dimanche 12 avril 2009

Yves Cochet touche à l'ignominie ...


Ci dessous, les déclarations d'Yves Cochet lors du colloque de la revue de la décroissance Entropia.

«Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants,mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième».

Devant la première traduction politique du néo-malthusianisme au XXIe siècle, il est permis de ce demander : sera-ce au sentencieux Yves Cochet de décider qui doit être sauvé si la terre est trop peuplée ? Pincez-moi, il faut me réveiller, vite !
A la suite de ces propos, Jean-Michel Baylet a fait la déclaration suivante :


Je suis scandalisé par ces propos qui stigmatisent les familles nombreuses.
Il est inacceptable de comparer un enfant à un objet de consommation ou de considérer que certains enfants ne seraient pas les "bienvenus" dans les sociétés européennes". Un enfant est pour M. Cochet "un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York».

Ces déclarations sont à placer sur le même plan, en terme d'Humanisme, que
la politique de reconduite à la frontière de la majorité UMP !

Voilà une saine colère, qui demande un démenti de la part de celui qui a tenu des propos qui finalement renvoient encore davantage à des horreurs qui font le bonheur des amateurs de science fiction qu'à une politique moderne et humaine.

vendredi 10 avril 2009

Evreux se met au café ...


Michel Champredon a déjà démontré tout l'intérêt qu'il accorde aux débats participatifs.
Ce n'est pas du café radical, mais nous sommes ouverts à tout...
Pour les amateurs de débats, de café, d'urbanité et d'urbanisme,
Pour ceux qui s'intéressent à ce qui se passent à Evreux,
Rendez-vous demain matin au café débat du Grand Evreux.

mercredi 8 avril 2009

No logo !

Le parti radical de gauche ne donne pas de consigne de vote....


Pas de vote blanc,
Pas de vote PS,
Pas de vote Vert,
Pas de vote Modem,
et pas d'appel à voter à gauche...
Bref, pas de soutien officiel à qui que ce soit !
Chacun fait, fait, fait
C'qui lui plaît, plaît, plaît
Une seule consigne :
NO LOGO
Pas de logo pour les jeunes radicaux,
Pas de logo pour Éric Montès qui s'est tant battu pour des listes autonomes.

Et pas de logo non plus pour le Président.


Bien sûr, chacun pourra prendre parti ou soutenir telle ou telle liste, nous sommes citoyens (et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles la simple éventualité de voter blanc a été rejetée avec force) ! Mais il ne s'agit pas d'instrumentaliser les européennes pour préfigurer des alliances municipales ou régionales dont personne n'a discuté (en même temps, on voit mal ce qui pourrait inciter les radicaux de l'Eure à appeler à voter socialiste ... Ce n'est qu'un exemple !). Telle est la raison pour laquelle le logo radical ne sera apposé sur aucun panneau électoral.
C'est dommage ! ...
Mais le radicalisme ne sera pas complètement absent de la campagne.
Les radicaux ont maintenant un groupe au Sénat.
A ce titre, nous aurons droit à 24 minutes de présence télévisuelle... Nettement plus que si, comme la dernière fois, nous avions présenté des listes... Ce qui nous avait alors donné droit à moins de 5 minutes télévisuelles, certes avec Sabrina, mais enfin, c'était un peu juste et le résultat avait aussi été à la mesure de ce que permet ce scrutin qui interdit toute expression politique originale.

