lundi 26 mai 2014

Le score du Front National ...

Une raison de plus de s'engager ...



 

 Communiqué de presse du parti radical de gauche :
Le terrible résultat des élections européennes éclaire celui des municipales et d’une montée en puissance de la défiance de l’électorat un peu partout sur le territoire national  et dans notre département en particulier.
Dans l’Eure, Vernon est la seule commune à n’avoir pas placé la liste de Marine Le Pen en tête des suffrages. Ailleurs, le parti d’extrême droite dépasse le score déjà terriblement élevé dans le reste de la grande circonscription du Nord-Ouest.
Les résultats donnent une ampleur inattendue à ce que les démocrates craignaient depuis le lancement de la campagne électorale : un rejet des partis gouvernementaux, un message européen inaudible entraînant la marginalisation de ses défenseurs, et une montée en puissance du Front National, réceptacle de toutes les rancœurs. Ils donnent a posteriori une explication crue sur les échecs supportés par la gauche lors des dernières élections municipales.

Et si vous étiez radical de gauche
sans le savoir ? La politique n'est
pas un gros mot. S'engager en 
politique est ce qu'on a encore
fait de mieux pour répondre aux 
atteintes à la démocratie et à
l'intolérance. 
Plus que jamais, le parti radical de gauche défendra l’Europe, et ses valeurs de paix, de fraternité, de liberté et d’ouverture au monde qui ont contribué à son édification. Face aux menaces consécutives à la montée du Front National il portera le projet du vivre ensemble et de citoyenneté et sera un soutien déterminé pour ceux qui sont indéfectiblement attachés aux valeurs de la République.

Dans ce contexte, le parti radical de gauche, plus que jamais convaincu que l’Europe fédérale est le seul projet viable sur le continent,  continuera de s’impliquer dans le combat politique de proximité. Il s’investira localement pour la construction du vivre ensemble autour d’un projet humaniste indispensable face à la montée des rancœurs  indigestes et des attitudes xénophobes.
Le délitement social est la cause première de la montée de l’extrême droite. La brutalité des perspectives rend plus que jamais nécessaire l’engagement politique et citoyen.  


 
Olivier Taconet
Parti radical de gauche
Président de la fédération de l’Eure

 

jeudi 15 mai 2014

Au secours la droite revient ... Au secours, l'Europe s'en va !


Mon discours pour les Européennes

A la demande de certains participants et de ceux qui n'ont pu assister au grand meeting du 14 mai, je reproduis le discours que j'y ai prononcé devant une assemblée nombreuse et attentive.





