vendredi 21 septembre 2012

le droit de vote pour tous, c'est maintenant !



Bien sur, il faut accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales !


Assemblée départementale du prg à Louviers . Julie Hollard,
secrétaire nationale du prg chargée de l'immigration,
Olivier Taconet  président du prg 27 et Franck Martin maire de Louviers.
 La gauche a le devoir de mettre en oeuvre la vieille revendication
. 
Rien ne justifierait de renoncer à cette vieille revendication de gauche, ni les appels à la peur lancés par une partie de la droite où le combat pour le leadership favorise toutes les incohérences, ni les prises de position du ministre de l'Intérieur.


Pour mémoire rappelons que la gauche a dit qu'il lui était impossible d'accorder ce droit du fait qu'elle n'était pas majoritaire au Sénat ... ce n'est aujourd'hui plus le cas !


Devant 50 personnes, lors d'un café radical sur le sujet avec
Romuald Dzomo et Franck Martin, Said Bouziri vice-président du
Mrap avait rappelé l'importance du vote des étrangers aux élections
locales. Said Bouziri, réfugié politique tunisien, marié à une Française,
est décédé peu après, sans avoir pu vivre la "Révolution de jasmin"
.le café radical lui avait rendu hommage
En ce qui concerne les incohérences de la droite, pas besoin d'aller bien loin. C'est Sarkozy lui-même qui défendait le droit de vote des étrangers non-européens à la condition qu'ils soient présents en France depuis plus de 5 ans et naturellement en situation régulière.... soit précisément la proposition de la gauche depuis une quarantaine d'années.
Bon, c'est vrai, c'est avant le discours de Grenoble, prononcé non par un candidat en quête d'ouverture mais par un président en perte d'influence. De là date la politique de la grande peur pour les petits français... Or, depuis la nuit des temps, pour faire peur à une population, on n'a rien trouvé de mieux que les minorités et les étrangers !... Déjà Néron, avec les chrétiens... enfin, passons !
On espérait au moins, après sa défaite aux présidentielles, sortir de cette vision honteuse pour notre pays. 


Manuel Valls à Louviers en 2012, soutenant la candidature de
François Hollande. Il est depuis devenu ministre de l'Intérieur et
recule devant le projet d'accorder le droit de vote des étrangers aux
élections locales. Reculer sur ce point serait une catastrophe pour la
gauche. 
A droite, il n'y a guère qu'Alain Madelin à intervenir clairement sur le sujet en rappelant que la moindre des choses pour un contribuable, étranger ou pas, est de pourvoir s'exprimer sur la manière dont sont gérées leur commune, leur département ou leur région. 
Il faut malheureusement rappeler, qu'il s'agit pour les étrangers d'avoir le droit de vote et d'être élu dans un conseil municipal sans avoir de pouvoir exécutif ou de police c'est à dire sans pouvoir être adjoint au  maire ou vice-président. Je dis malheureusement, parce que sur ce sujet la droite semble prête à véhiculer tous les mensonges et toutes les démagogies. .
Le candidat François Hollande a fixé le calendrier d'une telle proposition : Loi en 2013, pour un vote en 2014.


Un extrémisme en appelle un autre... mais les intérêts des islamistes
rejoignent ceux de la droite la plus bête et de l'extrême droite. En
isolant les étrangers du reste de la société française, ils favorisent les
affrontements en espérant pour en être les bénéficiaires.
Ce calendrier s'explique pour deux raisons. La première, c'est qu'il faut faire vite, la seconde est que la gauche n'est pas sure de conserver le Sénat.
Maintenant, il y a le contexte. Le premier où l'on voit un ministre de l'intérieur sous pression, disant que ce vote n'est pas une priorité pour les français, la seconde dans une période un peu tendue autour de l'islamisme, la tendance au repli sur soi se fait ressentir dans la société française.
 
Seulement ces deux raisons sont de mauvaises raisons. Il n'est nul besoin que la loi soit une attente de la société française pour qu'elle soit juste et utile. Tel fut le cas de la loi sur la peine de mort, annoncée courageusement par Mitterrand et défendue par Badinter. Aucune demande profonde de la société française... mais c'était un besoin de justice et une promesse électorale.
Pour la seconde raison, c'est bien pire encore. Imaginons que l'on renonce au droit de vote des étrangers à cause de la minorité islamiste dont le but est de refuser l'intégration des ressortissants étrangers et musulmans. Ce serait tout simplement donner raison aux intégristes !
En fait, il n'y a aucune raison de remettre à plus tard le droit de vote des étrangers aux élections locales.
Le droit de vote pour tous, c'est maintenant qu'il faut l'instaurer !
 
