il s'agit d'opérations réussies et nécessaires pour la population ...
Désaccord entre Jacques Caron et Franck Martin sur le financement des projets par les locataires eux-mêmes par le biais du 1 % logement qui devrait leur revenir en priorité... Mais c'était plus un problème de présentation...
Sur le fond, le principe est le même : faire en sorte que l'argent bénéficie d'abord aux populations qui en ont le plus besoin.
Jacques Caron a cité, bien entendu le loupé magistral du Long Buisson ... qui était censé permettre par une politique de défiscalisation, l'arrivée d'entreprises à proximité de la Madeleine. On en arrive à voir tous les cabinets médicaux et agents immobiliers à l'affût des quelques sous proposés et offrent un parking gratuit à leur patients ou clients tout en dégarnissant le centre-ville et en n'offrant pas un seul emploi à la Madeleine voisine.
Le projet de Val de Reuil s'annonce, quant à lui, comme un projet qui tourne le dos à une population en demande pour satisfaire une révolution urbaine qui a pour but de tourner dans l'autre sens le bâton de la première révolution urbaine celle qui a eu lieu il y a 30 ans.
D'ailleurs, un café radical sur l'histoire et l'impact de Val de Reuil semble s'imposer...
Tout simplement parce qu'avec l'urbanisme, on est au coeur de la politique et de la politique locale en particulier. Que ce soit dans ses réussites, dans ses échecs, dans ses attentes ... dans son projet. C'est ce qui transparaît dans les critiques du Scot, et le manque de hauteur des élus... qui ont là le réflexe inverse de repli sur soi...
Mais il n'y a pas de politique locale sans projet, sans volonté d'agir ni sans respect de la population.
C'est le sens que nous voulons donner à nos cafés radicaux. Il faut nous donner les armes pour comprendre, sortir des préjugés... aider à la définition des projets dans une indispensable démarche humaniste.
Rendez-vous au prochain café.
Merci à tous.



mardi 28 septembre 2010

Derrière la rigueur ...

(traduction : "intéressant, la distance entre riche et pauvre n'est pas aussi importante que ce qu'on pensait)

Deux informations se télescopent dans l'actualité... La première est le résultat d'une étude faisant apparaître que le taux de personnes vivant au dessous du seuil de pauvreté (75 % du smic) est resté stable à 13 % par mois. La deuxième est l'annonce par le gouvernement d'une hausse du prélèvement auprès des organismes HLM, dans le cadre de la lutte contre les niches fiscales.

La répercussion de cette hausse a toute chance de se traduire par une hausse des loyers des logements sociaux. Le prg d'Ille et Villaine dénonce dans un communiqué la volonté gouvernementale (pour en savoir plus, cliquer ici ). Nous voilà, par ricochet au coeur du problème qui sera soulevé lors du prochain café radical. Selon la Fondation Abbé Pierre, le coût de la vie a augmenté de 20% en dix ans, les loyers HLM ont été relevés de 29%, et les prix de l'immobilier, de 107%, obligeant certains ménages à consacrer plus de 50% de leurs revenus à leur logement.

C'est la situation dénoncée par Jacques Caron qui démontre la dérive d'un mode de gestion financiarisé des grands organismes de logements sociaux et celle-ci se trouve tout naturellement appelée à être amplifiée par le type de mesures envisagées par le gouvernement... qui s'apprête à faire payer par les plus pauvres des choix catastrophiques qui mènent au non renouvellement des logements sociaux et à leur ghettoïsation, lors même qu'on refuse toujours de s'attaquer au bouclier fiscal...

On aurait pu espérer voir dans la politique annoncée de mettre fin aux niches fiscales une remise en cause des avantages particuliers. On en est loin .... La mission redistributrice de l'impôt, ou même la simple recherche de moyens de mettre en oeuvre les politiques d'intérêt général est ignorée. Face aux difficultés des quartiers, la seule réponse de Nicolas Sarkozy a été policière. Or, outre le fait qu'elle est inadaptée, elle est loin de résoudre les problèmes des populations des quartiers. On est dans le mépris le plus absolu.


samedi 25 septembre 2010

Quartiers brisés ... notes de lecture

Notes de lecture sur l'ouvrage de Jacques Caron Quartier brisé, habitants spoliés, éditions Non lieu :

Jacques Caron situe sa démarche politique à partir de sa personne, de son histoire, c'est de la plus grande honnêteté et c'est passionnant pour le lecteur.

