mercredi 26 août 2009

Primaires, dépêchez-vous de signer !


Terra nova est un think tank, comme on dit en Français, un réservoir de pensée qui est issu de divers courants du PS. Mais ils ne se contentent pas de penser, et de penser juste.
Le groupe avait relayé le principe d'organisation de primaires à l'échelle de la France qu'avait lancé le parti radical de gauche.
Le rapport de Terra Nova avait été gentiment enterré par la direction du PS.
De ce fait, beaucoup des tenants des primaires n'y croyaient plus trop.
Les faits en ont décidé autrement. Il n'y a pas que des suicidaires au PS. Les suites de bourdes pendant l'été ont enclenché des réactions salutaires.
Les initiatives d'Arnaud Montebourg (qui dès le début avait avec le PRG défendu le système des primaires), de Valls, de Vincent Peillon et de beaucoup d'autres ont fait en sorte que plus personne au PS ne peut ignorer la question. Cerise sur le gâteau, Laurent Fabius s'est dit favorable à cette initiative. Et Martine Aubry doit trancher sur le sujet à La Rochelle ce week-end.
C'est le moment que Terra Nova choisit pour lancer sa pétition. Elle est reprise à la une de Libération.
C'est encore l'été, sachons surfer sur la vague... et que celle-ci nous emmène au renouveau de la gauche et à la victoire contre le pouvoir sarkozyste.
Tout est possible !
Pour signer la pétition, cliquer là et suivez les instructions ...

mardi 25 août 2009

Combattre la mauvaise grippe !


Quand on ne se cache plus qu'on va mal, c'est le début de la guerison !

On a assisté cet été, à des phénomènes étonnants.

Souvenons nous des menaces de Martine Aubry, pas remise de sa victoire contestée, qui menaçait Valls d'exclusion ! Souvenons nous du mépris affiché envers les primaires proposées par le parti radical de gauche (c'est bizarre comme tout le monde parle des primaires sans rappeler que c'est au départ une proposition du prg ... thème d'ailleurs de notre dernier café... nous y reviendrons !).

Au PS, on n'a même plus besoin de se cacher qu'on souhaite contacter le Modem. On ne se cache plus qu'on a besoin des verts. On ne se cache plus qu'on va mal.... et c'est le début de la guérison. Puisse toute la gauche profiter de ce regain de forme et se donner les moyens d'affronter la mauvaise grippe.

Localement aussi, tout va pour le mieux. Tout d'abord, Fabius lui-même déclare que les primaires sont indépassables... Excellent ! On en discutera à La Rochelle, d'abord à l'université d'été du PS, ensuite à celle du prg... !

Et puis surtout, retour sur un échange de blog de l'été. Le café radical avait relevé sur le blog de Jean Charles Houel une hostilité manifeste contre la communauté d'agglomération Seine-Eure, et la volonté de s'installer à Louviers sous le prétexte que le Grand Rouen allait avaler ladite agglomération !

Mais les socialistes ont appris la souplesse cet été. Les articulations sont rouillées, mais le mouvement est lancé même si la lambada est encore un exercice douloureux.

Hommage est même rendu à l'action de Franck Martin et à la création de l'agglomération. Les radicaux ne boudent pas leur plaisir.

Reste quand même à les reconnaître effectivement, et comme parti et comme force de proposition au sein de la gauche. Et puis, reste à la reconstruire, cette gauche !

Aucune idée nouvelle n'est venue du parti socialiste depuis des années. Si le PS ne retrouve pas cette fonction, il est condamné, et la gauche avec lui ...



jeudi 20 août 2009

Les socialistes bradent Louviers et le territoire !

Qui a dit : "Si Seine-Eure adhérait à la Communauté de urbaine de Rouen, le problème serait résolu" ?

La réponse est sur la photo, et ce n'est pas Guy Auzou !
Simple constat : encore une fois, à Louviers, les socialistes délaissent le terrain de l'action politique locale qui fait pourtant leur félicité nationale.