En avant !
 

 



mardi 11 septembre 2012

Le zoo et les zozos

La serre zoologique biotropica est ouverte depuis le 7 septembre. 
On peut y voir des crocodiles, des ouistitis, des perroquets, mais 
les trotskystes restent à l'entrée. De quoi ont-ils peur ?  

 L'un des faits marquants de la rentrée 2012/2013 restera l'ouverture d'un espace zoologique sur le territoire de l’agglomération Seine-Eure. Rappelons pour mémoire qu'il n'y avait pas de zoo jusqu'à présent dans le département, que le plus proche se situe à Clères, et qu'il n'y que 3 autres parcs dans le reste de la Normandie, dont un à Cerza, près de Lisieux qui a choisi de créer un équipement très intéressant sur le territoire de la Case car correspondant aux volontés modernes de respect et de mise en valeur de la faune et de la flore pour en savoir plus, ici le lien de présentation du site...


On dit même que certains oiseaux se 
sentiraient directement menacés par 
le verbiage trotskyste.
Bref, voilà qui devrait logiquement contenter tout le monde... Tous, non ? Non ! Car une secte d'irréductibles résiste encore et toujours à la réalité ... faute d'avoir assimilé que celle-ci avait la tête encore plus dure qu'eux... 
Sophie Ozanne, et Philippe Thouément, professeurs des écoles, conseillers municipaux et représentants auto-désignés du prolétariat depuis près de 40 ans, s'opposent à l'équipement avec une mauvaise foi qui devrait les placer définitivement en dehors de l'action politique locale. 

A la différence de nos joyeux Tom Tom et Nana, 
nos trotskystes apparaissent comme des contemp-
teurs de plaisirs...  Veulent-ils interdire aux travailleurs
de se reconvertir dans les activités de loisirs ? 
Ils regrettent bien sur la fermetures d’entreprises, comme tout le monde … comme tout le monde, sauf que personne ne voit le rapport avec l’ouverture d’un zoo … et la création d’une nouvelle activité reste quoi qu’il en soit la marque de la vitalité du territoire de Louviers qui est un lieu de travail, de loisir et d’habitat, bref, un lieu de vie quoi !

Car ce qu’il y a de plus désopilant c’est que nos gauchistes reconvertis écologistes, ultimes défenseurs de l’économie planifiée, regrettent les déplacements créés par Bioparc, et s’indignent de ce que celui-ci dépense de l’énergie… Comme si une industrie n’était pas parmi les plus grandes dépensières en énergie !
Ils refusent que les habitants du territoire et notamment les enfants puissent bénéficier à toute proximité d’une ouverture sur le monde et de l’intérêt de la lutte pour la diversité des espèces…   


Bref, tout cela n'a aucun sens ... si celui de combattre dans des conditions difficiles la disparition programmée du trotskysme et de ses sectes ... qui se montrent malgré tous les efforts incapables d'apporter quoi que ce soit au débat public. 






mardi 21 août 2012

Y vont pas r'commencer ?!!!

Pendant tout le débat de 2005, toute la mauvaise foi des adversaires
du traité a consisté à dire qu'il n'était pas pas parfait. Une évidence ! Sauf
qu'à attendre une Europe parfaite on se met dans la situation de ces éternels
célibataires, incapable d'agir et vivant dans une acrimonie perpétuelle.
Ben si, ils recommencent !
La déclaration de
Razzi Hammadi voir sa déclaration au Monde ici me fait tragiquement penser à tout ce débat qui a eu lieu à l'occasion du référendum européen, et dont ni la France, ni l'Europe ne sont remises.
Je repense à Michel Rocard défendant le vote du Traité européen en 2005 en expliquant que l'Europe est une construction permanente qui se faisait pas à pas et que le fait de faire marche arrière risquer de nous amener à la situation de l'alpiniste lâchant une prise et contraint de dévaler toute la pente qu'il avait patiemment escaladé.
Nous ne sommes toujours pas remis de la défaite de 2005, qui a renforcé les clans gauchistes et libéraux de l'Europe en lui retirant tout projet politique.
La déclaration de Razzi Hammadi est parfaitement hypocrite. Pour deux raisons.
La première parce qu'il dit : nous voterons contre le texte, parce que cela n'aura pas de conséquence vu que le gouvernement aura la majorité. C'est politiquement nul. Soit on croit en ce qu'on vote, et dans ce cas, sur un sujet majeur on vote selon sa conscience quelles que soient les circonstances, soit on n'y croit pas et dans ce cas là, on dit que le sujet est secondaire.
La deuxième parce que, bien sur, selon la formule consacrée, l'homme se déclare fervent européen ... avant de planter un coup de couteau dans le dos de tout ce qui peut aider redonner à l'Europe une dimension politique et accessoirement à la France à retrouver son poids en Europe. La mariée n'est pas assez belle. Alors, en pleine crise européenne, en pleine crise monétaire, on va accuser l'Europe de ne pas être assez forte, de ne pas être assez puissante en l'affaiblissant encore et en renforçant encore les moyens des puissances financières.
Nous avons besoin de l'Europe, d'une Europe puissante, politique, fédérale ... et plus nous affaiblirons l'Europe, moins nous aurons de poids face à une Europe imposant la logique des marchés face à des États affaiblis.