lundi 6 avril 2009

Katyn, le massacre d'une Nation


Andrzej Wajda, l'un des plus grands cinéastes polonais aura mis 80 ans avant de réaliser son film, le film de la Pologne, le film de la mémoire et de la vérité.
Le film commence par la débâcle Polonaise ou plutôt par ses conséquences. La France sait ce qu'est une défaite militaire, et ce qu'elle pèse sur la vie d'une Nation. On mesure notramment à quel point la France n'a pas encore totalement digéré après 60 ans la noire période de la collaboration.
Pourtant, toute proportion gardée, la tragédie Polonaise l'efface dans sa brutalité.
La Pologne est prise en étau entre l'Allemagne nazie et la russie bolchévique qui se partagent le territoire par une attaque conjointe en septembre 1939.
Du côté bolchévique, les officiers polonais vaincus seront maintenus prisonniers avant d'être systématiquement assassinés, un à un d'une balle dans la nuque.
Il s'agit d'une organisation planifiée, minutieuse et discrète. Le massacre a lieu à des milliers de kilomètres, au delà du Bélarus, en Russie, dans la forêt de Katyn ou l'on enfouira les corps de 22.500 officiers.
Mais ce n'est que le premier épisode de l'horreur.
Deuxième épisode : rupture du pacte germano-soviétique. Les Allemands attaquent la Russie, qui recule et délaisse le terrain du massacre aux Nazis. Ceux-ci sont naturellement informés et sont trop heureux de pouvoir dénoncer les monstruosités bolchéviques.
Troisième épisode : l'Allemagne recule à son tour, perd la guerre. La vérité soviétique reprend le dessus : "Les propos tenus par la propagande Nazie ont caché des massacres Nazis. Ce sont eux qui ont fait ça !"
Il s'agit d'un mensonge éhonté, couvert par les puissances occidentales qui ont trop besoin de l'allié soviétique pour remettre en cause la fausse version.
Et la Pologne, dans tout cela ? Elle est morte. Aux abonnés absents. Le massacre de Katyn ne s'explique que par la volonté soviétique de soumettre absolument toute une Nation, en se débarrassant des éléments qui pouvaient la relever tout en imposant la terreur. On voit que parallèlement au massacre de l'élite de l'armée (composée pour majorité de civils engagés), on envoie dans les camps les universitaires polonais.
Quand arrive la paix, la Russie profite de la passivité de l'Occident vis à vis de ce qui peut se passer à l'Est de l'Europe. Le régime communiste totalitaire impose le mensonge d'Etat et la confiscation de la mémoire.
Ce n'est qu'en 1989, après la chute du mur, que la Russie ouvre ses archives. Gorbatchev admet les faits et Boris Eltsine un peu plus tard demandera pardon au peuple polonais.
Il va de soi qu'au nom de l'Europe, au nom de l'Occident, nous avons aussi notre part de responsabilité. Wajda aussi, en quelque sorte, dont le père est mort à Katyn et qui, toute sa vie a été incapable de rendre cet hommage, et a même représenté la vitrine la plus intéressante de ce que le cinéma des pays de l'Est pouvait offrir de mieux.
La presse est partagée sur la qualité du film. C'est sans doute un aspect secondaire. Et pourtant ! Osons le dire, ce film présenté dans trois salles à Paris, et dans 6 salles en province va bien au delà du simple témoignage.
C'est un chef d'oeuvre ! Aussi grand qu'il est insupportable.
Une oeuvre d'art mûrie pendant 65 ans, une fleur magnifique poussée sur le charnier de l'histoire. La fleur fine et indomptable de l'avenir de l'humanité renaissant sur nos hontes et nos humiliations. La scène finale du film, qui dévoile pratiquement les conditions de l'assassinat est de ces cérémonies mortuaires, où l'indispensable confrontation à la réalité nous permet seule de faire le deuil.

La leçon d'Obama sur la Turquie

La Turquie doit entrer dans l'Europe

Reconnaissons-le, Obama ne s'y est sans doute pas pris de la manière la plus habile en disant que la Turquie devait entrer dans l'Union Européenne.



C'est vrai que le premier réflexe face à ce type de comportement est plutôt de dire : de quoi je me mêle ? Ce fut la réaction de Sarkozy. On n'en attendait pas moins de lui.


Bon mais reconnaissons aussi qu'en manière d'habileté diplomatique, Sarkozy n'a de leçon a donner à personne.


En fait, c'est extrêmement simple, l'adhésion de la Turquie à l'Europe dépasse complètement son caractère national, ou même européen.


La Turquie a besoin de l'Europe, l'Europe a besoin de la Turquie, mais au delà : le Monde a besoin que la Turquie s'attache au bloc démocratique européen.