Est-ce là le fruit d'une culture du parachutage qui a longtemps placé le socialisme local sous influence ? On a connu Alain Bureau et François Loncle défendant la défiguration de l'ancienne place du Becquet pour y faire passer la voie rapide, conformément aux voeux de l'État... avant que l'Etat lui-même admette la nécessité d'enterrer la route Evreux-Louviers.
On a connu François Loncle soutenir le déménagement du commissariat de Louviers à Val de Reuil contre toute évidence de service public (mais hélas, sur ce coup-là François Loncle a gagné et tant pis pour les lovériens)... Même chose pour Jean-Charles Houel, candidat socialiste aux cantonales défendant envers et contre tous la traversée de la vallée de l'Iton par le rail, uniquement pour faire plaisir au Président de la Région dont il recherchait l'adoubement...

Voilà qu'à présent les socialistes rejettent le déplacement du siège de la communauté d'agglomération à Louviers.
On le sait, au bout de dix ans, la communauté d'agglomération a atteint sa vitesse de croisière. Au delà de ses compétences obligatoires, elel remplit des missions indispensables aux communes et aux habitants et ses locaux sont devenus trop petits. : les locaux actuels sont trop petits.
Les préfabriqués qui entourent les locaux initiaux ne peuvent répondre aux besoins des services. Il y avait donc le choix soit de construire de nouveaux locaux sur site, soit de déménager. C'est ce qui sera probablement fait en raison de l'opportunité offerte par la création d'un programme immobilier réservé aux bureaux dans le centre-ville de Louviers.
Ce choix est d'abord budgétaire. L'extension des locaux sur le site entraînerait un surcoût de 3 M€. L'installation du siège de l'agglomération à Louviers n'aura pas pour conséquence de se substituer à la Maison de l'emploi. Les divers partenaires, et notamment le Pôle emploi, sont toujours à la demande de locaux adaptés.Les deux institution siègeront à proximité.
Que Louviers tire bénéfice de l'accueil du siège de l'agglomération est une évidence. Ainsi se trouvera renforcée sa fonction de centralité. C'est d'ailleurs celle-ci qui a permis la constitution de l'agglomération [1].

Bref, toute démarche rationnelle pousse à reconnaître le bienfondé de l’installation de la Communauté d’agglomération dans la ville-centre, ce qui est d'ailleurs le cas dans plus de 90 % des communautés de France.

Aussi les socialistes abordent-ils le problème autrement en remettant carrément en cause la vitalité de la communauté d’agglomération, anticipant sur la future agglomération de Rouen.

La ficelle est un peu grosse. Pour rentrer dans le giron fabiusien, on est visiblement prêt à tout. Adieu la crainte évoquée par le député François Loncle de voir arriver la chute des départements[1] !

Adieu le projet défendu par les socialistes d’avant 1981, qui prônaient 50.000 habitants comme nombre idéal pour aboutir à la démocratie locale, et chiffre de base des futures communes (ça datait de l'époque où le PS avait des idées et réfléchissait sur l'organisation des territoires. Ces travaux ont débouché notamment sur les lois de décentralisation. L'échelle de 50.000 habitant avait été reconnue comme étant le cadre idéal de participation démocratique)

Adieu le travail effectué depuis 10 ans autour des 29 communes de la Case !

Adieu ces longs débats, discussions, travaux, recherches, adieu le fabuleux essor économique du territoire, axé sur le développement durable...

D’ores et déjà les caciques socialistes locaux balayent le travail collectif, prêts à dissoudre la démocratie de proximité dans la machine bureaucratique alourdie de l’agglomération rouennaise, à la suite de l’agglomération d’Elbeuf.

C’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire.

Bien sur lorsqu’on habite à 30 km de Rouen, ce, il n’est pas question d’ignorer l'une des plus grosses agglomérations de France.

La Case n’a jamais fonctionné en camp retranché et s’est toujours ouverte aux partenariats. Le territoire, qui a prouvé sa vitalité est en attente du projet de loi sur la réorganisation territoriale qui aura lieu en septembre et qui aura des conséquences lourdes sur l’organisation de la démocratie locale sur le territoire de la Nation[2].

Bref, c'est la démarche qu'a mené Franck Martin en intégrant Seine-Eure dans l'agence d'urbanisme de Rouen, présidée par Pierre Bourguignon, député-maire de Sotteville-Lès-Rouen, permettant de définir ensemble un projet commun.
Les responsables locaux, ceux qui s'engagent au service des 60.000 habitants du territoire, ont démontré la vitalité de Seine Eure. Grace à eux, un réseau de transports efficace, un développement économique efficace, créateur d'emplois, le développement de services des eaux, du paysage, du ramassage des ordures ménagères dans un projet écologique efficace et performant, et la mise en réseaux des bonnes volontés des élus de 29 communes ont permis d'avancer.
Pour quel objectif, par quelle manoeuvre voudrait-on mettre fin à cette action exemplaire, novatrice, efficace et sans précédent ?