Au lieu d'une approche théorique de la politique de la ville, nous avons l'approche d'un militant, élu d'une association de locataire, qui devient très vite adjoint à l'urbanisme de la ville d'Evreux en 1977 sous la municipalité Plaisance. Derrière cette histoire personnelle, il y a toute l'histoire d'un quartier neuf, qui va structurer la vie politique ébroïcienne à partir d'une population nouvelle, qui a soif de convivialité, de participation, d'avenir et d'action.

Voilà qui donne à la Madeleine et à la problématique de la ville un éclairage tout particulier. On est loin de l'image misérabiliste de quartiers qui ne seraient bons qu'à détruire dans le cadre d'une conscience charitable...

Le livre commence donc par la démarche introspective de Jacques Caron, avec de réels bonheurs d'écriture, je n'en retiens qu'un seul : écrire est un moyen de retrouver le sommeil.

Gardez votre colère

Jacques Caron est un militant. Incapable de se notabiliser après avoir été des années adjoint au maire et représentant des locataires dans les organismes départementaux, il a fait face aux incompréhensions de ses collègues élus, de fonctionnaires d'Etat, parfois de fonctionnaires territoriaux... mais le fond de son engagement, il le doit aux habitants, à ses voisins, à ses idées. On le sait, Jacques Caron est celui qui déclare qu'on ne démissionne jamais. On sent chez lui l’incapacité à renoncer à ses idées ou de se défaire des engagements vis-à-vis d’une population qui l’a élu.

Et pourtant, il n'y a pas eu de cadeau pour lui dans son engagement. Son livre commence par la campagne municipale récente de 2008 … ce retour permet de vibrer sur des événements récents vu du coté des perdants, mais là n'est pas pour lui la vraie défaite. Ce qui lui tient à cœur sera écarté du programme de la liste à laquelle il appartient... celle de Rachid Mammeri, estampillée PS, le parti de Jacques Caron. Rien sur les quartiers, rien sur son quartier, alors que la Madeleine a été au centre de l'actualité 3 ans auparavant. Et voilà que pour ses convictions, Jacques Caron va perdre des amis militants. Conseiller municipal, chargé du chauffage urbain pendant 41 ans. Jacques Caron a des idées qui dérangent et qui s'appuient sur la réalité quotidienne de ses voisins. Sa solution pour les quartiers n'est pas spectaculaire. "Nos quartiers ne s'en sortiront qu'avec un peu moins de gaspillage et un peu plus de démocratie".

L'errance continue. Jacques ne comprend pas qu'on détruise en 2004, de bons immeubles construits en 1977 avec les conséquences que cela suppose.

Jacques Caron marche. Sur fond de faits divers abominables. On se souvient de l’assassinat d’un jeune homme à La Madeleine et de la stigmatisation du quartier qui a suivi … L’occasion de justifier la transformation du quartier... sauf, le père de la victime n’habite pas dans les grandes tours, mais dans un logement à coté, censé servir de modèle …et le meurtrier habite une zone pavillonnaire à proximité...

De mauvaises réponses à de bonnes questions

et de bonnes réponses à de faux problèmes,

Sur les quartiers, tout le monde s'est trompé et notamment Rolland Plaisance qui voyait l'axe Evreux-Orléans, comme le cœur et l'avenir du quartier ... Il s'agit d'une erreur historique, celle que tout le monde a fait. Rolland Plaisance est revenu dessus.

Jacques Caron a des inquiétudes depuis le début. Il sait que les travaux commencés auront pour conséquence une augmentation des loyers et une augmentation des charges...Le préfet répond par un mensonge : "si les locataires ne peuvent pas payer, l’état paiera".

L’Anru devait permettre la mixité du quartier, c’est le contraire qui s’est produit.

L’Anru organise la pénurie de logement….ce n’est pas l’État qui paie mais le locataire, le contribuable local … Le 1% logement avait pour but de promouvoir le logement social... il est selon Jacques Caron dévoyé de ses buts en favorisant une mixité sociale qui est financée par les moins fortunés ...

L'errance continue. Jacques Caron ne supporte pas les travaux qui déstructurent déjà le quartier. Les camions bennes ne peuvent plus circuler, un détail ….