vendredi 17 août 2012

Free Pussy Riot !

Regardez bien la vidéo ! Elle vaut deux ans de détention ! c'est le prix du courage aujourd'hui en Russie.
Bien entendu, ce n'est rien au regard des horreurs qui se sont produites dans ces mêmes camps, ce n'est rien au regard de ce qu'a pu connaître la Russie, mais cela illustre la terrible lourdeur d'une société qui a du mal à avancer, cela illustre aussi le courage d'une génération, et en particulier des femmes. Le poids de l'armée, de l'église, de l'histoire, d'une société encore marquée par des années de répression n'empêchera pas la victoire des couleurs sur le gris, de la liberté sur la prison, de l'esprit sur la soumission.
Poutine, l'église russe et avec eux tout ce qui reste de la société concentrationnaire s'est déjà ridiculisée aux yeux du monde par ce procès absurde.
En creux, au delà de l'enfermement (dans des conditions bien plus que difficiles, ne l'oublions pas  ...  voir ce lien), c'est tout le comportement de la société russe actuelle qui est condamné ! C'est la présence russe en Géorgie, l'oppression en Tchétchénie, le soutien à Bachar el Assad, c'est le refus de soutenir les droits de l'homme comme principe inaliénable et universel qui est condamné !
Face à la brutalité du pouvoir politique et de l'armée, ce sont des femmes rebelles qui montrent la voie de la liberté. Mariannes des temps présent, des Marianne bien réelles, en Ukraine et en Russie elles dénoncent l'hypocrisie et l'oppression.
Aujourd'hui, nous sommes tous des "pussy riot".
Pussy Riot  Ekaterina Samoutsevitch, Maria Alekhina, et Nadejda Tolokonnikova deux ans de camp chacune  !
Mais c'est la Russie qui s'est condamnée !
Vive les pussy riot, vive les femmes, vive le courage, vive la république, vive la liberté !

mercredi 11 juillet 2012

Sans la musique, la vie serait une erreur

Mon grand'père Georges Taconet - Pour lui sans la musique,
la vie aurait été une erreur. Mais c'était quoi, la musique ?
Autant le dire tout de suite, sans fausse honte : je suis un cumulard. Président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche, je suis aussi président de l'association la musique de Georges Taconet.
Georges Taconet était mon grand'père, je l'ai très peu connu. Il est mort quand j'avais dix ans quatre ans avant que sa maladie m'ait interdit tout contact avec lui.
Le personnage a laissé son emprunte dans le monde musical Normand, où, au dehors de personnalités aussi célèbres qu'Honneger et Satie officiait une société de propagande musicale qui maintenait un contact permanent aux amoureux de la musique...
Dimanche se tenait l'assemblée générale de notre association. Je vous livre le discours que j'ai prononcé à cette occasion qui s'interroge sur la réalité de l'activité créatrice d'un musicien au début du siècle, on ne percevait de la musique que celle qu'on pouvait faire soi-même ou celle que l'on allait chercher dans les concerts.

C’était la musique !

Celle qui s’élève quand des gens se rencontrent, celle qui s’exige au sortir des sons, ceux qui nous façonnent et qui nous fascinent. Celle qui leur donne de la couleur, celle qui fait s’envoler les rythmes.

Finalement oui, c’était la musique et c’était lui. C’était l’homme respectable, l’air malicieux et doux. Et c’était lui qui, à Sainte-Adresse,  dans cette trop grande maison pour un enfant de six ans, m’a fait découvrir la vraie musique, celle qui d’un homme si sérieux, face à un instrument aussi austère qu’un piano, en a fait surgir l’infinie poésie.

Parler de Georges Taconet, est sans doute un triste moyen de lui rendre hommage. Après tout, le travail de l’association est d’abord de faire connaître son œuvre, de maintenir ce qui traverse les époques, les couleurs de sa musique, de ne rien perdre de son travail … celui qu’il a mené, parallèlement à une vie professionnelle un peu terne.

Je me disais il y a peu de temps en pensant à lui : mais c’était quoi être musicien de 1889 à 1964 ?

A coup sur quelque chose qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui.

A l’époque, au regard d’un homme du 21e siècle, un musicien vivait dans un monde sans musique. C'est-à-dire : la musique n’existait que par la volonté de celui qui la cherchait. Pour celui qui pouvait la créer, la musique était dans la tête.

Il n’y avait pas de musique dans les supermarchés, c’est vrai. Il n’y avait pas de supermarché, pas de fond sonore. Il n’y avait même pas de disque non plus, c'est-à-dire que le moindre mange-disque apparu dans les années 60, avait plus de qualité sonore que la plus aboutie des bandes-sons, que le plus beau des 78 tours. Le disque n’était alors qu’un témoignage… comme la radio.

La musique, alors, je suppose n’en était que plus précieuse. Je suppose aussi que cela avait deux conséquences que nous avons du mal à apprécier aujourd’hui.

Bien sur, on peut dire qu’en absence de quantité musicale, le cerveau, la sensibilité du musicien était à l’abri de cette soupe sonore qui environne l’homme moderne… mais il y avait aussi, dans une absence totale de discothèque, je veux dire de lieu de stockage du son, une absence de confrontation, de remise en cause, un manque d'ouverture culturelle. Cette sorte de misère, je suppose encore, était encore aggravée pour un provincial obligé de travailler pour vivre et faire vivre sa famille.

Curieusement, et paradoxalement par rapport au monde d’aujourd’hui qui se caractérise par le développement de l’individualisme, la musique était un bien propre à chacun. Je la vois comme la maison, comme la résidence principale de mon grand’ père, à un niveau que l’on a du mal à imaginer aujourd’hui.

Je vois dans l’œuvre de mon grand’ père le travail acharné de quelqu’un qui ne veut pas laisser échapper ses rêves. L’un des livres les plus magnifiques qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps est le livre des rêves de Fellini (dont j'ai parlé en mai 2010 : cliquer ici.), est le recueil de l’effort systématique mené par le cinéaste en psychanalyse pour reproduire par le récit et le dessin ce qui venait d’occuper ses nuits. Et il m’arrive de mesurer à cette aune l’œuvre de Georges Taconet, quelqu’un à qui la vie ne laisse au fond que le rêve, avec tout ce que nos rêves recèlent d’angoisse, de mémoire et d’espoir.

Aucun enfant de Georges Taconet n’a été musicien. Je pense pour les connaître que cela en est une conséquence directe. Quelqu’un qui est à la recherche de ses rêves est au fond quelqu’un qui ne transmet pas.

Le rêve est la part de génie de chacun d’entre nous, mais le rêve n’appartient qu’à celui qui le fait.

On a déjà évoqué dans l’une de nos réunions, l’importance de la guerre dans la personnalité de mon grand’ père. Elle est à coup sur la mémoire lourde présente dans ces rêves, et dans son œuvre, parallèlement au désir, aux voix des femmes qu’il triture, dont il extrait avec acharnement le meilleur, parallèlement à la démarche qu’il mène vis-à-vis d’un instrument qui requiert la plus grande technicité à ses interprètes.

C’est là, par le travail, celui de l’instrument et de la voix des femmes, qu’il caressait le génie dans le cadre étroit que lui imposait l’époque.
Bientôt, dans la magnifique école de musique de Louviers, inaugurée en octobre, une salle portera son nom. Il y cotoiera des musiciens prestigieux porteur d'une toute autre culture musicale, celle justement de la confrontation culturelle, de Django Reinhardt à Rostropovitch, de Jimmy Hendrix à Paul Mac Cartney...

Ainsi donc Georges Taconet rejoindra les musiciens prestigieux et différents, si différents mais qui tous sont images de la diversité du génie musical. Je tiens donc au nom de l’association et au nom de la famille à remercier tout le conseil municipal de Louviers, puisque la délibération a été votée à l’unanimité, mais bien entendu au premier chef la municipalité de Louviers et au tout premier chef encore à mon ami Franck Martin.

Georges Taconet sort de ses rêves et de sa solitude, c’est sans doute l’un des plus beaux hommages que l’on pouvait lui rendre. Ainsi son nom, son œuvre, son souvenir se trouvera mêlé à tous ces artistes qu’il n’a pas eu le loisir d’entendre, d’écouter, auquel son œuvre n’a pas eu le loisir de se confronter.

Encore merci.






lundi 9 juillet 2012

Adieu l'ami !

La liste de Franck Martin en 2008. André Aveline figure au dernier rang sur la photo, 3e à partir de la gauche
Depuis 1995, André Aveline a accompagné tous les débats, tous les combats de la municipalité de Franck Martin. 
Engagé à gauche, adhérent au parti radical de gauche, membre du bureau de la Fnaca de l'Eure, il était attaché aux valeurs de la République comme personne... et tous ceux qui portent au coeur ces mêmes valeurs, lui étaient attaché. Il était de toutes les réunions de la municipalité, de tous les débats, de tous les actions militantes. 
Il a attendu dimanche dernier pour nous faire faux bond, pour la première et pour la dernière fois. Il s'est éteint quelques jours après avoir subi un accident vasculaire cérébral, qui lui a été fatal. 
Toute ma sympathie, et toute celle de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche va à ses proches, à Jeanine qui représentait tant pour lui et à sa fille Sophie qui nous a transmis la terrible nouvelle.
Nous partageons ce deuil avec ses très nombreux amis.

dimanche 1 juillet 2012

Terra nova, terre neuve

In memoriam Olivier Ferrand
 Il y a des moments comme ça ...
Merveille de la technologie, j'ai appris par message électronique, alerte du monde qu'Olivier Ferrand est mort à l'instant même où l'on baptisait la renaissance du Marité, en route sur pour sa septième vie. 
Pendant que Franck Martin retraçait les vies antérieures du terre-neuvier, des terre-neuvas, le fondateur de Terra Nova venait d'être terrassé par une crise cardiaque.
Nous avions rencontré ensemble Olivier Ferrand, il y a 7 ans. Il était venu déjeuner avec nous à Louviers, et nous avions parlé politique, de l'importance de la politique, de la façon d'agir, de renouveler les idées. Il était socialiste, c'était un strauss-kahnien actif, mais surtout c'était quelqu'un qui était absolument ouvert, qui sentait le besoin pour la gauche de sortir de ses schémas, de se remettre en question.
Un brillant jeune homme qui a su suivre sa route tout seul et se rendre indispensable au sein de la gauche.
Franck Martin à l'inauguration de la renaissance du Marité,
parrainé par Jacques Gamblin 
Nous l'avions senti passionné et passionnant. Je me souviens qu'il était arrivé à Louviers dans une voiture toute pourrie, comme on dit, pas vraiment l'image d'un homme de cabinet. En fait, c'était un créateur, un militant, qui avait surtout la volonté d'avancer.

 Je me suis amusé lorsque j'ai vu qu'il créait Terra Nova son groupe de réflexion, en même temps que je créai mon café radical, dont finalement je ne voulais rien moins que d'être un reflet local de cette démarche. La gauche a besoin de débat, de penser autrement... et, s'il fallait citer un exemple de ce qu'a laissé Olivier Ferrand, ce serait celui des primaires... car certes les radicaux de gauche ont lancé l'idée et le principe des primaires, mais sans Olivier Ferrand, les primaires n'auraient jamais eu lieu, car c'est lui, par le biais de Terra Nova,  son groupe de pensée, son think tank, que la pensée s'en est imposée au sein du parti socialiste. 
Alors, oui, c'était plus un homme d'influence, malgré son jeune âge qu'un homme d'action et il était peu connu du grand public. J'ai quand même suivi de loin sa campagne électorale à Marseille, celle qui lui a permis d'être député. Une campagne électorale très originale, puisque marquée par l'organisation de débats avec de grandes personnalités, ce qui n'est déjà pas si courant, mais surtout, avec des personnalités de droite et de gauche, qui ont jalonné son parcours. Il a fini par gagner dans cette circonscription ancrée à droite.
Bref, j'ai l'impression que je dois beaucoup à Olivier Ferrand ... et je ne suis pas le seul.
Maintenant, Olivier Ferrand est parti, passant de la terra nova, à la terra incognita. Pendant ce temps, après des années passé à quai, après avoir échappé à la mort, le Marité a enfin levé l'ancre et part vers une nouvelle vie.
E la nave va, comme a dit Fellini.


Vogue le navire  ...