[1] Rappelons qu'une communauté d'agglomération doit faire au moins 50.0000 habitant et intégrer une commune d'au moins 15.000 habitants, Louviers étant seul à remplir ces conditions

[1] L’entrée des 60.000 habitants de Seine-Eure dans le Grand Rouen serait un autre coup porté au département de l’Eure que la suppressiojn du 27 sur la plaque d’immatriculation !

[2] Pour en savoir plus, lire le très bon artile du socialiste Malvy, président de la Région Midi-Pyrennées.en cliquant là.


lundi 17 août 2009

Quelques vérités sur le système de santé aux Etats Unis


Le Monde a publié récemment un article qui donne la mesure du combat actuellement mené par Barack Obama pour instaurer un système de protection sociale aux Etats Unis.

Le système français de Sécurité Sociale est suffisamment remis en question, et ce n'est pas fini, pour profiter de la défense inattendue qu'il connaît Outre-Manche, lors même que Barack Obama est accusé par les franges les plus réactionnaires du monde politique Etats-Uniens de vouloir instituer un socialisme rampant.

Les Britanniques outrés par les critiques américaines sur leur service de santé
LE MONDE 15.08.09 14h49
Londres, Correspondant


Gordon Brown et son épouse ont utilisé le site de microblogs Twitter pour chanter ses louanges. Le chef de l'opposition conservatrice, David Cameron, a promis de le protéger en cas de victoire aux élections à venir. Le Foreign Office a ordonné à l'ambassade britannique à Washington de répondre du tac au tac à ses détracteurs. La légende de la science moderne, Stephen Hawkins, atteint de sclérose amyotrophique latérale, maladie rare et implacable, a déclaré : "Je ne serai pas vivant sans lui."
Lui, c'est le National Health Service (NHS), le service national de santé britannique, entièrement public et gratuit, aujourd'hui au coeur de la campagne des opposants à la réforme du président Obama. Les contre-vérités assénées à propos du NHS ont révolté les sujets de la Reine, très attachés à ce système public, régulé, égalitaire, dans lequel l'Etat assume la délivrance des soins.
A écouter ses contempteurs américains, les patients au-delà de 59 ans n'ont plus droit à un pontage cardiaque tandis que les femmes de moins de 25 ans ne peuvent bénéficier d'un examen en vue de détecter un éventuel cancer du col de l'utérus. Toujours selon les mêmes, quatre patients sur dix n'ont pas accès à un cancérologue. Que dire de ces patients exaspérés par les listes d'attente qui vont se faire opérer à l'étranger ou qui s'endettent pour se faire remplacer une hanche dans le privé ? Avec des engagements budgétaires sous-jacents, le NHS est un service formalisé, planifié et centralisé... comme dans un Etat socialiste.


Philosophie holistique

De la désinformation pure et simple, répond le King's Trust, un bureau conseil spécialisé dans la santé, pour qui les statistiques utilisées par les anti-Obama datent des années 1980. Grâce aux investissements du gouvernement travailliste entre 1997 et 2005, le Royaume-Uni n'est plus, comme sous les conservateurs (1979-1997), une gigantesque salle d'attente. L'objectif pour une opération est une attente moyenne de dix-huit semaines contre dix-huit mois il y a dix ans. Un généraliste est vu au plus tard dans les quarante-huit heures contre trois à sept jours sous Thatcher-Major.
De nos jours, le Royaume-Uni consacre 8,4 % de son PIB à la santé contre 18 % aux Etats-Unis. Pourtant, la durée de vie moyenne d'un Britannique est supérieure à celle d'un Américain. La philosophie du NHS est "holistique", le patient étant totalement suivi dans la chaîne des soins. De plus, le patient étant aussi le contribuable dont les impôts financent le NHS, les généralistes sont encouragés, au nom de la planification des dépenses, à limiter les prescriptions pour éviter la surconsommation médicale en vigueur outre-Atlantique.
Dans la polémique transatlantique qui fait rage, le Times a peut-être apporté une note de sagesse : "Qui des Etats-Unis ou du Royaume-Uni a le meilleur système de santé ? La réponse est probablement : la France."