Le contre-pied de Jacques Caron

Jacques Caron soutient le modèle de l’habitat collectif La promotion du modèle pavillonnaire amène à un rejet encore plus fort de l’habitat collectif...

Il dénonce le rôle déterminant des banquiers dans la politique du logement social (je laisse le lecteur à l’ouvrage de Jacques Caron pour la démonstration par les chiffres) pour obtenir des aides … Pour obtenir des subventions, on rejette les offices d’hlm privés qui permettent un dépassement du plafond et on laisse ensemble les bas revenus. Fin de la mixité annoncée.

Jacques Caron dénonce aussi l'escroquerie de la zone franche. Censée amener de l’emploi pour les habitants de la Madeleine, elle a juste permis aux entreprises, parmi lesquelles les médecins, notaires du centre ville, mais aucun habitant de la Madeleine n’a profité de la mesure et le quartier continue à s’isoler socialement alors que la solution, c’est l’emploi !

La gestion des organismes hlm : une question très politique

« Le Gip phare de la Madeleine ne marche pas parce qu’aucun élu n’a jamais voulu qu’il marche », ce sont les propos de Guy Lefranc, élu de l'équipe Debré/Nicolas sur la tentative d'une démarche originale pour la gestion des travaux... mais un GIP, groupement d'intérêt public n'a de sens que dans le cadre d'une démarche politique volontariste... Or, la démarche sur les quartiers ne peut être réussie que si les politiques ne considèrent pas les politiques d'Etat comme le moyen d'obtenir des subventions...

C'est peut-être cette incompréhension même qui a valu à Jacques Caron de perdre ses délégations d'adjoint en 1998, 3 ans avant les municipales perdues par la gauche en 2001...

Tout cela, et bien d'autres choses encore, Jacques Caron, en parlera et approfondira le sujet lors du prochain café radical vendredi 1er octobre, confrontant son expérience avec celle de Ghislaine Baudet, adjointe à l'urbanisme de la ville de Louviers.

Jacques Caron m'a chaleureusement remercié de lui offrir la parole, alors que son propre parti lui a refusé... Mais nous, on n'est pas comme ça au café radical. Il suffit que quelqu'un ait quelque chose à dire pour qu'on lui donne la parole ...

PS (c'est le cas de le dire) : notre ami Jacques Caron dédicacera son ouvrage nécessaire à la fin du café radical...

Vendredi 1er octobre à 18h30, brasserie "le jardin de Bigards", 39 rue du quai à Louviers

mercredi 15 septembre 2010

La politique urbaine est elle compatible avec une politique sociale ?

Jacques Caron est une personnalité marquante dans le département. Il a été adjoint à l'urbanisme de la ville d'Evreux pendant 14 ans dans la municipalité de Rolland Plaisance.


Il a , comme lui, suivi l'évolution du quartier de la Madeleine qui a structuré l'évolution de la commune dès sa reconstruction après guerre. Sa modernité, sa vie associative, son bouillonnement a notamment donné à la ville un grand club de basket, de grands sportifs, et une vie politique intense, dont Rolland Plaisance a été la figure emblématique.

Mais La Madeleine a aussi une histoire beaucoup plus sombre. C'est là que les émeutes urbaines de 2005 ont été parmi les plus violentes en France, outre le fait qu'il s'agit du quartier urbain le plus important de l'Eure.

Tous ces ingrédients ont justifié une politique urbaine particulière.

Pour Jacques Caron, il s'agit d'un immense gâchis. A partir de cet exemple, il dénonce par ailleurs, le principe même de l'Oru, qui sous le prétexte de reconstruction des quartiers difficiles aboutit à une aberration.


Son livre, "Quartiers brisés, habitants spoliés", pose par son titre même le décor de l'action publique dans les quartiers...

Jacques Caron sera l'invité du prochain café radical : la politique urbaine est-elle compatible avec la politique sociale ?


Il débattra avec Ghislaine Baudet, adjointe à l'urbanisme à Louviers, qui parlera de son expérience et expliquera la démarche menée sur le Quartier Maison Rouge.

Une comparaison de points de vues et d'expériences passionnante...

Un café à ne pas manquer


Vendredi 1er octobre 2010 à 18h30

Brasserie "Le Jardin de Bigards"

39 rue du Quai

à Louviers