Il s'agit là d'une clef pour la paix dans le monde, et pas seulement sur la méditerranée. Le rejet de la Turquie a déjà de lourdes conséquences. Il pourrait avoir des conséquences dramatiques.


Plus qu'à l'Europe, la leçon donnée par Obama s'adresse à Sarkozy et aux tenants d'une politique démagogique inconséquente.


Si la Turquie est isolée, elle sera au mieux défendue par les Etats Unis et l'Europe sera une nouvelle fois absente du débat. Est-ce cela que souhaite Sarkozy ? Est-ce cela que souhaite ceux qui rejettent la Turquie au motif xénophobe qu' ils ne sont pas comme nous ?


Si la Turquie est aussi bien défendue par les Etats-Unis que l'a été la Géorgie, c'est bien plus que la Turquie qui sera menacée, et aucun défenseur des droits de l'Homme et de la paix dans le Monde ne peut le vouloir.






vendredi 3 avril 2009

Le prg contre le tout-sécuritaire

PARIS, 2 avril 2009 (AFP) -
Le président du parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, a jugé jeudi "extrêmement inquiétante" la proposition de loi destinée à lutter contre les bandes organisées."
La proposition de loi présentée par M. Estrosi pour lutter contre les bandes organisées est extrêmement inquiétante", affirme-t-il dans un communiqué."Ce texte rédigé dans l'urgence pour masquer l'échec de la droite, et du président de la République en particulier, sur la question de la sécurité publique fait peser de lourdes menaces sur les libertés publiques",précise M. Baylet. Selon lui, "au motif de lutter contre les bandes le gouvernement remet en cause la liberté de réunion et crée des délits dont la qualification extrêmement floue et imprécise est la porte ouverte à toutes les dérives sécuritaires. "Le député-maire de Nice Christian Estrosi (UMP) a été chargé par le président Nicolas Sarkozy de rédiger la future loi destinée à renforcer la législation contre les bandes organisées, qui sera débattue fin mai l'assemblée nationale. Cette future loi s'inscrit dans une batterie de mesures annoncées par M.Sarkozy le 18 mars à Gagny (Seine-Saint- Denis), où une vingtaine de jeunes gens, encagoulés et armés, avaient envahi un lycée, faisant douze blessés légers.

Le choc des photos


Pris pour un violeur, un homme a été lynché en pleine rue à Montreuil
LE MONDE 30.03.09 13h55 • Mis à jour le 30.03.09 13h56
ans le quartier du Bel-Air, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l'affaire fait beaucoup de bruit. Le 12 mars, un homme d'une trentaine d'années s'est fait lyncher en pleine rue devant le centre commercial, par plusieurs dizaines de personnes. Le motif ? Sa ressemblance avec le "violeur des stades", un pédophile en cavale soupçonné de plusieurs viols commis entre août et décembre 2008 sur de jeunes garçons aux abords des stades parisiens.