Marc Roche

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46 millions d'exclus
Couverture Au moins 16 % de la population n'est pas couverte par une assurance-maladie, soit 46 millions d'Américains.
Financement public Le programme fédéral Medicare prend en charge les personnes âgées de plus de 65 ans. Quant au programme Medicaid, il soutient certaines familles pauvres avec enfants. Seules ces deux catégories de la population bénéficient du système public financé par l'impôt.
Financement privé 58 % des Américains bénéficient d'une assurance privée souscrite par l'employeur. Les prestations varient d'une assurance à l'autre.
Principal problème Les dépenses de santé représentent 18 % du produit intérieur brut (PIB). C'est le taux le plus élevé au monde. D'après une étude du conseil économique de la Maison Blanche, il atteindra 34 % du PIB en 2040. La hausse des dépenses de santé est l'un des principaux facteurs contribuant au déficit budgétaire.


Article paru dans l'édition du 16.08.09

vendredi 14 août 2009

La vidéo auto-censurée

Oui, c'est pas bien de se moquer de ses petits camarades...

Mais enfin, c'est l'été, et on ne peut accuser personne de vouloir ridiculiser le PS, tant ce sont les socialistes qui se caricaturent eux-mêmes.

Il s'agit du phénomène de l'enlisement. Il y a dans le ridicule public quelque chose qui tient des sables mouvants. Vous ne bougez pas, vous vous enfoncez. Vous bougez : vous vous enfoncez encore plus.
Ainsi donc, après la claque aux Européennes, les coups de semonces aux radicaux, la lettre à Valls, les dénégations diverses, on attendait beaucoup des vacances.
Las, le PS au lieu de se faire oublier, a voulu faire un petit coup bien innocent : diffuser une vidéo interne sur la préparation de son université d'été ... Histoire d'envoyer aux media un message positif et militant... Mais vous savez ce que c'est, quand vous faites rire tout le monde, si vous essayez d'être sérieux, ça fait rire encore plus. Hors donc, le PS a publié la vidéo que voici .


Seul problème : la presse, humeur estivale oblige, s'est moqué...



Jugeant que le parti socialiste n'avait pas besoin de ça, le parti a retiré la vidéo se rendant alors encore plus ridicule... C'était le feuilleton de l'été sur l'enlisement du parti socialiste.

Une situation pas vraiment encourageante à quelques mois des régionales, juste avant de jouer au jeu de "qui veut faire alliance avec moi ? Un jeu qu'il vaut mieux aborder en situation de force...

samedi 8 août 2009

Générations Mitterrand... un 1/4 d'heure de sagesse

Louviers est en travaux... et une ville, superbe lieu de vie affiche dans ces transformations, les pans les plus inattendus de son passé.

Ainsi apparaissent les affiches les plus improbables de campagnes oubliées...

Alors, regardons-bien, ces affiches jaunes, ne rappellent-elles pas quelque chose ?
Allons voir de plus près... Qui est candidat à quoi ?
Disons-le en local : "ce serait-il pas Mitterrand par hasard ?"

Oui, Mitterrand. Déjà, celà ne nous rajeunit pas. Dernier et unique président de gauche de la Ve République, Mitterrand est mort depuis 1995. Mais que font ces affiches à Louviers ?

Allons, elles datent de 1988, la dernière campagne de Mitterrand ? Perdu ! En 1988, la campagne, c'était "Génération Mitterrand".

Non, alors ça date de 1981, il y a 27 ans ?

Perdu encore ! Pour ceux qui se souviennent, 1981, c'était la France tranquille, un effort pour rassurer la France conservatrice... qui pouvait voir dans l'alliance avec les communistes la fin d'un monde....

Non, ça date quand même pas de 1974 ? Et non, ça peut pas dater de 1974 ! En 1974, dans le combat entre Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, c'est ce dernier qui incarne la nouvelle génération ! Il a dix ans de moins que lui et joue la carte de la modernité....

Alors, c'est pas vrai ! Mais si ça date pas de 1974, ça date de la campagne d'avant, pas celle où la gauche se plante avec moins de 5 % des voix... avec Deferre ! Non, ces affiches ont 44 ans ! Elles datent de 1965 !!!