Ceci est un appel au secours




La droite revient, l’Europe s’en va ... Il s’agit de la plus mauvaise droite et il s’agit de la plus belle Europe !
Qu’il s’agisse de la plus mauvaise droite, tout le monde ici s’en rend compte. C’est la droite de Jean François  Copé  qui glisse à chaque fois que Marine Le Pen laisse traîner une savonnette. Un coup de Marseillaise, un coup de pain au chocolat. Une droite qui s’appuie sur tout ce qui sent mauvais, sans discernement. Une droite inspirée par le tea-party américain, qui n’a toujours pas digéré le poison de Buisson, cette droite qui met en avant des valeurs  que plus personne n’osait  défendre, qui s’est lancée sans nuance derrière les réseaux catholiques intégristes, prête à lancer et à relayer les rumeurs et les pensées les plus malsaines.  Une droite qui permet au Front National de se faire passer pour un parti acceptable, non seulement parce que les positions s’en rapprochent dangereusement, mais en plus parce que sur certains points, le Front National a une attitude plus modérée.
Le Front national est certes un danger d’une autre trempe. Malheureusement, pour contredire un auteur célèbre, s’il est un spectre qui hante l’Europe, c’est le spectre du populisme. Celui qui des néo-nazis de l’aube dorée en Grèce, à l’anarchisme identitaire de Grillo en Italie, en passant par la haine de l’Europe de l’Ukip en Grande Bretagne et les nostalgiques du parti Jobbik hongrois  ... qui allient la nostalgie de l’empire d’avant 1914 à la haine des tsiganes, des juifs et finalement de tous ceux qui refusent l'intolérance ...
Alors, oui, l’Europe ne montre pas son plus beau visage. Au lendemain d’une nouvelle noyade de masse au large de la Sicile, dont on a à peine entendu parler en France, on ne peut que reprendre la phrase de Matteo Renzi, le nouveau président du Conseil Italien, qui a dit hier “ L'Europe ne peut pas s’occuper de sauver les Etats et les banques et laisser mourir des mères avec leurs enfants”.
Alors quand je parle de l’Europe qui s’en va, je ne parle pas de ça, de tout ce qui fait horreur en Europe, mais qui n’a rien à voir avec ce que fait l’Europe ... Ce qui fait horreur en Europe, c’est ce que l’Europe ne fait pas. C’est ça, l’Europe qui s’en va, c’est celle de l’ambition politique. C’est ce manque d’ambition qui nous paralyse. Un vieux copain me le disait encore la semaine dernière : “oui, les élections européennes, bof ...”, ce à quoi je lui ai répondu : “ne pas voter, c’est voter Le Pen !” ...  Avouez que c’était bien vu, c’était juste avant que j’apprenne qu’elle était tête de liste chez nous ...
N’empêche, mon copain m’a répondu : non, on m’aura pas encore ce coup-là !
Ah bon ? Mais c’est quoi, alors, se faire avoir ?  C’est quoi cette confusion qui traine un peu partout dans l’opinion ? Celle qui consiste à dire : je veux m’opposer à l’Europe des banquiers. C’est bien ! Ca sonne beau, propre et généreux ... Ca sonne de de gauche, même si c’est repris par Dupont Aignan et le Front National.  Seulement si, pour s’oposer à l’Europe des banquiers, on refuse de voter, alors là, on a vraiment tout faux. Ne pas voter, c’est affaiblir la démocratie et affaiblir l’Europe. Affaiblir la démocratie, parce que, finalement, l’Europe des banques se passe très bien d’un parlement européen, avec des parlementaires exigeants et pointilleux qui passent leur temps à emmerder les Etats et les Banques au nom des principes qui les ont fait élire. Affaiblir l’Europe, c’est affaiblir l’action, la volonté politique. C’est revenir à des Etats plus faibles dans un monde économique et politique de plus en plus intégré. Bref, affaiblir l’Europe, c’est affaiblir la France, c’est donner tout pouvoir aux banquiers, à la finance, qui ne demande que ça d’avoir affaire à des Etats affaiblis.
Il faut sauver l’Europe. Pour les radicaux de gauche, fédéralistes et viscéralement attachés au projet Européen, c’est la question centrale. Les radicaux de gauche ont choisi l’alliance avec les socialistes, dans le gouvernement comme dans la bataille des européennes. C’est un choix cohérent qui concilie loyauté et indépendance. Il ne s’agit pas pour nous rendre l’Europe, le monstre bruxellois responsable du  nécessaire redressement de nos finances publiques. Nous pensons même que c’est  l’absence d’Europe, l’absence de politique européenne, qui rend plus brutal encore la réponse  de l’Etat à la difficulté économique. En tenir l’Europe pour responsable est un mensonge. Pour les radicaux, l’Europe n’est pas le problème, c’est la solution. Tout ce qui pousse au repli sur soi, à la peur, au rejet de l’autre ne peut nous entraîner que sur la mauvaise pente qui rend si fort le front de l’intolérance, le rejet des valeurs que la France a offert au monde, et qui menace  l’Europe à ses portes, en Ukraine, en Syrie et ailleurs.
 
Le message radical est simple : plus il y aura d’Europe et mieux le monde se portera. Le 25 mai, il faut voter, il faut voter pour parce que nous sommes concernés par l’Europe, dans notre vie quotidienne, comme dans la défense des valeurs qui nous constituent. Il faut voter pour l’Europe, il faut voter à gauche, il faut voter pour les listes socialistes et radicales ...
 
 

 

mardi 6 mai 2014

Européen comment ? Européen vraiment ? Faites le test ...

En attendant le café !

Le Monde propose un test amusant qui vous permettra de vous mettre les idées en place. Quel type d'Européen êtes-vous ? Je vous dirai pour qui voter ...  Pour le savoir, il suffit de cliquer ici.
Le titre du prochain café radical, pose effectivement bien le problème "Sommes-nous encore Européens ?" ... Il le pose tellement que les sondages ont repris quasiment la même question  et finalement,  à bien regarder les réponses, il n'y a pas : les français se sentent européens....
Dernier sondage qui fait parler, celui de Libération fait par via voice. Il révèle que l'Europe existe pour les Français. Ils râlent certes contre l'Union Européenne (pour 49 % d'entre eux, elle évoque quelque chose de négatif)  ... mais  60 % des sondés rejettent l'idée de sortir de l'Europe. Pour la sortie de l'Euro, 59 % !
Sans doute d'ailleurs, est-ce parce qu'il est inconcevable de sortir de l'Euro et de l'Europe que l'on peut se permettre de cogner sur l'institution ... qui, à tout prendre est beaucoup moins impopulaire que le gouvernement français.  
Mais ce n'est pas tout. Si l'on sent une montée du discrédit de l'Union Européenne, on lui demande aussi de plus en plus de choses et notamment de s'attaquer au problème du chômage, c'est à dire de politique ... Et voilà, je suis complètement d'accord avec les français là-dessus .. et je ne sens pas de montée du discrédit vis à vis de l'Union Européenne, en tout cas pas de son principe même.
Ces mêmes instituts de sondages qui disent que 60 % des français vont s'intéresser au scrutin. C'est 6 points de plus que pour les élections d'il y a 4 ans ... alors, même si l'on attend 40 % de votants ... il ne faut pas désespérer.
J'ai déjà dit qu'en période de crise, la première tentation consiste précisément à faire exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire ... C'est à dire à persévérer dans une attitude qui a été à l'origine de la crise.
Ainsi, alors qu'on pense qu'il n'y a pas assez d'Europe, que le parlement n'a pas assez de pouvoir face aux Etats ... On décide de ne pas voter et rendre ainsi le parlement de moins en moins représentatifs des peuples. Un peu la même attitude que lors des émeutes de 2005, où la jeunesse des cités réclamait plus de République et d'égalité en s'attaquant aux équipements publics, aux bus, aux pompiers ...

Odile Leperre-Verrier, ancienne députée
européenne, permettra à chacun de mieux
comprendre les enjeux de l'élection
européenne.
Mais on peut prendre le problème par tous les bouts, rien ne remplace le débat et l'engagement populaire pour l'Europe. C'est la seule voie pour que l'Europe soit mieux qu'un outil de réajustement des politiques nationales, qu'elle puisse être un projet qui lui permette de se faire écouter dans le monde, aussi bien par les grandes puissances, Etats Unis, Chine, Russie, que par les banques.
Visiblement, malgré les discours simplistes hurlés par quelques dingues et répertoriés à loisir par les médias, la grande majorité des Européens sont contents et conscients de l'être ... Mais pour combien de temps.
Ce sera l'objet du débat vendredi 23 mai,
à 18h30 avec Odile Leperre-Verrier 

Sommes nous encore Européens ?

Café Radical
Brasserie "Le jardin de Bigards"
39 rue du Quai
Louviers

mardi 29 avril 2014

Sommes-nous encore Européens ?


L'Europe, un souvenir, déjà ?
Mauvais climat. Poutine joue les gros bras. Le budget de l'aide alimentaire européenne est réduit. Les Etats Unis menacent l'Europe dans les négociations sur le traité d'échanges transatlantique. Valls présente son pacte de stabilité économique dans la défiance de la gauche. Et jusqu'à Cohn-Bendit qui prend sa retraite de député européen.  Dans ce cadre, lorsqu'on apprend que les instituts de sondages prévoient 35 % de participation aux élections du 25 mai, on n'est pas surpris plus que ça.
Et pourtant ! Ne sont-ce pas là que de mauvaises raisons. L'Europe va mal. D'accord ! Pire que cela, elle est en danger. Son mal chronique, sa faiblesse intrinsèque se renforce avec le temps. L'Europe souffre de ce qu'elle n'existe pas, ou peu. Géant économique et nain politique, et encore son poids économique diminue-t-il régulièrement. "Bruxelles, voilà l'ennemi !" disent en cœur les gouvernements et les europhobes ... Et pourtant ! Bruxelles, lieu de la commission européenne, où tous les accords se négocient entre États est bien sur l'ami de tous gouvernements européens. Il leur autorise tous les accords d'État à État... bien loin de la construction du projet Européen. Cette façon de faire à Bruxelles est au premier chef ennemie de l'Europe, pas des États. et c'est l'Europe, ce sont les peuples qui en sont victimes.
Oui, l'Europe va beaucoup plus mal que quand elle était à 6, beaucoup plus mal que quand elle était en capacité de s'élargir aux États fuyant l'influence du communisme et s'ouvrant à la liberté, beaucoup plus mal que quand elle était capable de créer l'Euro.
Et pourtant, pourtant, si l'on regarde de près le sondage cité plus haut, un fait est clair : l'opinion française reconnait l'importance de l'Europe dans sa vie quotidienne, et ne souhaite ni en sortir, ni sortir de l'Euro.

Bernard Guetta, devenu européen en même
temps que nous tous, finalement. Cliquer
 pour lire le compte rendu de sa conférence

Alors que faire pour faire vivre l'Europe, pour la faire progresser, pour la rendre plus sexy ? Bernard Guetta insiste pour que le président de la commission Européenne, ne soit plus choisie par les États, mais par le parlement, comme le stipule le Traité de Lisbonne.
Pourquoi écris-tu Verts avec un V et Radicaux avec un r ? et les Citoyens ...

Dommage d'ailleurs que les partis n'aient pas repris le principe à leur compte... mais pas encore de quoi enthousiasmer les foules. Je suis d'accord.

soif de débat ?
Un café radical s'impose !
Et pourtant, c'est par ici que se trouve la solution. Les élections Européennes sont importantes parce qu'elles légitime l'idée même d'une Europe faite par le peuple, par les citoyens.
Et dans cette Europe compliquée, les partis politiques se défilent, en attendant passer l'orage europhobe qui a succédé à la pluie eurosceptique. Peut-être dans l'espoir d'une éclaircie post électorale ? Mauvais calcul.
Les politiques se défilent ? Non, pas tous ! Heureusement, il y a les Verts, et il y a les Radicaux.. seuls à défendre clairement une Europe fédérale, une Europe des citoyens, l'Europe de l'avenir et du présent.
Aussi le café radical lance-t-il le débat.

Odile Leperre Verrier, radicale de gauche,
ancienne députée européenne.
Sommes nous encore européens ?
Débat animé par Odile Leperre-Verrier, ancienne députée radicale européenne. Elle répondra à toutes vos questions.

Café radical
Vendredi 23 mai à 18h30
au "Jardin de Bigards"
39 rue du Quai
27400 Louviers



 










dimanche 27 avril 2014

12 years a slave

Nos ennemis dessinent notre visage. Avant son enlèvement,
Solomon Northup n'imagine pas pouvoir un jour être esclave,
tout juste s'il se vit comme noir... un peu à l'image de ce que
racontent ces rescapés des camps, qui avant l'antisémitisme
d'état ne se vivaient pas comme juifs.
C'est un film terrible.
On me pardonnera d'en parler de manière décalée, quelques mois après sa sortie.
Il se trouve que je ne me suis donné l'occasion de le voir que la semaine dernière. Après tout, pour un film fort, quelle importance. Il est appelé à rester une référence pendant longtemps.
Le film raconte une histoire terrible et vraie.  Un jeune père de famille, musicien, habitant New York, se voit proposer un projet de tournée par deux imprésarios. Au cours d'un passage à Washington,  les deux agents boivent avec lui, le soûlent,  et se révèlent être d'infectes escrocs, ce que notre héros ne comprend vraiment qu'en se réveillant enchaîné au fond d'une geôle et sa vie bascule ... pour douze ans. Le voilà transformé en esclave. Et là au delà du cauchemar, nous avons la peinture insupportable de ce qu'a été la vie quotidienne de millions de gens dans les états du sud des Etats Unis d'Amérique au XIXe siècle.
Avant ce film, je me suis souvent demandé comment ça se passait de devenir esclave, par quelle magie on pouvait passer du statut d'homme libre à celui d'esclave. Le film y répond en quelques secondes. Après une nuit de conditionnement physique, enchaîné, quelques coups douloureux à chaque velléité d'autonomie, on en arrive à accepter une identité nouvelle et tout dérape par le choix qu'on fait de vouloir survivre, choix d'autant plus évident qu'on ne comprend pas ce qui vous arrive. 
La réalité arrive rapidement, entre son achat par un grand propriétaire, qui n'accepte qu'à contre-cœur de posséder des esclaves, ce qui ne l'empêche nullement d'être un rouage d'un système forcément inhumain. Entre les enfants qu'on sépare de leur mère par calcul financier, ce calcul financier qui se trouve être la protection de chaque acteur dans l'abomination esclavagiste. 
Ce n'est pas tout. En fait, le premier travail consiste pour l'esclavagiste de couper "son bien" de son humanité et de son identité. Ainsi, l'esclave ne possédera rien, pour mieux être possédé, et ne devra faire preuve d'aucune compassion. Cela donne les scènes terribles où l'on passe à côté de supplices, pendaisons (punition réservée aux tentatives d'évasion ou aux rebellions), peines de fouet (punition réservée à ceux qui ne ramassent pas assez de coton), en devant ignorer la scène.
Les deux heures du film sont une suite d'horreurs, mais aucune d'entre elles n'est gratuite. Elles ont toutes un sens qui nous permet de comprendre l'abomination historique et l'horrible contrainte psychologique, sociale et physique qui nous permet finalement de comprendre que nul ne peut se sentir totalement étranger à ce phénomène. Sans doute les scènes que l'on retiendra sont celles où l'on voit le héros du film contraint de fouetter la femme qui est amoureuse de lui, conséquence d'un caprice de la propriétaire, de même que celle où pendant de longues minutes notre héros résiste à une pendaison en se tenant debout dans une terre boueuse avant que son sauveur de propriétaire ne vienne le tirer de là... et pendant ce temps là, autour du supplice, chacun s'indiffère. Parce que le plus fort est bien  cette terrible ambiance, cette lâcheté comme mode de survie, ces personnes torturées, pendues devant soi, et sur lesquelles toute compassion, toute question est impossible sous peine de mort... Alors on passe devant le paysage abominable, en digérant l'indigérable.
Mais rien n'échappe au désespoir, si ce n'est la certitude que cela se terminera bien. Puisqu'on sait qu'il s'agit d'un récit, c'est que le héros s'en est tiré ! Et puis on sait aussi que l'esclavage sera aboli aux Etats unis, mais il aura fallu plus de trois siècles, le héros lui est mort après1957, soit 4 ans après sa libération et douze ans avant l'abolition officielle de l'esclavage ...
Ce n'est que par l'intervention judiciaire qu'il parvient à être libéré, l'esclave ayant pu faire parvenir un message à sa famille et à ses proches par l'intermédiaire d'un travailleur libre. Rappelons qu'il s'agit d'un rapt. Le juge vient donc soustraire le propriétaire de son bien sous ses hurlements... et sous les regards de ses frères en esclavages pour lesquels la loi ne peut encore rien.
Christiane Taubira, descendante d'esclave, à l'origine de la
loi qui reconnait l'esclavage comme crime contre l'humanité.
Et voilà ! Après 12 ans, Solomon Northup retrouve son identité et sa famille. Sa petite fille est devenue mère de famille, il revoit sa femme, son gendre, ses enfants. Et que leur dit il après ces douze années d'enfer ? 
"Pardonnez-moi ..."
Dans cette demande sans doute réside toute la culpabilité, celle-là même sans doute qui lui a permis d'endurer et de supporter l'insupportable. Toute cette faute intégrée qui lui a permis d'écrire le livre à l'origine du film, qui l'a déterminé à se battre pour l'abolition de l'esclavage, mais qui ne l'a pas pour autant transformé en héros. 
Solomon Northup est mort incognito, on ne sait où et on ne sait pas exactement quand ... Il aura eu le temps d'écrire un livre, oublié repris 150 ans plus tard par le réalisateur britannique Steve Mac Queen (rien à voir avec l'homonyme célèbre).
Solomon Northup aura juste été indispensable à l'humanité.




jeudi 24 avril 2014

Encore la Commune !

Fallait-il un nouvel ouvrage sur la commune de Paris ? Ben oui ! Celui de Robert Tombs  est passionnant, et bouleverse les idées reçues et, en quelque sorte, les explique. Parce qu'avant d'être reçues, les idées ont été envoyées.
Ainsi revient-t-il sur un événement majeur dans l'imagerie révolutionnaire qui a nettement dépassé la France et qui doit son succès notamment à ce que Marx avait voulu y voir : la préfiguration de la révolution mondiale ... rien de moins ... et la justification de ses théories.
En faisant ça, Marx n'a pas seulement donné un sens à ses théories, que l'histoire a cruellement révélé fausses, mais il a aussi lancé la mode de ce que j'appelais le socialisme exotique et qui a mené des tas de jeunes gens de par le monde à soutenir les plus monstrueux des régimes, qu'il s'agisse de la Chine de Mao, de la Russie de Staline, du Cambodge dit honteusement Kampuchéa démocratique, sans oublier Cuba ... avec non seulement l'idée que c'était mieux ailleurs puisque c'est là qu'était l'utopie, mais que du fait que cela se passait ailleurs on pouvait se voiler la face et ignorer toutes les perversités des pouvoirs dictatoriaux exercés au nom d'un monde idéal  ... 

Titre paradoxal, emprunté à Vallès,
sans doute un clin d'œil de l'éditeur
anarchiste, à moins que ce ne soit lié au
traducteur José Chatroussat ...
Le fond de l'ouvrage dit tout le contraire.
Il est le tombeau des émeutes parisiennes,
il est le socle de la 3e République, ou les
radicaux ont joué un rôle prédominant.
Marx a beaucoup écrit sur la commune. Sans doute n'a-t-il pas perçu cette dimension exotique du socialisme, et pourtant ... Il n'y était pas étranger lui-même... à vouloir que la France, soit le catalyseur du communisme en acte, et faisant dire aux communards ce qu'ils n'avaient jamais dit, ni voulu, ni représenté. Mais après tout, l'un des effets de la commune a été aussi de servir de modèle à Lenine, grand admirateur de Marx. Lénine lui-même a dansé de joie le 73e jour de la prise de pouvoir par les bolchéviques parce qu'ils venaient de battre le record de la commune qui avait duré 72 jours. Cet aspect peut sembler dérisoire. Il est en fait la preuve de l'importance de la commune dans l'imaginaire révolutionnaire et même plus. Il était la référence. La référence utopique et exotique des révolutionnaires russes qui d'ailleurs reprirent l'hymne communard "l'internationale" comme hymne national. Exemple unique dans l'histoire de l'humanité.
Mais au delà de l'interprétation qui en fut faite, par Marx d’abord, et de ceux qui, à la suite ont eu besoin de cette analyse pour prospérer ... au delà de l'interprétation qui en fut faite, la Commune, c'était quoi  au juste ? Tel est l'objet de l'ouvrage du britannique Robert Tombs ... qui, loin de tout exotisme, permet de mieux cerner la réalité de l'événement, dans un contexte qui reste difficile, tellement la gauche française reste encore accrochée aux illusions qui lui restent.
C'est d'ailleurs ce que montre le titre de l'ouvrage en Français : 
 Paris Bivouac des Révolutions. Cette traduction est scandaleuse, vu que non seulement elle n'a rien à voir avec le titre anglais the Paris commune 1871 mais qu'en plus, le bouquin démontre le contraire ! L'expression "bivouac des révolutions" est une formule de Vallès qui voulait montrer que le modèle communard était derrière chaque révolution à venir. C'est précisément le contraire de ce que démontre l'auteur, l'historien Britannique Robert Tombs... et ce, quoi qu'en pense le traducteur, fondateur de Lutte Ouvrière à Rouen, avant de s'en faire virer quelques années plus tard.
Je livre en quelques lignes ce que démontre l'ouvrage. La première c'est que la Commune n'est pas un soulèvement prolétarien. Patrons comme ouvriers et gens du peuple ont participé à la gestion communale d'un Paris délaissé, s'y sont livré avec passion dans un climat politique tout à fait particulier venant à la suite de la défaite militaire de la guerre de 70, de la fin du 3e empire, et préfigurant la 3e république. Parce qu'en fait, la vision politique des communards était très radicale, au sens politique de l'époque, c'est à dire des radicaux qui allaient fonder la république et qui refusaient le bonapartisme et la droite ... Bien sur, l'extrême gauche était présente, très en force et très divisée ... déjà, mais ce qui était encore plus présent, c'était le rêve républicain, celui de 1789, celui des trois glorieuses de 1830 et de la seconde république de 1848. 
Oui, c'est bien la République qui est au cœur de la Commune, beaucoup plus qu'une démarche prolétarienne s'opposant à la bourgeoisie, d'autant que les bourgeois revendiqués participent au mouvement, qui, il est vrai aura une fin tragique, orchestrée par une droite terrorisée par le vent de liberté que portait l'idéal républicain, dans le cadre fragile que connaissent tous les pouvoirs après une défait militaire.
Bref, voilà qui replace complètement la Commune dans son vrai contexte social, historique, débarrassé de la poussière des illusions. C'est un livre d'autant plus passionnant que, ici, comme souvent, à tout prendre, la réalité est plus belle que le rêve ... Surtout qu'en politique, bien souvent, le rêve, quand il se mêle à l'analyse ne sert guère qu'à prendre les gens pour des imbéciles. La commune, comme réalité républicaine, donne davantage de leçons pour comprendre le présent et l'avenir que l'utopie révolutionnaire porteuse de tant de massacre.  



mardi 15 avril 2014

Allez Louviers !

Battus, mais pas abattus !


Au risque de décevoir Didier Juhel, nouveau
Autour de Franck Martin, la vieille garde et la jeune garde en 
conférence de presse préparent l'avenir . Allez Louviers !
conseiller municipal, qui jugeait déplacé de se trouver attaqué là où ça faisait mal, ce n'est pas parce que l'équipe de Franck Martin est battue qu'elle va se taire.

Elle se taira, en toute légitimité d'ailleurs, lorsqu'elle n'aura plus rien à dire ... ce qui n'est pas près d'arriver. Quel respect ce serait vis à vis des 42 % de lovériens qui ont voté pour elle que de n'avoir que des muets pour porte-parole.

L'opposition fera son devoir ... et même un peu plus.

L'opposition sera le porte parole d'un projet, celui qui a été exposé pendant la campagne municipale. Elle sera le porte-parole de ceux qui s'était attaché à une ville vivante, ouverte à tous et qui en voulaient encore plus. L'opposition pourra s'appuyer sur ceux qui l'ont soutenue, qui la soutiennent et qui ont considéré le travail municipal mené pendant 19 ans comme une évidence. Elle a déjà un nom : Allez Louviers, du nom de la première liste menée par Franck Martin.

L'opposition fera beaucoup plus

Dès maintenant, elle se constitue en association. Elle se structure. Elle interviendra sur les blogs et les réseaux sociaux. Elle rendra compte de ses projets et relaiera le travail de l'opposition au sein du conseil municipal. Elle travaille d'ores et déjà à la confection d'un journal à disposition de tous les lovériens. Son om ... Ben, il me semble tout trouvé : Allez Louviers ! Après tout, c'était un titre qui avait porté chance.
Joignez-vous à nous, par exemple en prenant contact à l'adresse suivante :
caferadical@gmail.com,
Nous ferons suivre ... toute aide sera bienvenue !
L'opposition fera beaucoup plus ! elle sera la majorité en 2020.