Dans les jours qui ont précédé l'agression, un portrait-robot du criminel a circulé sur les portables. "Les pères de famille tournaient dans le quartier avec la photo du pédophile, ils voulaient lui faire la peau", se rappelle un jeune habitant. "On savait que le pédophile rôdait près de l'école", raconte une mère de famille. "J'interdisais à mon fils d'aller seul dehors, j'avais très peur." Cette psychose aurait pu coûter la vie à un innocent, qui n'a en commun avec le violeur que ses origines maghrébines, sa barbe mal rasée et ses cheveux courts.
Jeudi 12 mars, en fin d'après-midi, un passant le prend pour le pédophile recherché, selon un portrait-robot qu'il avait vu dans le stade parisien où s'entraîne son fils. L'homme lui a d'abord tiré dessus au moyen d'un Flash-ball, pour l'immobiliser, avant de prévenir la police. Très vite, un attroupement de 20 à 30 personnes s'est formé autour de lui. L'innocent, effrayé, a pris la fuite. Une réaction interprétée comme un aveu de culpabilité. S'en est ensuivi un véritable lynchage : la victime, plaquée au sol, a été rouée de coups de poing et de pied.
"Il est clair que si la police avait dû différer l'intervention, les conséquences auraient pu être beaucoup plus dramatiques, compte tenu de la violence des coups et du nombre d'agresseurs", observe le commissaire de Montreuil, Thierry Satiat. Ce sinistre incident s'est achevé à l'hôpital en réanimation : la victime, totalement défigurée, souffre de multiples fractures et contusions au visage, à l'abdomen et aux jambes. Les médecins lui ont prescrit trente jours d'interruption temporaire de travail.
"LA LOI DE LA RUE"
"C'est un malheureux concours de circonstances", estime un commerçant témoin de la scène. "Le type n'a pas eu de chance, il avait le même visage que le violeur. N'importe quel père aurait fait pareil." Selon lui, l'incident était inévitable : "Un pédophile était en cavale depuis un an et la police ne réagissait pas. La loi de la rue a dû prendre le relais." Pour son collègue de travail au contraire, ce genre de réaction est "inadmissible" : "Il faut laisser la police faire son travail, on ne peut pas se faire justice soi-même." Bel-Air est un quartier populaire réputé calme. La menace d'un pédophile en liberté "a engendré un sentiment de peur tel dans le quartier qu'il a fait céder les barrières entre les gens, car elle touchait à ce qu'ils ont de plus précieux : leurs enfants", estime Dominique Voynet, la maire de Montreuil.
Deux enquêtes ont été lancées : la première pour savoir dans quelles conditions l'agression a été commise, la seconde pour connaître l'origine de la diffusion du portrait-robot. La municipalité et la police affirment ne pas avoir diffusé la photographie du violeur en liberté. "Il fallait protéger les enfants, rappelle Mme Voynet, mais comme le visage de l'homme ressemblait à celui de M. Tout-le-Monde, il risquait de tenter les gens de se faire justice eux-mêmes."
L'homme à l'origine du lynchage a été mis en examen samedi 28 mars pour "violence avec arme en réunion avec préméditation" et incarcéré à la maison d'arrêt de Villepinte. Selon la police, il parle d'une "mission" dont il s'est senti investi, celle de neutraliser celui qu'il croyait être le violeur. "La situation lui a ensuite complètement échappé", précise le commissaire. Selon plusieurs témoins, il s'agirait d'un père de famille, employé à la Ville de Paris, dont le fils avait été abordé par le pédophile, avant d'être sauvé de justesse par un parent. Le vrai suspect, Halim Taguine, a quant à lui été mis en examen une semaine après l'agression, le 19 mars, à Bobigny, pour "viols et tentatives en récidive".
Aurélie Collas
Article paru dans l'édition du 31.03.09


Tout est dit dans cet article sur les principes de la justice et du droit, sur l'impossibilité et le danger de se faire justice soi-même et sur le danger que représente l'engrenage de la violence, sitôt qu'elle semble légitimée...


Mais l'histoire montre aussi la nouveauté et de la fausse puissance de notre environnement numérique. Ce fait divers, c'est le choc des photos, au sens propre !

Qu'une photo circule sur un portable, et elle se transforme en élément de preuve. Nous voyons à quel point l'image circule vite et se prête à toute manipulation. Nous voyons à quel point l'image, sa diffusion gère nos vies citoyennes modernes. Ce phénomène justifie à lui seul l'importance d'une vidéo-surveillance publique par ce qu'elle montre la puissance et l'omniprésence d'une vie sociale numérique et de ses dangers. Chacun filme chacun, ce qui multiplie les moyens de notre curiosité, et de notre envie avec les dangers qui en découlent.

La justice, la police, qui représentent la puissance publique doivent être contrôlées. C'est le principe de la démocratie. Mais elles doivent aussi disposer de moyens techniques supérieurs ou au moins égaux à ceux dont disposent des individus sur lesquels ne doit pas s'exercer a priori de surveillance publique.

C'est le nouvel enjeu des libertés et de la sécurité de nos sociétés modernes.

Dans ce cadre, le rejet a priori d'une vidéo-surveillance, alors que chacun peut en disposer en privé peut se révéler d'une naïveté tragique...