En 1965, le Parti Communiste qui marque son emprise sur la gauche grâce à la déconfiture socialiste, appuie la candidature de Mitterrand, président d'un petit parti : la Convention des Institutions Républicaines. C'est ce qui va permettre à Mitterrand d'obtenir un label de gauche et de faire oublier sa formule "l'Algérie, c'est la France, la seule négociation, c'est la guerre !", prononcée en 1954, alors qu'il était Ministre de l'Intérieur, et de réhabiliter une gauche non communiste dont les communistes ont besoin pour parvenir au pouvoir...

C'est 6 ans avant le congrès d'Epinay qui permettra à Mitterrand de prendre la tête du parti socialiste nouvellement créé, sur une ligne ouvertement à gauche qui lui permettra de construire le programme commun avec le parti communiste, condition de l'union de la gauche qui fera louper d'un cheveu l'élection présidentielle de 1974 .

En 1981, Mitterrand est élu président de la République sur la base d'un programme commun qui démontrera dans les faits son inefficience économique... mais qui n'empêchera pas Mitterrand de battre le record de longévité à la présidence de la République... Peu de temps après, en 1992, Lionel Jospin, futur 1er Ministre, en réclamera un droit d'inventaire...

Oui, ces affiches rappellent toute une époque, des époques même, celles des générations Mitterrand et des générations de la gauche.

Ah ! Si la gauche, si le parti socialiste avaient cette capacité de rénovation, de ravalement, de restructuration qu'on retrouve chez l'Homme et dans la Ville...
La gauche pourrait, tout en découvrant son passé et son Histoire, redonner espoir et tracer les perspectives de son développement, quelque chose dont nous, la gauche, la France, avons tant besoin !
C'était le 1/4 d'heure de sagesse du café radical !


jeudi 6 août 2009

Maroc, le sondage qui tue ...

Pour clore l'absence estivale, le café radical vous propose une rupture douce avec le commentaire d'une actualité exotique.
Le Monde a été interdit de vente au Maroc, parallèlement à la revue hebodomadaireTel Quel pour avoir osé publier un sondage sur le roi Mohammed VI.

A priori, au vu du résultat, personne ne peut comprendre une telle censure ayant amené la mise au pilori de 100.000 exemplaires d'une revue de référence pour les intellectuels Marocains.

En effet, il se révèle que 91 % des Marocains sont très ou plutôt favorables à l'action menée par M6 (le surnom populaire du Roi au Maroc). Comme Wilhem le fait dire à Sarkozy dans son dessin du jour sur Libé : "j'achète !"

Pourquoi, dans ces conditions interdire un tel sondage ?

Signalons tout d'abord que ce sondage est le premier de ce type réalisé sur tout le Maghreb, voire dans tout le monde arabe, ce qui d'ailleurs est tout à l'honneur du Maroc.

Les autres questions du sondage touchent à la personnalité du Roi, au protocole, à la lutte contre la pauvreté, et à la situation des femmes.

La personnalité du Roi n'est pas atteinte par son immense richesse (7e monarque le plus riche du monde, et l'une des fortunes les plus importantes d'un pays ou la misère est manifeste ... et où d'ailleurs le tiers des sondés jugent inefficace la lutte contre la pauvreté). Au Maroc, la population constate que la vie a changé depuis 10 ans, que le pays s'est modernisé et que c'est bon pour lui. Reste la question de la femme, dont le statut s'est profondément modifié par le code de la famille de 2004, qui en fait l'égal de l'homme sauf en matière d'héritage... 49% pensent que la réforme donne trop de droits aux femmes, 30% jugent qu'elle en donne suffisamment et ne doit pas évoluer, contre 16% qui jugent qu'il faut aller encore plus loin... (Pour les détails sur le sondage, cliquer ici)

On peut, on doit prendre ces éléments pour ce qu'ils sont, c'est à dire ceux d'une société en pleine évolution, qui a d'ailleurs permis aux personnes de s'exprimer librement....

Or, c'est là que le bât blesse. Bien qu'infiniment plus ouvert que son père Hassan II, le Roi a peur de son peuple, même si celui-ci lui est politiquement acquis. Il ne veut pas de sondage, il veut décider pour son peuple et ne pas avoir à lui rendre des comptes... C'est le message qu'il a donné à la presse, et c'est bien sur le message que la presse est incapable d'entendre parce qu'une presse libre aura toujours tendance à se battre pour plus de liberté...

Comme le dit le Canard Enchaîné :

la liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !