lundi 11 juin 2012

Les résultats bruts sur Seine-Eure et Seine-Bord

Un territoire qui parle
Les résultats tels que vous ne les avez encore jamais vus, sur l'agglomération Seine Eure, sur la communauté de communes Seine-Bord et sur Amfreville-sous les Monts... Puisqu'Amfreville-sous-les-Monts sont dans la circonscription tragique, celle ou la gauche, en mesure de l'emporter a laissé le champ libre à la droite-extrême et à l'extrême droite au deuxième tour.

inscrits
exprimés
Terlez
Levitre
Solal
Priollaud
Danelli
Sanchez
Loncle
Ozanne
Barbier
Acquigny
1237
682
17
25
4
221
6
21
245
10
133
Amfrevrille SM











Amfreville SI
602
346
8
7
0
109
3
18
131
6
64
Andé
815
514
12
14
2
155
2
18
186
1
124
Connelles
161
96
1
8
1
37
2
1
15
0
31
Crasville
117
73
2
2
0
25
1
4
22
0
17
Herqueville
121
75
1
3
0
18
1
3
32
3
14
Heudebouville
625
367
17
14
1
120
1
12
144
7
51
Incarville
1109
650
15
38
1
167
1
12
270
11
135
La Haye Comte
123
80
5
1
0
32
1
1
27
0
13
La Vacherie
429
270
4
12
0
73
1
10
103
6
61
La Haye Mal
1140
709
21
48
1
174
6
14
307
6
132
Le Manoir  Seine
780
441
6
82
5
71
2
9
191
0
75
Le Mesnil Jourdain
230
151
4
6
0
48
2
3
59
0
29
Le Vaudreuil
2731
1597
59
83
3
507
7
46
623
20
249
Léry
1555
794
22
76
4
180
2
35
315
12
148
Louviers
11344
5472
223
334
32
1392
26
181
2328
142
814
Pinterville
683
410
12
18
5
103
5
8
174
6
79
Pîtres
1646
951
16
173
10
157
8
33
424
13
117
Pont de l'Arche
3000
1664
32
251
8
429
9
51
633
9
242
Portejoie
117
71
1
2
0
31
0
0
21
0
16
Poses
869
579
8
42
0
235
1
24
170
5
94
Quatremare
319
183
5
7
0
58
1
2
68
2
40
Saint-Etienne V
554
344
9
25
0
86
4
15
135
1
69
Saint Pierre V
922
544
13
24
3
140
3
42
226
4
89
Surtauville
310
213
4
11
3
50
4
3
80
0
58
Surville
673
391
15
15
1
102
4
6
149
3
96
Tournedos
129
84
5
1
0
47
1
6
15
0
9
Val de Reuil
7343
3023
59
299
24
385
17
176
1593
38
438
Vironvay
262
181
13
7
0
72
0
5
36
2
46












Total
39829
20884
608
1626
108
5193
121
759
8701
307
3467
pourcentages

52,43%
2,91%
7,79%
0,52%
24,87%
0,58%
3,63%
41,66%
1,47%
16,60%

Seine Bord 
inscrits exprimés Terlez Levitre Solal Priollaud Danelli Sanchez Loncle Ozanne Barbier
Alizay 1105 792 12 392 3 98 4 10 159 5 109
Criqueboeuf 933 566 13 31 1 202 5 9 213 1 91
Igoville 1102 716 8 113 6 178 8 23 246 7 127
Les Damps 915 556 7 63 1 165 3 7 200 2 108
Martot 338 239 8 19 0 82 0 8 61 0 61
Montaure 815 519 9 60 0 124 3 12 212 4 95
Tostes 323 209 8 15 0 64 2 10 78 4 28
Total 5531 3597 65 693 11 913 25 79 1169 23 619
pourcentages  65,03% 1,81% 19,27% 0,31% 25,38% 0,70% 2,20% 32,50% 0,64% 17,21%


Amfreville-sous-les Monts

inscrits exprimés Segura Mansouret Horvais Lecomte Fontaine Petit Dubois Gilard Lang Bourlet
401 269 27 26 7 33 5 3 36 91 1 40

Communiqué de la fédération de l'Eure du prg


1ère circonscription
Michel Champredon est à même de l'emporter
Les résultats obtenus ce dimanche 10 juin 2012 sont très satisfaisants pour le parti radical de gauche qui voit renforcée son influence sur le plan départemental et national, en même temps qu’elle conforte l’élan consécutif à l’élection de François Hollande. 
En confortant les résultats du premier tour, les électeurs permettront aux radicaux de gauche d’obtenir un groupe parlementaire à l’assemblée nationale pour la première fois dans l’histoire de la Ve République. Les radicaux auront les moyens de mettre en avant leur projet républicain novateur et original défendu par Jean Michel Baylet et qui constituera un outil indispensable dans le contexte de la crise internationale et européenne.



Dans l’Eure, la très forte abstention, et le terrible loupé de la 5e circonscription qui voit trois candidats soutenus par des socialistes se déchirer et laisser la droite extrême et l’extrême droite montrent à quel point le mode de scrutin actuel est inadapté aux enjeux nationaux.


Ces défauts ne doivent pas faire oublier les aspects positifs du vote du 10 juin.

Le département de l’Eure a confirmé que dans la logique de la bonne gestion du conseil général, les forces réunies derrière la majorité de François Hollande étaient en mesure d’apporter un soutien majeur à son projet.

Mise à part la terrible division constatée dans la 5e circonscription, la gauche est en mesure de l’emporter dans le reste du département.

Michel Champredon, candidat du parti radical de gauche, est en mesure de l’emporter face à Bruno Lemaire, ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

La deuxième circonscription ne devrait pas échapper à Jean Louis Destans.

La troisième laisse entrevoir la chute d’Hervé Morin et du Nouveau centre, alors que François Loncle conforte la bonne santé de la gauche dans la 4e circonscription.

Le parti radical de gauche appelle tous les électeurs à conforter la majorité présidentielle en votant pour les candidats de gauche présents dans les 4 premières circonscriptions du département.

mercredi 6 juin 2012

La mise à mort du dragon ?

Je ne sais pas pourquoi, quand j'ai appris qu'une manifestation était organisée à Andé pour protester contre la venue de Jean-Marie Le Pen, j'ai pensé à "La mise à mort du dragon", une nouvelle de Dino Buzzati : 
Dino Buzzati y raconte l'histoire d'une légende urbaine qui révèle qu'un dragon se cache dans la vallée de la Région Secca.
En fait, ce dragon ne dérange personne, mais l'aristocrate du coin, le Comte Gérol, décide tout d'un coup d'aller le pourfendre. Il emmène derrière lui tous ses gens, et une bonne partie du village. Une fois qu'il le trouve, on assiste à l'assassinat pathétique d'un petit dragon malade incapable de se défendre, qui se permet juste de hurler pour protéger sa progéniture... Et l'on comprend très vite que toute demande d'intelligence n'aura aucun pouvoir face à l'entêtement du baron à vouloir jouer au héros, persuadé d'être la représentation du bien face à la personnalisation du mal. (la nouvelle fait partie du recueil Panique à la Scala)
Alors, c'est ça la bête immonde qu'il faut combattre pour se
faire un peu de publicité ?  
Bien sur, il faut comparer ce qui est comparable ... et le père de Marine Le Pen ne m'inspire aucune sympathie, et en plus l'intention des manifestants n'étaient pas de l'assassiner. Et d'ailleurs, à la limite, c'est presque pire.
Mais, plus sérieusement, quel est le problème ? Est-ce que c'est vraiment, au milieu d'un terrain vague à Andé, en manifestant contre le vieillard emblématique d'un espace politique dépassé, en manifestant contre celui dont la fille elle-même cherche à se débarrasser, est-ce ainsi qu'on va combattre le nouveau populisme ? Laissons pour l'instant l'UMP s'acharner à démontrer qu'ils défendent un projet différent du Front National. (Pour une analyse plus fine de ce qui s'est passé lors des présidentielles, se reporter au texte publié par Fondation Jean Jaurès) Pour notre part, nous pensons que c'est en se donnant les moyens d'un parti au pouvoir que l'on peut agir en profondeur contre ce qui provoque le vote Front National plutôt que de provoquer vainement leurs militants.
Bien sûr, même en politique, on peut avoir besoin d'héroïsme ! Les révolté syriens, les Egyptiens nous en font la démonstration chaque jour ....
Mais ce n'est pas en manifestant contre le vieux cacochyme qu'on arrivera à convaincre le quart de la population du département qui a voté Marine Le Pen.
Dès maintenant, des responsabilités nouvelles nous attendent. Le Front National ne doit pas constituer l'alpha et l'omega de l'action politique de la gauche. Ce serait le pire signal à envoyer à la population... et surtout à celle qui a voté pour Marine le Pen.
La situation demande de l'action, de la communication et du dialogue. C'est bien autre chose que des incantations ou de l'héroïsme de cour de récréation.
Disons le franchement, ce type d'initiative, qui place le Parti Socialiste et la gauche sous l'influence de Mélenchon, lui-même vivant dans la nostalgie gauchiste post-soixante-huitarde n'a aucun sens politique (voir  ce que j'ai écrit à ce sujet ... ici même) . Quel est l'intérêt de distribuer des tract en pleine campagne à une poignée de militants abrutis ?

samedi 2 juin 2012

un président normal n'est pas un homme normal

La photo officielle de François Hollande pour
l'analyse du cliché par Le Monde, cliquez ci-après
Ainsi donc, selon la grande presse, François Hollande en ferait trop sur le Président normal ! Ils veulent que ça bouge ! François Hollande a à peine commencé, à peine pris ses marques, à peine essoré la tornade de son investiture, remis de ses rencontres avec Merkel, de son accueil chaleureux par Obama, de ses distances prises avec Poutine, que des journalistes lui reprochent d'en faire trop dans la normalité... en gros d'avoir pris le train pour se rendre à Bruxelles, d'avoir répondu à l'invitation d'Antenne 2, bref d'ouvrir la gamme de sa représentation....
Au fond, c'était cette même presse qui se répandait en disant que la campagne électorale était ennuyeuse... Tant pis si ce qu'elle dit à peu près à chaque élection, et qui n'a guère de sens non plus. C'est bête à dire mais le but d'un candidat n'est pas d'amuser la galerie, mais de se faire élire... C'est bête à dire, mais une campagne électorale, avant d'être un spectacle, est toujours un reflet de notre histoire ...à la presse de se donner les moyens de rendre la campagne intéressante pour ses lecteurs. au vu de ce qui s'est passé et de ce qui s'est passé, trouver cela ennuyeux est au premier chef ennuyeux pour les commentateurs même !
Je souhaite revenir sur ce débat sur la normalité, non seulement parce que la normalité nous concerne tous, mais aussi parce qu'il touche à l'idée qu'on peut se faire d'un président.
Depuis longtemps François Hollande a déclaré qu'il souhaitait être un président normal. Il s'agissait d'une intéressante et complètement originale, qui lui a valu une avalanche de critiques, mais qui ne l'a pas fait dévier... mais surtout cette approche lui a permis de construire son identité de candidat, cette même identité qui lui a permis d'être élu.
La critique a d'ailleurs été reprise par Sarkozy, lors de l'affrontement télévisé entre les deux finalistes. En gros, cela voulait dire :"vous vous imaginez qu'en étant normal, vous arriverez à vous imposer face aux monstres de la politique mondiale que sont Merkel et Obama ? "
Il s'agissait d'un contresens complet de Sarkozy ! Le même contresens que celui fait par une grande partie des commentateurs. Ils ont simplement confondu homme normal et président normal. Or il s'agit là de deux modes de représentation bien différents.

L'homme normal, c'est Nicolas Sarkozy. C'est le rôle qu'il a choisi de jouer dès le début, parce que, par crainte ou incapacité, Nicolas Sarkozy n'a pas compris que le fait d'être Président de la République impliquait de chausser certaines normes.

Le vainqueur de l'euromillion est un homme normal
face à une situation anormale. La normalité d'un
Président de la République n'est pas du même ordre.
En fait, c'est Nicolas Sarkozy, pas Hollande, qui a mis sur le devant de la scène le principe de normalité. Il ne s'est pas assumé comme président normal, mais bien plutôt comme un homme normal. En fait, en 2007, en allant dans un grand restaurant avec les amis, en partant en vacances sur un yacht,  Sarkozy s'est comporté comme n'importe quel gagnant de l'euromillion, c'est à dire comme tout homme normal se retrouvant dans une situation anormale.
Dans ce cas, on ne se maîtrise plus et l'on maîtrise encore moins l'image qu'on donne. Et de même que le vainqueur de l'euromillion s'attribue tout le mérite de sa victoire, de même le vainqueur du scrutin de 2007 a eu le plus grand mal à rendre compte aux circonstances et à l'Histoire les raisons de sa victoire.

Nicolas Sarkozy n'a pas imposé un nouveau style de
Présidence, c'est l'absence de style qui s'est imposée.
Il a juste été ce qu'il est, profondément, et rien d'autre. Un homme que les circonstances étaient incapables de transformer.
Dès le départ les Allemands, puis d'autres Européens ont comparé notre ancien président de la République à Louis de Funès, le plus ambigu de nos personnages comiques, populaire à force d'être détestable ... visant à ce que chacun d'entre nous puisse se reconnaître dans ses travers odieux.
Encore, les difficultés de la langue, rendait les Allemands incapables de comprendre les propos si "normaux" de notre Président, des "casse-toi pov'con", aux "c'est du sérieux" en parlant de sa fiancée, en passant par la dénonciation de la Princesse de Clèves comme coupée de la réalité utile...tout a été fait pour procéder à l'évitement de la Fonction Présidentielle, l'accession au pouvoir étant vécue comme un bon coup.
On retiendra comme dernier geste, quelques foulées difficiles de jogging poussif, dans l'épuisement tonique de l'échec.
Mon propos n'est cependant pas de m'acharner sur l'ancien président de la République, mais bien plutôt de démontrer que la normalité à présent change de camp. Elle cesse d'être celle de l'individu pour être l'incarnation de la Présidence, le désir politique de Dieu, comme dirait Pierre Legendre... Un espace politique difficile à atteindre pour tout individu. Un espace où l'on ne parle plus en son nom, mais au nom de la Nation...
Gérard Depardon, photographe du portrait officiel qui 
figurera dans les 36.000 communes de France. 
C'est  à un reporter d'exception  que François Hollande 
a confié le soin d'incarner la simplicité Présidentielle. 
Bientôt, le Président normal sera dans toutes les mairies de France, François Hollande ayant choisi de se faire photographier par Gérard Depardon, l'un des reporters les plus intéressants de sa génération.
Gérard Depardon est né à Arnas, à coté de Villefranche-sur-Saône,  dans une petite ferme. Dans sa carrière, il a aussi bien filmé la campagne de Valéry Giscard d'Estaing, que photographié les jeux olympiques de Mexico et les émeutes meurtrières qui les ont tragiquement accompagnés, il a filmé, photographié les tribunaux, les victimes, les coupables et la misère de leur humanité. Il a par la suite fait un tour de France des villages dont il ne voulait rien perdre de leurs qualités... C'était la dernière manifestation de son oeuvre... Une oeuvre riche et variée, humaine, universelle et profondément française...
La normalité présidentielle, celle revendiquée par François Hollande, renoue avec la tradition et l'essence de la Présidence de République tout en ouvrant la voie à sa modernisation.